Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

theatre

Le génie de Marivaux dépouillé de marivaudage

Publié le par Michel Monsay

Le génie de Marivaux dépouillé de marivaudage

Il est étonnant que la dernière rencontre entre Alain Françon et Marivaux remonte à quarante ans. Du célèbre dramaturge, le grand metteur en scène, lauréat notamment de 3 Molières, n’avait jusqu’alors monté qu’une seule et unique pièce, La Double Inconstance, en 1981. Pourtant, les deux artistes semblent, peut-être encore davantage que d’autres, faits l’un pour l’autre, mus à la fois par un perfectionnisme de la tirade et par un même amour, une même obsession, une même foi en la langue, capable, sous leur houlette, d’ouvrir tous les possibles, de déplacer des montagnes intérieures et d’engendrer toutes les beautés. On peut difficilement trouver plus grand observateur, peut-être expert, de l’amour que Marivaux, et il livre ici un chef-d’œuvre de nuances, de cruautés et de retournements, sur l'amour mais aussi sur l'amitié, l'orgueil, les faux rapports, la condition des femmes et celle des domestiques, avec finesse, intelligence et une incroyable virtuosité ironique. Comme toujours chez Marivaux, le couple aristocratique est doublé par un autre, celui des serviteurs : Lisette, suivante de la marquise, et Lubin, valet du chevalier. Dans cette Seconde Surprise de l'amour, ce sont eux qui tirent les ficelles. Lisette et Lubin se plaisent, la chose pour eux est entendue. Mais pour pouvoir se marier, il faut qu’ils vivent dans la même maison. Ils vont donc manipuler la marquise et le chevalier, qui jurent avoir renoncé à jamais à l’amour, pour qu’ils tombent amoureux. Et ils vont y réussir, avec une intelligence imparable de ce qu’est la comédie de l’amour et de ses mécanismes, actionnant la jalousie, le dépit, la mauvaise foi, l’amour-propre, la solitude et le désir d’être aimés de leurs maîtres. Point de mièvrerie ici, de maniérisme, de mignardise, de préciosité, de marivaudage abscons, dans un décor à l'épure élégante, cette comédie existentielle de Marivaux empreinte de fraîcheur et de sincérité, met en lumière le génie du langage de l'auteur, la puissance absolue de la parole qui métamorphose les êtres.

A voir en tournée à Villeurbanne, Toulon, Caen, Versailles, Dijon, Colmar, Strasbourg, Aix en Provence, Saint-Étienne, Beauvais.

Publié dans Théâtre

Partager cet article
Repost0

Spectacle hilarant et caustique, intime et universel

Publié le par Michel Monsay

Spectacle hilarant et caustique, intime et universel

Avec Le champ des possibles, Élise Noiraud à la fois comédienne, auteure et metteuse en scène de 38 ans, signe un nouveau seule-en-scène, dernier volet d’une trilogie autofictionnelle, particulièrement abouti sur les affres du passage à l’âge adulte. A 19 ans, on n’est plus une enfant, pas tout à fait une adulte, on respire la jeunesse, on s’imagine une vie. Écrit au cordeau et joué avec une incroyable énergie, son spectacle nous embarque dans une histoire d’émancipation a priori banale, les premiers pas d’une jeune provinciale débarquant à Paris, mais qui se transforme en comédie humaine universelle, où se mêlent névroses familiales, espoirs déçus, désirs enfouis, lectures et rencontres déterminantes. Interprétant plus d’une dizaine de personnages, Élise Noiraud offre une performance théâtrale explosive à la fois drôle et sensible, où les scènes s'emboitent sans moment de suspension ou de conclusion, et où la comédienne passe avec une aisance bluffante, d’un personnage à l’autre. Même si tout paraît vrai dans l'histoire qu'interprète Élise Noiraud, il y a une petite part de fiction, et parmi les personnages qu'elle endosse, il y a sa mère, fil rouge du spectacle. Une mère aimante mais étouffante et culpabilisante. Une mère qui attend son retour dans le giron familial chaque week-end, et peu importe que sa fille ait prévu autre chose, une mère qui lui dit « tu fais ce que tu veux mais réfléchis bien, on n’est pas tout seul dans la vie », une mère qui cache sa dépression sous une fatigue constante et lui répète « je ne crois quand même pas avoir été la pire des mères ». Dans cette collection de figures hautes-en-couleur, chacun pourra retrouver des personnalités, des traits de caractère et des émotions qu’il a lui-même rencontrés. Et se souvenir, alors, de son propre champ des possibles. A la fois impressionnante performance de la comédienne et finesse d'écriture teintée d'ironie et de mélancolie, entre Philippe Caubère et Zouc, ce spectacle explore admirablement la conquête de la liberté d'une jeune femme, qui est loin d'être un long fleuve tranquille.

Le champ des possibles est à voir au Théâtre du Rond-Point jusqu'au 19 décembre.

Publié dans Théâtre

Partager cet article
Repost0

Une femme en éclats

Publié le par Michel Monsay

Une femme en éclats
Une femme en éclats
Une femme en éclats

Écrite en 1929 alors que Mussolini est déjà solidement installé au pouvoir, « Comme tu me veux » est une pièce inclassable qui donne le vertige, sur fond de ruines et de désastre de l'après-guerre, dans une Europe au bord d’un nouveau naufrage. Sous ses allures désuètes de drame bourgeois, l’œuvre de Pirandello prend les détours d'une farce noire pour aborder des sujets cruciaux : le déni, la manipulation des faits et les dommages psychologiques irréparables infligés par la violence et la Grande guerre. C'est par cet angle poignant que Stéphane Braunschweig a choisi d'aborder cette pièce féroce, dans une mise en scène d'une éblouissante clarté qui met en lumière la puissance de l'écriture de Pirandello. Dans une scénographie aussi belle qu'épurée, mais néanmoins inquiétante, où dans la deuxième partie sont projetées en arrière-plan sur des gigantesques rideaux des images d'archives de villes bombardées, on découvre le mystère de Lucia, une femme que l'on croyait morte après avoir été violée par des soldats d'une garnison autrichienne dans sa villa d'Udine en Italie du Nord durant la guerre. Elle réapparaît pourtant dix ans plus tard en danseuse de cabaret glamour à Berlin. Le metteur en scène installe une atmosphère de transgression, de décadence dans cette ville grouillante de liberté, de provocation et de sexualité débridée, qui sert superbement l'ambiguïté de la pièce. Dès la première scène, la frénésie inquiète, commence alors un jeu de simulacres dont le dramaturge a le secret, entre soupçons, souvenirs tragiques et écho historique pour explorer le relativisme de la vérité. L'ensemble de la troupe, Chloé Réjon en tête, qui ne cesse de se réinventer par-delà illusions et mensonges, passant de l'hystérie à la nuance, portent merveilleusement l'écriture de Luigi Pirandello, entre noirceur et éclat de lumière. En remettant remarquablement le dramaturge au goût du jour, Stéphane Braunschweig, qui pour la quatrième fois monte une pièce de Pirandello, tend un miroir saisissant à notre monde de peurs, de doutes et de fake news.

Après avoir été joué durant un mois à l'Odéon, cette excellente pièce sera en tournée en 2022, les 26 et 27 avril à Orléans, du 27 au 29 mai à Turin et le 29 juin à Berne.

Publié dans Théâtre

Partager cet article
Repost0

Tendre, espiègle, absurde et à contre-courant de la norme

Publié le par Michel Monsay

Tendre, espiègle, absurde et à contre-courant de la norme

Marc Fraize aime prendre son temps, parfois un peu trop, notamment au début de son spectacle, mais passée cette introduction, il provoque l’hilarité par l’expression de son ahurissement face au monde cruel dont il ne comprend rien. Après avoir, pendant plus de quinze ans, enrichi et bonifié son personnage inoubliable de Monsieur Fraize, antihéros magnifique, le comédien lui offre son âme sœur : Madame Fraize. Dans ce nouveau spectacle, cet humoriste singulier, clown de l’absurde à contre-courant de la vanne, de la punchline et du cynisme que la plupart de ses collègues utilisent, se pare d’une robe verte et d’une perruque atemporelles pour parler de l’amour et du temps qui passe avec une drôlerie et une tendresse irrésistibles. La métamorphose, chaque soir, dure une heure et demie. Il faut enfiler la robe verte, patiemment maquiller son visage, ajuster la perruque, enfiler les longs gants roses qui montent jusqu'au coude. « C'est du boulot d'être une femme », sourit Marc Fraize. Il y a du Jack Lemmon de "Certains l'aiment chaud" dans l'apparence de ce personnage, qui par petites touches nous parle d'amour, de bonheur, de vie commune, de quotidien, et crée une bulle poétique, parenthèse de douceur, de drôlerie et de joie dans un monde fatigué, cerné de nouvelles plombantes.

A voir jusqu'au 17 octobre au Théâtre du Rond-Point

Publié dans Théâtre

Partager cet article
Repost0

Une correspondance de haute volée

Publié le par Michel Monsay

Une correspondance de haute volée

Pendant dix ans, Anton Tchekhov et la belle Lydia Mizinova, chanteuse, actrice, traductrice et essayiste, qui inspira à l’écrivain russe la Nina de « La Mouette », vont multiplier les échanges épistolaires. Grâce à Nicolas Struve, leur correspondance, inédite en français, donne vie à un formidable spectacle interprété par David Gouhier et Stéphanie Schwartzbrod, tous deux très convaincants. Ce ne sont pas tant les personnages de Tchekhov et de Lika qu’ils incarnent que leur esprit. Un esprit joueur, primesautier, un désir fou de liberté dans cette Russie de la fin du XIXe siècle, une mélancolie débordante de vitalité, qui se teindra de couleurs plus sombres au fur et à mesure que les années avancent, et qu’ils ne cessent de se voir et de s’écrire, au tournant du siècle. C’est elle, l’écriture, qui est au cœur de la mise en scène de Nicolas Struve, qui inscrit ses deux acteurs dans une boîte noire comme un tableau d’écolier, remplie de feuilles de papier blanc qui s’envoleront ou resteront entassées dans les coins. Sur ces grandes pages noires du décor, Lika et Anton écrivent et dessinent à l’eau des fragments d’amour, deux êtres aussi acharnés à traquer les promesses de bonheur qu’à les laisser s’enfuir. Leur histoire épistolaire s’apparente à une cuisine pimentée d’un humour qui canalise l’amertume ou l’aigre-doux du sentiment amoureux sous une mousse légère de jeux où les mots de l’un se voient renvoyer la balle dans la réponse de l’autre. Ce spectacle, traversé de finesse et d'intelligence, s'ouvre et se referme sur des extraits de cette pièce emblématique du théâtre russe, qui le soir de sa première essuya un échec total.

A voir au Théâtre de la Reine blanche jusqu'au 9 octobre.

Publié dans Théâtre

Partager cet article
Repost0

Un régal de poésie, d'humour et de féerie

Publié le par Michel Monsay

Un régal de poésie, d'humour et de féerie

Peu d’artistes peuvent se targuer de tourner depuis trente ans avec le même spectacle, comme Victoria Chaplin , géniale fille de Charlie Chaplin, et Jean-Baptiste Thierrée, son mari, le font avec Le Cirque invisible. Ce duo insolite peaufine les numéros de ce spectacle depuis 1990, l’adaptant selon les pays où ils se produisent ou leur humeur du moment. Présenté pour la première fois à Paris grâce à Jean-Michel Ribes, et repris plusieurs fois depuis, ce spectacle inclassable est de retour au Théâtre du Rond-Point pour quelques représentations. Depuis leur rencontre en 1969, Victoria Chaplin et Jean-Baptiste Thierrée, tous deux enfants de la balle, ne se sont jamais quittés, à la scène comme dans leur intimité. Le Cirque invisible, leur troisième production ensemble, est un concentré d’absurde et d’onirisme qui mêle magie, clowneries et acrobatie. Du haut de ses 84 printemps, Jean-Baptiste, avec sa coupe de cheveux de savant fou et ses costumes colorés, continue de jouer les clowns illusionnistes avec malice. Tel un grand-père tentant d’émerveiller ses petits-enfants, il enchaîne les numéros de farce et attrape, fait apparaître des fleurs en plastique à l’ancienne et convie sur scène de nombreuses marionnettes. Victoria, 70 ans, est un véritable acrobate caméléon d'une incroyable souplesse. À partir d’objets du quotidien qui prennent vie sous ses doigts agiles et de morceaux de tissu, elle donne naissance à des animaux et à des créatures fantastiques, devient une femme orchestre et transforme la scène en une piste de cirque étrange où l’onirisme et la poésie ont seuls droits de cité. Difficile de ne pas être attendris par ce couple de passionnés qui continue, malgré le passage du temps, à partager leur amour du spectacle avec le plus grand nombre. Une mention particulière pour Victoria Chaplin qui enchante ce spectacle de sa grâce, son talent et qui par ses attitudes ou mimiques nous renvoie l'image de son père, que l'on aimait tant.

A voir au Théâtre du Rond-Point jusqu'au 11 juillet.

Publié dans Théâtre

Partager cet article
Repost0

Quand la famille vole en éclats

Publié le par Michel Monsay

Quand la famille vole en éclats

A la fois d'une hilarité mordante parfois féroce et d'une profondeur satirique, "Tout le monde ne peut pas être orphelin" s'attaque à la cellule familiale en nous tendant un miroir où se reflètent des frustrations, des regrets, des rancœurs et des non-dits, que chacun reconnaîtra. Cette satire sociale délirante, qui dynamite les hypocrisies familiales avec des relents destructeurs et moqueurs, comme ces conversations creuses sur les problèmes de voisinage, le programme TV ou les itinéraires routiers, capte aussi dans un second temps le dévouement des enfants pour leurs aînés affaiblis. Passant de l’humour potache à des scènes scatologiques, d’épisodes déjantés à des moments plus poétiques, cette pièce jubilatoire, dont la mise en scène et le jeu des comédiens participent pleinement à cette impertinence politiquement incorrecte, électrocute nos existences comme rarement au théâtre.

A voir au Théâtre des Bouffes du Nord jusqu'au 4 juillet.

Publié dans Théâtre

Partager cet article
Repost0

La cagnotte

Publié le par Michel Monsay

La cagnotte
La cagnotte

Les théâtres se sont adaptés au couvre-feu et ont avancé leur représentations, on ne peut que les remercier de continuer à nous offrir le bonheur du spectacle vivant. Pour oublier le marasme ambiant, rien ne vaut une comédie loufoque de Labiche, membre de l'Académie française pour ceux qui l'auraient oublié, menée tambour battant par six comédiens survoltés et complices, qui jouent deux voire trois rôles pour certains. Cette énergie collective, la mise en scène inventive malgré un espace réduit, les costumes, tout contribue à nous faire oublier le théâtre où nous sommes pour nous transporter au XIXe siècle et suivre les aventures rocambolesques de petits bourgeois provinciaux en voyage à Paris. Pas de logique mais de l'absurde dans cette pièce de Labiche qui se moque copieusement des travers de ses contemporains. Ces notables sont le plus souvent grotesques, maladroits, lâches, vaniteux, mais parviennent à être touchants dans ce vaudeville autour de l'argent semé de quiproquos, de rebondissements, de malentendus qui participent à confirmer ce que disait Louis Jouvet : "Le théâtre est le désordre incarné". Pour savourer ce moment empreint de dinguerie, il faut se rendre au Lucernaire avant le 1er novembre, ce lieu remarquable qui propose trois salles de théâtre, un cinéma, une librairie, un café restaurant et une école d'art dramatique.

La cagnotte

Publié dans Théâtre

Partager cet article
Repost0

Sopro

Publié le par Michel Monsay

Sopro

Rien ne vaut l'émotion que l'on peut ressentir parfois au théâtre lorsque le texte, la mise en scène et les comédiens rivalisent de grâce et d'intelligence pour nous transporter dans leur univers, en nous donnant l'impression de partager ce que les personnages vivent, de respirer le même air qu'eux. Dans le cadre du festival d'automne, qui réuni chaque année en région parisienne des dizaines de spectacles, la magnifique pièce "Sopro", qui signifie souffle, du dramaturge et metteur en scène Tiago Rodrigues est reprise pour quelques représentations. Créé en 2017 au festival d'Avignon, ce spectacle joué en portugais surtitré en français, est un sublime hommage au théâtre, aux acteurs et à un métier en passe de disparaître, celui de souffleuse. Tiago Rodrigues a convaincu la souffleuse historique du théâtre national de Lisbonne de créer une pièce dont elle serait le cœur en étant physiquement présente sur scène qui, tout en racontant la vie de cette femme de l'ombre au travers de trois actrices et deux acteurs excellents, tisserait avec beaucoup de justesse les liens entre le théâtre et la vie. En entremêlant des anecdotes de la vie de la souffleuse, des extraits de Molière, Racine, Tchekhov, et du dialogue entre le dramaturge et cette femme qui est la mémoire d'un théâtre en ruines, la pièce nous emmène entre réel et fiction, passé et présent avec une une étonnante virtuosité. Tout à la fois drôle et émouvant, ce spectacle d'une infinie délicatesse nous rappelle en ces temps compliqués l'importance du théâtre, cet indispensable lieu de partage permettant de faire vivre ces textes anciens ou modernes, qui nous en disent tant sur l'essence de la vie et de la mort en mettant en lumière le vrai avec du faux.

Sopro se joue les 15 et 16 octobre à l'espace 1789 de Saint-Ouen.

Sopro

Publié dans Théâtre

Partager cet article
Repost0

La ménagerie de verre

Publié le par Michel Monsay

La ménagerie de verre

Chaque fois qu'Isabelle Huppert est à l'affiche d'un théâtre, c'est tout à la fois pour interpréter les plus grands textes, être dirigés par les meilleurs metteurs en scène, se produire le plus souvent au magnifique théâtre de l'Odéon et faire salle comble tous les soirs. C'est encore le cas aujourd'hui avec "La ménagerie de verre".  Jusqu'au 26 avril, il ne faut pas manquer l'occasion d'essayer de glaner les dernières places pour aller voir cette comédienne qui sait tout jouer, dont la carrière phénoménale tant au théâtre qu'au cinéma est unique à ce niveau-là. Outre le bonheur de voir Isabelle Huppert, il y a aussi ses partenaires qui sont à la hauteur de l'événement, notamment Nahuel Pérez Biscayart. Cet acteur de 34 ans d'origine argentine, César du meilleur espoir il y a deux ans pour sa performance remarquable dans "120 battements par minute", confirme dans chaque nouveau rôle, que ce soit en gueule cassée dans "Au revoir là-haut" ou ici au théâtre, son tempérament de feu et son talent instinctif qui n'a pas de frontières. A la baguette, le grand metteur en scène belge Ivo Van Hove, qui passe avec un talent novateur reconnu dans le monde entier de comédies musicales comme"West side story" qu'il vient de monter à Broadway ou "Lazarus" que David Bowie lui avait confié, à des opéras, et évidemment à des pièces de théâtre comme "Les damnés" à la Comédie française. Dans ce huis-clos autobiographique, Tennessee Williams l'un des tous meilleurs dramaturges du XXe siècle, revient sur sa jeunesse difficile et pauvre dans l'Amérique des années 1930 et convoque les fantômes de son histoire familiale, entre une mère nostalgique d'un passé révolu, étouffante, excessive, autant hystérique que touchante, et une sœur perdue dans son monde intérieur, incapable d'affronter le monde réel, d'une fragilité désarmante. Tout est réuni pour que le spectateur soit emporté par la puissance de cette Ménagerie de verre, dans une mise en scène électrique entre tragédie, émotion à fleur de peau, humour, et des personnages vulnérables et très touchants superbement interprétés.

Publié dans Théâtre

Partager cet article
Repost0

1 2 > >>