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Une série drôle, rythmée et osée

Publié le par Michel Monsay

Une série drôle, rythmée et osée

Si des œuvres comme l'excellente série The Deuce ont déjà exploré l'essor de l'industrie du porno au début des années 70, pour en montrer les dangers et la violence qui en découle, la scénariste Ellen Rapoport a décidé de traiter le sujet sous un angle bien différent avec Minx, une série féministe sur le porno. Cette époque féconde de la presse écrite est une toile de fond pour aborder le début d’une prise de conscience collective sur l’émancipation des femmes. Les premiers épisodes montrent comment le point de vue d’une femme sur la sexualité pouvait secouer une société qui n’avait pas vraiment absorbé la révolution des sixties. Ils montrent aussi comment le capitalisme américain règne en maître, peu regardant sur les contenus mais exigeant de tous une rentabilité immédiate. En plus de son propos, Minx séduit grâce à sa forme, autant pour la mise en scène que la construction. Avec ses épisodes courts, la série arrive à trouver le rythme parfait dans une ambiance électrique et esthétique typique de ces années-là. Minx trouve la parfaite balance entre son intrigue principale et ses sous-intrigues, notamment dédiées aux personnages secondaires en leur donnant une réelle épaisseur, ce qui n'est pas une chose très courante. En plus du duo principal formé par le roi du porno et la féministe affirmée, une association déjà savoureuse, tout le casting est fameux. C'est la charismatique Ophelia Lovibond qui interprète le rôle principal avec un sens de la comédie redoutable, notamment lors de ses échanges délicieusement houleux et cinglants avec Jake Johnson. Leur duo, que tout oppose, s'épanouit dans des dialogues sous forme de passe d'armes savoureux, écrits avec caractère et sans pudeur, générant beaucoup d'éclats de rire et parfois même de l'émotion. En osant tout et en ne se refusant rien, Minx est une bouffée d’air enthousiasmante dans l'univers souvent formaté des séries.

Minx saison 1 et 2 est à voir ici sur OCS pour 10,99 €, un mois d'abonnement sans engagement qui permet de voir aussi les séries et films de l'offre OCS.

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Émouvante amitié au cœur des Alpes italiennes

Publié le par Michel Monsay

Émouvante amitié au cœur des Alpes italiennes

Prix du jury au Festival de Cannes 2022, voyage existentiel et géographique, récit d’initiation et film d’amitié, cette belle adaptation du superbe livre de Paolo Cognetti chroniqué dans ces colonnes à sa sortie en 2017, est une réussite d’élégance et de sobriété. Situé dans les Alpes italiennes, le film raconte l’histoire d’une amitié indéfectible entre deux gamins que tout oppose mais qui va traverser le temps. Par souci d’authenticité, cette adaptation cinématographique a été tournée en Italie, dans la langue d’origine du roman. C’est un film comme un sentier de montagne, qui grimpe, serpente, et n’hésite pas à prendre son temps. Son chemin est parfois dangereux, sinueux, et à travers cette amitié, Les Huit Montagnes déroule avec poésie deux visions de l'existence : l'errance et l'enracinement. C'est aussi un grand film de paysages, une célébration magnifique de la nature que sublime le directeur de la photographie, Ruben Impens. Les montagnes du Val d’Aoste n’ont jamais été aussi bien regardées. En filmant les relations entre ces deux hommes que l’existence cherche plusieurs fois à séparer sans jamais y parvenir, le cinéaste belge Felix Van Groeningen et sa compagne Charlotte Vandermeersch évoquent le lien vital à la nature, le rapport problématique à la figure du père et mettent en scène une amitié pudique et bouleversante entre deux personnages qui, chacun à leur manière, tentent de trouver un sens à leur vie. Récit à la fois ample et intimiste mis en scène dans un environnement qui remet l’homme à son humble place, c’est l'histoire d'une amitié tendre, sans équivoque, fondée sur le respect mutuel, et où la compétition n’a pas sa place. Même si ce n’est pas toujours facile, chacun respecte la liberté de l’autre. Ce joli film est une ode à la liberté, à contre-courant du monde actuel, qui impose sans ostentation sa poésie entêtante et sa mélancolie tenace.

Les huit montagnes est à voir ici pour 4,99 € en location ou sur toute plate forme de VOD.

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Une satire rétrofuturiste du capitalisme à l’américaine

Publié le par Michel Monsay

Une satire rétrofuturiste du capitalisme à l’américaine

Dans une Amérique des années 1950 fantasmée où circulent robots et voitures volantes, un VRP et ses collègues tentent péniblement de fourguer des maisons sur la lune. Cette série est le portrait mélancolique et tendre d’une équipe de losers courant désespérément après le succès. Au fur et à mesure que leur situation devient critique, ces antihéros se révèlent ambitieux, égoïstes, lâches, mais aussi plus déraisonnables, rêveurs… bref, résolument humains. De nombreuses scènes se déroulent dans les chambres à moquette épaisse d’un motel qu’on croirait surgit d’une toile de Hopper. La série emprunte aussi au naturalisme des illustrations de Norman Rockwell et aux photographies de William Eggleston, qui ont su capturer l’usure du rêve américain.  L'idée d'aller coloniser la lune n'a visiblement rien perdu de son actualité, surtout suite aux annonces encore récentes et un tantinet délirantes d'Elon Musk à ce sujet. Et c'est l'un des points forts de la série qui, même ancrée dans les années 1950, réussit à tisser des passerelles inattendues avec notre présent. Hello Tomorrow ! se savoure comme du petit lait, entre l'écriture ciselée, le décorum luxueux à l'esthétique rétrofuturiste et Billy Crudup dans le rôle principal, qui incarne avec une fragilité déchirante la croyance d’un homme en ses propres illusions, il justifie à lui seul le visionnage de la série. Hello Tomorrow ! distille un charme et une originalité en s’amusant du décalage entre les avancées technologiques fantasmées de l’époque et le conservatisme de ces années 1950-1960. A travers le romantisme de son personnage principal, cette série tisse également un élégant récit autour du progrès et de la croyance en la science et l’avenir. C'est une fable sur l’optimisme forcené encouragé par le capitalisme, capable de transformer la réalité, qui nous embarque dans une histoire folle, bien ficelée, et peuplée de personnages stylés, déjantés et névrosés.

Hello Tomorrow ! est à voir ici pour 6,99 € sur Apple tv, un mois sans engagement ou avec l'essai gratuit qui est proposé.

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Lumière sur la baie des anges

Publié le par Michel Monsay

Lumière sur la baie des anges

Un beau documentaire, précis et incarné par le regard que les artistes ont porté sur cette cité, longtemps italienne. Nice, les artistes et l'azur, c'est un beau titre pour passer la ville des fleurs et des Anglais au fil de ce tropisme particulier qu'est le regard de l'art sur le monde. « Un lieu où la fiction se confond avec le réel. Un lieu où le réel devient image », présente joliment le documentariste Thierry Thomas qui revient sur la naissance de la Côte d'Azur, cette Piémontaise devenue française en 1860 et que le train a créée en 1863 (14 heures depuis Paris). Le Vieux Nice des cartes postales, le casino de la Jetée-Promenade, la rue de Verdun, le tramway qui apparaît place Massena en 1900, est beau comme une scène de Visconti. Lorsque Henri Matisse, l’homme du Cambrésis (Nord), débarque à 52 ans un jour de décembre 1917 à l’hôtel Beau Rivage de Nice avec, pour bagages, une petite valise et une bronchite à soigner, les cieux sont contre lui. Le déluge de vent et de pluie qui s’abat sur la baie des Anges le décourage. Le lendemain, pourtant, devant les persiennes ouvertes, c’est le choc ! Mer et ciel se confondent dans l’infiniment bleu. « Quand j’ai compris que, chaque jour, je reverrais cette lumière, je ne pouvais croire à mon bonheur », écrira-t-il plus tard. Matisse est conquis par cette lumière méridionale qui éclabousse sa palette comme celles de Renoir, Monet ou Bonnard, autres artistes convoqués par Thierry Thomas dans ce beau documentaire érudit et léger.  Il y célèbre les amours de la peinture, mais aussi de la littérature, notamment avec le témoignage de sa sœur l’académicienne Chantal Thomas, et du cinéma, avec la Côte d’Azur, piquant de formules palpitantes comme des papillons les images de cette évocation sensible d’une région qui lui est familière. Cet amateur de peinture, réalisateur de plusieurs documentaires et lauréat du prix Goncourt de la biographie en 2020 pour son livre Hugo Pratt, trait pour trait, nous offre ici une plongée lumineuse sur cette ville si belle et si fascinante.

Nice, les artistes et l'azur est à voir ici ou sur le replay d'Arte.

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Un polar pas comme les autres

Publié le par Michel Monsay

Un polar pas comme les autres

Après des films à l’atmosphère envoûtante, à la lisière du fantastique comme Pique-nique à Hanging Rock,  puis des ­superproductions comme L’année de tous les dangers, l’Australien Peter Weir frappa un grand coup dès son arrivée à Hollywood avec Witness en 1985. Un film qui reste, trente-huit ans après sa sortie, l’une de ses réussites majeures. La figure du petit garçon témoin d’un meurtre et poursuivi par les criminels est un classique du film noir. Witness l’a ­renouvelée en faisant de l’enfant un amish. Le film a révélé au grand public l’existence de ces chrétiens radicaux qui, aux États-Unis et plus particulièrement dans les campagnes de Pennsylvanie, vivent aujourd’hui encore comme au XVIIIe siècle. Les femmes (robe et coiffe obligatoires) ne travaillent pas (ou, alors, à la maison ou aux champs), les maisons n’ont ni électricité ni téléphone et les voitures sont tirées par des chevaux. Peter Weir décrit minutieusement les rites de cette communauté puritaine et non-violente, sans les ridiculiser, plusieurs scènes montrent même l’entraide indéfectible entre ses membres. En 1985, Harrison Ford est une superstar grâce à ses rôles dans Star Wars et Les aventuriers de l’arche perdue. Witness l’a aidé à montrer aux décideurs hollywoodiens qu’il était capable de jouer autre chose qu’un pilote de l’espace ou un explorateur à fouet dans des blockbusters. Face à lui, la belle et émouvante Kelly McGillis, qui n'a pas eu ensuite la carrière à laquelle elle aurait pu prétendre. Peter Weir, avec un sens parfait de la dramaturgie, un œil unique pour les paysages, et en évitant  les clichés, fait de ce polar un poème lyrique très touchant.

Witness est à voir ou revoir ici pour 3,99 € en location ou sur toute plateforme de VOD.

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Impressionnant aveugement amoureux

Publié le par Michel Monsay

Impressionnant aveugement amoureux

Un récit percuté par l’histoire géopolitique du XXIe siècle naissant. Par petites touches pudiques, il dessine, entre certitudes sentimentales et doutes vertigineux, le désarroi puis la détresse de son héroïne, sans jamais forcer le trait psychologique ni appuyer son coup de théâtre final. C’est le portrait impénétrable de quelqu’un qui ne change pas au côté de quelqu’un qui se transforme. Au fil d’un scénario habilement tissé, qui évolue de la comédie romantique au drame psychologique à suspense, la jeune réalisatrice allemande Anne Zohra Berrached ­raconte cinq années de la vie d’un couple où l’amour est confronté, mais aussi résiste, aux secrets, aux non-dits et au déni. La force de Ce qui reste est de s’en tenir exclusivement au point de vue de son héroïne et à son attitude ambiguë vis-à-vis de son compagnon : meurtrie par la radicalisation progressive de celui-ci, la jeune scientifique se révèle incapable de regarder toute la réalité en face, convaincue d’un retour possible au bonheur malgré tout. Cette chronique sensible de l’aveuglement amoureux, mise en scène avec une grande sensualité, doit aussi à ses comédiens, Roger Azar, séduisant par son opacité, et, surtout, Canan Kir, touchante jusque dans les contradictions de son personnage.

Ce qui reste est à voir ici ou sur le replay d'Arte.

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Le portrait sensible d'un artiste qui nous manque énormément

Publié le par Michel Monsay

Le portrait sensible d'un artiste qui nous manque énormément

Derrière l’énergie solaire de Douce France (en 1986) et de Ya Rayah (en 1993), la personnalité radieuse de Rachid Taha éclaire ce portrait poignant d’un artiste mort prématurément voilà exactement cinq ans à six jours de ses 60 ans. Thierry Guedj signe un beau documentaire sur cet autodidacte, chanteur engagé et libre-penseur, qui a exporté sa musique dans le monde entier. Dans un film nourri d’archives originales et d’entretiens de proches, Thierry Guedj, qui a déjà signé les portraits de Prince et de Claude Nougaro, revient sur le parcours atypique de Rachid Taha. Débarqué de son Algérie natale à 10 ans à Sainte-Marie-aux-Mines, en Alsace, ce fils d’ouvrier découvre la littérature à l’adolescence, en faisant du porte-à-porte pour vendre des livres. Quelques années plus tard, alors qu’il travaille à l’usine Therm’x de Rillieux-la-Pape, dans la banlieue lyonnaise, il rencontre les frères Amini. Ensemble, ils fondent Carte de Séjour, un groupe de rock aux influences métissées. Boycottée par les radios car jugée trop arabisante, leur musique, qui parle aux jeunes des quartiers populaires, s’impose dans les circuits underground et les réseaux associatifs. Jusqu’à ce qu’une reprise un brin ironique de Douce France de Charles Trenet ne les fasse connaître du grand public, dans un pays où exclusion et violences racistes explosent. De la grande Marche pour l’égalité et contre le racisme de 1983 à l’énergie black-blanc-beur de la Coupe du Monde 1998, Rachid Taha va produire la bande originale d’une France aux prises avec la montée du FN, et devenir une icône pour la jeunesse issue de l’immigration. Mais des pentes de la Croix-Rousse au boulevard Barbès, puis à Londres où il s’associe avec le producteur Steve Hillage (il en résultera six albums dans lesquels il n’hésite pas à aller fureter du côté de la musique électro), l’artiste refusera toujours d’être enfermé dans le rôle de porte-parole d’une communauté, préférant aller faire résonner ses morceaux aux quatre coins du monde pour y trouver la reconnaissance qu’il méritait ô combien en tant que musicien. Ce documentaire d’une grande tendresse nous installe à ses côtés, comme assis à sa table, savourant son sens de la repartie et son appétit pour la vie. Son charisme éclate autant sur scène que lors d'interviews où il est naturellement sans forcer le trait le porte-voix de l’antiracisme. Si tout le monde connait le fabuleux Ya Rayah, le répertoire de Rachid Taha regorge de sublimes chansons dans lesquelles il a merveilleusement marié le rock, l'électro et la musique orientale, que l'on a toujours un bonheur infini à découvrir ou redécouvrir sur les dix albums qu'il a enregistrés durant sa carrière.

Rachid Taha, rockeur sans frontières est à voir ici ou sur le replay de France 5.

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Un polar monumental

Publié le par Michel Monsay

Un polar monumental

Il y a un avant et un après Heat, en matière d’usage à l’écran des armes à feu, le niveau de méticulosité et de perfectionnisme dont a fait preuve Michael Mann a été tel que certaines scènes ont servi ultérieurement de modèle, aussi bien à de vrais braqueurs qu’à des instructeurs de l’armée américaine. Heat s’est imposé au fil des ans comme un chef-d’œuvre auprès d’un nombre incalculable de cinéastes, signant des succédanés plus ou moins navrants. On pourrait croire que Heat est surtout un thriller glacé et violent. Or c’est aussi une œuvre d’un lyrisme poignant, empreint d’un romantisme noir. Un paradoxe de plus, qui témoigne de sa richesse. Il décrit un monde où les hommes ne sont nullement des héros triomphants, mais plutôt des fantômes accros à leur métier, des monstres d’orgueil enfermés dans une logique meurtrière, fuyant, se cachant en permanence. Ce qui peut les révéler, les faire dévier de leur voie mortifère, en un mot les ramener à la vie ? Les femmes. Fortes, décidées, courageuses. Ce sont elles qui font tomber les masques. Elles sont au second plan, elles n’en sont pas moins essentielles. Une marginalité en opposition au système constitue l'essence même de tous les personnages des films de Michael Mann, depuis Le solitaire interprété par James Caan jusqu'au Tom Cruise de Collateral en passant par le Russell Crowe de Révélations ou encore le Will Smith d'Ali. Les deux protagonistes de Heat n'échappent pas à cette règle puisqu'on trouve d'un côté le flic et son troisième mariage qui bat de l'aile, et de l'autre, le voleur qui ne souhaite désormais plus qu'une chose, se ranger et partir pour les îles aux côtés d'une femme récemment rencontrée qui le fascine. C’est le mélange rare d’hyperréalisme et de sophistication visuelle, de matérialisme et d’abstraction qui donne à Heat sa force irrésistible, auxquels on peut ajouter les qualités narratives, la performance fascinante des acteurs, notamment l’affrontement de deux monstres du cinéma, Al Pacino et Robert De Niro, et bien sûr la mise en scène exceptionnelle de Michael Mann.

Heat est à voir ou à revoir ici pour 3,99 € en location ou ici sur Netfix.

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Palpitante série d'espionnage teintée d'humour noir

Publié le par Michel Monsay

Palpitante série d'espionnage teintée d'humour noir

Slow Horses n’est pas seulement une série d’espionnage avec tout ce qu’il convient d’action, d’enjeux géopolitiques majeurs et de mise en cause de la toute-puissance des services secrets sur la scène internationale. Elle fait aussi pour la première la première fois une incursion dans l’univers du second degré et de la comédie noire, par sa construction même autour de déclassés d’un système supposé sans faille. En résulte une œuvre d’autant plus critique qu’elle est drôle, alors même que le nœud de l’intrigue repose sur un postulat très sérieux. L’écriture est maîtrisée. La réalisation est soignée. L’interprétation est impeccable avec le génial Gary Oldman, mais aussi Kristin Scott Thomas et Jack Lowden notamment, qui sont totalement investis dans leur personnage. Un peu de satire politique, beaucoup de jeux de miroirs dans la grande tradition de la littérature d’espionnage britannique, et quelques séquences spectaculaires, font le sel de Slow Horses. Will Smith (scénariste homonyme du comédien oscarisé en 2022) y insuffle un vent de fraîcheur séduisant au genre en jouant subtilement la carte de l’humour noir. Il prend un malin plaisir à démontrer tout au long des deux saisons de cette série ambitieuse et originale que, dans un espace saturé de data et de vidéosurveillance, rien ne vaut l’expérience du terrain, la roublardise et le flair. En plus la chanson du générique est écrite et interprétée par Mick Jagger.

Slow Horses est à voir ici sur Apple Tv pour 6,99 € un mois d'abonnement sans engagement ou durant l'essai gratuit de 7 jours.

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Le sacrifice d’un père dans une Ukraine livrée à la corruption

Publié le par Michel Monsay

Le sacrifice d’un père dans une Ukraine livrée à la corruption

Hanté par le tragique mais sans cesse secoué par sa vitalité, Le serment de Pamfir a l’ampleur d’un récit biblique qui se métamorphoserait en polar. Le chaos n’est jamais loin et la trajectoire maudite, dont le magnifique Pamfir cherche à se défaire à toute force, est implacable. Le premier long métrage de l'ukrainien  Dmytro Sukholytkyy-Sobchukun est un film de genres qui mêle avec habileté mais sans aucun artifice les décors de l’Europe de l’Est et les codes du western, le folklore à la tragédie, le mythologique au politique, le film noir et la comédie. Le cinéaste passe d’un genre à l’autre, non pour faire une démonstration de virtuosité, mais pour servir la dramaturgie de ce film à la fois limpide et puissant. Tourné à la frontière de l’Ukraine et de la Roumanie juste avant l’invasion russe, Le serment de Pamfir frappe d’ores et déjà à coups redoublés à la porte de l’Europe. Dans une région de contrebande intense, le film met en scène le retour au village d’un rude père de famille, parti à l'étranger gagner l’argent de son foyer. Sans jamais tomber dans l’esthétisation vaine, Dmytro Sukholytkyy-Sobchuk parsème le film de tableaux aux frontières du réel, dévoilant un théâtre hostile et sauvage, tout en bois, boue et brume. La force de conviction du Serment de Pamfir, son pouvoir d’entraînement, est de ne pas s’embarrasser d’explications, de ne pas traîner en route, d’avancer de manière irrésistible, fût-ce vers le pire. Filmé en longs et sinueux plans-séquence, englué dans la boue du village et l’obscurité primitive des bois, le récit, en son mouvement profond, marche vers la lumière. Il confère aux personnages qui le peuplent et qui s’y affrontent un statut qui les grandit, les transcende. Ils deviennent les personnifications d’une nation ukrainienne qui affirme avec de plus en plus de force, au risque de sa souveraineté et de son existence même, sa volonté de sortir de la sphère d’influence de la Russie. Telle est la grande force de Dmitro Sukholytkyy-Sobchuk. D’avoir su donner à un simple film de genre la résonance d’une mythologie politique. Ce remarquable premier film séduit par sa mise en scène virtuose et la performance incandescente de son interprète principal.

Le serment de Pamfir est à voir ici pour 2,99 € en location ou sur toute plateforme de VOD.

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