Saisissante plongée dans l’Amérique esclavagiste

Publié le par Michel Monsay

Saisissante plongée dans l’Amérique esclavagiste

Lauréat du prestigieux Prix Pulitzer mais également du National book award aux Etats-Unis, ce formidable roman, qui vient de sortir en France, est l’un des phares de la rentrée littéraire. Son auteur, le romancier newyorkais Colson Whitehead déjà auréolé d’une belle réputation, signe à 47 ans une œuvre inoubliable dans l’enfer de l’esclavage au milieu du XIXe siècle américain. Admirablement écrit, ce roman puise sa force évocatrice autant dans la cruelle réalité des plantations du Sud que dans la réjouissante imagination de l’auteur. Magnifique héroïne noire au cœur d’un pays qui exploite, assassine, humilie au quotidien les afro-américains, la jeune Cora symbolise l’espoir d’un peuple vers un commencement de liberté. En mêlant habilement roman d’apprentissage, fresque historique, puissante métaphore, Colson Whitehead nous montre sans fioritures le vrai visage de l’Amérique à travers l’oppression de la communauté noire. Le roman s’ouvre à Ouidah en Afrique, plateforme centrale de la traite des Noirs, où la grand-mère de Cora, après avoir été kidnappée avec tous les habitants de son village et avoir marché enchainée jusqu’à la mer, embarque dans l’ambiance délétère de la cale d’un navire négrier pour traverser l’Atlantique. Maintes fois revendue en Afrique, puis en Amérique, passant d’un propriétaire à l’autre, elle est achetée une ultime fois par une grande plantation en Géorgie où elle passera le reste de sa vie. Elle y aura trois maris et cinq enfants dont une seule survivra, la mère de Cora. Le racisme nauséabond qui traverse ce roman indispensable a malheureusement des relents encore aujourd’hui aux Etats-Unis et ailleurs, mais l’écrivain va plus loin en évoquant magistralement la violence fondatrice de son pays, depuis le premier indien assassiné jusqu’au premier africain réduit en esclavage.

                                                                                                                    

 

Underground railroad - Un roman de Colson Whitehead - Albin Michel - 398 pages - 22,90 €.

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Un grain de folie très émouvant

Publié le par Michel Monsay

Un grain de folie très émouvant

Devenue depuis une vingtaine d’années un personnage important du cinéma français à la fois en tant que comédienne, scénariste et réalisatrice, Noémie Lvovsky nous enchante une nouvelle fois dans son nouveau film, cinq ans après le très réussi « Camille redouble ». Pour son sixième long-métrage, la cinéaste confirme son talent dans le genre si difficile de la comédie dramatique, à la fois devant et derrière la caméra, en trouvant la juste mesure pour autant nous émouvoir que nous faire rire. A travers une histoire qui alterne des moments de grâce et d’autres plus sombres, Noémie Lvovsky nous plonge au cœur d’une relation mère-fille, en mettant en avant la capacité d’un enfant à s’adapter à une situation compliquée lorsqu’un parent est défaillant et que les rôles s’inversent. Elle magnifie l’amour indéfectible qui existe entre ces deux êtres malgré la folie douce qui s’empare progressivement de la mère. La jeune fille qui porte une partie du film sur ses épaules est remarquable de malice et d’intelligence dans son jeu, de même que Noémie Lvovsky qui incarne avec une grande sensibilité cette mère qui perd pied. Dans une cour d’école où tous les enfants jouent, une fille de 9 ans reste dans son coin alors que les autres la traitent de sorcière. Pourtant rien ne paraît justifier cette mise à l’écart. Lorsqu’elle est reçue dans le bureau de la directrice avec sa mère, celle-ci a un comportement quelque peu bizarre à cause d’une faute de syntaxe tout en paraissant souriante et décontractée. La directrice complimente la fillette sur ses notes mais fait remarquer qu’elle a du mal à se faire des amis et demande si tout va bien à la maison, ce à quoi la mère répond positivement avant de faire monter sa fille, sans ses chaussures, sur le bureau de la directrice afin qu’elle puisse voir un nid dans un arbre derrière la fenêtre. Ce très joli film d’une grande tendresse, qui n’hésite pas à basculer dans la noirceur de la folie, se déroule à la lisière du conte tout en étant ancré dans la réalité, et nous fait ressentir une large palette d’émotions que le cinéma peut apporter lorsqu’un artiste est si juste dans la retranscription des sentiments.

 

Demain et tous les autres jours - Un film de et avec Noémie Lvovsky, avec Luce Rodriguez, Mathieu Amalric, Anaïs Demoustier, …

Publié dans Films

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Le rôle d’un écrivain dans le monde

Publié le par Michel Monsay

Le rôle d’un écrivain dans le monde

La comédie caustique et satirique, dont le cinéma italien nous a régalés par le génie des ses grands maîtres durant de nombreuses années, lorsqu’elle trouve le juste équilibre entre tendresse et cruauté peut s’avérer une réflexion d’une redoutable efficacité sur les travers de la société. C’est le cas de cet excellent film argentin réalisé par un duo de cinéastes qui alternent fictions et documentaires depuis une quinzaine d’années. Sans ne jamais tomber dans la caricature, ils auscultent les effets de la reconnaissance unanime, des honneurs, de la rancœur sociale, des différences culturelles, de l’inspiration d’un romancier, du décalage lorsqu’il est confronté à la réalité des personnages qui l’inspirent, de l’utilité d’un écrivain. Si le film fait autant mouche, c’est aussi grâce à  Oscar Martinez, prix d’interprétation à la Mostra de Venise, qui joue parfaitement le grand écrivain comblé et blasé mais sachant par moments baisser la garde, être généreux sans pour autant être très sympathique. Le film s’ouvre au moment où un grand écrivain argentin de 60 ans reçoit le Prix Nobel de littérature, chose qui n’est jamais arrivée dans la réalité même au grand Borges. Il se dit à la fois très flatté tout en ayant l’amère conviction que cette récompense est liée au crépuscule d’un artiste. Cinq ans plus tard, on le retrouve dans sa magnifique villa surprotégée à Barcelone où après avoir reçu les honneurs dans le monde entier, il décline quasi systématiquement les invitations à des conférences et toutes autres rencontres honorifiques. Cependant, après avoir refusé dans un premier temps il accepte celle de sa ville de naissance, petite bourgade au milieu de la pampa argentine où il n’a pas remis les pieds depuis 40 ans. Ce film nous procure un double bonheur, celui de découvrir le cinéma argentin, qui régulièrement nous offre de belles surprises, et celui de nous faire rire durant une bonne partie de cette histoire tout autant réjouissante que grinçante.

 

                                                                                                                      Michel Monsay

 

Citoyen d’honneur - Un film de Mariano Cohn et Gaston Duprat avec Oscar Martinez, Andrea Frigerio, Dady Brieva, … - Memento films - 1 DVD : 19,90 €.

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Pause et fin de match

Publié le par Michel Monsay

Pause et fin de match

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Dans la chambre d'un apprenti musicien

Publié le par Michel Monsay

Dans la chambre d'un apprenti musicien

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Exploitation minière qui n'exploite plus

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Exploitation minière qui n'exploite plus

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50%

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Passage

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Lumière du soir sur blockhaus

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Portrait sur fond végétal

Publié le par Michel Monsay

Portrait sur fond végétal

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