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Pixel de Mourad Merzouki, un spectacle féérique

Publié le par Michel Monsay

Pixel de Mourad Merzouki, un spectacle féérique

En cette période de fêtes, ce merveilleux ballet est à déguster sans modération. Créé en 2014, il a connu un succès mondial par le choc émotionnel qu'il provoque, un bonheur visuel enfantin entre illusion et réalité. Tout d'abord, les milliers de pixels qui sont projetés dessinent un décor sans cesse en mouvement avec lequel les danseurs composent et dialoguent dans une somptueuse chorégraphie. La musique d'Armand Amar ajoute à l'émerveillement, à la poésie de ce spectacle unique, quant aux onze danseurs et artistes de cirque qui l'interprètent, ils sont tout simplement éblouissants. Mourad Merzouki, danseur, chorégraphe et directeur du centre chorégraphique national de Créteil s'est associé avec les deux artistes numériques Adrien Mondot et Claire Bardainne pour créer "Pixel", et la rencontre de la danse hip hop et de ces projections numériques permet d'entrer dans une nouvelle dimension qui n'a rien à voir avec ce que l'on connaît de cet univers que Mourad Merzouki fait sans cesse évoluer. Qu'ils soient en roller, sur une roue Cyr, contorsionniste ou simplement danseurs, les onze artistes s'expriment dans un langage corporel d'une incroyable grâce. Les lumières et la très belle captation du spectacle sous des angles toujours pertinents participe à cet enchantement.

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Romain Gary, le roman du double

Publié le par Michel Monsay

Romain Gary, le roman du double

Excellent documentaire sur ce romancier virtuose et mystérieux, le seul à avoir remporté deux prix Goncourt, pour "Les racines du ciel" en 1956 en tant que Romain Gary et pour "La vie devant soi" en 1975 sous le pseudonyme d'Emile Ajar. Menteur magnifique, l'écrivain s'est ingénié toute sa vie à brouiller les pistes, immigré juif russe, aviateur, compagnon de la Libération, écrivain polyglotte, diplomate, époux de Jean Seberg, fils prétendu du plus grand acteur russe de son époque, il s'est aussi inventé plusieurs identités en dehors du fameux Emile Ajar. Géant aux pieds d'argile qui en est venu à se suicider à l'âge de 66 ans, Roman Kacew de son nom de naissance avait choisi comme principaux pseudonymes Gary et Ajar, respectivement Brûle et Braises en russe. Le documentariste Philippe Kohly, à qui l'on doit déjà de très beaux portraits de Brel, Brando, Vian, Callas, tente de percer le mystère de cet homme au visage fascinant qui aura tout connu durant sa vie. Ce film passionnant nous conte par la voix émouvante d'Anouk Grinberg la vie de l'écrivain, à travers de très belles archives, des dessins et de nombreux témoignages précieux pour essayer de comprendre les failles et le destin d'exception de Romain Gary.

Le documentaire est à voir ici

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Infirmier.e.s, une mini-série documentaire édifiante

Publié le par Michel Monsay

Infirmier.e.s, une mini-série documentaire édifiante

En six épisodes de 10 à 15 minutes, la documentariste Olivia Barlier, à qui l'on doit une série sur les avocates commises d'office, suit le quotidien de trois infirmières et un infirmier qui ont de 22 à 24 ans dans les différents services d'un hôpital de Lyon. Ce qu'elle en retire vaut bien mieux que tous les discours pour comprendre ce que représente ce métier, de par sa difficulté d'exercice, en temps normal sans parler de Covid, tant physique que psychologique. Filmés de janvier 2020 à septembre, les jeunes soignants sont confrontés à des conditions de travail très compliquées, notamment à cause du manque de moyens et de matériel avant même le début de l'épidémie, qui forcément lorsqu'elle arrive ajoute une pression supplémentaire. L'une des forces de cette série est son humanité, ce n'est pas un reportage au cœur des urgences avec des images chocs, mais plutôt la réalité crue d'un métier avec les tâches que doivent exécuter les infirmières, les échanges avec les patients, les décès à gérer émotionnellement, le travail d'équipe, les attentes et les peurs de ces quatre jeunes, qu'a formidablement bien captés la réalisatrice. Pas de voix-off, un montage assez rythmé, cette série documentaire n'obéit pas aux codes classiques du genre, le résultat est probant et rend un hommage puissant et nécessaire à ces jeunes soignants.

C'est à voir ci-dessous, l'épisode suivant étant proposé à la fin de celui en cours.

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Petite fille, un documentaire bouleversant

Publié le par Michel Monsay

Petite fille, un documentaire bouleversant

Sébastien Lifshitz, cinéaste de 52 ans à qui l'on doit quelques fictions est devenu depuis quelques années l'un de nos tous meilleurs documentaristes. Il a été couronné en 2013 par un César pour "Les invisibles", ces femmes et hommes homosexuels qui ont traversé le XXe siècle en bravant famille, religion, qu’en-dira-t-on, tradition et imbécillité. Si son dernier film sorti en salles il y a trois mois, "Adolescentes", a reçu un excellent accueil critique, que dire de "Petite fille", merveille de documentaire qui vient de réaliser un score incroyable lors de sa diffusion sur Arte avec 1 375 000 téléspectateurs. Enfin une bonne nouvelle en ces temps déprimants, l'histoire de cette fillette transgenre de 7 ans prénommée Sasha a touché un large public, mission que s'était fixé Sébastien Lifshitz en la filmant de sa caméra délicate qui a le goût des autres, avec l'espoir de changer le regard sur les enfants trans. Chaque geste de la petite fille nous touche, chacune de ses larmes silencieuses nous déchire. Le cinéaste laisse hors-champ les réactions malveillantes, notamment le cadre scolaire et la direction de l'école ou le cours de danse, dont l’intolérance voire l’hostilité sont proprement écœurantes, heureusement Sasha a changé d'établissement depuis la fin du tournage. Le réalisateur préfère centrer son film sur le courage de Sasha et le combat de son admirable mère, qu’une rencontre avec une pédopsychiatre libérera d’une grande part de culpabilité et de doutes en nommant précisément la particularité de son enfant : dysphorie de genre. Sébastien Lifshitz s'est rendu régulièrement durant un an dans l'Aisne pour filmer le quotidien de Sasha entourée de sa famille aimante, avec des scènes de bonheur, des questionnements, puis des scènes très émouvantes avec la pédopsychiatre à l'hôpital Robert Debré à Paris. Ce film inoubliable est, à l'image des autres documentaires du cinéaste, un hymne à la liberté d'être soi, et lorsqu'on quitte la petite fille, on ne peut que lui souhaiter le meilleur tant elle nous a profondément touchés.

Pour voir Petite fille, c'est soit ci-dessous soit sur le site d'Arte.tv ou l'application d'Arte de votre télévision.

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No man's land

Publié le par Michel Monsay

No man's land

Indiscutablement la série à ne pas rater en ce moment, cette coproduction internationale ambitieuse, exigeante et très documentée nous plonge dans le conflit syrien en 2014 entre les combattants kurdes et l’État islamique, en circulant d'un camp à l'autre et en nous immergeant à chaque fois dans les conditions d'existences, aussi bien psychologiques que matérielles. Admirablement construite, notamment par un habile système de flashbacks qui révèlent au fil de l'intrigue les motivations des personnages, la série questionne l'engagement d'occidentaux dans cette guerre sans enjoliver ni diaboliser leur parcours, les scénaristes voulant être au plus près de la réalité, loin des clichés et des facilités que s'autorisent certains films ou séries du genre. La complexité de la situation mais aussi du désir des combattants protagonistes de l'histoire contribue à la réussite de cette fiction, mêlant finement thriller d'espionnage, géopolitique, intrigue familiale et amicale. Les comédiens sont tous impeccables et totalement impliqués dans leur partition, particulièrement Mélanie Thierry qui a acquis au fil des rôles une intensité de jeu et une profondeur impressionnante, mais aussi Félix Moati et Souheila Yacoub, que l'on a vue dans l'excellente série "Les sauvages" avec Roschdy Zem,  tous deux très juste dans leur quête personnelle et idéologique. Mise en scène, montage, écriture, rien n'a été laissé au hasard dans l'élaboration de cette série immersive, qui évite tout plaidoyer en restant au plus de ses personnages, même si elle comporte des séquences assez dérangeantes lorsque l'on est avec les soldats de l’État islamique, pour au final nous offrir une œuvre forte sur l'engagement, à la fois captivante et émouvante.

Pour voir la série, c'est ici, ou sur Arte.tv ou l'application Arte de votre télévision.

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Bouche cousue

Publié le par Michel Monsay

Bouche cousue

Ce documentaire poignant sur les violences faites aux enfants est construit sur les témoignages glaçants de trois adultes qui ont subi des maltraitances durant leur enfance, et sur des mineurs accompagnés de leurs parents auditionnés par Édouard Durand, juge des enfants du tribunal de Bobigny. Ce magistrat formidable est totalement axé sur l'intérêt de l'enfant, et sa manière de les écouter, de les regarder, de les mettre en valeur, de les rassurer de sa voix douce, de mettre des mots sur leurs émotions ou souffrances, est fascinante. La préparation de ce documentaire a nécessité un an d'attente pour avoir l'autorisation de filmer dans le bureau du juge, puis ensuite parvenir à se faire le plus discret possible afin de ne gêner ni le juge, qu'il a fallu convaincre d'être à l'image, ni les enfants et parents, même si on ne les voit jamais et dont les noms et prénoms ont été modifiés, la caméra étant sur Édouard Durand ou sur les pieds ou les mains des enfants, qui en racontent déjà beaucoup en les observant. Ce juge, qui voit chaque année 536 mineurs en protection de l'enfance, travaille depuis des années sur la question des enfants témoins et covictimes de violences conjugales, et ses travaux ont inspiré Xavier Legrand dans l’écriture du film "Jusqu'à la garde". "Bouche cousue" interroge sur la difficulté de nos institutions à suspendre le lien parental lorsque celui-ci nuit à l’enfant, voire même dans certains cas, comme le pense le juge, d'arrêter les visites des parents lorsque les enfants sont placés dans une famille d'accueil. Autre qualité de cet excellent documentaire, il nous permet de mieux comprendre la complexité pour un enfant maltraité de parler, il est à la fois en état de sidération, mais il veut aussi paradoxalement protéger ses parents, il a aussi peur d'empirer la situation. Voilà pourquoi tous ces témoignages sont essentiels afin de sortir les enfants de leur isolement, et abandonner cette culture patriarcale qui est imprégnée de l'idée qu’un enfant appartient à ses parents et que la société n’a pas à s’en mêler. N'oublions pas qu'en France, un enfant meurt tous les quatre jours sous les coups de ses parents.

Ce documentaire puissant est à voir ici

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Une perle du cinéma muet

Publié le par Michel Monsay

Une perle du cinéma muet

Si l'on évoque le nom de Tourneur, c'est plutôt à Jacques que l'on pense, grand cinéaste français qui a fait l'essentiel de sa carrière à Hollywood et à qui l'on doit notamment des chefs-d’œuvre comme "La féline", "Rendez-vous avec la peur" ou "La griffe du passé". Mais son père Maurice, après avoir été élève aux Beaux-arts et assistant de Rodin, démarre une carrière au cinéma d'abord en France en 1912 puis rapidement aux États-Unis où il sera considéré comme l'égal de D.W. Griffith ou Cecil B. DeMille. "Le papillon meurtri", qui date de 1919, est très longtemps resté invisible avant sa récente restauration, c'est donc un petit miracle de pouvoir le visionner aujourd’hui. Novateur pour son époque, Maurice Tourneur laisse admirer dans ce film ses qualités artistiques à travers de très belles compositions picturales avec des éclairages et des cadrages soignés, mais aussi une mise en scène où se mêle la technique et l'esprit américain avec la nuance et l'esthétisme européen. Ce mélodrame touchant, où la jeune Pauline Starke crève l'écran et où les acteurs n'en font pas trop, comme souvent à l'époque, est à découvrir d'urgence une fois de plus grâce à la programmation d'Arte.

"Le papillon meurtri" d'une durée de 56 minutes est à voir ici

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Matisse voyageur

Publié le par Michel Monsay

Matisse voyageur

En attendant de pouvoir aller admirer les magnifiques tableaux de Matisse réunis dans l'exposition que lui consacre Beaubourg, ce très beau documentaire nous en donne un avant-goût, à travers les nombreux voyages du peintre dans sa perpétuelle recherche de lumière et de couleurs. Infatigable voyageur à une époque où l'on se déplaçait beaucoup moins facilement qu'aujourd'hui, enfin mis à part le Covid, cet homme du Nord aura une bonne partie de sa vie nourrit sa palette novatrice de sa découverte de Belle-Ile-en-mer, de la Corse, de Collioure, Nice, Alger, Tanger, New-York, l’Andalousie, la Polynésie, ... C'est une plongée fascinante dans l’œuvre du maître absolu de la couleur que nous propose ce film, où l'on découvre ou redécouvre de très nombreux tableaux, des images d'archives et d'autres plus récentes pour revisiter les lieux qui ont inspiré le peintre, mais aussi ses écrits que l'excellent acteur Olivier Gourmet lit en voix off.

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Moment exceptionel avec Gilberto Gil

Publié le par Michel Monsay

Moment exceptionel avec Gilberto Gil
Moment exceptionel avec Gilberto Gil

On ne présente plus Gilberto Gil, légende vivante de la musique brésilienne, qui fut même ministre de la culture sous la présidence de Lula. Il nous offre ici un concert dans le magnifique jardin de sa propriété près de São Paulo, où a été aménagé un espace enchanteur avec tentures, tapis, plantes, bougies, lumières tamisées et parquet. Pour l'accompagner de très belle manière à la guitare, percussions et chant, trois de ses enfants et une de ses petites filles de 12 ans composent un émouvant tableau de famille. A 78 ans, cet artiste, qu'il est difficile de ne pas aimer, apparaît en pleine forme et nous rassure sur son état de santé après plusieurs hospitalisations il y a quelques années. Il enchaîne bossas, sambas et douces ballades qu'il interprète de sa voix caressante en s'accompagnant à la guitare avec un plaisir évident et une belle complicité avec ses enfants, pour composer ce concert hors du temps.

Installez-vous bien et profitez de 1h45 de bonheur, à voir ici

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Dix pour cent

Publié le par Michel Monsay

Dix pour cent

Cette série, belle réussite populaire méritée, devait s'arrêter avec la quatrième saison qui vient d'être diffusée, mais elle va finalement continuer sous forme d'un téléfilm dans un premier temps et peut-être une cinquième saison par la suite. Il faut dire que cette quatrième saison est enthousiasmante à différents niveaux, d’abord un scénario qui a su se renouveler pour proposer selon les épisodes un mélange de comédie et de mélancolie, puis toujours un défilé de stars qui se prêtent au jeu avec autodérision, enfin les personnages de l'agence sont plus présents qu'auparavant notamment dans leur vie personnelle. A côté de ça, les acteurs récurrents ont bonifié leur jeu au fil des saisons donnant ainsi plus de corps à l'ensemble. Une mention particulière à Laure Calamy et Nicolas Maury, sans oublier Camille Cottin. Si au début de cette série on guettait davantage les stars, c'est un peu moins vrai dans cette quatrième saison à tel point que l'on quitte à regret ces agents de comédiens auxquels on s'est attaché. C'est Dominique Besnehard, lui même agent puis producteur, qui a eu l'idée de montrer les coulisses du cinéma à travers ses petits secrets de fabrication, avec des stars qui jouent leur propre rôle, tout en mettant en avant l'importance des agents artistiques dans ce monde cruel, où souvent tous les coups sont permis. Si au début de la série les acteurs et actrices célèbres se sont montrés un peu frileux pour venir se moquer d'eux-mêmes, cela a vite changé après le succès de la première saison, et dans cette quatrième il y en a même plusieurs par épisode. France 2 prouve avec "Dix pour cent" que la télévision publique lorsqu'elle s'en donne les moyens peut produire des programmes qui changent de la médiocrité habituelle.

La saison 4 ainsi que les saisons 2 et 3 sont à voir ici sur le site ou l'application de Francetv

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