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Une histoire d'amour pudique et émouvante

Publié le par Michel Monsay

Une histoire d'amour pudique et émouvante

Quelque part entre la littérature d’Emily Brontë et le cinéma de Jane Campion, l'acteur et réalisateur Bouli Lanners nous raconte une histoire d'amour douce et urgente sur l’île sauvage de Lewis, en Écosse, entre landes inhospitalières et rochers éternels. Cette île est régie par la très austère Église presbytérienne au rigorisme implacable, pratiquant un calvinisme fondamentaliste. De ce monde dur et cruel à la religiosité étriquée, le personnage féminin de cette histoire, tout en maladresses hésitantes et confusion des sentiments, s’émancipe sans éclats. L’actrice Michelle Farley nuance avec une finesse précise ce rôle de femme à la dignité constante. Elle n’est pas enrôlée en porte-drapeau d’un féminisme de vindicte et de renversement radical. La liberté de cette femme est une conquête tranquille et secrète. La romance touchante qui nait sous nos yeux, presque naïve à force de retenue et de pudeur, ne s'épanche jamais à un débordement amoureux. Une forme de timidité adolescente retient les élans. Bouli Lanners n’exhibe pas une sensualité démonstrative : c’est un entrelacement de gestes suspendus, de regards de côté, de frôlements. Les étreintes épousent l’ascétisme de ce monde insulaire, clos sur lui-même. Les paysages d’une grande beauté, ciselés par l’Atlantique, mordus par un soleil pâle, parcourus par une herbe frissonnante, dialoguent avec les personnages. Laissant de côté son humour pince-sans-rire qui a marqué d’une plaisante fantaisie ses précédents films, le cinéaste Bouli Lanners s'abandonne aux sentiments avec une infinie délicatesse. Quant à l'acteur Bouli Lanners, que l'on avait adoré récemment dans "C'est ça l'amour" et la saison 2 de la série "Hippocrate", il livre ici également une interprétation très touchante. L’urgence occupe le film, plane comme un danger imminent sans qu’il soit nécessaire de le signifier. Au contraire, c’est une économie de mots, une rigueur baignée de douce mélancolie qu’observent à la fois le scénario et la mise en scène. Ce mélodrame, qui jamais ne cède à la tristesse, ressemble à son auteur, à l’humilité nécessaire qu’il pose en idée essentielle de son cinéma, et à une belle humanité.

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Magnifique portrait d'une héroïne ordinaire

Publié le par Michel Monsay

Magnifique portrait d'une héroïne ordinaire

César de la meilleure actrice en 2021 pour "Antoinette dans les Cévennes, Laure Calamy éblouit une nouvelle fois mais dans un registre plus dramatique, où elle confirme ici toute l'étendue de son talent. Elle incarne jusque sur son visage, traits tendus, regard aux abois, sourire forcé, à la limite de la rupture, la surcharge mentale et le surmenage dont se plaignent tant de femmes, plus encore dans les familles monoparentales. Tendue mais toujours digne, Laure Calamy offre avec ce rôle une visibilité bienvenue à toutes les femmes qui se battent au quotidien, cette cohorte de fourmis invisibles, essentielle dans le rouage général, et jamais gratifiée de la moindre reconnaissance. Conçu comme un film d'action, ce drame social admirablement réalisé par Eric Gravel, dont c'est le deuxième long-métrage, suit au plus près son personnage central avec une caméra vivante, nerveuse et une grande liberté de mouvement, du plus fluide au plus saccadé. Il filme Paris, comme un William Friedkin l’avait fait de Marseille et New-York pour le polar "French Connection", en l’adaptant au social avec un parti pris de rendre la ville froide et anxiogène. De cette vie à cent à l’heure naît un suspense du quotidien, soutenu par une excellente musique électronique qui accentue cette tension palpable. Un film coup de poing et oppressant, sans aucun misérabilisme, qui aborde avec justesse le déclassement social, le regard des autres, celui qu’on porte sur soi aussi, beaucoup plus éloquent et convaincant que bien des discours pour comprendre la déshumanisation de notre société néolibérale.

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Fascinant thriller crépusculaire

Publié le par Michel Monsay

Fascinant thriller crépusculaire

Sombre, dense, délesté des attendus du film de super-héros, The Batman fait aujourd’hui figure de singularité par sa puissance et sa vision plus réaliste qu'à l'accoutumée d’un monde désenchanté qui ne demande plus à être sauvé, asphyxié par toutes ses angoisses, témoin privilégié de sa propre destruction. Vision on ne peut plus actuelle où retentissent les plus grands troubles de notre époque. À la différence des blockbusters inoffensifs de la franchise Marvel, le réalisateur Matt Reeves propose une version noire, vertigineuse, viscérale et poisseuse de Batman. Il nous plonge dans un puits sans fond de ténèbres dans lequel on peut sentir la peur à chaque coin de rue, et son chef opérateur, l'excellent Greig Fraser, sculpte une cathédrale de noirceur dont émergent de brutales saillies de couleurs saturées. Une ambiance qui se situe quelque-part entre le Seven de David Fincher, le Batman de Tim Burton avec Michael Keaton, et le cinéma de Scorsese, avec une très légère pincée de Sin City. Un autre point fort du film réside dans sa distribution : notamment avec l’impeccable interprétation livrée par Robert Pattinson, qui joue plus sur les non-dits et les silences que sur les répliques dans un mélange de violence et de vulnérabilité tout en sobriété, faisant de Batman un personnage torturé, presque asocial, totalement fascinant. Citons aussi Zoé Kravitz sulfureuse et charismatique, John Turturro parfait en mafieux ambigu, et Paul Dano qui est carrément terrifiant, jouant la folie avec une justesse glaçante, nous donnant l'impression d’être réellement en présence d’un type qui pourrait commettre le pire à tout moment, une performance saisissante d’ambiguïté qui installe un malaise durable. Ce film est aussi une étude de personnage en forme de cri primal qui a le mérite de ne pas figer Batman dans le marbre mais de lui offrir un arc intelligent et humain, aux profondes résonances sociopolitiques. Réinventer une icône déjà magnifiée par Tim Burton ou Christopher Nolan, ne voilà pas la moindre des qualités de Matt Reeves, qui a réussi l’exploit de réaliser le meilleur Batman depuis The Dark Knight, donnant un vrai coup de neuf à un univers et des personnages vus et revus, et explorant les zones sombres de la ville de Gotham d’une façon encore jamais vue. Tant sur le plan scénaristique que plastique, ce film est une totale réussite.

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Magnifique et douloureux éveil des sens d'un enfant de 10 ans

Publié le par Michel Monsay

Magnifique et douloureux éveil des sens d'un enfant de 10 ans

Caméra d'or en 2014 pour "Party girl" qu'il avait coréalisé, Samuel Theis revient cette fois pour son premier film en solo, "Petite nature", un récit d’apprentissage bouleversant, porté par un gamin qui crève l'écran. En grande partie autobiographique, ce récit qui a pour cadre la Lorraine, région natale du cinéaste, et en particulier Forbach, explore l'éveil affectif, intellectuel et sexuel d'un enfant de dix ans. Rien n’est lourd ni malaisant dans ce portrait vivifiant, bien au contraire. Le pouls bat fort dans chaque seconde de l’aventure, de la captation de l’intériorité des êtres à la révolte enfantine. Samuel Theis filme avec humanité un drame social pétri de vérité dans l’évocation des petites gens, mais aussi dans le réalisme de ses images et l’interprétation de ses trois comédiens principaux, deux non-professionnels impressionnants de justesse, Aliocha Reinert avec sa bouille d'angelot à la longue chevelure blonde, ses yeux bleus, et son allure androgyne, et Mélissa Olexa, un mélange de féminité et de virilité, quant à Antoine Reinartz, il nous touche à chaque nouvelle prestation depuis "120 battements par minute". Le cinéaste capte le contexte social au plus prés dans des décors de banlieue filmés en écran large, et des appartements modestes, il s'inscrit dans les traces des frères Dardenne ou de certains films de Maurice Pialat. Envisagé à hauteur d'enfant, ce très beau film aborde avec beaucoup d'intelligence et de sensibilité la question de la honte sociale et celle du désir d'émancipation chez un jeune garçon qui veut de toutes ses forces s'arracher à son milieu.

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Un constat révoltant sur les ravages du capitalisme

Publié le par Michel Monsay

Un constat révoltant sur les ravages du capitalisme

Stéphane Brizé est une valeur sûre du cinéma français depuis plusieurs années, on pense aux sublimes "Mademoiselle Chambon" et "Quelques heures de printemps", tous deux avec Vincent Lindon, son acteur de prédilection. Ce tandem, fait de travail, de pudeur et d’une même sensibilité aux violences sociales, a tourné cinq fois ensemble, notamment la trilogie au cœur du monde du travail composée de "La loi du marché", "En guerre" et "Un autre monde". Le cinéaste a tour à tour adopté le point de vue d’un chômeur longue durée, d’un responsable syndical puis d’un dirigeant, tous victimes d’un système qui les broie. Cette trilogie démontre que le problème n’est pas humain mais systémique, et que pour enrichir une poignée de gens, on sacrifie des vies sans état d'âme. "Un autre monde" brosse avec une force dévastatrice le portrait d’un cadre loyal soudain défié par les barrières morales avec lesquelles il composait jusqu’alors. Le voilà soudain tenté par le mensonge, confronté à la trahison, condamné à la solitude. Avec un naturalisme assuré, maître dans l’art du réel et du détail, Vincent Lindon qui fut un chômeur révolté puis un syndicaliste devient avec la même indiscutable authenticité un cadre en costume-cravate. Le comédien continue de nous éblouir de film en film par sa force d'incarnation, il retrouve ici une émouvante Sandrine Kiberlain, citons également le jeune Anthony Bajon qui n'arrête plus de tourner depuis "La prière" et impressionne une fois de plus par sa justesse, mais aussi une étonnante Marie Drucker qui fait des débuts très remarqués devant la caméra, tout comme des acteurs non-professionnels auxquels Stéphane Brizé fait une nouvelle fois appel et qu'il dirige merveilleusement. En alternant caméra portée, plans plus soignés à plusieurs caméras et en multipliant les angles, le cinéaste traduit magistralement l'étouffement du personnage, sa suffocation, sa sensation d'être pris dans un étau. Souvent proche du documentaire, même si dans ce film la part de fiction est plus présente, avec des dialogues d'une remarquable précision, le cinéma de Stéphane Brizé est irrigué d'une puissance sociale et émotionnelle qui nous renverse à chaque fois.

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Un somptueux film noir aux couleurs profondes

Publié le par Michel Monsay

Un somptueux film noir aux couleurs profondes

Après avoir obtenu quatre Oscars en 2018 pour le sublime "La forme de l'eau", dont celui de meilleur film et meilleur réalisateur, ainsi que le Lion d'or à Venise, Guillermo Del Toro revient avec un onzième long-métrage, qui pour la première fois dans sa carrière ne recèle aucune note fantastique, genre dans lequel le cinéaste fait des merveilles depuis 25 ans. Il s'attaque cette fois au film noir, autre genre cinématographique très marqué, avec ses codes incontournables, dont le cinéaste se saisit avec toute la créativité qu'on lui connait. Les cadrages, la lumière, les décors avec une profusion de détails inouïe, contribuent à créer une atmosphère envoûtante dont Guillermo Del Toro a le secret, si l'on y ajoute une ampleur narrative avec une double lecture qui porte un regard cynique sur le genre humain, et une distribution de grande classe avec des comédiens à la puissance évocatrice impressionnante, on tient là une production de prestige comme on les aime, étonnante par sa cruauté et sa noirceur. Point de monstres ici à l'inverse de nombreux films de Guillermo Del Toro, la monstruosité se révèle dans la nature des principaux protagonistes, hormis le personnage interprété par la touchante Rooney Mara. Ils sont incarnés par Bradley Cooper, Cate Blanchett, Willem Dafoe ou Richard Jenkins, tous excellents dans cette redoutable fable sur la crédulité et la cupidité.

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Un thriller paranoïaque troublant

Publié le par Michel Monsay

Un thriller paranoïaque troublant

Après deux films sur le banditisme corse, « les Apaches » et « Une Vie violente », Thierry de Peretti réalise un long métrage nerveux et passionnant, un thriller ambigu et insaisissable, où la vérité se dérobe constamment. L’investigation, qui est menée tout au long du film, se révèle complexe, trouble, et ses intervenants parfois énigmatiques. Une des forces du scénario tient dans le fait de ne jamais abandonner ou laisser au second plan les doutes de ses protagonistes, il ne tranche pas et préfère nous questionner sans cesse sur la nature du réel, sur la véracité des sentiments qu'entretiennent ces personnages les uns pour les autres, leur sincérité, et au final il nous plonge au cœur d’une obscurité qui ne cesse de s’épaissir. Inspiré d'une affaire révélée par Libération en 2016 sur fond de trafic de drogues et mettant en cause les plus hautes autorités policières, ce film dépeint la complexité des rapports entre un journaliste et sa source, mais aussi les liens ambigus et malsains entre le grand banditisme et le pouvoir. Ce troublant jeu de miroirs entre les différents protagonistes est remarquablement filmé à travers des plans-séquences tout en fluidité, et une très belle photographie de l'excellente cheffe opératrice Claire Mathon. Les comédiens sont tous irréprochables et très investis, mention spéciale à Roschdy Zem, cela fait trente ans que l'on aime cet acteur mais depuis quelques années il est de plus en plus impressionnant au fil des rôles, autre mention à Julie Moulier, que l'on avait aperçu dans des rôles secondaires, elle est d'une incroyable justesse en cheffe du service police-justice à Libération, notamment lors des comités de rédaction tournés dans les locaux du journal. Ce film captivant révèle les frontières parfois ténues qui séparent le vrai du simulacre, le commerce du trafic, la légalité de la délinquance, et l'on en ressort chamboulé et plein de doutes.

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Au cœur d'un volcan en ébullition

Publié le par Michel Monsay

Au cœur d'un volcan en ébullition

En un impressionnant plan-­séquence unique d’une heure trente caméra portée, conjuguant prouesse technique, qualité d’écriture et jeu inspiré des comédiens, l'excellent Stephen Graham en tête, pour son premier long métrage, le britannique Philip Barantini raconte comme jamais le stress qui règne dans la cuisine d'un restaurant. Cet univers qu'il connaît très bien pour y avoir travaillé 12 ans, du bas de l'échelle jusqu'à chef de cuisine, il a voulu le retranscrire de manière hyper réaliste, et ce tour de force technique rend le récit diablement efficace et plonge le spectateur, sans aucun répit et en temps réel, au cœur du service d’un vendredi soir dans un restaurant londonien à la mode. Dans l’histoire des films de restaurant, il y aura un avant et un après "The chef", tant le portrait de ce milieu révèle sa cruauté en dépeignant la faillite d’un système à flux tendu et en donnant à voir un condensé des problèmes sociaux que l'on y rencontre : surmenage, alcoolisme, racisme, sexisme, humiliations hiérarchiques, finances à la dérive. Trente-sept acteurs et une centaine de figurants à chorégraphier sur un plateau à 360 degrés, des assistants à la réalisation déguisés en serveurs avec une oreillette, et au final quatre prises complètes seulement ont été tournées, la troisième était la bonne, sans montage ni raccords. L'incroyable dispositif choisi par le réalisateur a fait vivre une expérience à nulle autre pareil à toute l'équipe de tournage, notamment les comédiens, mais aussi au spectateur accroché à son fauteuil, à la fois admiratif d'une telle performance et témoin d'un manège de haute volée suspendu au-dessus d’un précipice, comme la métaphore réaliste d’une époque survoltée dont le restaurant de ce film, arène symbolique, sert de sidérant révélateur.

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Une insolite romance virevoltante et vintage

Publié le par Michel Monsay

Une insolite romance virevoltante et vintage

Avec une collection impressionnante de chefs-d'œuvre à son actif, dont on avait plus qu'adoré le dernier en date, "Phantom thread", Paul Thomas Anderson est l'un des cinéastes dont on guette avec impatience le nouveau film. Chaque fois il nous cueille, tant par sa capacité à se renouveler, à inventer un style, un monde propre à chaque film, on ne saurait trouver dans "Licorice Pizza", personnages, ton et décors plus différents que dans "Phantom thread" ou "Magnolia" voire "The master", mais surtout pas sa virtuosité que l'on apprécie à la fois dans la mise en scène, les plans-séquence, les travellings, la direction d'acteurs. Avec cette comédie romantique situé en 1973 dans la banlieue de Los Angeles et ses formidables interprètes, il nous embarque dans un chassé-croisé amoureux traversé par une énergie juvénile, un vent de liberté et un charme certain, dont on ressort l’âme enjouée. Les deux jeunes comédiens apportent une innocence, une fraîcheur et un naturel qui contribuent pleinement à cette vitalité, leur physique atypique et l'absence de maquillage leur confère un profil loin des canons de l'industrie hollywoodienne, qui les rend plus touchants. En arrière-plan, il y a en contrepoint de l'insouciance des deux jeunes à qui tout semble possible, la gueule de bois de l’ère Nixon et du choc pétrolier que le cinéaste dépeint ironiquement. La bande originale est un pur régal avec notamment David Bowie et les Doors. Ce film, enthousiasmant à bien des égards, dresse une vision tendre et légère du Los Angeles des années 70, et déploie une grande originalité tant sur le fond que sur la forme pour nous faire croire à une histoire improbable, qui peu à peu nous apparaît évidente.

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Un regard féminin puissant qui bouscule les stéréotypes

Publié le par Michel Monsay

Un regard féminin puissant qui bouscule les stéréotypes

Adaptation d’un roman d’Elena Ferrante, "Poupée volée" qui a été publié avant le succès planétaire de « l’Amie prodigieuse », ce film magnifique et troublant a obtenu le Prix du meilleur scénario à la Mostra de Venise. C’est le premier film en tant que réalisatrice de l’actrice américaine Maggie Gyllenhaal, que l'on a adoré notamment dans la série "The Deuce". Elle révèle, dès ce premier essai, une maitrise qui impressionne, notamment dans la direction d’actrices. Le film est porté de bout en bout par une comédienne magistrale : la britannique Olivia Colman, tour à tour inquiétante et légère, grave et drôle, agaçante et touchante. Depuis qu'on l'a découverte dans la série "Broadchurch", elle n'en finit plus de nous épater, que ce soit dans "La favorite", où elle obtenu l'Oscar, dans "Father" ou dans la série "The crown" voire dans "Fleabag". La direction d'actrices de Maggie Gyllenhal dans "The lost daughter" vaut aussi pour Dakota Johnson et Jessie Buckley, toutes deux parfaites dans des personnages complexes. Ce thriller psychologique malmène la vision idéalisée de la maternité, qui n’est pas toujours synonyme de bonheur, et ose une image autre que l'idéal imposé à coups d'injonctions par la société. Pour raconter ce mal de mère, Maggie Gyllenhaal filme au plus près les peaux, les visages, les larmes, les regards dans des magnifiques cadrages légèrement flottants. Par une lente combustion, ce remarquable film distille subtilement une atmosphère légèrement menaçante, mystérieuse où l'ambivalence des comportements maternels brise les tabous et apporte une vraie originalité.

The lost daughter est à voir sur Netflix.

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