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Thriller psychologique sombre, brillant et hypnotique

Publié le par Michel Monsay

Thriller psychologique sombre, brillant et hypnotique

Nous sommes en 1977 aux États-Unis et la série Mindhunter nous invite à assister à la naissance du profil psychologique dans les enquêtes criminelles comme on le connait aujourd’hui, et la création du terme serial killer. A travers son histoire, cette passionnante série raconte la société américaine, et donc occidentale, d’aujourd’hui. Emaillée de tragédies, de scandales et de guerres, elle ne sait plus où elle en est et l’empreinte laissée par ces drames la change en profondeur. Logique donc que cette perte de repères donne naissance à un certain nombre de monstres. La grande intelligence de la série est de mettre au même niveau tueurs, agents fédéraux et simple citoyen. Nous avons tous en nous cette noirceur ancrée dans notre nature humaine qui peut nous pousser à commettre l’irréparable, à basculer dans l’horreur et ce n’est que grâce à un certain nombre de barrières sociales, morales et culturelles que nous maintenons le cap. Empreinte de l’expérience de deux authentiques agents du FBI, la série s’attache aux expérimentations de Holden et Bill (excellents Jonathan Groff et Holt McCallany, qui seront rejoints dès le troisième épisode par la non moins excellente Anna Torv) dans leurs volonté naissante d’aller au contact de meurtriers en série. Une révolution à cette époque où leur chef est capable dire : ''On est là pour électrocuter ces types, pas les écouter…" Mais comment prévenir ces crimes si on ne comprend pas le profil de leurs auteurs ? Les deux agents s'enfoncent dans les coins les plus sombres de la psyché humaine au cours des interrogatoires, et ce ne sera pas sans conséquence sur leurs propres esprits. Avec l’élégance et la sobriété musclées qui caractérisaient déjà l'impressionnant Zodiac, sur une palette gris-bleutée mi-documentaire mi-onirique, et sans se départir d’un humour acide, le grand David Fincher, qui réalise plusieurs épisodes, nousraconte ce qui va être un voyage initiatique au cœur des pulsions destructrices. Sur deux saisons, Mindhunter ne se contente pas d’observer les esprits tourmentés et brutaux des tueurs en série. Cette étude psychologique, intime, est aussi sociétale. Plus la série avance dans son récit, plus elle en dit sur l’Amérique. Et sous les dialogues et la mise en scène très travaillés naît, à chaque épisode, un drame bien plus en chair, bien plus vivant. Mindhunter ne représente pas un budget énorme, ne compte pas de stars au générique, mieux, cette série est un laboratoire formidable pour un raconteur d’histoires comme David Fincher.

Mindhunter est à voir ici sur Netflix pour 7,99 € avec pub et 14,49 € sans pub, un mois d'abonnement sans engagement, ou en profitant de l'offre d'essai gratuite de 30 jours.

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Saisissante plongée dans la communauté tamoule parisienne

Publié le par Michel Monsay

Saisissante plongée dans la communauté tamoule parisienne

Dans Little Jaffna, Lawrence Valin interprète et réalise un polar vibrant et personnel au cœur de la mafia tamoule à Paris en 2008. Il y incarne Michael, un flic infiltré confronté à une double identité entre loyauté à la France et redécouverte de ses racines sri-lankaises. Inspiré par les cinémas indien, américain et français, le film mêle action stylisée, quête identitaire et tension sociale dans un univers exubérant et singulier. Premier long-métrage audacieux, Little Jaffna bouscule les codes du genre et propose un regard neuf sur la communauté tamoule, porté par une mise en scène inventive et une interprétation intense. On est impressionné par le magnétisme et la placidité inquiétante dégagés par le parrain tamoul, Vela Ramamoorthy, de même que l'interprétation de Lawrence Valin, à la présence troublante, incarnation timide, effacée, silencieuse de l'opposition de deux sociétés qui vivent ensemble sans jamais essayer de se comprendre. Citons aussi Raadhika dans le rôle de la grand-mère, qui, en une caresse, un regard, en dit plus que vingt minutes de dialogue, et le charismatique Puviraj Raveendran au regard de granite. Tandis qu’au Sri Lanka, les Tigres de la libération, organisation séparatiste qui lutte pour la création d'un État indépendant dans l’Est et le Nord du pays, à Paris, un groupe mafieux pratique le trafic des clandestins et extorque des fonds aux membres de la communauté tamoule dans le but d’aider au financement de ces Tigres. Le film comporte un récit policier, à l’instar des scènes d’affrontement et de poursuites rondement menés dans une mise en scène nerveuse, mais les aspirations les plus solides de Lawrence Valin sont liées à l’intime : les questions liées à la double-identité, le trouble du respect des racines comme de la nécessaire intégration, comprendre les évènements qui ont  bouleversé l’histoire de son pays d’origine et nous ouvrir les yeux sur un drame humanitaire qui est loin d’être terminé. Le film opère une véritable plongée dans un quartier parisien avec ses problématiques religieuses, culturelles et sociales, mais également politiques en raison de l'instabilité au Sri Lanka. Avec également ses petits commerces, lieux de rencontres, d'échanges ou de chantages en tout genre. Le naturalisme brut presque documentaire de ce premier film prometteur, avec les acteurs non-professionnels de la communauté qui jouent au milieu d’une distribution tamoule aguerrie, renforce une dramaturgie tendue, où le réalisme côtoie la stylisation. On reproche parfois au cinéma français son uniformité et son manque d'audace, ce n'est clairement pas le cas de Lawrence Dalin, qui, outre le contenu de son film, n'a pas posé sa caméra, à l'inverse de beaucoup de cinéastes, dans les zones touristiques parisiennes ni dans les territoires arpentés par les bobos ou intellectuels.

Little Jaffna est à voir ici pour 2,99 € en location ou sur toute plateforme de VOD.

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Sidérante minisérie qui scrute le chaos de la Serbie après les guerres de Yougoslavie

Publié le par Michel Monsay

Sidérante minisérie qui scrute le chaos de la Serbie après les guerres de Yougoslavie

Ce thriller politique passionnant revient sur l’histoire de l’assassinat du Premier Ministre serbe Zoran Đinđić en 2003, peu de temps après la chute de Milosevic, et sur ces années sombres, minées par les trafics d’influence, de drogues et d’êtres humains, la prostitution, les assassinats… qui ont mené à l’une des plus importantes opérations contre le crime organisé du pays. Réaliste, sombre, et avec un sens du rythme parfaitement maîtrisé, la série en huit épisodes suit cette traque effrénée, mêlant au récit des images d’archives saisissantes. À la fois inspiré de faits documentés et en partie jugés, et fiction qui embarque des personnages créés de toutes pièces, cette minisérie tant par l’image que l’écriture rivalisent avec n’importe quel thriller américain du même acabit. Les dialogues, fins et humains, permettent d’interroger la corruption, la violence armée et les conséquences des guerres de Yougoslavie tout en représentant toutes les opinions. Le choix de narrer les faits par le prisme d’une journaliste, d’un commissaire de police, et d’un jeune criminel piégé par un gang de Belgrade, fait gagner l’œuvre en humanité. À travers leurs yeux, le film explore les dilemmes moraux, la lutte pour la survie et les conséquences dévastatrices des choix faits dans un pays en crise. Les chemins de ces personnages s'entrelacent alors qu'ils tentent de naviguer dans un paysage où la loyauté, la trahison et la quête de justice se heurtent dans un contexte délétère. Tendue et efficace, la mise en scène décrit le chaos du pays entre corruption et souci de justice. Portrait engagé et captivant de ce fait historique méconnu du reste de l’Europe, et de ses conséquences encore très actuelles sur la société serbe, qui malheureusement est toujours gangrénée par les mêmes maux plus de vingt après. 

Opération sabre est à voir ici ou sur le replay d'Arte ou ci-dessous jusqu'à vendredi 24 juillet.

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Comédie dramatique britannique lumineuse et féminine

Publié le par Michel Monsay

Comédie dramatique britannique lumineuse et féminine

Émouvante chronique familiale au féminin, la série sonde les fêlures inexorables de l’amour et nous les conte au travers d’une famille d’avocates londoniennes spécialistes du divorce. Si The Split est aussi étincelante et séduisante, c’est grâce à des dialogues pétillants, un montage survolté et quelques plans-séquences sans cesse en mouvement. Au centre se trouve Nicola Walker, figure de la télé britannique devenue incontournable, le visage de l’actrice, souvent impassible, est capable de s’illuminer sans prévenir, en un sourire. Ses yeux bleu pâle transpercent l’âme de ses interlocuteurs tout en absorbant leur douleur avec une profonde empathie. Capable de tout exprimer sans que ses traits ne semblent bouger, elle est l’astre autour duquel gravitent tous les membres de cet univers familial dysfonctionnel mais à la complicité touchante. Ses deux sœurs et la mère sont également subtilement interprétées. À force de regarder les gens se déchirer, les personnages sont amenés à s’interroger sur leurs propres relations. Toutes ces séparations, ces coups bas, ces trahisons, font partie d’une large radiographie qui montre l’état du couple et de la famille, mais pas seulement. Le talent d’Abi Morgan, la créatrice de la série, est de parvenir à glisser, dans ces plaies et failles béantes, de beaux morceaux d’humanité, avec un humour tendre et une écriture délicate, féministe sans pour autant négliger les hommes. Malgré la division annoncée par son titre, The Split chérit ces moments émouvants du quotidien dans lesquels réside encore l’espoir d’une unité retrouvée : un fou rire entre sœurs, un discours d’anniversaire, des regards suspendus emplis de regrets. En multipliant les niveaux de lecture et les zones de porosité entre vie publique et vie privée, l’inventive scénariste, également prisée outre-Manche pour ses talents de dramaturge, distille avec une grande habileté les coups de théâtre. L’ensemble constitue des scènes de la vie conjugale autrement plus empathiques que celles de Bergman, où la scénariste excelle à faire résonner les affaires juridiques et la vie privée des trois sœurs. Avec ces beaux plans muets qui contemplent le visage-paysage de l’actrice Nicola Walker, et aussi cet art des dialogues marchés, à fleurets mouchetés, The Split réussit à brosser, en trois saisons de six épisodes chacune, une fresque familiale sentimentale et incroyablement vivante, tout en privilégiant de bout en bout l’humanité au cynisme ambiant.

The split est à voir ici ou sur le replay d'Arte.

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Il y a du Almodóvar dans le portrait de cinq femmes aux bord de la crise de nerfs

Publié le par Michel Monsay

Il y a du Almodóvar dans le portrait de cinq femmes aux bord de la crise de nerfs

Cinq quinquas dégoûtées des hommes décident d’en découdre une bonne fois pour toutes. Héritier d’Almodóvar, cet ovni pop pulvérise le patriarcat. Toutes les héroïnes de cette série sont victimes de la toxicité masculine. Certaines ont subi des violences sexuelles, d’autres l’infidélité, la manipulation, l’extorsion, la soumission. Cette comédie noire ne se contente pas d’être graphique, à l’image de la maison cubique de l'une des femmes, son exubérance fascine, notamment dans les décors et l’esthétique. Ici, tout est volontairement trop, tout est pop : les saturations de couleurs, le pétage de plomb collectif comme le jeu des actrices, définitivement théâtral par-delà le geste cinématographique. D'ailleurs, l'ensemble de la distribution est au diapason pour incarner ce conte sur la réinvention de soi à l’ère du narcissisme de masse. Tout le comique ici repose sur la tension implicite à chaque épisode, et la musique ajoute au cynisme et à l’étrangeté qui règnent. Conçue comme un récit choral, Furia mêle l’humour et la tension, le réalisme et l’absurde. À la fois antilibérale et ultra féministe, cette réjouissante minisérie esquisse en filigrane une satire sociale des plus féroces. Tout y passe à la loupe grossissante : le snobisme intrinsèque à l’art contemporain, la nocivité mortifère des réseaux sociaux, la vacuité crasse du monde de la mode, le jeunisme roi au cinéma, la cupidité viscérale des gestionnaires immobiliers… Loin des séries américaines aux personnages stéréotypés et à la réalisation souvent formatée, on est plutôt ici dans le politiquement incorrect. Bien que très ancrée dans l’Espagne contemporaine, Furia éblouit par son universalité et s'avère être un bon remède pour nous prémunir des injonctions de notre monde.

Furia est à voir ici sur HBO Max pour 6,99 € un mois sans engagement avec pub, ou 10,99 € sans pub.

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Une comédie subtile en forme de road trip touchant

Publié le par Michel Monsay

Une comédie subtile en forme de road trip touchant

Vous pensez qu’un caddie sert surtout au supermarché et qu’on ne trouve des bunkers que sur les plages du débarquement ? Stick va vous apprendre deux ou trois choses sur le golf, même si ce sport n’est que la toile de fond de cette comédie dramatique au charme indéniable, qui rappelle un peu Little Miss Sunshine, dans le genre road trip familial à travers l’Amérique, comme une thérapie de groupe en mouvement. Subtile jusque dans ses bons sentiments, Stick brille par la qualité de son écriture et la finesse de ses dialogues. Elle mêle habilement rire et émotion, dessine patiemment ses personnages fêlés, dont les intentions ne sont jamais manichéennes. Si cette série s’avère si séduisante, c’est aussi grâce à ses acteurs. Owen Wilson est parfait en clown mélancolique, à l'ironie bienveillante et à la séduction douce et décontractée. L’acteur a toujours su prendre à rebours les clichés de la masculinité américaine, il le fait avec d’autant plus de conviction que la série, avec sa bande originale pleine de classiques du rock et son humour un peu désuet, est de toute évidence destinée à apaiser tous les papas qui se demandent s’ils ont fait ce qu’il fallait. À ses côtés, Marc Maron est irrésistible en grincheux au grand cœur et Maria Treviño, surprenante en mère poule moins naïve qu’elle n’y paraît. Si la série attrape d’abord par son élégance, c’est le caractère conséquent de son écriture qui frappe ensuite : la rigueur avec laquelle elle s’applique à respecter les incommunications et les ruptures véritables de ses personnages, sans céder à la tentation de leviers artificiels pour résoudre les empêchements de l’intrigue, ou plutôt en les laissant se dénouer d’eux-mêmes à une vitesse naturelle. Au final, une série en 10 épisodes en forme de comédie attachante sur la transmission et les secondes chances.

Stick est à voir ici sur Apple Tv+ pour 9,99 € un mois sans engagement ou en profitant de l'essai gratuit.

La bande-annonce ci-dessous est en vo, mais en regardant la série sur Apple Tv+ vous aurez les sous-titres en français.

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L'époustouflant charisme de Marilyn

Publié le par Michel Monsay

L'époustouflant charisme de Marilyn

Cette année Marilyn aurait eu 100 ans. L’occasion pour Patrick Jeudy, déjà auteur de deux documentaires sur la star américaine, de revenir sur un épisode qu’il juge fondateur : sa tournée auprès des soldats américains en Corée, en février 1954. Pour ce faire, il s’appuie sur des images d’archives ainsi que sur une interview de Marilyn accordée des années plus tard à NBC. Lorsque l’armée américaine lui propose d’aller divertir les GI embourbés dans la guerre de Corée, elle accepte. Même si elle n’a jamais chanté en public, qu’elle a la phobie de la foule et, dans ses bagages, qu’une seule petite robe moulante comme tenue de scène. Marilyn a alors 28 ans. Depuis Les hommes préfèrent les blondes, la comédie de Howard Hawks dans laquelle elle partage l’affiche avec Jane Russell, sa notoriété a fait un bond. Mais « la blonde bien roulée » cherche à s’affranchir du regard peu valorisant que Hollywood porte sur elle. Lassée des rôles d’idiote que lui propose Darryl Zanuck, elle claque la porte de la Fox et monte en 1953 une société de production avec le photographe Milton Greene. Cinquante ans avant #MeToo, elle ose même dénoncer, dans une tribune intitulée « les Loups que j’ai connus », ce qu’on ne qualifie pas encore de harcèlement sexuel. Pendant quatre jours, au rythme de plusieurs concerts quotidiens menés tambour battant sur les bases américaines, Marilyn donne tout. Elle se produit sur scène dans sa petite robe légère malgré le rude hiver coréen, sous les acclamations de plus de 100 000 soldats en tout, elle chante et rechante Diamonds Are a Girl’s Best Friends, l’accompagne d’une gestuelle suggestive irrésistible et se révèle être une vraie bête de scène. Celle qui estimait jusque-là ne pas exister prend de l’assurance. La tournée fait la une des médias. Marilyn entre dans les foyers américains et oblige le pays à regarder en face cette guerre lointaine. Film-collage dont le montage d’images d’archives est impressionnant de minutie, il a surtout la grande intelligence de multiplier les points de vue, à cheval entre réflexions introspectives et compte rendu factuel : dans le rôle de Jean O’Doul, proche amie et compagne de voyage de la vedette, la comédienne Elsa Lepoivre de la Comédie française mêle sa voix à celle de Marilyn et permet l’accès à l’envers du décor, à la psyché d’une femme qui doute. Ce beau documentaire montre une star qui oscille entre spectacle et proximité non feinte avec les soldats, qui troque sa robe pour des uniformes militaires, leur sert des repas et rend visite aux blessés. Un changement d’environnement radical pour la vedette hollywoodienne, qui confiera s’être sentie « libre » et « tellement fière d’apporter du bonheur dans la vie de ces soldats ». Et si elle était enfin parvenue là-bas, si loin de son univers, à devenir le sujet de sa propre vie ? Avec tact et doigté, Patrick Jeudy fluidifie bouts d’archives et limbes de voix, sa Marilyn ne cesse jamais de vibrer dans l’art du montage et nous touche profondément.

Quand Marilyn chantait pour les GI’s est à voir ici ou sur le replay de FranceTv.

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De l’Amérique des oubliés à un Londres futuriste sublimé mais inquiétant

Publié le par Michel Monsay

 De l’Amérique des oubliés à un Londres futuriste sublimé mais inquiétant

Alors que l’heure est plutôt à la fantasy sur les différentes plateformes, une vraie série de science-fiction ambitieuse manquait ces derniers temps, et Périphériques : les mondes de Flynne rassemble tous les bons ingrédients du genre. Dans un futur proche, la technologie a commencé à subtilement modifier la société. Avec son univers et son propos, cette nouvelle série n’est pas sans nous rappeler Ready Player One de Steven Spielberg sorti en 2018, en s’interrogeant sur ce que les mondes virtuels auront comme conséquences pour notre réalité. Le réalisateur de la série fait preuve d’inventivité pour mettre en scène cette aventure bouillonnante dans un futur dystopique. C’est particulièrement vrai dans le rendu de ces univers virtuels néanmoins plus vrais que nature, avec de l’action, du mystère et des questionnements sociétaux sur le destin de l'humanité et les dérives des nouvelles technologies. Visuellement, la série est très réussie, regorgeant de belles idées en termes de décors, et présentant une version très crédible d’un futur dévasté par une apocalypse qui s’est nourrie de toutes les menaces pesant sur nous (effondrement écologique, terrorisme, menace nucléaire, pandémies…), mais poursuivant néanmoins un développement technologique basé sur l’I.A et la virtualité. Plutôt que de choisir la gravité et l’emphase, les créateurs de la série ont préféré l’énergie et une certaine désinvolture, parfaitement incarnés par l'ensemble des comédiens avec à leur tête la radieuse Chloë Grace Moretz, aussi à l’aise en chic fille du Sud-Est des États-Unis en 2032 qu’en beauté glacée perdue dans un futur sans âme dans le Londres de 2099. Des allers-retours entre réalité et monde virtuel, futur proche et plus lointain, Périphériques : les mondes de Flynne réussit à créer deux univers bluffants en nous projetant dans des mondes futuristes et inquiétants. Passionnant. 

Périphériques : les mondes de Flynne est à voir ici sur Prime vidéo en profitant de l'essai gratuit de 30 jours.

La bande-annonce ci-dessous est en version originale mais en regardant la série vous aurez les sous-titres en français.

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Thriller financier qui carbure aux faux semblants et à l'adrénaline

Publié le par Michel Monsay

Thriller financier qui carbure aux faux semblants et à l'adrénaline

Steal en veut à notre rythme cardiaque. Sotiris Nikias, qui signe ici sa première série, maîtrise les codes du thriller, c’est indéniable. Mais il fait bien plus que les réciter. Il se les approprie. Son écriture ultra précise nous entraîne dans le même piège diabolique que celui qui se referme sur les employés de la firme victimes d'un hold-up. Le soin apporté aux personnages, au-delà des exigences du suspense, participe à la réussite de cette minisérie. Filmés au plus près de leur angoisse, ils révèlent dans le drame qui se joue des comportements imprévisibles qui servent le mystère jusqu’au bout. Tous les comédiens s’en emparent avec justesse. Sophie Turner montre encore une fois qu’elle n’est pas que l’ex-star de Game of Thrones mais une comédienne à la riche palette de jeu, qui nous avait déjà épatés dans la série Joan. Sotiris Nikias met en marche dans Steal un engrenage de retournements majeurs, carburant moins à un principe d’enquête ou d’affrontement, qu’à un réflexe de reconfiguration permanente de tous les liens d’opposition ou d’allégeance régissant sa poignée de protagonistes. En résulte une narration d’une maîtrise et d’un dynamisme prenants, débarrassée de tout excédent de gras, évoquant le meilleur du thriller paranoïaque politico-financier d’outre-Manche, dans une partie d’échecs à cinq ou six équipes simultanées jouant tous leurs coups en même temps, mêlant grande finance, MI5, police et petits cols blancs. Thriller malin monté au cordeau, qui joue sur le contraste entre les gratte-ciels de la City et les quartiers plus populaires, Steal navigue dans un Londres froid, nocturne, austère. Voire hostile. Le projet assume sa double nature de conspiration cérébrale et de série d’action musclée. Ces six épisodes dressent aussi le portrait d’une jeunesse écrasée par le capitalisme : Quand on manipule quotidiennement des sommes à six ou neuf zéros, quel en est le but ? Les conséquences morales ? Où commence la délinquance en col blanc ? Où se termine la cupidité ? Steal, en mêlant avec brio thriller, drame et critique sociale, délivre aussi son message anticapitaliste. Le monde économique devenu fou et injuste mérite un reset explosif pour en finir avec cette machine infernale à fabriquer de la misère.

Steal est à voir ici sur Prime vidéo en profitant de l'essai gratuit de 30 jours.

La bande-annonce ci-dessous est en version originale mais en regardant la série vous aurez les sous-titres en français.

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Irrésistible Jessie Buckley

Publié le par Michel Monsay

Irrésistible Jessie Buckley

Ce film musical épatant sorti en 2019 est aussi enlevé que drôle et touchant, et a révélé la formidable Jessie Buckley, que l'on a adoré récemment dans Hamnet et qui lui a valu l'Oscar de la meilleure actrice. Elle signe dans Wild Rose une impressionnante performance vocale, elle est aussi chanteuse, et déploie déjà tous ses talents dramatiques. La musique country ? C’est « trois accords et la vérité », dit Rose-Lynn, son personnage, qui n’a que ce credo en tête. Elle croit en son talent, se rêve en Dolly Parton et n’aspire qu’à rejoindre Nashville. Sauf qu’elle habite la banlieue de Glasgow, sort de prison, néglige ses deux enfants, jure comme un charretier et subit les remontrances d’une mère. Boule d'énergie contagieuse, Jessie Buckley insuffle ce qu'il faut de fragilité et de férocité à cette femme qui voudrait simplement ne pas rester prisonnière de sa condition féminine, sociale, géographique. Wild Rose s’impose comme un mélange particulièrement équilibré de film social britannique et d’éloge de la musique country. Avec comme toile de fond, HLM de banlieue, pub écossais où les tables collent à force de bières renversées, et quotidien d’une classe populaire condamnée à subsister dans le même périmètre étroit. La mise en scène de Tom Harper, dont on a apprécié récemment Peaky blinders l'immortel, épouse le tonus de cette héroïne qui marche à grandes enjambées rageuses, déchirée entre son idée fixe et ses deux gamins qu’elle réapprivoise maladroitement. Face à elle, l'actrice Julie Walters incarne avec une émouvante retenue une mère qu’une vie sans ambition a peu à peu raidie, ne lui laissant qu’un pâle sourire. Ces deux personnages offrent, en creux, une réflexion sur le thème du sacrifice maternel. Plein d'allant et de vie, cette émouvante ode à la folie et aux mirages impossibles reste résolument sociale, avec un message : pour devenir quelqu’un, il faut accepter d’où l’on vient.

Wild Rose est à voir ici pour 2,99 € en location ou sur toute plateforme de VOD.

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