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Le daim

Publié le par Michel Monsay

Le daim

Ce cinéaste est vraiment fou, ou pour le moins il a un sacré grain ! De film en film, Quentin Dupieux nous emmène dans un univers absurde qui réjouit ou agace mais en tout cas ne laisse pas indifférent. Une fois encore, il va en décontenancer plus d'un avec cette histoire improbable d'un homme perdant pied et nous entraînant dans un délire autour d'un blouson en daim qui redonne un sens à sa vie. La rencontre avec la serveuse du bar de l'hôtel où il a atterri au milieu de nulle part, personnage ambivalent passionné de montage de film, va conduire cet homme à s’improviser une nouvelle vie qui va le pousser un peu plus vers la folie. Entre comédie et film anxiogène, ce nouvel ovni est remarquablement porté par ses deux acteurs principaux, Jean Dujardin et Adèle Haenel, qui se glissent à merveille dans leur personnage trouble à la limite de la démence dans un jeu où l'on ne sait plus qui manipule l'autre. Ce film aux couleurs ternes et aux objets d'une autre époque est une expérience cinématographique étonnante.

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Parasite

Publié le par Michel Monsay

Parasite

Première Palme d'or coréenne, "Parasite" mérite amplement cet honneur, ce film étant un chef-d’œuvre tant sur la forme constamment inventive que sur le fond d'une lucidité glaçante. A 49 ans, Bong Joon-Ho nous a déjà montré son aisance à passer d'un genre à l'autre, du drame de "Mother", au film d'horreur, "The host", en passant par le polar , "Memories of murder", ou le film de science-fiction", "Snowpiercer, le transperceneige", avec chaque fois une pointe d'humour souvent acide qui affleure, et un incroyable talent à mélanger les genres et à amener des ruptures de tons brutales, comme ici dans "Parasite". Après deux superproductions internationales, il revient dans son pays, à Séoul plus précisément, avec un film plus intimiste et nous propose un condensé de son génie dans une tragicomédie cruelle sur fond d'inégalités sociales. Sa veine sarcastique pour dénoncer un monde capitaliste de plus en plus impitoyable fait merveille et parvient autant à nous divertir qu'à nous faire réfléchir, mais ce petit bijou est bien plus complexe que cette vertueuse dénonciation et regorge de rebondissements à la manière d'Hitchcock ou de Chabrol. La maîtrise de Bong Joon-Ho est présente dans le cadrage, les travellings, la mise en scène virtuose, la beauté plastique du film où chaque détail a son importance, la narration captivante et imprévisible, et la direction d'acteurs, qui par ailleurs sont tous excellents. Bref, on ressort ébloui par ce joyaux du septième art, merveilleux ambassadeur d'un cinéma coréen passionnant, et plus globalement d'un cinéma asiatique de très haute tenue ces dernières années, avec notamment la Palme d'or 2018 du japonais Hirokazu Kore-eda pour "Une affaire de famille".

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Sibyl

Publié le par Michel Monsay

Sibyl

On avait beaucoup aimé le précédent film de Justine Triet, "Victoria", dont le personnage principal était déjà merveilleusement interprété par Virginie Efira, avocate extravagante et dépressive à la fois. De cette comédie existentielle où un burlesque irrésistible jaillissait ça et là, il en reste des bribes dans "Sibyl", notamment dans la séquence d'ouverture, mais la cinéaste de 40 ans dont c'est le troisième long-métrage nous propose ici une tonalité plus sombre, et cela fonctionne tout autant. Elle obtient de ses comédiens une intensité de jeu, une justesse remarquable quelles que soient les situations, qu'elle capte sans en perdre une miette dans de très beaux plans qui s'enchaînent à l'intérieur d'une narration déstructurée qui nous fascine. Virginie Efira est une nouvelle fois éblouissante de talent et de beauté, du rire aux larmes elle s'empare à bras le corps de ce personnage de psychanalyste, pour en livrer une interprétation toute en nuances qui laisse entrevoir des failles et des tourments refoulés qu'elle contrôlera de moins en moins au fil de l'intrigue. Adèle Exarchopoulos, Laure Calamy, Gaspard Ulliel, Niels Schneider ne sont pas en reste et contribuent pleinement à ce que l'alchimie prenne pour nous embarquer dans cette histoire qui mêle habilement passé et présent pour sonder les âmes. Qu'il est bon de voir un film dont on ne sait pas à l'avance ce qui va se passer, qui nous déstabilise comme le sont les personnages souvent ambivalents de "Sibyl", tout en nous passionnant pour ce troublant théâtre de manipulation qui nous entraîne d'un cabinet de psychanalyste à un tournage à Stromboli avec toujours ce petit grain de folie qui caractérise cette cinéaste si talentueuse.

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Le chant de la forêt

Publié le par Michel Monsay

Le chant de la forêt

Le cinéma a le pouvoir de nous emmener parfois dans des contrées inconnues à la découvertes de peuples qui vivent à un tout autre rythme que le nôtre en perpétuant des traditions et croyances d'un autre temps. C'est le cas de ce très beau film, tourné avec une caméra 16mm dans le Nord du Brésil auprès des indiens Krahô, qui relève autant d'une fable que d'un documentaire anthropologique. Ce monde en voie de disparition, dont les tribus sont menacées par une déforestation massive et une agriculture intensive qui ravage notamment la savane du Cerrado où vivent les indiens Krahô, va malheureusement disparaître encore plus vite avec l'élection de Bolsonaro. Coréalisée par un portugais et une brésilienne qui se sont immergés dans le village durant neuf mois, cette fiction d'une grande poésie se coule au rythme de la vie des indiens, même si un moment l'un d'eux part à la ville pour tenter d'échapper à son destin de chaman, mais le décalage avec ce monde urbain est pour le moins brutal. En plus de nous envoûter, ce film, qui est un magnifique hommage à tous ces peuples qui essaient de survivre dans ce monde fou, nous invite à observer et apprendre de ces indiens pour revenir à une vie bien plus en harmonie et en respect avec la nature.

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Douleur et gloire

Publié le par Michel Monsay

Douleur et gloire

Le Festival de Cannes va-t-il enfin attribuer sa Palme d'or à Pedro Almodovar ? On se demande encore comment "Tout sur ma mère" "Volver" ou "Julieta" ne l'ont pas obtenue ! Pour sa sixième participation en compétition officielle, le génial cinéaste espagnol de 69 ans pourrait bien cette fois-ci décrocher la mise tant son nouveau film est une totale réussite. Sans complaisance ni narcissisme, Almodovar se raconte dans un subtil mélange d'autobiographie et de fiction, à travers une narration fragmentée entre l'enfance et le présent qu'il organise à merveille. Le moins que l'on puisse dire est qu'il ne s'épargne pas, cinéaste en panne d'inspiration et de désir, le personnage qu'interprète magistralement Antonio Banderas est en plus diminué par de nombreuses souffrances physiques, et il essuie même les terribles reproches que lui fait sa mère quelques jours avant sa mort. Malgré ce tableau assez noir où l'on ne sait pas exactement la part de réalité et celle de fiction, mis à part les vêtements et l'appartement qui sont identiques, le film est bouleversant, drôle et d'une beauté présente à la fois dans les cadrages, Almodovar filme magnifiquement les visages, mais aussi dans les décors et les moindres objets. Le talent du cinéaste s'apprécie aussi dans sa direction d'acteurs, comme toujours impressionnante, et dans sa capacité à provoquer une émotion pure, belle, simple comme peu d'autres savent le faire. Du petit garçon qui interprète le cinéaste enfant jusqu'à sa mère mourante, tous les comédiens donnent remarquablement corps à cette histoire, celle d'un artiste à la recherche d'un second souffle qui va puiser dans son passé les mystères de l'inspiration et du désir. Littéralement envoûtant.

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L'adieu à la nuit

Publié le par Michel Monsay

L'adieu à la nuit

Pour son 25ème long-métrage, dont le huitième avec Catherine Deneuve, l'excellent André Téchiné, à qui l'on doit tant de beaux films, aborde un sujet brûlant et très délicat, la radicalisation religieuse, avec la finesse de vue qui le caractérise et son talent à filmer les élans de la jeunesse, même lorsqu'ils sont totalement irrationnels. Sans ne jamais juger ses personnages ni vouloir expliquer leur choix, le cinéaste, qui s'est abondamment documenté sur le djihadisme pour être le plus juste possible dans les gestes, les paroles et les comportements, confronte la détermination de ses jeunes français pas spécialement défavorisés à partir faire la guerre en Syrie dans les rangs de Daech, à l'incompréhension et le désarroi d'une femme à poigne, patronne d'un centre équestre, qui se trouve être la grand-mère du personnage central. Du jeu irréprochable des comédiens à la mise en scène, en passant par les mouvements de caméra, notamment à cheval dans la nature, tout contribue à nous passionner pour cette histoire tout en nous irritant au plus haut point devant l'aveuglement de ces jeunes. Sans manichéisme, le film observe avec lucidité les tourments d'une époque, où des garçons et des filles à peine sortis de l'adolescence se laissent embrigader sur Internet, faute d'idéal ou par rejet de cette société matérialiste, et le cinéaste retranscrit admirablement autant la sincérité de leur motivation que les contradictions qui les traversent. Troublant.

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Gloria Bell

Publié le par Michel Monsay

Gloria Bell

Oscar du meilleur film étranger avec "Une femme fantastique" en 2018, le cinéaste chilien Sebastian Lelio, à qui l'on doit aussi l'excellent "Désobéissance", propose ici un auto-remake du "Gloria" qu'il avait réalisé dans son pays il y a 5 ans et qu'il transpose merveilleusement aujourd'hui à Los Angeles. Peu de réalisateurs dans le cinéma actuel filment aussi bien les femmes que Sebastian Lelio, il suffit pour s'en convaincre d'aller voir "Gloria Bell" où chaque plan frémit de la sensualité touchante de cette cinquantenaire décomplexée, qui aime rire et danser, pour oublier la solitude et le désarroi de sa vie. Julianne Moore est juste parfaite dans ce rôle, où elle assume triomphalement son âge. Beaucoup de femmes qui ont eu recours à la chirurgie pour rester jeunes doivent rire jaune en la voyant resplendir de la sorte. Au-delà de sa beauté natuirelle, elle nous éblouit une fois de plus par son talent d'actrice où la subtilité de son jeu laisse apparaître les fêlures derrière le masque de cette femme qui veut être respectée, aimée et jouir de la vie.

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El reino

Publié le par Michel Monsay

El reino

Cinéaste espagnol de 37 ans, Rodrigo Sorogoyen, nous avait déjà épaté avec son précédent film, "Que Dios nos perdone", mais avec celui-ci il frappe encore plus fort et remporte 7 Goya, l'équivalent espagnol des Césars. Que ce soit caméra à l'épaule en suivant au plus près le personnage principal, sur des gros plans, des travellings ou en jouant avec des flous, le talent du réalisateur impressionne par sa maîtrise et nous happe littéralement pour nous plonger au cœur de ce thriller suffocant. La musique électro très rythmée renforce la tension présente du premier au dernier plan. Autre grande force de ce film, un scénario très efficace qui dénonce la corruption politique vue de l'intérieur, en suivant un petit baron aveuglé par un sentiment d'impunité et un orgueil viscéral, et montre au passage la férocité et la misère morale de ce monde vidé de son sens originel. Le réalisateur nous confronte à une situation ambivalente, en nous faisant presque éprouver de la sympathie pour ce personnage tout en n'épargnant aucun détail de ses agissements véreux. Il faut dire que le comédien qui l'incarne, Antonio de la Torre, est stupéfiant de précision et de sobriété derrière une détermination à toute épreuve. A 51 ans, il règne aujourd'hui sur le cinéma espagnol et chaque nouveau rôle ne fait que confirmer son statut. Les autres acteurs qui l'entourent ici participent à la justesse de cette descente aux enfers montée dans un crescendo qui nous laisse sans voix après la dernière image. Par ce film éblouissant, le cinéaste interroge le fonctionnement de nos sociétés qui permet, voire favorise ce genre de comportements, et signe un grand moment de cinéma tant pour ses qualités techniques qu'émotionnelles, qui font de Rodrigo Sorogoyen plus que jamais un cinéaste à suivre de très près.

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Les oiseaux de passage

Publié le par Michel Monsay

Les oiseaux de passage

Toujours à l'affût de films venus du monde entier, notamment de pays n'ayant pas une grande culture cinématographique mais dont peuvent surgir à tout moment des pépites d'une beauté et d'une puissance rares, la découverte de ce film colombien en est le parfait exemple et procure des émotions inhabituelles et intenses. Pour son quatrième long-métrage, co-réalisé avec sa femme, Ciro Guerra cinéaste de 38 ans qui s'était fait remarquer fin 2015 avec "L'étreinte du serpent", confirme à la fois son talent mais aussi qu'il est devenu un réalisateur important sur le plan international. Pour preuve, il est en train de finir son premier film américain, adapté d'un roman du Prix Nobel J.M. Coetzee, avec Johnny Depp, Mark Rylance et Robert Pattinson, et on vient de lui proposer la présidence du jury de la Semaine de la critique au festival de Cannes 2019.  A la fois tragédie grecque en 5 chants, film de gangster, western et récit ethnographique, "Les oiseaux de passage" nous plonge en 1968 à la naissance des cartels de la drogue et les ravages que cela va progressivement occasionner chez le peuple amérindien Wayuu, dont les croyances, les rites et la culture sont encore très présents à l'époque. Plus globalement, c'est aussi l'histoire récente de la Colombie qui va être bouleversée par ce qui s'est passée au cours des années 1970 dans cette région aride et sauvage. Tourné avec des acteurs professionnels et des personnes originaires de ce territoire qui apportent une force incomparable à la narration, ce film truffé de très beaux plans est un grand moment de cinéma qui se vit comme une passionnante aventure et nous transporte à l'autre bout du monde auprès d'une population où les femmes ont bien plus leur mot à dire que l'on ne pourrait le croire.

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Mon inconnue

Publié le par Michel Monsay

Mon inconnue

Pour son troisième film, le petit-fils de Daniel Gélin réussit une comédie romantique digne des meilleures du genre, à la fois très drôle et attachante, voire émouvante, sans cynisme ni vulgarité, dans laquelle il injecte une petite dose de fantastique assez réaliste, à la manière du film "Un jour sans fin". Il interroge aussi sur l'équilibre d'un couple, la magie des premiers temps qui s’essouffle, les sacrifices de l'un ou de l'autre, et les choix qui transforment le cours d'une existence. Un scénario à plusieurs tiroirs très efficace, des dialogues bien sentis, parfois hilarants, une esthétique et une image souvent très belles, des comédiens irrésistibles dans tous les sens du terme, sont quelques uns des ingrédients qui nous font plonger sans retenue dans cette histoire si enthousiasmante. Les trois acteurs principaux démontrent s'il en était besoin tout leur potentiel et à l'image de François Civil, parfait jeune premier au jeu très instinctif qui n'arrête plus de tourner, ils sont sauf catastrophe promis à un avenir radieux. Joséphine Japy illumine le film de sa beauté, sa délicatesse et sa fraîcheur, quant à Benjamin Lavernhe, sociétaire de la Comédie française, il possède une puissance comique rare et virtuose, qui devrait inspirer d'autres cinéastes pour relever le niveau des comédies en France. Le sens du rythme est un atout majeur de ce film qui nous fait passer, à l'image de son personnage central, par toutes sortes d'émotions. Que ce soit dans le jeu des comédiens, les répliques, le dosage entre les différents genres abordés, le montage, ce sens du rythme apparaît dès le générique, puis nous transporte d'une séquence à l'autre avec délice dans ce jeu de l'amour et du hasard, mais aussi de l'amitié, et nous laisse à la fin sur un petit nuage avec le sourire aux lèvres.

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