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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 06:58

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 07:03

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 05:45

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Passionné d’information et d’économie, Jean-Christophe Tortora est devenu patron de presse à 22 ans dans son Sud-ouest natal. Après plusieurs succès régionaux, il a repris La Tribune début 2012, qui est d’ores et déjà la 2ème marque économique en France. A 36 ans, s’il est ambitieux ce petit-fils de maraîchers a su garder les pieds sur terre, en faisant le choix de mêler la modernité du numérique avec son attachement aux territoires.

 

Quelle image avez-vous du monde agricole ?

Jean-Christophe Tortora – Malgré la mondialisation et ses contraintes, les nouveaux critères liés à l’Europe ou à l’organisation mondiale du commerce, le monde agricole a su se moderniser et évoluer dans un environnement pas toujours favorable. Pourtant, il y a un manque de reconnaissance de la part des français mais aussi des médias, d’un secteur qui est un atout pour notre pays et qui le sera encore demain avec une production propre et de qualité. Si en termes d’innovation, on est peut-être plus attiré par ce que l’on va envoyer à des milliers de kilomètres dans le ciel, c’est oublier l’importance des capacités agricoles dans les enjeux de nutrition et de traçabilité des aliments. Il est à constater qu’au fil des années, c’est un monde qui a perdu de sa puissance, mais grâce aux réponses qu’il peut apporter aux problématiques d’avenir, il est possible que le monde agricole revienne en force, c’est en tout cas ce que je lui souhaite.

 

Comment est considéré le monde agricole dans votre secteur d’activité ?

J.-C. T. – Parler du monde agricole n’est pas un réflexe de la part des acteurs de la finance et de la politique à Paris, l’enjeu est assez dilué. Par contre dès que je vais à Bordeaux, Toulouse ou autre ville en région, les responsables politiques sont très conscients du poids économique de l’agriculture et de son importance dans la vie locale. C’est regrettable d’observer cette France à deux vitesses et deux visions, qui d’ailleurs n’existe pas uniquement dans la perception du monde agricole, mais pour moi qui suis un ardent défenseur de l’économie réelle, l’agriculture qui en est un élément essentiel doit être protégée et développée.

 

Que proposeriez-vous pour un meilleur dialogue entre urbains et agriculteurs ?

J.-C. T. – Déjà dans les écoles, on devrait inculquer aux plus jeunes l’importance du secteur agricole, parler de la malbouffe, de la qualité des produits, de la valeur de la terre. Les parents ont également un rôle éducatif à jouer dans ce sens. Pour ma part, j’ai eu la chance de grandir dans une famille avec des grands-parents maraîchers, on m’a donc transmis ce savoir-là. Il semblerait qu’il y ait une prise de conscience collective autour du bien-manger, il faut l’amplifier avec des initiatives comme celle de la région Midi-Pyrénées, qui a créé il y a 10 ans à Toulouse le salon de la qualité alimentaire, SISQA, qui chaque année est un énorme succès. Il faudrait démultiplier le concept partout en France pour recréer du lien entre le monde rural et le monde urbain. Cela permettrait de se rendre compte qu’il ne faut pas les opposer mais qu’au contraire ils ont besoin l’un de l’autre.

 

Pourriez-vous nous présenter votre parcours et votre actualité ?

J.-C. T. – Après avoir fait une école de journalisme et une école de commerce à Toulouse, j’ai créé plusieurs titres régionaux sur le terrain de l’économie en devenant patron de presse à 22 ans. Lorsque j’ai repris La Tribune il y a un an, j’ai souhaité être le premier à passer d’un quotidien papier à un quotidien numérique. La presse étant une industrie qui va mal, il fallait être dans un choix de rupture, nous avons décidé de proposer un quotidien en ligne chaque soir à 21h30 à tous nos abonnés, avec en plus un hebdomadaire papier le vendredi. Je voulais aussi une Tribune très proche de l’économie réelle et des territoires, nous avons implanté 10 bureaux en région. Nous sommes le seul média économique à avoir non pas des correspondants mais des salariés dans les dix plus grandes villes françaises. Cela contribue à rééquilibrer cette aberration : 5 à 6 % du contenu des médias économiques parlent des régions alors que 70 % du PIB est réalisé en dehors de l’Île de France. Nous souhaitons aussi ouvrir notre site à tous les acteurs économiques qui veulent prendre la parole, afin que le débat démarre sur La Tribune, à l’image du mouvement des Pigeons il y a quelques mois.

 

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 07:42

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Photo de Jean Frémiot

 

En ayant fait le choix de rester fidèle à sa campagne berrichonne, Jean Frémiot fait partie de ces rares artistes ruraux qui n’ont pas répondu aux attraits de la grande ville. A tout juste 42 ans, ce photographe poursuit une réflexion esthétique et philosophique autour de la place de l’humain dans notre société, notamment à travers la transformation des paysages.

 

Quelle image avez-vous du monde agricole ?

Jean Frémiot – A la fois une image optimiste : comme les agriculteurs ont pu au lendemain de la guerre, engager la révolution verte, je crois qu’avec un maximum de pédagogie, ils vont pouvoir réajuster leur méthode de culture et d’élevage en fonction des nouvelles exigences environnementales. Mais aussi une image négative en partie due à ce qui est arrivé à mes enfants : J’habite dans une zone arboricole, et mes deux fils ont été chacun à leur manière intoxiqués par des produits phytosanitaires. Celui qui a sept ans, a subi trois opérations lourdes à cause d’une intoxication alors qu’il était encore dans le ventre de sa mère, et celui qui a dix ans, a un retard mental qui est probablement dû aux pesticides. Ce n’est pas pour autant qu’il faut rejeter la faute uniquement sur les agriculteurs comme étant des pollueurs, ils sont d’ailleurs les premières victimes de ces produits. Encore une fois, il faut énormément de pédagogie et c’est avec les agriculteurs que l’on pourra changer les choses, et non pas contre eux.

 

Comment est considéré le monde agricole dans votre secteur d’activité ?

J.F. – Les artistes voient le monde agricole de loin en étant un peu enfermés dans leur problématique esthétique et intellectuelle, sans avoir un regard vraiment concerné et critique sur l’agriculture. Ils sont souvent citadins et rares sont ceux installés dans la ruralité. De fait ils ont encore l’image d’Epinal d’une paysannerie d’un autre siècle avec une nature sauvage, alors qu’il s’agit aujourd’hui d’une industrie avec une nature domestiquée, entretenue et travaillée par la main de l’homme. Leur regard est rempli d’incompétence, et il n’y a pas beaucoup de ponts entre la culture et l’agriculture. Je le déplore, la problématique agricole étant fondamentale.

 

Que proposeriez-vous pour un meilleur dialogue entre urbains et agriculteurs ?

J.F. – On ne peut pas demander aux agriculteurs qui sont toute l’année dans leurs champs ou au cul des bêtes, de penser des ponts entre monde urbain et monde rural, c’est le rôle des intellectuels. Les artistes, écrivains, journalistes qui vivent dans la ruralité et ont ainsi des liens avec les paysans, ont le devoir de construire ces ponts en étant, comme je le suis, militant associatif ou animateur d’événements culturels en milieu rural, dans le but de faire de la pédagogie sur les territoires.

 

Pourriez-vous nous présenter votre parcours et votre actualité ?

J.F. – Après avoir fait le conservatoire pour devenir musicien de jazz, du jour où j’ai eu un appareil photo entre les mains j’ai revendu mon saxophone, suis entré aux Beaux-arts à Bourges et depuis j’ai toujours un appareil photo avec moi. Aujourd’hui, mon travail est exposé dans des galeries ou festivals, comme récemment à Montpellier, ou prochainement à la galerie Maubert à Paris en mai, et surtout à Ainay Le Vieil près de Saint-Amand-Montrond en septembre. Cette exposition importante pour moi sera articulée autour de mon cheminement ces cinq dernières années, d’une réflexion sur le paysage et ses transformations à une autre sur le paysage animal, où j’utilise le matériau premier que sont les vaches comme élément du paysage. Mon fil conducteur sur 20 ans de travail, au-delà du souci esthétique, tourne autour de l’humain, dans ce qu’il fait de la société. Si je m’attache autant aux paysages, ce n’est pas uniquement pour leur beauté mais aussi parce qu’ils sont façonnés par l’homme dans un but économique, celui de nourrir l’humanité. Mon travail vise à émouvoir le spectateur, le bousculer et le faire réfléchir sur sa place au monde.

 

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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 08:10

Tristan-Lecomte-1.JPG

 

Après avoir été un des pionniers du commerce équitable en créant Alter Eco en 1998, Tristan Lecomte vient d’être nommé entrepreneur social de l’année avec sa nouvelle société Pur Projet, un collectif qui aide les entreprises à régénérer les écosystèmes dont dépend leur activité. A 39 ans, ce passionné de nature et d’écologie nous livre sa vision pointue du monde agricole.

 

Quelle image avez-vous du monde agricole ?

Tristan Lecomte – En raison des problèmes de durabilité des filières, des dérèglements climatiques mais aussi de l’augmentation significative de la population et de ses changements de consommation, le monde agricole et les sources d’approvisionnement vont devenir un enjeu majeur. On voit aujourd’hui des groupes industriels qui commencent à s’intéresser de nouveau à leurs filières agricoles, à investir pour régénérer les écosystèmes, et réconcilier ainsi leur propre développement économique avec l’équilibre écologique. Après avoir puisé le maximum des écosystèmes, les avoir dopés artificiellement avec des intrants de synthèse, on se rend compte des limites de ce modèle qui coûte cher, a un horizon de temps limité, qui en plus a causé de multiples dommages et a aujourd’hui un rendement décroissant.

Dans les 20 prochaines années, le monde agricole va connaître une mutation aussi importante que celle survenue après la seconde guerre mondiale, qui le mènera vers une agriculture verte. Comme il y a des produits à vendre, toute la recherche scientifique jusqu’à présent a été orientée vers le chimique, alors qu’avec du vivant et des techniques naturelles, on peut augmenter les rendements dans une vision circulaire sans déchets. Dans un contexte de crise pour le modèle agricole et de réforme du système d’aides, la création des marchés de services environnementaux pour préserver la biodiversité, qui représente le plus beau gisement d’emplois pour les années à venir, est une opportunité pour que l’agriculteur diversifie ses sources de financements et en tire un réel bénéfice.

 

Comment est considéré le monde agricole dans votre secteur d’activité ?

T.L. - Il y a le bon côté avec de très belles initiatives pour une agriculture nouvelle, et des jeunes qui se lancent dans l’activité agricole. A côté de cela, il y a également l’image de campagnes désolées avec des générations d’agriculteurs qui ne sont pas renouvelées, entraînant la perte de savoirs-faires. Enfin il y a l’agrobusiness avec les grands producteurs, qui sont mécanisés, endettés, et qui pulvérisent des produits chimiques à tout va.

 

Que proposeriez-vous pour un meilleur dialogue entre urbains et agriculteurs ?

T.L. - Des rencontres, des débats publics et au moment des vacances, ne pas hésiter à rechercher des échanges avec les agriculteurs. Nous les consommateurs, en ayant dit oui aux produits de l’agriculture intensive, avons contribué à son développement et son maintien. Alors que si nous demandons à notre agriculture, comme on l’entend beaucoup aujourd’hui, des produits sains, tracés, locaux, avec de la saveur, les agriculteurs pourront faire leur mutation et orienter leurs objectifs prioritairement vers la qualité plus que vers la quantité.

 

Pourriez-vous nous présenter votre parcours et votre actualité ?

T.L. – Tout a commencé lorsque j’étais étudiant à HEC, j’avais monté une association qui existe toujours, Solidarité France- Népal, dans le but d’envoyer des étudiants aider les népalais à devenir acteurs de leur propre développement. Puis après deux ans chez L’Oréal, j’ai crée en 1998 Alter Eco, une entreprise de commerce équitable, que j’ai dirigé durant douze ans. Depuis 2008, je m’occupe de Pur Projet où il s’agit d’assister les entreprises dans la régénération des écosystèmes de leur filière, notamment avec l’agroforesterie. Tous ces enjeux environnementaux sont une très bonne opportunité pour redonner du sens à nos vies en tant qu’individu, et du sens aux métiers et au rôle des entreprises dans notre société. Les agriculteurs bio avec lesquels nous sommes partenaires, nous disent tous que leur métier a de nouveau un sens beaucoup plus profond, ils travaillent vraiment la terre et ne balancent pas de pesticides dès qu’il y a un problème.

 

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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 08:17

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Elle s’est fait connaître en étant présidente de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité, puis en devenant Secrétaire d’Etat à la jeunesse et à la vie associative du gouvernement Fillon. Avant cela, Jeannette Bougrab avait fait une brillante carrière universitaire en obtenant un doctorat de droit public et en étant maitre des requêtes au Conseil d’Etat. Elle est aujourd’hui à 39 ans assez logiquement avocate, et vient d’écrire un livre dans lequel elle porte un regard douloureux sur la République.

 

L’Information Agricole – Que ressentez-vous après l’annulation par la Cour de cassation du licenciement d’une employé voilée de la crèche Baby-loup ?

Jeannette Bougrab - Une grande tristesse de voir une digue céder devant les revendications communautaires. La laïcité est un principe constitutionnel qui permet de vivre ensemble quelle que soit la confession et l’origine. C’est aussi un principe émancipateur pour les femmes, et lorsqu’on voit la Cour de cassation expliquer que ce principe  ne s’applique pas dans les établissements privés, il s’agit là d’un recul. Les hautes juridictions sont parfois coupées des réalités. Ce pays que l’on aime tant avec ses valeurs universelles, tend à disparaître au profit d’un modèle communautariste anglo-saxon. La crèche Baby-loup à Chanteloup les vignes (commune du 78 où avait été tourné « La haine » de Mathieu Kassovitz) tenait par miracle compte-tenu des pressions et des violences qu’elle subissait, notamment de milieux intégristes. Après cette décision, les menaces et les appels anonymes sont montées d’un cran. Déjà avant, le personnel était injurié, leurs pneus régulièrement crevés, on leur faisait le sourire kabyle, signe qu’ils allaient être égorgés. On ne s’imagine pas de telles situations en France, ce quartier est devenu  une zone de non-droit. Nous allons être obligés de fermer la crèche, et 120 familles modestes ou monoparentales vont se retrouver sans mode de garde. Il y a une telle omerta que personne n’ose s’opposer à certains groupes de la population.

Aujourd’hui, il appartient au législateur de créer une loi pour affirmer clairement le principe de laïcité au moins dans les établissements de la petite enfance, comme cela a été fait pour l’école. On doit protéger les enfants en laissant à l’entrée de la crèche ses croyances religieuses et toute manifestation ostentatoire.

 

I.A. – Craignez-vous que cette décision de justice fasse jurisprudence ?

J.B. - Cet arrêt de la Cour de cassation va renforcer les revendications communautaires qui existent déjà sur les salles de prière, les horaires adaptés au ramadan. Il y a en milieu hospitalier, des hommes qui refusent que leur femme soit auscultée par un homme, certains d’entre eux ont même fait de la prison pour avoir battue leur femme à cause de cela, il y a aussi des aides-soignantes qui refusent de prodiguer des soins à des hommes. Du coup dans certains hôpitaux, des femmes gynécologues consultent en priorité des patientes musulmanes pour éviter des problèmes. Au nom d’une culpabilité postcoloniale et d’une interprétation erronée de l’Islam, on abandonne ce qui faisait l’essence de la République en anticipant des revendications communautaires qui ne sont pas toujours exprimées. Comme par exemple la ville du Havre jetant des tonnes de mousses au chocolat qui contiendrait de la gélatine de porc, alors qu’il y a des gens qui meurent de faim en France et que l’on parle de couper les subventions européennes aux associations caritatives. Autre exemple, les horaires de piscine aménagés pour exclure la mixité. On est dans une situation qui ne dit pas son nom, ce contrat social a été modifié sans l’aval des français, et tant que les politiques cèderont à des revendications communautaires pour récupérer des voix, les choses iront de mal en pis.

 

I.A. – Quel message voulez-vous faire passer dans votre livre* ?

J.B. - C’est d’abord un livre pour rendre hommage à mes parents harkis, en particulier à mon père, caporal-chef dans l’armée française, qui avait toutes les raisons de détester la France et qui au contraire n’a cessé de la chérir. Je pense que c’est important de connaître l’histoire de ces gens qui ne savaient ni lire ni écrire, et ont inculqué à leurs enfants l’amour de la patrie, de l’école. Ils incarnaient les valeurs républicaines bien plus que certains milieux parisiens. Ces valeurs malheureusement se perdent aujourd’hui et nous sommes une poignée avec Elisabeth Badinter ou Manuel Valls à essayer de les défendre. A force de céder sur un certain nombre de principes républicains, compte tenu d’une situation économique très difficile et sans prendre de véritables mesures, le réveil va être difficile et beaucoup voteront pour l’extrême droite.

 

I.A. – Quelle est la réalité, un après les assassinats perpétrés par Merah, de l’islamisme en France et dans les pays arabes ?

J.B. - Il y a une véritable installation de courants fondamentalistes dans les quartiers, une centaine de français font le djihad en Syrie, d’autres au Mali, et quand on remet en cause les services de l’Etat avant de remettre en cause Mohamed Merah, ça me pose un problème. On ne peut justifier l’ignominie par une détresse sociale, mes parents ont échappé au massacre en Algérie, ont été accueillis déplorablement en France, jamais mon père n’a basculé dans la délinquance ou le fondamentalisme. L’humain possède toujours un libre-arbitre, et trouver chaque fois des excuses au pire, ne participe pas à rendre service à la République. C’est dans l’école que se trouve la réponse pour endiguer l’islamisme, et en même temps l’Etat doit avoir une politique très ferme, en n’hésitant pas à expulser les personnes prêchant des valeurs qui ne sont pas les nôtres.

Concernant les pays arabes, la culpabilité d’avoir soutenu des dictateurs ne doit pas nous pousser à soutenir des islamistes. Ces partis ont gagné le pouvoir grâce à l’argent des saoudiens et des qataris qui leur a permis de financer des œuvres sociales, et lorsque l’on connaît la misère en Tunisie et en Egypte, les islamistes ont pu récolter ainsi les voix populaires. Il n’y a pas d’islamisme modéré, l’application de la charia signifie une inégalité entre les hommes et les femmes, le port du voile, la lapidation.

 

I.A. – En matière d’éducation, comment réagissez-vous aux réformes engagées ?

J.B. - Il y a 300 000 enfants qui sortent chaque année du système scolaire sans diplôme, et je trouve stupide de supprimer l’apprentissage à 14 ans. Pour tous ces gamins qui sont en échec, c’est une voie essentielle, même s’il y a des choses à améliorer comme la somme de paperasserie décourageante dès que l’on veut faire un apprentissage.  En Allemagne, qui a l’un des taux de chômage les plus faibles pour les jeunes, l’axe fort de la vie professionnelle est l’apprentissage. Par ailleurs, on ne peut pas demander à l’école de lutter contre l’échec scolaire si l’on n’accompagne pas financièrement les familles, notamment les monoparentales ou celles avec plus de 4 enfants. On a le sentiment que l’on veut opposer des catégories. Une chose est sûre, on ne peut pas faire peser sur les classes intermédiaires tous les efforts de la société française

Sur la réforme des rythmes scolaires, certaines collectivités locales n’auront pas les moyens de l’assurer, et je vois plusieurs communes de gauche reporter au maximum sa mise en application. Pour ma part, j’y suis favorable et lorsque j’étais Secrétaire d’Etat à la jeunesse, j’avais travaillé avec Boris Cyrulnik sur le mal-être à l’école dont l’une des raisons provient des rythmes scolaires, mais aussi de la notation. Pour autant, je ne suis pas sûr que notre pays soit prêt à ces réformes. Dès que l’on veut toucher à quelque chose dans le domaine de l’Education, c’est toujours très compliqué. On a l’impression qu’à chaque fois que Vincent Peillon bouge, on parle de gaffe.

 

I.A. – Quels sont les points sur lesquels vous attendez des avancées concernant les droits des femmes ?

J.B. - L’écart de salaire moyen entre les hommes et les femmes est de 28%. En plus les femmes sont les premières victimes des plans de licenciement et du chômage en général, vu que le simple fait d’être une femme est la première cause de discrimination au travail. Sans compter qu’il n’existe pas suffisamment de modes de garde pour leur permettre de travailler. Il faut que les syndicats jouent leur rôle en matière de lutte contre les discriminations. Lorsque j’étais présidente de la Halde, jamais un syndicat ne m’a saisi pour une discrimination raciale ou liée à un état de grossesse, mais uniquement pour une discrimination à l’appartenance syndicale. Quant à  la parité, on est obligé d’adopter une loi pour la faire respecter dans le conseil d’administration des grandes entreprises, et même lorsqu’une loi paritaire existe déjà, elle n’est pas appliquée, regardez l’Assemblée Nationale. De même dans la haute fonction publique, il y a très peu de femmes, c’est une constante dans la société française, qui est malheureusement très conservatrice. Il ne faut pas uniquement des dispositifs pour le secteur privé, le secteur public doit être exemplaire et il ne l’est pas.

                                                                              

 

* « Ma République se meurt » Editions Grasset.

 

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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 08:49

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Avec une singularité et une honnêteté intellectuelle assez rares, Roselyne Bachelot a connu l’une des plus belles carrières politiques qu’une femme n’ait jamais eues en France : Conseillère générale puis régionale, députée à l’Assemblée Nationale puis au Parlement européen et enfin trois postes ministériels, à l’écologie, à la santé puis aux affaires sociales. Depuis 6 mois, elle s’est reconvertie avec succès en chroniqueuse dans l’émission Le grand 8.

 

En mettant un terme à sa carrière politique il y a un peu moins d’un an, Roselyne Bachelot pensait prendre six mois sabbatiques, mais les nombreuses propositions qu’elle a reçues au bout d’une semaine pour travailler dans les médias, l’ont décidée à franchir le pas. Sa liberté de ton et son aisance sur les plateaux télé lui avaient déjà valu d’être sollicité tout au long de son parcours. Elle a finalement choisi de rejoindre Laurence Ferrari sur D8: « Je ne voulais pas que ce soit la télévision du service public, ayant été ministre juste avant, cela pouvait prêter à confusion, la malveillance étant la chose du monde la mieux partagée. J’ai été attirée par l’aventure que représentait une émission qui démarrait, mais aussi par D8 avec son slogan : « La nouvelle grande chaîne », j’ai trouvé cela intéressant. Le fait que Le grand 8 ne soit présenté que par des femmes a fini de me convaincre, d’autant que nous sommes pilotées par Laurence Ferrari, une professionnelle que je respecte. Je me suis toujours bien entendue avec les femmes, je les trouve plus simples, plus travailleuses, moins arrogantes. »

Cette émission quotidienne démarrée en octobre 2012 permet à Roselyne Bachelot de parler d’autre chose que de politique. Même s’il en est question régulièrement, elle intervient aussi sur des sujets plus légers, ce qu’elle apprécie énormément après 30 années axées à servir son pays et sa région. Son nouveau métier, l’ancienne ministre le prend à cœur et ne veut surtout pas de traitement de faveur, elle participe comme ses quatre collègues à toutes les étapes de l’élaboration de l’émission.

 

Une lucidité qui ne se dément pas

Sa décision d’arrêter la politique était prise de longue date, qu’elle explique par un bon mot : « les vieux messieurs en politique, c’est triste, mais les vieilles dames, c’est pathétique. » Cet humour décapant qu’on lui connait, est semble-t’il génétique puisque son père pratiquait le même, et que son fils en a hérité. Elle continue néanmoins à 66 ans à avoir des engagements citoyens en étant membre du Haut Conseil à l’égalité entre les hommes et les femmes, et en s’occupant d’associations sur le handicap ou la lutte contre le sida. En septembre dernier, elle a participé durant deux mois aux travaux de la commission de rénovation et de déontologie de la vie publique aux côtés de Lionel Jospin et douze autres membres : « J’ai notamment beaucoup milité pour la proposition stipulant que les anciens présidents de la République ne soient pas au Conseil constitutionnel, c’est une anomalie grotesque, une insulte au bon sens et à l’éthique. »

Un peu moins d’un an après la publication de son livre « A feu et à sang » qui a provoqué une polémique et des commentaires assez durs dans son propre camp, Roselyne Bachelot ne regrette rien, bien au contraire au vu de qui s’est passé ensuite avec l’élection à la présidence de l’UMP, qu’elle juge catastrophique. Sa critique du fonctionnement de son parti et de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy était courageuse, lucide et prémonitoire : « Pour se reconstruire, la droite ne pourra pas faire l’économie d’un devoir d’inventaire. L’UMP a été un cartel électoral qui ne s’est constitué sur aucune base idéologique, et n’a résolu aucun des conflits internes au parti sur des sujets primordiaux. Depuis 2002, nous avons refusé de nous remettre en question, d’entreprendre un travail de fond, cela a eu pour conséquence de nous faire perdre tous les pouvoirs. »

 

Eveil très précoce à la politique

Dès sa naissance, Roselyne Bachelot ne fait rien comme les autres puisqu’elle vient au monde un 24 décembre à minuit, à Nevers près du village où ses grands-parents sont éleveurs de charolais. Elle passe toutes ses vacances dans la ferme familiale et en garde ses meilleurs souvenirs d’enfance. Une enfance par ailleurs très studieuse à Angers, avec des parents rigides et une scolarité chez les religieuses, où elle est à la fois une très bonne élève et une meneuse extrêmement dissipée. Elle commence le piano à 3 ans  et demi et en joue durant de nombreuses années, la musique dès lors prend une place essentielle qui ne faiblira jamais. Après avoir rêvé d’être professeur, puis d’entrer à Sciences-Po, sa mère la convainc d’opter pour une voie scientifique. La jeune bachelière choisit pharmacie et entame des études qui la mèneront à un doctorat. C’est avec bonheur qu’elle exerce ce métier jusqu’à ce que de nouvelles responsabilités l’appellent.

La politique a toujours été présente dans la vie de Roselyne Bachelot, le général De Gaulle l’a embrassée sur la joue lors d’un meeting alors qu’elle était âgée de 9 mois et accompagnait son père, ancien résistant qui sera député durant 20 ans. Tout au long de son enfance, elle colle des affiches, distribue des journaux, écoute les conversations des grands, mais ce n’est qu’après avoir constitué son foyer et élevé son garçon, qu’elle envisage à 30 ans une carrière politique.

 

Les échelons gravis un à un

D’abord candidate sur une liste municipale en 1977, elle se lance pour son propre compte 5 ans plus tard lors des élections cantonales : « Mon père a voulu mettre la barre très haut : Il ne faudra pas que l’on puisse dire que tu es ma fille, donc tu vas te présenter dans un canton ancré à gauche où tu n’as aucune chance. J’ai fait une campagne à la Obama à une époque où cela ne se faisait pas, en arpentant tout le territoire du matin au soir pendant 6 mois. Le soir de ma victoire, un notable de droite m’a dit : Si l’on avait su que c’était possible, on aurait envoyé un homme. » Voilà comment a démarré la carrière de la conseillère générale qui deviendra ensuite conseillère régionale, avant d’être élue députée puis députée européenne avec une fidélité indéfectible à sa région : « Je ne suis pas une nomade en politique ni une fleur coupée dans un vase mais une plante de pleine terre, je suis profondément attachée au Maine et Loire. »

Sur de nombreux sujets, Roselyne Bachelot sera en désaccord avec sa famille politique mais elle se sent profondément gaulliste, n’a jamais été attiré par la gauche et préfère être une éclaireuse pour son propre camp, qui souvent s’est rangé à son avis par la suite, comme pour la loi Evin, le Pacs, la loi sur la parité et bientôt le mariage pour tous, elle en est persuadée.

 

Une femme dans l’arène politique

Féministe de longue date comme sa mère et sa grand-mère, elle s’est vite rendu compte qu’être une femme en politique est un gros handicap, mais cela lui a permis aussi de garder sa liberté, son intégrité en ne faisant jamais partie d’une écurie. Consciente de sa singularité, elle se revendique intellectuelle à la fois en écrivant, son prochain livre sera consacré à Verdi, et en faisant des choix raisonnés et conditionnels lorsqu’elle soutient quelqu’un. Par contre, elle ne se reconnait pas dans l’originalité vestimentaire qu’on lui prête : « L’apparence pour un homme ou une femme politique est importante, c’est une forme de respect d’être bien habillé lorsque l’on va à la rencontre des électeurs, mais j’ai toujours été irritée par la démesure que cela prenait dans nombre de sujets qui m’étaient consacrés. Lors de la campagne européenne de 2004, tous les articles commençaient par la description de mes toilettes. La femme est souvent réduite à son apparence et cela n’a pas  changé aujourd’hui avec les différentes ministres. De plus, il y a une pipolisation de la presse dite sérieuse, s’expliquant sans doute par les difficultés du secteur qui conduisent à vouloir plaire à d’autres publics. »

 

La consécration ministérielle

Ses nombreux engagements écologiques, sanitaires et citoyens l’ont conduite à se voir confier 3 postes ministériels. Tout d’abord en 2002, Jacques Chirac la nomme Ministre de l’écologie. Durant 2 ans, elle écrit avec d’autres la charte de l’environnement, fait voter la loi sur les risques naturels et technologiques, parvient à apaiser le monde de la chasse. Puis en 2007, Nicolas Sarkozy la nomme Ministre de la santé. Elle y reste 3 ans et demi, période où elle s’occupe entre autre de la gestion de la grippe A et fait voter la loi Bachelot, appelée aussi loi hôpital, patients, santé et territoire. Fin 2010, elle devient Ministre des affaires sociales mais la proximité de la fin de mandat empêche les grandes décisions, même si elle retient celle sur l’autisme déclarée grande cause nationale 2012, et l’augmentation de 30% des crédits pour le plan de lutte contre la violence faite aux femmes.

De toutes ces années, son meilleur souvenir reste le débat parlementaire, où elle s’est toujours efforcée de respecter les députés quels que soient leur bord : « Chacun d’entre eux, détient une parcelle brillante de la démocratie. » Et de conclure lorsqu’elle regarde dans le rétroviseur : « Je suis fière de la construction de ma vie, qui est caractérisée par l’honnêteté et la générosité. J’ai toujours essayé dans tout ce que je faisais, de donner un petit morceau de mon cœur. »

 

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23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 08:11

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Après une expérience au sein d’un groupe évoluant dans un univers rock, Amandine Maissiat jeune artiste de 30 ans, a délaissé la guitare pour le piano et ouvrir ainsi de nouveaux horizons plus proches de sa personnalité. Ce premier album solo propose une pop aérienne et raffinée d’où sont absentes guitare et basse. L’architecture musicale est construite autour d’un piano, d’une batterie, de claviers électroniques et autres boites à rythme, donnant l’impression que rien ne manque. Ce choix original lui permet de se créer une empreinte bien à elle, même si l’on peut penser à diverses influences en écoutant ces rythmiques envoûtantes. Sa voix délicate, touchante, feutrée, sensuelle, si elle évoque parfois Françoise Hardy, voire Zazie ou Mylène Farmer, n’en a pas moins un timbre particulier qu’elle fait évoluer avec beaucoup de grâce entre le grave et les aigus. Qu’il accompagne uniquement la voix ou qu’il se mêle à une orchestration plus fournie, le piano, très présent tout au long des 10 titres de l’album, procure par sa fluidité et sa partition exigeante, un grand bonheur auditif. Auteure, compositrice, interprète, Maissiat a écrit à la fois de très belles mélodies assez sombres, adoucies par sa voix frémissante, mais aussi des paroles poétiques très inspirées, où chaque mot intime ou évocateur d’un ailleurs est toujours bien choisi. Ce disque d’une concision rare, à la fois bouleversant et enthousiasmant, nous fait presque regretter qu’il ne soit pas plus long, mais le plaisir d’avoir découvert une nouvelle grande artiste de la chanson française, l’emporte largement.

 

 Maissiat – Tropiques – Wagram music – 1 CD : 13,99 €. 

 

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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 08:08

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Depuis une quinzaine d’années, Guillaume Nicloux est un cinéaste qui compte, notamment dans le domaine du polar où il a marqué les esprits avec quelques pépites, mais on ne l’attendait pas dans une adaptation du roman de Diderot. Pourtant en se penchant un peu plus sur sa biographie, on s’aperçoit qu’après une éducation religieuse où il a même envisagé le séminaire, la découverte de « La religieuse » à son adolescence lui a laissé une trace indélébile. Il s’est donc emparé du sujet à bras le corps pour le retranscrire magistralement en œuvre cinématographique. Toutes les composantes de ce film contribuent à ce que l’on s’immerge totalement dans cette histoire d’un autre temps, qui trouve malheureusement encore bien des échos dans notre société actuelle. La reconstitution d’une remarquable authenticité dans les décors, les costumes, la lumière à la bougie, la vie dans les couvents, mais aussi la qualité photographique et la justesse des comédiens, notamment la jeune femme qui tient le rôle principal avec une force intérieure et un naturel confondants. Nous sommes en 1765, un jeune marquis rentre de voyage chez son parrain où il semble habiter, et découvre posé dans le salon, un manuscrit contenant les mémoires d’une jeune femme, troisième fille d’une famille bourgeoise, que l’on a contrainte à entrer au couvent à 16 ans. Le film va dès lors nous conter son histoire bouleversante, du salon de ses parents où elle joue du clavecin pour les invités, à son enfermement et tout ce qui va s’y passer. On est loin ici de la lourdeur qui souvent accompagne un film d’époque. De cette retranscription ressort plutôt une spontanéité, une sobriété, une vérité brute, et une grâce infinie qui nous touchent profondément.

 

La religieuse – Un film de Guillaume Nicloux avec Pauline Etienne, Isabelle Huppert, Louise Bourgoin, Françoise Lebrun, …

 

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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 08:20

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Pour ses 50 ans d’existence au cinéma et sa 23e aventure, James Bond s’offre un des tous meilleurs films de la série, assurément le plus profond mais aussi le mieux maîtrisé à tous les niveaux. Le grand cinéaste britannique Sam Mendes apporte à l’univers de l’agent secret, une noirceur, une psychologie plus fouillée des personnages, une admirable direction d’acteurs. Son film n’est pas qu’une accumulation de courses-poursuites et d’affrontements, même s’ils sont présents et bien savoureux, il y a une densité du propos, des partis pris de mise en scène toujours judicieux, qui évitent la surenchère et privilégient l’élégance d’un classicisme magnifié par une photo en tout point remarquable quel que soient les circonstances. En bousculant le mythe avec un Bond qui apparaît fatigué, plus humain et moins infaillible, un méchant plus complexe, plus imprévisible, Mendes réinvente les codes du genre et donne un nouveau souffle aux aventures du célèbre espion. Ajouté à cela, des comédiens de grande envergure qui insufflent à leur personnage une vérité jamais vue dans la série, entourant un très bon Daniel Craig toujours aussi sobre et crédible en agent secret. L’action démarre à Istanbul où 007 et Eve, agent de son état, sont sur les traces d’un terroriste qui aurait subtilisé la liste de tous les espions britanniques infiltrés dans le monde entier. Après une course à moto mémorable, Eve reçoit l’ordre de tirer alors que Bond et le malfaiteur se battent sur le toit d’un train. Malheureusement elle touche son collègue qui fait une chute d’une centaine de mètres dans le fleuve en contrebas. 007 est donné pour mort, alors qu’un attentat est perpétré quelques jours plus tard au siège des services secrets à Londres, faisant six morts. Sam Mendes réussit le parfait dosage entre action, suspense, intensité dramatique et psychologique, en parsemant cette nouvelle aventure plus sombre qu’à l’accoutumée de l’humour originel. Quelle belle idée d’avoir confié la réalisation à un vrai cinéaste.

 

 Skyfall – Un film de Sam Mendes avec Daniel Craig, Javier Bardem, Judi Dench, Ralph Fiennes, … - MGM – 1 DVD : 15,99 €.

 

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