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Conseil cinéma

Publié le par Michel Monsay

Conseil cinéma

Pour bien commencer l'année, je vous conseille vivement la palme d'or du festival de Cannes. L'excellent cinéaste japonais de 56 ans, Hirokazu Kore-Eda, continue, au sein d'une œuvre déjà riche en pépites, d'ausculter avec une grande finesse les liens familiaux en nous offrant ici probablement son plus beau film. Dans un Japon méconnu loin de l'image brillante, épurée, trop lisse limite ennuyeuse que l'on voit le plus souvent, il s'attache à une famille de marginaux qui vit dans la débrouille et s'entasse dans le minuscule pavillon d'une mamie. Pétri d'humanité, le regard du cinéaste est également empreint d'humour, de sensualité et d'une sensibilité présente à chaque plan, où sa caméra capte miraculeusement, autant chez la grand-mère que la petite fille mais aussi chez tous les membres de cette famille atypique et si attachante, les moindres émotions même les plus secrètes. Tous les comédiens sont impressionnants de naturel et de justesse. Le cinéaste a aussi remarquablement construit son film en distillant petit à petit des éléments qui dévoile l'histoire des différents personnages. Derrière ce récit plein de tendresse, de poésie, on peut voir également une dimension politique, et peut-être la mise en cause de nos sociétés ne laissant aucune place aux individus qui ne sont pas dans la réussite. D'une réjouissante légèreté à des nuances plus dramatiques, ce film essentiel nous fait autant sourire qu'il nous émeut sous la plume, la direction d'acteurs et la caméra d'un cinéaste en état de grâce.

Publié dans Films

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Publié le par Michel Monsay

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Qu'un cinéaste russe soit parvenu à réaliser un tel film montre que la situation a changé en Russie en comparaison de l'URSS du début des années 1980 dans laquelle se situe l'intrigue, mais malheureusement pas tant que ça puisque Kirill Serebrennikov est assigné à résidence et encourt jusqu'à 10 ans de prison pour un imaginaire détournement de fonds, alors qu'il s'agit de son génie créatif qui depuis des années dérange le pouvoir en place. Il suffit de voir l'admirable Leto pour mieux comprendre. Le cinéaste russe de 49 ans a réussi certainement l'un des plus beaux films qui n'ait jamais été fait sur la musique rock. Remarquablement filmé dans un très beau noir et blanc, Leto est parsemé de moments virtuoses, qu'ils soient oniriques et habillés d'un traitement graphique très inventif ou lors de magnifiques plans-séquences nous entraînant au cœur de la passion, de l'insouciance et du détachement qui animent cette jeunesse bouillonnante. Inspiré de musiciens qui ont existé à cette époque à Leningrad, ce film, empli d'une enthousiasmante énergie mais aussi d'une très belle douceur relationnelle entre les différents protagonistes avec au milieu la sublime Natasha, laisse entrevoir les prémices de la Perestroïka malgré la chape de plomb qui pèse encore sur le pays. A la fois une ode à la musique et la liberté, une histoire d'amour mais aussi une chronique historique et politique, Leto à l'heure des bilans est tout en haut du palmarès de l'année cinématographique.

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Publié le par Michel Monsay

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Après avoir été un peu actrice, Jeanne Herry, la fille de Miou-Miou et Julien Clerc, a trouvé sa voie en devenant cinéaste. A 40 ans, pour son deuxième film, elle nous offre une merveille de sensibilité et d'émotion qui nous prend aux tripes dès les premières images jusqu'au superbe plan de fin. Elle aborde avec une sidérante justesse le thème de l'adoption en étant au plus proche de la réalité et en construisant remarquablement le déroulé de son film. Outre le très beau scénario qu'elle a écrit, la cinéaste signe également des dialogues d'une pudeur et d'une grâce infinie ou par moments d'une vérité âpre et douloureuse. Sa caméra fait preuve du même talent, que ce soit dans des très gros plans toujours inspirés et émouvants, ou en captant avec finesse le jeu des comédiens, tous impressionnants d'humanité et de précision. Le cinéma français nous offre ces derniers temps des petites pépites sur des sujets sensibles, qui tout à la fois nous bouleverse et nous font tellement de bien par opposition au cynisme et à l'individualisme ambiants.

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Publié le par Michel Monsay

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Traiter un sujet aussi délicat et douloureux que celui des attentats meurtriers qui nous ont profondément choqués ces dernières années en le transposant dans la fiction, nécessitait une grande sensibilité, de la retenue, une vraie sincérité et une indispensable justesse. Ce sont là quelques unes des qualités de ce film bouleversant, dont la légèreté de la première partie accentue le choc émotionnel. Préférant l'ellipse à la surcharge, pour son troisième long-métrage le cinéaste aborde à nouveau le thème du deuil mais de manière plus directe en se faisant le témoin d'une époque violente et en filmant la beauté de Paris, où la vie continue mais plus tout à fait comme avant. De film en film, Vincent Lacoste n'en finit pas de nous étonner. Il est bien loin le sale gosse tête à claques de ses débuts, il y a pourtant neuf ans à peine. Son interprétation instinctive, un peu gauche, sa nonchalance, son phrasé hésitant nous touchent infiniment, de même que l'ensemble des comédiens qui l'entourent avec à sa tête la toute jeune actrice dans le rôle d'Amanda. Lorsque le cinéma nous offre un tel moment de grâce, même si l'on en sort tout chamboulé, on ne peut que remercier le réalisateur d'avoir su nous émouvoir autant.

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Publié le par Michel Monsay

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Prix de la mise en scène au festival de Cannes, ce sublime mélodrame éblouit par sa beauté plastique, un noir et blanc envoûtant qui change de texture selon les endroits où l'intrigue se déroule, par ses magnifiques cadrages, son sens de l'épure, de l'ellipse, sa musique, ses chants, ses danses, ses comédiens, notamment la superbe héroïne dont la présence, la sensualité, l'intensité et la voix fascinent. Pawel Pawlikowski, cinéaste polonais de 61 ans dont lé précédent film, "Ida", Oscar du meilleur film étranger, avait déjà beaucoup fait parlé de lui, s'est inspiré en partie de la vie de ses parents pour écrire "Cold war". Rien n'est superflu ni appuyé dans ce film indispensable, les événements sont même parfois simplement suggérés, on les devine, ce qui ajoute à la force émotionnelle de cette histoire poignante dans la Pologne stalinienne et le Paris de la fin années 1950. Le talent du cinéaste se déguste à chaque plan, d'un style quasi documentaire à un romanesque élégant ou mélancolique, on aura compris que ce "Cold war" est un petit bijou.

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Publié le par Michel Monsay

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Cela fait 25 ans que Pierre Salvadori nous régale de comédies dont il a le secret, "Cible émouvante" avec Jean Rochefort, Marie Trintignant et Guillaume Depardieu était la première, et "Dans la cour" avec Catherine Deneuve et Gustave Kervern, la dernière en date. Toujours avec un mélange détonnant d'absurde, de burlesque et de poésie, à l'image de "En liberté !" qui est une pure merveille, ce cinéaste ô combien précieux sait manier à la perfection cet art si difficile à travers un scénario et des dialogues fignolés avec le plus grand soin, un sens du rythme d'une rare virtuosité et des comédiens qu'il arrive toujours à transcender afin de les amener à exprimer au mieux leur talent comique sans ne jamais être dans la caricature grossière dont se nourrit bon nombre de comédies. Adèle Haenel est tout à la fois irrésistible, touchante, lumineuse, Pio Marmaï est autant déchaîné que déboussolé et il le fait très bien, Audrey Tautou toute en émotion et en humour tendre participe à cette totale réussite où le moindre petit rôle est à l'unisson. Aussi à l'aise dans les scènes d'action, dans l'émotion, que dans la loufoquerie bien évidemment, Pierre Salvadori joue comme souvent entre vérité et mensonge, provoquant des situations d'une cocasserie hilarante ou d'une poésie très attachante, faisant de ce film une aventure que l'on n'est pas prêt d'oublier et que l'on quitte à grand regret.

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Publié le par Michel Monsay

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Présenté hors compétition au festival de Cannes, ce film a beaucoup fait parlé de lui tant par la surprise qu'il a provoquée que par les éclats de rire à sa vision et le regard tendre et caustique que Gilles Lellouche, pour sa première réalisation en solo, porte sur ces hommes en maillot de bain et bonnet en latex cabossés par la vie. Ne boudons pas notre plaisir, la comédie étant un genre si difficile, il suffit de voir toutes les niaiseries sur nos écrans, qu'il faut se réjouir lorsque l'on en trouve une bien écrite, se moquant avec bonheur de notre époque individualiste à l'esprit compétitif en mettant en valeur le partage, la bienveillance, le collectif. Les comédiens participent à cette belle surprise, dans des rôles inhabituels pour certains, en étant tour à tour drôles, agaçants et touchants. Ce film, qui va certainement conquérir un large public, prouve qu'avec une bonne idée, un scénario mêlant habilement la comédie avec le social, des dialogues percutants, des acteurs talentueux, un montage et une réalisation dynamiques, il est possible de proposer un cinéma populaire de qualité.

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Publié le par Michel Monsay

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Après avoir réalisé deux chefs-d'oeuvre pour ses deux premiers films, Whiplash et La la land, le cinéaste américain d'origine française Damien Chazelle a suscité une immense attente pour son troisième. Celui qui a été l'an dernier à 32 ans le plus jeune réalisateur de l'histoire du cinéma à obtenir l'Oscar du meilleur réalisateur, nous éblouit une nouvelle fois par son immense talent que l'on ressent à chaque plan, de la saisissante première séquence à la touchante et délicate dernière. Toujours à la recherche d'une authenticité maximale, il nous fait vivre viscéralement la conquête spatiale en nous embarquant au plus près des astronautes, en particulier Neil Armstrong, autant dans leur capsule que dans leur intimité familiale, mais aussi sans éluder les souffrances, les morts, les accidents, la précarité des engins et les polémiques. La caméra virtuose de Damien Chazelle capte avec une intensité suffocante les séquences dans l'espace, et explore finement l'aspect humain de cette prodigieuse aventure, avec un Ryan Gosling toujours aussi impressionnant dans son jeu minimaliste qu'il maîtrise à la perfection. Loin du film de super héros, cette oeuvre troublante souligne la fragilité de ces missions spatiales des années 1960 et dessine un magnifique portrait d'astronaute que l'on n'est pas prêt d'oublier.

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Publié le par Michel Monsay

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Pour son deuxième long-métrage, ce réalisateur franco-belge de 40 ans nous offre une touchante chronique familiale et sociale d'une impressionnante justesse. Sa méthode de travail  privilégie une part d'improvisation des comédiens, auxquels il ne donne pas en amont les dialogues pour obtenir une fibre naturaliste, une spontanéité où les personnages cherchent parfois leurs mots ou s'entrecoupent, comme dans la vraie vie. Romain Duris et Laetitia Dosch, très à l'aise avec cette méthode, montrent une nouvelle fois l'étendue de leur talent, et l'ensemble de la distribution y compris les enfants sont au diapason de cette retranscription très fine des rapports humains. Au-delà de sa méthode, la mise en scène réaliste de Guillaume Senez et sa manière de filmer, avec sensibilité et empathie ses personnages, apportent une émotion brute comme rarement au cinéma. Autant dans la sphère intime que dans celle très dure de l'entreprise, ce film puissant et humain dissèque magistralement la charge mentale que fait peser sur chacun de nous la société d'aujourd'hui. 

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Publié le par Michel Monsay

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Caméra d'or au festival de Cannes, ce magnifique premier film d'un réalisateur belge de 27 ans impressionne par l'intelligence, la justesse, la sensibilité et la pudeur avec lesquelles le jeune cinéaste aborde frontalement un sujet délicat comme celui du changement de sexe sans aucune fausse note. Le jeune comédien qui incarne à fleur de peau cette adolescente de 15 ans née dans un corps de garçon est prodigieux de grâce, de retenue, de souffrance intériorisée, et sa performance physique de danseuse est toute aussi bluffante. Il a d'ailleurs obtenu le Prix d'interprétation de la section Un certain Regard à Cannes. La caméra le suit au plus près sans voyeurisme mais sans non plus de pudibonderie, épousant ses moindres mouvements, notamment dans toutes les séquences de danse qui sont admirablement filmées. Le regard du réalisateur et scénariste sur l'adolescence est saisissant de vérité, et le personnage du père, véritable ange-gardien de son enfant en le soutenant totalement, est écrit avec beaucoup de finesse. Cette Lara qui éclot sous nos yeux, avec toute les souffrances que ces choix lui infligent, restera à jamais dans notre mémoire de cinéphile. Il ne faut en aucun cas passer à côté de cette rencontre si émouvante.

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