L’implosion d’une famille auscultée avec une grande intelligence

Publié le par Michel Monsay

L’implosion d’une famille auscultée avec une grande intelligence

Professeur d’écriture à l’Université du Texas, âgé de 42 ans, Andrew Porter avait publié un recueil de nouvelles il y a quelques années, dans lequel certains avaient déjà repéré un talent qui se confirme aujourd’hui de manière éclatante. Ce formidable premier roman nous plonge au cœur d’une famille américaine, valeur-refuge de l’après 11 septembre, en pleine décomposition où le père, la mère, le fils et la fille, chacun à leur manière tente de se reconstruire avec difficulté en dehors du cocon familial. L’auteur, avec un sens inouï de la dramaturgie et du suspense, construit son récit en distillant au compte-gouttes des informations sur ses personnages et leurs agissements. Cela a pour effet de nous tenir constamment en haleine, tout en permettant au romancier d’analyser très finement l’évolution et les contradictions des 4 protagonistes et des personnes qui les entourent. Il revient régulièrement dans le passé de chacun, sans jamais nous embrouiller, pour dérouler judicieusement le fil de son intrigue et éclaircir les zones d’ombre de ses personnages. On pense parfois à la grande Laura Kasischke quand insidieusement s’installe une atmosphère étouffante avec des situations ambigües, secrètes, et où l’art de la manipulation se conjugue à toutes les personnes. Un architecte autour de la cinquantaine vivant à Houston, divorcé depuis quelques mois, se complait dans un alcoolisme quotidien, qu’il démarre chaque jour après le travail au bar d’un hôtel cossu et poursuit dans la soirée en compagnie de la femme qu‘il fréquente depuis son divorce. Ce jour-là, un événement va venir s’immiscer dans son rituel et le perturber durablement, ainsi que toute sa petite famille déjà bien secouée par le divorce. Son ex-femme, avec laquelle il entretient des rapports tendus, l’appelle pour le prévenir que leur fille s’est fait renvoyer temporairement de l’université où elle étudie. Crescendo, les problèmes et les dilemmes vont se succéder pour chacun des personnages, qui vont devoir prendre des décisions difficiles. A travers cette famille, ce romancier très prometteur dissèque avec une grande maestria, ces fameux tournants de nos vies où il ne faut pas se rater.

                                                                                                                      

Entre les jours – Un roman d’Andrew Porter – Editions de l’Olivier – 391 pages – 23 €.

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Nous sommes tous des pollueurs ... mais certains plus que d'autres !

Publié le par Michel Monsay

Nous sommes tous des pollueurs ... mais certains plus que d'autres !

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On a failli oublier le vin !

Publié le par Michel Monsay

On a failli oublier le vin !

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Prendre un nouveau départ

Publié le par Michel Monsay

Prendre un nouveau départ

Cinéaste trop rare dont on attend le nouveau film depuis le somptueux Lady Chatterley il y a près de 8 ans, Pascale Ferran nous émerveille une nouvelle fois dans un genre complètement différent. Il est d’ailleurs difficile de parler d’un seul genre mais de plusieurs pour qualifier sa nouvelle œuvre, à la fois dramatique, poétique, ludique, drôle, qui touche au fantastique et peut aussi par moments montrer un aspect documentaire. A 54 ans, la réalisatrice réussit avec un remarquable sens de l’observation à capter le monde d’aujourd’hui, où tout va toujours plus vite, où les humains de plus en plus seuls, stressés, ont parfois la folle envie de tout envoyer promener. Dès les sublimes premières images du film dans les transports en commun, les aéroports, la caméra nous plonge au cœur d’une foule d’anonymes et passe d’une personne à l’autre, d’un comportement à l’autre, d’une pensée à l’autre. Outre la mise en scène pertinente, inventive, voire euphorisante par moments, les comédiens apportent une très belle sensibilité à leurs personnages. A leur tête, Anaïs Demoustier, une des jeunes actrices les plus demandées, a une grâce, une fraîcheur, un jeu instinctif d’un charme infini. L’américain Josh Charles, remarqué dans la série The good wife, est très convaincant dans ce rôle d’un homme qui ne supporte plus la vie qu’il mène. Après cette formidable chorégraphie de nos gestes quotidiens qui ouvre le film, la caméra zoome sur une jeune parisienne dans le RER qui rejoint la zone aéroportuaire de Roissy, où elle est femme de chambre dans un hôtel luxueux tout en continuant ses études. Au même moment, un homme arrive à l’aéroport pour un rendez-vous professionnel et doit séjourner dans l’hôtel en question, théoriquement une journée avant de repartir le lendemain pour Dubaï. En suivant parallèlement les deux histoires avec beaucoup de fluidité, ce film malgré le poids de personnages qui se cherchent voire qui craque pour l’un deux, est une merveilleuse ode à la liberté.

                                                                                                                    

Bird people – Un film de Pascale Ferran avec Anaïs Demoustier, Josh Charles, Roschdy Zem, …

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La belle insouciance des enfants

Publié le par Michel Monsay

La belle insouciance des enfants

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Lumières sur le port de Barcelone

Publié le par Michel Monsay

Lumières sur le port de Barcelone

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Un comédien exceptionnel

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Un comédien exceptionnel

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Délices aux fruits rouges

Publié le par Michel Monsay

Délices aux fruits rouges

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Thriller politique très proche de la réalité

Publié le par Michel Monsay

Thriller politique très proche de la réalité

Auteur de romans marquants comme « La chambre des officiers » sur des soldats défigurés de la grande guerre, « Une exécution ordinaire » qui met en scène notamment Staline, ou « La malédiction d’Edgar » sur la vie de Hoover redoutable patron du FBI, tous trois adaptés au cinéma ou à la télévision, Marc Dugain s’attaque aujourd’hui à la politique française et ses troubles ramifications. A 57 ans, l’écrivain dissèque avec une incroyable précision un monde qu’il connaît bien où le pouvoir est le principal enjeu, et où la forme a définitivement pris le pas sur le fond. Il construit très judicieusement un puzzle où de nombreux personnages prennent progressivement place, et laissent apparaître les manipulations et les liens dangereux entre les milieux politiques et économiques avec en arbitre les services de renseignements dont le pouvoir fait froid dans le dos. Des chapitres courts avec une écriture directe et très efficace, où l’on passe d’un personnage à l’autre avec la même excitation que dans les meilleures séries télé. Deux principaux protagonistes, que l’on découvre dès le début du roman, se détachent des autres. L’histoire s’ouvre sur une femme agent de la DCRI, vivant avec son fils atteint d’une forme d’autisme, qui reçoit son père à dîner pour lequel elle n’éprouve pas une grande affection. Puis, un député-maire chef de l’opposition et favori des sondages pour la prochaine élection présidentielle rend visite à son père, qui finit ses jours paisiblement dans une maison médicalisée. Il entame avec lui une conversation où à la fois il remercie le vieil homme et lui pardonne ses manquements, tout en ne sachant pas s’il comprend encore ses propos. Tous les personnages remarquablement pensés jusque dans les détails de ce passionnant roman, où l’aspect psychologique a une place importante, tendent à montrer sous la plume très lucide de Marc Dugain, l’état exsangue de notre démocratie. Entre thriller et comédie humaine, « L’emprise », dont une suite est prévue, nous apporte un formidable éclairage sur les coulisses du pouvoir sans jamais tomber dans la caricature.

                                                                                                                    

L’emprise – Un roman de Marc Dugain – Gallimard – 314 pages – 19,50 €.  

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Du cinéma réalité de premier ordre

Publié le par Michel Monsay

Du cinéma réalité de premier ordre

En découvrant le 1er film de Diego Quemada-Diez, réalisateur de 45 ans d’origine espagnole qui a vécu aux Etats-Unis avant de s’installer au Mexique, on est impressionné par la maîtrise des cadrages, de la mise en scène et la force brute qu’il donne à son propos. Outre un talent et une sensibilité hors du commun, il a appris le métier durant de nombreuses années en étant l’assistant de grands cinéastes comme Ken Loach, et le résultat dès sa 1ère réalisation est sidérant. Assez proche du documentaire tout en se servant de la fiction à bon escient, cette histoire, filmée le plus souvent caméra à l’épaule, nous plonge dans l’enfer des migrants d’Amérique centrale. Le réalisateur a recueilli des centaines de témoignages pour coller au plus près de la réalité de cette région du monde. Mais les souffrances et les rêves émaillés de drames de ces populations sans avenir se retrouvent aussi sur d’autres continents, dont nous recevons régulièrement les terribles échos. Tourné avec des acteurs non-professionnels, dont la remarquable interprétation a été récompensée au Festival de Cannes 2013 dans la section Un certain regard, ce film bouleversant et implacable recèle néanmoins de bouffées d’humanité, par la jeunesse et l’innocence de ses protagonistes. Cela commence dans les allées serrées d’un bidonville au Guatemala, où la caméra suit un adolescent de 15 ans qui marche d’un pas déterminé. Puis, une jeune fille du même âge à la belle chevelure brune se coupe les cheveux très courts et se met un bandage serré sur sa poitrine, afin de passer pour un garçon. On retrouve le jeune homme qui rassemble quelques affaires dans un petit sac à dos, et part chercher un copain qu’il retrouve dans une immense décharge d’ordures en train de glaner ce qu’il peut. Les 3 adolescents prennent un car en direction du Nord et commencent alors un long périple pour changer de vie. Ce film est indispensable à la fois pour le témoignage d’une cruelle réalité qu’il relate admirablement, et pour l’émotion cinématographique intense qu’il procure.

 

                                                                                                                   

Rêves d’or – Un film de Diego Quemada-Diez avec Brandon Lopez, Karen Martinez, Rodolfo Dominguez, … - M6 vidéo – 1 DVD : 19,99 €.

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