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Once upon a time in Hollywood

Publié le par Michel Monsay

Once upon a time in Hollywood

Très attendu pour de multiples raisons, le nouveau Tarantino tient toutes ses promesses et s'inscrit comme l'un des tous meilleurs dans la filmographie du cinéaste. A 56 ans, pour son dixième long-métrage si l'on compte Kill Bill (volume 1 et 2) comme deux films à part entière, il nous replonge dans le Hollywood de son enfance, en 1969 très exactement, avec une nostalgie et une mélancolie sublimes teintées d'une pointe de parodie dont il a le secret. Difficile de ne pas jubiler devant un film de Tarantino, sa manière de filmer, de mettre en scène, ses choix de musique, tout participe à ce subtil mélange de virtuosité, de fluidité, de délectation à s'attarder sur des visages, des gestes, des objets, et ce film regorge de séquences jouissives. Le duo formé par deux des plus grandes stars du cinéma fonctionne à merveille, Leonardo DiCaprio est comme toujours excellent et Brad Pitt, flegmatique et beau gosse, campe finement un personnage bien plus complexe qu'il n'y paraît, sans oublier la superbe Margot Robbie qui interprète délicieusement Sharon Tate, à laquelle le cinéaste rend un hommage très touchant. Amoureux fou de cinéma, même s'il s'agit ici en grande partie de séries télé, Tarantino se sert de son immense culture dans ce domaine pour faire revivre magistralement cette période transitoire entre l'âge d'or hollywoodien, et l’avènement d'une nouvelle génération prodigieuse incarnée par Scorcese, Coppola ou Spielberg. C'est l'époque où l'on recycle les vieilles recettes qui ont fait rêver plusieurs générations, comme le western, dont la télévision s'empare pour créer des héros récurrents ou qui s'offre une nouvelle vie avec le western spaghetti. A travers ce conte mêlant habilement fiction et réalité, Tarantino multiplie les hommages, les références, et met en lumière les acteurs secondaires, les cascadeurs, les coulisses et l'artisanat du septième art dans ce film flamboyant où chaque plan est un régal.

Publié dans Films

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Yesterday

Publié le par Michel Monsay

Yesterday

A 62 ans, l'anglais Danny Boyle fait partie des cinéastes dont on ne sait pas à l'avance ce qu'ils vont nous raconter tant sa filmographie aborde tous les genres, de "Petits meurtres entre amis" à "Steve Jobs" en passant par "Trainspotting" ou "Slumdog millionaire" qui a remporté 8 Oscars. Associé au scénariste roi de la comédie anglaise sous toutes ses formes, Richard Curtis, de "Mr Bean" à "Bridget Jones" mais aussi "Quatre mariages et un enterrement" ou "Coup de foudre à Notting Hill" pour ne citer qu'eux, Danny Boyle livre une vibrante déclaration d'amour aux Beatles par le biais de cette comédie romantique très efficace que lui a écrite le scénariste. Ne boudons pas notre notre plaisir, c'est un vrai bonheur de redécouvrir les chansons de ce groupe mythique revisitées par l'acteur chanteur Himesh Patel, dont il s'agit du premier rôle au cinéma. Il y est très convaincant, autant vocalement que dans son jeu plein de fraîcheur, de même que Lily James, sa partenaire touchante qui son joue son manager, meilleure amie et amoureuse attendant indéfiniment qu'il se déclare. Pétri de bons sentiments, ce film qui nous fait passer un moment très agréable est aussi une critique acerbe des studios de musique et plus globalement du show business, dont la principale motivation est la rentabilité.

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So long, my son

Publié le par Michel Monsay

So long, my son

Le cinéma asiatique est décidément en plein boom, il continue de nous passionner en nous offrant régulièrement des films remarquables, qu'ils soient coréens comme "Parasite", japonais comme "Asako" et "Une affaire de famille" ou chinois comme "Les éternels" et maintenant "So long, my son". Dans ce dernier, le cinéaste de 53 ans Wang Xiaoshuai évoque la cruauté de la politique de l'enfant unique instaurée en Chine en 1979 et abolit en 2015, à travers le destin d'un couple qui la subit de plein fouet suite à un drame dont il ne se remettra jamais. Usant de flashbacks et d'ellipses, le réalisateur construit très judicieusement la narration, donnant à son histoire une puissance et une émotion qui nous touchent profondément. Outre la reconstitution très réaliste de la Chine des années 1980 jusqu'à nos jours, ce mélodrame est  d'une pudeur et d'une vérité bouleversantes dans sa mise en scène et ses plans toujours filmés sous le bon angle. Tous les comédiens participent pleinement à l'impact émotionnel de ce film, y compris les rôles secondaires, et  le couple d'acteurs qui en est le centre a reçu les prix d’interprétation masculine et féminine au festival de Berlin, pour leur performance symbolique d'êtres sacrifiés par une politique arbitraire où le collectif l'emporte toujours sur l'individu, quitte à le broyer. Ces deux êtres soudés malgré les épreuves, ne se plaignent jamais, affichent la plupart du temps  une dignité indéfectible,  se parlent peu, ne se regardent pas plus. Cette chronique familiale, sociale, politique, baignée d'une déchirante mélancolie, est tout autant une peinture très juste de la Chine qu'une fresque romanesque intimiste dont les héros resteront longtemps dans nos esprits. 

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Amazing Grace

Publié le par Michel Monsay

Amazing Grace

L'enregistrement audio de ce concert demeure l'album gospel le plus vendu de tous les temps, mais il aura fallu attendre 47 ans pour voir le film réalisé lors de ces deux journées d'enregistrement mémorables dans une modeste église du quartier noir de Los Angeles en janvier 1972, à cause d'une erreur de synchronisation entre l'image et le son. Tourné en 16 mm par Sydney Pollack et 5 caméramans, ce film malgré ses imperfections techniques est un moment de pur bonheur qui nous permet d'assister à la performance hors normes d'une chanteuse époustouflante en état de grâce total. Bouleversante d'intensité, de concentration, de simplicité, de puissance, possédée par la musique et le sacré du gospel, Aretha Franklin irradie de tout son être et de sa voix sublime dans une sorte de transe envoûtante où l'émotion est présente à chaque plan, qu'il soit sur la diva, le chœur qui l'accompagne ou le public. Ce film dans une conception et une énergie brutes, sans témoignages pour alourdir le propos ni effets spéciaux,  donne toute la mesure du talent de la reine de la soul et du gospel.

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Le daim

Publié le par Michel Monsay

Le daim

Ce cinéaste est vraiment fou, ou pour le moins il a un sacré grain ! De film en film, Quentin Dupieux nous emmène dans un univers absurde qui réjouit ou agace mais en tout cas ne laisse pas indifférent. Une fois encore, il va en décontenancer plus d'un avec cette histoire improbable d'un homme perdant pied et nous entraînant dans un délire autour d'un blouson en daim qui redonne un sens à sa vie. La rencontre avec la serveuse du bar de l'hôtel où il a atterri au milieu de nulle part, personnage ambivalent passionné de montage de film, va conduire cet homme à s’improviser une nouvelle vie qui va le pousser un peu plus vers la folie. Entre comédie et film anxiogène, ce nouvel ovni est remarquablement porté par ses deux acteurs principaux, Jean Dujardin et Adèle Haenel, qui se glissent à merveille dans leur personnage trouble à la limite de la démence dans un jeu où l'on ne sait plus qui manipule l'autre. Ce film aux couleurs ternes et aux objets d'une autre époque est une expérience cinématographique étonnante.

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Parasite

Publié le par Michel Monsay

Parasite

Première Palme d'or coréenne, "Parasite" mérite amplement cet honneur, ce film étant un chef-d’œuvre tant sur la forme constamment inventive que sur le fond d'une lucidité glaçante. A 49 ans, Bong Joon-Ho nous a déjà montré son aisance à passer d'un genre à l'autre, du drame de "Mother", au film d'horreur, "The host", en passant par le polar , "Memories of murder", ou le film de science-fiction", "Snowpiercer, le transperceneige", avec chaque fois une pointe d'humour souvent acide qui affleure, et un incroyable talent à mélanger les genres et à amener des ruptures de tons brutales, comme ici dans "Parasite". Après deux superproductions internationales, il revient dans son pays, à Séoul plus précisément, avec un film plus intimiste et nous propose un condensé de son génie dans une tragicomédie cruelle sur fond d'inégalités sociales. Sa veine sarcastique pour dénoncer un monde capitaliste de plus en plus impitoyable fait merveille et parvient autant à nous divertir qu'à nous faire réfléchir, mais ce petit bijou est bien plus complexe que cette vertueuse dénonciation et regorge de rebondissements à la manière d'Hitchcock ou de Chabrol. La maîtrise de Bong Joon-Ho est présente dans le cadrage, les travellings, la mise en scène virtuose, la beauté plastique du film où chaque détail a son importance, la narration captivante et imprévisible, et la direction d'acteurs, qui par ailleurs sont tous excellents. Bref, on ressort ébloui par ce joyaux du septième art, merveilleux ambassadeur d'un cinéma coréen passionnant, et plus globalement d'un cinéma asiatique de très haute tenue ces dernières années, avec notamment la Palme d'or 2018 du japonais Hirokazu Kore-eda pour "Une affaire de famille".

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Sibyl

Publié le par Michel Monsay

Sibyl

On avait beaucoup aimé le précédent film de Justine Triet, "Victoria", dont le personnage principal était déjà merveilleusement interprété par Virginie Efira, avocate extravagante et dépressive à la fois. De cette comédie existentielle où un burlesque irrésistible jaillissait ça et là, il en reste des bribes dans "Sibyl", notamment dans la séquence d'ouverture, mais la cinéaste de 40 ans dont c'est le troisième long-métrage nous propose ici une tonalité plus sombre, et cela fonctionne tout autant. Elle obtient de ses comédiens une intensité de jeu, une justesse remarquable quelles que soient les situations, qu'elle capte sans en perdre une miette dans de très beaux plans qui s'enchaînent à l'intérieur d'une narration déstructurée qui nous fascine. Virginie Efira est une nouvelle fois éblouissante de talent et de beauté, du rire aux larmes elle s'empare à bras le corps de ce personnage de psychanalyste, pour en livrer une interprétation toute en nuances qui laisse entrevoir des failles et des tourments refoulés qu'elle contrôlera de moins en moins au fil de l'intrigue. Adèle Exarchopoulos, Laure Calamy, Gaspard Ulliel, Niels Schneider ne sont pas en reste et contribuent pleinement à ce que l'alchimie prenne pour nous embarquer dans cette histoire qui mêle habilement passé et présent pour sonder les âmes. Qu'il est bon de voir un film dont on ne sait pas à l'avance ce qui va se passer, qui nous déstabilise comme le sont les personnages souvent ambivalents de "Sibyl", tout en nous passionnant pour ce troublant théâtre de manipulation qui nous entraîne d'un cabinet de psychanalyste à un tournage à Stromboli avec toujours ce petit grain de folie qui caractérise cette cinéaste si talentueuse.

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Le chant de la forêt

Publié le par Michel Monsay

Le chant de la forêt

Le cinéma a le pouvoir de nous emmener parfois dans des contrées inconnues à la découvertes de peuples qui vivent à un tout autre rythme que le nôtre en perpétuant des traditions et croyances d'un autre temps. C'est le cas de ce très beau film, tourné avec une caméra 16mm dans le Nord du Brésil auprès des indiens Krahô, qui relève autant d'une fable que d'un documentaire anthropologique. Ce monde en voie de disparition, dont les tribus sont menacées par une déforestation massive et une agriculture intensive qui ravage notamment la savane du Cerrado où vivent les indiens Krahô, va malheureusement disparaître encore plus vite avec l'élection de Bolsonaro. Coréalisée par un portugais et une brésilienne qui se sont immergés dans le village durant neuf mois, cette fiction d'une grande poésie se coule au rythme de la vie des indiens, même si un moment l'un d'eux part à la ville pour tenter d'échapper à son destin de chaman, mais le décalage avec ce monde urbain est pour le moins brutal. En plus de nous envoûter, ce film, qui est un magnifique hommage à tous ces peuples qui essaient de survivre dans ce monde fou, nous invite à observer et apprendre de ces indiens pour revenir à une vie bien plus en harmonie et en respect avec la nature.

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Douleur et gloire

Publié le par Michel Monsay

Douleur et gloire

Le Festival de Cannes va-t-il enfin attribuer sa Palme d'or à Pedro Almodovar ? On se demande encore comment "Tout sur ma mère" "Volver" ou "Julieta" ne l'ont pas obtenue ! Pour sa sixième participation en compétition officielle, le génial cinéaste espagnol de 69 ans pourrait bien cette fois-ci décrocher la mise tant son nouveau film est une totale réussite. Sans complaisance ni narcissisme, Almodovar se raconte dans un subtil mélange d'autobiographie et de fiction, à travers une narration fragmentée entre l'enfance et le présent qu'il organise à merveille. Le moins que l'on puisse dire est qu'il ne s'épargne pas, cinéaste en panne d'inspiration et de désir, le personnage qu'interprète magistralement Antonio Banderas est en plus diminué par de nombreuses souffrances physiques, et il essuie même les terribles reproches que lui fait sa mère quelques jours avant sa mort. Malgré ce tableau assez noir où l'on ne sait pas exactement la part de réalité et celle de fiction, mis à part les vêtements et l'appartement qui sont identiques, le film est bouleversant, drôle et d'une beauté présente à la fois dans les cadrages, Almodovar filme magnifiquement les visages, mais aussi dans les décors et les moindres objets. Le talent du cinéaste s'apprécie aussi dans sa direction d'acteurs, comme toujours impressionnante, et dans sa capacité à provoquer une émotion pure, belle, simple comme peu d'autres savent le faire. Du petit garçon qui interprète le cinéaste enfant jusqu'à sa mère mourante, tous les comédiens donnent remarquablement corps à cette histoire, celle d'un artiste à la recherche d'un second souffle qui va puiser dans son passé les mystères de l'inspiration et du désir. Littéralement envoûtant.

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L'adieu à la nuit

Publié le par Michel Monsay

L'adieu à la nuit

Pour son 25ème long-métrage, dont le huitième avec Catherine Deneuve, l'excellent André Téchiné, à qui l'on doit tant de beaux films, aborde un sujet brûlant et très délicat, la radicalisation religieuse, avec la finesse de vue qui le caractérise et son talent à filmer les élans de la jeunesse, même lorsqu'ils sont totalement irrationnels. Sans ne jamais juger ses personnages ni vouloir expliquer leur choix, le cinéaste, qui s'est abondamment documenté sur le djihadisme pour être le plus juste possible dans les gestes, les paroles et les comportements, confronte la détermination de ses jeunes français pas spécialement défavorisés à partir faire la guerre en Syrie dans les rangs de Daech, à l'incompréhension et le désarroi d'une femme à poigne, patronne d'un centre équestre, qui se trouve être la grand-mère du personnage central. Du jeu irréprochable des comédiens à la mise en scène, en passant par les mouvements de caméra, notamment à cheval dans la nature, tout contribue à nous passionner pour cette histoire tout en nous irritant au plus haut point devant l'aveuglement de ces jeunes. Sans manichéisme, le film observe avec lucidité les tourments d'une époque, où des garçons et des filles à peine sortis de l'adolescence se laissent embrigader sur Internet, faute d'idéal ou par rejet de cette société matérialiste, et le cinéaste retranscrit admirablement autant la sincérité de leur motivation que les contradictions qui les traversent. Troublant.

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