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Enthousiasmant spectacle de théâtre musical

Publié le par Michel Monsay

Enthousiasmant spectacle de théâtre musical

Le récit, de la vie rocambolesque de François Courdot, compositeur français qui rêve de faire carrière en Amérique, est le fil conducteur de cette pièce de théâtre musical épatante. Portées sur scène par les comédiennes et chanteuses Cloé Horry et Marion Rybaka, accompagnées du pianiste Raphaël Bancou, ses folles aventures nous feront traverser, outre l’Atlantique, l’histoire de l’opérette et de la comédie musicale au XXe siècle avec humour et talent. En effet Contre-temps mêle les musiques entre autres de Leonard Bernstein, Duke Ellington ou Cole Porter à celles d’Offenbach, Purcell ou Courdot, bien sûr. Les interprètes naviguent d’un style à l’autre avec une aisance bluffante. C’est le festival du larynx, un véritable défi vocal. Tous les arrangements ont été inventés par Raphaël Bancou, musicien virtuose qui s’éclate sur scène à jouer des morceaux pleins de vie et de style. Grâce en plus à une écriture et une mise en scène habiles, qui réserve bien des surprises, le spectacle fait tout cela à la fois : Il amuse, émeut, provoque l’admiration, pique la curiosité, et se termine sur un coup de théâtre fracassant.

A voir à l'Artistic théatre

Publié dans Théâtre

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Joyeuse farce à l’italienne caustiquement misogyne

Publié le par Michel Monsay

Joyeuse farce à l’italienne caustiquement misogyne

La célèbre pièce de Shakespeare, immortalisée à l’écran en 1967 par le duel entre Elisabeth Taylor et Richard Burton, traverse la question des relations de domination entre les sexes. Frédérique Lazarini en propose une adaptation resserrée qui orchestre à merveille le déploiement et les tumultes du sentiment amoureux et de la guerre des sexes, mais aussi la question du rôle, du jeu, du masque social. Le spectacle reprend un procédé cher au grand Shakespeare, une mise en abyme alerte qui mêle divers outils de jeu et diverses époques, jusqu’à l’atmosphère des merveilleuses comédies italiennes si pleines de tendresse, de férocité, de drôlerie, mettant en lumière les fanfarons et souvent les petites gens. Frédérique Lazarini a en effet métamorphosé la tourbillonnante comédie shakespearienne (1594) en une de ces farces caustiques et tendres qu’affectionnait le cinéma italien des années 1950-1960. Shakespeare d'ailleurs aimait fort l’Italie, on le voit à ses nombreuses pièces qui s'y déroulaient. En homme de la Renaissance, il narguait tout type de frontières. Et sans doute appréciait-il la liberté et l’audace de narration de la commedia dell’arte qui y surgirent au début du XVIe siècle. Nous sommes ici sur la place d’un village accueillant un cinéma ambulant, avec l’écran en fond de scène. Les gradins du théâtre prolongent les bancs installés sur le plateau, tandis qu’entre la scène et l’écran s’articule une relation finement équilibrée, depuis des intermèdes savoureux jusqu’au dialogue entre personnages, l’un filmé à l’écran et l’autre joué sur le plateau. Inscrits dans cet ancrage italien joyeux et exubérant, les comédiens interprètent avec assurance et précision la partition. Frédérique Lazarini a retiré la sous-intrigue façon jeu de l’amour et du hasard qui vient se superposer à l’intrigue principale dans le texte original. Elle a permuté l’épilogue en le remplaçant par un manifeste féministe extrait d’Une chambre à soi de Virginia Woolf. Elle a ajouté des chansons en italien, des chorégraphies clownesques et quelques accessoires délicieusement anachroniques, bref elle réinvente Shakespeare avec talent pour notre plus grand bonheur.

La mégère apprivoisée est à voir à l'Artistic théâtre

Publié dans Théâtre

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Un humour savoureux contre le ridicule des conformismes sociaux

Publié le par Michel Monsay

Un humour savoureux contre le ridicule des conformismes sociaux

En s’inspirant d’un manuel intitulé Les Règles du savoir-vivre dans la société moderne publié par la baronne Staffe à la fin du XIXe siècle, Jean-Luc Lagarce sème de doute, depuis la fin du XXe siècle où il écrit : cherche-t-il à réaliser une simple étude sociologique des us et coutumes d’une époque révolue ou plutôt à révéler, pour mieux s'en moquer, leurs potentielles ramifications dans la nôtre ? Connaissant son goût pour l’ironie mordante, il est aisé de pencher, et c’est heureux, pour la seconde option. Pour ce faire, la réécriture opérée par le dramaturge dédouble les personnalités autant que les voix. Déroule, d’un côté, celle de la baronne Staffe. Avec l’assurance de ceux qui lisent les écrits gravés dans le marbre, elle transmet tous les préceptes qui, de la naissance à la mort, doivent guider l’existence et l’attitude des personnes, qu’on imagine, de bonne famille. A l’en croire, tout, du parrainage aux fiançailles, du contrat de mariage aux noces d’argent, des noces d’or au deuil, est réglé comme du papier à musique. A chaque événement, correspond un cérémonial écrit à l’avance, dicté par des « on » et des « il faut », qui, malgré leur origine indéterminée, pèsent très lourd dans la balance, tels d’immuables commandements. Et puis, il y a cette voix commentatrice et perturbatrice, celle de Jean-Luc Lagarce, qui de temps à autre, s’immisce dans l’impeccable déroulé pour mieux le railler. Sous son regard aiguisé, ces « règles du savoir-vivre », gentiment désuètes et surannées, sont cruellement tournées en ridicule, réduites aux fondations d’un carcan de classe excluant, dont il faudrait une bonne fois pour toutes se libérer pour, enfin et réellement, basculer dans une société moderne. Cette dissociation, une légende théâtrale, Catherine Hiegel, l’incarne à elle seule avec une aisance et un plaisir non dissimulé. Comme taillé sur-mesure, le rôle lui permet, tout à la fois, de jouer la bonne sœur, prêtresse du savoir-vivre, rigide et sévère, le nez dans ses manuels, mais aussi d’user de ce je-ne-sais-quoi un peu narquois, voire franchement cynique, avec l’esprit malin et affûté qu’on lui connait. Sourire en coin, yeux au ciel, attitude blasée, elle édicte les préceptes de la bonne société autant qu’elle les démolit, et se nourrit de la plume acerbe de Jean-Luc Lagarce pour fomenter des saillies aiguisées qui font le sel de son écriture : la précision, l’ironie et l’humour pince-sans-rire. Le résultat sur scène est étincelant, drôle et délicieusement vachard.

A voir au Théâtre du Petit Saint-Martin

Publié dans Théâtre

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Quand une mère s'émancipe et sort des codes de la bien-pensance

Publié le par Michel Monsay

Quand une mère s'émancipe et sort des codes de la bien-pensance

Dans un seule en scène, à la fois intime et très vivant, une femme, qui n’a plus l’âge de devenir mère, se retourne sur son passé. Son mari qu’elle aimait tant, n’est plus, et ses enfants se sont échappés, situation sans doute normale, mais toujours douloureuse. Anny  Duperey, solaire, touchante, pleine de grâce et d'humanité, se livre à une correspondance très personnelle sans fards ni tabou, parfois impudique. Elle écrit à ses enfants qu’elle voit de moins en moins. Elle tente de repousser les limites de l’âge, du naufrage inexorable de la vieillesse qui s’annonce.  « Mes chers enfants », c’est par ces mots que débute chacune de ses lettres qu’elle lit sur scène, mais qui n’attendent pas de réponses. La mise en scène évite intelligemment l'aspect routinier de cet exercice, notamment avec des belles images vidéos qui complètent avec à propos les lettres que la comédienne distille en jouant sur toutes les émotions avec sensibilité. Un charme fou, un très beau texte de Jean Marbœuf, c’est d'ailleurs touchant d’entendre les mots d’un homme sachant si bien parler de la femme, de la féminité, et de ses interrogations sur la vie qui passe, un parfum de nostalgie, une envie de liberté, une jouissance de ce qui reste de la vie. Ce sont les confidences d’une femme blessée qui ne sombre pas dans la dépression. Un être de chair et de sang qui se redresse à la faveur d’un changement de décor. La psychologie d’une veuve joyeuse, d’une femme secouée par la vie qui se rebelle contre le sort. Une réflexion sur l’amour, la liberté, les problèmes de société, la solitude, le temps de vivre, et puis tout près de nous, les migrants, sujet sur lequel Anny Duperey est vraiment crédible. D’ailleurs le texte est exactement fait pour elle, et donne à la comédienne un parfait écrin pour nous émouvoir et nous faire sourire. 

Mes chers enfants est à voir au Théâtre de Passy

Publié dans Théâtre

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Une Phèdre charnelle et incandescente

Publié le par Michel Monsay

Une Phèdre charnelle et incandescente

Le décor, sobre et élégant, les beaux costumes moirés et les subtiles lumières en clair-obscur ne laissent pas présager l'incendie qui a embrasé le plateau de l'Espace Cardin du Théâtre de la Ville. Grande spécialiste de Corneille, Brigitte Jaques-Wajeman a voulu visiblement marquer les esprits avec sa deuxième mise en scène d'une tragédie de Racine. Sa « Phèdre » est d'une intensité presque sauvage, replongeant la pièce classique dans la rugosité du théâtre antique. Pas de demi-mesure : la reine, tombée dingue amoureuse de son beau-fils Hippolyte, alors que son mari le roi Thésée est parti en campagne, se montre d'emblée littéralement malade de désir. Par ricochet, tous les protagonistes sont gagnés par une forme d'hystérie. Le pari est audacieux. Sur scène, on parle haut et fort, on se tord, on se torture jusqu'à l'épuisement. Pour Raphaèle Bouchard, qui incarne superbement la tragique héroïne, c'est un défi constant : ses alexandrins sont des flammes, ses gestes désordonnés un ballet dément qui frise la transe. La pudeur n'a plus cours, sa passion déborde deux heures durant, elle est au bord de l'explosion. Rien ne résiste à la passion de cette Phèdre sans filtre : le pouvoir des rois, des héros et des dieux est consumé par le feu dévorant qu'elle répand autour d'elle. Outre l'interprétation charnelle de Raphaèle Bouchard, Bertrand Pazos en Thésée est remarquable et impressionnant de solidité brutale. Brigitte Jaques-Wajeman rend toute leur sensualité aux vers dangereux de Racine. Poussant l'auteur dans ses retranchements, elle met un point d'honneur à éclairer plein feu cet obscur objet du désir qui rend la tragédie si déchirante et sulfureuse. Phèdre gagne en vérité et en humanité ce qu'elle perd en dignité et en mystère. Sa passion incestueuse est un pied de nez au monde, qui trouve son apogée dans la mort. Une mort lente, provoquée par un poison, qu'elle subit comme un orgasme. Racine dépeint avec science les ravages sur nos âmes, nos êtres, des désirs proscrits par la société, la famille, le pouvoir. Il les enserre dans des alexandrins sorciers où tout, à tout instant peut exploser. Le sexe comme la mort. Dans sa mise en scène et sa directions d'acteurs, Brigitte Jaques-Wajeman scrute sans relâche à travers la puissance du verbe et son embrasement, les tourments de la passion, littéralement assiégés entre empêchement et exaltation. Elle s'attache à libérer l'interprétation des personnages de la rhétorique. C'est un travail extrêmement physique qu'elle demande à ses interprètes, à la fois pour respirer l'alexandrin et exprimer dans chaque scène ces sourds élans des sens par leurs corps en entier. Créé en 2020, ce sommet de la tragédie a été repris pour six représentations à l’Espace Cardin.

Une Phèdre charnelle et incandescente

Publié dans Théâtre

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Quand Shakespeare est monté de la sorte, c'est sublime

Publié le par Michel Monsay

Quand Shakespeare est monté de la sorte, c'est sublime

On n’avait jamais vu ainsi "Antoine et Cléopâtre", cette pièce majeure de Shakespeare. Elle est rarement montée, alors qu’elle offre des personnages flamboyants, une réflexion d’une profondeur inégalée sur les entremêlements de l’amour et du politique et sur une tragédie majeure : celle des relations entre Orient et Occident. Le spectacle dure 3h45 avec entracte, mais elles passent comme un rêve chatoyant et chamarré, qui cache sa profondeur sous des dehors envoûtants et charmeurs. La pièce, telle qu’elle s’offre dans une nouvelle traduction d’Irène Bonnaud, nette et sans bavures, se déploie dans une superbe mise en scène de Célie Pauthe où la sensualité est partout : entre hommes et femmes, entre femmes aussi. Mais cette dimension charnelle est présente aussi dans la langue, dans le jeu, et elle est au cœur de la réflexion que Célie Pauthe mène avec Shakespeare, comme un marqueur où les relations de genre, entre homme et femme, se superposeraient avec celles entre Orient et Occident : l’Orient est femme, l’Occident est homme. Outre la langue de Shakespeare qui éblouit dans la modernité de la mise en scène, Célie Pauthe a eu la lumineuse idée d'y adjoindre des chansons de Mohammed Abdel Wahab merveilleusement interprétées en arabe par la comédienne Dea Liane et des poèmes de Constantin Cavafy. Dans le magnifique écrin scénographique qui permet en quelques manipulations de passer des palais égyptiens au couloir du sénat romain, du tombeau de Cléopâtre au désert de Libye, l'excellente troupe d'acteurs s'investit avec une belle intensité et un profond engagement. Célie Pauthe a voulu des lumières chaudes pour l'action se déroulant en Égypte et  un environnement glacial pour Rome, telles deux facettes de l’exercice du pouvoir, l’une dionysiaque et charnelle, l’autre sans pitié et cruelle. Une dichotomie qu’elle prolonge, et cultive, dans sa direction d’acteurs. Face au jeu très incarné de Cléopâtre, Antoine et leur cour, immergés dans un bain d’ivresse passionnelle, Octave et consorts apparaissent dans toute leur raideur, martiale, calculatrice et distanciée, proche de cette attitude robotique, inhumaine, qui peut, parfois, naître dans le carcan de l’appareil d’État. Histoire multiple, superbe, folle et terrible, ce chef-d'œuvre du dramaturge anglais, spirale infernale des sentiments, nous apporte, grâce à l'intelligence de la mise en scène, cette jubilation de l’art théâtral que l'on ressent parfois.

A voir jusqu'au 3 juin au Théâtre de l'Odéon - Ateliers Berthier.

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Une passionnante partie d’échecs féroce et drôle

Publié le par Michel Monsay

Une passionnante partie d’échecs féroce et drôle

Et si c’était à refaire, que changeriez-vous, que corrigeriez-vous et d’où reprendriez-vous le cours des choses pour tenter de l’inverser ? C’est le thème de cette pièce de l’écrivain suisse allemand Max Frisch, qui fut créée à Zurich en 1968, et que Frédéric Bélier-Garcia, le fils de Nicole Garcia, avait monté dans une première version en 1999 et qu'il revisite aujourd'hui avec plus de fluidité, de mélancolie tendre et de maturité. Max Frisch nous place devant les choix de nos parcours de vie, de nos mensonges conscients ou inconscients, de notre bonne ou mauvaise foi, et de nos désirs, pulsions ou lâchetés raisonnables. Le décor amovible d'Alban Ho Van est spectaculaire. Il nous transporte à vue dans un appartement chic, une école, un quartier new-yorkais ou un hôpital. Il rajoute au vertige de la pièce. Direction d'acteurs sobre, tempo soutenu, jamais frénétique : Frédéric Bélier-Garcia a trouvé la bonne distance pour que la fable existentielle de Marx Frisch garde son mystère et ne sombre pas dans le simple drame bourgeois. Il flotte sur ce jeu de dupes une menace sourde à la Pinter qui transforme les sourires en grimaces. La distribution est épatante et sert parfaitement ce texte ludique voire comique par moments mais implacable. En premier lieu l'excellent Jérôme Kircher, qui par son magnétisme, son ironie mordante, sa malice diabolique apporte une fascinante étrangeté à son personnage. Isabelle Carré, toujours aussi juste dans son jeu, campe avec une élégance infinie une héroïne à la Hitchcock, froide, mystérieuse et insaisissable. José Garcia, après 30 ans d'absence, réussit pleinement son retour sur scène, et Ana Blagojevic, que l'on avait remarquée dans le très joli film "A l'abordage", interprète avec une belle énergie plusieurs personnages. Le public, à la sortie, semble aussi amusé que troublé. Une question lui trotte dans la tête : saurais-je changer ma vie, si elle était à refaire ?

"Biographie : un jeu" est à voir au Théâtre du Rond-Point jusqu'au 3 avril.

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Un portrait de famille bouleversant et drôle

Publié le par Michel Monsay

Un portrait de famille bouleversant et drôle
Un portrait de famille bouleversant et drôle
Un portrait de famille bouleversant et drôle
Un portrait de famille bouleversant et drôle

On connaît Christophe Honoré en tant que cinéaste, dont on avait adoré "Plaire, aimer et courir vite" et "Chambre 212" notamment, on connaît moins le dramaturge et l'écrivain mais aussi le metteur en scène de théâtre et d'opéra. Ce génial artiste touche à tout nous offre ici une pièce qu'il a écrite et mise en scène où il convoque les fantômes de sa famille dans un précipité d'émotions entre rire et larmes. C’est un moment comme Christophe Honoré sait en offrir, porté par une grâce, un art du romanesque et une légèreté magnifiques. Rien ne pèse ni ne plombe sous ce Ciel de Nantes pourtant chargé de tragédies familiales et sociales. Il y raconte l’histoire de sa famille maternelle avec le sens subtil d’un Proust d’aujourd’hui, pour qui le cinéma et le théâtre, en dialogue constant, joueraient le rôle occupé par la littérature chez l’auteur de la Recherche. L’enjeu n’est pas tant pour le metteur en scène de raconter son histoire, que de tirer avec sensibilité et humour les fils de ce passé, de voir comment ils se sont tressés, emmêlés, cassés et raccommodés, pour arriver jusqu’à lui et à sa vocation d’artiste. Et tout fonctionne, parce que tout est juste et aérien, merveilleusement bien joué par sept comédiens intenses, dont Chiara Mastroianni pour sa première très réussie au théâtre, parce que Christophe Honoré est aussi un enfant de Jacques Demy et que la fantaisie est au rendez-vous, et qu’il donne à ses personnages une vitalité irrésistible, une lumière. Parallèlement, Le Ciel de Nantes évoque des moments clés de l'histoire du XXe siècle de notre pays, la seconde Guerre mondiale, la guerre d'Algérie, l'évolution de la place des femmes dans la société, l'immigration et la montée de l'extrême droite. Fidèle à son habitude, Christophe Honoré mélange les genres, il y a des passages chantés, d'autres dansés, il invite également la vidéo sur scène à plusieurs reprises. Un spectacle vibrant entre violence, mélancolie, tendresse et un sens avéré de l'humour, dont on ressort conquis.

Le ciel de Nantes est à voir au Théâtre de l'Odéon jusqu'au 3 avril.

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Une actrice au sommet de son art

Publié le par Michel Monsay

Une actrice au sommet de son art

Ce spectacle drôle, émouvant, riche nous raconte l’amour, la poésie, la littérature, le théâtre et la culture. Seule en scène, Edwige Baily livre une performance époustouflante durant une heure vingt où elle interprète deux professeures de lettres très différentes, dont l'une, passionnée et totalement investie dans son métier, est inspirée de Gabrielle Russier, condamnée en 1969 à un an de prison pour avoir aimé un de ses élèves quasiment majeur, elle se suicide deux mois après sa condamnation, Annie Girardot l’avait interprétée dans le film "Mourir d'aimer". Quant à l'autre elle évoque avec fougue, des mimiques et une intonation cocasses, dans une langue fleurie et parfois trash, l'histoire d'Antigone, figure universelle de la résistance féminine. Edwige Baily glisse avec une aisance admirable et déconcertante d’un personnage à l’autre, elle excelle quel que soit le registre, comique ou dramatique, réaliste ou fantastique. Remarquablement écrit par Edwige Baily et Julien Poncet, le texte de ce spectacle épatant est une déferlante d'intelligence, d'humour, de verbe porté haut et de vie. A la fois plaidoyer enflammé pour la littérature, où de très nombreux auteurs sont convoqués, le spectacle est également un bel hommage à ceux qui transmettent, mais aussi un éloge de l'amour pur et absolu.

A voir au théâtre du petit Montparnasse.

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Une réflexion sensible et très réaliste sur la fin de vie

Publié le par Michel Monsay

Une réflexion sensible et très réaliste sur la fin de vie
Une réflexion sensible et très réaliste sur la fin de vie
Une réflexion sensible et très réaliste sur la fin de vie
Une réflexion sensible et très réaliste sur la fin de vie
Une réflexion sensible et très réaliste sur la fin de vie

Directeur associé du National theatre de Londres et artiste associé du théâtre de l'Odéon, le dramaturge et metteur en scène anglais de 36 ans, Alexander Zeldin, présente sa première pièce en français après une trilogie très remarquée sur les inégalités sociales. Pour cette nouvelle création, il s'est largement inspiré de son histoire personnelle et un peu du roman de James Agee, "Une mort dans la famille", pour évoquer une période marquante de son adolescence, lorsqu'à 15 ans son père meurt, et sa grand-mère emménage dans la maison familiale avant qu'elle ne soit placée dans un Ehpad un an plus tard. Il souhaitait ainsi aborder la fin de vie et la mort dans une fiction théâtrale, sujet tabou dans notre société, et comme il l'explique : « Refuser de regarder la mort, c’est refuser de voir certaines choses de la vie ». A son habitude, Alexander Zeldin s'est renseigné sur le terrain, en partant à la rencontre d'infirmières, aides-soignantes ou auxiliaires de vie dans des Ehpad d'Île-de-France afin de décrire fidèlement la réalité. A l'image de Maurice Pialat, Abdellatif Kechiche ou Ken Loach, auquel il est souvent comparé, ce qui nous fascine chez Alexander Zeldin est cette capacité à recréer minutieusement le réel, sans filtre, et de ce fait nous bouleverser par cette justesse dérangeante dans un premier temps mais qui s'avère très touchante au fil de la pièce. En mêlant acteurs professionnels, tous excellents, et des amateurs qui leur donnent parfaitement le change dans des rôles secondaires, il confirme sa pratique artistique en créant une alchimie inhabituelle qui évite les habitudes de jeu et apporte fraîcheur et vérité. Le théâtre d'Alexander Zeldin a un rôle primordial à jouer dans notre compréhension du monde, par sa puissance il nous questionne sur des sujets que l'on veut éluder, ne pas regarder en face, et parvient à nous les faire ressentir comme naturels, à nous émouvoir, et dans cette pièce à nous aider à affronter la mort, la vieillesse et comprendre ce que cela peut nous apprendre sur la vie.

"Une mort dans la famille" est à voir au théâtre de l'Odéon Berthier jusqu'au 20 février.

Publié dans Théâtre

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