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Admirable Robert Badinter

Publié le par Michel Monsay

Admirable Robert Badinter

Durant 45 minutes, Robert Badinter, invité exceptionnel de l'émission C ce soir, délivre à 93 ans une parole rare et si précieuse d'une remarquable lucidité sur la peine de mort, la responsabilité de Pétain et de Vichy sur le sort des juifs, la laïcité comme synonyme de liberté, égalité et fraternité, mais aussi son histoire personnelle. Le vieux lion rugit toujours dès lors qu'on le lance sur des sujets qu'il porte en lui viscéralement, et c'est remarquable d'intelligence et d'humanité. Merci Monsieur Badinter d'avoir existé et de continuer à porter ces valeurs qui sont le socle de notre démocratie, sans jamais vouloir tirer la couverture. Si seulement les politiques pouvaient prendre exemple, et toutes les personnes qui se laissent berner par des discours démagogiques et dangereux pouvaient écouter vos paroles lumineuses et essentielles.

L'entretien est à voir ici ou sur le replay de France 5.

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Exceptionnel spectacle de flamenco classique et contemporian

Publié le par Michel Monsay

Exceptionnel spectacle de flamenco classique et contemporian

Il est très rare à la télévision de voir des spectacles de flamenco. C’est l’irradiante Maria Pages qui mène la danse dans son superbe spectacle « Una Oda al Tiempo ». En douze tableaux, Maria Pages et les membres de sa compagnie font vibrer les planches de la scène du Teatro campoamor à Oviedo, en Espagne. Toutes les formes du flamenco nous sont ici présentées sous le thème du temps qui passe inexorablement. Un spectacle puissant, à la sensualité débordante. María Pagés a fait de la danse et du flamenco sa patrie poétique. Créatrice infatigable, iconoclaste par nature, elle est une pionnière qui considère le flamenco comme un art en constante évolution, vivant et contemporain, sans jamais renoncer à l’utilisation des codes fondamentaux de la tradition. Prix National de Danse et Médaille d’Or des Beaux-arts en Espagne, María Pagés a débuté sa carrière professionnelle auprès du grand Antonio Gades, et aujourd'hui à 58 ans elle continue de se produire avec sa compagnie dans le monde entier. Entourée de huit danseurs et sept musiciens, elle nous offre ici un spectacle très visuel où le travail de lumière prend une place essentielle pour magnifier une chorégraphie et une scénographie à couper le souffle. La musique est omniprésente durant les douze tableaux, où tous les styles de flamenco s'enchaînent, et par moments des éléments de musique classique viennent s'intégrer à la partition. Maria Pages dépoussière le flamenco et le rend vibrant de modernité dans ce spectacle fascinant traversé de moments de joie, de tristesse, d'exaltation, de mélancolie, de solitude et de fraternité, c'est somptueux.

A voir uniquement aujourd'hui ici ou sur l’application FranceTv de votre télé.

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Emouvant portrait d'un grand homme

Publié le par Michel Monsay

Emouvant portrait d'un grand homme

Dans ce documentaire, le réalisateur Romain Icard revient sur les principaux obstacles à l’abolition de la peine capitale en France, qui fête ses 40 ans, et éclaire l’origine de l’engagement de son principal artisan, Robert Badinter. On a aujourd’hui oublié combien le combat pour l’abolition de la peine de mort avait été d’une violence inouïe, Robert Badinter n’avait que des coups à prendre dans cette lutte, d’abord judiciaire puis politique. S’il s’y plonge, c’est par conviction, bien sûr, mais aussi parce qu’il se fait une haute idée de la République française. Ce film nous permet de comprendre d’où lui venait cet amour indéfectible pour son pays, en mettant en lumière les ressorts intimes de son engagement. Robert Badinter est le reflet de son époque et les combats qu’il a mené, pas seulement l’abolition de la peine de mort, trouvent bien souvent leur source dans des blessures plus anciennes, principalement le 9 février 1943, lorsque le jeune Robert qui a 14 ans, assiste impuissant à l'arrestation par les hommes de Klaus Barbie de son père Simon, déporté et gazé à Sobibor. Le documentaire montre aussi comment l’avocat, spécialisé dans le droit des affaires, est devenu « l’honneur de la gauche » et une figure incontournable de la Ve République. La vie de Robert Badinter est une leçon pour mieux comprendre le passé, et un récit qui éclaire comme rarement ce que veut dire le mot engagement. Profondément humaniste et passionné par la Justice, il marquera  son ministère par de nombreux autres combats, avant de se retirer doucement de la sphère politique et refuser un destin qui aurait pu être national. Quel dommage qu'il n'ait pas accepté. Ce très beau documentaire déploie les événements privés et professionnels qui ont forgé le sens de la justice de Robert Badinter, narrés par Elsa Lepoivre, de la Comédie française, avec les interventions d'Elisabeth Badinter, de Robert Badinter en voix-off, et de ses amis et collaborateurs.

Le documentaire est à voir sur le replay de France 3 ou ici

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Magnifique documentaire sur une expédition fascinante

Publié le par Michel Monsay

Magnifique documentaire sur une expédition fascinante

Battue par les vents des cinquantièmes hurlants, plongée sous la pluie trois cents jours par an, l’île de Madre de Dios en Patagonie, est restée jusqu'en 2010 totalement inexplorée et n’est connue que grâce à une série d’explorations initiées par l’association française Centre Terre. Ce film raconte la dernière expédition en date, qui a réuni, début 2019, quarante-trois scientifiques, très sportifs pour la plupart, suffisamment fous et passionnés pour autofinancer cette périlleuse aventure. Leur mission : déchiffrer et comprendre l’histoire géologique unique de cette île inhospitalière, ceinte de gigantesques « glaciers de marbre ». Deux mois durant, cette équipe franco-chilienne de spéléologues, géologues, ­botanistes, archéologues et plongeurs a donc arpenté et scruté l’île sous tous ses angles pour en découvrir les secrets. Au cœur d’une forêt aux allures de décor de science-fiction, les chercheurs se réjouissent comme des enfants : « Et dire que c’est l’une des dernières forêts primaires de la planète. C’est un peu l’enfer et le paradis en même temps », s’exclame le géomorphologue Stéphane Jaillet, qui partage avec le géographe Richard Maire la direction scientifique de l’expédition. Filmé au plus près de ces chercheurs à l’étoffe de héros, dans leurs périples montagnards, souterrains et sous-marins, ce palpitant documentaire nous fait parfois trembler au vu des risques pris par les protagonistes, et livre avec beaucoup de justesse la dimension vivante et humaine de cette aventure scientifique aux conditions extrêmes sur cette île d'un autre monde.

A voir ici .

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Un docu-fiction très original

Publié le par Michel Monsay

Un docu-fiction très original

Face caméra, fixant posément l’objectif, les comédiens interprétant Danton, Marat, Robespierre ou Desmoulins, pour ne citer qu’eux, expliquent leurs actions, exposent leurs craintes, développent leurs espérances. On est loin des documentaires ampoulés avec le témoignage d'experts qui se succèdent et parfois nous endorment. Ce procédé couplé à des scènes d’actions caméra à l’épaule, des séquences en immersion au cœur de quartiers populaires parisiens et d’étonnantes images d’archives créées grâce à des gravures d’époque, colorisées, animées et sonorisées, font de cet ambitieux documentaire scindé en deux parties (Entre peur et espérance, 1789-1791 puis De l’ardeur à l’effroi, 1792-1795) une réussite. Filmer la Révolution française comme un reportage, avec des apartés des protagonistes célèbres ou anonymes, nous plonge au cœur de cet événement de notre Histoire en renouvelant complètement l'écriture documentaire. Notamment en sentant la présence de la caméra dans les images de fiction, où les comédiens, très impliqués, l'interpellent par moments. Pour montrer toute la complexité de la période, le réalisateur met en avant des personnages qui défendent des voies différentes et changent parfois de position en cours de route. Réaliste et très documentée, cette reconstitution pédagogique et surprenante, qui nous est contée par l'excellent Philippe Torreton, réussit à abolir la distance temporelle de l'événement historique en nous le rendant très présent.

A voir ici ou sur l'application FranceTV de votre télé.

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Le difficile exercice du pouvoir

Publié le par Michel Monsay

Le difficile exercice du pouvoir

Ce documentaire offre un moment de rare sincérité dans le monde politique, plus habitué à la langue de bois, et l’une des principales vertus du film est qu'il donne à voir l’usure du pouvoir, l’extrême pénibilité du métier de chef du gouvernement. Edouard Philippe répond à son vieux camarade de lycée, le documentariste Laurent Cibien, qui après l'avoir filmé au Havre et dans l'ombre d'Alain Juppé, le retrouve au coeur du pouvoir à Matignon. Entre familiarité et gravité, légèreté et tragique, les confidences se succèdent, dessinant le portrait d’un homme aux multiples facettes, qui se dévoile peu à peu, et dont les propos sont parfois prémonitoires. Ainsi, évoquant un jour de l’automne 2018 les contraintes du réel et les arbitrages à opérer entre économie, santé, écologie, il prononce une phrase qui résonne étrangement aujourd’hui : « Peut-être que dans cinq ans on me reprochera de ne pas avoir augmenté les efforts dans la recherche médicale, parce qu’il y aura un virus qu’on n’a pas vu venir. » De mai 2017 à juillet 2020, Laurent Cibien franchira trente-trois fois le porche de la rue de Varenne, son pesant matériel de tournage sur le dos, pour discuter dans le même cadre, sous le même lustre, les mêmes dorures, des événements saillants des dernières semaines. Au total, il aura tourné 250 heures dont il extraira deux heures 54, où en plus des entretiens mensuels, le documentariste aura filmé le Premier Ministre en se faisant oublier, lors de déplacements ou à Matignon, en obtenant des moments volés comme on en voit quasiment jamais. Au fil du temps, Edouard Philippe est délesté de son assurance flegmatique, il est moins prompt à blaguer, faisant face aux différentes crises et à l'énorme charge de travail, de responsabilités et de décisions à prendre, il semble presque soulagé de pouvoir se confier à cette caméra familière, et laisse paraître une sensibilité qu’on ne lui soupçonnait pas. Tout à la fois réflexion sur la fabrication d’une carrière politique et portrait d’un homme qui a voué sa vie à un but, exercer des responsabilités au plus haut niveau de l’État, ce documentaire montre au final le quotidien d’un Premier ministre souvent malmené par les événements, mais qui au final restera comme le meilleur Premier Ministre de ces vingt dernières années.

Le documentaire est à voir ici ou sur l’application FranceTV de votre télé.

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La voix puissante de l'Afrique

Publié le par Michel Monsay

La voix puissante de l'Afrique

Angélique Kidjo a remporté quatre Grammy Awards, s’est produite devant les plus grands chefs d’Etat, et fait partie de la playlist fétiche de Barack Obama. Depuis plus de trente ans, la chanteuse béninoise s’est taillé une place de choix au panthéon des divas en enflammant la planète avec ses rythmes endiablés. Convaincue qu’ « il faut désacraliser la musique sinon elle meurt », elle a révolutionné la world music en mixant ses inspirations traditionnelles africaines avec le jazz, le funk, la rumba... Et porté haut et fort la voix de l’Afrique. Ce documentaire foisonnant revient sur son parcours prodigieux, de sa naissance, deux semaines avant l’indépendance du Bénin proclamée le 1er août 1960, une facétie de l’histoire qui lui a valu d’avoir la nationalité française pendant quinze jours, à ses 60 ans, célébrés le 14 juillet dernier sous la tour Eiffel, en interprétant « la Marseillaise », à l’invitation d’Emmanuel Macron. Élevée dans une famille de musiciens, celle qui déclare avoir « le rythme absolu » comme d’autres ont l’oreille absolue revient sur ses influences : Billie Holiday et Ella Fitzgerald, qui lui ont permis de réaliser que « les femmes noires ont le droit de faire des albums », la chanteuse d’origine sud-africaine Miriam Makeba, qui fut un déclencheur de sa vocation, ou encore la reine de la salsa Celia Cruz, qui lui a ouvert la voie en lui montrant comment on peut évoluer en tant que femme dans un monde d’hommes et « être la patronne ». Féministe engagée, ambassadrice de l’Unicef, avocate d’une Afrique qui se tient debout, la musicienne est aujourd’hui reconnue comme l’une des 100 femmes les plus influentes du monde. Installée à New York, à la recherche perpétuelle de nouveaux sons, elle cultive une énergie inégalable mise au service de collaborations prestigieuses et originales, que ce soit avec Peter Gabriel, Ibrahim Maalouf ou Philip Glass. Un documentaire à la mesure de cette reine africaine à la voix d’or.

Le documentaire est à voir ici ou sur l'application FranceTv de votre télé.

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Un trait de génie

Publié le par Michel Monsay

Un trait de génie

Pour la première fois, la maison Dior ouvre ses archives et dévoile un trésor incommensurable devant l’œil de la caméra de l'excellent Loïc Prigent. De 1947 à 1957, Christian Dior a dicté la mode et complètement transformé la silhouette féminine. De cette époque, il reste bien sûr des pièces, mais surtout des dessins que les artisans de Dior consultent encore pour les créations d’aujourd’hui. Ces magnifiques croquis, certains connus et d'autres inédits, se retrouvent dans cet émouvant documentaire. Loïc Prigent, de sa voix si reconnaissable, retrace ici l’histoire du couturier au travers de ses esquisses, des premiers chapeaux qu’il a dessinés dans les années 1930 aux robes du New Look qui l’ont rendu si célèbre. Dans ces archives auxquelles le documentariste a eu accès, on trouve les dessins de chacune des deux collections de mode livrées chaque saison par le couturier, de 1947 à sa mort, mais aussi des esquisses et des projets qu’il croquait d’un trait sûr et inspiré sur le support qui lui tombait sous la main. Entreposés dans un bunker à une adresse tenue secrète, ces documents précieux sont montrés à des historiens de la mode, des journalistes, à l’une des biographes du couturier, aux archivistes de la maison et à quelques unes de ses collaboratrices comme Odile Kern, son mannequin fétiche, et la pétulante Anne-Marie Gossot, 93 ans, qui fut sa première d’atelier. Grâce à des anecdotes d’atelier, une analyse précise de chaque coup de crayon et des témoignages de ceux qui ont côtoyé l’artiste de près, nous nous rapprochons un peu plus du génie de Dior. 

A voir ici ou sur le replay d'Arte ou sur l'application d'Arte sur votre télé.

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Joli téléfilm sur le déterminisme social

Publié le par Michel Monsay

Joli téléfilm sur le déterminisme social

Cette fiction très touchante montre sans pathos ni misérabilisme les difficultés rencontrées par celles et ceux qu’on appelle transfuges de classe, le combat qu’il leur faut mener avec soi-même et contre leur entourage.  Dans un monde où l'origine sociale prime encore trop souvent sur le mérite, ce téléfilm réaliste et sensible, au plus proche de ses personnages, interroge le système de l'égalité des chances et les moyens mis en œuvre pour aider les jeunes à prendre leur destin en main, où la réussite de quelques-uns dépend souvent d'une volonté collective de croire en un avenir meilleur. Ce récit initiatique très sobre, tout en subtilité et en délicatesse, suit avec pudeur le parcours de ses héroïnes. Entre obstacles et revers, la lumière et l'espoir ne sont jamais loin, ce qui donne à la fiction toute sa force, d'autant que les jeunes comédiennes sont très justes, de même que Déborah François dans le rôle d'une CPE très investie dans sa mission. Ce téléfilm est aussi, à travers le personnage de la mère de l'héroïne, un hommage à toutes ces femmes qui osent défier le patriarcat.

Pour voir Les héritières, c'est ici ou sur l'application Arte de votre télé.

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Délicieuse comédie estivale

Publié le par Michel Monsay

Délicieuse comédie estivale

A la suite des bouleversements induits par la pandémie, c’est à la télévision qu’on découvre finalement ce très joli film de Guillaume Brac, qui devrait néanmoins sortir en salles au mois de juillet. Le cinéaste de 44 ans a une poignée de films à son actif, dont "Un monde sans femmes", et son univers est un mélange d'Eric Rohmer, Pascal Thomas et Jacques Rozier. Il y a une insouciance loufoque, une finesse de touche, un laisser-filer sentimental, une pulsation de la vie qui va, une sensation de brise dans les narines, un goût de la divagation, de la tendresse, de la liberté, qui font de ce film un petit miracle, une bulle de fraîcheur qui nous donne le sourire et nous touche. Les jeunes acteurs, élèves au Conservatoire national supérieur d'art dramatique de Paris, sont particulièrement convaincants, notamment Ana Blagojevic, Salif Cissé et Edouard Sulpice. Le cinéaste aborde la diversité et le rapport de classe avec une remarquable intelligence, un naturel confondant, autorisant ainsi le spectateur à s’en ficher comme de l’an quarante. La seule couleur qui vaille ici est celle du sentiment. Une belle réussite.

A voir ici ou sur l'application Arte de votre télé ou normalement en juillet au cinéma.

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