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26 juillet 2017 3 26 /07 /juillet /2017 07:25
 L’enthousiasmant rock d’un miraculé

Le rock’n’roll a souvent été entouré d’une mythologie l’associant à la drogue avec une sorte de fascination, mais Peter Perrett, qui s’en est sorti miraculeusement après avoir consommé tout ce qui existait en matière de drogues dures, met définitivement les choses au point : « La drogue détruit complètement la créativité. » Cela explique la si longue absence de cet artiste anglais de 65 ans, qui avait fondé un groupe à la fin des années 1970, The Only Ones, à la carrière fulgurante mais sabordée, leur leader disparaissant en 1981 du devant de la scène pour sombrer dans l’addiction. Ce retour que personne n’espérait, après plusieurs tentatives sans lendemain et pas très convaincantes,  est d’autant plus incroyable qu’il est totalement réussi, comme si Lou Reed et le Velvet Underground ressuscitait en Angleterre. On ne peut s’empêcher de penser à l’artiste américain et son groupe légendaire à l’écoute de Peter Perrett, mais il y a bien plus dans cet album intemporel, notamment une certaine proximité avec Peter Doherty. Les deux fils de Perrett ont d’ailleurs joué avec cet autre romantique autodestructeur au sein de son groupe Babyshambles. L’un guitariste, l’autre bassiste, ils accompagnent aujourd’hui brillamment leur père auteur compositeur interprète et guitariste également,  dont  la voix traînante, un rien désabusé chante des textes caustiques sur son époque, ou émotionnels voire introspectifs sur sa vie et ses proches. A travers dix morceaux d’une fort belle facture rock aux tempos plus ou moins soutenus et avec une guitare électrique très en verve, celle de Jamie Perrett, cet album nous semble familier tant ses racines sont évidentes mais apparaît aussi comme la formidable découverte du talent intact d’un artiste revenu de l’enfer.

 

Peter Perrett - How the West was won - Domino recording - 1 CD : 14,99 €.

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Published by Michel Monsay - dans Disques
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24 juillet 2017 1 24 /07 /juillet /2017 07:42
Bouleversant et drôle à la fois

Incontestablement l’une des plus belles surprises du premier semestre 2017, ce très beau film inspiré de l’histoire du slameur Grand corps malade évite tous les pièges et parvient même à changer notre perception des tétraplégiques. En s’attelant lui-même à mettre en images ce qu’il a vécu, Grand corps malade, qui signe à 39 ans son premier long-métrage, épaulé par le réalisateur de ses clips, a trouvé la bonne distance pour traiter un sujet lourd avec humour, tendresse et émotion mais sans emphase ni apitoiement. Les comédiens, qui se sont immergés avant le tournage dans le centre de rééducation où Grand corps malade est passé et où le film a été tourné, sont d’une étonnante justesse y compris dans le moindre geste ou posture. Au-delà du réalisme indispensable pour la crédibilité du propos, il n’y a ni complaisance, ni même pudeur afin de retranscrire au mieux le quotidien de ces abîmés de la vie. Le film démarre en caméra subjective à travers les yeux d’un jeune homme de 20 ans alors qu’il est sur un brancard et ne peut voir que le plafond de l’hôpital où il se trouve et des visages penchés au-dessus de sa tête. En plongeant dans une piscine insuffisamment remplie, il s’est fracturé une vertèbre cervicale qui s’est logée dans sa moelle épinière. Son réveil, après l’opération qui le laisse tétraplégique incomplet, est pour le moins compliqué puisqu’en plus de son handicap, sa vision est toujours limitée au même champ et une intubation l’empêche de pouvoir parler. Après le générique, le jeune homme arrive au centre de rééducation où une nouvelle vie commence pour lui. Ce long-métrage d’une grande humanité met en lumière la patience et l’humour nécessaires pour ne pas sombrer, l’attention portée à l’autre, mais c’est aussi un bel hommage au personnel soignant même si parfois Grand corps malade l’égratigne un peu. Malgré un sujet difficile, le beau succès public et critique de Patients atteste que ce film à la réalisation rythmée parvient à nous passionner de bout en bout avec ses personnages très touchants que l’on quitte à regret.

 

Patients - Un film de Grand corps malade et Mehdi Idir avec Pablo Pauly, Soufiane Guerrab, Yannick Rénier, Nailia Harzoune, … - Gaumont vidéo - 1 DVD : 14,99 €.

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21 juillet 2017 5 21 /07 /juillet /2017 05:42
Brahim Asloum en 2005
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19 juillet 2017 3 19 /07 /juillet /2017 07:35
Lumière du soir en bord de mer
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17 juillet 2017 1 17 /07 /juillet /2017 07:17
Ça mijote
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12 juillet 2017 3 12 /07 /juillet /2017 08:00
Le retour d’un grand maître

En regardant la filmographie d’Emir Kusturica, y figurent seulement neuf long-métrages de fiction en 35 ans, malgré cela il est devenu un cinéaste essentiel dont les œuvres ont obtenu de nombreuses récompenses, notamment deux Palmes d’or. Dans ce nouveau film, on retrouve le grand Kusturica dont la verve n’avait pas été aussi inspirée depuis 2004 avec « La vie est un miracle ». A 62 ans, celui qui a su si bien nous plonger au cœur de l’âme des Balkans dans ses films revient aujourd’hui à l’époque de la guerre dans l’ex-Yougoslavie, pour nous conter une histoire d’amour avec sa folie, sa poésie, sa truculence, sa violence aussi. Cette inventivité qui le caractérise se traduit dans les multiples trouvailles dont le film se nourrit, de même que dans la mise en scène, aussi bien dans les séquences tendres, oniriques que dans celles plus furieuses autour de la guerre ou lors de fêtes. Le réalisateur serbe n’a pas son pareil pour évoquer des sujets graves, dramatiques en y mêlant un aspect burlesque, fantaisiste sans que cela n’enlève rien à la puissance de son cinéma. Devant la caméra, pour la première fois il interprète le personnage principal et chose assez rare a fait appel à une star internationale pour jouer à ses côtés, Monica Bellucci. L’actrice italienne s’intègre parfaitement à l’univers et aux personnages hauts en couleur de Kusturica, et trouve ici peut-être son plus beau rôle. Dans un village de montagne en Bosnie-Herzégovine, alors que la guerre fait rage, les habitants continuent de vivre à peu près normalement, même si certains participent aux combats. Parmi les autres, une femme corpulente d’un âge moyen et sa fille vivent dans une maison où se trouve une énorme pendule qui s’arrête régulièrement, et que la jeune femme est chargée de réparer au risque de se faire taillader la main. D’autres, après avoir tué un cochon, versent le sang dans une baignoire posée à l’extérieur où viennent se tremper des oies blanches. Il y a aussi cet homme, le personnage central, qui apporte chaque jour à dos d’âne du lait aux combattants du village, échappant par enchantement aux tirs et aux bombes. En s’inspirant de la réalité qu’il accommode de son imagination débordante, Kusturica nous offre un merveilleux film pétri de sens, de tendresse, d’énergie, où la musique a toujours une place essentielle et participe au bonheur de se replonger dans l’univers de ce grand cinéaste.

 

                                                                                                                 

On the milky road - Un film de et avec Emir Kusturica, avec Monica Bellucci, Sloboda Micalovic, …

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10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 09:00
Plage en Sardaigne
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7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 07:04
Jeunes à St Vaast
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5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 08:25
Portrait en jaune et bleu
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3 juillet 2017 1 03 /07 /juillet /2017 06:59
Un incroyable destin

J'ai eu la chance de rencontrer cette femme exceptionnelle il a un peu plus de 9 ans, en février 2008, voici le portrait que j'ai écrit à la suite de cette interview :

 

Rescapée de la Shoah, après avoir passé plus d'un an dans les camps, notamment à Auschwitz, Simone Veil a ensuite marqué de son empreinte la vie politique française et européenne. Maître d'œuvre de la loi sur l'IVG, cette femme courageuse a aussi beaucoup œuvré pour améliorer la condition féminine, elle a d'ailleurs été la première femme présidente du Parlement Européen.

 

C'est dans son bureau près de la gare Saint-Lazare, que nous retrouvons Simone Veil, dont l'emploi du temps reste toujours aussi chargé, malgré la fin de ses différents mandats l'an dernier. Même si elle a pris quelques distances avec le devant de la scène politique, l'énorme succès de sa biographie sortie il y a quelques mois, fait que l'on parle beaucoup d'elle et qu'on la sollicite régulièrement pour avoir son avis. Ces plus de 500 000 exemplaires vendus de "Une vie", prouvent que cette grande dame reste très populaire dans le cœur des français.

Pourtant, elle a du mal à comprendre un tel engouement et essaie d'analyser quelles pourraient-être les raisons : "Le parcours que j'ai eu avec des événements très différents, est à la fois atypique et compte tenu de mon âge, il recouvre plusieurs moments importants qu'a vécu la France. Il est vrai que je recevais déjà avant la parution du livre, beaucoup de lettres très aimables, mais d'autres aussi qui ne l'étaient pas du tout, notamment lorsque j'ai soutenu Nicolas Sarkozy. De manière générale, le courrier que je reçois est très personnalisé, souvent émouvant quand les gens me racontent leur vécu, il arrive aussi que certains me demandent conseil ou de l'aide."

 

Une approche humaine de la politique

Cette unanimité autour de Simone Veil s'est faite progressivement à partir de la fameuse loi sur l'IVG en 1975, lorsqu'elle était ministre de la santé. Elle s'est aussi beaucoup occupée des infirmières et aides-soignantes à cette époque : "Ce sont des métiers difficiles où les femmes doivent souvent concilier leur vie de mère avec des horaires  très variables. Elles ont une conscience professionnelle et une humanité très grandes." Cet aspect humain a toujours été très important dans l'approche politique de Simone Veil. Notamment durant ses trois mandats de ministre de la santé, sous les gouvernements de Jacques Chirac et Raymond Barre, puis plus tard avec Edouard Balladur.

Au ministère, elle recevait déjà beaucoup de courrier et avait demandé à la secrétaire qui s'en occupait, de lui donner toutes les lettres où il était question d'un problème humain. Un souvenir lui revient à ce propos : "Un soir vers 20h dans le hall du ministère, des parents avec leur fils de 14 ans qui était un grand handicapé, faisaient la grève de la faim à cause d'une erreur de l'administration qui les avaient mis dans une situation financière très délicate. La personne en charge du dossier me dit que l'on ne cède jamais devant une grève de la faim ! C'est le genre de chose que je trouve insupportable, quand l'administration se fige de cette manière."

 

Témoigner pour ne pas oublier

Reparler de la Shoah dans son livre n'a pas été trop difficile apparemment, cela fait très longtemps qu'elle s'investit pleinement dans un devoir de mémoire, en intervenant devant toutes sortes d'assemblées. Elle va régulièrement rencontrer des jeunes durant une heure ou deux, la veille c'était eu collège Condorcet à Paris, deux jours avant, dans un établissement de banlieue. Elle apprécie ces moments d'échanges, où les élèves sont attentifs et pertinents dans leurs questions, le message qu'elle leur transmet est une forme de mise en garde : "Il faut toujours rester vigilant, j'ose espérer que cela ne se reproduira pas, mais on ne sait jamais. Je leur parle aussi de l'importance de l'Europe. Quelles que soient les rancœurs qui existaient au lendemain de la guerre, la construction de l'Europe était une priorité pour avoir une paix durable."

Dans un chapitre du livre, Simone Veil rend hommage aux français qui ont aidé les juifs pendant la guerre. Cette mise au point remonte au film La chagrin et la pitié, contre lequel elle s'était opposée en étant au conseil d'administration de l'ORTF en 1971. Ce documentaire à son sens est d'une injustice flagrante, il ne montre qu'une France collabo avec des français dénonçant les juifs.

 

Cette année qu'elle n'oubliera jamais

Dans son malheur, Simone Veil a eu la chance d'habiter Nice, dont elle est originaire, et de n'être arrêtée par la Gestapo qu'en avril 1944. Elle fait partie des 3% de juifs français qui ont survécus à la déportation. A son arrivée à Auschwitz, elle parvient à entrer dans le camp avec sa mère et l'une de ses sœurs, en se déclarant majeur alors qu'elle n'a pas 17 ans. Elle échappe ainsi à l'extermination massive que connaissent la plupart des convois. Après avoir enduré des conditions de vie et de travail très dures, une kapo qui la trouve trop jolie pour mourir, la fait transférer avec sa mère et sa sœur, dans un camp plus petit et surtout moins rude. Par la suite, l'avancée des troupes russes oblige les nazis à déplacer les prisonniers, au prix de longues marches qui sont fatales à beaucoup d'entre eux. Enfin, une épidémie de typhus va encore faire des ravages, dont la mère de Simone Veil, quelques jours avant la libération des camps. En rentrant en France en mai 1945, elle apprend que son père et son frère sont morts en déportation.

Cette sombre période de son histoire est toujours dans sa tête plus de 60 ans après: "On n'en sort pas, je n'ai jamais cessé d'y penser, d'autant que j'ai été présidente de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, et je rencontre beaucoup d'élèves pour témoigner. A côté de cela, je pense que ça m'a toujours aidé à faire la part des choses, quand je rencontrais des problèmes dans la vie de tous les jours ou dans mes activités professionnelles." Ses malheurs ne se sont pas arrêtés là, puisqu'elle a perdu sa sœur aînée, qui était comme une seconde mère, dans un accident de voiture, quelques années après la guerre, et un de ses fils, il y a trois ans de cela.

 

Une force de caractère

Ce côté rebelle, contestataire et volontaire qui caractérise tout son parcours, Simone Veil l'a depuis son enfance, la déportation lui a donné une force supplémentaire. En réaction à cet enfer, elle prend la vie à bras le corps en s'inscrivant à Sciences Po pour devenir avocate, et y rencontre son futur mari. Celui-ci n'apprécie pas le futur métier de sa femme, il la dissuade de se lancer, et ironie du sort, aujourd'hui, leurs deux fils sont avocats. Elle choisit donc la magistrature, et après avoir été reçue au concours, elle est affectée à l'administration pénitentiaire en 1957. Durant 7 ans, elle se passionne pour son travail et se bat à son niveau pour améliorer les conditions de détention qui font écho à ce qu'elle a vécu : "Il faut toujours respecter la dignité des gens, si on les humilie, il n'y a aucune chance pour que les détenus puissent rebondir par la suite."

 

La fameuse loi Veil

Un autre dossier très important dans la carrière de Simone Veil, celui de l'IVG dont elle commence à entendre parler alors qu'elle est encore magistrate : "Il y avait parfois des peines lourdes pour les femmes, les médecins ou sages-femmes ayant pratiqué un avortement, et dans tous les cas, cela provoquait des situations difficiles voire douloureuses. D'autant que les femmes ayant les moyens, arrivaient toujours à trouver une solution, et pour les autres, c'était souvent dramatique, il faut se rappeler que 300 femmes en mourraient chaque année." Au début des années 1970, une pression se répand autour de ce problème de société, à tel point que Valéry Giscard d'Estaing s'engage à écrire un texte de loi au moment d'être élu président de la République. Il nomme Simone Veil, ministre de la santé, elle qui n'avait jamais fait de politique jusqu'alors. De houleux débats vont accompagner le vote de la loi Veil, la ministre essuie des attaques et pressions de toutes sortes, jusqu'à comparer son agissement à celui des SS. Elle ne se laisse pas impressionner et tient bon pour imposer ce qui lui parait essentiel : "Que ce soit la femme qui décide, sans lui poser de conditions ni qu'elle ait à prouver quoique ce soit."

 

Un combat quotidien pour faire avancer la société

Militante de l'Europe avant même les prémices de sa construction, elle est persuadée dès 1945 qu'une réconciliation durable avec les allemands évitera une troisième guerre. Ce long cheminement la conduit à la présidence du Parlement européen en 1979, où elle est élue à l'unanimité. Tout au long de sa carrière, Simone Veil a souvent été la première femme ou l'une des premières à occuper tel poste ou à se voir confier telles responsabilités. Ce n'est pas un hasard pour cette combattante de la condition féminine qui dénonce le retard de la France : "Les femmes restent discriminées sur le plan des rémunérations, des recrutements,  ou des positions dans la vie. A l'heure où l'on parle de parité, il y a tout de même nettement moins de femmes qui ont des responsabilités dans l'administration, les grandes entreprises ou la politique. Cela se vérifie encore lors de ces élections municipales, où des femmes de grande qualité ont beaucoup de mal à émerger, devant des hommes qui ne veulent pas laisser leur place et qui en plus, ont le soutien des partis politiques en dépit des grandes déclarations."

La veille de notre rencontre, une grande fête a été donnée à l'assemblée nationale avec toutes les femmes ministres, députées et sénatrices, en l'honneur de Simone Veil. Elle a été évidemment très touchée par cette attention, et particulièrement heureuse qu'il y ait des femmes de tous les partis. A 80 ans, cette grande dame fait l'unanimité autour d'elle, son franc-parler ou ses prises de position peuvent parfois étonner, elle n'en demeure pas moins la femme politique préférée des français.

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Published by Michel Monsay - dans Portraits
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