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Les fausses confidences

Publié le par Michel Monsay

Les fausses confidences

Mise en ligne dans le cadre du programme "Théâtre et canapé" par le théâtre de l'Odéon durant cette période de confinement, cette très belle adaptation cinématographique de la pièce de Marivaux est un mélange exquis de finesse, de légèreté, de grâce qui explore très intelligemment les délicates liaisons de l'amour et de l'argent. Réalisé par le grand metteur en scène de théâtre, Luc Bondy, qui a dirigé l'Odéon durant les trois dernières années de sa vie, ce film est sa dernière œuvre puisqu'il est mort durant son montage à l'âge de 67 ans. Tournée entièrement dans les très beaux espaces du théâtre de l'Odéon, transformé pour l'occasion en hôtel particulier, cette adaptation d'une subtile modernité est un vibrant hommage à Marivaux dont le langage et les intrigues font toujours autant merveille. La caméra virevolte de la terrasse aux sous-sols, en passant par l'escalier monumental, aux salons, à la cuisine, au foyer, et participe à la jubilation qu'éprouve le spectateur devant cette représentation unique en son genre. Les acteurs, tous excellents, ont vécu une expérience intense en tournant la journée le film et jouant le soir la même pièce sur la scène de l'Odéon dans une version plus classique. En évitant les pesanteurs du théâtre filmé, Luc Bondy enchante à travers cette lumineuse adaptation son amour de Marivaux, des acteurs et de ce lieu magique qu'est le théâtre de l'Odéon.

Le film est ci-dessous :

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Une intime conviction

Publié le par Michel Monsay

Une intime conviction

Suite à la polémique provoquée par TF1 et M6, Canal +ne pourra diffuser ses programmes en clair que jusqu'au 31 mars. Dans les films à voir d'ici-là, il y a aujourd'hui à 15h15 ou 15h45 (à vérifier), ce passionnant premier film d'Antoine Raimbault sur l'affaire Viguier, une femme disparue en février 2000 qui n'a jamais été retrouvée et dont le mari a été accusé du meurtre. Après avoir été acquitté en 2009, Jacques Viguier va être jugé en appel un an plus tard, le film s'ouvre un mois avant le début du procès. Le réalisateur opte pour la sobriété et la rigueur dans la reconstitution judiciaire de cette affaire où le doute est au centre des débats. Il tourne les scènes de procès de manière quasi documentaire avec deux caméras très mobiles, qui participent à nous faire vivre intensément les échanges, et le montage rythmé et toujours bien senti donne au film un impact supplémentaire. Le scénario, s'il est basé strictement sur la réalité jusqu'aux noms et déclarations des protagonistes, ajoute un personnage de pure fiction, convaincu de l'innocence de l'accusé jusqu'à en devenir obsédé, qui forme un duo explosif avec l'avocat de la défense. Olivier Gourmet est une fois de plus magistral, il campe avec une justesse impressionnante Eric Dupond-Moretti notamment dans sa plaidoirie. Les comédiens qui l'entourent sont très probants, particulièrement Marina Foïs qui confirme à chaque nouveau rôle son talent dramatique. Cette affaire, par ce film remarquable, nous interroge sur la présomption d'innocence, les rumeurs colportées, la surmédiatisation de ces faits divers, les dysfonctionnements de la justice et de la police, et les ravages que tout cela peut provoquer.

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Celle que vous croyez

Publié le par Michel Monsay

Celle que vous croyez

En ces temps de confinement, profitons des programmes de Canal +, qui sont en clair pour tous les détenteurs de box quel que soit l'opérateur. Je vous recommande vivement ce film de Safy Nebbou, à qui l'on doit notamment le très beau "Dans les forêts de Sibérie", qui est en rediffusion le 21 mars à 9h55, le 22 mars à 23h ou le 23 mars à 11h15. Juliette Binoche y est sublime de beauté, de grâce, d'émotion, elle interprète merveilleusement ce rôle complexe d'une femme qui refuse de vieillir, tout à la fois perdue, vulnérable, sensuelle, manipulatrice. De plus elle est admirablement filmée par une caméra amoureuse de cette actrice fascinante. A ses côtés, l'incontournable François Civil, le jeune comédien le plus en vue du moment, y est très bien. Judicieusement construit, ce film explore l'univers des réseaux sociaux en mettant en avant les incroyables possibilités et bonheurs qu'ils procurent mais aussi les ravages qu'ils peuvent occasionner.

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Le cas Richard Jewell

Publié le par Michel Monsay

Le cas Richard Jewell

A près de 90 ans, Clint Eastwood continue d'enrichir une filmographie impressionnante en s'intéressant à des héros ordinaires qui se sont retrouvés confrontés à des situations extraordinaires pourtant ancrées dans la réalité. Dans ce film qui critique en creux le pouvoir néfaste de la presse et du FBI, le cinéaste arrive à partir d'un personnage antipathique, limite réactionnaire, à nous le rendre attachant en racontant dans une beau classicisme à la sobriété rigoureuse, sans effet tapageur, cet incroyable fait divers survenu durant les Jeux Olympiques d'Atlanta en 1996. Personnage ambigu, empli de contradictions, que l'on aime passionnément pour certains aspects et que l'on déteste pour d'autres, ce constat vaut d'ailleurs dans une moindre mesure pour le héros de son film comme pour son pays, Clint Eastwood a passé une bonne partie de sa vie à explorer la complexité humaine en dynamitant les clichés quitte à adopter parfois un point de vue provocateur. L'acteur qui joue le rôle de Richard Jewell, cet agent de sécurité très à cheval sur les règles et qui se montre inflexible en usant de l'autorité que lui confère son uniforme, livre une performance étonnante toute en nuances et parvient au fil de l'intrigue à montrer les différentes facettes de son personnage. A ses côtés l'excellent Sam Rockwell que l'on avait apprécié dans "3 Billboards", film pour lequel il avait reçu un Oscar, mais aussi dans "Vice" où il jouait George W. Bush, et dans la série "Fosse/Verdon" où il était Bob Fosse. La mère de Richard Jewell est interprétée avec beaucoup de justesse par Kathy Bates, l'inoubliable infirmière oscarisée de "Misery". Une fois de plus le grand Clint a réussi son coup en nous montrant sans filtre l'Amérique sous son vrai jour, avec ses aberrations, ses monstruosités, ses injustices, ses paradoxes, mais aussi ses héros à l'ancienne qui se cachent pour pleurer et ont des valeurs humaines derrière une apparence revêche.

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La fille au bracelet

Publié le par Michel Monsay

La fille au bracelet

Ce drame judiciaire autour d'un procès aborde habilement et sans complaisance la méconnaissance et l'incompréhension des parents sur ce que sont devenus leurs enfants à l'adolescence, et nous plonge dans le fossé qui les sépare. En laissant toute sa place à l’ambiguïté et au mystère de l'affaire qui est jugée lors de ce procès, une jeune fille accusée d'avoir tué sa meilleure amie, le cinéaste Stéphane Demoustier construit son film avec rigueur et justesse en exploitant au mieux les codes de la dramaturgie que représente une cour d'assises, en l’occurrence celle de Nantes dans le très beau palais de justice dessiné par Jean Nouvel. Anaïs Demoustier, sœur du réalisateur, est parfaite comme toujours sauf qu'ici elle évolue dans un registre très différent de ses précédents rôles, les autres comédiens sont également impeccables, notamment la jeune Melissa Guers, qui pour sa première prestation impressionne. Un film qui dérange autant qu'il fascine sur les rapports filiaux, les mœurs des adolescents, en dessinant aussi le portrait d'une jeune fille au comportement et aux réactions équivoques qui ouvrent en grand la porte au doute sans qu'elle puisse jamais se refermer.

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Play

Publié le par Michel Monsay

Play

Une bonne comédie est toujours une denrée rare, voilà pourquoi lorsqu'on en découvre une, il faut savourer notre plaisir surtout si en plus elle s’avère attachante et nous fait rire indirectement à nos dépens. C'est le petit miracle que réussit le troisième film d'Anthony Marciano, en faisant vivre à ses personnages des situations que l'on a tous vécues durant notre enfance, adolescence et en tant que jeune adulte. Outre la justesse et la drôlerie de tous ces moments qui défilent à l'écran, le procédé utilisé  participe à ce que ce film générationnel des années 1990 et 2000 fonctionne au-delà de l'identification des personnes concernées par cette époque. En fabriquant des faux rushes que le personnage principal est censé avoir tourné dès l'âge de 13 ans avec le caméscope qu'il reçoit en cadeau et durant les 25 années suivantes, le réalisateur propose une expérience très originale à la vision de son film. Le spectateur a en effet l'impression de pénétrer dans 25 ans de la vraie vie d'un jeune homme, de sa famille et de ses amis, captée sur le vif à chaque moment important avec des ratés, des voix qui se chevauchent, des flous, et non impeccablement reconstituée et mise en scène comme dans un film traditionnel. La fraîcheur des comédiens contribuent au pouvoir comique et émotionnel de cette histoire, notamment la délicieuse Alice Isaaz, dont la grâce, le naturel et le charme très touchant confirme toutes les qualités entrevues dans un registre différent avec le personnage tout en retenue de "Mademoiselle de Joncquières". Cette emballante comédie romantique tendre et nostalgique, sur le temps qui passe et les choix bons ou mauvais qui ponctuent nos vies, n'est jamais plombante et prend délibérément le parti d'en sourire.

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1917

Publié le par Michel Monsay

1917

Il y a une vingtaine d'années on découvrait "American beauty", Sam Mendes remportait alors 5 Oscars pour son premier film, et depuis le cinéaste anglais n'a cessé de nous surprendre et nous passionner jusqu'aux deux derniers James Bond, notamment l'excellent "Skyfall". A 54 ans, pour son huitième film il nous plonge en totale immersion au cœur de la Première guerre mondiale en ne quittant pas deux soldats envoyés en mission à travers les tranchées, no-man's-land, barbelés, lignes ennemies, pour tenter d'empêcher une catastrophe. Outre l'incroyable virtuosité des mouvements de caméra, cadrages, mise en scène, Sam Mendes nous montre l'horreur de cette guerre comme très rarement, la vie ne tenant qu'à un tout petit fil, la mort omniprésente, la puanteur et le sordide des situations, avec un réalisme et un fatalisme oppressants qui nous laisse sonnés lorsque la lumière se rallume après être passé par toutes sortes d’émotions. Le réalisateur a eu la bonne idée de ne pas prendre de stars pour interpréter les deux personnages principaux, ce qui participe un peu plus à la crédibilité et au pouvoir de cette histoire, d'autant que les deux comédiens apportent une candeur et une spontanéité incomparables. Le scénario inspiré des récits du grand-père du cinéaste est très habilement construit, à la manière d'une course contre la montre insoutenable, mais ne restant pas à la surface des choses, laissant paraître en arrière-plan une réflexion lucide sur la condition humaine. Cette expérience viscérale que Sam Mendes fait vivre au spectateur, en plus d'être un très grand film, nous rappelle la chance que nous avons de ne pas vivre une guerre.

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La vie invisible d'Euridice Gusmao

Publié le par Michel Monsay

La vie invisible d'Euridice Gusmao

Prix Un certain regard au Festival de Cannes, ce bouleversant mélodrame brésilien, dont l'action se situe principalement dans les années 1950 avec un épilogue de nos jours, nous raconte la vie sacrifiée de ces femmes invisibles victimes d'une société patriarcale, empêchées de s'émanciper, de choisir leur métier, leur mode de vie, et ne disposant même pas de leur corps. Ce film indispensable, qui vous donne honte d'être un homme, s'attache au destin de deux sœurs fusionnelles et joyeuses qu'un père arriéré va empêcher de se revoir après l'erreur de jeunesse de l'une d'elles. Cette domination masculine insupportable, que l'on espérait d'un autre temps trouve malheureusement un écho violent dans le Brésil d'aujourd'hui avec le régime réactionnaire de Bolsonaro. Pour donner corps à cette émouvante histoire de sororité dans cet univers machiste, étouffant, les deux actrices qui incarnent les sœurs apportent fougue et passion dans leur interprétation généreuse et habitée. La superbe photographie granuleuse de la française Hélène Louvart nous plonge dans un Rio d'une autre époque aux couleurs saturées, et contribue un peu plus à rendre ce film déchirant. Le cinéaste de 53 ans, Karim Aïnouz, n'élude aucun aspect de ce que subit une femme dans sa vie quotidienne qu'elle soit mariée ou fille mère obligée de travailler en usine et se prostituer, le réalisme de sa mise en scène participe à nous oppresser un peu plus. Son film est chargé de sensualité, de musique, de drame, de larmes, de sueur et de mascara, mais aussi  imprégné de cruauté, de violence et de sexe, tous ces ingrédients contribuant à en faire une œuvre intime et sociale puissamment féministe et profondément marquante.

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J'accuse

Publié le par Michel Monsay

J'accuse

Adapté de l'excellent roman, "D.", de Robert Harris, duquel Roman Polanski avait déjà porté à l'écran, le non-moins excellent "The ghost writer", ce film passionnant sur le scandale de l'affaire Dreyfus dissèque dans les moindres détails les dessous de cette mascarade de justice et de cette vindicte populaire irriguées par un antisémitisme nauséabond, notamment au sein de l'armée. Magistralement reconstituée et mise en scène, cette affaire qui a marqué la fin du XIXe siècle se vit ici entre aventure historique et récit d'espionnage dans une ambiance glaciale qui contribue au malaise de cette odieuse injustice. En suivant le colonel Picquart, antisémite déclaré, qui après avoir été nommé à la tête du Renseignement découvre que les preuves contre Deryfus ont été fabriquées, Polanski et Harris nous font redécouvrir le rôle essentiel de ce colonel dans la réhabilitation de Dreyfus, avec un sens remarquable du suspense tout en collant strictement à la réalité. Les comédiens sont tous grandioses, autant Jean Dujardin que face à lui tous ces grands noms du théâtre, le cinéaste s'entourant d'un casting impressionnant pour donner encore plus d'impact à cette machination d’État. Dès la première séquence, le ton est donné lors de l'abominable dégradation publique du capitaine Dreyfus devant 4000 soldats et une foule hurlant à la mort du traitre juif, ce climat étouffant, anxiogène et paranoïaque sera présent jusqu'au dernier plan. Grand Prix du jury à la Mostra de Venise, "J'accuse" vient combler le vide sidérant dans le cinéma français, mis à part Georges Méliès, où aucun réalisateur ne s'était emparer du sujet. Polanski, tout en rigueur et en classicisme du meilleur effet, signe le film référence sur cet événement traumatisant de notre histoire, et dépeint avec une redoutable efficacité une société rongée par l'antisémitisme, qui malheureusement trouve encore des échos plus de cent ans après et malgré l'horreur de la Shoah.

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Proxima

Publié le par Michel Monsay

Proxima

Pour son troisième long-métrage, Alice Winocour, cinéaste de 43 ans également scénariste, elle a d'ailleurs obtenu le César du meilleur scénario pour Mustang qu'elle a coécrit avec Deniz Gamze Ergüven, nous offre son meilleur film à ce jour, une aventure spatiale sans scène dans l'espace mais circonscrite à la longue préparation d'une femme astronaute avant le décollage pour la station spatiale internationale. Être à la fois astronaute et femme relève d'un double exploit, le film le montre admirablement, tant cet univers à tous les niveaux n'est pensé qu'au masculin. Beaucoup de films, notamment ces derniers temps, sont inspirés par l'espace et sa conquête, mais celui d'Alice Winocour traite le sujet sous un angle inédit passionnant, beaucoup plus intimiste que les autres même si les scènes physiques ne manquent pas. Il dissèque à la fois   l'entrainement extrêmement dur que doivent subir les astronautes, mais aussi avec beaucoup de subtilité le déchirement pour une mère à se séparer de sa fille pour une mission dont elle a rêvé toute sa vie et qui va durer un an. La cinéaste, qui a obtenu l’autorisation de filmer à l'intérieur de l'Agence spatiale européenne à Cologne, du Star city près de Moscou et du cosmodrome de Baïkonour, a choisi  de se concentrer sur l'essentiel en décors réels, avec une intensité émotionnelle toujours présente, sans effets spéciaux, ni le côté sensationnel dont les américains se gargarisent. Eva Green est parfaite dans le rôle de cette mère héroïque, dans un mélange de douceur, de froideur et détermination, mais aussi de fragilité et de doutes. A travers ce vibrant hommage aux femmes astronautes, Alice Winocour signe une œuvre poignante, filmée à hauteur de femme, dont la mise en scène réaliste et épurée apporte une remarquable densité au propos.

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