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Une minisérie diablement efficace

Publié le par Michel Monsay

Une minisérie diablement efficace

Mêlant géopolitique, espionnage et aventure intime, l'intrigue de cette minisérie de six épisodes tient en haleine de bout en bout. Régulièrement, la BBC nous offre d'excellents thrillers, comme "Bodyguard" il y a un peu plus d'un an, et ce "Vigil" est une magistrale leçon de suspense qui se déroule en partie dans l'univers oppressant d'un sous-marin. La réalisation met judicieusement l'accent sur cette tension propre à l'espace exigu, au confinement, à l'aspect anxiogène du décor. L'enquête policière qui est au centre de cette série, outre les nombreux rebondissements, a l'originalité d'être menée par deux femmes, une sous l'eau et l'autre sur terre, sans quasiment pouvoir communiquer, mettant ainsi le spectateur en position de glaner les informations de part et d'autre pour reconstituer le puzzle. Les deux comédiennes, ainsi que l'ensemble de la distribution, sont très convaincantes et participent pleinement à la réussite de cette minisérie, dont la construction mêle habilement les avancées de l'enquête avec des flashbacks sur la vie des deux inspectrices. Menée tambour battant, "Vigil" donne aussi à voir la vie très particulière et pour le moins stressante de ces hommes et quelques femmes à bord de ces sous-marins nucléaires, et nous passionne avec ses différentes intrigues, notamment l'escalade des enjeux géopolitiques en arrière-plan qui monte crescendo, mais aussi les différents scandales qui ont secoué la marine britannique.

Vigil est à voir ici ou sur l’application Arte de votre télé.

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Au-delà de son talent, un artiste irrésistiblement touchant

Publié le par Michel Monsay

Au-delà de son talent, un artiste irrésistiblement touchant

La vague d’émotion unanime suscitée par sa disparition, le 18 janvier 2021, n’aura surpris que ceux qui n’avaient pas saisi à quel point Jean-Pierre Bacri parlait à chacun de nous. Insensible aux flatteries et aux honneurs factices, prêt à toutes les colères dès lors qu'il fallait s'élever contre les injustices et la bêtise, il était tout à la fois drôle, passionné, pudique, généreux, attentif aux autres et surtout un comédien et un auteur de tout premier ordre. Son palmarès est éblouissant : Avec Agnès Jaoui, 4 Césars du meilleur scénario et un Prix au Festival de Cannes, 1 César du meilleur acteur dans un second rôle pour "On connaît la chanson" et un César d'honneur pour l'ensemble de sa carrière, 3 Molières avec Agnès Jaoui pour "Cuisine et dépendances" et "Un air de famille", 1 Molière du meilleur acteur pour "Les femmes savantes", auxquels s'ajoutent de nombreux autres prix et nominations. A travers des images d'archives, des extraits de ses films et pièces, des interviews de lui et de ses proches, ce documentaire très émouvant dresse un portrait lucide et attentionné de cet homme qui détestait les contraintes et les préjugés, et qui derrière son air bougon était un très fin observateur de nos mœurs et nos comportements qu'il moquait admirablement avec Agnès Jaoui. Il incarnait parfaitement des rôles d’antihéros râleurs et désabusés mais profondément humains, qui nous touchaient énormément et avaient contribué à son immense popularité. C'est peu dire qu'il nous manque.

A voir ici ou en replay ou sur l’application FranceTv.

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Toutes les facettes de ce champion d'exception

Publié le par Michel Monsay

Toutes les facettes de ce champion d'exception
Toutes les facettes de ce champion d'exception

A l'image du superbe documentaire sur Charlie Chaplin il y a quelques jours, celui sur Mohamed Ali fera également référence en la matière. Divisé en quatre parties d’une durée totale de sept heures, ce film est une formidable immersion dans la vie du champion, considéré par beaucoup comme l'un des plus grands athlètes de tous les temps. L'épopée que nous propose Ken Burns, auteur de plusieurs documentaires fleuves notamment sur la guerre du Vietnam, de Sécession, sur le baseball ou le jazz, retrace la vie sur le ring de Mohamed Ali, ses entraînements, ses adversaires. Comme jamais, le documentariste explore également sa vie intime, avec le témoignage de trois de ses ex-épouses et de ses filles, ainsi que la dimension politique et spirituelle de ses luttes pour les droits des Noirs, relevant le défi de captiver les passionnés de boxe comme les néophytes. S’il n’avait été qu’un exceptionnel athlète, à la grâce folle, à l’audace sidérante, au punch fracassant et au palmarès impressionnant, cela aurait déjà été largement suffisant pour en faire un mythe, mais en plus de tout cela, Mohamed Ali est devenu un symbole mondial de liberté et de courage, un pionnier révolutionnaire, charismatique et flamboyant. Ken Burns n'élude pas pour autant la part d'ombre du champion, notamment ses nombreuses infidélités, et contribue ainsi à dresser un portrait à la dimension de cet homme aux mille visages, qui était aussi un orateur exceptionnel, provocateur et facétieux. De ses débuts jusqu’à sa fin déchirante, quand la maladie de Parkinson le détruisait à petit feu, en passant par son refus de combattre au Vietnam, quitte à perdre non seulement son titre de champion du monde mais également la possibilité de boxer durant trois longues années et même à risquer la prison, en passant par sa conversion à l’Islam, changeant son patronyme, démontrant par l’exemple son droit incontestable au libre-arbitre, ce documentaire passionnant fait le tour de la légende Ali et nous permet de comprendre le cheminement de l'homme dans toutes ses dimensions.

A voir ici ou sur l'application Arte de votre télé.

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A jamais le plus grand

Publié le par Michel Monsay

A jamais le plus grand

Trois années de travail pour aboutir à ce documentaire, qui restera une référence sur la vie de ce génie du cinéma. Il faut dire que les deux auteurs, Yves Jeuland et François Aymé, de par la fine analyse de la vie de Chaplin et la qualité du contenu de leur documentaire, réalisent un sans-faute sur un sujet pourtant déjà maintes fois traité. Plusieurs raisons à cette réussite : Le format inhabituel de deux heures trente minutes permet de bien comprendre la vie et la puissance de l'œuvre du cinéaste, en puisant dans l’une de quoi éclairer l’autre. Le pari du tout archives, point d'intervention de spécialiste ou de témoin, ce qui honnêtement fait du bien, tant ce procédé est systématique, est un bonheur ininterrompu alimenté de nombreux documents privés, inconnus ou inédits, ainsi que de non-moins nombreux extraits de ses films, de ses premières apparitions à ses chefs-d'œuvre, avec une très belle qualité des images, qui ont été récemment restaurées. Le fil rouge de ce portrait, c’est l’audace, le culot, le courage artistique et politique de Chaplin. Il était un travailleur acharné aussi, un homme consciencieux, obstiné, obsédé par le contrôle. Il ressort également au fil de cette biographie, son inquiétude. Charlie Chaplin avait peur de passer de mode. Il nourrissait un profond complexe social, lui qui n’est presque pas allé à l’école. Honteux de son niveau de culture, il était en revanche très sûr de lui sur le plan artistique. Celui qui fut acteur, cinéaste, auteur, scénariste, producteur, compositeur, chorégraphe n’a jamais douté de son talent. Bien lui en a pris au regard de l'œuvre majeure qu'il nous laisse, intemporelle, humaniste, irrésistiblement drôle ou profondément émouvante. Le comportement des États-Unis à son égard a été pitoyable, comme peut l'être ce pays par moments. Ce superbe documentaire nous offre le plaisir conjugué de la découverte et des retrouvailles avec cet artiste qui au-delà de son génie a toujours su préserver sa liberté, quitte à déplaire aux puritains et aux conservateurs.

A voir ici ou sur l'application FranceTv de votre télé.

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Un chanteur populaire à l'autodérision et l'humour rares

Publié le par Michel Monsay

Un chanteur populaire à l'autodérision et l'humour rares

On pense tout connaître d'Enrico Macias : sa vie, ses chansons, son engagement pour la paix. Mais il existe des facettes plus inattendues de l'artiste : son autodérision, son humour et sa fantaisie. Des talents que  Maritie et Gilbert Carpentier ont mis en valeur dans leurs émissions de variétés, dès les années 1970, à l'occasion de parodies désopilantes. Ce goût pour la comédie lui a ouvert les portes du cinéma, à plus de soixante ans, dans le film «La vérité si je mens». Artiste œcuménique et virtuose, il chante dans toutes les langues. À la télé, il a su au fil du temps devenir ce qu’on appelle un bon client. Un invité qui n’hésite pas à donner de sa personne pour faire le show sur les plateaux. Cela fait 60 ans qu’on le voit occuper le petit écran, il fait partie de nos vies de téléspectateurs. Difficile, donc, de faire un documentaire sur le chanteur sans répéter ce que l’on a déjà entendu ailleurs. Difficile, oui, mais pas pour Mireille Dumas, spécialiste des récits de vedettes et qui a réussi dans ce film à éviter l’évidence. Par exemple, vous ne l’entendrez pas s’épancher sur l’Algérie ou sur l’exil puisqu’on sait déjà tout de son positionnement sur ces sujets. Ce doc qui s’appelle d’ailleurs "Enrico Macias, l’inattendu" ne tombe pas dans la caricature, il présente le chanteur pour ce qu’il est, un artiste populaire qui a donné toute sa vie pour le spectacle. Et puis, ce documentaire nous rappelle qu’Enrico Macias a réussi un coup de force. S’imposer comme un pilier de la grande famille de la variété française avec sa gueule d’oriental, son accent et sa culture. Il a réussi à faire en sorte que toutes les composantes de son identité soient des marqueurs de notre culture à tous. Rire et émotion sont au programme de ce documentaire qui m'a évoqué le souvenir de ma chère grand-mère.

A voir ici ou sur l’application FranceTv de votre télé.

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Le fascinant souffle romanesque et noir de Dickens

Publié le par Michel Monsay

Le fascinant souffle romanesque et noir de Dickens

On connait surtout de David Lean, sa période hollywoodienne et ses trois immenses succès que sont Le pont de la rivière Kwaï, Lawrence d’Arabie et Le docteur Jivago, mais avant cela le cinéaste a réalisé quelques très beaux films dans son Angleterre natale. Deux ans avant sa version d'Oliver Twist, David Lean s’affirmait déjà comme le meilleur adaptateur de Charles Dickens à l’écran avec cette splendide version des Grandes Espérances. Respectant à la fois la lettre et l’esprit de ce grand roman initiatique, il ne se contente pas d’en illustrer les péripéties, il entremêle génialement extérieurs et décors de studio, expressionnisme et classicisme, selon les besoins du récit. Le cinéaste use d’une imagerie romantique, quasi fantastique par moments, et retranscrit merveilleusement l’univers de Dickens, notamment dans le Londres grouillant de vie du XIXe siècle. Aussi remarquable directeur d’acteurs que technicien, David Lean révèle dans ce film Alec Guinness alors débutant et la délicieuse Jean Simmons, tous deux tenant ici des seconds rôles mais dont on connait la très belle carrière qui les attend. Si ce film de 1946 n'est pas le plus connu de David Lean, il gagne à l'être, tant il nous transporte à travers un superbe noir et blanc dans une histoire aux nombreux rebondissements et aux personnages plus complexes qu'ils n'y paraissent.

A voir ici ou sur l'apllication Arte de votre télé.

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Un court-métrage d'une belle force émotionnelle

Publié le par Michel Monsay

Un court-métrage d'une belle force émotionnelle

Dans ce bouleversant petit film, qui fait partie des favoris dans la course au César du meilleur court-métrage 2022, le cinéaste et comédien Maxime Roy filme avec sensibilité le combat d’une femme pour rester à flot. Au chômage, enceinte de huit mois, elle lutte contre les pressions constantes de sa mère, de son compagnon, de Pôle emploi et contre une précarité qui semble inévitable. Le film regorge de très beaux plans au plus proche des comédiens, particulièrement la formidable Clara Ponsot, interprète d'une émouvante justesse, qui évite l’écueil du larmoyant et du misérabiliste. Avec un regard naturaliste, le cinéaste capture la dureté d’un système qui ne laisse aucune chance aux plus démunies. Un court-métrage peut avoir la puissance d'un long et nous procurer des émotions aussi fortes, on aurait tendance à l'oublier.

A voir ici ou sur l'apllication Arte de votre télé.

Publié dans Chroniques, replay

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Un bel hommage à la folie élégante de ces trois acteurs irrésistibles

Publié le par Michel Monsay

Un bel hommage à la folie élégante de ces trois acteurs irrésistibles

Ils étaient d'immenses comédiens, Philippe Noiret, Jean-Pierre Marielle et Jean Rochefort ont tellement marqué le cinéma français qu’on ne peut penser à la France des cinquante dernières années sans les retrouver si présents dans notre imaginaire. Trois doux dingues issus de la moyenne bourgeoisie de province, qui avaient fui l’ennui. Ce trio de farfelus perclus de doutes et de complexes était lié par une solide amitié qui datait de leurs débuts chaotiques. Tous les trois étaient un peu désolés par leur physique, et ont su en faire un atout, un outil pour insuffler de l’humanité dans leurs rôles, pour incarner des gens « normaux ». Au fil de ces personnages qu'ils incarnaient, ils vont devenir dès les années 70 des acteurs populaires à l’aise dans tous les genres, et vont s'installer durablement dans la vie des français. Séducteurs et râleurs, bons vivants et beaux-parleurs, attachants et ordinaires, ils peuvent tout jouer : les cons magnifiques, les beaufs minables, les bourgeois, les aristos, les aventuriers. Leur bonne humeur est contagieuse, leurs colères sont superbes et leur optimisme irrésistible. Jouer, oser, se régaler semblait être leur inusable devise. A travers des extraits bien choisis de leurs films, des archives rares et des entretiens avec des acteurs et réalisateurs qui les ont bien connus, ce documentaire nous raconte, par la voix d'Antoine de Caunes, l'épopée joyeuse de cette mythique bande de copains, en suivant au gré des décennies le fil ininterrompu de leur amitié. Quel plaisir de les revoir.

A voir ici ou sur l'application FranceTv de votre télé ou ordinateur.

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La modernité d'un grand classique

Publié le par Michel Monsay

La modernité d'un grand classique

Cette nouvelle version de Madame Bovary offre une lecture inédite du chef-d'œuvre de Flaubert, plus sociétale et avec un écho contemporain. En plus de relater l'histoire d'Emma Bovary, le film nous transporte en plein cœur du procès de Gustave Flaubert, qui avait été jugé pour outrage à la moralité publique et religieuse et aux bonnes mœurs en 1857, après la publication de son ouvrage. Grâce aux nombreux allers-retours entre plaidoiries et scènes du roman qui structurent le téléfilm, Emma Bovary devient une héroïne féministe et non plus une figure de transgression. Le film évoque de nombreux thèmes qui retentissent encore dans notre époque, tels que la sexualité, le couple, la maternité, la condition de la femme, les déceptions amoureuses, les ambitions inachevées... Plus l’héroïne s’affirme, plus elle devient dangereuse aux yeux de la société. Ce qui lui vaut les attaques, réelles, du procureur Ernest Pinard, joué par Laurent Stocker, le même qui s’attaquera, quelques années plus tard, aux « Fleurs du mal », de Baudelaire. À ce jeu, Camille Métayer, interprète passionnée d’Emma Bovary, est impeccable, de même que Thierry Godard dans le rôle de son mari. La grâce enfantine de la comédienne, qu’on voit pour la première fois à l’écran, se mue petit à petit en sensualité affirmée. On réalise soudain que si Emma Bovary avait été un homme, il n’y aurait pas eu de procès, peut-être même pas de livre. Le suicide d’Emma Bovary prend le goût amer d’un féminicide, dont la société tout entière serait coupable.

Pour voir le téléfilm, c'est ici, ou sur l'application FranceTv de votre télé.

En voici un extrait très parlant :

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Un joli conte fantaisiste et féministe

Publié le par Michel Monsay

Un joli conte fantaisiste et féministe

Ceux qui connaissent l'œuvre de Valérie Donzelli savent que tout peut arriver dans son univers. Pour sa première incursion dans le petit écran, cela se confirme avec cette mini-série où une famille est bouleversée par l’annonce de la grossesse de Nona, 70 ans et déjà mère de trois filles. Voilà le point de départ de ce conte aussi surréaliste que drôle, tendre et touchant sur la maternité et le combat des femmes pour le droit à disposer de leur corps. La cinéaste aime être un peu décalée dans son propos et faire un pas de côté vers le burlesque comme pour mettre un voile de pudeur sur ce qu'elle raconte. Et ici, le thème principal est la sororité, que Valérie Donzelli voulait aborder, à la fois pour témoigner que cela existe au quotidien, mais aussi pour s'inscrire dans la veine de films qui l'ont marquée comme Thelma et Louise ou Hannah et ses sœurs, sur la relation entre les femmes, une relation de solidarité, d’écoute, de gentillesse, de générosité. La série n’est pas pour autant un pamphlet anti-mecs, on n’est pas dans un procès où la sororité ne serait que l’expression de la colère que les femmes auraient envers les hommes, et c’est pour cela qu’elle fonctionne. Sous ses atours vintage, du décor à la musique, comme dans les partis pris de la réalisation truffée de clins d’œil, cette série à la tonalité parfois mélancolique se révèle être un conte très contemporain et, mine de rien, assez politique sur la famille, interprété par une distribution irréprochable et dont la maîtrise dramaturgique nous fait adhérer totalement à cette histoire. Valérie Donzelli a réussi une odyssée chorale féministe et espiègle, aussi originale qu’émouvante.

A voir ici ou sur l'application Arte de votre télé.

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