Lumière du soir en bord de mer

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Ça mijote

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Le retour d’un grand maître

Publié le par Michel Monsay

Le retour d’un grand maître

En regardant la filmographie d’Emir Kusturica, y figurent seulement neuf long-métrages de fiction en 35 ans, malgré cela il est devenu un cinéaste essentiel dont les œuvres ont obtenu de nombreuses récompenses, notamment deux Palmes d’or. Dans ce nouveau film, on retrouve le grand Kusturica dont la verve n’avait pas été aussi inspirée depuis 2004 avec « La vie est un miracle ». A 62 ans, celui qui a su si bien nous plonger au cœur de l’âme des Balkans dans ses films revient aujourd’hui à l’époque de la guerre dans l’ex-Yougoslavie, pour nous conter une histoire d’amour avec sa folie, sa poésie, sa truculence, sa violence aussi. Cette inventivité qui le caractérise se traduit dans les multiples trouvailles dont le film se nourrit, de même que dans la mise en scène, aussi bien dans les séquences tendres, oniriques que dans celles plus furieuses autour de la guerre ou lors de fêtes. Le réalisateur serbe n’a pas son pareil pour évoquer des sujets graves, dramatiques en y mêlant un aspect burlesque, fantaisiste sans que cela n’enlève rien à la puissance de son cinéma. Devant la caméra, pour la première fois il interprète le personnage principal et chose assez rare a fait appel à une star internationale pour jouer à ses côtés, Monica Bellucci. L’actrice italienne s’intègre parfaitement à l’univers et aux personnages hauts en couleur de Kusturica, et trouve ici peut-être son plus beau rôle. Dans un village de montagne en Bosnie-Herzégovine, alors que la guerre fait rage, les habitants continuent de vivre à peu près normalement, même si certains participent aux combats. Parmi les autres, une femme corpulente d’un âge moyen et sa fille vivent dans une maison où se trouve une énorme pendule qui s’arrête régulièrement, et que la jeune femme est chargée de réparer au risque de se faire taillader la main. D’autres, après avoir tué un cochon, versent le sang dans une baignoire posée à l’extérieur où viennent se tremper des oies blanches. Il y a aussi cet homme, le personnage central, qui apporte chaque jour à dos d’âne du lait aux combattants du village, échappant par enchantement aux tirs et aux bombes. En s’inspirant de la réalité qu’il accommode de son imagination débordante, Kusturica nous offre un merveilleux film pétri de sens, de tendresse, d’énergie, où la musique a toujours une place essentielle et participe au bonheur de se replonger dans l’univers de ce grand cinéaste.

 

                                                                                                                 

On the milky road - Un film de et avec Emir Kusturica, avec Monica Bellucci, Sloboda Micalovic, …

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Plage en Sardaigne

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Jeunes à St Vaast

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Portrait en jaune et bleu

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Un incroyable destin

Publié le par Michel Monsay

Un incroyable destin

Rescapée de la Shoah, après avoir passé plus d'un an dans les camps, notamment à Auschwitz, Simone Veil a ensuite marqué de son empreinte la vie politique française et européenne. Maître d'œuvre de la loi sur l'IVG, cette femme courageuse a aussi beaucoup œuvré pour améliorer la condition féminine, et a d'ailleurs été la première femme présidente du Parlement Européen.

 

L’hommage unanime de la Nation toute entière reflète bien la place irremplaçable qu’occupait Simone Veil dans le cœur des français. Retrouvons-là en février 2008 où nous avons eu la chance de partager une heure en sa compagnie au moment où peu à peu elle se mettait en retrait de la vie publique.

 

La rencontre

C'est dans son bureau près de la gare Saint-Lazare, que nous retrouvons Simone Veil, dont l'emploi du temps reste toujours aussi chargé, malgré la fin de ses différents mandats l'an dernier. Même si elle a pris quelques distances avec le devant de la scène politique, l'énorme succès de sa biographie, "Une vie", sortie il y a quelques mois et vendue à plus de 500 000 exemplaires, fait que l'on parle beaucoup d'elle et qu'on la sollicite régulièrement pour avoir son avis.

Elle a du mal à comprendre un tel engouement et essaie d'analyser quelles pourraient-être les raisons : "Le parcours que j'ai eu avec des événements très différents, est à la fois atypique et compte tenu de mon âge, il recouvre plusieurs moments importants qu'a vécu la France. Il est vrai que je recevais déjà avant la parution du livre, beaucoup de lettres très aimables, mais d'autres aussi qui ne l'étaient pas du tout, notamment lorsque j'ai soutenu Nicolas Sarkozy. De manière générale, le courrier que je reçois est très personnalisé, souvent émouvant quand les gens me racontent leur vécu, il arrive aussi que certains me demandent conseil ou de l'aide."

 

Une approche humaine de la politique

Cette unanimité autour de Simone Veil s'est faite progressivement à partir de la fameuse loi sur l'IVG en 1975, lorsqu'elle était ministre de la santé. Elle s'est aussi beaucoup occupée des infirmières et aides-soignantes à cette époque : "Ce sont des métiers difficiles où les femmes doivent souvent concilier leur vie de mère avec des horaires  très variables. Elles ont une conscience professionnelle et une humanité très grandes." Cet aspect humain a toujours été très important dans l'approche politique de Simone Veil. Notamment durant ses trois mandats de ministre de la santé, sous les gouvernements de Jacques Chirac et Raymond Barre, puis plus tard avec Edouard Balladur.

Au ministère, elle recevait déjà beaucoup de courrier et avait demandé à la secrétaire qui s'en occupait, de lui donner toutes les lettres où il était question d'un problème humain. Un souvenir lui revient à ce propos : "Un soir vers 20h dans le hall du ministère, des parents avec leur fils de 14 ans qui est un grand handicapé, font la grève de la faim à cause d'une erreur de l'administration qui les a mis dans une situation financière très délicate. La personne en charge du dossier me dit que l'on ne cède jamais devant une grève de la faim ! C'est le genre de chose que je trouve insupportable, quand l'administration se fige de cette manière."

 

Témoigner pour ne pas oublier

Reparler de la Shoah dans son livre n'a pas été apparemment trop douloureux, cela fait très longtemps qu'elle s'investit pleinement dans un devoir de mémoire, en intervenant devant toutes sortes d'assemblées. Elle va régulièrement rencontrer des jeunes durant une heure ou deux, au collège Condorcet à Paris la veille, et deux jours avant dans un établissement de banlieue. Elle apprécie ces moments d'échanges, où les élèves sont attentifs et pertinents dans leurs questions, le message qu'elle leur transmet est une forme de mise en garde : "Il faut toujours rester vigilant, j'ose espérer que cela ne se reproduira pas, mais on ne sait jamais. Je leur parle aussi de l'importance de l'Europe. Quelles que soient les rancœurs qui existaient au lendemain de la guerre, la construction de l'Europe était une priorité pour avoir une paix durable."

Dans un chapitre du livre, Simone Veil rend hommage aux français qui ont aidé les juifs pendant la guerre. Cette mise au point remonte au film La chagrin et la pitié, contre lequel elle s'était opposée en étant au conseil d'administration de l'ORTF en 1971. Ce documentaire à son sens est d'une injustice flagrante, il ne montre qu'une France collabo avec des français dénonçant les juifs.

 

Cette année qu'elle n'oubliera jamais

Dans son malheur, Simone Veil a eu la chance d'habiter Nice, dont elle est originaire, et de n'être arrêtée par la Gestapo qu'en avril 1944. Elle fait partie des 3% de juifs français qui ont survécus à la déportation. A son arrivée à Auschwitz, elle parvient à entrer dans le camp avec sa mère et l'une de ses sœurs, en se déclarant majeur alors qu'elle n'a pas 17 ans. Elle échappe ainsi à l'extermination massive que connaissent la plupart des convois. Après avoir enduré des conditions de vie et de travail très dures, une kapo qui la trouve trop jolie pour mourir, la fait transférer avec sa mère et sa sœur, dans un camp plus petit et surtout moins rude. Par la suite, l'avancée des troupes russes oblige les nazis à déplacer les prisonniers, au prix de longues marches qui sont fatales à beaucoup d'entre eux. Enfin, une épidémie de typhus va encore faire des ravages, dont la mère de Simone Veil, quelques jours avant la libération des camps. En rentrant en France en mai 1945, elle apprend que son père et son frère sont morts en déportation.

Cette sombre période de son histoire est toujours dans sa tête plus de 60 ans après: "On n'en sort pas, je n'ai jamais cessé d'y penser, d'autant que j'ai été présidente de la Fondation pour la mémoire de la Shoah. A côté de cela, je pense que ça m'a toujours aidé à faire la part des choses, quand je rencontrais des problèmes dans la vie de tous les jours ou dans mes activités professionnelles." Ses malheurs ne se sont pas arrêtés là, puisqu'elle a perdu sa sœur aînée, qui était comme une seconde mère, dans un accident de voiture, quelques années après la guerre, et un de ses fils, il y a trois ans de cela.

 

Une force de caractère

Ce côté rebelle, contestataire et volontaire qui caractérise tout son parcours, Simone Veil l'a depuis son enfance, la déportation lui a donné une force supplémentaire. En réaction à cet enfer, elle prend la vie à bras le corps en s'inscrivant à Sciences Po pour devenir avocate, et y rencontre son futur mari. Il la dissuade de se lancer dans ce métier, et ironie du sort leurs deux fils sont devenus avocats. Elle choisit donc la magistrature, et après avoir été reçue au concours, elle est affectée à l'administration pénitentiaire en 1957. Durant 7 ans, elle se passionne pour son travail et se bat à son niveau pour améliorer les conditions de détention qui font écho à ce qu'elle a vécu : "Il faut toujours respecter la dignité des gens, si on les humilie, il n'y a aucune chance pour que les détenus puissent rebondir par la suite."

 

La fameuse loi Veil

Un autre dossier très important dans la carrière de Simone Veil, celui de l'IVG dont elle commence à entendre parler alors qu'elle est encore magistrate : "Il y avait parfois des peines lourdes pour les femmes, les médecins ou sages-femmes ayant pratiqué un avortement, et dans tous les cas, cela provoquait des situations difficiles voire douloureuses. D'autant que les femmes ayant les moyens, arrivaient toujours à trouver une solution, pour les autres, c'était souvent dramatique. Il faut se rappeler que 300 femmes en mourraient chaque année." Au début des années 1970, une pression se répand autour de ce problème de société, à tel point que Valéry Giscard d'Estaing s'engage à écrire un texte de loi au moment d'être élu président de la République. Il nomme Simone Veil, ministre de la santé, elle qui n'avait jamais fait de politique jusqu'alors. De houleux débats vont accompagner le vote de la loi Veil, la ministre essuie des attaques et pressions de toutes sortes, jusqu'à comparer son agissement à celui des SS. Elle ne se laisse pas impressionner et tient bon pour imposer ce qui lui parait essentiel : "Que ce soit la femme qui décide, sans lui poser de conditions ni qu'elle ait à prouver quoi que ce soit."

 

Un combat quotidien pour faire avancer la société

Militante de l'Europe avant même les prémices de sa construction, elle est persuadée dès 1945 qu'une réconciliation durable avec les allemands évitera une troisième guerre. Ce long cheminement la conduit à la présidence du Parlement européen en 1979, où elle est élue à l'unanimité. Tout au long de sa carrière, Simone Veil a souvent été la première femme ou l'une des premières à occuper tel poste ou à se voir confier telles responsabilités. Ce n'est pas un hasard pour cette combattante de la condition féminine qui dénonce le retard de la France : "Les femmes restent discriminées sur le plan des rémunérations, des recrutements,  ou des positions dans la vie. A l'heure où il est question de parité, il y a tout de même nettement moins de femmes qui ont des responsabilités dans l'administration, les grandes entreprises ou la politique. Cela se vérifie encore lors de ces élections municipales, où des femmes de grande qualité ont beaucoup de mal à émerger, devant des hommes qui ne veulent pas laisser leur place et qui en plus, ont le soutien des partis politiques en dépit des grandes déclarations."

La veille de notre rencontre, une grande fête a été donnée à l'assemblée nationale avec toutes les femmes ministres, députées et sénatrices, en l'honneur de Simone Veil. Elle a été évidemment très touchée par cette attention, et particulièrement heureuse qu'il y ait des femmes de tous les partis. A 80 ans, cette grande dame fait l'unanimité autour d'elle, son franc-parler ou ses prises de position peuvent parfois étonner, elle n'en demeure pas moins la femme politique préférée des français.

 

Epilogue

Deux ans après notre rencontre, elle est reçue à l’Académie française en mars 2010 par Jean d’Ormesson qui prononce un très beau discours de réception en finissant par ces mots : « Comme l’immense majorité des Français, nous vous aimons, Madame. Soyez la bienvenue au fauteuil de Racine qui parlait si bien de l’amour. » Malheureusement sa santé se dégradant progressivement, ses apparitions publiques se firent rares, et depuis quatre ans on ne la voyait plus du tout jusqu’à ce funeste 30 juin où cette combattante s’en est allée.

Publié dans Portraits

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La ruralité fait son cinéma

Publié le par Michel Monsay

La ruralité fait son cinéma
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La ruralité fait son cinéma

Pour sa 19ème édition, le festival international du film documentaire sur la ruralité de Ville-sur-Yron continue de mettre en lumière les mutations du monde rural et agricole en France et ailleurs, à travers 15 films en compétition qui témoignent autant des dysfonctionnements, des désarrois que des solutions pour redynamiser les territoires ruraux.

 

Chaque année au mois de mai, ce charmant village situé au cœur du Parc naturel régional de Lorraine accueille le festival « Caméras des champs », organisé par une équipe de bénévoles, avec un budget de 40 000 euros, et avec à sa tête un directeur passionné, Luc Delmas, professeur agrégé d’histoire à la retraite qui nous explique les critères de sélection des documentaires en compétition : « Nous avons reçu cette année 130 films et en avons retenu 15, à la fois pour leur contenu mais aussi la qualité des images et du son. Il faut que le propos soit bien tenu, pas redondant, qu’il y ait un fil conducteur, une colonne vertébrale, un point de vue de l’auteur qui ne se perde pas dans des ramifications en étant victime de la quantité d’informations reçues. » Ce festival, c’est également des débats à la suite des projections où agriculteurs, ruraux, universitaires, réalisateurs et autres échangent en toute liberté et vont ensuite partager des repas conviviaux autour de produits locaux. Au-delà de la générosité et de la dimension très humaine qui se dégage de cette manifestation et fait un bien fou par les temps qui courent, il y a l’opportunité de voir un panel assez complet des initiatives prises dans la ruralité mais aussi de découvrir certaines aberrations dont les médias bizarrement ne se font pas l’écho.

 

L’épandage des boues d’épuration

La compétition s’ouvre justement sur un documentaire intitulé « Nos boues taboues » où l’on apprend que la région parisienne produit 150 000 t de boues d’épuration par an. Les terres d’Ile de France étant déjà saturées de produits toxiques, il faut trouver d’autres terres agricoles dans les régions voisines pour recycler les boues. Un plan d’épandage dans le Cher provoque la création d’un mouvement citoyen qui pose clairement la question : Pourquoi les campagnes devraient-elles digérer les boues des villes ? Comme il est dit dans le film : « Si les boues ont besoin de l’agriculture, je ne suis pas sûr que l’agriculture ait besoin des boues. » D’autant que malgré le traitement de ces boues, il subsiste des traces de plomb, cadmium, zinc, cuivre, potentiellement toxiques et ne présentant aucun intérêt agronomique. Les enjeux de santé publique ne feraient-ils pas le poids ? Le mouvement citoyen du Cher a finalement obtenu au tribunal de Nantes une diminution des quantités d’épandage. L’avenir passe sûrement, comme il est montré dans le film, par la multiplication d’initiatives comme celle de Phytorestore. Cette entreprise dépollue les boues de stations d’épuration, grâce notamment à des roseaux et des jardins filtrants, pour en faire un compost et un terreau bio.

 

Encourager les circuits courts

Avec « Vivre au pays à tout prix », le réalisateur rend hommage à son département de naissance, les Ardennes, qu’il aime profondément et où il est revenu s’installer avec femme et enfants. Dans ce film, il nous plonge dans le quotidien de producteurs locaux qui ont fait le pari de la vente directe, notamment dans une boutique paysanne où ils se sont regroupés à 28, sur des marchés ou des épiceries avoisinantes. Ces hommes et ces femmes qui ne comptent pas leur temps de travail sont le plus souvent producteurs, transformateurs et vendeurs. Ils symbolisent les circuits courts, alternative à la grande distribution, que les consommateurs plébiscitent de plus en plus et qui contribuent au développement et à l’attractivité des territoires ruraux. Si la démarche est vertueuse à tous points de vue et qu’elle permet une reconnaissance directe du travail, on voit que l’entourage familial, même s’il peut s’avérer difficile à gérer avec les petits, est déterminant dans la réussite du pari de ces producteurs.

Après le film du soir, présenté hors-compétition, une table ronde autour des circuits courts nous apprend que 44% des français ont changé leurs habitudes alimentaires suite aux crises sanitaires. Une agricultrice de Moselle, membre d’un GAEC de 800 ha en polyculture élevage, témoigne de l’engouement autour du magasin de vente directe, l’Ayotte, qu’elle a créé il y a 3 ans avec 47 producteurs proposant 1200 références. Ils se relaient sur le lieu de vente, leur dégageant ainsi du temps pour leur exploitation tout en générant un chiffre d’affaires conséquent. Pour aller plus loin, la chambre d’agriculture de Moselle réfléchit à la création d’une plateforme de producteurs pour fournir une alimentation de proximité à des cantines, hospices et autres collectivités.

 

La difficulté d’être agriculteur

Dans « Vaches à lait », la situation est beaucoup plus compliquée pour la famille d’un petit céréalier de la Sarthe qui a fait quelques années plus tôt une tentative de suicide, et ne parvient toujours pas à s’en sortir avec un prêt à rembourser de 160 000 €. Emouvant témoignage des enfants, admiratifs devant le courage de leurs parents qui travaillent plus et produisent plus mais se heurtent au prix des céréales qui ne leur permet pas de gagner correctement leur vie. A un degré moindre, même problème pour cette famille et leurs 75 vaches dans le Cantal, avec un prix du lait qui n’est pas assez rémunérateur. Comme le dit cet agriculteur qui a repris l’exploitation familiale : « Avant on travaillait et on y arrivait, aujourd’hui on travaille mais on n’y arrive pas forcément, il faut être intelligent, innovant. » A trois fermes de là justement, deux frères agriculteurs et 26 autres ont créé en 2010 leur propre marque de lait « Vallée du Lot », avec des vaches nourries uniquement d’une herbe riche en biodiversité. Résultat, 10 millions de litres vendus en direct par an, cette petite coopérative ne connaît pas la crise.

 

Paysan boulanger en périurbain

En obtenant le 2ème prix du jury pour « Les agronautes », Honorine Perino se voit récompenser à la fois pour la démarche avec son mari de devenir agriculteurs aux portes de Lyon, mais aussi pour la manière très touchante de filmer cette aventure familiale. A 40 ans, cette biologiste de formation qui a appris le métier de réalisatrice sur le tas en est à son 7ème film, tous sur l’agriculture. C’est elle, en réalisant un documentaire sur les paysans boulangers, qui a donné l’envie à son mari de se reconvertir. Depuis 7 ans, il s’est formé à ce nouveau métier en étant à la fois au four, au moulin, à la vente et dans les champs où il cultive des blés anciens. Le problème est qu’ils ont besoin de construire une ferme pour habiter sur place, vu qu’ils produisent, stockent, transforment et ont 3 enfants.

Le film pointe la complexité et l'incohérence des règles administratives et usages qui régissent le foncier agricole en zone périurbaine, où il est plus rentable de vendre ses terres à la construction qu’à des projets agricoles innovants. Le nombre d’agriculteurs continue de diminuer dans le périurbain mais rien n’est fait pour favoriser leur installation. Malgré les difficultés, le mari est comme un poisson dans l’eau avec son nouveau métier, il ne lui manque plus qu’à gagner le procès pour obtenir ce fameux certificat d’urbanisme qui débloquerait tout. Quant à Honorine Perino, elle attend la même chose bien évidemment, mais à coté de cela elle va continuer à filmer le monde agricole : « Il y a des moments magiques où les gens que je filme me servent sur un plateau ce que je veux sans leur avoir demandé quoi que ce soit. Parfois il suffit de sortir la caméra pour qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes, avec des instants de sincérité que l’on n’a pas dans la vraie vie. »

 

Une compétition de qualité

Parmi les autres films, « Un paese di Calabria », qui a obtenu  le 1er prix, redonne un peu d’espoir dans le genre humain. Riace, un village du sud de l’Italie, victime de l’exode rural, renaît grâce à l’arrivée de migrants depuis une vingtaine d’années. Le 3ème prix a été attribué à « La colère dans le vent » qui se déroule à Arlit dans le nord du Niger, où depuis 40 ans Areva exploite l’uranium en provoquant pollution, maladies et en défigurant les paysages. Un prix d’encouragement et le prix du public sont revenus à « Une poule sur un piano » qui raconte l’histoire d’hommes que tout semble opposer mais qui se sont mobilisés pour reconstruire le château de Goutelas au cœur du Forez dans les années 1960, et où Duke Ellington est venu passer 3 jours. Le prix du jury lycéen a récompensé « Sur le rebord du monde », peut-être le plus beau visuellement, qui nous emmène à Penmarc’h à la pointe du Finistère, soumis au risque de submersion dû aux fortes tempêtes et où les marins pêcheurs font face au naufrage économique. Pour clore ce beau festival, laissons à son directeur le dernier mot : « Dans les premiers temps de Caméras des champs, les documentaires agissaient comme des lanceurs d’alerte, et depuis quelques années tout en continuant à dénoncer les causes des désarrois, ils mettent en avant des solutions locales et des alternatives qui peuvent nous rendre plus optimistes. »

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De la poésie à l’état pur

Publié le par Michel Monsay

De la poésie à l’état pur

Depuis une dizaine d’années, elle est devenue une référence de la chanson française par son inventivité et son originalité, en ayant su créer un univers qui lui est très particulier avec des sons, des onomatopées, des percussions corporelles et autres trouvailles surprenantes. A 39 ans elle a déjà obtenu 4 Victoires de la musique, collection qui devrait s’enrichir à la prochaine cérémonie tant ce nouvel album est une pure merveille. Indiscutablement son meilleur, où elle réussit à continuer d’explorer toutes les ressources de sa magnifique voix mais de manière peut-être un peu moins expérimentale et plus mélodique, en étant admirablement accompagnée de percussions et de musique électronique interprété par son compagnon. Conçu et enregistré dans un ancien monastère à Villeneuve Lès-Avignon, reconverti en centre national des écritures du spectacle et en résidence d’artistes, cet album d’une durée plus courte que la moyenne comporte onze morceaux où pas une note n’est superflue et tout y est d’une incroyable précision. La voix de Camille se démultiplie à l’infini, vu que c’est elle qui a enregistré tous les chœurs et vocalises qui se chevauchent et se répondent, c’est d’une beauté à couper le souffle, d’une intelligence structurelle qui laisse pantois. Tellement subjugué par ces jeux polyphoniques mais aussi par la finesse des jeux de mots, que l’on pourrait passer à côté du sens des textes poétiques de cette diplômée de Sciences-Po qui sait faire passer des messages dans ses chansons ludiques. Il s’agit là du disque d’une surdouée arrivée au sommet de son art, que l’on ne se lasse pas d’écouter tant il nous fait du bien, et qui chaque fois nous fait découvrir de nouveaux sons ou de nouvelles voix contribuant à la perfection harmonique et rythmique de cette œuvre indispensable.

                                                                                                                      

 

Camille - Ouï - Because music - 1 CD : 14,99 €.

Publié dans Disques

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Dans la peau d’une femme en état de choc

Publié le par Michel Monsay

Dans la peau d’une femme en état de choc

Début 2017, par le hasard de la programmation, sont sortis à un mois d’intervalle deux films du réalisateur chilien Pablo Larrain, un sur le plus grand poète de son pays, Neruda, et le second qui est aussi sa première incursion américaine, sur la femme la plus photographiée du XXème siècle. A contrepied de la mode du biopic, le talentueux cinéaste de 40 ans évoque ces deux personnages à un moment crucial de leur vie, et creuse au plus profond pour sonder leurs contradictions, mais aussi la manière dont ils se sont évertués à contrôler leur image et par là-même à forger leur légende. Dans ce moment terrible que vit Jackie Kennedy les jours qui suivirent l’assassinat du Président américain, l’excellent scénario primé à la Mostra de Venise navigue intelligemment dans le temps pour essayer de saisir qui fut réellement cette femme élégante, cultivée et fascinante. La caméra de Pablo Larrain suit au plus près la moindre émotion sur le visage de son héroïne, qu’elle soit torturée par la douleur lorsqu’elle est seule, ou tout en maîtrise pour ne rien laisser paraître. Natalie Portman est époustouflante de justesse y compris dans les plus petits détails de son interprétation, signalons aussi dans son dernier rôle, John Hurt en prêtre très touchant à l’écoute de cette femme perdue. Après un gros plan sur le visage hagard de Jackie qui marche dans la propriété en bord de mer des Kennedy dans le Massachussetts, un journaliste de Life arrive pour l’interviewer une semaine après l’assassinat de son mari. Communicante avant l’heure, cette femme veut livrer sa propre version des événements pour écrire la légende du président défunt et indirectement contribuer à la sienne. Distante voire cassante la plupart du temps, elle va néanmoins raconter avec émotion au journaliste l’horreur de ce 22 novembre 1963 mais aussi quelques moments phares qui ont précédé ou suivi, tout en lui rappelant qu’il ne pourra pas publier certaines révélations. Ce film bouleversant nous replonge au cœur d’un drame historique que nous connaissons tous mais en nous le faisant revivre différemment. Il dessine surtout avec sensibilité un formidable portrait de cette première dame tout autant démunie que déterminée.

 

Jackie - Un film de Pablo Larrain avec Natalie Portman, Peter Sarsgaard, Greta Gerwig, Billy Crudup, John Hurt, … - France Tv distribution - 1 DVD : 19,99 €.

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