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Un documentaire très touchant

Publié le par Michel Monsay

Un documentaire très touchant
Un documentaire très touchant

La réalisatrice Molly O’Brien, nièce d’Orin O'Brien, dresse le portrait de sa tante, contrebassiste pionnière dans les années 1960 à New York. Entre hommage et introspection, récompensé aux Oscars 2025, dans la catégorie court métrage documentaire, le film de Molly O’Brien esquisse un portrait de musicienne endurante, où à ses débuts, sous la direction de Leonard Bernstein, elle essuya les critiques médiatiques sexistes et vécut la vie d’orchestre en quasi non-mixité. Dans une harmonie de séquences d’archives et de scènes de la vie quotidienne dans le New York d’aujourd’hui, la dame de 89 ans jouit d’une extraordinaire jeunesse, fête sa retraite orchestrale mais ne lâche pas les cours d’instruments. Orin O’Brien, qui est devenue une célèbre contrebassiste, fille des acteurs de l’âge d’or hollywoodien George O’Brien et Marguerite Churchill, et première femme engagée à plein-temps dans l’Orchestre philharmonique de New York en 1966, donne souvent la même réponse à sa nièce qui la filme et l’interroge : « Je n’ai jamais rêvé d’être soliste. J’aimais l’idée d’être à l’arrière et de jouer avec d'autres musiciens.» Outre le portrait touchant d’Orin O’Brien, l’autre intérêt du documentaire tient dans le regard que Molly O’Brien, la réalisatrice, porte sur sa tante. Un regard tendre et admiratif sur une grande artiste new-yorkaise et une femme indépendante.

La seule fille de l'orchestre est à voir ici sur Netflix pour 7,99 € avec pub et 14,49 € sans pub, un mois d'abonnement sans engagement.

La bande-annonce ci-dessous est en version originale mais en regardant la série vous aurez les sous-titres en français.

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Captivante minisérie qui interroge l’humain sur fond de guerre en Ukraine et de GPA

Publié le par Michel Monsay

Captivante minisérie qui interroge l’humain sur fond de guerre en Ukraine et de GPA

Après la saison 1 de Sentinelles créée par Frédéric Krivine, construite sur le conflit au Mali et l’opération Barkhane vus par le prisme du militaire, cette saison 2 se déroule durant les premières heures de la guerre en Ukraine, dépeintes cette fois-ci selon des points de vue plus divers. Les militaires, d’un côté. Des civils, de l’autre. Et au centre, la question, universelle, de la fragilité, de l’essentialité et de la valeur de l’existence. Ce 23 février 2022 devait être l’un des plus beaux jours de leur vie. Seulement voilà. Venir chercher un bébé né par GPA au fin fond du Donbass alors que l’armée russe franchit déjà les postes frontières, transforme ce moment de joie pure en improbable sauvetage, organisé à l’arrache sur fond de panique, de décisions prises à l’emporte-pièce, de tractations et de désarroi. Le récit est dense. L’écriture marie avec soin le réel et la fiction. L’ensemble est passionnant. Dans un univers hostile où vie privée et professionnelle vont s’entrechoquer des deux côtés de la frontière, Sentinelles - Ukraine navigue avec la peur au ventre, autant dans l’écran que devant. Impossible de ne pas ressentir l’effroi et la tension palpable de tous les côtés. Idée géniale qu’ont eue les scénaristes de cette minisérie de conter les premiers jours de l’invasion russe de l’Ukraine au prisme d’Occidentaux ébahis, qui n’avaient jamais éprouvé les questions de vie et de mort qu’assis devant leurs téléviseurs, et que le bruit des bottes percute au moment le plus intime et vulnérable de leur existence, la naissance d’un enfant. Outre la très grande qualité de l’écriture et des dialogues, notamment pour la réflexion sur la GPA, louons la réalisation talentueuse de Jean-Philippe Amar, qui faisait déjà merveille dans les sables brûlants du Sahel en saison 1, et se confirme ici, dans l’hiver tragique des plaines enneigées où tout est péril. Quelque part entre Un village français du même Frédéric Krivine et Le Bureau des Légendes, quand la télévision a du talent, on en redemande.

Sentinelles - Ukraine est à voir ici en profitant de l'essai gratuit sans obligation, résiliable à tout moment.

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Le passionnant et courageux combat de Thomas More

Publié le par Michel Monsay

Le passionnant et courageux combat de Thomas More

En 1967, Un homme pour l'éternité remporte les principaux Oscars : Meilleur film, meilleur réalisateur pour Fred Zinnemann, meilleur acteur pour Paul Scofield. Fred Zinnemann, à qui l'on doit notamment Le train sifflera trois fois ou Tant qu'il y aura des hommes, a toujours été obsédé par une thématique : celle de l’individu luttant pour préserver son intégrité. Ce cinéaste pudique, ­anti démonstratif, homme de conviction, n’aura réalisé, au fond, que des films politiques. Adapté par Robert Bolt de sa propre pièce, Un homme pour l'éternité raconte le combat de Thomas More, chancelier de Henry VIII qui, désavouant le divorce du roi et la rupture avec Rome, refusa les compromis. Fred Zinnemann déjoue les pièges du théâtre filmé pour livrer une leçon de mise en scène. La symbolique des décors, avec ce va-et-vient fluvial entre la grisaille des lieux de pouvoir et le jardin d’éden du juriste-martyr, sert tout autant le propos humaniste des auteurs que les costumes des protagonistes, simples mais évocateurs, et la musique, austère et majestueuse, de Georges Delerue. Surtout, Fred Zinnemann et Robert Bolt offrent de splendides partitions à leurs interprètes, qui sont tous très justes, citons Orson Welles, Robert Shaw hallucinant en Henry VIII, John Hurt et bien sûr Paul Scofield, grand acteur de théâtre, reprenant le rôle de Thomas More qu’il tenait sur scène. Face à la conjuration des médiocres, et par ses inflexions de jeu et de voix, il fait toucher du doigt les différentes facettes d’un personnage hors norme, père de famille aimant, intellectuel inflexible, sage pour l’éternité. Sa sensibilité crève les cœurs et l’écran.

Un homme pour l'éternité est à voir ici pour 2,99 € en location.

La bande-annonce est en VO non sous-titrée mais vous aurez les sous-titres en regardant le film sur le lien.

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Émouvant pamphlet romanesque et politique

Publié le par Michel Monsay

Émouvant pamphlet romanesque et politique

Ce téléfilm de 2014 observe la montée en puissance du virus du sida dans les années 1980 et le combat d’un écrivain-activiste fondateur d’un groupe d’aide luttant contre la maladie. Ryan Murphy, créateur de nombreuses séries mène son film tambour battant. Il en fait une quête, une enquête, et aussi un pamphlet contre la tiédeur, la prudence, la lâcheté : celle des hommes de pouvoir, bien sûr, mais aussi celles des victimes qui n’osent pas se révolter. Suprême habileté, pas un instant il ne néglige le romanesque. Sous l’apparence d’une fiction de prestige richement dotée en stars (dont Julia Roberts en médecin courage), cette fiction chamboule en conjuguant le brûlot politique et le mélo. The Normal Heart nous ouvre les yeux sur la culpabilité du gouvernement américain dans la réponse tardive donnée à l’épidémie. Mark Ruffalo est, comme à son habitude, excellent et tous les comédiens qui l'entourent contribuent à faire de ce poignant téléfilm un choc. Ryan Murphy, réalisateur et coscénariste, ainsi que le vrai protagoniste de cette histoire et coscénariste Larry Kramer, fondateur d'Act Up, ajoutent une pièce importante au tableau historique de cette décennie noire, marquée par plus de 100 000 morts, mais aussi par l’essor d’une communauté en marche vers la reconnaissance, avec ses inévitables divisions idéologiques.

The normal heart (Un cœur normal) est à voir ici  sur Max pour 5,99 €, un mois d'abonnement sans engagement avec pub, et 9,99 € sans pub.

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Une évocation élégante et cruelle du New York de Truman Capote

Publié le par Michel Monsay

Une évocation élégante et cruelle du New York de Truman Capote

C'est à un Lac des cygnes d'un genre très particulier que nous convie Feud : les trahisons de Truman Capote,  qui n'est pas du tout une relecture du ballet de Tchaïkovski, mais une plongée dans les eaux de Park Avenue, cette artère ultrachic de la moitié Est de Manhattan. S'y ébrouent, quand les protagonistes se rencontrent en 1955, des élégantes de la haute société new-yorkaise, appelées les Cygnes, qui ont en commun de cacher leur solitude amère sous un voile de poudre ou dans une volute de fumée de cigarette. Avec leur pedigree impeccable, elles incarnent une forme d'aristocratie américaine blanche, anglo-saxonne et protestante, ainsi qu'une superficialité forcément mélancolique. Dans l'univers policé des Cygnes, Truman Capote détone. Il est petit, parle d'une voix flûtée, ne cherche pas à masquer son homosexualité. Cette différence, et sa capacité à donner toute son attention à son interlocutrice dans un élan d'apparente empathie, le rendent irrésistible aux yeux de ces femmes. Bientôt, il est la coqueluche de cette petite société oisive. Des ego surdimensionnés, un écrivain prêt à faire main basse sur la vie de ses proches pour nourrir son art, plusieurs reines des abeilles en concurrence pour l'attention d'un seul… Qu'est-ce qui pourrait mal tourner ? Derrière la caméra, le cinéaste Gus Van Sant investit avec élégance un imaginaire a priori éloigné du sien pour rappeler, le temps de six épisodes (sur huit), à quel point il manque au cinéma mondial. La série interroge la matière de ce qu’on n’appelait pas encore des influenceuses en confiant leur interprétation à une volée de stars qui sont autant de faces du cinéma américain. Aux côtés de l’icône indé Chloë Sevigny, Diane Lane et Calista Flockhart opèrent un retour fracassant. Dans la peau de Slim Keith, célibataire égocentrique et brutale, et de Lee Radziwill, la sœur cadette de Jackie Kennedy, les deux femmes s'accaparent l’écran avec une gourmandise qu’on n’espérait plus. Naomi Watts, impériale de fragilité cachée, domine l’ensemble dans le rôle de Babe Paley, femme trompée, mère négligente, condamnée par un cancer et profondément blessée par le texte publié par Truman Capote. Face à elles, le Britannique Tom Hollander se glisse avec une immense délicatesse dans les empreintes laissées par Philip Seymour Hoffman, qui incarne l’écrivain dans le film de Bennett Miller, Truman Capote (2005). Au fur et à mesure des épisodes, il compose un Truman Capote fragile, féroce mais profondément humain, tourmenté par la peur d’être avec elles, tout autant que la peur d’être sans elles. L’attirance doublée de répulsion que l’écrivain ressent pour ces femmes est certes un puissant moteur de création littéraire, mais elle témoigne aussi de ce qu’ils ont en commun. D’abord la nécessité, pour les femmes et les homosexuels, de pédaler plus vite que les autres pour se maintenir à la surface de l’eau. Ils ont aussi en commun le goût d’un art de vivre dont ils sont, sans le savoir, les derniers ambassadeurs. Personnage à part entière de la série, ce raffinement s’incarne dans le soin extrême accordé aux tenues très habillées et aux brushings des Cygnes, qui se dégonflent au fur et à mesure que pointe à l’horizon un New York dans lequel les femmes ne portent plus de gants et les hommes vont tête nue. Pour évoquer la disparition de ce monde flamboyant, la série louvoie tranquillement entre les temporalités, assume le lyrisme de ses personnages et congédie la couleur, le temps d’un épisode, pour filmer le légendaire bal en noir et blanc organisé par Capote en 1966. Dans cette série très réussie se dessine un véritable pamphlet de ce milieu riche, privilégié et complètement déconnecté des réalités. Gus Van Sant filme avec subtilité cette cruelle basse-cour, ainsi que la triste déchéance de Truman Capote, alcoolique au dernier degré.

Feud : Les trahisons de Truman Capote est à voir ici pour 6,99€, un mois sans engagement à Canal+ séries à souscrire ici.

La bande-annonce ci-dessous est en version originale mais en regradnat la série vous aurez les sous-titres.

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Un chef-d’œuvre du muet à la vitalité intemporelle

Publié le par Michel Monsay

 Un chef-d’œuvre du muet à la vitalité intemporelle

Cette fresque époustouflante, bien en avance sur son temps, est mise en scène de manière virtuose par Marcel L’Herbier. Des mouvements de caméras osés pour l’époque, des plans inventifs et une rigueur dans le montage, placent L’Argent parmi les chefs d’œuvre impérissables du cinéma muet. Dernier film muet de son auteur, L’Argent se distingue de toute la production de L’Herbier par la sophistication de sa mise en scène et par la remarquable élaboration de l’espace représenté. L’originalité de l’œuvre du cinéaste repose sur l’extrême fluidité qui la sous-tend. Relativement loin des conceptions issues du muet, le jeu des acteurs se caractérise par une approche des plus réalistes possibles et amorce ce qui, avec le parlant, deviendra alors la norme. D’un autre côté, L’Herbier exploite les possibilités offertes par les monumentaux décors dont il dispose pour placer tout un panel de caméras aux quatre coins de la scène filmée. Tout en privilégiant les raccords entre les plans et le foisonnement des points de vue, Il accorde une place importante aux mouvements d’appareils des plus spectaculaires, qui contribuent à créer une dynamique éminemment expressive et à faire exploser le régime représentatif classique du cinéma muet. Le roman L’Argent d’Émile Zola est, dans cette adaptation, transposé du second Empire aux années 1920. Son récit de l’avidité et de la corruption morale reste intemporel, et le cinéaste utilise les grands moyens pour dénoncer la course au profit : D’opulents décors de studio expriment la démesure des lieux de pouvoir et plus de mille figurants jouant les courtiers du palais Brongniart sont filmés du haut de la coupole par une caméra alors très lourde, et comme lâchée dans le vide, pour exprimer les fièvres affairistes. Bien d’autres innovations techniques, le montage alerte et la clarté de la narration amplifient avant tout les émotions des personnages. Pansu, à gros cigare et concupiscent, le banquier prédateur est interprété par Pierre Alcover avec un aplomb fantastique. Marcel L’Herbier brosse le fascinant portrait pour l'époque d’un grand fauve humain obnubilé par sa passion dans une société décadente.

L'Argent est à voir ici pour 3,99 € en location.

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Remarquable récit d'apprentissage amoureux d'une jeune fille en Inde

Publié le par Michel Monsay

Remarquable récit d'apprentissage amoureux d'une jeune fille en Inde

Girls Will Be Girls est un un petit bijou de subtilité sur l'éducation sentimentale et sexuelle d'une jeune fille dans l'Inde d'aujourd'hui. Shuchi Talati, dont c'est le premier long métrage, a puisé dans ses propres souvenirs d’adolescente, pour mettre en scène une jeune fille tiraillée entre le respect des coutumes et ses envies d'échappée belle. Elle pratique la transgression tranquille dans ce premier film qui, derrière son apparente douceur, révèle peu à peu sa puissante intensité dramatique. Avec une impressionnante maîtrise scénaristique et formelle, avec un art déjà consommé de l'ellipse et de la suggestion, la réalisatrice orchestre les relations complexes et ambivalentes entre ses trois personnages centraux. Sans jamais se départir de son élégance et de sa sobriété, cet éloge subtil de l'émancipation dénonce le conformisme d'une société marquée au fer rouge par le puritanisme et révèle une cinéaste audacieuse. Le film surprend encore davantage par la mise en perspective, sinon la déconstruction, d’un tel suspense psychologique. De nombreux aspects de la mise en scène montrent comment les deux générations de femmes indiennes ici incarnées cherchent, coûte que coûte, à s’échapper de la place qui leur est assignée, à l’école comme en famille. Cela vaut pour l’approche de la sexualité, frontale et rationnelle, par l’adolescente comme pour l’envie de la mère de rester vivante, pas seulement dévouée aux siens. Peu à peu, il apparaît aussi que le personnage masculin, en dépit de sa jeunesse et de ses politesses, tire tranquillement profit d’un ordre ancien : le scénario de la rivalité féminine, serait-ce entre fille et mère, sera toujours celui d’un triomphe masculin. Mais ce beau premier long métrage propose opportunément autre chose, relevant autant de la compréhension que de l’émotion.

Girls will be girls est à voir ici pour 4,99 € en location ou sur toute plateforme de VOD.

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Judicieuse exploration d’un mythe sous toutes les coutures, même les plus sombres

Publié le par Michel Monsay

Judicieuse exploration d’un mythe sous toutes les coutures, même les plus sombres

En introduction du documentaire réalisé par le français Laurent Bouzereau, un extrait des coulisses de l’interview a été choisi, laissant entrevoir une femme peu commode, légende vivante dont la réputation de diva la précède. Ce qui augure la promesse d’un film nuancé, loin des habituelles hagiographies ronflantes dans le monde des documentaires de cinéma produits à la chaîne, sur la petite fille du Sud des États-Unis, Dorothy Faye, devenue Faye Dunaway, légende hollywoodienne et reine de Cannes où elle fut à l’honneur de l’affiche de la 64e édition, en 2011. Grâce à son travail sur les planches, elle est remarquée à Broadway par une directrice de casting qui la présente au grand producteur Sam Spiegel. Ce dernier la fait jouer dans Les Détraqués (1967). S’ensuit le succès mondial Bonnie and Clyde la même année, puis L’Affaire Thomas Crown (1968), Chinatown ou encore Network, pour lequel elle obtint en 1977 l’Oscar de la meilleure actrice. Au-delà de sa carrière, le documentaire traite entre autres de la misogynie et de l’âgisme féminin à Hollywood. Exceptionnellement douée, Faye Dunaway fut très tôt affublée d’une réputation d’actrice difficile et connut une carrière en dents de scie : tout cela, et plus, est examiné et commenté. Elle n'hésite pas à parler de ses démons, ses grandes colères et périodes de dépressions, de comportements très durs comme elle les qualifie elle-même, l’ayant handicapée toute sa vie, et expliquant en partie son attitude. Elle a fini, il y a une quinzaine d’années seulement, par être diagnostiquée bipolaire, une maladie contre laquelle elle se bat depuis, grâce à un traitement médicamenteux ayant stabilisé ses humeurs. Cette réputation est aussi imputable au fait qu’elle exige énormément d’autrui, parce qu’elle exige énormément d’elle-même. Le grand cinéaste Sydney Lumet avec lequel elle a tournée Network, disait d'elle : « Un acteur intelligent se nourrit de détails, et ce désir, cette soif de détails, est souvent caractérisé, à tort, de comportement difficile. Pourtant, il s’agit simplement d’un bon travailleur qui demande ses outils afin d’accomplir le travail requis. Faye Dunaway a ce besoin et exige ces détails, et parce qu’elle est intelligente et extraordinairement perspicace, elle en exige beaucoup, et si vous faites au moins la moitié des recherches qu’elle effectue, vous obtenez des résultats incroyables. » Faye est un documentaire qui réussit à rendre hommage à cette grande actrice et à nous garder captivé. Une vision globale sur une légende vivante du cinéma. En alliant des images d’archives rares, des extraits de films cultes et des interviews sincères, le documentaire dresse un portrait complet et nuancé de Faye Dunaway. Il nous rappelle pourquoi elle est une figure si respectée et admirée dans le monde du cinéma malgré son caractère.

Faye est à voir ici sur Max pour 5,99 €, un mois sans engagement avec pub ou 9,99 € sans pub.

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Un sommet du burlesque muet de l’inimitable et génial Buster Keaton

Publié le par Michel Monsay

Un sommet du burlesque muet de l’inimitable et génial Buster Keaton

Ce long métrage, l’un des plus célèbres du comique qui ne rit jamais, est un petit modèle d’absurde et de non-sens. Le jeune millionnaire Rollo Treadway est amoureux de Patsy sa voisine d'en face, fille de l'armateur O'Brien. Il décide de l'épouser sur-le-champ. Patsy le repousse. Rollo s'embarque à bord du Navigator, sans savoir qu'il n'y a personne à bord. Par un curieux concours de circonstances, Patsy se retrouve, elle aussi, sur le bateau. Buster Keaton manifeste dans ce film un véritable génie de l'absurde. Exemple : pour faire sa demande en mariage, Rollo, qui n'a que la rue à traverser, utilise sa somptueuse limousine. Econduit, il revient à pied.  Plus tard, on verra notamment comment il arrive à se servir des objets, toujours réticents à son égard et générateurs de catastrophes, pour préparer le petit déjeuner. Buster Keaton engage une sorte de corps-à-corps perpétuel avec l'impossible et finit par triompher de façon tout à fait imprévue. Courses-poursuites, café à l’eau de mer, combat d’escrime contre un espadon, chaise pliante récalcitrante, mobilier devenu fou… Les scènes, toujours plus burlesques, s’enchaînent sans discontinuer. Chaque salle du bateau offre un terrain de jeu, comme la cuisine et sa panoplie d’ustensiles démesurés, la cale et ses objets explosifs, ou même le pont qui semble hanté. Une musique frétillante accompagne ce grand tourbillon de gags qui n’offre pas une minute de répit. Rien n’est laissé au hasard : Buster Keaton et Kathryn McGuire, visages graves, multiplient les acrobaties et exécutent des chorégraphies millimétrées. Patauds mais touchants, décalés mais poétiques, ils forment un duo parfaitement accordé et créent des personnages plus subtils qu’il n’y paraît. Buster Keaton restera à jamais l'un des plus grands comiques de l'Histoire du cinéma.

La croisière du Navigator est à voir ci-dessous, n'hésitez pas à cliquer sur plein écran en bas à droite :

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L'émancipation d'une femme par le rire dans une série tout en finesse et fantaisie

Publié le par Michel Monsay

L'émancipation d'une femme par le rire dans une série tout en finesse et fantaisie
L'émancipation d'une femme par le rire dans une série tout en finesse et fantaisie

Traversée d’une certaine allégresse et portée par le charisme de son interprète Rachel Brosnahan, La fabuleuse Madame Maisel déploie dès la première scène de la saison 1 ses plus beaux atours. Les Golden Globes 2018 ne s'y sont pas trompés en la désignant meilleure comédie de l'année et Rachel Brosnahan meilleure actrice, tant cette série représente le parfait antidote à la morosité. Il suffit d'observer Midge, le personnage principal, toute de rose vêtue, valsant dans les rues de ce New York de la fin des années 50, pour être saisi par une bonne humeur communicative. Il y a une indéniable fibre féministe dans la série, sans pour autant être militante. Amy et Daniel Sherman-Palladino, créateurs de la série, déploient dans les cinq saisons leur style enlevé, leurs dialogues piquants, leur capacité à imaginer des personnages à la fois mélancoliques et débordant d'énergie. Ils portent un regard rafraîchissant sur le stand-up, et imaginent une révolution féminine intime, drôle et émouvante. Midge, en se découvrant anticonformiste, va devoir affronter le regard des siens, celui de la société, et dépasser ses propres a priori. C'est aussi le choc des cultures, lorsque la bourgeoise Midge se lie à sa manager, la beatnik sans le sou, la revêche Susie (inégalable Alex Borstein). Car la série serait moins percutante sans cette figure secondaire, extrêmement mal assortie à l'héroïne et pourtant indispensable à sa réussite. Elle est aussi ambitieuse et mordante que Midge, ce qui suffit à lier les deux femmes plus profondément qu'à leur propre famille. La Fabuleuse Madame Maisel s’inspire de la véritable histoire du stand-up féminin américain, qui débuta au milieu des années 50. Elle recrée l’ambiance du Gaslight Café, authentique club underground ouvert en 1958 dans Greenwich Village, où se produisirent, entre autres, Bill Cosby, Bob Dylan et Charles Mingus. Tendrement vache avec une communauté juive new-yorkaise incarnée par les insupportables parents et beaux-parents de Midge, Amy Sherman-Palladino s’attaque frontalement à l’Amérique de la fin des années 1950, paternaliste et phallocrate, et, en écho, à celle de Trump. Midge Maisel trouve dans le stand-up mieux qu’un exutoire à sa position de femme trompée et délaissée. Elle s’y révèle, donne corps à son personnage de femme battante (qui n’est autre qu’elle-même, débarrassée des carcans de la société) et prend en main le récit de sa vie, avec les bons côtés comme les pires. Car sous son optimisme pop et coloré, cette épatante série laisse en effet filtrer une bonne dose de mélancolie. Midge ne devient pas une vedette en trois épisodes, elle paye cher ses moqueries à l’égard des castes dominantes, doute, trébuche parfois dans sa marche vers l’indépendance, mais elle ne perd jamais son dynamisme. Elle doit beaucoup à Rachel Brosnahan, entourée d’un ensemble de comédiens remarquables, parfaite de candeur et de malice mêlées qui, sans jamais cabotiner, imprime au personnage un tempo comique impeccable et une énergie contagieuse. De ménagère à pionnière voire avant-gardiste, on la suit dans sa trajectoire virevoltante à la fois plaidoyer et hommage aux luttes féministes, dans le monde du show-business en particulier et en Amérique en général. Un portrait de femme dessiné avec autant d’esprit que de tendresse, tout autant qu'une lettre d’amour à ceux qui ont fait de New York l’écrin bouillonnant du spectacle vivant et de la comédie.

La fabuleuse Madame Maisel, les 5 saisons sont à voir ici ou sur le replay de M6.

La bande-annonce ci-dessous est en vo, mais en regardant la minisérie vous aurez les sous-titres en français.

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