Pekka Halonen, le plus beau poète des neiges
Il a étudié auprès de Gauguin avant de revenir en Finlande pour peindre la nature grandiose de son pays d’origine. Honoré d’une importante rétrospective au Petit Palais, Pekka Halonen révèle un rapport au paysage fait d’émerveillement et de sobriété. Le choix a été drastique dans la production pléthorique (2000 tableaux) de cette gloire nationale. Car le travail de Halonen participe de l’établissement d’une identité nordique à l’orée du XXe siècle, tandis que le pays des mille lacs et des grands hivers souffre du joug que lui impose l’Empire russe, son indépendance ne sera acquise qu’en 1917. Les branches qui croulent sous le poids de la neige, la surface paisible des lacs, la lumière blanche de l’hiver… Pekka Halonen (1865-1933) a peint la nature finlandaise et les saisons qui défilent comme personne. Issu du milieu agricole en Savonie du Nord, son univers pictural raconte la ruralité et les traditions finlandaises, participant à représenter un mode de vie finlandais romancé. Conçue comme une promenade dans l’univers du peintre, cette belle exposition met en lumière son apport à la modernité par sa capacité à synthétiser les diverses tendances picturales de la fin du XIXe siècle. Elle revient sur les années de formation du peintre, sur ses toiles monumentales, sur sa participation au pavillon finlandais à l’Exposition universelle de 1900, ou encore sur l’influence majeure de la musique dans son art, le peintre joue notamment du kantele, son frère est violoniste professionnel, son épouse pianiste. Et bien sûr, l’exposition nous promène dans une Finlande sauvage intacte et dénuée de présence humaine, entre paysages enneigés, forêts, et lacs aux eaux profondes. Passé par Paris à trois reprises et par l’enseignement de Gauguin, Halonen ne sera pourtant bien que chez lui, dans la maison qu’il a construite de ses mains, et dont une des salles du Petit Palais reproduit à peu près l’intérieur boisé avec la baie vitrée qui donne sur un lac gelé. Peintre d’extérieur que n’effrayaient pas les températures bien en dessous de zéro, il allait chercher autour de chez lui et dans diverses régions de Finlande les reflets de la lumière sur le blanc. Reconnu pour son exceptionnelle maîtrise, il fit du sujet un terrain d’expérimentation où s’exprimèrent différentes influences, naturalisme, symbolisme, japonisme, fauvisme, sans jamais se départir d’une grande authenticité. Les bottes enfoncées dans le blanc, perdu dans la forêt, au bord d’une rivière ou d’un lac, il était dans son élément. À travers deux cents toiles, on découvre les très belles peintures de ce grand artiste, qui sut embrasser merveilleusement le paysage comme l'âme de son pays blanc.
Pekka Halonen, un hymne à la Finlande est à voir jusqu'au 22 février au Petit Palais.
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