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L'émouvant portrait d'une femme admirable

Publié le par Michel Monsay

L'émouvant portrait d'une femme admirable

Ce magnifique documentaire délicat et tout en intelligence rend hommage à l’engagement sans faille d’une cadre infirmière, sur le point de raccrocher la blouse après quarante ans d’hôpital public. Il est signé Sébastien Lifshitz, l'un des plus grands documentaristes actuels, dont on avait adoré Petite fille en 2020 et également lauréat de deux Césars du meilleur documentaire pour Les invisibles et Adolescentes. Fidèle à sa tradition de grand portraitiste au long cours, Sébastien Lifshitz a filmé durant deux ans Madame Hofman, qu'il rencontre à un moment de bascule, de dérèglement aussi bien intime que collectif. Nous sommes au début du Covid, et cette femme admirable se rapproche de sa retraite, son corps lui fait mal, ses oreilles n’entendent plus très bien les bruits alentour et elle vit sous la menace d’une maladie génétique héréditaire. Avec et à travers elle, c’est à une vision plus globale de la France, avec son hôpital malmené, ses bas salaires, la pénibilité au travail non reconnue, l’épuisement généralisé du corps médical, symptômes d’une République ayant réduit les acquis sociaux à peau de chagrin, que nous convie Madame Hofmann. Si le cinéaste dépeint, par l’intermédiaire de Sylvie Hofmann, l’hôpital en crise, en manque de tout, de matériel et de soignants, c’est moins pour en chroniquer le chaos que pour honorer l’intelligence humaine qui lui fait face. Une vaste idée qui, chez Sébastien Lifshitz, semble prendre tout son sens, atteindre sa plus haute forme d’incarnation tant ses films portent en eux cet indicible supplément d’âme et procurent le sentiment d’une plénitude revivifiante et consolatrice. Avec un sens du découpage extrêmement précis et délicat, le réalisateur déplie chaque situation, scène après scène, comme on décollerait la très fine surface d’une compresse sur une peau à vif. Ne pas les survoler, ni les hiérarchiser, c’est ne jamais minimiser la peine, la complexité, c’est aussi et surtout s’accorder à l’unisson, à l’engagement sans faille mais douloureux et contaminant, de son sublime personnage au charisme lumineux. La filmer elle plutôt qu’une autre, c’est faire état d’une fatigue généralisée face à la violence d’État. C’est aussi rendre compte d’un investissement typiquement féminin pour ces métiers de la santé en hôpital, et d’une génération davantage prête au sacrifice que la suivante qui, elle, s’en protège. C’est enfin documenter un savoir, une expertise et la mélancolie de cette femme qui n’a pas pu se reposer, n’a pas vu le temps passer. Quelle plus juste réparation que d’offrir à la mélancolie l’éternité d’un film, qui est aussi un bel hommage à tous les soignants. La caméra de Sébastien Lifshitz, intime et précise sans jamais sembler intrusive, ne quitte pas le corps fatigué de son personnage, que ce soit dans sa jovialité communicative, son sérieux au travail ou dans ses moments de doute. C’est parce qu’il n’a jamais la prétention d’étendre ce point de vue qu’il réussit justement à faire de Sylvie Hofmann le symptôme de tout un système en crise. Le cinéaste ne se prive pas de rappeler la digne mission de l’hôpital public et comment celle-ci est de plus en plus menacée par une conception néolibérale, qui favorise le secteur privé, où les intérimaires médecins sont payés des sommes astronomiques et les infirmières trois fois plus que dans le public. Tout cela, on l’a entendu mille fois, sans jamais le comprendre aussi bien qu’ici. L'acuité du regard de Sébastien Lifshitz, son humanité et le naturel désarmant de son approche lui permettent de capturer des instants de vie, comme dans ses autres films, toujours aussi précieux. La force des documentaires, quand ils sont réussis, est de donner cette impression d’intimité et de proximité avec les personnes filmées, en créant un lien imaginaire. Nous ne sommes pas prêt d'oublier Madame Hofmann, qui mériterait la Légion d'honneur bien plus que les autres abrutis qui l'on reçue récemment.

Publié dans Films

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Les fascinantes créations d'Iris Van Herpen, artiste visionnaire

Publié le par Michel Monsay

Les fascinantes créations d'Iris Van Herpen, artiste visionnaire

Désolé d'évoquer une nouvelle fois une exposition qui vient de se terminer, mais Iris Van Herpen - Sculpting the Senses au Musée des Arts décoratifs était tellement éblouissante que je vais néanmoins vous en faire profiter un peu. À près de 40 ans, Iris Van Herpen est reconnue à l’échelle internationale comme étant l’une des créatrices de mode les plus talentueuses et visionnaires de sa génération. Pour cette surdouée, la Haute Couture est un moyen de repousser les limites de l’imagination en mixant artisanat, savoir-faire traditionnels et exploration de technologies multidisciplinaires. Elle collabore ainsi avec de nombreux experts issus tout aussi bien de l’art, de l’architecture, du design, que des sports ou de la science. Iris Van Herpen grandit dans le village de Wamel aux Pays-Bas en osmose avec la nature et le monde du vivant qui sont, avec la danse classique et contemporaine qu’elle pratique dès son plus jeune âge, les éléments fondateurs de son rapport au corps et au vêtement. Après une période formatrice auprès d’Alexander McQueen, elle fonde sa maison en 2007 à Amsterdam. Elle intègre, quatre ans plus tard, la Chambre Syndicale de la haute couture à Paris. Dès 2010, elle crée une robe en impression 3D. Depuis, elle explore et renouvelle constamment un large éventail de techniques allant du moulage en silicone à l’impression 3D et de la découpe au jet d’eau au plissé ancien et à la sculpture aimantée. Iris Van Herpen envisage ses vêtements comme des moyens de réinventer notre rapport à l’espace, à la nature, à la féminité. Elle apprécie les collaborations avec des femmes inspirantes comme Cate Blanchett, Beyoncé, Scarlett Johansson, Lady Gaga, Fan Bingbing ou Naomi Campbell. Dans cette magnifique exposition une centaine de robes inspirées par l’eau, le vivant, le cosmos, dialoguent avec des œuvres d'art contemporaines, installations, vidéos, photographies mais aussi des pièces provenant des sciences naturelles comme des coraux ou des fossiles. Les sciences du vivant sont en effet partout. Dès les premières salles, consacrées à l’eau, on retrouve les robes en verre soufflé créant l’illusion de splash ou de bulles comme en lévitation, d’autres s’inspirant de la vie sous les mers prennent la forme de coquillages ou de petits animaux marins. L’exposition, qui convoque tous les sens, se termine par une vue globale des différents matériaux utilisés par la créatrice : métal, silicone, papier, plastique, mais aussi soie, tulle ou organza, ainsi que par une plongée en apnée dans le cabinet de curiosités d’Iris van Herpen. On ressort émerveillé par ces formes, ces matières, et l'incroyable imagination de cette créatrice qui a d'ores et déjà marqué l'histoire de la mode, avec ses robes entre tension dynamique et fluidité, finesse et complexité, mais aussi poésie et philosophie. Il s'agit indéniablement de sublimes œuvres d'art.

Les fascinantes créations d'Iris Van Herpen, artiste visionnaire
Les fascinantes créations d'Iris Van Herpen, artiste visionnaire
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Publié dans Expos

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Qui apprécie encore Macron ?

Publié le par Michel Monsay

Qui apprécie encore Macron ?
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Qui apprécie encore Macron ?

Publié dans Chroniques

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L'enfer, c'est les autres

Publié le par Michel Monsay

L'enfer, c'est les autres

D'emblée, on est happé par cette histoire de citadins venus à la campagne, chercher un nouveau départ et dont l'enthousiasme tourne court, avec l'arrivée de voisins aussi envahissants que grossiers dans la maison mitoyenne. Sur quel terreau prospère la violence de classe ? Entre mépris impossible à contenir des uns et agressivité latente des autres, la cohabitation fait ici l’objet d’une observation minutieuse, doublée d’un thriller nuancé. Sandrine Veysset refait parler d'elle près de 30 ans après le très beau Y aura-t-il de la neige à Noël,  César du meilleur premier film, en mettant en scène avec finesse, la singularité des êtres sous le masque social, et, avec l’aide de Virginie Despentes à l’écriture, elle passe habilement entre les mailles du cliché. Lentement, la tension monte et maintient jusqu’au bout un suspense psychologique où le pire semble toujours sur le point d’être évité. Les comédiens participent à la réussite de ce thriller rural, notamment Jonathan Zaccaï et surtout Yannick Choirat, plus vrai que nature en beauf railleur voire malveillant.

Les malvenus est voir ici ou sur le replay de France Tv.

Publié dans replay

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Une grande perte pour le cinéma

Publié le par Michel Monsay

Une grande perte pour le cinéma
Une grande perte pour le cinéma

Laurent Cantet avait le sourire tendre d’un enfant mais le regard broussailleux d’un adulte que la complexité du monde n’a pas fini de chiffonner. Ses films étaient à cette double image : tournés vers la jeunesse et ses espoirs, vers la noirceur, aussi, et les désillusions d’une société de plus en plus violente. Laurent Cantet est mort hier à l’âge de 63 ans d'un cancer, saloperie de maladie, et le cinéma perd un des témoins les plus préoccupés des soubresauts sociaux de notre époque. Cinéma humaniste ou social, artiste politique, voire militant, issu des rangs de la méritocratie républicaine et gardant de ses origines modestes cette élégance de toujours s’excuser d’être là, en haut de l’affiche, à la bonne place quand son esprit, son imagination, son regard se tournaient, irrésistiblement, vers ce qui grince et fait réfléchir, Laurent Cantet s’est concentré, à travers les neuf longs métrages qui composent sa filmographie, sur la difficulté à articuler les trajectoires personnelles avec les attentes, les normes ou les cadres de la société. Son puissant et émouvant premier long-métrage, Ressources humaines, réalisé en 1999, a fait date : sa caméra s'insèrait dans le fonctionnement quotidien d'une usine dont il décryptait les rapports sociaux à travers une relation père/fils. Le film qui consacrait les débuts de Jalil Lespert avait obtenu un César du meilleur jeune espoir pour l'acteur et un César du meilleur premier film pour Laurent Cantet. Avec son film suivant, il allait encore plus loin dans l’analyse de ce que représente le travail pour un homme, et nous éblouissait de son talent. L’Emploi du temps, inspiré de l’affaire Jean-Claude Romand, plongeait dans la psyché d’un cadre qui, à la suite d’un licenciement, se construit une vie professionnelle, toute une existence, sur le mensonge. Ce film est une véritable merveille d'intelligence, de rythme, de justesse dans la mise en scène de la perte avec un exceptionnel Aurélien Recoing. Un film glaçant sur l’imposture mais aussi sur la solitude, et sans meurtres à la fin pour se débarrasser de l’aspect monstrueux de Romand et ne garder de cette histoire que le commun, le banal. Elle était là, l’ambition de Laurent Cantet : ne jamais se laisser aller à la facilité du romanesque pour éclairer avec nuance les failles humaines. Le réel, toujours le réel. Et même quand il filmait la star Charlotte Rampling au soleil des Caraïbes dans Vers le sud, inspiré d'un roman de Dany Laferrière, c’était comme un corps riche face à celui d’un jeune Haïtien, dans un rapport Nord-Sud complexe entre désir et exploitation. Puis en 2008, il y a eu Entre les murs, d'après le livre de François Bégaudeau. L'écrivain jouait son propre rôle, celui d'un professeur de français dans un collège parisien classé ZEP (zone d'éducation prioritaire). Le cinéaste montrait la salle de classe comme un microcosme de la société, il a été copié depuis, et la difficulté pour un professeur d'incarner l'autorité tout en affirmant les vertus méritocratiques de l'école républicaine malgré les inégalités sociales. Le film est sélectionné in extremis en compétition au Festival de Cannes, où il reçoit la Palme d'or des mains du président du jury Sean Penn, ému et épaté, qui déclare : « une Palme à l’humanité, un film extraordinaire ». Son dernier film Arthur Rambo, sorti en 2021, se penchait sur la destruction d’une réputation sur les réseaux sociaux. Laurent Cantet préparait un nouveau film, L'Apprenti, au côté de Marie-Ange Luciani, la productrice d'Anatomie d'une chute. La maladie l'aura malheureusement empêché de mener à bien ce projet. Grande tristesse.

Publié dans Chroniques

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Une bête de scène charismatique inventeur du rock’n’roll

Publié le par Michel Monsay

Une bête de scène charismatique inventeur du rock’n’roll

Noir, homosexuel, extraverti, Little Richard connut un succès précoce mais une reconnaissance tardive dans l’Amérique de la ségrégation, du refus de la différence, du poids du religieux. Dans une approche chronologique, cet émouvant documentaire privilégie l’étude de la personnalité du chanteur, pianiste et auteur-compositeur aux nombreux succès à la fin des années 1950 (Tutti Frutti, Long Tall Sally, Rip It Up, Lucille, Good Golly Miss Molly, Jenny Jenny…), à travers de courts extraits de concerts, d’émissions de télévision, et de témoignages d’artistes ou de proches, de journalistes et musicologues. Qui se cache derrière ce personnage excessif, flamboyant, précurseur, tout droit sorti d’un cartoon dynamité à la cocaïne ? Né le 5 décembre 1932, à Macon, dans l’état de Géorgie, Richard Wayne Penniman, dit Little Richard, est élevé dans une famille de douze enfants. Son père, maçon et pasteur rigoriste, qui ne voit pas de problèmes à tenir un night-club et à vendre de l’alcool de contrebande, le chasse quand il s’aperçoit que l’adolescent aime se travestir, se maquiller. Son homosexualité, Little Richard va tour à tour la revendiquer puis la rejeter. Enfant noir, il subit le racisme. Artiste noir, il laisse passer, entre des blagues, la peine et la colère de n’avoir été reconnu que trop tardivement comme l’un des grands créateurs du rock’n’roll, mettant cela sur le compte de la couleur de sa peau. Et même si la jeunesse, sans distinction, l’a fêté dans les années 1950, que de nombreux artistes blancs le révèrent et reconnaissent son influence (les Beatles, les Rolling Stones, Tom Jones, David Bowie…), il dira en recevant une récompense honorifique lors de la cérémonie des American Music Awards en 1997 : « Il en aura fallu du temps. » De la rock star, Little Richard a tout inventé. Le premier, il a occupé la scène entière, hurlé comme un animal, grimpé sur son piano et retiré sa chemise. Le premier, il s’est jeté dans la foule, lui a tout offert avec jubilation. Cela dès les années 1950, quand un seul mouvement de bassin du blanc Elvis Presley (qui d'ailleurs s’appropriera les chansons de Little Richard) suffisait à choquer la prude Amérique. Ce documentaire fait habilement dériver l’hagiographie rock vers l’histoire sociale. Par-delà ses tourments intimes, en s’ouvrant sur son homosexualité dans des shows télévisés où le sujet demeurait tabou, Little Richard a incarné un modèle androgyne pour de nombreux Afro-Américains homos ou queers. Il lui fallut pour cela faire preuve d’un immense courage dans une Amérique où puritanisme et domination masculine faisaient bon ménage. Sans faire l’impasse sur les contradictions de Little Richard, la réalisatrice américaine Lisa Cortes rend un bel hommage à ce pionnier du rock si extravagant, si attachant et si magnétique.

Little Richard - I am everything est à voir ici ou sur le replay d'Arte.

Publié dans replay

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Belle performance

Publié le par Michel Monsay

Belle performance

Margot Cotten, chanteuse et multi-instrumentiste reprend My sweet Lord, la merveilleuse chanson de George Harrison, le résultat est enthousiasmant.

Publié dans Chroniques

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Éblouissante métamorphose symphonique à la fois sobre et intense

Publié le par Michel Monsay

Éblouissante métamorphose symphonique à la fois sobre et intense

L'indispensable Bernard Lavilliers, deux ans après le somptueux Sous un soleil énorme, a enregistré Métamorphose, 14 titres incontournables de son répertoire dans un écrin symphonique sur des superbes arrangements qui amplifient la trajectoire des paroles. Le principe d’enrober d’un certain luxe ses chansons semblait a priori contraire à leur propos, à la rudesse qu’on accole spontanément au chanteur stéphanois, oubliant à quel point il a toujours fait preuve de subtilité et de nuances musicales. Elles sont ici mises particulièrement en relief dans des versions amples et chaleureuses qui tamisent la lumière un peu crue des années 1980 quand les synthétiseurs croyaient pouvoir remplacer un orchestre, et que les basses jouaient des biscoteaux pour passer sur la FM spécialisée funky comme chantait Michel Jonasz. Tout en restant fidèle à l’esprit des originaux, cette relecture symphonique retisse, différemment, sans esbroufe, des liens avec les voyages et l’histoire de Lavilliers. « Nous étions jeunes et larges d’épaules… » Quand Bernard Lavilliers fait cette confidence qui ouvre On the Road Again, le frisson passe toujours. Posé sur un tapis de cordes folk, ce titre emblématique sorti en 1988, qu’il réinterprète aujourd’hui, donne le ton de son nouvel album. Une voix chargée d’émotion et d’apaisement, des chansons qui se recréent avec le vécu d’une vie et l’ampleur d’un orchestre de 50 musiciens : Métamorphose sublime et réinvente 14 temps forts de 55 ans de carrière, l'une des plus belles de la chanson française, et rehausse un peu plus l’éclat cinématographique des textes et musiques de Bernard Lavilliers.

Ci-dessous un petit film de 15 minutes qui résume l'enregistrement de ce magnifique album, ainsi que trois chansons qui en font partie :

Publié dans Disques

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Les félins en majesté au Muséum d’histoire naturelle

Publié le par Michel Monsay

Les félins en majesté au Muséum d’histoire naturelle

Cette exposition, qui connait un très beau succès depuis son inauguration en mars 2023, se penche sur les 38 espèces qui composent la famille des félins dans le monde. Qui n’a jamais rêvé d’approcher un lion, un tigre, un léopard, un jaguar ou une panthère de très près ? Dès l’entrée de l’exposition dans la grande galerie de l’évolution du Muséum d'histoire naturelle, voilà le visiteur nez à nez avec une collection de spécimens remarquablement naturalisés, ce qui permet de découvrir la morphologie et la taille de ces animaux fascinants, ces beautés sauvages, à la fois puissantes et gracieuses, mystérieuses et familières qui captivent notre imaginaire. L’exposition met en avant les forces, sens ultra-développés (ouïe, vue, toucher), mâchoires et griffes puissantes, rapidité, agilité…, mais aussi les faiblesses de ces animaux, aujourd’hui vulnérables à bien des égards. Ils sont ainsi victimes de chasse infructueuse, d’un fort taux de mortalité des petits, de collisions routières ou encore du trafic et du commerce illégal. Des œuvres et des objets d’art provenant des collections du Louvre ou des musées du quai Branly et Guimet, permettent d’appréhender les rapports que l’humain peut avoir avec les félins. À travers quatre grandes salles, cette belle exposition permet de mieux connaître ces animaux aux fabuleuses qualités athlétiques, fascinants, redoutés mais aussi pour certains en voie de disparition, d'où l'importance de renforcer leur protection et leur préservation. Pour finir, un petit tour à l'exposition permanente de la galerie de l'évolution pour voir ou revoir entre autre le magnifique éléphant, puis une balade pour profiter des fleurs et arbres du jardin des plantes.

Félins est à voir à la grande galerie de l’évolution du Muséum d'histoire naturelle jusqu'au 21 avril.

Les félins en majesté au Muséum d’histoire naturelle
Les félins en majesté au Muséum d’histoire naturelle
Les félins en majesté au Muséum d’histoire naturelle
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Publié dans Expos

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Macron, une nouvelle fois complètement à côté de la plaque... ou pire !

Publié le par Michel Monsay

Macron, une nouvelle fois complètement à côté de la plaque... ou pire !

L’homme en noir à l’Élysée. Hier, devant le gratin du petit écran réuni au Château, Thierry Ardisson a été promu chevalier de la Légion d’honneur par Emmanuel Macron. Une distinction officiellement motivée par les trente-six ans d’antenne de l'animateur et producteur, qui a soi-disant façonné le visage de la télévision française. Mais, ça tombe mal, la cérémonie se tient alors que le film Une famille, de Christine Angot, actuellement en salles, rappelle le climat sexiste et vulgaire des anciens talk-shows d’Ardisson et le peu d’intérêt qui y était porté aux violences faites aux femmes… De sidérantes images d’archives montrent la manière dont Ardisson a reçu Christine Angot en 1999 et 2000 dans son show Tout le monde en parle sur France 2, pour la sortie de ses livres L’Inceste et Quitter la ville, où elle raconte ses viols et leurs conséquences. On découvre alors un plateau ricaneur, sourd à ce qu’elle veut dire, prenant un plaisir évident à la malmener… Quand elle interrompt finalement une des interviews en quittant l’émission, Ardisson lui lance benoîtement : « Bah pourquoi, on s’amusait bien, nous… » Ce n’est pas la première fois que le chef de l’État, qui avait annoncé faire des violences faites aux femmes la grande cause de son premier quinquennat, est complètement à côté de la plaque sur les questions féministes. En décembre dernier, deux semaines après la diffusion du Complément d’enquête consacré aux accusations portées contre Gérard Depardieu, il avait dénoncé une « chasse à l’homme », et soutenu que l’acteur, mis en examen pour viols, rendait « fière la France ». Et en juin prochain, il devrait décorer Michel Sardou de l’ordre national du Mérite. L'entourage de Macron justifie ainsi ce choix : « Le chanteur a su diagnostiquer, des décennies avant Michel Houellebecq, le mal-être masculin dans ses textes.  Un mal-être masculin traduit par ses nombreuses prises de paroles anti-féministes, mais également traduite par cette phrase : « J’ai envie de violer des femmes, de les forcer à m’admirer » qu’il a chantée dans le morceau Les Villes de grande solitude. Décidément, il n'y a pas un domaine où Macron ne nous aura pas déçu, c'est une nouvelle fois à vomir !

Publié dans Chroniques

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