Overblog Tous les blogs Top blogs Photographie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

replay

Un film percutant sur un #MeToo espagnol avant l’heure

Publié le par Michel Monsay

Un film percutant sur un #MeToo espagnol avant l’heure

La talentueuse cinéaste espagnole Icíar Bollaín ainsi que ses comédiens Mireia Oriol et Urko Olazabal, tous deux extrêmement justes, réussissent avec brio à retranscrire des mécanismes pernicieux, toujours difficiles à rendre tangibles, de l'emprise et du harcèlement sexuel. Le film est inspiré du drame vécu par Nevenka Fernández en 1999, qui finira par intenter un procès retentissant à son bourreau, Ismael Alvarez, le maire de Ponferrada, en Espagne. Ce fut le premier cas de #MeToo politique dans ce pays, bien avant le début du mouvement. Icíar Bollaín signe une mise en scène minutieuse pour montrer l'évolution du verbe d'Ismael qui se fait de plus en plus violent envers Nevenka. Elle filme les "non" de la jeune femme à des moments charnière de son récit, que l'on voit progressivement dépérir à l'écran. Le regard de la jeune femme se fait hagard, fuyant : la caméra s'appesantit sur son attitude corporelle, sur ses mains qu'elle triture ou quand elle tente de disparaître au milieu d'une pièce. Elle se retrouve bientôt aux portes de la folie, persuadée qu'elle n'a aucune chance de convaincre les autres qu'elle est harcelée par un homme de pouvoir, puissant, manipulateur, asservissant les institutions pour imposer son crime. Icíar Bollaín réussit ici un film important sur le harcèlement et les violences morales et sexuelles, qui pointe intelligemment du doigt la cruelle relativité de la solidarité féminine, et met en évidence les conséquences physiques, psychologiques, comme parfois sociales, à tel point qu’il faut avoir une force incroyable pour les affronter, à l’image de cette bouleversante Nevenka. La cinéaste décompose avec une précision glaçante la mécanique du pouvoir et de la violence patriarcale vers une dérive manipulatrice. C’est tout un processus d’altération de ce qu’est le personnage central qui s’illustre graduellement, pour nous ouvrir les yeux. Le basculement de la souffrance psychologique à la terreur physique est radicalement impressionnant, preuve de la force du ressenti qui traverse ce film où la compassion est mise au service de la lucidité. Le courage de Nevenka y résonne aussi à travers la détermination de la réalisatrice, qui s’implique intensément et démontre sa volonté d’aider le combat réparateur des femmes meurtries. Son film illustre magistralement ce que signifie être sous emprise.

L'affaire Nevenka est à voir ici pour 2,99 € en location ou sur toute plateforme de VOD.

Publié dans replay

Partager cet article
Repost0

Charmante comédie romantique existentielle

Publié le par Michel Monsay

Charmante comédie romantique existentielle

Entre récit d’apprentissage, clichés à l’eau de rose et idée réchauffée, Demain est un autre jour avait tout du film promis aux oubliettes de la plateforme Netflix. Pourtant, on se prend à tomber dans le piège de cette histoire qui pose un regard tendre et amusé sur un personnage féminin qui se cherche, doute, se trompe, persévère. Peut-être aussi parce que la simplicité et la sincérité de l’actrice Sofia Carson rendent l’identification facile. Ou bien parce que le film offre une vision rafraîchissante du deuil et de la famille, notions élastiques, imparfaites, fuyantes, parfois. Cela donne de jolies séquences, drôles ou émouvantes, interroge sur les liens filiaux ou entre frères et sœur, mais aussi l’idée de vocation professionnelle. Demain est un autre jour est de ces films fâcheusement attendrissants, de ceux qu’on voudrait bien détester, mais devant lesquels on finit par craquer. 

Demain est un autre jour est à voir ici sur Netflix pour 7,99 € avec pub et 14,49 € sans pub, un mois d'abonnement sans engagement.

La bande-annonce ci-dessous est en version originale mais en regardant la série vous aurez les sous-titres en français.

Publié dans replay

Partager cet article
Repost0

Une irrésistible comédie douce-amère autant décalée que corrosive

Publié le par Michel Monsay

Une irrésistible comédie douce-amère autant décalée que corrosive

Dans L'Effet Miroir, un écrivain en perte d'inspiration trouve un nouveau souffle en écrivant un conte poétique aux accents aquatiques. Le problème, dans cette histoire de bigorneaux, crevettes et oursins, est que ses proches y voient des métaphores et des messages cachés dans les personnages marins, s'y reconnaissent et s’en prennent à lui, provoquant un dîner explosif où règlements de comptes et révélations sont au rendez-vous. Loufoque, surréaliste, mis en scène avec justesse par Julien Boisselier, L’Effet miroir, signé Léonore Confino, est délicieusement mené par quatre comédiens qui s’en donnent à cœur joie, dont l’hilarante Jeanne Arènes, récompensée d’un Molière pour cette pièce, chacun prenant plaisir à jouer avec les travers de notre inconscient. Citons également François Vincentelli et Caroline Anglade, tous deux excellents. La pièce est aussi mâtinée de fantastique et d'absurde. Le miroir qu'a acheté l'écrivain date du XVIIe siècle et semble refléter des choses dérangeantes chez son épouse, son frère et sa belle-sœur. Il les renvoie à leurs névroses, à leurs peurs, à leurs manques et à leurs propres désirs. Chacun se cherchant à travers les crustacés. La dramaturge franco-suisse connaît bien la nature humaine et ses faiblesses. Les répliques sont des uppercuts et incitent le spectateur à s'interroger sur le sens de sa vie et le temps qu'il a peut-être perdu en effectuant les mauvais choix. Mais il rit également beaucoup. Souvent jaune et non sans arrière-pensées. Plume acérée, enlevée, Léonore Confino croque une galerie de personnages particulièrement ciselés, bigarrés et pittoresques, allant du poète maudit à l’épouse au bord de la crise de nerf, en passant par le frère neurasthénique et la belle-sœur cynique. Sans jamais tomber dans la caricature, Julien Boisselier s’empare avec subtilité de cette matière hautement tragicomique et signe un spectacle tout en émotions contrastées. Drôle autant que touchante, cette fable contemporaine est des plus savoureuses. Il suffit de se laisser emporter par ce tourbillon de répliques cinglantes, de situations ubuesques et d’histoires de famille sommes comme on en connaôt tous. 

L'effet miroir est à voir uniquement aujourd'hui ici ou sur le replay de France Tv, après il sera trop tard.

Publié dans replay

Partager cet article
Repost0

Un road movie endiablé et touchant sur une enfance chahutée

Publié le par Michel Monsay

Un road movie endiablé et touchant sur une enfance chahutée

Le premier film de la réalisatrice néerlandaise, Zara Dwinger, est un sinueux voyage articulé autour d’un duo qui revisite les tandems hors la loi et s’en amuse constamment, comme celui de Bonnie and Clyde qu’il cite régulièrement. Sauf qu’il s’agit ici d’une enfant avec sa mère, parent dysfonctionnel et excentrique qui s’en donne à cœur joie pour semer le désordre partout où elle passe. Le film colle ainsi assez à l’image de ce qu’un adulte aussi irresponsable et irrévérencieux peut offrir à son enfant : de grands moments épiques, ludiques, comme des déceptions profondes. Le charme de ce film touchant est renforcé par les scènes truculentes sorties tout droit de l’esprit de la préadolescente. Lorsque sa mère lui confie avoir souffert d’une dépression qui l’a fait sentir comme un robot, elle la prend au pied de la lettre et l’imagine émettre des bip bip dans un costume en aluminium. Mais si Le Jour où j’ai rencontré ma mère mise autant sur les couleurs chatoyantes et l’humour, c’est pour mieux aborder un thème plus grave. Celui des enfants confrontés aux défaillances de leurs parents, tiraillés entre leur amour pour eux et le sentiment d’avoir grandi trop vite. Un déchirement parfaitement incarné par la jeune Rosa Van Leeuwen, solaire au-dehors et forcément un peu sombre au-dedans. Quant à la mère, elle est incarnée par Frieda Barnhard, tonitruante, imprévisible, aussi haute en couleur que son fard à paupières bleu pétant, mais derrière ce vernis, une émouvante fragilité.

Le jour où j'ai rencontré ma mère est à voir ici pour 2,99 € en location ou sur d'autres plateformes de VOD.

Publié dans replay

Partager cet article
Repost0

L'émouvant combat d'une jeune femme contre l'alcoolisme, galvanisé par la force tellurique des îles du nord de l'Écosse

Publié le par Michel Monsay

L'émouvant combat d'une jeune femme contre l'alcoolisme, galvanisé par la force tellurique des îles du nord de l'Écosse

Le troisième long-métrage de la réalisatrice allemande Nora Fingscheidt est une adaptation du roman autobiographique de l'écrivaine et journaliste écossaise Amy Liptrot. Il raconte le long et difficile chemin d'une jeune Écossaise pour se soigner de son addiction à l'alcool et de sa dépression liée en partie à la bipolarité de son père. Déployée dans une mise en scène puissante en accord avec les éléments de ces îles d'Écosse fouettées par les vents, la caméra épouse les ondulations du temps présent et celui des souvenirs. L'excellente actrice américano-irlandaise Saoirse Ronan, vue dans Lady Bird, Marie Stuart reine d'Écosse, ou Blitz notamment, porte haut ce personnage bouleversant qui se bat comme un diable pour aller mieux et se débarrasser de l'alcool et des fantômes qui entravent sa vie. Autant agitée et sensorielle qu’observatrice, la réalisation de Nora Fingscheidt se cale à la remarquable interprétation de son actrice, capable de la plus grande férocité dans ses moments d’ivresse comme d’une retenue déchirante dans ses instants de doute. La caméra ne la quitte jamais des yeux, chronique sans les hiérarchiser ses petits triomphes comme ses cruautés, ses gestes dénués de toute émotion comme ses danses cathartiques, ses cris et ses silences. Un agrégat d’images, de sons, d’émotions, de petits moments et de grands gestes que la cinéaste articule dans un montage éclaté d’une grande maîtrise, véritable centrifugeuse qui, peu à peu, ordonne le récit, mais figure également l’intériorité du personnage central et son évolution du chaos à la sérénité. Actrice, personnage, réalisatrice et mise en scène semblent ainsi s’unir dans une danse d’une absolue fluidité, happant le spectateur dans un mouvement furieusement empathique comme seul le cinéma est capable d’en créer. Tourné dans les lieux mêmes où Amy Liptrot a passé seule deux hivers pour écrire son livre, le film met en scène la nature comme un élément constitutif de la dramaturgie. Saoirse Ronan l’exprime avec une intensité douloureuse, comme une enfant déchue que l’on remet une seconde fois au monde pour gagner une nouvelle pureté. The Outrun élabore de nombreux échos entre la situation de son personnage et les enjeux de préservation de l’habitat naturel d’espèces menacées, oiseaux (le roi caille au chant particulier de crécelle) ou mammifères (les colonies de phoques proches des côtes de l’île). Le personnage dans son inadaptation existentielle évolue aussi comme si, spécimen unique risquant l’extinction, elle trouvait le moyen de s’adapter à un milieu humain, à la fois social et sensible, qui ne paraissait pas naturellement être le sien. Passant ainsi sans cesse d'un réalisme parfois brutal à la rêverie naturaliste, le film gagne une ampleur imprévue, par la beauté du jeu de Saoirse Ronan et l’âpreté folle des Orcades, qui nous laisse conquis.

The Outrun est à voir ici pour 1,99€ en location ou sur toute plateforme de VOD.

Publié dans replay

Partager cet article
Repost0

Cette série, inspirée du film des frères Coen, est une sacrée réussite

Publié le par Michel Monsay

Cette série, inspirée du film des frères Coen, est une sacrée réussite
Cette série, inspirée du film des frères Coen, est une sacrée réussite
Cette série, inspirée du film des frères Coen, est une sacrée réussite
Cette série, inspirée du film des frères Coen, est une sacrée réussite
Cette série, inspirée du film des frères Coen, est une sacrée réussite

Cette excellente série se compose de cinq saisons, un créateur unique, Noah Hawley à l’admirable savoir-faire, un seul titre Fargo pour des saisons aux histoires chaque fois différentes, des intrigues et des personnages renouvelés, ce qui est beaucoup plus difficile pour une série classique, dont chaque saison doit rebondir sur la précédente, des acteurs de renom plus facilement prêts à s’engager, car seulement bloqués sur leur saison, soit six à dix épisodes, en général. Parmi eux, Billy Bob Thornton, Kirsten Dunst, Ted Danson, Ewan McGregor, Carrie Coon, Martin Freeman, Chris Rock, Jason Schwartzman et Jon Hamm, Jennifer Jason Leigh, Ben Wishaw,... À la manière savante et subtile des frères Coen, auteurs du long-métrage Fargo en 1996 et producteurs de cette série, Noah Hawley manie avec une grande dextérité l’arme de distanciation massive que forgent l’humour noir, le dramatique cocasse et l’absurde si proche du crédible et du burlesque. Scénario, réalisation, décors, jeu des acteurs : tout ici fait honneur au savoir-faire des cinéastes. La saison 1, lauréate de trois Emmy Awards en 2014, avait su rendre hommage à l'œuvre des Coen tout en traçant sa propre voie, truffée de cet humour noir, d'action et de personnages inénarrables. Le concept de Fargo est l'histoire de gens simples, décents, mais qui ne parviennent pas à communiquer, qui ne savent pas s'adapter et qui finissent par déraper. Le récit fonctionne comme un polar à retardement, où la pression est savamment entretenue, sans précipitation. Sa saveur vient de cette nonchalance, de la façon dont les personnages, flics ou criminels, sont menaçants mais conviviaux. Fargo tient un formidable équilibre entre drame, brutalité et comédie, ose des énormités proches du clownesque, souvent dans les scènes les plus violentes, des répliques savoureuses, des personnages improbables, le tout sans jamais faire sortir des rails son récit. Fargo est une satire de l’Amérique profonde où les frères Coen, natifs du Minnesota, dégomment tendrement les ploucs et leurs valeurs conservatrices. Ses personnages, a priori de braves gens simples, se révèlent souvent plus dangereux qu’il n’y paraît. Ils font vivre un enfer aux trois autres types de personnages récurrents de l’univers Fargo : de méchants gangsters capitalistes sans foi ni loi, des flics faussement largués, et des assassins psychopathes hirsutes. Dans tous les cas, la frontière est fragile entre droiture, naïveté, bêtise et perversion. Cette série est une tragicomédie tourbillonnante où l’on passe sans transition d’un dîner en famille à une fusillade. Elle prétend mettre en scène des histoires vraies mais c'est en fait une pure fiction. Tout repose sur des personnages maladivement discrets, excessivement excentriques, souvent les deux à la fois, aux accents chantants du Grand Nord américain. Et plus encore sur un humour unique, marque de fabrique des frères Coen, qui oscille sans cesse entre premier degré gentillet, humour très noir, décalage absurde et délire complet. Un régal !

Fargo est à voir ici sur Canal + séries en s'abonnant pour un mois sans engagement à 6,99 € ici.

Certaines bande-annonce sont en vo sans sous-titres mais vous pourrez les avoir sur Canal + séries.

Publié dans replay

Partager cet article
Repost0

Le talent burlesque unique de Jim Carrey

Publié le par Michel Monsay

Le talent burlesque unique de Jim Carrey

Des retrouvailles avec Jim Carrey, le type le plus drôle de tout Hollywood depuis de nombreuses années, dans un film sorti en 2009 dont il est le moteur, ça ne se refuse jamais. La ribambelle de situations offertes par le scénario, satire désopilante de la pensée positive, offre à Jim Carrey l'occasion de déployer son extraordinaire force comique. Le temps a même bonifié ce talent burlesque unique, y ajoutant maîtrise et émotion. Mais les prouesses de la star, son parfait sens du timing ne vampirisent pas pour autant ses partenaires. Le film bichonne ses personnages secondaires, de Zooey Deschanel, poupée décalée par rapport au monde réel au charme piquant, en passant par Terrence Stamp génial de retenue et de magnétisme en gourou. Cette comédie est aussi particulièrement réussie sur son versant romantique, rehaussée par le talent du réalisateur Peyton Reed, artisan discret et jamais décevant, par son élégance imperceptible en ne soulignant jamais un effet comique, son alchimie des affects, et son impeccable direction d’acteurs. Ce film est une bouffée d'air frais et un puissant revigorant pour le moral. 

Yes man est à voir ici pour 2,99 € en location ou sur toute plateforme de VOD.

Publié dans replay

Partager cet article
Repost0

Beau portrait d'une femme libre, courageuse et talentueuse

Publié le par Michel Monsay

Beau portrait d'une femme libre, courageuse et talentueuse
Beau portrait d'une femme libre, courageuse et talentueuse

Ce documentaire passionnant retrace la vie de combats de cette reporter sicilienne aux images fortes et tragiques, qui montra la sauvagerie de Cosa Nostra et la vie des habitants de sa ville natale, Palerme. La photographe italienne Letizia Battaglia (1935-2022) portait un nom prédestiné : toute sa vie n’a été qu’une bataille. Contre son père, d’abord, qui l’a enfermée à la maison dans la Sicile des années 1950. Contre la violence de la mafia, ensuite, qu’elle a photographiée de façon crue, au risque de sa vie, pour dénoncer les attaques meurtrières visant les juges mais aussi les anonymes. Contre la pauvreté crasse, enfin, qui touchait les habitants de sa ville natale, Palerme, et en particulier les femmes et les enfants. Letizia Battaglia, photographe des années de sang, dresse de façon documentée le portrait de cette femme exceptionnelle, qui n’eut de cesse de peser sur les choses pour en changer le cours. Amplement illustré de ses photos fortes et tragiques, le film de Cécile Allegra est aussi nourri de témoignages de première main : celui de Roberto Scarpinato, ancien procureur de Palerme, et celui de Franco Zecchin, ex-compagnon et complice de la photographe au quotidien L’Ora, avec lequel Letizia Battaglia a photographié l’épouvantable litanie de meurtres qui a marqué les années 1980 en Sicile, lorsque le clan des Corleonesi multipliait les assassinats. On suit l’évolution de cette femme au casque blond, qui montre dans ses images la violence mafieuse dans ce qu’elle a de plus cru et de plus trivial, et qui n’hésite pas à organiser une exposition de ses photos en extérieur, dans les rues de Palerme, avec l’espoir de réveiller les consciences et de secouer l’inertie des hommes politiques. Férocement attachée à Palerme, cette hyperactive va aussi faire des photos tendres et touchantes de ses habitants, en particulier des petites filles au regard grave, qui lui rappellent celle qu’elle fut autrefois. Elle fonde une revue consacrée aux femmes et se lancera même un temps en politique, dans l’équipe municipale de Palerme. Mais le film montre aussi la dépression qui l’engloutit lorsqu’elle voit ses alliés mourir un à un : le policier Boris Giuliano (1930-1979), qui l’avait protégée, les juges Giovanni Falcone (1939-1992) et Paolo Borsellino (1940-1992), qui avaient constitué un pôle antimafia à Palerme, figures héroïques d’une justice si fragile face à l’emprise de la pieuvre. Ce documentaire sensible et intelligent nous fait découvrir l’œuvre poignante entre ombre et lumière d'une photographe essentielle.

Letizia Battaglia, photographe des années de sang est à voir ici ou sur le replay de FranceTv.

Publié dans replay

Partager cet article
Repost0

L’émancipation bouleversante d’une adolescente vers la lumière

Publié le par Michel Monsay

L’émancipation bouleversante d’une adolescente vers la lumière

Cette admirable minisérie retrace le parcours de Nismet Hrehorchuk, qui a elle-même contacté l'excellent réalisateur Philippe Faucon pour lui raconter son histoire. Si ce dernier lui a octroyé un rôle dans la série, celui d'une éducatrice, c’est à Emma Boulanouar que le cinéaste, lauréat du César du Meilleur Film en 2016 pour l'inoubliable Fatima, a confié le rôle principal. Et quelle révélation ! De tous les plans, la jeune comédienne habite le cadre avec une intensité saisissante, louvoyant entre force et vulnérabilité comme une équilibriste virtuose qui ne transige jamais avec la vérité. Face à elle, Théo Costa-Marini incarne l’intolérable avec une radicalité terrassante, au cœur d’une distribution d’une rare homogénéité. Autant de raisons pour ne pas manquer cette œuvre radicale et exigeante, qui se mue au fil des épisodes en un plaidoyer poignant pour la résilience et la foi en la vie. En quatre épisodes, Nismet nous embarque pour un long voyage de la nuit vers le jour, résolument optimiste dans sa façon de refuser le déterminisme social. La vraie Nismet, dans le rôle d’un membre bienveillant des services sociaux devenue la mère de cœur de la jeune fille, tisse un lien entre réalité et fiction. Symbole du message d’espoir qu’elle souhaite faire entendre. La quintessence de l’art du cinéaste, l'authenticité de ses films ou séries, consiste de sa manière singulière à mettre en évidence la douleur à force de douceur. Habitué à mettre en lumière les invisibles de notre société, le cinéaste poursuit sa précieuse exploration de notre monde avec cette chronique sociale où deux femmes maghrébines subissent des violences domestiques. Ses plans fixes et près des corps ont pour vertu de dépouiller le réel et d’aller à l’essentiel, de bâtir un récit à la logique irrésistible. Nismet est parcourue d’un souffle qui donne l’impression d’avoir suivi son héroïne pendant toute une vie.

Nismet est à voir ici en location pour 4,99 €.

Publié dans replay

Partager cet article
Repost0

Délicate et intense chronique familiale et sociologique sur l’homophobie rurale et endémique

Publié le par Michel Monsay

Délicate et intense chronique familiale et sociologique sur l’homophobie rurale et endémique

Attaché au drame d’un jeune homme dans un milieu naturel chatoyant, une petite île du delta du Danube, ce très beau film qui pointe la persistance d'archaïsmes dans les campagnes roumaines, décrit la naissance d’une profonde désillusion. Tel un véritable personnage, observé par une caméra stable et englobante posée sur pied, le décor participe en permanence à une élégie de la nature, verte et abondante, le soleil dansant en harmonie avec le vent et des particules miroitantes. Cette esthétique contraste avec un récit éminemment sec et précis. Le réalisateur roumain Emmanuel Pârvu démonte à la loupe la cruauté d’une société aveugle, décrypte le fonctionnement hypocrite d’un état d’esprit archaïque dérangé par l’idée de défendre un jeune homosexuel. Il examine en premier lieu les réactions de la cellule familiale : le père, impénétrable et lâche et la mère aux prises avec son malheur, vivent le dévoilement des attirances de leur fils comme une catastrophe intime. Ce bouleversement va jusqu’à dissiper en eux l’acte de violence physique dont leur rejeton a été victime. Cédant à la peur et à la croyance, le gamin est vite amené chez un prêtre exorciste, ce dernier considérant la différence du jeune homme comme une maladie. Chaque étape chassant l’autre, le cinéaste montre avec beaucoup d’habileté un travail de sape généralisé, conscient ou non, pour cacher la poussière sous le tapis : flic, bourgeois, marin-pêcheur, chef de la société civile locale, personne ne fait rien pour que lumière soit faite en faveur d’un mineur différent. Et dès lors, c’est le monde entier qui s’effondre pour le jeune homme : son premier cercle, la famille, n’est plus protecteur, le second, ce village d’enfance qu’il a toujours connu et où tout le monde le connaît, non plus. Et donc, son propre pays ne l’est plus, où l'on continue à se surveiller les uns les autres, comme au temps de Ceausescu. Dans une mise en scène simple et redoutablement efficace, le film, servi par une formidable équipe de comédiens, déploie cette tragédie avec la précision implacable d'une partie d'échecs, les pièces avançant les unes après les autres inexorablement, jusqu'à refermer complètement l'étau autour du jeune garçon, séquestré dans cette impasse du bout du monde, au sens propre comme au sens figuré. Le message militant ne prend jamais le pas sur le langage cinématographique d’une parfaite intensité et intelligence.

Trois kilomètres jusqu'à la fin du monde est à voir ici pour 2,99 en location ou sur toute plateforme de VOD.

Publié dans replay

Partager cet article
Repost0

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 > >>