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12 juillet 2017 3 12 /07 /juillet /2017 08:00
Le retour d’un grand maître

En regardant la filmographie d’Emir Kusturica, y figurent seulement neuf long-métrages de fiction en 35 ans, malgré cela il est devenu un cinéaste essentiel dont les œuvres ont obtenu de nombreuses récompenses, notamment deux Palmes d’or. Dans ce nouveau film, on retrouve le grand Kusturica dont la verve n’avait pas été aussi inspirée depuis 2004 avec « La vie est un miracle ». A 62 ans, celui qui a su si bien nous plonger au cœur de l’âme des Balkans dans ses films revient aujourd’hui à l’époque de la guerre dans l’ex-Yougoslavie, pour nous conter une histoire d’amour avec sa folie, sa poésie, sa truculence, sa violence aussi. Cette inventivité qui le caractérise se traduit dans les multiples trouvailles dont le film se nourrit, de même que dans la mise en scène, aussi bien dans les séquences tendres, oniriques que dans celles plus furieuses autour de la guerre ou lors de fêtes. Le réalisateur serbe n’a pas son pareil pour évoquer des sujets graves, dramatiques en y mêlant un aspect burlesque, fantaisiste sans que cela n’enlève rien à la puissance de son cinéma. Devant la caméra, pour la première fois il interprète le personnage principal et chose assez rare a fait appel à une star internationale pour jouer à ses côtés, Monica Bellucci. L’actrice italienne s’intègre parfaitement à l’univers et aux personnages hauts en couleur de Kusturica, et trouve ici peut-être son plus beau rôle. Dans un village de montagne en Bosnie-Herzégovine, alors que la guerre fait rage, les habitants continuent de vivre à peu près normalement, même si certains participent aux combats. Parmi les autres, une femme corpulente d’un âge moyen et sa fille vivent dans une maison où se trouve une énorme pendule qui s’arrête régulièrement, et que la jeune femme est chargée de réparer au risque de se faire taillader la main. D’autres, après avoir tué un cochon, versent le sang dans une baignoire posée à l’extérieur où viennent se tremper des oies blanches. Il y a aussi cet homme, le personnage central, qui apporte chaque jour à dos d’âne du lait aux combattants du village, échappant par enchantement aux tirs et aux bombes. En s’inspirant de la réalité qu’il accommode de son imagination débordante, Kusturica nous offre un merveilleux film pétri de sens, de tendresse, d’énergie, où la musique a toujours une place essentielle et participe au bonheur de se replonger dans l’univers de ce grand cinéaste.

 

                                                                                                                 

On the milky road - Un film de et avec Emir Kusturica, avec Monica Bellucci, Sloboda Micalovic, …

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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 06:59
Thriller social renversant

Après un premier long-métrage remarqué et une série, « Les revenants », de très haute qualité, surtout la première saison, Fabrice Gobert revient avec un excellent deuxième film qui baigne une nouvelle fois dans l’étrange mais de manière différente. A 43 ans, ce réalisateur confirme son talent à installer un climat mystérieux qui flirte avec le fantastique, tout en restant dans la réalité ou plutôt une certaine réalité, poussant le spectateur à s’interroger jusqu’au bout sur la véracité de ce qu’il voit. Tout participe à la réussite de cet étonnant thriller paranoïaque, les cadrages, la mise en scène, les décors, les superbes lumières inquiétantes dans lesquelles évoluent les personnages, tous très bien écrits et interprétés. Laurent Lafitte, qui depuis quelques temps prend une nouvelle dimension, est impressionnant de justesse dans les différentes situations auxquelles il est confronté tout au long du film, où il fait preuve d’une étonnante capacité à jouer des émotions contradictoires, les autres comédiens n’étant pas non plus en reste. Au-delà du basculement anxiogène qui laisse circonspect autant le héros que le spectateur et change complètement le cours du film, le cinéaste traite habilement de la violence au travail, du mépris, et de l’incapacité qu’ont certains à se mettre à la place de l’autre. Cela démarre dans une salle de boxe où le poulain d’un homme de pouvoir, dirigeant d’une chaîne de télévision, gagne son combat après avoir été malmené mais ayant su réagir à la suite du regard noir que lui a lancé son patron. Cet homme avenant que l’on pourrait croire sympathique est plutôt glacial avec ses collaborateurs, arrogant, dominateur, se comportant de la même manière odieuse dans sa vie privée. Cette réussite insolente et insupportable se fissure par moments, notamment à cause d’une violente douleur au cœur qui lui revient ponctuellement. Admirablement construit, ce film joue avec l’intelligence et l’imagination du spectateur en l’emmenant dans un fantastique ordinaire à la recherche de la vérité, tout en questionnant subtilement sur notre capacité à changer et à se remettre en cause.

 

 

K.O - Un film de Fabrice Gobert avec Laurent Lafitte, Chiara Mastroianni, Pio Marmaï, Clotilde Hesme, Zita Hanrot, …

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17 mai 2017 3 17 /05 /mai /2017 07:04
Beau, émouvant et foisonnant

Enfin récompensé du César du meilleur réalisateur l’an dernier, avec « Trois souvenirs de ma jeunesse », chroniqué dans ces colonnes, Arnaud Desplechin va de nouveau illuminer les écrans de son talent. Il revient une nouvelle fois au festival de Cannes, quasiment tous ses films y sont venus, cette fois pour en faire l’ouverture. A 56 ans, il est assurément l’un des tous meilleurs cinéastes français, sa dernière œuvre en est la parfaite démonstration dans l’intelligence de la mise en scène, les mouvements de caméra, les très gros plans si puissants, la direction d’acteurs, la construction tout autant complexe que fluide. Il nous emmène dans plusieurs histoires, utilise des retours en arrière, où on le suit aveuglément sans ne jamais perdre le fil et en prenant un immense plaisir à suivre ses personnages, dont certains se ressemblent, se dédoublent. Mathieu Amalric, pour la septième fois sous la direction du réalisateur, son alter ego en quelque sorte, joue merveilleusement un cinéaste tantôt chamboulé, tantôt frénétique, et les deux comédiennes qui l’entourent, Marion Cotillard et Charlotte Gainsbourg, sont aussi belles qu’émouvantes. Un homme arrive au ministère des affaires étrangères à Paris où il travaille. Avec des collègues ils évoquent le mystère qui entoure un diplomate dont ils ont perdu la trace. Ils se remémorent son entretien d’embauche au ministère, où l’on découvre un homme quelque peu lunaire. Puis, on se rend compte que tout cela sort de l’imagination d’un cinéaste en train d’écrire le scénario de son prochain film. Volontairement insomniaque pour échapper aux cauchemars qu’il fait immanquablement chaque nuit s’il essaie de dormir, il reçoit à 3h du matin un appel de son beau-père, secoué après avoir rêvé de sa fille disparue du jour au lendemain 21 ans plus tôt sans laisser aucune trace. On retrouve, comme souvent chez Arnaud Desplechin, une savoureuse dualité narrative qui donne à ce très beau film un relief composé de différentes strates toutes aussi passionnantes, mêlant habilement les genres en nous laissant admiratif devant ce formidable raconteur d’histoires.

 

 

Les fantômes d’Ismaël - Un film d’Arnaud Desplechin avec Mathieu Amalric, Charlotte Gainsbourg, Marion Cotillard, …

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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 07:47
Être une jeune femme dans le monde arabe

Depuis quelques temps on assiste avec bonheur à l’émergence de réalisatrices arabes qui prennent la parole, ou plutôt leur caméra, afin de témoigner ou dénoncer la situation des femmes dans leur pays. Pour son premier long-métrage, cette cinéaste palestinienne de 35 ans vient d’être visée par une fatwa la menaçant de mort tant son film dérange les fondamentalistes. Son propos ne cible pas la tension entre israéliens et palestiniens, comme beaucoup l’ont déjà fait, mais s’intéresse plutôt aux jeunes femmes arabes israéliennes vivant à Tel-Aviv, ville très libérale. Si deux de ses héroïnes sont très émancipées, elles se heurtent au carcan familial et religieux, ou au conservatisme et aux tabous d’une société dans laquelle les hommes sont toujours aussi rétrogrades, y compris ceux qui se disent plus ouverts. La cinéaste aborde frontalement l’homosexualité, la drogue, l’alcool, son film déborde d’énergie, à l’image de cette génération de femmes qui veut profiter des printemps arabes pour se libérer et faire évoluer les mentalités, mais sa caméra sait aussi capter avec finesse l’émotion sur le visage de ces jeunes comédiennes. Le film s’ouvre sur une vielle femme qui prodigue ses conseils à sa petite fille, en passe de se marier, pour rendre son homme heureux. Puis on fait la connaissance d’un groupe de jeunes arabes israéliens vivant à Tel-Aviv, dont la future mariée faisait partie, qui se retrouvent comme chaque soir pour faire la fête au son d’une musique techno arabisante en buvant et fumant allègrement. Deux jeunes femmes de ce groupe, l’une avocate l’autre travaillant dans un restaurant, partagent en colocation un appartement où vivait aussi la future mariée. Celle-ci cède sa place à sa cousine, qui n’est pas du tout dans la même logique de comportement, étant voilée, pieuse, ne consommant aucune substance et se consacrant à ses études. Si l’engagement et la sincérité de la cinéaste nous touchent profondément dans ce très beau film, c’est à la fois par sa mise en scène, l’interprétation et la direction des comédiens, et le combat mené par toutes ces femmes pour simplement exister comme elles le souhaitent.

 

Je danserai si je veux - Un film de Maysaloun Hamoud avec Mouna Hawa, Sana Jammalieh, Shaden Kanboura, …

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15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 08:36
Fresque romanesque de haute volée

Seulement 6 films en 22 ans de carrière, James Gray aime prendre le temps nécessaire pour mener à bien ses projets. On peut d'un côté le regretter, mais vu le bonheur que le cinéaste nous procure chaque fois, il est impossible de lui en vouloir. Pour le moment, savourons son dernier chef-d'œuvre, nouveau drame historique après "The immigrant", dont le tournage épique dans la jungle colombienne n'est pas sans rappeler celui d'Apocalypse now ou certains films de Werner Herzog. Le réalisateur américain de près de 48 ans nous conduit dans les pas d'un grand explorateur au début du XXème siècle, dont la soif de découverte doublée d'une grande noblesse de l'exercice avec un respect des tribus rencontrées, contrairement à d'autres, ont un pouvoir fascinant et nous laisse admiratif devant un tel parcours et un tel courage. Tourné en 35 mm, autrement dit avec de la pellicule et non en numérique, le film regorge de magnifiques images dont les couleurs, les lumières et les cadrages confèrent à cette œuvre d'un somptueux classicisme une vérité et une puissance évocatrice. Ce projet ambitieux ne se contente pas de soigner sa forme, James Gray explore comme il en a le secret les liens familiaux à travers l'ascendance honteuse du héros, l'amour indestructible avec sa femme et la relation complexe avec son fils ainé. Le film s'ouvre en 1906 sur une grande partie de chasse au cerf en Irlande où l'on découvre un jeune officier de l'armée britannique, malin et adroit qui débusque et abat l'animal avant les autres. Malgré sa prouesse, il ne reçoit pas les honneurs de la haute société britannique lors de la réception qui suit, la faute à un père alcoolique et joueur qui a déshonoré son nom. La société royale de géographie lui propose alors une mission tout à fait inattendue, qui lui permettrait de laver ce nom. Superbe film d'aventures qui n'oublie pas l'intime, le nouveau James Gray, en plus de nous passionner et nous éblouir par sa maîtrise, est une œuvre humaniste dans laquelle le héros soutient que nous sommes tous fait du même bois malgré nos différences apparentes, et malgré les tristes sires qui se croient supérieurs. Plus d'un siècle après, cela n'a malheureusement pas changé.

 

 

The lost city of Z - Un film de James Gray avec Charlie Hunnam, Sienna Miller, Robert Pattinson, ...

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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 08:48
Une jeune femme face au poids des traditions

Dès les premières images de ce film très puissant, on est littéralement envoûté par la présence, le regard et le jeu de Lina El Arabi, la jeune comédienne française qui tient le rôle principal. Avec un mélange de fraîcheur, de fragilité et de force, elle crève l'écran au fil des événements que son personnage doit affronter. Découverte il y a un dans un excellent téléfilm sur la radicalisation, "Ne m'abandonne pas", elle confirme être l'une des plus belles révélations de ces dernières années. Ce troisième film d'un réalisateur belge de 52 ans, qui a été journaliste, est un moment de cinéma bouleversant qui met un coup de projecteur sur la difficulté à s'épanouir pour les jeunes issus de culture mixte. Le cinéaste réussit à la fois tant sur le fond, avec une œuvre marquante sur le respect des traditions venues d'ailleurs au sein d'une société occidentale, que sur la forme en ne négligeant pas l'aspect artistique de son film. Cela se ressent à la fois dans sa manière délicate de traiter le sujet en étant irréprochable sur la réalité de la culture pakistanaise, mais aussi dans sa mise en scène sobre, juste et poignante, et dans la très belle lumière qui éclaire cette histoire. Le film démarre par un plan fixe sur une jeune fille de 18 ans belgo-pakistanaise qui interroge une gynécologue, dont on entend les réponses sans la voir, sur les modalités d'un avortement. Son visage reflète merveilleusement l'anxiété et l'indécision qu'engendre cet acte voulu par sa famille pour sauver l'honneur. Il y a de l'amour entre les différents membres de cette famille, mais qu'adviendra-t-il si les parents exigent un mariage forcé dans les pures traditions pakistanaises pour leur fille cadette ? Un réalisateur et des acteurs peu connus, excepté Olivier Gourmet, un sujet difficile, et pourtant il est fort à parier que ce film va faire parler de lui et que le bouche à oreille va générer un de ces miracles que le cinéma nous offre encore, loin des grosses productions commerciales dont nous sommes envahis.

 

 

Noces - Un film de Stephan Streker avec Lina El Arabi, Sébastien Houbani, Babak Karimi, ...

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17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 08:17
Fascinant lien entre spiritisme et cinéma

Après un second film que l’on avait beaucoup aimé, « Grand central », Rebecca Zlotowski confirme avec « Planetarium » tout le bien que l’on avait entrevu. Cette jeune cinéaste française de 36 ans brille par sa direction d’acteurs, sa mise en scène d’une belle fluidité, ses cadrages qui captent l’essence des visages, sa grande culture cinématographique sous-jacente, et la beauté esthétique des images tournées avec une nouvelle caméra numérique révolutionnaire très peu utilisée jusqu’à présent. Pour l’écriture du scénario, elle a travaillé en binôme avec le créateur de la série « Les revenants ». Le résultat est remarquable d’équilibre entre les différentes trames qui composent l’histoire et l’environnement de ce film : le mystère du spiritisme, la puissance d’illusion du cinéma, la société parisienne des années 1930 puis la montée nauséabonde des extrémismes. A la fois rationnel, poétique et politique, Planetarium envoûte par ses zones d’ombres et de lumières au sens propre comme au figuré. Cocteau disait : « Le cinéma filme la mort au travail », autrement dit en regardant un film, on voit quelque chose qui n’est déjà plus là. Rebecca Zlotowski revisite cette idée en y apportant toute sa modernité de cinéaste, à travers la quête d’un de ses personnages qui cherche à capter l’existence des fantômes. A l’image d’une lumineuse Natalie Portman et d’un émouvant Emmanuel Salinger, tous deux très investis dans leur rôle, les comédiens de ce film magnétique sont irréprochables. Cela démarre en 1943 à Paris, où deux femmes se croisent par hasard après s’être perdues de vue depuis plusieurs années. Très vite, l’action se déplace au cœur des années 1930 où l’on retrouve l’une d’elles, qui est américaine, en compagnie de sa jeune sœur médium au pouvoir assez impressionnant, se produisant sur la scène d’un cabaret parisien chic. Elles y font la connaissance d’un riche producteur de cinéma. Tous les ingrédients sont réunis pour plonger sans retenue dans ce film à la fois romanesque, historique, mystérieux et se laisser emporter par la magie du cinéma.

                                                                                                                      

Planetarium – Un film de Rebecca Zlotowski avec Natalie Portman, Lily-Rose Depp, Emmanuel Salinger, Amira Casar, …

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26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 07:03
Les ravages d’une société ultra libérale

A 80 ans, le lion rugit toujours aussi fort et son dernier film a bouleversé le festival de Cannes au point de remporter la Palme d’or. Ken Loach rejoint ainsi le cercle très fermé des cinéastes ayant reçu deux palmes. Eternel révolté devant l’injustice et les dysfonctionnements de nos sociétés, le réalisateur anglais a mieux que quiconque tout au long de sa carrière donné la parole à ceux qui souffrent, aux démunis, aux laissés-pour-compte que l’on n’entend quasiment jamais, en leur rendant leur dignité. Comme dans beaucoup de ses films, il parvient à nous passionner pour des histoires ordinaires grâce à une justesse de ton remarquable qui se ressent dans sa mise  en scène, ses cadrages, ses dialogues. Mais aussi dans un scénario très bien construit, une étonnante capacité à trouver des inconnus pour incarner ses personnages et les diriger de manière à les rendre plus vrais que nature, enfin une sincérité et un courage sans concessions assez uniques dans le monde du cinéma. Dans ce film où il dénonce la cruauté d’une administration anglaise semi-privatisée, qui se comporte de manière cynique pour accorder ou refuser une aide sociale à des personnes dans la détresse, il met en avant, par opposition, une histoire de solidarité et fraternité qui humanise un peu cette société devenue folle. Un menuisier de 59 ans, veuf, qui a été victime d’une crise cardiaque, doit faire appel pour la première fois de sa vie à l’aide sociale, afin d’obtenir une pension d’invalidité en attendant de pouvoir reprendre son travail, ce que son médecin lui interdit jusqu’à nouvel ordre. Malgré cela et après un interrogatoire ubuesque, la société mandatée par l’administration le juge apte à travailler et refuse de lui verser l’indemnité à laquelle il a pourtant droit. Il se voit donc obligé de s’inscrire au chômage, où commence pour lui un vrai calvaire. Un jour en attendant son tour à Pôle emploi, outré par le comportement de la conseillère et du responsable de l’agence à l’encontre d’une jeune femme avec deux enfants, il prend sa défense devant tout le monde. Ce film indispensable, qui met en lumière la brutalité de notre époque est tout à la fois révoltant, touchant mais malgré le constat douloureux, laisse entrevoir quelques notes d’espoir pour une société plus fraternelle.                                                                                                                      

 

Moi, Daniel Blake – Un film de Ken Loach avec Dave Johns, Hayley Squires, …

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7 septembre 2016 3 07 /09 /septembre /2016 06:58
Un mélodrame puissant et d’une émouvante beauté

Depuis une quinzaine d’années, il est devenu l’un des cinéastes français à la fois les plus prolifiques et surtout dont on attend le nouveau film avec une réelle impatience. A 48 ans, François Ozon nous éblouit une nouvelle fois par sa maîtrise technique, artistique, par sa direction d’acteurs, son remarquable sens du récit, sa capacité à installer un mystère et nous tenir en haleine jusqu’au dénouement. Aussi à l’aise dans le drame que dans la comédie, chose assez rare pour le souligner, son univers n’a pas de limites et on ne sait jamais à l’avance dans quelle direction il va nous embarquer. Dans un noir et blanc somptueux qui magnifie les décors, les paysages mais aussi les visages, le cinéaste filme magistralement l’Allemagne meurtrie au lendemain de la Grande guerre et le traumatisme qu’elle a laissé des deux côtés. Sa caméra suit avec une infinie délicatesse les personnages de son histoire dans un très beau classicisme, qui peu à peu nous emmène vers une forme de transgression. Il aborde finement la question délicate du pardon, de la culpabilité et place au cœur de son film le mensonge, en démontrant qu’il peut parfois s’avérer réparateur. La jeune actrice allemande Paula Beer illumine l’écran de sa grâce, sa beauté, sa sensibilité, sa justesse, Pierre Niney confirme qu’il n’est jamais aussi bon que dans le drame et les comédiens allemands sont parfaits chacun dans son registre. Nous sommes en 1919 dans une petite ville allemande, où une jeune femme se rend quotidiennement sur la tombe de son fiancé mort pendant la guerre. Un jour elle y découvre des fleurs déposées par un jeune français qui vient également tous les jours se recueillir avec émotion sur la tombe. Au fil de la trame, nous découvrons qui est ce jeune homme et ce qu’il est venu faire en Allemagne. Dès les premières images, cette histoire nous intrigue, puis très vite nous passionne pour nous laisser un souvenir cinématographique impérissable.

                                                                                                                      

Frantz – Un film de François Ozon avec Paula Beer, Pierre Niney, Ernst Stötzner, Marie Gruber, …

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8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 06:32
Une douce mélancolie

Consécration pour ce réalisateur catalan de 49 ans qui avec son 7ème film a remporté en février dernier les 5 Goya les plus importants du cinéma espagnol, l’équivalent de nos Césars. Ce succès mérité est à la fois dû à l’excellente interprétation des comédiens principaux, et à l’audace du cinéaste d’avoir abordé le thème si sensible et tabou de la mort avec un mélange très réussi de légèreté et d’émotion. Le charisme et le talent du grand acteur argentin Ricardo Darin, ajoutés à la justesse et la sobriété de Javier Camara, un habitué de l’univers d’Almodovar, donnent à Truman et à l’amitié que ce film raconte une profondeur et une force remarquables. Aussi différents que complémentaires, les deux comédiens tous deux lauréats d’un Goya pour leur performance jouent une partition millimétrée, sans l’emphase qui aurait pu faire basculer le film dans un drame pesant. En prenant à bras le corps les thèmes de la maladie et de la mort, le réalisateur les affronte sans éviter des situations habituellement embarrassantes qu’il traite ici avec tendresse, humour et intelligence. Un homme s’apprête à quitter son foyer au petit matin pour partir en voyage, il entrouvre la porte de la chambre de ses enfants qui sont endormis puis va embrasser sa femme qui lui prodigue des recommandations. Tomas, qui vit au Canada, prend l’avion pour rendre visite à Julian à Madrid, son meilleur ami qu’il n’a pas vu depuis quelques années. Il s’installe dans un hôtel près de l’appartement de Julian, pour passer quatre jours avec lui et tenter de le convaincre de reprendre le traitement contre le cancer que Julian a interrompu définitivement. Présenté comme cela, ce film sent la larme facile et un climat mélodramatique qui pourraient donner envie de fuir, et pourtant on ressent le contraire tout au long de cette très belle histoire qui avance certes sur le fil du rasoir mais sans jamais aucune faute de goût. Loin d’avoir un ton moralisateur, le cinéaste parvient tout à la fois à nous faire rire, à nous émouvoir sans pathos mais aussi à nous faire réfléchir simplement et avec une belle humanité sur nos comportements devant l’inéluctable.

 

Truman – Un film de Cesc Gay avec Ricardo Darin, Javier Camara, Dolores Fonzi, …

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