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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 07:23
Président pour un temps, académicien pour longtemps
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8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 06:32
Une douce mélancolie

Consécration pour ce réalisateur catalan de 49 ans qui avec son 7ème film a remporté en février dernier les 5 Goya les plus importants du cinéma espagnol, l’équivalent de nos Césars. Ce succès mérité est à la fois dû à l’excellente interprétation des comédiens principaux, et à l’audace du cinéaste d’avoir abordé le thème si sensible et tabou de la mort avec un mélange très réussi de légèreté et d’émotion. Le charisme et le talent du grand acteur argentin Ricardo Darin, ajoutés à la justesse et la sobriété de Javier Camara, un habitué de l’univers d’Almodovar, donnent à Truman et à l’amitié que ce film raconte une profondeur et une force remarquables. Aussi différents que complémentaires, les deux comédiens tous deux lauréats d’un Goya pour leur performance jouent une partition millimétrée, sans l’emphase qui aurait pu faire basculer le film dans un drame pesant. En prenant à bras le corps les thèmes de la maladie et de la mort, le réalisateur les affronte sans éviter des situations habituellement embarrassantes qu’il traite ici avec tendresse, humour et intelligence. Un homme s’apprête à quitter son foyer au petit matin pour partir en voyage, il entrouvre la porte de la chambre de ses enfants qui sont endormis puis va embrasser sa femme qui lui prodigue des recommandations. Tomas, qui vit au Canada, prend l’avion pour rendre visite à Julian à Madrid, son meilleur ami qu’il n’a pas vu depuis quelques années. Il s’installe dans un hôtel près de l’appartement de Julian, pour passer quatre jours avec lui et tenter de le convaincre de reprendre le traitement contre le cancer que Julian a interrompu définitivement. Présenté comme cela, ce film sent la larme facile et un climat mélodramatique qui pourraient donner envie de fuir, et pourtant on ressent le contraire tout au long de cette très belle histoire qui avance certes sur le fil du rasoir mais sans jamais aucune faute de goût. Loin d’avoir un ton moralisateur, le cinéaste parvient tout à la fois à nous faire rire, à nous émouvoir sans pathos mais aussi à nous faire réfléchir simplement et avec une belle humanité sur nos comportements devant l’inéluctable.

 

Truman – Un film de Cesc Gay avec Ricardo Darin, Javier Camara, Dolores Fonzi, …

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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 06:28
Morts de rire
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4 juillet 2016 1 04 /07 /juillet /2016 07:23
L’athlète idéal

Triple champion olympique et triple champion du monde de canoë, Tony Estanguet a raccroché les pagaies pour servir au mieux le mouvement olympique qui lui est si cher. A 38 ans, ce sportif d’exception continue de concourir pour la France, cette fois afin de décrocher l’organisation des JO 2024 en tant que coprésident de la candidature.

 

L’ancien champion est aujourd’hui investi de plusieurs missions, en plus de Paris 2024, pour lesquelles il était engagé avant d’accepter de coprésider cette candidature pour les JO. Tony Estanguet est en effet membre du CIO, de l’agence mondiale antidopage, et de la fédération internationale de canoë dont il est vice-président. Il va sans dire qu’il est très attaché à l’olympisme : « J’ai passé 20 ans de ma vie à être sportif de haut-niveau, les JO m’ont changé en tant que gamin puis en tant qu’athlète. Aujourd’hui, avoir cette opportunité de ramener les Jeux en France me motive énormément. » Pour cela, il coordonne une équipe de 50 personnes, dont beaucoup d’anciens athlètes dans les postes clés, qui travaillent à plein-temps pour cette candidature qu’il souhaite avant tout sportive, notamment dans la prise de décisions. Après trois échecs de la France pour organiser les Jeux d’été de 1992, 2008, et 2012 où Paris n’avait perdu que de 4 voix sur 104 votants, cette candidature semble avoir de réelles chances de l’emporter : « Notre force réside dans un mélange entre une histoire et une tradition autour du sport et de l’olympisme, mais aussi une envie de regarder l’avenir en apportant de l’innovation tant côté sportif que sur le territoire. Il s’agit aussi de réinventer la ville de Paris grâce aux événements sportifs à travers des transports doux, des logements mieux conçus sur le plan environnemental, et une évolution des mentalités. »

 

L’atout Estanguet

Dès la fin de sa carrière en 2012, Tony Estanguet est missionné par la Ministre des sports Valérie Fourneyron pour donner plus d’influence au monde sportif français à l’international. Il participe ainsi à l’étude d’opportunité d’une candidature olympique, dont il devient coprésident avec Bernard Lapasset lorsqu’elle est officialisée. Etant également membre du CIO depuis les Jeux de Londres durant lesquels il a été élu, il vit l’aventure Paris 2024 comme une chance d’œuvrer à l’accueil des JO et de développer l’olympisme en France. Ce nouveau challenge qu’il s’est fixé lui apporte aussi des moments intenses, notamment lors de rencontres de chefs d’entreprise, d’hommes politiques, de leaders sportifs à dimension internationale : « Je me retrouve dans une situation où j’apprends des choses, où je progresse, c’est ce que j’aimais en étant athlète. »

La France ne pouvait pas mieux être représentée pour une candidature aux JO. Au vu de sa carrière dans l’olympisme avec ses 4 participations et ses 3 titres, Tony Estanguet a aussi su préparer sa reconversion avec l’envie de s’impliquer dans les instances nationales et internationales du sport dès 2008 après les Jeux de Pékin. Ces JO sont à la fois un échec pendant la compétition, la seule fois où il est revenu bredouille, et un bon souvenir avec l’honneur d’avoir été choisi porte-drapeau de la France.

 

Une aisance et une lucidité rares

Contre-exemple de l’image des sportifs qui souvent ont du mal à exprimer leurs émotions ou donner leur avis, l’éloquence et les qualités de communicant de Tony Estanguet ont fait merveille durant le vibrant discours qu’il a prononcé à la Philharmonie de Paris en février dernier, pour la présentation de la candidature aux Jeux devant le Premier Ministre et 2000 personnes. Cet amoureux de l’olympisme et de ses valeurs vit très mal les problèmes de corruption au sein du CIO et de dopage dont on parle beaucoup ces derniers temps : « Je me rends compte que l’olympisme n’est pas épargné par certaines déviances, ce qui renforce d’autant plus notre détermination, nous athlètes qui défendons une éthique, à nous impliquer dans ce genre d’instance. Depuis que je suis arrivé au CIO en 2012, je constate que les choses commencent à évoluer. Il y a un nouveau président, Thomas Bach, qui a pour ambition de donner une autre image du CIO, et aussi un renouvellement important des membres. » Lucide qu’il y aura toujours des tricheurs malgré les sanctions exemplaires mises en place, il est néanmoins optimiste de nature et fera tout ce qui est en son pouvoir avec d’autres pour préserver les valeurs auxquelles il croit. Membre du comité exécutif de l’agence mondiale antidopage depuis 2013, même s’il déplore tous les scandales récents, il remarque : « Il n’y a plus la volonté de protéger les grands champions, les grands pays, les grands sports. S’il faut faire tomber untel ou publier des révélations, cela est fait car il n’y a plus de tolérance. »

 

De l’ombre à la lumière

Le canoë, comme beaucoup de disciplines olympiques, n’est pas très médiatisé, et si l’état d’esprit d’un athlète est professionnel, avec un engagement total à plein-temps pour être au niveau, les revenus ne le sont pas. L’Etat et les collectivités territoriales aident les athlètes mais seulement quelques uns en vivent bien : « Dans les sports comme le mien, si vous n’êtes pas champion olympique vous n’intéressez personne, ce qui est terrible car c’est pour obtenir le titre que l’on aurait besoin de soutien. Cela dit c’est humain, un sponsor veut aussi un retour sur investissement. » Pour Tony Estanguet avec un premier sacre olympique à 22 ans en 2000 aux Jeux de Sydney, il n’y a pas eu de problème pour trouver des contrats avec des partenaires. S’il bénéficie d’une belle réputation malgré le peu de médiatisation du canoë, c’est qu’il est le seul sportif français à être triple champion olympique dans la même épreuve sur trois olympiades.

 

Le sport dans la peau

La passion du canoë est toujours intacte et dès que son emploi du temps le lui permet, il part naviguer dans sa ville de Pau, sans le chronomètre mais en pratiquant toujours sa discipline du slalom où il utilise les courants et les mouvements d’eau pour descendre une rivière. Le canoë est une histoire de famille chez les Estanguet. Le père a été en équipe de France, de même que les deux frères ainés, avant que Tony devienne le prodige de la famille. Il démarre le kayak à l’âge de 5 ans, discipline où l’on est assis avec une pagaie double, puis s’oriente en grandissant vers le canoë, discipline plus technique où l’on est à genoux avec une pagaie simple. Au-delà du canoë, il adore quasiment  tous les sports de nature, qu’il a pratiqués tout au long de sa vie dès sa plus tendre enfance dans les Pyrénées, en commençant par le ski à l’âge de 3 ans, mais aussi plus tard le parapente, le vélo, le surf et bien d’autres. Son père prof de sports a communiqué à ses trois fils cette passion qu’ils ont su faire fructifier à travers une saine émulation, Tony ayant toujours voulu faire comme ses grands frères jusqu’au jour où il les a dépassés. A 15 ans, en devenant champion de France, il est détecté par la fédération et commence à caresser un rêve olympique. Tout en se donnant pleinement pour le canoë, il n’en oublie pas pour autant ses études puisqu’il obtient son professorat de sport puis un master à l’ESSEC.

 

Un parcours exemplaire

La course qui a peut-être été la plus dure psychologiquement de sa vie est celle pour la qualification aux Jeux 2000, où il n’y avait qu’une seule place à prendre et deux frères Estanguet au départ. Patrice avait obtenu la médaille de bronze quatre ans plus tôt et rêvait du titre, mais son petit frère Tony l’a battu, s’est qualifié pour les Jeux puis est devenu champion olympique. C’est le début d’un palmarès exceptionnel avec 3 titres olympiques, 3 mondiaux, trois européens et 9 titres de champion de France que Tony Estanguet analyse ainsi : « Dans le canoë-kayak qui se déroule en milieu naturel donc aléatoire, vous ne pouvez pas arriver avec un projet complètement établi, vous savez qu’il va y avoir des imprévus. Mon point fort résidait en ma capacité à m’adapter à toutes les situations, à réagir et éviter les pièges. » Il a toujours été dans l’instant, sans s’appesantir sur ce qu’il venait de réaliser en passant rapidement à son prochain objectif. Difficile de parler de canoë sans évoquer son duel avec le slovaque Martikan, qui a marqué la grande histoire du sport, et a porté Tony Estanguet en le repoussant en permanence dans ses retranchements durant toute sa carrière.

 

Que d’émotions …

Son plus beau souvenir, malgré toutes les médailles obtenues dont il est très fier, est sa découverte émue de l’olympisme en pénétrant avec la délégation française dans un stade avec 80 000 personnes lors de la cérémonie d’ouverture de ses premiers Jeux à Sydney. Cela dit, une descente de rivière lors d’une grande compétition quand tout se passe bien reste un moment hors du temps qu’il nous fait partager : « Vous avez une espèce de grand jacuzzi devant vous avec des chutes d’eau, et quelquefois vous êtes en état de grâce en ayant un petit temps d’avance qui vous permet de savoir exactement quel appui il faut poser, mais aussi savoir que la vague en formation va faire ci et non pas faire ça. C’est grisant, vous êtes en harmonie avec la rivière, cela vous parait facile même si ça ne l’est pas. Mais pour peu que l’on soit un peu moins bien, vous êtes alors à la bagarre avec la puissance de l’eau qui vous arrête et vous oblige à relancer le canoë. »

 

Une belle personne

Il s’est toujours efforcé d’incarner une éthique et les valeurs du sport dans ce qu’il a de plus beau et respectueux, attirant ainsi beaucoup de sympathie autour de lui au-delà du champion. Le contact humain est très important pour Tony Estanguet, qui est à la fois ouvert, curieux, rigoureux mais aimant la polyvalence, et surtout qui avance par défi. Bien évidemment, celui vers lequel il est désormais entièrement tourné consiste à décrocher l’organisation des Jeux 2024 : « Mon rêve est de voir la France se transformer en un pays sportif. La place du sport dans notre société n’est pas assez importante, alors qu’il représente des valeurs d’excellence, de respect, d’amitié. Cette candidature est une opportunité extraordinaire pour faire passer ce message, auprès des décideurs politiques, d’un projet de société avec davantage de sport, notamment une éducation à travers le sport. » 

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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 09:14
« Les politiques doivent revenir à plus de simplicité en réfléchissant sur le fond »

Directeur de recherches associé au CEVIPOF de Sciences-Po, établissement  où il a longtemps été également professeur, Roland Cayrol est un des politologues les plus demandés des médias. Cofondateur et directeur général de l’institut de sondages CSA durant 25 ans, il intervient chaque semaine dans C dans l’air, sur BFM TV avec Ruth Elkrief et Jacques Séguéla, sur LCP, et RTL avec Marc-Olivier Fogiel.

 

Quel est votre regard sur les nouvelles formes de communication en politique ?

Roland Cayrol - L’information en continu et les réseaux sociaux ont changé le rythme de la communication en politique. Avant, les politiques sortaient de temps en temps de leur réserve et faisaient beaucoup de bruit, puis se faisaient à nouveau oublier. Aujourd’hui ce n’est plus possible, il faut en permanence entretenir la bête médiatique. Même s’ils ne sont pas tous spécialistes des réseaux sociaux, ils ont tous au moins un collaborateur qui alimente leur compte Twitter et Facebook. La campagne électorale de Barack Obama, notamment sur les réseaux sociaux, a beaucoup marqué les esprits. Depuis, Nicolas Sarkozy a annoncé sa candidature à la présidence de l’UMP sur sa page Facebook. Mais cette nouvelle communication est un piège. Vu qu’il y a une grande méfiance à l’égard des politiques, il leur est extrêmement difficile de faire passer une image de sincérité par l’intermédiaire de ces nouveaux outils. Les gens ne sont pas dupes et sentent que c’est de la com. Les politiques doivent revenir à plus de simplicité en proposant des projets, en réfléchissant sur le fond, en travaillant les dossiers, mais comme nous vivons encore le cumul des mandats, même s’il a été réduit, ils n’en ont pas le temps. Les fonctions qu’ils exercent sont des métiers à plein-temps et il faudrait les exercer comme tel.

 

Le 1er tour catastrophique des Régionales en 2015 n’a pas suffi aux politiques pour changer de comportement, que leur faut-il ?

R.C. - Que la gauche ou la droite ne soit pas au deuxième tour en 2017 ne sera pas une surprise comme en 2002, c’est une catastrophe annoncée et on y va tranquillement. Ceci dit, il faut savoir que depuis la première élection présidentielle en 1965, nous n’avons jamais su un an avant, foi de sondeur, quels seraient les deux candidats du deuxième tour. En tout cas, le nouveau président sera bien forcé de ne pas renouveler l’erreur de Jacques Chirac, qui avec ses 82 % de 2002 avait constitué un gouvernement pour ses 19% du premier tour. Mettons que le vainqueur en 2017 obtienne 60% des suffrages, il faudra qu’il tienne compte de la diversité de ces 60%, sans quoi en 2022 ce sera une voix royale pour Marine Le Pen. On peut donc imaginer qu’il y aura une recomposition globale du système politique et une façon d’aborder les choses différemment qui ne soit plus notre habituelle guerre gauche-droite. Il faudrait changer par ailleurs un certain nombre de dispositifs de la Constitution pour redonner à notre système de la souplesse, de l’équilibre avec un vrai contre-pouvoir et de la culture du compromis. Nous sommes le seul pays où il faut 50% pour être élu président, ailleurs 35 ou 40% suffisent à devenir premier ministre ou chancelier, et le vainqueur trouve alors un accord avec les autres partis. Cela veut dire qu’en France, un seul parti truste tous les pouvoirs pendant cinq ans, l’autre ou les autres étant renvoyés dans l’obscurité jusqu’à la prochaine fois.

 

Comment expliquez-vous la côte d’Emmanuel Macron et d’Alain Juppé, et comment voyez-vous l’élection présidentielle à gauche ?

R.C. - Les français  veulent aujourd’hui des hommes ou femmes politiques qui prennent des mesures et fassent avancer les choses, que ce soit emprunté au socialisme ou au libéralisme n’a pas d’importance. Emmanuel Macron et Alain Juppé pratiquent un réalisme qui plait, ils transgressent un peu les lignes habituelles tout en restant pour le moment fidèle à leur camp. Pour Emmanuel Macron, un ministre qui en 18 mois fait une telle percée dans l’opinion est une première. Il a prouvé qu’il était libre avec un parler vrai tout en étant ministre, c’est ce qui paye le plus. D’une certaine façon la gauche, avec les anciens dogmes des congrès socialistes, a vécu, il faut donc chercher ailleurs.

Je pense que François Hollande souhaite absolument se représenter, il sait qu’il lui faudra passer par un trou de souris, mais il est persuadé que la situation est meilleure sur le plan économique et continuera à s’améliorer. D’après les indicateurs il n’a pas tort mais le problème est que les gens n’y croiront que si l’emploi repart. Si en décembre les chiffres du chômage et de sa popularité ressemblent à ceux d’aujourd’hui, il a tout intérêt à ne pas se représenter, mais pour l’instant il croit toujours à l’embellie qu’il avait promise. Vu qu’il le dira en décembre, il n’y aura pas de primaires, et logiquement ce devrait être Manuel Valls. C’est pour cela que le Premier Ministre restera d’une loyauté totale envers le Président jusqu’en décembre, mais en même temps sur chaque dossier il a intérêt à faire entendre sa petite musique. Reste l’inconnue que représente Emmanuel Macron.

 

Quel est votre sentiment sur les primaires de la droite et sur le vote FN ?

R.C. - Pour les primaires de la droite, il n’y aura que quatre ou cinq candidats au final, les autres se seront montrés pour se rappeler au bon vouloir de ceux qui feront les gouvernements. Dans tous les pays d’Europe, il y a une espèce de bons sens où tous les leaders qui ont été battus se retirent après, mis à part Berlusconi, donc Nicolas Sarkozy est mal placé dans l’opinion. A l’inverse, Alain Juppé se porte bien, mais n’oublions pas que quelqu’un peut s’effondrer en cours de campagne, il existe des précédents. Pour ce qui est du Front National, ce n’est pas un vote d’adhésion mais de rejet de la gauche et de la droite. La plupart de leurs électeurs ne connaissent par le programme du FN, et en majorité ils ne sont pas d’accord avec certaines propositions, comme celle de quitter l’Europe. Aux élections départementales, des candidats FN ne se sont même pas rendus dans le département durant la campagne et ont obtenu le même score que leurs collègues ailleurs, voilà bien la preuve que l’on vote pour dire non. Donc Marine Le Pen peut faire un peu plus qu’elle n’a jamais fait sans pour autant briser le plafond de verre. Rappelons que 2/3 des français ne veulent pas du FN au pouvoir.

 

Pourquoi la loi travail est-elle si compliquée à faire passer et de manière plus générale notre pays peut-il être réformé ?

R.C. - Il s’agit de l’une des plus gigantesques erreurs de communication gouvernementale, qui confine à l’amateurisme politique. D’une part, François Hollande s’y prend trop tard dans son mandat pour lancer une telle réforme, d’autre part il avait annoncé qu’il fallait faire de la concertation sociale avant le débat politique pour les lois à caractère social, et il ne l’a pas fait si ce n’est après la contestation. Malgré tout, il reste beaucoup de choses dans cette loi mais personne ne sait plus ce qu’il y a dedans et il n’y a pas de communication sur le contenu du texte pour en vanter ses mérites. Résultat, sont venus se greffer à la contestation de la loi El Khomry, des problèmes de conditions de travail, de salaire, et cette contestation n’a plus grand-chose à voir avec le projet de loi, mais à un an des élections, c’est d’assez bonne guerre. Je ne crois pas qu’il y ait une vraie convergence des luttes entre les raffineries, la SNCF et les universités. La loi passera et la contestation va finir par s’arrêter et se reporter sur des objets plus politiques. L’idée que notre pays ne peut pas être réformé vient des politiques, car ils n’ont pas le courage de proposer de vraies réformes et de les expliquer. Il suffit de tester auprès de l’opinion les mesures qui sont dans les projets de réforme, pour constater qu’une majorité de français y sont favorables et sont même prêts à aller plus loin, mais les politiques ont peur du peuple. D’ailleurs, parfois les réformes se font sans les politiques notamment dans les entreprises ou dans certaines corporations.

 

Les politiques français sont-ils plus machistes que leurs voisins, et l’affaire Baupin va-t-elle faire changer les comportements ?

R.C. - Les comportements que l’on voit au Parlement français n’existent pas dans les pays voisins, dans lesquels il y a davantage de femmes parlementaires et où le machisme a été annihilé, même dans les pays latins où une révolution culturelle s’est faite. On peut penser que les choses vont bouger après cette affaire Baupin, car au moment de l’affaire  Strauss-Kahn, les réactions étaient variées, il y avait même des politiques pour dire qu’il n’y avait pas mort d’homme, alors qu’ici c’est une condamnation unanime. Ce qui est surprenant est qu’il s’agit d’un écologiste, le parti à priori le plus féministe, qui respecte une vraie parité. A propos de parité, comme tout le monde a l’air content du scrutin binominal des départementales, pourquoi ne pas envisager la même chose pour les législatives, il y aurait ainsi plus de femmes à l’Assemblée nationale.

                                                                                 

Quelques repères

Roland Cayrol a toujours été universitaire à Sciences-Po, dont il est sorti titulaire d’un doctorat, et où il a enseigné toute sa carrière en étant également directeur de recherches. Il a contribué à fonder l’institut de sondages Louis Harris en 1977, puis CSA en 1986 dont il est resté directeur général jusqu’en 2011 avant de le vendre à Bolloré. Aujourd’hui à 74 ans, il a une activité de conseil aux entreprises et continue d’intervenir très régulièrement à la télé et la radio sans être rémunéré, spécificité française, où il aime débattre et apporter son expertise politique.

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29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 07:06
A la fois infiniment touchant et burlesque

La présentation de cette petite merveille de comédie tendre a été l’un des moments les plus émouvants du Festival de Cannes qui vient de s’achever, tant pour les nombreuses qualités du film que pour l’absence de sa réalisatrice. Décédée en août 2015 pendant le montage du film à l’âge de 54 ans, Solveig Anspach s’était fait connaître en 1999 avec le très beau « Haut les cœurs », où elle nous racontait sous les traits de Karin Viard son combat victorieux contre le cancer. Malheureusement la maladie l’a rattrapée, et sa dernière œuvre vient de remporter à titre posthume le prix de la Quinzaine des réalisateurs. Difficile de résister au charme de ce film, à la finesse de son écriture, au comique de situation admirablement bien senti et irrésistiblement drôle, à la capacité de la cinéaste de passer allègrement de l’émotion à la pure fantaisie, mais aussi à la beauté des paysages islandais et à l’ambiance si particulière des piscines. De l’autre côté de la caméra, Samir Guesmi aussi maladroit et lunaire que surprenant, et Florence Loiret Caille aussi déterminée que fragile sont tous deux excellents chacun dans son registre, et forment un duo improbable et très attachant. Un homme d’une quarantaine d’années, chef grutier sur un chantier à Montreuil en banlieue parisienne, assiste éberlué à une scène dans un café, où une femme rembarre assez vertement un homme qui la drague sous couvert d’un prétendu rendez-vous pour un boulot. Notre chef grutier a un coup de foudre et apprend que la femme est maître-nageuse à la piscine de Montreuil. Après avoir acheté un maillot de bain orange fluo, il s’inscrit à des cours de natation. Cette comédie romantique d’une réjouissante cocasserie nous procure un double sentiment : un bonheur intense à suivre les aventures de ces deux célibataires en recherche d’amour, et beaucoup de tristesse en se disant qu’il s’agit du dernier film de cette cinéaste franco-islandaise de grand talent.

                                                                                                                  

L’effet aquatique – Un film de Solveig Anspach avec Florence Loiret Caille, Samir Guesmi, Didda Jonsdottir, …

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Published by Michel Monsay - dans Films
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27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 05:53
L’honneur du journalisme d’investigation

En remportant deux Oscars en février dernier, dont celui du meilleur film 2015, Spotlight clôt magistralement la vague d’enthousiasme qu’il a suscité depuis sa sortie. Pour son cinquième film, le réalisateur américain de 50 ans, Tom McCarthy, change de catégorie en touchant un public beaucoup plus large avec un excellent scénario, également lauréat  d’un Oscar, inspiré de la première affaire de prêtres pédophiles révélée par la presse. Plus précisément par Spotlight, la cellule d’investigation du quotidien The Boston Globe, qui avait reçu le Prix Pulitzer pour son enquête minutieuse et si précieuse parue en janvier 2002. Le cinéaste a trouvé la juste mesure pour retranscrire un tel sujet, tout y est précis sans alourdir le propos d’une charge trop facile ou d’effets spectaculaires. Il place sa caméra à la bonne distance, au propre comme au figuré, pour s’en tenir aux faits et suivre la formidable équipe de journalistes dans son quotidien besogneux afin d’obtenir des preuves. D’ailleurs, une mention toute particulière aux comédiens, qui sont tous totalement impliqués dans leur personnage, ce qui apporte au film un relief impressionnant. Le film démarre à Boston en 1976, dans un commissariat où un évêque tente de convaincre une mère de quatre enfants de retirer la plainte contre un prêtre qu’elle accuse de pédophilie. L’évêque lui rappelle tout le bien que fait l’Eglise dans la communauté et promet de muter le prêtre en question. Le prélat repart en voiture avec le procureur adjoint, et on sent bien qu’il n’y aura pas d’acte d’accusation. 25 ans plus tard, en juillet 2001, un nouveau rédacteur en chef arrive au Boston Globe. On ressort de ce film, enthousiasmé par sa puissance mais avec un profond sentiment de nausée devant ces actes, devant le pouvoir de l’Eglise, devant son silence et celui des notables de la ville. Cette affaire, malheureusement toujours d’actualité, a été le premier maillon d’une prise de conscience qui on l’espère verra le Pape François prendre enfin les mesures nécessaires. En tout cas, ce film remarquable en tous points est à ne manquer sous aucun prétexte.

                                                                                                                     

Spotlight – Un film de Tom McCarthy avec Mark Ruffalo, Michael Keaton, Rachel McAdams, … - Warner home vidéo – 1 DVD : 17,99 €.

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Published by Michel Monsay - dans DVD
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22 juin 2016 3 22 /06 /juin /2016 07:21
En pleine action
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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 07:14
Quand l'architecte a du talent
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Published by Michel Monsay - dans Photos
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17 juin 2016 5 17 /06 /juin /2016 06:21
Élément de sécurité pour mer agitée
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Published by Michel Monsay - dans Photos
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