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Une pop folk envoûtante

Publié le par Michel Monsay

Une pop folk envoûtante

Jesse Tabish, le leader de l'excellent groupe américain Other Lives, sort un premier album solo, Cowboy Ballad, de toute beauté dans la lignée du dernier disque du groupe, For their love sorti en 2020. Jesse Tabish étoffe ses chansons par des orchestrations soyeuses, inventives, par un sens mélodique évident. Comment apporter de la profondeur à des compositions au classicisme en trompe l’œil ? Peut-être en jouant avec le clair-obscur, avec les chronologies en allant chercher dans le patrimoine si large de l’histoire de la musique américaine. Peut-être aussi en s’assumant peut-être plus en conteur avec une ampleur narrative qu’en simple songwriter. Jesse Tabish glisse toujours une part d’étrangeté dans ses mélodies. Ce disque épique coécrit avec son épouse, également membre d'Others Lives, est fait des arrangements cinématographiques et des mélodies nostalgiques qui caractérisent l'univers musical du groupe, et nous régale tout au long des 14 morceaux dont les orchestrations assez bluffantes sont produites par les claviers de Jesse Tabish. Un album ample et sombre à la fois que l’on peut écouter comme la BO d’un western imaginaire. 

En voici 5 morceaux, représentatifs de ce très bel album.

Publié dans Disques

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Un vrai talent d'écriture sur un mix de rap, pop et chanson française

Publié le par Michel Monsay

Un vrai talent d'écriture sur un mix de rap, pop et chanson française

Après le très gros succès il y a près de quatre ans de Jeannine, Lomepal est de retour avec un troisième album intitulé Mauvais ordre. Le rappeur français y chante davantage et abandonne l'écriture purement autobiographique pour évoquer l'identité et les apparences grâce à un personnage fictif. Lomepal aime bousculer l’ordre des choses, à commencer par les codes du registre qui l’a vu naître en tant qu’artiste : le rap. Déjà, en 2017, il avait cassé les règles esthétiques avec son premier album, Flip, sur la pochette duquel il apparaissait maquillé en femme, affichant une sensibilité peu courante dans ce genre musical. En 2018, avec Jeannine, il enfonçait le clou en faisant évoluer sa musique vers la chanson et en choisissant un thème à contre-courant des histoires de cité, la vie de sa famille sous l’influence d’une grand-mère psychotique. Deux albums qui ont remporté les suffrages du public, le premier étant certifié disque de platine, et le deuxième, disque de diamant. Dans Mauvais Ordre, la musique est résolument organique, les beats hip-hop sur lesquels reposent plusieurs chansons sont joués à la batterie. Enregistré principalement avec des musiciens, le disque mêle ambiances pesantes et groove imparable. Lomepal a le génie des accroches. Chaque chanson est lancée par un couplet qui plante irrémédiablement le décor. De sa voix de gorge langoureuse, magnétique, il ne rappe presque plus mais chante de mieux en mieux. Le rappeur a définitivement mué, se transformant en chanteur à textes, gardant du hip-hop la puissance de son groove. Au fil de quinze chansons, c’est un nouvel artiste que l’on découvre. L’ultrasensible s’assume désormais bien davantage comme chanteur. Cela donne, sur la plupart des titres, un fondu enchaîné de tchatche et de chant si fluide qu’il en devient quasi invisible. Mauvais Ordre parvient à fondre les époques et les émotions avec style, son habileté à mettre en mots le chaos intérieur reste intacte. Lomepal a le génie des accroches. Chaque chanson est lancée par un couplet qui plante irrémédiablement le décor où l’écriture du rappeur-chanteur, simple et directe, sans gras ni faciles démonstrations stylistiques, magnifie une sensibilité et une mélancolie qui irradient ce très bel album.

Publié dans Disques

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Un chef-d'œuvre de poésie aux arrangements musicaux d'orfèvre

Publié le par Michel Monsay

Un chef-d'œuvre de poésie aux arrangements musicaux d'orfèvre

La chanson française se porte bien, merci pour elle, après le très bel album de Benjamin Biolay, voici celui de Dominique A, une merveille, qui vient s'ajouter à un répertoire déjà bien fourni en pépites comme Éléor, Vers les lueurs, L'horizon,... Le chanteur majuscule revient à une production aérienne et spacieuse qui happe dès le premier morceau. Cet album a été longuement mûri depuis quatre ans par son auteur-compositeur-interprète, qui s’est mis une pression artistique plus grande qu’à l’accoutumée. Le résultat est beau, dénudé, profond. Le propos, lui, ne laisse pas de place au doute : l'actualité brûlante s'invite, pour la première fois chez Dominique A. L'état de la planète, en l'occurrence, ne pouvait être passé sous silence : "Le fait de laisser l'époque m'imprégner, c'est quelque chose qui est venu avec les années. Mais je ne me vois pas ne pas en parler, ça m'inquiète comme beaucoup de gens. Et cette inquiétude contamine l'écriture." Dix chansons composent ce nouvel album intitulé Le Monde réel. C’est un disque qui veut embrasser l’univers, traverser montagnes, vallées, océans, glaciers, forêts, depuis la ville où tout est triste et carré. Le premier titre le dit, qui invite à descendre au “dernier appel de la forêt” comme à une gare sur le trajet d’un train qui va trop vite. Il y a de l’inquiétude et de la cruauté dans les textes, mais en même temps, le disque n’est pas dénué d’humour, on sent aussi la volonté d’un grand élan d’apaisement et de réconciliation, un appel par exemple au collectif dans un morceau qui dit sans candeur : “nous n’irons bien qu’avec les autres”. Il y a surtout, comme pour contrebalancer le déclin ambiant, une grande vitalité musicale dans le disque. L’ambition est symphonique, avec des magnifiques cordes, une attention singulière aux harmonies, et des mélodies faussement simples, qui prennent parfois des détours inattendus, il y a du Debussy dans les arrangements, et cerise sur le gâteau, une voix plus libérée, moins rigide. Chaque chanson nécessite plusieurs écoutes pour capter la splendeur musicale et poétique de cet album indispensable.

En voici trois magnifiques exemples :

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Un très bel album à la mélancolie tantôt dansante tantôt émouvante

Publié le par Michel Monsay

Un très bel album à la mélancolie tantôt dansante tantôt émouvante

Le prolifique Benjamin Biolay fait les grandes heures de la chanson française depuis deux décennies déjà, à travers son propre répertoire, ou celui qu’il écrit pour les autres. Personnel et sentimental, Saint-Clair est un disque cousu de sonorités rock, riche en riffs et en guitares qui font penser au groupe américain The Strokes, influence assumée par le chanteur, qui portent sa voix chaude et ses ballades aériennes. Titré en hommage à la ville de Sète, où il réside désormais la plupart du temps, après y avoir passé beaucoup de vacances enfant, Benjamin Biolay se fend de dix-sept titres qui rappellent par moments La Superbe, double album majestueux dans lequel il avait laissé tout son talent s’épanouir. Saint-Clair diffuse son charme notamment avec Les Lumières de la ville, titre où son sens mélodique surprend à nouveau, dans les petits décrochés d’un refrain qui ressemble à un chemin de traverse plutôt qu’à une autoroute pop. Mais aussi avec (Un)Ravel, la confession sans fard d’un homme qui doute toujours, De la beauté là où il n’y en a plus, tout en envolées classieuses, ou Santa Clara, un très beau duo en forme de western symphonique avec Clara Luciani. Sur l'ensemble de l'album, tout roule fenêtre ouverte, vers cette chanson rock dont il connaît les codes par cœur, qu’il s’amuse à travestir de disco, Pieds nus sur le sable, d’électro de fin de nuit, Numéros magiques et habille toujours de sa prose d’amoureux perpétuel, jouisseur invétéré ou écorché repenti. Benjamin Biolay a beau aimer la vitesse, on le suit d'ailleurs avec plaisir, c’est dans ses moments calmes qu’il nous emporte complètement. La puissance des mélodies, les arrangements audacieux, les refrains entêtants, les images véhiculées par les textes, et ce timbre voluptueux, Benjamin Biolay livre un excellent dixième album, enregistré en analogique, sans programmation ni ordinateur, qui oscille entre une belle énergie et une émotion dont il a le secret.

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Une voix exceptionnelle sur une musique en cinémascope

Publié le par Michel Monsay

Une voix exceptionnelle sur une musique en cinémascope

Tami Neilson n’est pas une nouvelle venue. La Canadienne, installée en Nouvelle-Zélande depuis 2007, a déjà publié quatre albums de son mélange de soul, de rock, de swing, de blues et de country. Loin du fourre-tout  que ce mix pourrait suggérer, la diva quadragénaire au look de sympathique vamp gothique propose même un cocktail des plus explosifs porté par son prodigieux registre vocal et de grandioses arrangements. Ses chansons célèbrent les femmes de caractère qui ont refusé de se laisser dominer par les conventions et la loi des hommes. Si Kingmaker, la chanson d’ouverture, captive d’emblée par sa tension cinématographique, Baby, You’re a Gun, superbe ballade western, avec cordes, sifflements à la Ennio Morricone et un chant d’une délicatesse infinie sur le regard assassin des mâles, prouve que Tami Neilson est beaucoup plus qu’une sirène à coffre. Et ce titre n’a rien d’un sommet isolé. Beyond the Stars, renversante valse country en duo avec le vénérable Willie Nelson, idole du père de la chanteuse récemment décédé, et dont la voix brille à 89 ans d’une étonnante fraîcheur, est une splendeur. Plus intemporelle que vieille école, Tami Neilson se glisse avec autorité et naturel dans la peau d’une diva qui marie, avec autant d’aplomb que de sensibilité, féminisme et tradition. Tantôt impétueuse, tantôt délicate, elle livre une admirable ode aux femmes indociles tout au long des dix chansons de cet album d'une magnifique diversité. En voici quatre qui donnent un bel aperçu de son talent.

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Une rythmique à la vitalité contagieuse

Publié le par Michel Monsay

Une rythmique à la vitalité contagieuse

Enregistré entre Addis-Abeba et Orléans, voici le premier album du sextette franco-éthiopien Kutu. Une mixture fiévreuse de voix puissantes qui vous transpercent, les chanteuses éthiopiennes Hewan Gebrewold et Haleluya Tekletsadik, qui signent les textes et participent à la composition de la musique, de violon teinté d’électro avec le créatif musicien et compositeur Théo Ceccaldi, à l’origine de ce projet, révélation de l’année aux Victoires du jazz 2017 et passé par l’Orchestre national de jazz, de pulsation rock quasi tribale avec la frappe précise du batteur Cyril Atef, de basse et claviers enflammés, Valentin Ceccaldi et Akemi Fujimori. Un mix euphorisant, qui a déjà mis en joie et fait danser le public de nombreux festivals et salles, dont l’intensité rayonne de la première à la dernière note. Mixture de jazz, de rock, d'électro et de dub, qui connecte des musiques ancestrales aux grooves synthétiques, le tout propulsé par l’énergie de ses chanteuses, dont les textes sont des poèmes politiques et féministes, ce premier album de Kutu est une des plus belles découvertes de la rentrée.

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Une voix et une musique irrésistibles

Publié le par Michel Monsay

Une voix et une musique irrésistibles

Dans le cortège des grandes voix au timbre voilé si caractéristique que le Sénégal a offertes au monde, il faudra désormais compter avec celle de Lass, nouvelle étoile de 37 ans qui nous offre aujourd’hui son premier album comme une petite bombe de vie. Ce chanteur né sans ressources dans la banlieue de Dakar, et mûri par moult galères, transcende dans ses textes en wolof et des mélodies aussi poignantes que lumineuses les avaries d'une vie qui n'allait pas de soi. Lass a en effet bravé l’océan des doutes pour assouvir sa passion : chanter. De la tradition afro-cubaine à l’afro-pop, du reggae à l'électronique, sa musique enthousiasme dès les premières notes et nous entraîne sur treize morceaux que l'on écoute avec un bonheur intense. Et puis il y a sa voix, elle brille comme un feu d'artifice, apaise sur des mélodies plus douces, elle est d'une élégance rare, à la fois puissante, émouvante et souple, on ne peut que tomber sous son charme. On tient ici l'album de l'été.

En voici un aperçu dans les trois clips ci-dessous :

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Une pop orchestrale somptueuse

Publié le par Michel Monsay

Une pop orchestrale somptueuse

Depuis ses débuts, à l'aube des années 2000, Regina Spektor a démontré une forte originalité et une inépuisable créativité. Par son origine russe (elle a débarqué de Moscou à New-York dans le Bronx à 9 ans), sa culture judaïque, sa formation de pianiste classique, sa voix aux infinies possibilités. Sans oublier ce mélange de distance et de résilience qui nourrit une pop portant sur l’humanité un regard à la fois caustique et tendre. Car même aux tréfonds de la mélancolie, elle sait trouver de la joie dans la musique, avec les arrangements élégants ou les mélodies délicatement acrobatiques que lui autorise son chant élastique. Ce huitième album flirte avec la pop symphonique, sans ne jamais sombrer dans l'emphase. L'inattendu et le charme sont au bout de chaque chanson. Chaque note est méticuleuse, chaque envolée orchestrale magnifiquement travaillée. "Home before and after" est un album éblouissant où l'art mélodique enchanteur et la légèreté de Regina Spektor font merveille. L'artiste a laissé de côté la douce folie de ses œuvres de jeunesse pour ciseler au fil du temps une pop orchestrale sophistiquée, sublimée par sa voix et son goût pour les rythmiques rock et hip hop.

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Un sublime album d'une des plus belles plumes de la chanson française

Publié le par Michel Monsay

Un sublime album d'une des plus belles plumes de la chanson française

On retrouve dans Garden Party tout ce qui avait fait de Florent Marchet, l’une des plumes les plus attachantes et malicieuses apparues dans les années 2000. La faculté de planter un décor, d’évoquer des personnages crédibilisés en quelques traits, un humour doux-amer, raccord avec la joliesse mélancolique de ses mélodies. Mais, dans ce disque où la fête champêtre se perturbe d’angoisses paternelles (le bouleversant De justesse), de violences domestiques (Comme il est beau), de passifs familiaux (En famille, Paris-Nice) ou d’extrémisme politique (L’Eclaircie ou l’incendie), on sent que le chanteur-narrateur a pris de l’étoffe. Nourri d’un vécu et d’autres expériences artistiques, un roman publié il y a deux ans, Le Monde du vivant, des musiques de film, le projet Frère animal,… il a gagné en profondeur et enrichi la chaleur empathique de son timbre. Une proximité renforcée par la sobriété moelleuse d’un piano-voix, subtilement parsemé de guitares, synthétiseurs et percussions. Cet auteur-compositeur-interprète au ton singulier et à la grande musicalité en ont fait un personnage de premier plan de la chanson pop française. En observateur pointilleux et aquoiboniste, Florent Marchet sait trouver les mots justes, la formule qui fait mouche. Sur les traces de William Sheller ou des plus belles chansons de Michel Delpech, il distille à la perfection des instantanés de vie qui vont droit au cœur. Pour ce sixième album, auxquels il faut ajouter les deux publiés pour le projet Frère animal, à 47 ans Florent Marchet est au sommet de son art avec ces 13 chansons souvent poignantes, d'une justesse au cordeau, avec en contrepoint une évidente majesté de musicien à la richesse mélodique et harmonique qui vient aérer un propos très réaliste. Vibrant et magnifique.

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La vibrante et envoûtante pop-folk de Sharon Van Etten

Publié le par Michel Monsay

La vibrante et envoûtante pop-folk de Sharon Van Etten

Le sixième album, de l'une des plus belles voix du rock indépendant américain, concrétise un certain équilibre entre le folk-rock habité des premiers disques et un désir d’émancipation pop. Sharon Van Etten ne chante plus ses relations toxiques, la colère a cédé au doute et à une certaine mélancolie. Loin de faire fausse route, comme le suggère le titre de l’album, "We’ve Been Going About This All Wrong", Sharon Van Etten s’affirme comme une figure essentielle du rock introspectif, par la grâce des mélodies et des arrangements, et l’intensité d’un chant entre majesté et sobriété. L’Américaine de 41 ans a toujours conservé par ailleurs une saine distance avec les futilités qui viennent avec la célébrité. Écrit et réalisé dans son tout nouveau studio d’enregistrement construit sur mesure dans sa demeure californienne, cet album pose une question existentielle : comment préserver nos valeurs de ces énergies dévastatrices, indépendantes de notre détermination, qui s’acharnent sur nous ? Les textes, de sa plume exquise et incisive, traitent des épreuves de l’existence, des malheurs qui peuvent être aussi terrifiants que transformateurs. On sent une femme blessée face à une planète qui s’obstine à se saborder, face à l’assaut du Capitole par des partisans de Donald Trump, par la pandémie de Covid-19 et par l’invasion russe de l’Ukraine, mais aussi de manière plus personnelle, par les fantômes du passé (violence, désamour, abandon) qui rôdent toujours. Cet album est une pépite sombre aux mélodies frémissantes, que Sharon Van Etten nous offre de sa magnifique voix légèrement grave d'une profonde sensibilité.

L'album s'appelle "We’ve Been Going About This All Wrong". 

Sharon Van Etten sera en concert à la Cigale à Paris mercredi prochain.

Publié dans Disques

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