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Un regard féminin puissant qui bouscule les stéréotypes

Publié le par Michel Monsay

Un regard féminin puissant qui bouscule les stéréotypes

Adaptation d’un roman d’Elena Ferrante, "Poupée volée" qui a été publié avant le succès planétaire de « l’Amie prodigieuse », ce film magnifique et troublant a obtenu le Prix du meilleur scénario à la Mostra de Venise. C’est le premier film en tant que réalisatrice de l’actrice américaine Maggie Gyllenhaal, que l'on a adoré notamment dans la série "The Deuce". Elle révèle, dès ce premier essai, une maitrise qui impressionne, notamment dans la direction d’actrices. Le film est porté de bout en bout par une comédienne magistrale : la britannique Olivia Colman, tour à tour inquiétante et légère, grave et drôle, agaçante et touchante. Depuis qu'on l'a découverte dans la série "Broadchurch", elle n'en finit plus de nous épater, que ce soit dans "La favorite", où elle obtenu l'Oscar, dans "Father" ou dans la série "The crown" voire dans "Fleabag". La direction d'actrices de Maggie Gyllenhal dans "The lost daughter" vaut aussi pour Dakota Johnson et Jessie Buckley, toutes deux parfaites dans des personnages complexes. Ce thriller psychologique malmène la vision idéalisée de la maternité, qui n’est pas toujours synonyme de bonheur, et ose une image autre que l'idéal imposé à coups d'injonctions par la société. Pour raconter ce mal de mère, Maggie Gyllenhaal filme au plus près les peaux, les visages, les larmes, les regards dans des magnifiques cadrages légèrement flottants. Par une lente combustion, ce remarquable film distille subtilement une atmosphère légèrement menaçante, mystérieuse où l'ambivalence des comportements maternels brise les tabous et apporte une vraie originalité.

The lost daughter est à voir sur Netflix.

Publié dans Films

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Une satire qui fait froid dans le dos

Publié le par Michel Monsay

Une satire qui fait froid dans le dos

Le cinéaste Adam McKay n'en n'est pas à sa première satire grinçante, même s'il a aussi réalisé des films où l'humour était un peu moins présent mais qui étaient néanmoins des portraits au vitriol, comme celui de Dick Cheney dans "Vice", ou des traders qui ont provoqué la crise financière de 2008 dans "The big short : Le casse du siècle". Dans son dernier film, il nous tend un miroir impitoyable pour nous montrer à quel point notre société est incapable de réagir face à une catastrophe annoncée, l'inconséquence, le cynisme et la corruption des politiques, des lobbys et des médias sont à ce titre désespérantes. Dans un parfait équilibre entre drôlerie explosive et ampleur dramatique, le cinéaste se sert admirablement de tous les travers de notre époque pour taper fort et juste, à tel point que l'on passe une bonne partie du film à se dire que c'est exactement ça. Pour mener à bien son projet, il s'est offert une distribution de grand standing à la tête de laquelle il y a deux scientifiques joués par Leonardo DiCaprio, excellent comme d'habitude et ce quel que soit le type de rôle qu'il interprète, et Jennifer Lawrence qui est très bien en lanceuse d'alerte, tous deux se heurtant à une pléiade de personnages horripilants campés par des acteurs et actrices qui s'en donnent à cœur joie, comme Meryl Streep, Cate Blanchett et Mark Rylance. En mêlant habilement plusieurs genres cinématographiques dans son film, Adam McKay a concocté une fable sous forme de métaphore sur l'urgence climatique et la pandémie actuelle, où la dictature du profit se moque allègrement de l'alerte des scientifiques. C'est à la fois terriblement pertinent et terrifiant.

Don't look up est voir sur Netflix.

Publié dans Films

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Quand la beauté du style de Sorrentino rencontre l'émotion

Publié le par Michel Monsay

Quand la beauté du style de Sorrentino rencontre l'émotion

Grand Prix du jury à la Mostra de Venise, le nouveau film de l'excellent Paolo Sorrentino, est sans doute son plus intime puisqu'il nous raconte des souvenirs de son adolescence napolitaine dans un récit qui passe du cocasse au tragique. Avec une puissance visuelle que l'on adore depuis "La grande bellezza" et que l'on avait retrouvée dans la série "The young pope" puis "The new pope", le cinéaste se livre ici avec moins d'ironie et une sincérité inédite très touchante. En faisant basculer son film de la chronique familiale, mordante et chaleureuse, vers la mélancolie d’une errance dans Naples sublimée, il nous donne à éprouver sa blessure, le sentiment de perte et la solitude qui ont conditionné sa sensibilité d’artiste. Bel hommage au pouvoir du cinéma, qui à l'image de cet adolescent qui le découvre nous permet d'échapper à la réalité, ou en tout cas de l'appréhender avec un filtre qui nous la rend plus agréable.

A voir sur Netflix.

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Duu très grand Spielberg

Publié le par Michel Monsay

Duu très grand Spielberg

Steven Spielberg nous éblouit depuis 50 ans, de "Il faut sauver le soldat Ryan" à "La liste de Schindler" en passant par "Indiana Jones" ou "La guerre des mondes" pour ne citer qu'eux, et pourtant en proposant une relecture de "West side story" on était un peu dubitatif, mais en voyant le résultat on se rend compte qu'il s'agit de l'un de ses meilleurs films. Il s’empare du spectacle de Broadway qui le hante depuis tant d’années pour exercer avec maestria son sens de la mise en scène, pour un savoureux mélange de mélodrame et de thriller, de romance et de film criminel. C’est vertigineux quand la comédie musicale est à la fois du grand cinéma sophistiqué et se met au service d’une peinture sociologique réaliste. Sans trop trahir le matériau d’origine, le cinéaste affirme son inventivité, avec une caméra mobile qui devient un personnage parmi les danseurs, et transforme chaque numéro de danse en enjeu émotionnel, que ce soit par la peur, l’humour, et les larmes. Le personnage de la veuve interprétée par Rita Moreno, qui jouait dans le film de Robert Wise de 1961, créé pour ce film, est à ce titre très émouvant. Il représente une mère adoptive, une femme qui a autorité sur les caïds. Le cinéaste a fait l'excellent pari de prendre des acteurs inconnus pour la plupart, jeunes et authentiques dans leurs rôles, qui en plus dansent merveilleusement et ne sont pas doublés pour le chant. La pièce originelle de 1957 signée Arthur Laurents devient ainsi totalement un film de Steven Spielberg. Les paroles de Stephen Sondheim demeurent quasiment intactes et leur modernité ne dépareille pas des préoccupations plus actuelles. Quant à la musique de Leonard Bernstein, elle est toujours éblouissante. Ce film, plus viscéral, violent et émouvant que l’adaptation de Robert Wise, est aussi plus politique. La confrontation sociale au cœur du récit ne s’embarrasse pas des artifices de la comédie musicale. Sans fard, elle révèle toute sa cruauté et son chaos. C’est d’ailleurs face à ce désordre du monde que l’harmonie amenée par le genre musical est un beau contrepoint, et fait exister une bouleversante utopie. Ce nouveau West Side Story est un pari fou, magnifiquement exécuté, animé d'une passion et d'une excitation qui traversent l'écran, autrement dit du grand cinéma hollywoodien comme on l'aime.

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Un thriller social magistral

Publié le par Michel Monsay

Un thriller social magistral

Décidément le cinéma iranien se porte très bien, après les excellents "La loi de Téhéran" en septembre et tout récemment "Le diable n'existe pas", voici la dernière œuvre du grand Asghar Farhadi. Il revient avec un film aussi puissant qu’implacable, Grand prix du Festival de Cannes. À travers l’ascension et la chute de Rahim, héros devenu paria, le cinéaste déroule une mécanique magistrale et atteint la puissance formelle et narrative du grandiose "Une séparation", Oscar, Golden Globe et César du meilleur film étranger et Ours d'or à Berlin. Avec "Un héros", il nous offre un conte magnifique et très humaniste, qui narre l’influence croissante des outils modernes de communication dans nos vies. Asghar Farhadi s'est inspiré de faits divers lus dans la presse pour bâtir une chronique sociale qui se transforme peu à peu en thriller moral étouffant et kafkaïen qui dit beaucoup de choses sur la société iranienne et qui impressionne par l'intelligence redoutable de son scénario et la précision de sa mise en scène. Le mensonge et ses pièges, les arrangements avec la probité, la relativité de la justice, les réputations interchangeables sur les réseaux numériques tout-puissants en Iran comme ailleurs, autant de thèmes universels que le cinéaste prend soin d'inscrire dans les réalités contemporaines de son pays pour tisser cette histoire où l'ambiguïté règne en maître. Asghar Farhadi orchestre ce jeu de dupes avec une invention et une finesse constantes mais aussi un réalisme dont il a le secret, et dirige dans le rôle principal un acteur admirable, Amir Jadidi, dont le sourire énigmatique contribue à l'ambivalence du récit. Tous les comédiens d'ailleurs sont très bien, comme toujours chez le cinéaste iranien, remarquable directeur d'acteurs. Maître de l’ellipse, de la parabole et du trompe-l’œil, Asghar Farhadi suit le destin de son héros, qui s’illustre puis se perd, pour mieux dénoncer tout ce qui ronge, enlaidit et désespère la société iranienne. Du grand art.

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Un chef-d’œuvre d’humanité d'une puissance rare

Publié le par Michel Monsay

Un chef-d’œuvre d’humanité d'une puissance rare

Mohammad Rasoulof est l'un des plus grands cinéastes iraniens en activité, avec Asghar Farhadi, Jafar Panahi et Saeed Roustayi, l'auteur de La loi de Téhéran, chroniqué dans ces colonnes en septembre dernier.  Auteur de plusieurs films qui dénoncent la dictature de son pays, radiographient la corruption des institutions, et honorent la résistance de personnages ordinaires en montrant les souffrances endurées par ses compatriotes, le cinéaste, victime de la censure, interdit de sortie du territoire iranien et plusieurs fois condamné à des peines de prison, nous offre avec Le diable n'existe pas, un film offensif et bouleversant qui a été récompensé par un Ours d'or au Festival de Berlin en 2020. Dans cette œuvre magistrale, Mohammad Rasoulof met successivement en scène quatre histoires indépendantes, mais toutes reliées par un même thème : la peine de mort. Le cinéaste s'est aperçu que le meilleur moyen d’échapper à la censure durant le tournage était de réaliser officiellement des courts-métrages, il a donc réfléchi à plusieurs histoires avec une thématique commune : la façon dont on assume la responsabilité de ses actes dans un contexte totalitaire.  Au gré de ces quatre récits situés dans le bruit et la fureur des grandes villes ou dans la douceur de magnifiques paysages de campagne et de montagne, Mohammad Rasoulof dresse le portrait d'iraniens contraints d'interroger leur humanité et leur courage face à l'inacceptable. Il filme avec une rare subtilité les conflits moraux insupportables auxquels sont confrontés ses personnages et met en scène les réalités d'un pays où la peine de mort est une norme accablante, et l'une des armes favorites d'un régime qui ne jure que par l'oppression et la peur. L'articulation entre les épisodes à la fois forte et fluide participe au choc que procure ce film, dont il faut souligner l’art de la mise en scène, avec des signes de tension disséminés avec soin et des plans qui tombent comme des couperets. Cette rigueur esthétique est d’autant plus remarquable que le cinéaste a réalisé ce film en semi-clandestinité, contraint d’employer toutes sortes de stratagèmes pour pouvoir tourner, sans rien renier de son courage politique. A l'heure où certains voudraient céder à la facilité apparente du populisme et à la surenchère dangereuse de ses bouffons, méditons sur ce film remarquable à tous points de vue, qui nous montre la souffrance d'un peuple rendu muet et soumis, tout en évoquant en creux le bien précieux que représentent la liberté d’expression et de pensée, et le droit à l’intelligence.

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Quand Jane Campion revisite le western, c'est magnifique

Publié le par Michel Monsay

Quand Jane Campion revisite le western, c'est magnifique

Jane Campion renvoie les mythes américains à leur violence fondatrice et les cowboys à leur toxicité dans un western sensuel, d'une maîtrise absolue de la mise en scène et du cadre. Loin des colts, des pistoleros et des duels, le cow-boy est ici rendu à son statut originel de garçon vacher et de propriétaire terrien. Jane Campion fut la première réalisatrice à obtenir la Palme d’or à Cannes, c'était en 1993 pour La Leçon de piano. Avec The power of the dog, elle vient d'obtenir le Lion d’argent à Venise, et confirme sa capacité à faire des miracles, les deux derniers en date nous avaient laissés sans voix, la superbe série Top of the lake et le fascinant Bright star. Tant de beauté, de perfection dans les plans comme en toutes choses, nous fait regretter à la fois que la cinéaste ne soit pas plus féconde, apparemment lassée par le manque d'audace de l'industrie cinématographique, et que ce film soit visible uniquement sur Netflix et pas sur grand écran. Ce qui se joue dans The power of the dog, c’est la cruauté et ses raisons d’être, la pression exercée par l’existence sur l’âme humaine. À l’instar des plus grands récits mythologiques, deux frères que tout oppose s’affrontent. Entre eux, la violence est indirecte. Le mépris et la crasse de l’un viennent se frotter à la pureté et à la douceur de l’autre. Alternant les cadres grandioses sur les vastes étendues et les gros plans sensuels, charnels, la cinéaste affirme une volonté dampleur rare doublée dune attention précieuse aux détails, créant ainsi un jeu sur les échelles où se côtoient indistinctement limmense et linfime, le général et le particulier. Des mains qui s’affairent sur une corde, des gouttes de sang sur un épi de blé, prennent autant dimportance et de sens, que des montagnes enneigées ou baignées de soleil. Le travail sur la lumière dépasse largement la seule prouesse esthétique, il a un rôle crucial sur le plan narratif. Les choix d’éclairages tendent à modifier la vision des personnages, parfois même changer leurs relations, voire leurs rapports de force au détour dune scène pivot. Le film se pose en fresque intimiste et anti-démonstrative où les non-dits, la suggestion, limplicite sont dune précision impressionnante, régie selon une temporalité lente, patiente et elliptique. Le récit morcelé en chapitres comme autant de saisons, voit lenvironnement évoluer, la nature naître, muter et mourir, au même rythme que les relations humaines. Ce souffle romanesque saccompagne dune certaine sécheresse émotionnelle qui nexclut pas une forme de lyrisme, loin de maintenir le spectateur à distance, elle lemporte au contraire dans un subtil engrenage machiavélique et vénéneux. Les comédiens sont excellents, citons principalement Benedict Cumberbatch, Jesse Plemmons, Kirsten Dunst et Kodi Smit-McPhee. Film de paradoxes, fausses pistes et faux-semblants, The power of the dog ausculte autant la domination masculine que la vulnérabilité des hommes, et lorsque c'est Jane Campion qui est derrière la caméra, c'est du grand art.

A voir sur Netflix.

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Fascinante plongée empreinte de liberté dans la Russie profonde et l'altérité

Publié le par Michel Monsay

Fascinante plongée empreinte de liberté dans la Russie profonde et l'altérité

Grand Prix du Festival de Cannes, ce film finlandais dont l'action se déroule en Russie dans les années 90, qui met en scène deux personnages que tout oppose et qui doivent cohabiter dans un train, est une merveille de film existentiel et ferroviaire. Pourvu d'un humour ravageur qui n'est jamais l'ennemi de la profondeur et de la délicatesse, le cinéaste Juho Kuosmanen, bien aidé par ses deux comédiens incandescents (Seidi Haarla et Yuriy Borisov), signe un enthousiasmant road-movie dans un train qui traverse des contrées enneigées et quelque peu sinistres. La mise en scène agile de Juho Kuosmanen les suit avec affection, et parvient à faire éprouver le mouvement instable dans lequel ils sont pris dans ce train et sur ces rails d'une autre époque. De sa cadence brinquebalante et emballante, sans jamais laisser prise à la mélancolie, qui pourtant menace, Compartiment N°6 explore avec une simplicité déconcertante mais si émouvante ce rapprochement de deux solitudes. Tant et si bien que, le périple achevé, on quitte ses personnages à regret. D'autant que l'on a eu le bonheur de la découverte et du voyage, comme certains films nous l'offrent parfois, dans la Russie profonde sans un filtre enjoliveur. On aimerait être comme cette fille qui n'a peur de rien et se lance sans appréhension dans un voyage vers l'inconnu fascinant, à la rencontre de personnages improbables et à l'exploration de territoires moins balisés qu'à l'accoutumée. Merci au Festival de Cannes de nous ouvrir chaque année des fenêtres vers de nouveaux horizons et de nouveaux cinéastes.

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Un faux biopic lumineux au parfait dosage entre humour, tendresse et admiration

Publié le par Michel Monsay

Un faux biopic lumineux au parfait dosage entre humour, tendresse et admiration

L'actrice et réalisatrice Valérie Lemercier revisite la vie et la carrière d'une certaine Céline Dion, dans un film libre et enchanteur, aux antipodes des conventions du biopic. Dans « Aline », elle s'amuse et nous amuse en dépeignant certains aspects ridicules de la vraie Céline Dion, sa passion pour le kitsch, son mauvais goût à toute épreuve, son ego surdimensionné, mais elle dresse avant tout un portrait amoureux de son modèle avec beaucoup de sincérité. Un modèle dont elle apprécie les chansons et la personnalité, bien plus secrète et énigmatique que ne le prétend la légende people. Drôle et émouvant, délirant et respectueux, le film jongle habilement avec les paradoxes. Il donne l'occasion à l'actrice Valérie Lemercier, de s'en donner à cœur joie puisque, par la grâce des effets spéciaux, elle incarne Aline à tous les âges de sa vie, y compris enfant, et cela nous rappelle son irrésistible séquence de l'école des fans avec Jacques Martin. Au-delà de cette belle idée, elle trouve ici son plus beau rôle et on ne peut que saluer sa performance physique, émotionnelle et sa fantaisie. Une mention particulière à l'exceptionnelle prouesse vocale de Victoria Sio, chanteuse remarquée notamment dans la comédie musicale "Le roi soleil", qui prête sa voix à Valérie Lemercier pour les parties chantées. Le film est tout entier traversé par une fougue, une vitalité, une passion pour ses personnages et ses formidables acteurs québecois, qui vous entraînent dans un tourbillon joyeux. Valérie Lemercier, adepte du pas de côté qui la rend si singulière, a une passion pour les décalages en tout genre, et ça se confirme ici avec ce faux biopic, qui est le film le plus inspiré et convaincant de sa carrière. Que l'on apprécie ou pas Céline Dion, impossible de ne pas céder au charme d'Aline Dieu et au pari ambitieux et réussi de Valérie Lemercier.

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Un grand Ridley Scott

Publié le par Michel Monsay

Un grand Ridley Scott

A 83 ans, Ridley Scott à qui l'on doit tant de films inoubliables, "Alien", "Gladiator", "Blade runner", "American gangster", "Thelma et Louise", "Mensonges d'état", etc., a toujours une grande soif de cinéma et continue d'enchaîner les films. Pourtant avec "Le dernier duel", on pourrait penser que la boucle est bouclée, vu que son très beau premier film s'intitulait "Les duellistes", il n'en est rien, Ridley Scott fourmille d'idées et un autre film sort dans 15 jours. Il raconte ici une affaire de viol au Moyen Âge, mais son récit féministe est on ne peut plus contemporain. C'est aussi le récit historique du dernier duel judiciaire autorisé par le Parlement en France. Mais c'est avant tout l'histoire, tristement actuelle, d'une culture du viol omniprésente, dans laquelle la femme est toujours perdante. La virtuosité de la reconstitution historique saute aux yeux et nous offre une saisissante peinture du Moyen-Âge. Costumes, décors, éclairages et ambiances éblouissent par leur sobre et spectaculaire réalisme. Au delà des qualités techniques d'un réalisateur perfectionniste, le parti pris narratif, qui fait penser au sublime "Rashomon" de Kurosawa, confère au récit une puissance remarquable. Le film de Ridley Scott est à la fois épique tout en étant dans l'intimité, puisqu'il passe par les arcanes de la société patriarcale de l'époque où l'on n'accorde aucune importance à la parole de la femme, où les hommes, aussi braves et courageux soient-ils au combat, prennent des femmes comme ils prennent des terres. Magistralement filmé et composé de scènes à la beauté photographique indéniable, "Le dernier duel" est aussi porté par trois comédiens au sommet de leur art, Jodie Comer, Matt Damon et Adam Driver rivalisent de nuances et de finesse dans leur jeu, qui varie selon le point de vue du récit. Tout en racontant le Moyen-Âge, le film est très moderne sans être anachronique. C'est aussi une leçon de cinéma dans laquelle Ridley Scott démontre qu'une scène d'action n'est jamais aussi prenante, si on a bien pris le temps d'en déployer les enjeux. Le cinéaste, après quelques films de moindre intérêt, revient à son meilleur niveau avec cette œuvre puissante, féministe et passionnante.

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