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Une enquête glaçante à la frontière entre le polar et le fantastique

Publié le par Michel Monsay

Une enquête glaçante à la frontière entre le polar et le fantastique

Si TF1 se met à faire des séries de qualité, mais où va-t-on ...? On a suffisamment critiqué cette chaîne pour la médiocrité de ses programmes, qu'il est juste de reconnaître lorsqu'elle élève son niveau d'exigence. En effet, elle n'a pas eu peur d'aller au bout de la noirceur du roman dont la série est l'adaptation. Avec des partis pris esthétiques forts, une réalisation nerveuse et élégante, une intrigue à la mécanique précise, d'une redoutable efficacité. L'ensemble de la distribution participe à la réussite de la série, notamment Jennifer Decker, pensionnaire de la Comédie-Française, qui crève l’écran, à la fois indestructible et sidérée, rieuse et enragée, elle redessine les contours d’un personnage de policière, lui offrant un vertige inédit, un mélange subtil entre introspection fragilisante et féminité ultramoderne.

Pour voir Syndrome [E] c'est ici pour 2,99€ en s'abonnant pour un mois sans engagement sur MyTF1 max.

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Fascinante série sur la prestigieuse compagnie

Publié le par Michel Monsay

Fascinante série sur la prestigieuse compagnie
Fascinante série sur la prestigieuse compagnie

La série L’Opéra, plongée fictive, mais inspirée de personnages existants, dans les coulisses du Ballet de l’Opéra national de Paris, renouvelle la vision du monde de la danse en montrant une entreprise sous tension, confrontée à des conflits et aux changements sociétaux. Les années de travail, les rivalités, les corps blessés, et, au final, le spectacle d’une troupe au diapason, où la grâce le dispute à la virtuosité, le Ballet de l’Opéra national de Paris fascine alors que son fonctionnement reste méconnu, voire secret. En nous plongeant non seulement dans l'envers du décor d'une troupe de danse mais également dans la complexité managériale d'une organisation pas comme les autres, en quête perpétuelle de l'excellence, cette série réussit à parler sans caricaturer de diversité, d'ascenseur social, de harcèlement et d'emprise tout en comblant nos sens grâce au cadre magnifique du Palais Garnier et des scènes de danse immersives d'une grande beauté captées à hauteur de danseur, au cœur de la chorégraphie. On a rarement filmé la danse et ses interprètes avec autant de naturel et de simplicité. Une vraie réussite grâce à une belle richesse dramaturgique, une écriture précise et documentée, des personnages complexes admirablement interprétés par une distribution parfaite, des rôles principaux aux secondaires, sur les deux saisons de cette passionnante série, sans flics, sans médecins, sans avocats, profitons-en c'est tellement rare.

A voir sur OCS en s'abonnant pour un mois sans engagement (10,99€) ici

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Léger et grave, solaire et douloureux, fragile et fort

Publié le par Michel Monsay

Léger et grave, solaire et douloureux, fragile et fort

Le premier long métrage écrit et réalisé par Sandrine Kiberlain est d’une grande beauté. Un hymne fervent, en un temps de menace et de mort, à la vie, la jeunesse et l’amour du théâtre. D’une grâce infinie, le film suggère l’époque plus qu’il ne la montre, et, centré sur la figure d’Irène, sa soif de bonheur, son désir de tout embrasser, il fait ressentir à mesure qu’il avance comment le terrible danger a pu être occulté trop longtemps, rester au second plan. Malgré les signes, malgré la conscience des plus âgés que l’ennemi est là. Précision de l’écriture, justesse du regard, et, dans cet écrin parfait, des acteurs regardés, magnifiés. André Marcon, Anthony Bajon, India Hair et Françoise Widhoff sont le chœur qui entoure et cajole cette Irène merveilleuse à laquelle Rebecca Marder, pensionnaire de la Comédie française, vive et radieuse, confère une présence impressionnante. Le film est un combat constant entre la forme, légère, le fond, extrêmement sombre, avec le spectateur, pris entre ces deux feux. Une jeune fille qui va bien installe par ce procédé un suspense tenace et terriblement douloureux. Détenteur d'une information capitale mais inconnue des personnages, le spectateur ne peut plus être passif, ne peut plus savourer les scènes légères, il sait de quoi il retourne, il ne veut pas avoir raison, mais il n'a pas le choix. Avec un goût très sûr, Sandrine Kiberlain s’est affranchie des lourdeurs de la reconstitution historique. Dans la vivacité, dans l’air du temps, elle saisit ce miracle en mouvement : Irène. Elle est la lumière, la joie, le charme, la fantaisie, le jeu, l’envie de rôles, l’ouverture au monde. Elle est tous les possibles. Mais dans l’air de 1942, il y a aussi un crime contre l’humanité, un génocide toujours plus menaçant pour ceux qui portent l’étoile jaune. En orchestrant comme un crescendo la confrontation entre l’élan de la vie et l’arrêt de mort programmé par l’idéologie nazie, le film redonne à cette période une vérité saisissante. Tourné vers la jeunesse d’hier, il la célèbre en parlant à celle d’aujourd’hui du courage d’être soi-même et de s’ouvrir à la vie, quoi qu’il advienne. La dernière image de ce film grave et lumineux, délicat et puissant, bouleverse et nous poursuit très longtemps.

A voir ici pour 4,99 €.

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Un geste de cinéma esthétique et politique qui nous transperce

Publié le par Michel Monsay

Un geste de cinéma esthétique et politique qui nous transperce

Lion d'or à la Mostra de Venise 2021, une récompense amplement méritée à l'inverse de la Palme d'or de cette année, L'Événement est une œuvre qui affronte une douloureuse réalité avec un sens aiguisé du cinéma. En adaptant le roman autobiographique d’Annie Ernaux, Audrey Diwan signe un film percutant, sensible et engagé, avec en son centre la remarquable comédienne, Anamaria Vartolomei. La réalisatrice nous embarque dans une plongée à pic au cœur d’un conflit intime d’une violence inouïe, qu’une loi inepte a fait vivre à de nombreuses femmes françaises jusqu’en 1975, et que d’autres endurent encore aujourd’hui ailleurs dans le monde. Tout dans la facture de ce film tend à la sobriété, des décors à la lumière en passant par les couleurs, les costumes, maquillages et coiffures. En optant pour le format ramassé 4/3, qui focalise le regard, en plaçant sa caméra toujours à juste distance, et souvent au plus près du visage, de la peau, de la nuque de son actrice ; en structurant son récit tel un compte à rebours, Audrey Diwan réalise un tour de force : rendre organique, concret, palpable ce que représente le fait de mettre fin à une grossesse non désirée, et nous faire éprouver de l'intérieur ce que vit le personnage central de cette histoire poignante. La réalisatrice réussit un mélange rare de cinéma à la fois naturaliste et profondément sensoriel, quasi sensuel même, mais aussi politique dans cette France profondément patriarcale et régressive des années 60. Par le fil ténu de la pulsion de survie de son héroïne, le film, qui impressionne par sa maîtrise et sa puissance, emporte tout, au-delà des époques, et devient profondément universel.

A voir sur Canal + VOD pour 2,99€ ici ou sur Canal à la demande (pour ceux qui l'ont).

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Magnifique série à fleur de peau

Publié le par Michel Monsay

Magnifique série à fleur de peau

Tout commence comme dans n’importe quelle série adolescente : c’est le jour de la rentrée pour Sasha qui vient de déménager avec sa famille et fait son arrivée dans un nouveau lycée. Sur ce canevas bien identifié, la créatrice Yaël Langmann, également coréalisatrice, brode une histoire singulière et universelle qui bouleverse et galvanise. Chair tendre s’empare d’un sujet inédit en fiction française : Sasha est née intersexuée, c’est-à-dire dotée de caractéristiques physiques qui ne correspondent pas aux stéréotypes du masculin et du féminin. À mille lieues du film-dossier, Chair tendre, prix de la meilleure série française au dernier festival Séries Mania, ose le clair-obscur, y compris dans sa splendide photographie, déboussole avec bonheur par ses airs de chronique naturaliste à l’anglaise, réveille par son inventivité joueuse et son humour qui bataillent au coude-à-coude avec la souffrance. Entre sa volonté de pédagogie et un parti pris de mise en scène radical, Chair tendre maintient un équilibre qui tient du miracle. Il y a des séries comme ça, qui vous marque durablement par une très belle réalisation et des interprètes incandescents, notamment l’héroïne et sa jeune sœur, toutes deux remarquables, mais aussi les autres jeunes acteurs qui les entourent et les adultes. La série épouse très justement les humeurs et la violence verbale adolescente, passant de l'explosion de rire à la boule au ventre, tout en sachant être nuancée. Son sens du détail, son rythme, sa construction, tout est réuni dans cette série qui, sans escamoter la brutalité ni la complexité, parvient à partager un récit épidermique, osant avec vivacité, l’émotion et l’humour.

A voir ici ou sur le replay de France 5.

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Une histoire d'érotisme, de désir, mais aussi de censure

Publié le par Michel Monsay

Une histoire d'érotisme, de désir, mais aussi de censure

L'art du derrière, une folle histoire de fesses, est un ambitieux et joyeux documentaire, qui analyse l'évolution des représentations du fessier, notamment pour comprendre ce que cela dit de notre rapport au corps. Le postérieur en majesté, sous toutes les coutures et à toutes les époques dans l’histoire de l’art et la culture pop. De la mode au cinéma, en passant par la peinture, la sculpture ou la photo, les réalisateurs de ce documentaire nous éclairent sur l’épopée d’un croupion qui, sous ses airs joufflus, rime avec censure, émancipation, évolution des mœurs… Des historiens et des personnalités du monde artistique se relaient pour évoquer pêle-mêle la Vénus de Milo, les fesses libératrices de Brigitte Bardot ou celles, provocatrices, de Michel Polnareff, la transgression de Michel-Ange représentant le séant de Dieu au plafond de la chapelle Sixtine, ou le célèbre et hilarant sketch du Petit rapporteur sur le village de Montcuq… L’ensemble brasse large, mais vise juste, en retraçant finement le double mouvement de libération et de marchandisation du corps des femmes, les différences fondamentales de regard portés, encore aujourd’hui sur le fessier féminin, forcément érotique, et sur celui des hommes, conquérant et guerrier, ou alors trivial et drôle, ambiance troisième mi-temps de rugby déculottée… En faisant intelligemment dialoguer des points de vue, parfois contradictoires, le film questionne aussi l’évolution du regard porté sur certaines œuvres à l’ère de la révolution #MeToo. Il est évidemment question de la scène devenue mythique du film de Godard, Le Mépris, "Tu les trouves jolies mes fesses", qui n'apparaît pas dans le scénario original. Le cinéaste ne l'avait pas écrite. Sous la pression des producteurs qui voulaient une scène de nu avec Bardot, il a été obligé de rajouter cette séquence. Godard qui cède à la pression donc, mais Godard qui se joue aussi de ces financiers. Il ajoute des filtres de couleur, accentue la présence de la musique... Des sortes de subterfuges pour détourner quelque peu le regard du spectateur. Pas question en effet de se concentrer sur le derrière de Bardot. L'art est ailleurs... C'est ce que nous montre joliment ce documentaire.

A voir ici ou sur le replay de France 5.

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Beau portrait d'un génie du cinéma

Publié le par Michel Monsay

Beau portrait d'un génie du cinéma

Ce documentaire tout en élégance rend hommage à la personnalité singulière du réalisateur d’Hiroshima mon amour et de L’année dernière à Marienbad, décédé en 2014. En 53 minutes, Alain Resnais, l'audacieux couvre avec précision, admiration et respect l’ensemble de la carrière de ce cinéaste, qui s’est régulièrement distingué par ses multiples et diverses innovations en matière de récits et de formes cinématographiques. Pour expliquer la construction de son œuvre monumentale, intimidante, derrière laquelle Alain Resnais se cachait, Pierre-Henri Gibert s’attache ici à retracer le parcours intime de cet artisan méticuleux, timide et angoissé. L’astucieux enchevêtrement de photos, d’archives inédites, de témoignages de proches (Agnès Jaoui, André Dussollier, Pierre Arditi…), surplombé par la voix off du maître, brosse le portrait touchant d’un homme simple, fidèle au désir d’évasion de l’enfant hypersensible qu’il fut lorsqu’il combattait l’ennui et la maladie grâce à l’amour du cinéma. On y prend aussi un grand plaisir à le voir filmé, plus ou moins à son insu, affichant sa grande timidité, son profond repli dans un monde imaginaire, ce qui n’altérait en rien son sens de l’écoute, sa courtoisie teintée d’une discrète gentillesse à l’égard d’autrui. Les choix d’extraits de films sont très pertinents, bien ancrés dans l’évolution socio-politique du réalisateur, très engagé dans ses premiers films, documentaires et fictions, dont certains furent victimes de la censure. Les années passant, la tonalité de ses films s'est faite plus légère. Place aux chansons et au théâtre avec Mélo, Smoking/No Smoking, On connaît la chanson... Dans ce documentaire intelligent et touchant, ses acteurs fétiches notent l’étrange phénomène auquel ils assistèrent : Alain Resnais rajeunissait avec l’âge. Le fils de pharmacien de province, métier auquel ses parents le prédestinaient et qui considéraient le cinéma comme une perte de temps, avait trouvé un remède miracle en l’imagination.

A voir sur le replay d'Arte ou ci-dessous :

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De la fiction ou la réalité, qui vampirise l'autre ?

Publié le par Michel Monsay

De la fiction ou la réalité, qui vampirise l'autre ?

Olivier Assayas avait réalisé en 1996 Irma Vep (anagramme de vampire), un film avec Maggie Cheung qui racontait en filigrane les coulisses du tournage du remake du film muet Les Vampires de Louis Feuillade. Il choisit de reprendre ce travail sous la forme d'une série avec un casting de choix : Alicia Vikander incarne le rôle de la star avec grâce, intelligence et innocence, Vincent Lacoste en acteur insupportable plus vrai que nature, Jeanne Balibar en costumière débordée, Vincent Macaigne, irrésistible en réalisateur névrosé, et bien d'autres, tous à leur meilleur niveau. Le cinéaste redonne vie à son personnage de criminelle dans une série drôle et cruelle, qui met en scène la beauté éphémère d’un art, le cinéma, au bord du précipice. Sur un rythme étourdissant, il mêle de nombreuses strates tout au long des huit épisodes de la série : d’abondants extraits des Vampires, le feuilleton que Louis Feuillade réalisa en 1915, les péripéties du tournage d’un remake des Vampires sous la direction de René Vidal, auteur du cinéma français dont la biographie et l’élocution ont plus d’un point commun avec celles d’Olivier Assayas, qui manie ici délicieusement l'autodérision, également les rushes de cette production, pastiche fidèle et luxueux, sonore et en couleur, de l’original,... Commandée par la prestigieuse chaîne américaine HBO, à qui l'on doit quelques unes des meilleures séries de tous les temps, Irma Vep a représenté une expérience unique pour Olivier Assayas : "C'est un travail délirant. Écrire huit heures de film, les préparer, les réaliser, les monter. Je suis incapable de déléguer, donc j'ai réalisé la totalité de la série, j'ai écrit la totalité de la série, j'en sors un peu sur les rotules. C'est un travail long, écrasant, avec une responsabilité très lourde. Et donc si on fait ça une fois, je pense qu'on fait pas ça deux fois. C'est pour ça que j'ai tout mis dedans." Cette formidable série, en plus d'être visuellement très belle, est d'une grande originalité dans son écriture, sa construction et offre une mise en abyme à la fois sur l'œuvre du réalisateur, sur le cinéma et le pouvoir qu'il exerce sur les artistes qui le fabriquent ainsi que sur les spectateurs, avec en arrière-plan une réflexion pertinente sur l’avenir du septième art entre création et réalité mercantile.

Irma Vep est à voir sur OCS ici

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Captivante plongée dans l'Italie des années de plomb

Publié le par Michel Monsay

Captivante plongée dans l'Italie des années de plomb

Adaptée du troisième tome de la fresque sociale d’Elena Ferrante, la saison 3 de L’Amie prodigieuse conserve une esthétique naturaliste, un souffle romanesque et en plus se révèle plus passionnante et puissante que les deux premières. Mariage, maternité, passions amoureuses, élévation sociale, politisation, affirmation du droit à disposer de son corps, à s’affranchir du patriarcat… Les destinées parallèles, et finalement pas si opposées, des deux jeunes femmes symbolisent à merveille la convergence des luttes dans l’Italie des années de plomb. Liées par les révolutions féministe et prolétarienne, sur fond de guerre sanglante entre fascistes et communistes ou de violences de la mafia napolitaine, Elena et Lila vont traverser la décennie avec autant de panache que de courage. Chacune à sa manière exprime un désir d’émancipation, d’exister par soi-même, par-delà son milieu et son sexe. Incarnée par les touchantes Margherita Mazzucco et Gaia Girace, les huit épisodes de cette saison sont réalisés par Daniele Luchetti, formidable directeur d’acteurs, mal connu en France, ses films ne sortant pas tous sur nos écrans, ­le dernier en date, l'excellent "Les liens qui nous unissent" est sorti en fin d'année dernière directement en DVD et sur Canal+, victime indirect du Covid, après avoir fait l’ouverture de la Mostra de Venise 2020. La série, adopte un léger grain vintage, navigant des immeubles décatis de Naples aux monuments fastueux de Pise ou Florence. Prolétariat contre bourgeoisie. Les cheveux des garçons ont poussé, les jupes raccourci et partout, des Fiat 500 multicolores marquent l’époque. C’est renversant et indéniablement la meilleure saison par la beauté des lumières, des gros plans, la fluidité de la caméra, et la parfaite transposition du roman d'Elena Ferrante entre accomplissement des destins personnels et grande histoire.

A voir sur Canal + ou sur Canal VOD ici (accessible à tous sans abonnement)

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Une saison 2 qui tient la route

Publié le par Michel Monsay

Une saison 2 qui tient la route

Après une première saison de haute volée avec d'excellents acteurs comme Mélanie Thierry et Reda Kateb, sans oublier la jeune Céleste Brunnquel, et une incroyable audience, la seconde saison était forcément très attendue et le public est toujours au rendez-vous. Il faut prendre la mesure de la prouesse que représente la popularité de cette série. Dans un dispositif très sobre, on voit juste deux personnes qui se parlent, face à face, dans un cabinet, et pourtant on est embarqué, touché, bousculé. Le psy est toujours très bien incarné par Frédéric Pierrot, mais les acteurs ont changé, mis à part Pio Marmaï et Clémence Poésy que l'on voit par moments. Les réalisateurs également ne sont plus les mêmes, mis à part le tandem à l'origine de l'adaptation française de cette série israélienne, Olivier Nakache et Eric Tolédano, à qui l'on doit "Le sens de la fête" ou "Intouchables" au cinéma. Nakache et Toledano sont restés fidèles aux règles du jeu qu’ils ont édictées : à chaque personnage son réalisateur. Il y a un couple largement au-dessus du lot dans cette deuxième saison, même si les autres sont également touchants, il s'agit des épisodes réalisés par Arnaud Desplechin et interprétés par Suzanne Lindon. Le génial cinéaste, par la magie de ses gros plans magnifiques ou de sa caméra en mouvement dans un cadre restreint, atteint des sommets d'autant que son actrice est bouleversante. L'alchimie est parfaite. Après le traumatisme des attentats de 2015 dans la première saison, cette fois c'est le Covid qui est en arrière -plan. Cette série parvient à mettre en parallèle les douleurs enfouies dans l’inconscient de chacun et le fracas du monde, dans des dialogues d'une grande qualité. A l'époque de l’instantanéité, du virtuel, du déluge d’informations contradictoires et de l’influence délirante des réseaux sociaux, une fiction où les mots échangés et les silences sont si importants vient combler un vide. Il y a quelque chose de beau et d’émouvant dans le succès de cette série.

Pour voir la série, cliquez ici ou regardez-la sur le replay d'Arte.

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