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Donald Sutherland était un géant

Publié le par Michel Monsay

Donald Sutherland était un géant

Géant par sa taille, 1m93, mais aussi par l’ampleur de sa filmographie : près de deux cents films et séries en soixante-dix ans de carrière. Son physique singulier, avec ce visage doux et inquiétant aux yeux bleus perçants, sa diction précise, lente, portée par sa voix grave, sa stature colossale, un indubitable charisme, mélange de fragilité et d’autorité, sa palette de jeu ample lui ont permis d’incarner une variété infinie de rôles. Sa carrière explose en 1970 dans la farce féroce de Robert Altman, MASH, dans la peau d'un brillant chirurgien anarchiste et désabusé, infatigable séducteur affecté dans une base américaine en pleine guerre de Corée. En short et bob kakis, il apparaît comme un poisson dans l’eau, délicieusement désinvolte et nonchalant, trompant la mort. Un film qui le catapulte vers le succès, dopé par la Palme d’or à Cannes. Cette décennie, où il joue des personnages marquants notamment dans Klute ou Ne vous retournez pas, est aussi celle de l’un de ses rôles majeurs, le monumental Casanova de Fellini (1976). Il y incarne, corps et âme, le célèbre séducteur vénitien, représenté comme le souhaitait le cinéaste italien, en tombeur pathétique, jouisseur impénitent se vautrant de conquête en conquête, jusqu’à l’écœurement. Il y a aussi l'émouvant premier film de Robert Redford en tant que réalisateur, Des gens comme les autres dans lequel Donald Sutherland est impressionnant de sobriété et de retenue. En 1989, il joue un prof afrikaner se rebellant contre l’apartheid dans Une saison blanche et sèche d’Euzhan Palcy. Il n'aura jamais cessé de tourner, et même la jeune génération le connaît pour son rôle dans les cinq Hunger Games, sans oublier en 2019 l'excellent film de James Gray, Ad Astra. On aura bien compris que cet acteur canadien de 88 ans était capable de tout jouer avec un talent rare, dont voici ci-dessous un petit aperçu.

La Casanova de FelliniUne saison blanche et sècheKluteNe vous retournez pas.

Publié dans Chroniques

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Il est temps de réagir devant tant de haine et de connerie !

Publié le par Michel Monsay

Il est temps de réagir devant tant de haine et de connerie !
Il est temps de réagir devant tant de haine et de connerie !
Il est temps de réagir devant tant de haine et de connerie !

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Somptueuse plongée dans le Japon médiéval

Publié le par Michel Monsay

Somptueuse plongée dans le Japon médiéval
Somptueuse plongée dans le Japon médiéval
Somptueuse plongée dans le Japon médiéval

Shōgun est une série en 10 épisodes, qui est allée chercher l'authenticité d'un Japon ancestral dans les moindres détails. D'une ambition esthétique et visuelle de toute beauté, elle prend son temps pour plonger dans la psychologie des personnages, mais à la manière d’un Game of Thrones, peut soudain passer d’un calme olympien à une scène violente qui fait disparaître un personnage important. Cette fastueuse série a aussi le mérite de nous plonger dans les mœurs et coutumes japonaises, où l’honneur est primordial, les conventions sociales puissantes, qui peuvent conduire un homme, par deux simples mots, à se faire hara-kiri. Une série de magnifique facture, qui nous offre un voyage passionnant dans le Japon médiéval, et nous fait passer de surprise en surprise, dans un équilibre parfait entre politiques, romances, drames, action et même humour à certains moments. D’une ampleur impressionnante, la série de Rachel Kondo et Justin Marks, adaptée du roman de James Clavell, trouve le juste chemin entre la fresque historique et le récit d’aventures autour de John Blackthorne, marin anglais échoué sur les côtes du Japon au début du XVIIe siècle, alors que l’empire n’a ouvert ses frontières qu’aux seuls prêtres catholiques et marchands portugais. Au-delà de cette modernisation bienvenue, comparée à la version trop occidentale des années 80 avec Richard Chamberlain, Shōgun soigne un suspense qui s’inspire de faits historiques, riche en trahisons, conspirations et débats stratégiques. Par l'interprétation impeccable de l'ensemble des comédiens, mention spéciale à la lumineuse Anna Sawai et à Hiroyuki Sanada, elle rend attachants ses personnages héroïques et ses antagonistes aussi fiers que fourbes. Avec ses costumes splendides, ses décors époustouflants et sa réalisation luxueuse, la série s’impose comme un grand spectacle, qui ne sacrifie jamais la subtilité de sa réflexion de fond.

Shōgun est à voir ici sur Disney + pour 5,99 € avec pub ou 8,99 € sans pub, un mois d'abonnement sans engagement.

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Une présence, une élégance et un charme fou au parfum de mystère

Publié le par Michel Monsay

Une présence, une élégance et un charme fou au parfum de mystère
Une présence, une élégance et un charme fou au parfum de mystère
Une présence, une élégance et un charme fou au parfum de mystère
Une présence, une élégance et un charme fou au parfum de mystère

Elle était Anne Gauthier dans Un homme et une femme de Claude Lelouch, Palme d'or à Cannes et lauréat de deux Oscars, l'inoubliable Lola de Jacques Demy, Maddalena au bras de Mastroianni dans La Dolce Vita de Federico Fellini. C'est une comédienne élégante, discrète et fascinante qui s'est éteinte mardi. Née en 1932 dans le 17e arrondissement de Paris, Nicole Dreyfus, de son vrai nom, est repérée à l’âge de 14 ans par Henri Calef, réalisateur français qui va lui offrir son premier rôle dans La maison sous la mer. Elle choisit ensuite de prendre le pseudonyme de son personnage Anouk, puis d’y ajouter le nom Aimée sur les conseils de Jacques Prévert, qu’elle rencontre sur le tournage de La Fleur de l’âge de Marcel Carné. Anouk Aimée disait qu’elle n’avait rien décidé, que le hasard avait été salvateur et qu’elle avait eu beaucoup de chance. Elle riait alors, main sur la bouche, comme pour s’en excuser. La chance n’était pas un vain mot, une légèreté, mais renvoyait au contraire au pire du pire, l’effroi le plus terrible. La fillette a une dizaine d’années, elle est à la sortie de l’école communale de la rue Milton à Paris, et voici qu’une bande d’élèves la pointe du doigt en clamant «elle est juive, elle est juive, elle est juive» à l’officier allemand chargé de ramasser les enfants juifs. Elle pleure, il lui prend la main. Mais plutôt que de l’embarquer, il la ramène chez elle, ou plutôt chez sa grand-mère, où elle vivait. Quand il lui demande comment elle s’appelle, l’enfant refuse de lui répondre. Il s’en va, laissant la petite fille et la grand-mère, libres et tremblantes. Sa carrière décolle dans les années 1960. Federico Fellini, Jacques Demy, Philippe de Broca, puis Claude Lelouch… Anouk Aimée travaille avec les cinéastes les plus en en vue de son époque. Son rôle dans Un homme et une femme, où son naturel, son élégance et son charme lui valent le Golden Globe de la meilleure actrice dans un film dramatique et une nomination aux Oscars. En 1980, elle obtient le Prix d'interprétation féminine à Cannes pour Le saut dans le vide de Marco Bellocchio. Elle aura tourné 74 films, aura reçu un César d'honneur et un Ours d'or d'honneur à Berlin, aura joué Love letters au théâtre durant de nombreuses années avec Bruno Cremer, puis Jean-Louis Trintignant, Philippe Noiret, Jacques Weber, Alain Delon, Gérard Depardieu. Elles avaient en commun la beauté et le talent, après Françoise Hardy il y a une semaine, Anouk Aimée s'en est allée.

La voici ci-dessous dans trois de ses films les plus emblématiques :

Une présence, une élégance et un charme fou au parfum de mystère

Publié dans Chroniques

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Un téléfilm bouleversant et glaçant

Publié le par Michel Monsay

Un téléfilm bouleversant et glaçant

Adaptée du livre-témoignage des parents d’un adolescent meurtrier, cette fiction saisissante questionne avec respect et subtilité l’amour filial confronté à l’impensable. Ce téléfilm sensible, intelligemment écrit et impeccablement interprété, notamment par Éric Caravaca et Natacha Lindinger, ausculte le quotidien déchirant d'un couple confronté à l'inacceptable : ils ont donné naissance à un criminel. Par son parti pris singulier en privilégiant le vécu du couple après le drame, Parents à perpétuité donne en effet à voir ce qui est rarement montré, à savoir l'infinie difficulté d'être les parents d'un meurtrier, entre amour inconditionnel et culpabilité. Sobrement réalisé par Safy Nebbou, cinéaste à qui l'on doit Dans les forêts de Sibérie, ou Celle que vous croyez, le téléfilm traite ce sujet grave sans manichéisme ou jugement mais avec subtilité et empathie, tout en proposant une réflexion sur les délicates questions de la récidive et de la prise en charge psychiatrique en matière criminelle. Il filme l’indicible avec délicatesse, prenant toujours soin de reléguer l’horreur hors-champ.

Parents à perpétuité est à voir ici ou sur le replay de France Tv.

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Depuis une semaine ses chansons tournent en boucle dans nos têtes

Publié le par Michel Monsay

Publié dans Chroniques

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Merveilleux conte orientaliste, enchanté, mais aussi très critique sur le pouvoir du discours religieux

Publié le par Michel Monsay

Merveilleux conte orientaliste, enchanté, mais aussi très critique sur le pouvoir du discours religieux

Joann Sfar, dont je disais le plus grand bien de l'exposition qui s'est tenue récemment à Paris, est auteur, dessinateur, romancier, réalisateur. Son personnage le plus connu, créé en 2002, le plus adopté dans le monde de la bande dessinée par les français, est Le Chat du Rabbin qu'il a d'ailleurs adapté au cinéma. Ça lui est venu après les attentats du 11 septembre 2001, après la naissance de son premier enfant et après le décès de sa grand-mère d'Algérie. Pour mille raisons, il a eu envie de créer une histoire pour réenchanter la mémoire maghrébine et pour se battre contre cette promesse de choc des civilisations. Optant pour un système narratif assez littéraire, la voix off du chat raconte les événements et les dialogues, comme dans un roman, Joann Sfar donne ce qu’il a de meilleur : un talent pour les réparties fécondes, un dessin tout en relâchement mais jamais bâclé, et un humour mi-intello mi-potache. Le tout pour une vraie BD philosophique, de celle qui questionne la vie et son sens. Jacasseur invétéré voulant faire sa Bar Mitzvah après avoir avalé un perroquet dans le premier tome, donneur de leçons et de dictées à son propre maître dans le deuxième, le chat du rabbin s’est montré fou de jalousie envers le mari de sa maîtresse, Zlabya dans le troisième. Voyageur émérite, il a partout affiché des facultés d’observateur de premier plan, de son Algérie natale à la grise capitale française. En témoin privilégié du microcosme qui grouille autour de lui, emboîtant le pas du rabbin jusque dans ses prières solitaires, le chat s’est habitué à user d’une parole dénonciatrice de boniments religieux ou politiques. Si l’auteur se sert d’une imagerie de l’Algérie des années 1900 et de cartes postales d’une époque située entre la moitié du XIXe siècle et les années 1930 pour reconstituer les différents décors dans lesquels le chat évolue, son Alger et sa palette empruntent surtout à sa Nice natale, pour sa lumière et son ouverture sur la mer, et encore plus aux récits, histoires réelles ou légendaires, issus de souvenirs que sa grand-mère lui racontait alors qu’il était enfant. Les trois premiers tomes réunis ici du Chat du rabbin, qui en comporte douze, nous plonge dans l'univers drôle et incisif de Joann Sfar, à l'imagination prolifique et débridée. Il y a évidemment beaucoup de l'auteur dans le personnage de ce chat taquin, doté d’une parole libre et impertinente, qui travaille à sa façon à plus de fraternité. Formidable hymne à la tolérance, aux couleurs éclatantes et à l'ambiance typique des peintures orientalistes, Le chat du rabbin est devenu un classique indispensable de la bande dessinée.

Merveilleux conte orientaliste, enchanté, mais aussi très critique sur le pouvoir du discours religieux
Merveilleux conte orientaliste, enchanté, mais aussi très critique sur le pouvoir du discours religieux
Merveilleux conte orientaliste, enchanté, mais aussi très critique sur le pouvoir du discours religieux

Publié dans Livres

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Passionnant folk rock entre émotion et énergie

Publié le par Michel Monsay

Passionnant folk rock entre émotion et énergie

Hurray for the Riff Raff, le groupe mené par la chanteuse Alynda Segarra, native du Bronx d’ascendance portoricaine, se distingue par une approche autofictionnelle éloignée du passéisme et des clichés sépia du folk et du country-rock. Celle-ci offre, en prime, une description du déclin de l’empire américain, ravagé par le commerce des opioïdes et des armes à feu, l’expérience trumpiste et la menace de son retour. Hurray for the Riff Raff, désillusionné mais combatif, se tient du côté des ennemis d’« America first », nomades et sans-abri, minorités et marginaux. À dix-sept ans, elle s’est accroché sa guitare sur le dos et a sauté dans un train de marchandise. Elle s’est retrouvée à la Nouvelle-Orléans, où elle a fondé un orchestre de rue avec d’autres marginaux dans son genre, chantant, entre autres, de vieilles chansons de Woody Guthrie. Ça marchait plutôt bien pour elle, puisqu’elle dit avoir gagné correctement sa vie comme ça. Elle a pu financer ses propres enregistrements et les diffuser sous le nom, Hurray for the Riff RaffElle a publié son premier album professionnel en 2011, une production modeste mais qui a été remarquée. Il y a dans la voix d’Alynda Segarra, parfois, la colère et l’intensité de la jeune Patti Smith, qu’elle évoque un peu dans son personnage scénique, longs cheveux noirs coiffés d’un béret, une énergie punk, c’est certain. Mais ses orchestrations ont parfois la finesse et la sophistication rythmique de certains disques de Paul Simon, qui lui aussi s’est beaucoup inspiré des rythmes portoricains. En 2017, il y a eu l'excellent The Navigator, dont ce blog avait dit le plus grand bien. Dans son nouvel album qui porte un titre très explicite, The Past Is Still Alive, le passé est toujours vivant, Alynda Segarra évoque les souvenirs de cette vie libre et vagabonde, les odeurs, les parfums, les visages, les images qui lui restent de cette vie. L’amour, la perte, les errances vagabondes, l’homophobie… la chanteuse d’origine portoricaine est plus que jamais la voix des opprimés, à travers des chansons délicates et positives. Mais plutôt que de pleurer, avec nostalgie, un temps révolu, elle convoque ce désespoir qui servait autrefois de moteur pour, à défaut de croire en l’avenir, se battre au présent et ne rien lâcher. The Past is Still Alive séduit par sa sincérité et sa quête de beauté dans les ruines, et nous emballe tout au long des 10 chansons qui composent ce très bel album.

Ci-dessous, quatre superbes morceaux de The past is still alive :

Publié dans Disques

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Tristesse infinie pour l'icône de la chanson française

Publié le par Michel Monsay

Tristesse infinie pour l'icône de la chanson française
Tristesse infinie pour l'icône de la chanson française

À la fois populaire et décalée. À côté, au-dessus, ailleurs. Proche et insaisissable. Portée par la vague yéyé naissante, mais déjà détachée du lot, avec sa voix feutrée, sa diction distinguée et subtilement nonchalante. Son caractère mélancolique, empreint d’un romantisme classique, loin de Sheila et de Sylvie. Rien à faire, Françoise ne leur ressemble pas. Elle est élégante, elle est réservée. Elle est capable d’écrire et de composer elle-même, là où bien des chanteurs se contentent d’importer en France les hits venus d’ailleurs. Moins pulpeuse que ne le veulent les canons de l’époque, elle s’étonne qu’on la trouve si belle. Et peine à croire en un succès qu’elle n’a pas particulièrement cherché et qui, presque malgré elle, ne cesse d’enfler. L’année suivante, il est immense. « Françoise Hardy, un phénomène social », titre un journal suisse. Des milliers de filles se coiffent comme elle. Elle fait la Une des magazines et la fascination qu'elle exerce dépasse largement les frontières, Mick Jagger, David Bowie, Bob Dylan, Brian Jones en sont fous. Tout au long de sa carrière, elle aura suivi son instinct, cultivant un certain mystère et ne cherchant pas spécialement à plaire, et pourtant sa disparition provoque une grande tristesse.

Voici deux chansons qu'on ne se lasse pas d'écouter :

Publié dans Chroniques

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Un bonheur de le voir jouer, et les bonheurs en ce moment ça ne se refuse pas !

Publié le par Michel Monsay

Un bonheur de le voir jouer, et les bonheurs en ce moment ça ne se refuse pas !
Un bonheur de le voir jouer, et les bonheurs en ce moment ça ne se refuse pas !

Au terme d'une finale marathon, Carlos Alcaraz est venu à bout d'Alexander Zverev en cinq sets et 4h19 de jeu (6-3, 2-6, 5-7, 6-1, 6-2), dimanche à Roland-Garros. C'est le troisième titre du Grand Chelem pour l'Espagnol, son premier Porte d'Auteuil. Année après année, Carlos Alcaraz agrandit son domaine de compétences. Deux ans après avoir maîtrisé le dur à l'US Open 2022, un an après avoir dompté le gazon à Wimbledon 2023, l'Espagnol a décroché son troisième titre en Grand Chelem sur la terre battue de Roland-Garros, dimanche à 21 ans. Là où les jeunes loups du circuit se contentent parfois de frapper la balle méthodiquement, le tennis d’Alcaraz offre ce petit supplément d’âme. Il faut que ça claque, que ça crépite, que ça épate. Il est tantôt explosif en fond de court, tantôt soyeux dans le toucher de balle quand il caresse les amorties et les volées. Sur les sept derniers tournois du Grand Chelem, Jannik Sinner et Carlos Alcaraz en ont remporté quatre. Entre l’Italien, nouveau numéro 1 mondial, et l’Espagnol numéro 2, tous les ingrédients sont là pour alimenter sur la durée le feuilleton du circuit masculin, à condition que les blessures les épargnent. Carlos Alcaraz a bien démontré en remportant Roland Garros qu'il a un mental, un physique et un talent hors du commun, le tout avec une panoplie infinie de coups et une capacité d'adaptation impressionnante.

Pour voir un résumé de la finale, c'est ici.

Publié dans Chroniques

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