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31 mars 2014 1 31 /03 /mars /2014 07:42

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Assez peu connu du grand public, ce romancier et dramaturge de 60 ans est pourtant très apprécié de la critique depuis de nombreuses années, ainsi que d’un lectorat en constante progression. Dans son treizième roman, assez court, comme toujours chez cet auteur qui cultive la parcimonie et le sens de l’épure avec virtuosité, il installe rapidement une atmosphère doucement anxiogène qui va s’épaissir au fil des pages. Entre roman noir et polar à la Simenon avec une pointe d’ironie sous-jacente, le style d’Yves Ravey fait de phrases simples et le plus souvent de petits chapitres, impressionne par sa capacité à nous emmener dans des directions imprévues, et à nous révéler sans crier gare la vraie nature des personnages. Derrière le narrateur et protagoniste principal de cette intrigante histoire, qui nous apparaît comme un ami généreux et bienveillant, se dévoile progressivement une sorte d’antihéros combinard mais attachant. La force de ce roman se trouve également dans ses détails, que l’écrivain aime parsemer pour nourrir l’énigme et semer de fausses pistes, mais aussi pour laisser parfois entrevoir les surprenants événements à venir. Un homme arrive au chevet de son meilleur ami, victime d’une mine antipersonnel en Afrique et que l’on a rapatrié à l’hôpital de Montauban, pour le veiller les trois derniers jours qu’il lui reste à vivre. Le mourant lui révèle l’existence de sa fille dont il a perdu la trace, qui a été internée en asile psychiatrique et de ce fait a perdu la garde de son fils après son divorce. Notre homme promet à son ami de la retrouver et de veiller sur elle, sans en imaginer les conséquences. Avec une écriture d’une limpidité rare, Yves Ravey a construit un thriller très original et plutôt glauque, proche de certains films de Chabrol, que l’on dévore en ne sachant absolument pas ce qu’il nous réserve, le rendant ainsi encore plus excitant.

 

La fille de mon meilleur ami – Un roman d’Yves Ravey – Les éditions de Minuit – 156 pages – 14 €.

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29 mars 2014 6 29 /03 /mars /2014 07:47

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Vice-présidente du Mouvement démocrate et secrétaire générale du Parti démocrate européen, Marielle de Sarnez est députée européenne depuis 1999 et brigue à 63 ans un 4ème mandat. Elle sera tête de liste en Ile-de-France pour l’Alternative, alliance de l’UDI et du Modem, aux élections européennes.

 

Quels sont vos ambitions pour l'Europe ?

Marielle de Sarnez - L’enjeu pour l’Europe, pour nos pays, est de défendre un modèle de société unique au monde. C’est par exemple le combat pour un modèle agricole fondé sur l’exploitation familiale. Ce modèle est aujourd’hui menacé mais sa défense ne peut se concevoir sans une Europe agricole solide et cohérente. C’est vrai aussi dans les domaines du commerce mondial. Il n’existe aucune autre chance d’y parvenir. Ceux qui prétendent le contraire nous entraînent vers les plus grands risques. Mais il y a une grande question : que l’Europe devienne compréhensible par les citoyens et démocratiquement accessible.

                                               

Que proposez-vous pour une gouvernance efficace et simplifiée, et la relance économique des États membres ?

M.d.S. - Pour nous cette question de la participation rendue enfin possible des citoyens à la décision européenne est la question clé. L’opacité de l’Europe provient d’abord de la complexité de ses institutions et du fait que ses dirigeants sont inconnus des citoyens. Que faut-il faire ? Exactement le contraire. L’idéal serait l’élection directe d’un ou des responsables de l’UE, mais au moins faut-il que le président de l’Union tienne son pouvoir d’un processus démocratique qui associe les parlements nationaux au parlement européen. Quant à la relance économique, il est très important que la zone € se dote d’une capacité de décision politique autonome, et qu’elle fixe comme objectif son harmonisation sociale et fiscale.

 

Quelle place pour l'Europe notamment agricole dans un monde avec 9 milliards de bouches à nourrir ?

M.d.S. - Il y a deux impératifs. Celui de la garantie de la sécurité alimentaire en termes quantitatifs et qualitatifs pour les peuples européens, et que l’Europe participe à une garantie d’alimentation pour l’ensemble des peuples de la planète. Nous avons la chance d’être parmi les pays qui ont les terres les plus fertiles et le savoir faire agricole le plus évolué. Nous ne devons reculer sur aucun de ces sujets : préservation attentive des surfaces agricoles et capacités techniques. Nous croyons fermement que notre modèle français d’exploitations à taille humaine nous met en situation de défendre ces objectifs : sécurité alimentaire, qualité des aliments et capacité exportatrice. Il existe une condition à sa défense et à son développement, que les productions agricoles soient enfin payées à leur juste prix.

 

Etes-vous favorable à la poursuite de l'élargissement et pourquoi ?

M.d.S. - Non. L’élargissement sans l’approfondissement que nous réclamions a en partie grippé l’Europe. Dans le domaine agricole par exemple nous avons laissé se développer les distorsions en termes environnementaux et sociaux. Il suffit de voir comment les différences de salaires entre Allemagne et France ont mis à mal toute la filière animale. Cela ne peut pas, et ne doit pas durer. Plutôt que de continuer d’élargir, il faut donc approfondir notre Union. Et faire converger nos systèmes fiscaux et sociaux, pour mettre fin aux dumpings.

 

Eléments biographiques

Engagée très jeune en politique pour soutenir la candidature de Valéry Giscard-d'Estaing à l’élection présidentielle de 1974, Marielle de Sarnez participe à la fondation de l’UDF en 1978. Elle a notamment travaillé auprès de Jean Lecanuet, Simone Veil et Raymond Barre. En 1989, elle est nommée secrétaire générale des États généraux de l'opposition puis devient l'adjointe du secrétaire général de l’UDF François Bayrou. Lorsque ce dernier devient ministre de l’Éducation nationale, elle assume la direction de son cabinet.  Elle est l’auteur du Petit dictionnaire pour faire aimer l'Europe paru en 2009 aux éditions Grasset.

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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 06:40

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Originaires du fin fond de l’Angleterre où ils n’avaient rien d’autre à faire que de se concentrer sur leur musique de manière obsessionnelle, comme ils le disent, ces quatre jeunes garçons d’une vingtaine d’années sortent un premier album étonnant de maîtrise. Ils reprennent le flambeau de la période psychédélique de leurs illustres prédécesseurs les Beatles ou les Byrds, en y intégrant d’autres influences des années 1960-70, tout en donnant à l’ensemble un son très moderne. Ce ne sont pas les premiers à s’inspirer de manière aussi flagrante de cette période d’exploration musicale d’une grande richesse, mais ils le font avec un talent mélodique et rythmique qui pourrait laisser croire qu’ils en ont eux-mêmes inventé le courant. Tout au long des 12 morceaux ensorcelants de l’album, on guette une éventuelle lassitude mais on l’attendra en vain. Ces quatre lascars ont composé 12 petites merveilles d’une efficacité qui nous fait chavirer un peu plus à chaque écoute. La très belle voix du chanteur, les guitares affutées ou harmonieuses avec la fameuse 12 cordes au son carillonnant qui avait marqué la musique de cette époque, les enivrantes cascades de synthés, l’entêtante rythmique basse batterie, tout y est pour un magnifique voyage intersidéral. D’autant que la structure des morceaux est un modèle du genre, avec des refrains à l’incroyable précision et sens de la mélodie, des ruptures de rythmes ou des envolées au lyrisme ébouriffant. Il est bien connu qu’en musique, quelle que soit le genre, on n’invente jamais rien, même les plus grands ont toujours puisé leur inspiration chez des plus anciens. Nos quatre jeunes anglais l’ont bien compris et se sont servis d’un mix d’influences psychédéliques, pour nous offrir l’un des plus beaux albums de ces derniers mois.  

 

Temples – Sun structures – Pias Cooperative – 1 CD : 14,99 €.

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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 08:12

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Après avoir été députée puis sénatrice de Seine et Marne, Nicole Bricq est depuis un peu moins de deux ans, Ministre du commerce extérieur. Rencontre avec cette charentaise de 66 ans à la volonté de fer, qui est la première VRP du « Made in France » à l’étranger.

 

Quel est le rôle de votre Ministère et quelle stratégie avez-vous mise en place ?

Nicole Bricq - Je porte la politique commerciale de la France au niveau de la Commission européenne et vis-à-vis de nos partenaires étrangers, en présidant pour certains pays le dialogue d’état à état afin de régler les difficultés. Comme récemment, lorsque j’ai reçu mon homologue chinois pour préparer la visite du Président XI Jinping en France et le forum économique que nous organisons. Je lui ai indiqué que nous devions résoudre à l’amiable la procédure antidumping contre les vins français menée par la Chine. C’est désormais chose faite. Quotidiennement, j’interviens afin de lever les blocages pour les entreprises françaises à l’étranger, et puis j’ai une action très concrète qui consiste à vendre nos produits et l’image de la France.

Afin de profiter de l’augmentation de la demande mondiale adressée à notre pays qui devrait être de 5% en 2014, j’ai structuré l’offre commerciale française en la décomposant en 4 familles : mieux communiquer, mieux se nourrir, mieux se soigner, mieux vivre en ville. Il s’agit ensuite de vérifier qu’à l’intérieur de chaque famille nous avons une offre complète. Tel est le cas dans la famille alimentaire, où l’offre partant de la génétique jusqu’au produit dans l’assiette est excellente, avec un bémol sur les produits transformés. Voilà pourquoi lorsque je vais en Chine en janvier 2013, j’emmène dans ma délégation le président de la charcuterie française dans le but d’obtenir l’agrément sanitaire qui pourrait donner accès à un énorme marché. A la même époque avec le Ministre délégué à l’agroalimentaire, nous avons mis en place le comité Asie pour accroitre l’export dans cette région, et il y a deux mois, nous avons annoncé que 250 entreprises agroalimentaires bénéficieraient d’un accompagnement personnalisé à l’export.

 

Pourquoi la balance commerciale française est-elle dans le rouge depuis plus de 10 ans et quels secteurs se portent bien ?

N.B. - Nous avons un problème structurel et organisationnel. Nous ne sommes pas suffisamment montés en gamme et nos entreprises ont perdu en compétitivité. Mais nous avons une offre de qualité pour peu que nous sachions écouter la demande du client. Mon but est de réunir les entreprises d’une même famille pour les fédérer à l’étranger comme en France. Il faut appuyer sur les meilleures afin qu’elles avancent plus vite pour ne pas perdre les marchés, et donner ainsi aux autres le temps de se restructurer.

L’aéronautique avec un excédent de plus de 20 milliards d’euros est le premier poste du commerce extérieur, suivent les produits agricoles et agroalimentaires avec 11,5 milliards d’excédent puis la cosmétique, le luxe, la pharmacie. Tous ces secteurs d’excellence pourraient être encore meilleurs s’ils étaient présents dans les 47 pays où se concentre la croissance mondiale. Il faut cibler à la fois des marchés émergents et des marchés matures.

 

Quelle image notre pays doit donner, notamment à travers le « Made in France » ?

N.B. - Il faut que la France ait une image qui repose sur ce qu’elle sait faire : la recherche, la haute technologie, la créativité, la culture, le goût, la qualité. Notre image doit être en phase avec ce que l’on veut vendre. Parmi nos atouts, nous avons aussi l’assistance technique et la formation, que des pays nous demandent souvent pour améliorer leur main-d’œuvre, nous portons également des valeurs de responsabilité sociale et environnementale. Autrement dit, nous sommes capables d’apporter plus que notre savoir-faire. A noter que dans le « Made in France », il est beaucoup plus compliqué qu’avant d’avoir un produit entièrement fabriqué dans notre pays. Une voiture française par exemple a 40% d’importation, de même pour les composants d’un Airbus, mais ce qui compte c’est de garder en France la partie qui capte la valeur, c'est-à-dire la recherche, l’assemblage...

 

Que ressort-il du conseil de l’attractivité avec les grands patrons étrangers ?

N.B. – Ils veulent rester en France et nous ont tous dit : Nous avons besoin d’une France forte en Europe. D’autant que, compte tenu de la montée en puissance d’une dizaine de pays africains, nous représentons notamment pour les Etats-Unis et le Canada, la porte d’entrée vers l’Afrique. Pour garder les entreprises étrangères et en attirer d’autres, il faut simplifier. A cet effet, parmi les huit mesures qu’a annoncées le Président de la République, il y en quatre qui concernent directement mon ministère :  la dématérialisation des démarches douanières à l’export comme à l’import pour accélérer le processus ; un seul document pour payer la TVA générale et celle liée à l’import, ce qui n’obligera plus les entreprises à une avance de trésorerie. Nous mettons également en place un  « visa business » délivré en 48 heures pour les clients et les fournisseurs des entreprises françaises ou étrangères installées en France. Toutes ces mesures seront en vigueur au plus tard d’ici début 2015. Enfin, la fusion de nos deux agences, celle pour le développement international des entreprises (UBIFRANCE) et celle pour les investissements internationaux (AFII) devrait permettre une amélioration de la compétitivité de nos entreprises à l’export et de l’attractivité de la France.

 

Où en est le pacte de responsabilité ?

N.B. - Patronat et syndicats sont parvenus à un accord et ont fixé une feuille de route dans la mise en œuvre du pacte, avec des indicateurs de suivi par branches professionnelles. Ce pacte qui met dans le jeu les partenaires sociaux, à l’image du modèle allemand avec sa capacité de négocier, est une révolution culturelle.  On sort d’une logique  de conflit pour voir ce que l’on peut faire ensemble. La finalité est que les entreprises investissent. D’où le débat sur les 30 milliards de baisse des charges, 20 avec le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) et 10 qu’il faut financer à l’intérieur de l’équilibre budgétaire. Le pacte de compétitivité en 2012 était une première étape. Les parlementaires vont avoir à se prononcer sur ce pacte de responsabilité, et les premières mesures seront mises en place très rapidement pour produire leurs fruits.

 

Où en est la lutte contre la contrefaçon ?

N.B. - Les parlementaires ont voté en février à l’unanimité la proposition de loi sur la contrefaçon qui donne des moyens supplémentaires à la douane. Pour lutter efficacement, il faut mettre aussi en place un code douanier européen. La douane française en Europe est un moteur, elle est une grande force de propositions. On parle beaucoup des opérations spectaculaires de la douane, mais il y a un travail quotidien pour faciliter le commerce et endiguer la contrefaçon. Ce mal endémique coûte chaque année 6 milliards à l’économie française et 38 000 emplois. Il n’y a pas que les sacs Hermès qui sont contrefaits, cela touche toutes sortes de produits de commerce courant, comme des médicaments, des jouets, …

 

Quel intérêt pourrait trouver la France dans un partenariat transatlantique entre l’Union européenne et les Etats-Unis ?

N.B. - L’intérêt est avant tout de réunir les deux premières puissances commerciales mondiales. Nos entreprises ont à y gagner. L’enjeu est de réussir à simplifier les formalités administratives préalables à l’exportation, d’éviter les doubles certifications, de promouvoir nos intérêts offensifs notamment dans le domaine agricole, et de faire en sorte que les Etats-Unis ouvrent leurs marchés publics. Mais je ne suis pas naïve, les discussions seront rudes, notamment sur les indications géographiques que les américains ne veulent pas reconnaître. Nous avons demandé aussi que les états gardent leur droit à réguler, alors que les Américains veulent instaurer un tribunal pour régler les conflits entre investisseurs et états. Cela va être difficile, mais si on arrive à trouver un accord, cela profitera aux deux économies. 

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23 mars 2014 7 23 /03 /mars /2014 08:41

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Celle que le monde entier a découverte un jour de juillet 1976 aux Jeux Olympiques de Montréal, en devenant la première gymnaste à obtenir la note de 10, continue de fasciner près de 40 ans plus tard. La romancière et chanteuse Lola Lafon, qui était à peine née lorsque Nadia Comaneci atteignait la perfection à l’âge de 14 ans, s’est emparée à bras le corps de la vie de cette athlète mythique, pour en écrire un passionnant roman à la fois très documenté et imaginaire. Ayant vécu une partie de son enfance en Roumanie, Lola Lafon explore, en plus des silences de la mystérieuse fée des Carpates, le régime communiste de Ceausescu sans nostalgie ni apologie bien évidemment, mais sans caricature non plus comme cela a souvent été le cas. Elle interroge subtilement le manichéisme Est/Ouest des années 1980, et se sert de dialogues fantasmés avec Nadia Comaneci pour démontrer que certains côtés du capitalisme occidental ne valaient guère mieux que le communisme. Son écriture virtuose à travers des chapitres courts et vifs, se situe très loin de la mode des biopics rébarbatifs et s’aventure, à l’image de son héroïne, dans des figures acrobatiques pour mieux cerner tout ce qui a participé à ce destin hors-normes. Rarement un roman n’a démarré de manière aussi éblouissante, Lola Lafon nous plonge directement dans la stupéfaction qui a suivi le passage à la poutre de Nadia Comaneci aux JO de Montréal. Même le panneau électronique est dépassé. Il n’était visiblement pas programmé pour afficher la note de 10. La plume de l’écrivaine virevolte entre tous les acteurs de ce moment d’exception, pour nous le faire revivre en nous procurant de vrais frissons. Avec ce roman très riche, outre le bonheur de mieux connaître celle qui a marqué l’Histoire du sport, Lola Lafon aborde magistralement l’envers du décor et ce n’est pas toujours très joli, notamment de la part des journalistes occidentaux.

 

 La petite communiste qui ne souriait jamais – Un roman de Lola Lafon – Actes Sud – 310 pages – 21 €.

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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 08:07

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Assez régulièrement, la situation israélo-palestinienne inspire des films à des réalisateurs d’horizons très différents. Celui-ci, récompensé par le Prix du jury dans la section Un certain regard au dernier Festival de Cannes, fait partie des plus marquants. Il est l’œuvre du cinéaste palestinien de 52 ans, Hany Abu-Assad, qui s’est déjà fait remarquer en filmant l’occupation israélienne avec beaucoup de justesse et sans manichéisme, dans Paradise now et Le mariage de Rana. On retrouve les mêmes qualités dans Omar, film qui se révèle également être un thriller très efficace, une touchante histoire d’amour, ainsi qu’un drame psychologique qui démarre dans une certaine légèreté pour au fil de l’intrigue, sonder l’ambigüité des personnages des deux côtés du mur. La confiance, la trahison, l’amitié sont au cœur de cette histoire aux accents shakespeariens, remarquablement filmée et construite par le réalisateur également scénariste. Omar, un jeune palestinien de 20 ans qui vit en Cisjordanie, escalade régulièrement un mur d’une dizaine de mètres en dépit d’éventuelles balles tirées par la police, pour rejoindre Nadia la fille de ses rêves et deux amis, palestiniens aussi mais vivant côté israélien. Omar et Nadia s’échangent discrètement des mots doux et se voient furtivement pour échapper à l’attention du grand frère, qui est également l’un des deux amis d’Omar. Les trois garçons s’entraînent à tirer à la carabine pour entrer dans une résistance active. Voilà un film aux très nombreuses qualités, qui interpelle, bouscule certains repères, où est le mal où est le bien, qui a tort qui a raison, au final une chose est sûre, tant que durera cette situation d’occupation aucune entente ne sera possible.

 

 

Omar – Un film de Hany Abu-Assad avec Adam Bakri, Waleed Zuaiter, Leem Lubany, ... – M6 vidéo – 1 DVD : 19,99 €.

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19 mars 2014 3 19 /03 /mars /2014 08:06

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Nous avions découvert le réalisateur Spike Jonze en 1999 avec un premier film très original et inventif, « Dans la peau de John Malkovich », qualités que l’on retrouve dans son 4ème long métrage où son côté novateur se teinte d’une belle sensibilité. En situant l’histoire dans un futur proche, le cinéaste américain de 44 ans explore les dérives des technologies de communication, qui sont déjà aujourd’hui de plus en plus présentes dans nos vies. Cette fausse proximité avec nos semblables créée par les téléphones mobiles, les ordinateurs et autres réseaux de toutes sortes, favorise un sentiment d’isolement, de solitude que le film met admirablement en évidence. Grâce à un scénario écrit et mis en images avec une grande intelligence, nous partageons la vie d’un homme qui à force de vivre dans le virtuel et l’interactif, a beaucoup de mal dans ses relations avec autrui. Joaquin Phoenix montre à nouveau qu’il est un très grand comédien, cette fois dans un registre plus intime et émotionnel, où à travers les expressions de son visage il fait passer tout un registre de sentiments. Un homme démarre le film face à la caméra en égrenant des souvenirs amoureux. Assez vite on réalise qu’il dicte une lettre à son ordinateur, que l’imprimante ressort comme si elle avait été manuscrite. Son métier consiste à écrire des lettres personnelles pour ceux qui n’arrivent pas à traduire leur attachement avec des mots. S’il a un vrai talent pour enchaîner les belles phrases, dans la vraie vie, c’est beaucoup plus compliqué. Il se remet très difficilement d’une rupture, mais l’acquisition d’un programme informatique révolutionnaire va transformer sa vie. Ce film qui devient rapidement addictif, soulève de très nombreuses questions sur l’évolution de notre société sans jamais être pesant. Il nous offre en même temps une attachante histoire d’anticipation où la nostalgie, l’humour et la tendresse forment un délicieux mélange.

 

 Her – Un film de Spike Jonze avec Joaquin Phoenix, Scarlett Johansson, Amy Adams, Rooney Mara, Olivia Wilde, …

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18 mars 2014 2 18 /03 /mars /2014 08:30

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A la tête d’une des entreprises qui fait la fierté de la Bretagne, et qui symbolise le « made in France » depuis la fameuse photo d’Arnaud Montebourg en marinière, l’ancien numéro 2 du groupe Bolloré, Jean-Guy Le Floch, n’en finit pas depuis 20 ans d’innover avec succès afin qu’Armor-Lux ne connaisse pas la crise.

 

En fournissant quelques dizaines de milliers de bonnets rouges au mouvement de protestation breton, qui a tiré la sonnette d’alarme en novembre 2013 contre l’écotaxe et une situation économique délicate, Jean-Guy Le Floch et son entreprise sont fiers d’en avoir été solidaires. Parmi les autres événements marquants de ces derniers mois, le patron d’Armor-Lux ne décolère pas d’avoir perdu le très gros marché de la police nationale, après avoir habillé 110 000 policiers durant 5 ans avec un taux de satisfaction de plus de 90 %. Il a d’ailleurs intenté un procès au ministère de l’intérieur afin de comprendre ce qui s’est passé. Pour compenser ces pertes qui ont coûté leur emploi à 25 personnes dans l’usine de Quimper, l’entreprise s’est dotée de trois nouveaux magasins grand public, dont un très grand à Plaisir en région parisienne. Le dirigeant a   eu le nez creux il y a trois ans en décidant de construire ces nouveaux points de vente, pour palier l’éventuelle perte du marché de la police. En tout, 60 magasins sont répartis en France plus un à New-York, où l’on trouve dans ceux qui dépassent 300 m², en plus de la collection de vêtements, des produits d’épicerie fine bretonne et des crêpes fabriquées sur place.

 

Entre grand public et marchés publics

Pour 2014, outre l’ouverture en avril d’un magasin à Deauville,  Jean-Guy Le Floch attend impatiemment la concrétisation d’un marché avec la SNCF pour habiller 35 000 agents et un autre avec la gendarmerie et ses 120 000 gendarmes. Depuis 2004 et le contrat obtenu avec la Poste, il passe beaucoup de son temps sur ces appels d’offres très complexes et concurrentiels, mais aussi dans la mise en place des contrats une fois remportés, puisque l’entreprise livre les agents individuellement. Avec cette double activité, 60% de ventes au grand public et 40 % en contrats nationaux, Armor-Lux assure ainsi sa pérennité. Pour obtenir les marchés publics européens, l’entreprise est obligée de sous-traiter pour être compétitive, comme tous les pays de l’Union d’ailleurs : « Nous nous limitons à une production proche dans le pourtour méditerranéen et une collaboration en Inde avec des partenaires sérieux, fiables et traçables. Toute notre collection grand public de sportswear à l’esprit marin et de sous-vêtements est fabriquée à Quimper, à l‘exception des grosses pièces. » Armor-Lux emploie 600 personnes en France et a un chiffre d’affaires de 100 millions  d’euros qui progresse de 5 à10% chaque année.

 

Un rêve de gosse

Lorsque Jean-Guy Le Floch a su qu’Armor-Lux était à vendre, son sang n’a fait qu’un tour : « C’est une marque mythique, synonyme de qualité, ancré dans le cœur de tous les bretons. Elle a bercé mon enfance, je revois encore leur camion qui venait régulièrement dans la cour de notre petite ferme. » Comme ils s’étaient promis avec un ami à la fin de leurs études secondaires qu’ils seraient entrepreneurs ensemble, ils ont donc racheté la société à deux en 1993. « Le retour aux valeurs sûres en ces temps de crise et aux entreprises qui font travailler des gens en France, explique Jean-Guy Le Floch, sont les raisons du succès d’Armor-Lux que l’on constate aujourd’hui bien au-delà de la Bretagne. L’effet Montebourg avec le Made in France continue de jouer dans l’acte d’achat des français. En ce moment, Renault fait gagner 40 000 marinières fabriquées chez nous. » Cet extraordinaire coup de pub, lorsque le Ministre du redressement productif a posé en marinière à la une du Parisien magazine, le PDG d’Armor-Lux l’a découvert en même temps que tout le monde et s’en félicite encore aujourd’hui.

 

Réussir en Bretagne

Venant de chez Vincent Bolloré, où il s’occupait entre autre des finances, Jean-Guy Le Floch n’a jamais eu de problèmes de prêts avec les banquiers pour développer Armor-Lux. En prenant les rennes de l’entreprise, il opère un changement radical de l’encadrement en s’entourant d’une équipe plus consciente des enjeux de la mondialisation. Mis à part cela, il est fier d’avoir pu garder tout le personnel avec notamment 200 opératrices de confection, et l’usine en Bretagne. Ce visionnaire obstiné, fidèle en amitié, qui admet parfois se laisser emporter par des petites colères lorsque tout n’est pas parfait, a un sens prononcé du social et une devise : vivre et travailler sereinement en Bretagne. Son attachement à sa région est selon lui, concomitant à tous les bretons : « Nous venons de loin, déjà dans ma famille où mes grands-parents agriculteurs et sabotiers vivaient dans une grande pauvreté, mais aussi à l’échelle de la région où nous avons souvent été traités comme des enfants de Bécassine. Cela nous est resté en travers de la gorge, et tous les bretons sont fiers de leurs origines et de créer lorsqu’ils le peuvent de la richesse pour la Bretagne. C’est une vraie nation bretonne que l’on a ici dans ce pays un peu lointain. »

 

Derrière le mouvement de protestation

Cette solidarité revendiquée de Jean-Guy Le Floch pour sa région et plus particulièrement pour le Finistère, s’exerce notamment auprès de la chambre de commerce et d’industrie de Quimper, dont il est trésorier : « Je suis à l’écoute des problèmes qui peuvent se poser ici et j’essaie d’aider quand je trouve un peu de temps. » De par ses origines, il est assez proche du monde agricole et de la FDSEA, qui lui commande des marinières à chaque salon de l’agriculture pour promouvoir Armor-Lux. L’idée des bonnets rouges comme symbole de la protestation bretonne vient d’ailleurs de son copain Thierry Merret le président de la FDSEA, et de son équipe. Ils lui ont d’abord demandé 900 bonnets, puis devant l’ampleur du mouvement des milliers ont suivi. A tel point que Jean-Guy Le Floch ne pouvait plus fournir et a dû se tourner vers un fabriquant en Ecosse. Le patron breton n’a pas compris les critiques de certains médias parisiens à ce sujet, alors qu’Armor-Lux produit 45% de sa production en France depuis plus de 15 ans, et possède la première usine de tricotage et de teinture du pays.

 

Se donner tous les atouts

De son enfance, même s’il n’a manqué de rien, il garde le souvenir d’une vie pauvre et rude dans le Nord du Cap Sizun au fin fond de la Bretagne, où il comprend assez vite qu’il faut beaucoup d’énergie pour sortir de la torpeur ambiante. Il s’y emploie dès sa scolarité en étant un élève studieux et acharné, attiré par les maths, ce qui le mène à l’Ecole Centrale de Paris dont il sort ingénieur, avant de partir en Californie pour un master de sciences à l’université de Stanford. Ces années américaines où il apprend beaucoup, lui apportent du pragmatisme, et il finit ses études en devenant expert-comptable et commissaire aux comptes : « Depuis mon enfance j’avais l’ambition de devenir entrepreneur, et je voulais disposer d’armes solides pour pouvoir revenir en Bretagne sans risquer l’échec. »

Après deux années chez Bull à Angers, il répond à une annonce sur Ouest-France dans laquelle Vincent Bolloré recherche un contrôleur de gestion en Bretagne pour l’entreprise familiale qu’il vient de reprendre. Jean-Guy Le Floch avec sa formation très complète est choisi parmi cent candidatures, et durant 15 années au fur et à mesure que l’entreprise prend de l’ampleur, il devient directeur financier puis numéro deux du groupe Bolloré à Paris : « J’ai eu la chance de travailler avec Vincent Bolloré tous les jours, il m’a inculqué beaucoup de réflexes de management que je n’aurais pas acquis si j’avais commencé ma vie d’entrepreneur tout seul. Mais aussi le côté visionnaire, le sens des finances, et il m’a fait prendre conscience du pouvoir de la communication lorsqu’elle est bien menée. »

 

Ne pas s’arrêter en si bon chemin

Aujourd’hui à 60 ans lorsqu’il a un peu de temps à lui, il aime retourner dans son pays de solitude, comme il l’appelle, au Cap Sizun pour aller pêcher, ou bien partir se balader en mer aux Glénan avec Michel Gueguen, son ami et associé. Son souhait le plus cher pour les années à venir est de doubler le chiffre d’affaires d’Armor-Lux, afin de pouvoir le moment venu lâcher les rênes dans la sérénité. Pour y arriver, il veut développer l’export et la vente par Internet. En tout cas, Jean-Guy Le Floch est un entrepreneur heureux qui prend toujours autant de plaisir dans son métier avec, comparativement à 20 ans auparavant, le stress en moins.

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16 mars 2014 7 16 /03 /mars /2014 08:27

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14 mars 2014 5 14 /03 /mars /2014 08:09

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Député européen de l’Outre-mer depuis janvier 2012 où il a succédé à Elie Hoarau démissionnaire, Younous Omarjee est tête de liste pour l’Alliance des Outre-mer aux prochaines élections européennes.

 

Quelles sont vos ambitions pour l’Europe ?

Younous Omarjee - La mondialisation génère des bouleversements terribles. Le dogme du marché, devenu l’alpha et l’oméga de l’UE, nourrit un désamour grandissant entre les peuples et l’Europe. Nous avons l’impression que les politiques sont démissionnaires et que plus personne ne résiste à la finance internationale et aux grands lobbys. L’Europe pourrait être cette force d’opposition aux banques et aux grands consortiums économiques pour regagner cette souveraineté perdue. Mais il faut que l’Europe change en profondeur.

 

Que proposez-vous pour une gouvernance efficace et simplifiée, et la relance économique des pays membres ?

Y.O. - Un traité simple et efficace. Le Président de la Commission européenne, c’est le Premier Ministre européen, les commissaires européens ce sont les ministres européens, appelons-les ainsi et construisons un système politique clair que chacun puisse comprendre. Pour la relance économique après l’austérité imposée, il faudra favoriser le regain de croissance et d’emploi par l’investissement, et le désendettement des États par une inflation contrôlée. Il y a aussi un problème économique allemand. La déflation interne de son économie bloque la relance des autres pays.

 

Quelle place pour l’Europe, notamment agricole, dans un monde avec 9 milliards de bouches à nourrir ?

Y.O. - Dans un monde où nous serons 9 milliards, il n’est plus uniquement question de place mais de responsabilité. La production de céréales devra doubler. Les chiffres donnent le vertige. Nous pourrons relever ce défi en nous écartant des modèles productivistes qui cherchent la concentration des marchés. Là où une demande existe, peut s’organiser un marché dynamique. L’Europe doit poursuivre le but qui a toujours été le sien, assurer son autonomie alimentaire, et promouvoir cet objectif partout dans le monde.

 

Etes-vous favorable à la poursuite de l’élargissement et pourquoi ?

Y.O. - L’Union européenne est un espace non figé, intégrateur. Les pays des Balkans sont dans un processus d’adhésion. Un jour l’élargissement devra peut-être prendre fin, tout comme d’autres formes d’intégration naitront. Nous devrons nous poser la question de nos liens avec la Russie, l’Asie, le Moyen-Orient, l’Afrique qui sont nos voisins continentaux. Nous voyons bien, avec l’Ukraine, que l’opposition des blocs entre Russie et Union Européenne pose de graves problèmes, potentiellement néfastes pour le continent. Un nouveau monde se dessine, les États-Nations sont déjà dépassés et d’autres formes nouvelles se construisent. Ce mouvement du monde est fondamentalement intéressant, nous ne pouvons pas nous tenir à l’écart, comme d’ailleurs nous ne pourrons pas le stopper. C’est le mouvement de l’Histoire.

 

                                                                                   

Eléments biographiques

Après avoir achevé ses études en sciences politiques, Younous Omarjee est désigné en 1994 chargé de mission au Conseil général de La Réunion, dont il est originaire. Quatre ans plus tard, il devient l'assistant parlementaire de Paul Vergès, d'abord au Sénat, puis en 2004, au parlement européen. Colistier sur la liste Alliance des Outre-mer lors des européennes de 2009, Younous Omarjee est nommé député européen en janvier 2012. Au Parlement européen, il représente la circonscription Outre-mer et siège au sein du groupe Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique. A 44 ans, il brigue un second mandat.

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  • Journaliste pigiste et photographe de reportage après avoir été comédien
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