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Un docu-fiction très original

Publié le par Michel Monsay

Un docu-fiction très original

Face caméra, fixant posément l’objectif, les comédiens interprétant Danton, Marat, Robespierre ou Desmoulins, pour ne citer qu’eux, expliquent leurs actions, exposent leurs craintes, développent leurs espérances. On est loin des documentaires ampoulés avec le témoignage d'experts qui se succèdent et parfois nous endorment. Ce procédé couplé à des scènes d’actions caméra à l’épaule, des séquences en immersion au cœur de quartiers populaires parisiens et d’étonnantes images d’archives créées grâce à des gravures d’époque, colorisées, animées et sonorisées, font de cet ambitieux documentaire scindé en deux parties (Entre peur et espérance, 1789-1791 puis De l’ardeur à l’effroi, 1792-1795) une réussite. Filmer la Révolution française comme un reportage, avec des apartés des protagonistes célèbres ou anonymes, nous plonge au cœur de cet événement de notre Histoire en renouvelant complètement l'écriture documentaire. Notamment en sentant la présence de la caméra dans les images de fiction, où les comédiens, très impliqués, l'interpellent par moments. Pour montrer toute la complexité de la période, le réalisateur met en avant des personnages qui défendent des voies différentes et changent parfois de position en cours de route. Réaliste et très documentée, cette reconstitution pédagogique et surprenante, qui nous est contée par l'excellent Philippe Torreton, réussit à abolir la distance temporelle de l'événement historique en nous le rendant très présent.

A voir ici ou sur l'application FranceTV de votre télé.

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Le difficile exercice du pouvoir

Publié le par Michel Monsay

Le difficile exercice du pouvoir

Ce documentaire offre un moment de rare sincérité dans le monde politique, plus habitué à la langue de bois, et l’une des principales vertus du film est qu'il donne à voir l’usure du pouvoir, l’extrême pénibilité du métier de chef du gouvernement. Edouard Philippe répond à son vieux camarade de lycée, le documentariste Laurent Cibien, qui après l'avoir filmé au Havre et dans l'ombre d'Alain Juppé, le retrouve au coeur du pouvoir à Matignon. Entre familiarité et gravité, légèreté et tragique, les confidences se succèdent, dessinant le portrait d’un homme aux multiples facettes, qui se dévoile peu à peu, et dont les propos sont parfois prémonitoires. Ainsi, évoquant un jour de l’automne 2018 les contraintes du réel et les arbitrages à opérer entre économie, santé, écologie, il prononce une phrase qui résonne étrangement aujourd’hui : « Peut-être que dans cinq ans on me reprochera de ne pas avoir augmenté les efforts dans la recherche médicale, parce qu’il y aura un virus qu’on n’a pas vu venir. » De mai 2017 à juillet 2020, Laurent Cibien franchira trente-trois fois le porche de la rue de Varenne, son pesant matériel de tournage sur le dos, pour discuter dans le même cadre, sous le même lustre, les mêmes dorures, des événements saillants des dernières semaines. Au total, il aura tourné 250 heures dont il extraira deux heures 54, où en plus des entretiens mensuels, le documentariste aura filmé le Premier Ministre en se faisant oublier, lors de déplacements ou à Matignon, en obtenant des moments volés comme on en voit quasiment jamais. Au fil du temps, Edouard Philippe est délesté de son assurance flegmatique, il est moins prompt à blaguer, faisant face aux différentes crises et à l'énorme charge de travail, de responsabilités et de décisions à prendre, il semble presque soulagé de pouvoir se confier à cette caméra familière, et laisse paraître une sensibilité qu’on ne lui soupçonnait pas. Tout à la fois réflexion sur la fabrication d’une carrière politique et portrait d’un homme qui a voué sa vie à un but, exercer des responsabilités au plus haut niveau de l’État, ce documentaire montre au final le quotidien d’un Premier ministre souvent malmené par les événements, mais qui au final restera comme le meilleur Premier Ministre de ces vingt dernières années.

Le documentaire est à voir ici ou sur l’application FranceTV de votre télé.

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La voix puissante de l'Afrique

Publié le par Michel Monsay

La voix puissante de l'Afrique

Angélique Kidjo a remporté quatre Grammy Awards, s’est produite devant les plus grands chefs d’Etat, et fait partie de la playlist fétiche de Barack Obama. Depuis plus de trente ans, la chanteuse béninoise s’est taillé une place de choix au panthéon des divas en enflammant la planète avec ses rythmes endiablés. Convaincue qu’ « il faut désacraliser la musique sinon elle meurt », elle a révolutionné la world music en mixant ses inspirations traditionnelles africaines avec le jazz, le funk, la rumba... Et porté haut et fort la voix de l’Afrique. Ce documentaire foisonnant revient sur son parcours prodigieux, de sa naissance, deux semaines avant l’indépendance du Bénin proclamée le 1er août 1960, une facétie de l’histoire qui lui a valu d’avoir la nationalité française pendant quinze jours, à ses 60 ans, célébrés le 14 juillet dernier sous la tour Eiffel, en interprétant « la Marseillaise », à l’invitation d’Emmanuel Macron. Élevée dans une famille de musiciens, celle qui déclare avoir « le rythme absolu » comme d’autres ont l’oreille absolue revient sur ses influences : Billie Holiday et Ella Fitzgerald, qui lui ont permis de réaliser que « les femmes noires ont le droit de faire des albums », la chanteuse d’origine sud-africaine Miriam Makeba, qui fut un déclencheur de sa vocation, ou encore la reine de la salsa Celia Cruz, qui lui a ouvert la voie en lui montrant comment on peut évoluer en tant que femme dans un monde d’hommes et « être la patronne ». Féministe engagée, ambassadrice de l’Unicef, avocate d’une Afrique qui se tient debout, la musicienne est aujourd’hui reconnue comme l’une des 100 femmes les plus influentes du monde. Installée à New York, à la recherche perpétuelle de nouveaux sons, elle cultive une énergie inégalable mise au service de collaborations prestigieuses et originales, que ce soit avec Peter Gabriel, Ibrahim Maalouf ou Philip Glass. Un documentaire à la mesure de cette reine africaine à la voix d’or.

Le documentaire est à voir ici ou sur l'application FranceTv de votre télé.

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Un trait de génie

Publié le par Michel Monsay

Un trait de génie

Pour la première fois, la maison Dior ouvre ses archives et dévoile un trésor incommensurable devant l’œil de la caméra de l'excellent Loïc Prigent. De 1947 à 1957, Christian Dior a dicté la mode et complètement transformé la silhouette féminine. De cette époque, il reste bien sûr des pièces, mais surtout des dessins que les artisans de Dior consultent encore pour les créations d’aujourd’hui. Ces magnifiques croquis, certains connus et d'autres inédits, se retrouvent dans cet émouvant documentaire. Loïc Prigent, de sa voix si reconnaissable, retrace ici l’histoire du couturier au travers de ses esquisses, des premiers chapeaux qu’il a dessinés dans les années 1930 aux robes du New Look qui l’ont rendu si célèbre. Dans ces archives auxquelles le documentariste a eu accès, on trouve les dessins de chacune des deux collections de mode livrées chaque saison par le couturier, de 1947 à sa mort, mais aussi des esquisses et des projets qu’il croquait d’un trait sûr et inspiré sur le support qui lui tombait sous la main. Entreposés dans un bunker à une adresse tenue secrète, ces documents précieux sont montrés à des historiens de la mode, des journalistes, à l’une des biographes du couturier, aux archivistes de la maison et à quelques unes de ses collaboratrices comme Odile Kern, son mannequin fétiche, et la pétulante Anne-Marie Gossot, 93 ans, qui fut sa première d’atelier. Grâce à des anecdotes d’atelier, une analyse précise de chaque coup de crayon et des témoignages de ceux qui ont côtoyé l’artiste de près, nous nous rapprochons un peu plus du génie de Dior. 

A voir ici ou sur le replay d'Arte ou sur l'application d'Arte sur votre télé.

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Joli téléfilm sur le déterminisme social

Publié le par Michel Monsay

Joli téléfilm sur le déterminisme social

Cette fiction très touchante montre sans pathos ni misérabilisme les difficultés rencontrées par celles et ceux qu’on appelle transfuges de classe, le combat qu’il leur faut mener avec soi-même et contre leur entourage.  Dans un monde où l'origine sociale prime encore trop souvent sur le mérite, ce téléfilm réaliste et sensible, au plus proche de ses personnages, interroge le système de l'égalité des chances et les moyens mis en œuvre pour aider les jeunes à prendre leur destin en main, où la réussite de quelques-uns dépend souvent d'une volonté collective de croire en un avenir meilleur. Ce récit initiatique très sobre, tout en subtilité et en délicatesse, suit avec pudeur le parcours de ses héroïnes. Entre obstacles et revers, la lumière et l'espoir ne sont jamais loin, ce qui donne à la fiction toute sa force, d'autant que les jeunes comédiennes sont très justes, de même que Déborah François dans le rôle d'une CPE très investie dans sa mission. Ce téléfilm est aussi, à travers le personnage de la mère de l'héroïne, un hommage à toutes ces femmes qui osent défier le patriarcat.

Pour voir Les héritières, c'est ici ou sur l'application Arte de votre télé.

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Délicieuse comédie estivale

Publié le par Michel Monsay

Délicieuse comédie estivale

A la suite des bouleversements induits par la pandémie, c’est à la télévision qu’on découvre finalement ce très joli film de Guillaume Brac, qui devrait néanmoins sortir en salles au mois de juillet. Le cinéaste de 44 ans a une poignée de films à son actif, dont "Un monde sans femmes", et son univers est un mélange d'Eric Rohmer, Pascal Thomas et Jacques Rozier. Il y a une insouciance loufoque, une finesse de touche, un laisser-filer sentimental, une pulsation de la vie qui va, une sensation de brise dans les narines, un goût de la divagation, de la tendresse, de la liberté, qui font de ce film un petit miracle, une bulle de fraîcheur qui nous donne le sourire et nous touche. Les jeunes acteurs, élèves au Conservatoire national supérieur d'art dramatique de Paris, sont particulièrement convaincants, notamment Ana Blagojevic, Salif Cissé et Edouard Sulpice. Le cinéaste aborde la diversité et le rapport de classe avec une remarquable intelligence, un naturel confondant, autorisant ainsi le spectateur à s’en ficher comme de l’an quarante. La seule couleur qui vaille ici est celle du sentiment. Une belle réussite.

A voir ici ou sur l'application Arte de votre télé ou normalement en juillet au cinéma.

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Portrait élégant et profond du génial Jacques Audiard

Publié le par Michel Monsay

Portrait élégant et profond du génial Jacques Audiard

Reconnaissable entre mille avec son petit chapeau et ses lunettes noires, Jacques Audiard se tient volontairement loin des caméras et des projecteurs, malgré son succès. Palme d’or à Cannes pour Dheepan en 2015, son œuvre a également reçu une pluie de Césars : De battre mon cœur s’est arrêté en 2006, Un prophète en 2010 et Les Frères Sisters en 2019, son premier film en langue anglaise. Il a renouvelé le cinéma français avec chacun de ses films. Entre révélation d’acteurs tels que Tahar Rahim ou Matthias Schoenaerts, et éloges successifs de la critique, il mène un parcours sans faute. Commencée sur le tard, sa carrière n’en est pas moins fascinante. La voilà décryptée en 54 minutes par Pierre-Henri Gibert dans ce documentaire baptisé Le Cinéma à cœur. Il se rêvait d’abord professeur puis s’est ennuyé à la fac et s’est tourné vers le montage et l’écriture de scénario. Ce qui est loin d’être surprenant, sachant qu'il est le fils de Michel Audiard, grand dialoguiste du cinéma français. C’est avec lui qu’il signera l’un de ses scénarios les plus poignants, Mortelle Randonnée, inspiré de l’histoire de son frère suicidaire. Un sentiment qui l’a longtemps habité lui aussi. Alors qu’il devient officiellement scénariste à 33 ans, il confiera à la presse : "J’ai passé beaucoup de temps à faire ce que je n’avais pas envie de faire."Ce n’est qu’au début de sa quarantaine qu’il comprend que l’écriture de script n’est plus suffisante et qu’il doit s’emparer d’une caméra. Regarde les hommes tomber, Un héros très discret, Sur mes lèvres, De rouille et d’os, …  Sa courte mais remarquable filmographie englobe des thématiques récurrentes, comme le rapport malaisé au père et au monde, mais aussi le déclin de la virilité et la résilience. Ce merveilleux documentaire nous en apprend plus sur les intentions de cet éternel mélancolique, très méfiant envers les hommes qui avoue : « Filmer est le seul rapport possible que j’ai trouvé avec le monde. »

A voir ici ou sur l'application Arte de votre télé.

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Emouvant documentaire sur une passion amoureuse

Publié le par Michel Monsay

Emouvant documentaire sur une passion amoureuse

Cette histoire d'amour, qui a fait coulé beaucoup d'encre, est raconté dans ce très beau documentaire à travers des extraits de la riche correspondance que François Mitterrand et Anne Pingeot ont entretenue. La plume de l'ancien chef de l’État est magnifique, poétique, puissamment littéraire, et c'est l'excellent Didier Sandre qui lit en voix off ces lettres enflammées. Durant les trente années de leur passion amoureuse restée dans l'ombre et qui ne s'est quasiment pas altérée jusqu'au dernier souffle du Président, ils s'échangeront 1200 lettres. Profondément romanesque, cette histoire est illustrée également par le journal intime qu'a écrit François Mitterrand, ainsi de nombreuses photos et bien évidemment des images d'archive, aucune interview ne venant rompre le charme du récit. Le sphinx, comme certains l'appelaient, apparaît ici sous un angle complètement différent de celui qu'il montrait en public et dans ses fonctions, et l'on ne peut qu'être touché par cet homme amoureux qui se livre intensément. Tout le matériau épistolaire et le journal intime, dont ce passionnant documentaire s'est nourri, va être remis par Anne Pingeot à la Bibliothèque nationale.

Le documentaire est à voir ici ou sur l’application FranceTv de votre télévision.

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Une peinture intimiste et mélancolique dans un pays déchiré et occupé

Publié le par Michel Monsay

Une peinture intimiste et mélancolique dans un pays déchiré et occupé

Une nouvelle fois Arte nous offre une très bonne série, qui nous emmène cette fois en 2003 dans l'Irak occupé par la coalition menée par les États-Unis et le Royaume-Uni après la chute de Saddam Hussein. Entre drame familial, politique et thriller, cette mini-série britannique de six épisodes est adapté d'un roman américain d'Elliot Colla, spécialiste du Moyen-Orient et dont la femme est irakienne. Cet épisode lamentable de l'histoire récente est pour la première fois vue du côté irakien, au travers de la famille du personnage central, un ancien inspecteur de police, mais aussi auprès des insurgés qui résistent à l'invasion américaine. Rivalités au sein des forces de la coalition, cupidité de certains et cynisme des autres, règlements de compte au sein de la population irakienne déchirée par des décennies de dictature, mais aussi portrait d'un pays qui ne s'appartient plus, il y a une tension permanente qui infuse "Baghdad central", dont la réalisation très convaincante d'Alice Troughton nous embarque dès les premières images. D'autant que les comédiens sont tous très justes, notamment Waleed Zuaiter, son interprétation poignante, de cet ancien policier qui se bat pour sauver ce qui lui reste de famille, crève l'écran.

Baghdad central est à voir ici ou sur l'application Arte de votre télé.

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Un documentaire fascinant né d'une rencontre improbable

Publié le par Michel Monsay

Un documentaire fascinant né d'une rencontre improbable

"La peintre et le voleur" est un documentaire norvégien récompensé au festival de Sundance 2020, le plus grand festival de cinéma indépendant créé par Robert Redford en 1985, et sélectionné pour les Oscars 2021. Très original dans la forme comme dans le fond, la rencontre entre une artiste peintre et le voleur de deux de ses tableaux dans une galerie d'Oslo, qui va se transformer en une profonde amitié. Ce film est construit intelligemment dans une narration en miroir des deux protagonistes afin d'avoir leurs deux points de vue. Le tournage qui s'est étalé sur trois années a donné lieu à de nombreux rebondissements que le réalisateur n'avait pas prévu, et qui apportent au film des moments poignants de cinéma vérité. En filmant ces deux cabossés de la vie, qui chacun à sa mesure s'en sort comme il peut avec un passé douloureux, le documentariste Benjamin Ree, qui a réussi à obtenir des scènes intimes d'une incroyable émotion, aborde finement de nombreux thèmes comme le pardon, la difficile reconstruction d'un être en perdition, les affres du métier d'artiste, le pouvoir de l'amitié mais aussi de l'art. Documentaire troublant qui vous embarque de la première à la dernière minute dans une intensité qui ne se dément pas, "La peintre et le voleur" est à la fois un condensé d'humanité et une histoire où la réalité a une nouvelle fois plus d'imagination que la fiction.

Le film est à voir ici ou sur l'application Arte de votre télé.

Un documentaire fascinant né d'une rencontre improbable

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