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Superbe livre où la poésie de Sempé fait merveille

Publié le par Michel Monsay

Superbe livre où la poésie de Sempé fait merveille

Pour finir l'année en beauté et avec le sourire, les magnifiques dessins du grand Sempé. En quarante ans de collaboration, de 1978 à 2019, il est devenu une icône new-yorkaise en signant 114 couvertures du prestigieux The New Yorker. Le magazine des élites culturelles et intellectuelles américaines, fondé en 1925, a bâti sa réputation grâce à la rigueur de ses analyses, reportages, critiques, essais, nouvelles et dessins. Il a quasiment toujours mis une illustration en couverture, le plus souvent sans lien avec l’actualité. Au fil de ces 114 couvertures sans compter les illustrations intérieures, Sempé trace sa joie de vivre dans cette mégapole qu’il sillonne à pied et à vélo par tous les temps, sans parler anglais, émerveillé par ses couleurs, son énergie, ses chats, ses humains minuscules face au gigantisme urbain, sa mosaïque communautaire, ses musiques et ses espaces verts. Pour faire la Une du New Yorker, il faut savoir créer une ambiance. Et ça, Sempé savait faire. Il a su comme personne capter l’essence de New York. Une ville dans laquelle chacun, parmi la multitude est unique. De cet homme qui contemple tranquillement une nature morte avec dans son dos l’agitation de la rue, à une danseuse, juchée sur un balcon au milieu des buildings en passant par ce musicien de jazz (l’une des grandes passions du dessinateur) qui répète à sa fenêtre, ou à ces deux messieurs qui se saluent au beau milieu d'un labyrinthe,… Sempé avait ce don de placer l’humain au cœur de ses illustrations, de confronter le minuscule au gigantesque. Des esquisses muettes qui racontent la ville bien mieux que les mots ne sauraient le faire. Par son trait fragile et délicat, il a capturé un large éventail des plaisirs simples de la vie. Ce superbe livre raconte la vision amoureuse de New York que Sempé a eu tout au long de sa vie, jusqu'à la dernière Une du New Yorker (ci-dessous) quelques jours après la mort du dessinateur.

Superbe livre où la poésie de Sempé fait merveille

Publié dans Livres

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Une honte de plus pour Macron

Publié le par Michel Monsay

Une honte de plus pour Macron

Le gouvernement n'a pas renouvelé l'agrément de l'association anticorruption Anticor, créée en 2002, actuellement impliquée dans plus de 160 procédures. "Nous sommes bien conscients que nos actions contre la corruption agacent profondément le gouvernement", a réagi l'association. L'agrément lui permettant d'intervenir dans des dossiers de lutte contre la corruption et d'atteinte à la probité n'a pas été renouvelé. Stupéfiant, révoltant, inquiétant. À l'heure où la corruption reste un des fléaux de notre vie économique ! Ce gouvernement sera donc celui de toutes les hontes et indignités. La lutte contre la corruption devrait pourtant mobiliser tous les démocrates sincères. Cette décision constitue une entrave à l'action de centaines de bénévoles qui luttent partout en France contre les abus de pouvoir. François Molins, procureur général honoraire près la Cour de cassation, estime qu'il "serait plus sain pour notre démocratie" que ce soit "une autorité administrative indépendante comme la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) qui statue sur les demandes d'agrément des associations". François Molins estime que "la lutte contre la corruption doit constituer une priorité et nécessite une tolérance zéro". Pour rappel, de nombreuses plaintes n’ont pas épargné la Macronie : Richard Ferrand, Alexis Kohler, Eric Dupond-Morett, Alexandre Benalla,... Faut-il en déduire un rapport avec ce non-renouvellement ...?

Agnès Firmin Le Bodo, qui vient d'être nommée ministre de la Santé, est visée par une enquête sur les cadeaux de la multinationale Urgo. En tant que pharmacienne, elle est soupçonnée d’avoir reçu pour 20 000 euros de bouteilles de champagne, montres de luxe, etc.

Une honte de plus pour Macron

Publié dans Chroniques

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Entre thriller apocalyptique et huis clos étouffant

Publié le par Michel Monsay

Entre thriller apocalyptique et huis clos étouffant

Troublant, terrifiant par moments, Le Monde après nous questionne notre rapport aux outils de communication modernes, à la nature et surtout aux autres. Créateur des séries Mr. Robot et Homecoming, Sam Esmail signe ici un long-métrage dont la structure en chapitres du scénario, sa mise en scène sinueuse tissée de longs plans, distillent leur angoisse, ce sentiment de glissement inéluctable. Dans le corpus des représentations de la fin des temps, Le Monde après nous a l'originalité de ne pas s'apparenter au film catastrophe. Le monstre, dans ce film, c’est l’inconnu, et le danger est d'autant plus pesant qu'il est invisible. Pour les personnages comme les spectateurs, ne pas savoir ce qui va se produire la scène suivante, si les protagonistes vivent une crise intime ou mondiale, c’est ce qui crée de l’angoisse. Le film explore l'impact de la technologie sur les relations humaines, la façon dont on est hyperconnectés et paradoxalement totalement déconnectés les uns des autres, et comment dans ces moments où on aurait besoin de rester ensemble, on perd notre humanité. Sam Esmail réussit, grâce à sa maitrise du cadre et son audace visuelle entre des zooms, travellings, effets de torsion et de rotation, jeux sur le hors-champ, à créer une tension durable. Le Monde après nous est un récit de mise en garde, dépourvu de trajectoire de héros ou de leçon de morale. Il décrit la situation dans laquelle se trouve le monde, la direction qu'il pourrait prendre et ses possibles conséquences. À signaler que le film est produit par la société du couple Obama. L'ancien président en personne se serait montré très impliqué dans l'écriture du projet. Comme Adam McKay l'avait fait avec Don't Look Up, Sam Esmail signe avec Le Monde après nous le portrait d'une civilisation occidentale au bord du précipice : Addictions numériques, tensions raciales, misanthropie, peur de l'effondrement ou d'un chaos provoqué par des États voyous, nouvelles armes encore inconnues,... La fiction semble plus proche que jamais du réel dans Le Monde après nous, et venant d'un thriller apocalyptique, ça n'a rien de rassurant. Impossible de voir ce film très bien fait et interprété, notamment par l'excellent Mahershala Ali doublement oscarisé pour Green book et Moonlight, sans songer à l'état d'un monde qui se décompose toujours un peu plus sous nos yeux sans que personne ne trouve bon de réagir.

Le monde après nous est à voir ici sur Netflix pour 5,99 € avec pub ou 13,49 € sans pub, un mois sans engagement.

Publié dans replay

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L’homme qui n’a pas voulu être président

Publié le par Michel Monsay

L’homme qui n’a pas voulu être président

Edgar Morin : Hommage ému à Jacques Delors le plus estimable homme politique français qui ne séparait pas éthique et politique.

Yannick Jadot : Nous pleurons un immense Européen, un visionnaire pragmatique pour qui notre Union était le grand projet politique qui continue de nous inspirer… à défaut d’être abouti. C’est peu dire qu’aucun de ses successeurs ne l’a remplacé !

Pascale Clark : La disparition de Jacques Delors rappelle une époque où il était possible d’admirer un homme politique.

Publié dans Chroniques

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Une chronique sentimentale d'une infinie délicatesse

Publié le par Michel Monsay

Une chronique sentimentale d'une infinie délicatesse

La dramaturge canadienne et sud-coréenne qui vit à New-York, Celine Song, signe un premier film, inspiré de sa propre histoire, d'une grande sensibilité sur l'amour et le déracinement. Loin des codes du traditionnel triangle amoureux, essoré par des décennies de comédie romantique, Past Lives travaille à l'épure et préfère se focaliser sur la délicatesse des sentiments, la multitude de nuances et de récits anodins qui les enrichissent. Celine Song puise son inspiration chez le grand Hirokazu Kore-eda pour filmer les conversations des protagonistes. Régulièrement, sa caméra se fait oublier pour nous dévoiler les pensées les plus intimes de ses personnages, notamment à travers des dialogues minutieux mais jamais bavards, et des regards profonds mais jamais forcés. Le tout est parsemé d'un humour parfaitement dosé, qui mise sur la gêne des premières fois et la surprise des retrouvailles. Céline Song témoigne d'une compréhension rare de l'intimité et livre un long-métrage qui jongle habilement entre la nostalgie et la sérénité. En images pastel, c'est une très jolie recherche du temps perdu, aussi émouvante qu’une fleur séchée dans un livre d’autrefois, aussi délicat et dévastateur qu'une nouvelle de Stefan Zweig. La cinéaste bâtit un récit impressionniste sur une belle histoire d’amour qui ne dira jamais son nom, et sur des sentiments indicibles qui, malgré tout, résistent à l'usure du temps, émaillent le récit, traversent les personnages, les déchirent et les construisent. Il en résulte un film d’une rare subtilité, à travers l’élégance de jeu des comédiens, notamment la lumineuse Greta Lee, la ciselure des dialogues, la chorégraphie des corps, la rigueur des cadrages et la douce lenteur des mouvements de caméra. Une partition s’élabore ainsi au fil du récit, sensible et grave mais sans mélo.

Publié dans Films

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La sollicitude auprès d'un Premier Ministre

Publié le par Michel Monsay

La sollicitude auprès d'un Premier Ministre

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Tant qu'il y aura de la biodiversité

Publié le par Michel Monsay

Tant qu'il y aura de la biodiversité

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Jusqu'où ira-t-il ?

Publié le par Michel Monsay

À en croire les matinales de mercredi, l’adoption de la loi immigration pose deux questions cruciales à notre société. Que va devenir la macronie ? Et qui, politiquement, a gagné ou perdu à l’issue de cette séquence législative mouvementée ? Mais qu'est-ce qu'on s'en fout ! Certes, le fond de la loi a été abordé, notamment dans l’interview de la Première ministre, Élisabeth Borne, sur France Inter ou celle du député Sacha Houlié sur RTL. Mais le secteur associatif, les experts de terrain en capacité de développer concrètement les conséquences humaines délétères de la loi n’ont pu s’exprimer que brièvement, le plus souvent au détour de courts sujets dans les journaux. Oui, la crise politique et institutionnelle est réelle, et son analyse légitime. Mais à force de se demander en boucle qui va tirer son épingle du jeu politicien ou qui va remporter la palme du cynisme partisan, d’essayer de prédire l’avenir de tel ou tel ministre, n’en oublie-t-on pas l’avenir des hommes, des femmes et des enfants que cette loi va bouleverser ? L’allongement des délais pour accéder aux prestations sociales, le rétablissement d’un délit de séjour irrégulier, la fin de l’accès automatique à la nationalité française pour les enfants nés en France de parents étrangers, le durcissement du regroupement familial, le conditionnement du titre de séjour étudiant à une caution financière, l’instauration d’un débat parlementaire annuel sur des objectifs migratoires chiffrés, sans oublier la réforme de l’aide médicale d’État promise à la droite pour la convaincre de voter la loi… Toutes ces mesures auront des effets concrets sur des corps, des esprits, des familles et des quotidiens. Ces vies dont le Parlement français débat depuis des semaines devraient avoir bien plus qu’un furtif droit de cité sur les ondes audiovisuelles. Avant une crise politique, cette loi engendre une crise humanitaire et traduit une crise d’humanité. Car ce sont bien des droits humains, à la base de la République si chère au gouvernement, qu’elle trahit. Respect de la dignité, droit d’asile, inconditionnalité d’accès aux soins et au logement, droit à vivre en famille… Le détricotage de ces principes fondamentaux aura des conséquences dramatiques, à bien plus long terme que les carrières de tel ou tel politicien. Au secours ... Sans parler de l'indécence de Macron à soutenir Depardieu !

 

 

Jusqu'où ira-t-il ?
Jusqu'où ira-t-il ?
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Jusqu'où ira-t-il ?
Jusqu'où ira-t-il ?
Jusqu'où ira-t-il ?

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Une lettre d’amour au cinéma d’une grande beauté

Publié le par Michel Monsay

Une lettre d’amour au cinéma d’une grande beauté

Ode à une salle de cinéma et aux liens qui sauvent, portrait d’une femme éteinte qui va se rallumer, Empire of Light célèbre la magie. Celle qui s’offre à nous si on veut bien la regarder. Dans une lumière bleutée à l’extérieur, mordorée à l’intérieur, le chef-opérateur Roger Deakins, complice de Sam Mendes depuis Jarhead (2005), enveloppe magnifiquement ses cadres en cinémascope d’ambiances feutrées, qui révèlent autant les lieux que les êtres. Empire of light est le premier scénario que le cinéaste d’American Beauty, Les Noces rebelles, Skyfall et 1917, a écrit seul sans coauteur. C'est aussi son projet le plus personnel, où il rend hommage à sa mère et aux films qui l’ont nourri, lui, adolescent. Amour des personnages, tendresse pour une époque révolue, fascination pour la salle de cinéma, temple et refuge destiné à ceux qui ont besoin de s’évader, à ceux qui n’ont nulle part où aller, Empire of Light est aussi une ode aux laissés-pour-compte dans l’Angleterre impitoyable de Thatcher. Où la vie s’échappe, où la pauvreté se cherche des boucs émissaires et où le racisme ambiant donne la nausée. Le cinéma, la salle et les films, agit comme un baume avec son faisceau lumineux ouvrant tout grand nos yeux. Empire of Light rompt avec la frénésie du mouvement des précédents films du cinéaste pour retrouver le cadre, en apparence plus calme, d’une cité balnéaire anglaise au début des années 1980. Cette même ville de bord de mer magnifiée par les toiles de Turner, le maître de la lumière. Au cœur du film, un imposant bâtiment art déco posé sur le front de mer de Margate, dans le sud-est de l’Angleterre. Avec son hall majestueux, son escalier central et ses grandes baies vitrées donnant sur la mer, le cinéma L’Empire apparaît comme une de ces reliques des temps glorieux du 7e art. Il l’est aussi symboliquement, à la fois comme décor central de l’intrigue, et seul moyen d’échapper à la réalité extérieure. Sam Mendes s’adresse à un monde en train de disparaître. Nostalgie, regret et admiration s’y mêlent. Il s'est entouré pour mener à bien son projet d'une distribution impeccable, à la tête de laquelle l'exceptionnelle Olivia Colman, mais associer cet adjectif à son nom tourne de plus en plus au pléonasme. Abordant de très nombreux thèmes comme la maladie mentale, l’amitié, le désir, la différence, le racisme…, Empire of Light est d’abord et avant tout un émouvant cri d’amour à la salle de cinéma que l'on partage pleinement avec le cinéaste.

Empire of light est à voir ici pour 3,99 € en location.

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Une des plus belles découvertes de l'année

Publié le par Michel Monsay

Une des plus belles découvertes de l'année

Auteure-compositrice, guitariste et chanteuse à la voix de velours, Gabi Hartmann a publié cette année à 31 ans un premier album, écrit et enregistré au gré de ses voyages entre Paris, New York et Rio. Entre chanson, jazz et folk, la chanteuse l'a conçu comme une collection de photos rassemblées au fil du temps. Elle y chante en français, en anglais, en portugais et en arabe, accompagnée par de nombreux musiciens rencontrés à Paris et à New York, où elle a vécu il y a quelques années. Gabi Hartmann, qui a aussi étudié les sciences politiques et la philosophie, est une artiste engagée pour la cause des réfugiés, comme on peut l'entendre dans sa superbe chanson La Mer issue de ce premier album, et composée d'après Charles Trenet. Elle évoque ce réel toujours plus nié, invisibilisé, voire cyniquement instrumentalisé à des fins politiques, qui demeure d’une cruelle actualité et met en lumière le plus affreux des naufrages, celui de notre humanité. Comme elle le chante avec tant de justesse : « Demandons-nous ce qui se passe…  »

Difficile de ne pas succomber à son talent et son charme en la voyant en concert pour deux morceaux, dont La mer, qui est assurément l'une des plus belles chansons de l'année :

Publié dans Chroniques

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