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Derrière ce captivant thriller fantastique, une sombre page d’histoire japonaise

Publié le par Michel Monsay

Derrière ce captivant thriller fantastique, une sombre page d’histoire japonaise

Cette série coréenne, remarquablement réalisée, d’après un récit savamment écrit, tient en haleine à chaque minute. Pleine de suspense et d’action mais aussi de romance, joliment interprétée, mention particulière pour l'envoûtante Han So-hee et l'attachant Seo-Joon Park, La Créature de Kyongsong bénéficie aussi d’effets spéciaux d’une très grande qualité pour la créature. La série en deux saisons offre la particularité de mêler récit historique et intrigue fantastique. Or, ce mélange des genres ne s’avère pas si délirant, puisqu’il est basé sur un morceau de l’histoire coréenne et japonaise peu connu en Occident, relatif à la terrible Unité 731. Créée en 1932 par l’armée nippone, elle effectuait, sous couvert de recherches épidémiologiques, des expériences sur les humains afin de créer des armes bactériologiques. La créature de Kyongsong, symbolisant ici les nombreux malheureux qui y ont subi le pire, est un thriller palpitant et volontiers horrifique, doublé d’une fable politique très noire sur les ravages de la domination nippone, ouvertement inspirée par ces abominables expériences perpétrées par des scientifiques qui n’avaient rien à envier, en inhumanité et en cruauté, à leurs alliés nazis. Cette série soigne le suspense fantastique autant que la reconstitution historique, et convainc dès les premières images. Mystère à tiroirs, héros débordants de charme, antagonistes flippants à souhait, décors fastueux, ainsi que des séquences de terreur impressionnantes, tout est réuni pour nous captiver une nouvelle fois devant une série sud-coréenne. 

La créature de Kyongsong est à voir ici sur Netflix pour 5,99 € avec pub et 13,49 € sans pub, un mois d'abonnement sans engagement.

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Un des plus beaux répertoires de la pop française

Publié le par Michel Monsay

Un des plus beaux répertoires de la pop française

En décembre 2023, après 40 ans de carrière, Etienne Daho s’offrait l’Accor Arena de Bercy devant 17 000 personnes en transes pour un concert best of enthousiasmant. C’est pop et vif, comme la pulsation nouvelle qui accompagne Week-end à Rome, succès parmi tant d’autres. Projetés sur trois écrans géants qui encadrent la scène, défilent des ronds, des étoiles, des lignes, néons multicolores. La scénographie a été confiée à une agence de création graphique particulièrement inspirée à l’idée d’accompagner un artiste qui a toujours porté un soin particulier à ses visuels. Aux manettes de la réalisation, le vieil ami Gaëtan Chataignier, épaulé par ses onze cadreurs, qui s’amuse à superposer les images et joue avec les échelles. Ces dernières années, Étienne Daho avait privilégié les salles plus intimes comme l'Olympia ou la salle Pleyel pour son concert lecture avec Jeanne Moreau autour du Condamné à mort, de Jean Genet. En 2023, changement de style, retour aux grandes salles qu’il parcourait au temps de la dahomania. Fort d’un album très orchestré et très cinématographique, Tirer la nuit sur les étoiles, il a donc imaginé avec le producteur Thierry Suc, homme de défi, un Daho Show qui en a mis plein la vue, avec élégance, on ne se refait pas. Entouré de 8 musiciens dont un quatuor de cordes, Étienne Daho enchaîne titres intimistes, poussées rock, moments suspendus, piqûres de nostalgie pour nous offrir 1h40 de bonheur. Toujours ému face à la ferveur qu'il déclenche, Étienne Daho, avec sa voix si singulière qu’il a su imposer, a démontré durant 40 ans qu’on peut devenir une rock star, sans se casser la voix, mais aussi sans rouler des mécaniques, écrire des chansons comme un journal de bord poétique et sincère, avoir un style pop, rock avec des influences électro et même jazz. On ne peut qu'être touché par le personnage tout en étant conquis par son talent.

Étienne Daho show est à voir ici ou sur le replay de France Tv.

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Le manège diabolique d’un tueur de femmes dans les années 1970

Publié le par Michel Monsay

Le manège diabolique d’un tueur de femmes dans les années 1970

Premier film réalisé par l'actrice Anna Kendrick, également devant la caméra, Une femme en jeu a pour point de départ un épisode anecdotique mais marquant dans le parcours d'un tueur en série américain particulièrement sadique : Rodney Alcala, également connu sous le nom de « Dating Game Killer » car il avait participé en 1978 à un jeu télévisé qui n'était autre que la version originale de notre célèbre Tournez manège ! des années 1980. Ce thriller intelligemment mené, s’inspirant d’une histoire vraie, fait froid dans le dos, autant pour les féminicides de Rodney Alcala que pour la tragique surdité des autorités. La réussite du film est plurielle. Grâce à une solide interprétation, l’effroi des victimes, quand elles réalisent qu’elles sont prises au piège, glace véritablement le sang. Le choix de l’acteur américano-costaricain Daniel Zovatto, dans le rôle du psychopathe, est particulièrement judicieux, avec son visage doux et son regard qui passe, en un battement de cils, de la complicité à la menace sourde. Quant au montage, il retranscrit efficacement l’horreur des crimes commis selon un système redoutable. Surtout, le film expose avec pertinence la réduction au silence systématique de la parole des femmes à l'époque, qui a permis au tueur de poursuivre ses meurtres pendant plusieurs années.

Une femme en jeu est à voir ici sur Netflix pour 5,99 € avec pub et 13,49 € sans pub, un mois d'abonnement sans engagement.

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Des vies ordinaires face à la justice

Publié le par Michel Monsay

Des vies ordinaires face à la justice
Des vies ordinaires face à la justice

Accused, est une série britannique inédite en deux saisons datant de 2010 et 2012, dont les 10 épisodes sont indépendants les uns des autres sauf sur le plan de la structure : tous débutent dans une cellule où patiente un ou une accusée au moment où débute son procès, tous se terminent par le verdict. A chaque fois la même question : pourquoi et comment ces gens se sont-ils retrouvés là ? Dans le genre très encombré des séries sur la justice, Accused fait le choix de montrer le minimum possible de la machine judiciaire, pas de grandes joutes oratoires, ni d’incidents d’audiences. Elle préfère se concentrer sur des vies ordinaires qui dérapent ou déraillent et viennent se fracasser sur le droit. Le tout est d’une grande sobriété, avec un casting impeccable. Sous des apparences de fiction judiciaire, Accused impose, en réalité, une mécanique de drame psychologique particulièrement angoissante. L’intrigue, construite en flash-back, repose sur les dilemmes et tourments infligés à des personnages pris dans un engrenage infernal. À chaque épisode, on plonge dans une nouvelle histoire, c'est donc très différent des séries habituelles où l'on s'attache à des personnages que l'on retrouve au fil d'une saison voire de plusieurs, et pourtant dans Accused, on est très rapidement pris et passionné par l'intrigue, les excellents comédiens et la réalisation y sont aussi pour beaucoup.

Accused est à voir ici pour 6,99€ en s'abonnant un mois sans engagement à Canal+ séries ici.

Ci-dessous la bande-annonce en anglais, mais sur Canal+ séries il y a des sous-titres en français.

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Kingdom reprend à son compte la figure du zombie pour en faire une image du peuple affamé par une caste de puissants

Publié le par Michel Monsay

Kingdom reprend à son compte la figure du zombie pour en faire une image du peuple affamé par une caste de puissants
Kingdom reprend à son compte la figure du zombie pour en faire une image du peuple affamé par une caste de puissants

Cette minisérie mêle habilement drame en costume médiéval sud-coréen et horreur. Malin et joyeusement terrifiant, loin des lourdeurs de la moribonde The Walking Dead, le scénario de Kingdom donne un petit côté social au combat du prince héritier, figure idéalisée, à la fois noble et proche du peuple, opposé à des dirigeants machiavéliques ou pleutres, qui méprisent les pauvres. Malgré son sous-texte grave et quelques scènes redoutables, Kingdom garde un joli sens de l’humour, porté par les gesticulations de certains personnages et la sidération des victimes de zombies. Le cinéaste Kim Seong-hun a le sens du rythme et multiplie les bonnes idées visuelles. Les six épisodes de cette courte première saison, apparemment une deuxième est déjà tournée, trépidante et attachante, s’enchaînent à toute vitesse. On apprécie une série apocalyptique qui ne soit pas un enchaînement de réflexions existentielles redondantes noyées sous une violence vaine. C'est aussi un spectacle de pourpre et de soie, avec des splendides pavillons et temples de bois sublimés par l'incandescence des frondaisons automnales ou éteints par la grisaille austère de campagnes désargentées, dans une impressionnante reconstitution historique. Kingdom refuse la surenchère de Game of thrones (amours consanguins, dragons domestiques, arbres prophètes, etc.) et intéresse parce qu'il se focalise moins sur des destins extraordinaires et ce satané besoin d'homme providentiel qu'au sous-texte que représentent ses créatures. La série construit ses monstres en suivant une opposition simple entre aristocrates vautrés et peuple affamé. Aux riches les mets exquis et les délices de palais, aux pauvres les restes, la soupe à l'eau. Loin des fantasmagories fantasy, l'histoire de Kingdom se contente de rejouer celle de l'accaparement des richesses par une caste de privilégiés prête à tout pour défendre ses intérêts, quitte à laisser les gueux pourrir entre eux, vieillards, femmes et enfants compris. La série prend un malin plaisir à multiplier les portraits d'aristocrates ridicules de veulerie et de couardise devant le monstre qu'ils ont participé à créer. Décidément la Corée du Sud, qui est depuis plusieurs années un grand pays de cinéma, n'a rien à envier aux plus grands en matière de série, en témoigne Juvenile justice, Deserter pursuit, ou Kingdom, qui excelle à mélanger les genres avec subtilité et ingéniosité.

Kingdom est à voir ici sur Netflix pour 5,99 € avec pub et 13,49 € sans pub, un mois d'abonnement sans engagement.

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Impressionnant portrait de psychopathe aux personnalités multiples

Publié le par Michel Monsay

Impressionnant portrait de psychopathe aux personnalités multiples

Depuis qu'il fut découvert et encensé il y a 25 ans avec Sixième sens, le cinéaste américain d'origine indienne M. Night Shyamalan a eu des hauts et beaucoup de bas qui ont déçu ceux qui voyaient en lui l’avenir du thriller. Il affirme avec Split une embellie artistique certaine, où l’inspiration du scénario croise la qualité de la mise en scène. S’inspirant du cas Billy Milligan, jugé non responsable de ses crimes, en raison d’un trouble dissociatif de l’identité, le réalisateur met en scène un héros aux visages multiples qui se rend coupable d’un triple enlèvement. Dès la séquence d’ouverture, un modèle de tension pure, avec une découpe des plans particulièrement inspirée, on comprend que le réalisateur a retrouvé la forme. La performance hallucinante de James McAvoy offre une expérience véritablement immersive : en un changement d’expression, en une inflexion de voix, il parvient à endosser 23 personnalités totalement antagonistes, mais toutes reliées par leur folie. Citons également Anya Taylor-Joy, impressionnante en jeune femme asociale et bizarre. M. Night Shyamalan revient aux sources du film de terreur en lui insufflant une complexité passionnante. Huis clos aux combinaisons multiples, Split fait peur sans cesser de surprendre. Sinueux, baroque, le scénario offre une plongée vertigineuse dans deux psychés en miroir. Et un retournement final, très audacieux, à teneur mélodramatique. Split signe le retour réussi de M. Night Shyamalan, dans un de ces films à l’atmosphère trouble qu’il affectionne, un cinéma qui cache et révèle à la fois.

Split est à voir ici pour 2,99 € en location ou sur toute plateforme de VOD.

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Le journal intime d'une tournée exceptionnelle

Publié le par Michel Monsay

Le journal intime d'une tournée exceptionnelle

En octobre 2020, peu après la sortie de son 20e album studio, Letter to You, Bruce Springsteen faisait la promesse solennelle que, si le monde réussissait à se débarrasser du Covid, il organiserait la plus grande fête de sa carrière. Ses concerts s'apparentent souvent à cette notion : de gigantesques fêtes où le chanteur et son E Street Band jouent pendant trois heures, parfois quatre ! Figurez-vous qu'il a tenu parole, mais, cette fois, il s'agissait d'une fête d'une tout autre ampleur, que le Boss a fait filmer pour la postérité par Thom Zimny, collaborateur de longue date qui a eu le privilège de capter leurs répétitions, puis les coulisses de la tournée et des extraits de concert. Au plus près de la réelle complicité qui unit la bande depuis cinquante ans, mais aussi de la ferveur et de l’endurance intacte qui a fait la légende des concerts de l’auteur de Born in the USA, cette chanson protestataire et non patriotique qui dénonce les ravages de la guerre du Vietnam. L’essentiel est bien là : la générosité, l’émouvante absence de cynisme, la communion avec des foules énormes que Bruce Springsteen mène à la baguette. Des concerts de trois heures débordant toujours de cette énergie et d'un sens du spectacle à nul autre pareil. Le documentaire témoigne aussi, à travers l'hommage que le Boss voulait rendre à ses amis musiciens disparus, que cette légende du rock semble plus que jamais, à 75 ans, conscient du temps qui passe. Dans Road Diary, on découvre son souci admirable du détail, tout comme son engagement envers son groupe, et vice versa. Le E Street Band tient presque du grand orchestre avec ses 19 membres, où les choristes sont tout aussi importants et au rang desquels on trouve Mme Springsteen en personne, Patti Scialfa, membre du groupe depuis 1984 et mariée au Boss depuis 1991. Dans le film, elle évoque cette forme de cancer du sang qui lui fut diagnostiquée en 2018, limitant ses tournées : « Cela affecte mon système immunitaire, je dois donc faire attention à ce que je choisis de faire et où je choisis d'aller », confesse-t-elle en toute honnêteté. Autre témoignage, celui d'Anthony Almonte, jeune percussionniste et nouveau membre du E Street Band, qui raconte devant la caméra que, soir après soir à la fin du concert, Bruce lui dit toujours : « On se voit à la salle de sport demain matin ! » Avec plus de 140 millions d'albums vendus dans le monde entier, 20 Grammy Awards, deux Golden Globes et un Oscar, Bruce Springsteen est une icône culturelle mais avant tout un formidable chanteur, auteur et compositeur, qu'il faut voir sur scène au moins une fois dans vie.

Road diary, Bruce Springsteen & The E Street Band est à voir ici sur Disney + pour 5,99€ avec pub ou 9,99 € sans pub, un mois d'abonnement résiliable à tout moment.

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Les conséquences d'un traumatisme causés par un drame

Publié le par Michel Monsay

Les conséquences d'un traumatisme causés par un drame

Un jeune couple endeuillé par la mort de son enfant adopte un petit garçon adorable, Cody. Lequel, chaque nuit, voit ses rêves et ses cauchemars se matérialiser lorsqu’il s’endort. Le réalisateur Mike Flanagan exploite la veine fantastique pour explorer les traumatismes familiaux. Les manifestations surnaturelles deviennent prétexte à une réflexion sur le deuil, l’acceptation du passé, les secrets enfouis, les terreurs de l’enfance. Dans une maison filmée comme une sombre grotte, la psyché du petit Cody se déploie de manière fantasmagorique, entre envols de papillons et courses-poursuites avec un affreux croquemitaine. Mélange d’onirisme poétique et d’horreur pure, la réalisation épouse l’ambivalence à laquelle est confronté l’enfant, choyé mais aussi manipulé par une mère ambigüe, qui instrumentalise les pouvoirs de Cody, et s’en repaît comme d’une drogue. En proposant une vision sans angélisme des rapports de couple et des liens à l’enfant de substitution, à la fois médicament et présence destructrice, cet intelligent conte mortifère assume jusqu’au bout une certaine noirceur, ce que nombre de films abandonnent généralement en cours d'intrigue.

Ne t'endors pas est à voir ici sur Netflix pour 5,99 € avec pub et 13,49 € sans pub, un mois d'abonnement sans engagement.

La bande-annonce ci-dessous est en vo, mais en regardant la série sur Netflix vous aurez les sous-titres en français.

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Plongée tragique dans le désœuvrement d’une jeunesse déboussolée

Publié le par Michel Monsay

Plongée tragique dans le désœuvrement d’une jeunesse déboussolée

Cette plongée dans un fait divers sordide met en lumière le racisme qui gangrène une petite communauté au Nord-Ouest du Canada, les dysfonctionnements des services sociaux, le désœuvrement d’une jeunesse dont les héros sont des criminels, capables d’une violence inouïe autant psychologique que physique. Dans la flopée de fictions basées sur de vraies affaires, Under The Bridge fait mouche en misant sur l’humain et sans céder au sensationnalisme. Il y a bien un suspense dans cette minisérie, un doute sur l’identité des meurtriers. Mais il reste à l’arrière-plan. La série est avant tout la description d’une jeunesse oubliée, qui bascule dans la violence. Under the Bridge porte un regard émouvant, d’une infinie mélancolie, sur cette tragédie. En sous-texte, elle glisse une critique des ratés du système de protection des mineurs canadien et d’une justice partiale. La réussite de cette minisérie, qui se distingue du tout-venant des affaires criminelles inspirées de faits réels, vient de la sobriété de la mise en scène et du talent des actrices, adultes et jeunes, notamment les performances en miroir de Lily Gladstone (Golden Globe de la meilleure actrice pour Killers Of The Flower Moon de Martin Scorsese) et de la trop rare Riley Keough, la petite fille d'Elvis Presley, l’une flic mélancolique qui a été adoptée durant son enfance, l’autre auteure hantée par un événement passé. Les regarder évoluer, s’approcher, se séparer, donne une épaisseur supplémentaire à cette mini-série sensible et passionnante qui décortique avec véracité les mécaniques de l'adolescence, avec ses amitiés et ses pressions de groupe qui peuvent mener au pire.

Under the bridge est à voir ici sur Disney + pour 5,99€ avec pub ou 9,99 € sans pub, un mois d'abonnement résiliable à tout moment.

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Les blessures d'un cinéaste bien plus complexe qu'il n'y paraît

Publié le par Michel Monsay

Les blessures d'un cinéaste bien plus complexe qu'il n'y paraît

S’appuyant sur un texte inédit de François Truffaut, le documentaire de David Teboul esquisse la carte des fêlures qui parcourent la vie et l’œuvre du cinéaste. S’appuyant à la fois sur les très riches archives du service public, qui, de François Chalais à France Roche, a fait de François Truffaut le plus reconnaissable des cinéastes français, mais aussi dans la correspondance si riche de ce grand épistolier et sur des fragments inédits d'une ébauche d’autobiographie entreprise par le réalisateur avec son ami Claude de Givray dans les mois précédant sa mort, le film promet de mettre à jour la part d’ombre de l'auteur des Quatre cents coups. La première partie du film, qui revient longuement sur l’enfance profondément malheureuse de Truffaut, semble vouloir tenir ce serment. La lecture (par Louis Garrel et Pascal Greggory, le rôle de la récitante étant tenu par Isabelle Huppert, tous trois très bien) des échanges entre le cinéaste et Roland Truffaut, son père adoptif, donne une idée de la violence qu’a endurée cet enfant à qui tout était rationné, la nourriture, car il a grandi sous l’Occupation, et l’amour maternel. Cette clé biographique se révèle essentielle pour approfondir la perception d'une œuvre bien plus sombre qu'il n'y paraît au premier abord, traversée par l'enfance malheureuse. Dans cet émouvant documentaire, il y a aussi François Truffaut le père absent mais aimant et drôle (merveilleuses lettres envoyées des États-Unis à ses filles lors d'un séjour pour le tournage des Rencontres du troisième type de Steven Spielberg), le formidable ambassadeur du cinéma, notamment grâce à son livre d'entretiens avec Alfred Hitchcock mais aussi sa présence régulière, toujours pédagogique et éclairante, à la télévision, notamment en portraitiste des grandes actrices du cinéma français, de Jeanne Moreau à Catherine Deneuve et Fanny Ardant, qui fut sa dernière compagne et la mère de sa plus jeune fille. Un accent particulier est mis sur la dimension autobiographique du Dernier Métro, réalisé alors que Truffaut, qui a grandi sous l'Occupation, a découvert grâce à un détective privé que son père biologique était juif. Entre Les quatre cents coups et sa mort prématurée, il y a aussi un homme très drôle, qui fait le pitre dans les vidéos familiales, celui que Bernadette Lafont avait surnommé “Truffette”. Le documentaire donne accès à l’épaisseur même d’une existence, ses silences, ses doutes, ses moments de flottement, bref, ce qui échappe d’ordinaire à la caméra : le for intérieur. David Teboul explore avec respect et une grande profondeur l’intimité et la carrière de François Truffaut, qui sont étroitement liées, et parsème son documentaire de très beaux extraits des films de ce cinéaste disparu trop jeune à l'âge de 52 ans en 1984 d'une tumeur au cerveau, qui nous donnent envie de revoir La peau douce, La femme d'à côté, Deux anglaises et le continent ou Les quatre cents coups pour ne citer qu'eux.

François Truffaut, le scénario de ma vie est à voir ici ou sur le replay de France 5.

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