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Asako I & II

Publié le par Michel Monsay

Asako I & II

En mai dernier, nous découvrions ce cinéaste japonais de 40 ans, d’abord avec la sortie de l'admirable Senses en trois parties, son premier film diffusé en France, et simultanément Asako, sa dernière réalisation était présentée au festival de Cannes. Après avoir osé avec Senses, un format aussi long découpé en trois films, obligeant le spectateur à venir trois fois pour suivre le magnifique portrait d'un groupe de quatre amies, exploit non négligeable au vu de la surabondance de sorties chaque semaine, Ryusuke Hamaguchi nous éblouit à nouveau par son talent à sonder les relations humaines avec une infinie délicatesse qui se transforme par instants en tsunami émotionnel. La sublime jeune actrice qui joue Asako, entourée de comédiens et comédiennes très convaincants, apporte à cette histoire d'amour une grâce innocente et romantique. Derrière cette double romance s'articule une intrigue troublante faite d'étrangeté, de rebondissements, et qui ausculte en profondeur le sentiment amoureux. Après Une affaire de famille sorti le mois dernier, le cinéma japonais se porte bien, et Ryusuke Hamaguchi excelle dans l'art de nous étonner en passant de la douceur à la cruauté avec un naturel sidérant, en distillant une mystérieuse complexité dans une histoire à-priori simple, et en nous offrant un cinéma d'une grande sensibilité et subtilité qui révèle les êtres dans toute leur contradictions.

Publié dans Films

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Conseil cinéma

Publié le par Michel Monsay

Conseil cinéma

Pour son premier film en tant que réalisateur, à 34 ans l'acteur américain Paul Dano, qui a déjà une longue et convaincante carrière devant la caméra, passe derrière pour nous offrir une remarquable adaptation d'un roman du grand écrivain Richard Ford. On retrouve la langue magnifique de simplicité et de lucidité sur la nature humaine du romancier à travers la caméra intimiste, délicate, cruelle du jeune cinéaste. De cette conjugaison de talents naît un tableau implacable sur le modèle de la famille américaine du début des années 1960 qui se disloque au fil d'une intrigue infusant peu à peu un malaise grandissant. La reconstitution de cette époque est tout à fait saisissante, notamment les teintes mélancoliques dans lesquelles le film beigne, mais aussi dans les moindres détails jusque dans l'intense interprétation des comédiens qui contribue à nous immerger totalement dans cette histoire très touchante. D'autant qu'au centre de cette histoire se trouve l'adolescent rêvé, tout à la fois sensible, intelligent, à l'écoute, d'une incroyable bonne volonté, bref à des années lumière de ceux d'aujourd'hui, et qui malgré toutes ces qualités assiste impuissant à l'explosion du cocon dans lequel il s'épanouissait. Pudique par moments, frontale par d'autres voire étouffante, cette chronique familiale d'une petite ville du Montana est aussi une très belle galerie de portraits et annonce à l'évidence la naissance d'un cinéaste majuscule.

Publié dans Films

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Conseil de lecture

Publié le par Michel Monsay

Conseil de lecture

Lauréat du Prix Femina et Prix spécial du jury Renaudot alors qu'il est sorti en avril et non lors de la rentrée littéraire, ce récit, indépendamment de ces récompenses, est incontestablement un des livres majeurs de 2018. Écrivain, journaliste littéraire à Libération et chroniqueur à Charlie hebdo, Philippe Lançon est un des rescapés de l'attentat de Charlie en janvier 2015 où 12 personnes furent assassinées. Si son livre fait l’unanimité, c'est avant tout pour le talent de son auteur, sa prose, son humour, sa culture littéraire, sa lucidité, sa sincérité, sa douceur. Il a réussit à écrire un ouvrage tout à la fois bouleversant et léger, sans haine ni rancune, comme un journal de reconstruction physique et mentale où le patient puise dans les souvenirs de sa vie passée, et ses passions littéraires et musicales pour l'accompagner sur ce long chemin de douleur. Outre la puissance du témoignage, la qualité littéraire de ce livre indispensable, et le style direct, cru, sans pathos de Philippe Lançon, il ressort une intime et profonde réflexion sur le rapport au temps, la perception d'une vie, la solitude face à la souffrance, le rapport à autrui. Cette autofiction sans la moindre pointe de narcissisme nous laisse admiratif, nous fait reconsidérer les choses de la vie et nous touche viscéralement.

Publié dans Livres

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Conseil cinéma

Publié le par Michel Monsay

Conseil cinéma

Pour bien commencer l'année, je vous conseille vivement la palme d'or du festival de Cannes. L'excellent cinéaste japonais de 56 ans, Hirokazu Kore-Eda, continue, au sein d'une œuvre déjà riche en pépites, d'ausculter avec une grande finesse les liens familiaux en nous offrant ici probablement son plus beau film. Dans un Japon méconnu loin de l'image brillante, épurée, trop lisse limite ennuyeuse que l'on voit le plus souvent, il s'attache à une famille de marginaux qui vit dans la débrouille et s'entasse dans le minuscule pavillon d'une mamie. Pétri d'humanité, le regard du cinéaste est également empreint d'humour, de sensualité et d'une sensibilité présente à chaque plan, où sa caméra capte miraculeusement, autant chez la grand-mère que la petite fille mais aussi chez tous les membres de cette famille atypique et si attachante, les moindres émotions même les plus secrètes. Tous les comédiens sont impressionnants de naturel et de justesse. Le cinéaste a aussi remarquablement construit son film en distillant petit à petit des éléments qui dévoile l'histoire des différents personnages. Derrière ce récit plein de tendresse, de poésie, on peut voir également une dimension politique, et peut-être la mise en cause de nos sociétés ne laissant aucune place aux individus qui ne sont pas dans la réussite. D'une réjouissante légèreté à des nuances plus dramatiques, ce film essentiel nous fait autant sourire qu'il nous émeut sous la plume, la direction d'acteurs et la caméra d'un cinéaste en état de grâce.

Publié dans Films

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Conseil musical

Publié le par Michel Monsay

Conseil musical

A 38 ans, Jeanne Added n'en est qu'à son deuxième album, après des études au Conservatoire national de musique de Reims, sa ville natale, puis de Paris et à la Royal academy de Londres, où elle est passée par la musique classique et le jazz. La jeune artiste s'est d'abord produite avec différentes formations, avant d'entamer une carrière solo qui a véritablement décollé il y a quatre ans avec son premier single "a war is coming" et un premier album dans la foulée, où le grand public a découvert sa voix exceptionnelle. Aujourd'hui, ses dix nouvelles chansons qu'elle a écrites et composées sont dans une veine plus électronique que rock, une ambiance plus apaisée et moins sombre. L'émotion est le maître mot à l'écoute de ses dix petites pépites chantées en anglais, tant par la grâce de cette voix pure, à la fois forte et fragile, qui donne des frissons comme peu de voix actuellement, que par cette musique pop électronique plus ou moins rythmée selon les morceaux mais toujours envoûtante, produite et jouée par le duo Maestro, qui accompagne merveilleusement la chanteuse avec force synthétiseurs et boites à rythmes. Jeanne Added confirme ici tout le bien que l'on avait ressenti en écoutant son premier album, elle va même au-delà en renouvelant son univers avec une maîtrise impressionnante sans perdre sa force émotionnelle, bien au contraire.

Publié dans Disques

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Conseil musical

Publié le par Michel Monsay

Conseil musical

Cette artiste suédoise de 54 ans qui vit à Londres, belle-fille du trompettiste de jazz Don Cherry et soeur d'Eagle-Eye Cherry, n'a jamais choisi la facilité. Préférant la liberté d'une carrière menée à sa guise sans répondre aux sirènes de la célébrité, elle propose depuis 30 ans une musique qui lui ressemble. A l'écoute de son nouvel album, on ne peut que s'en réjouir tant Neneh Cherry nous touche par ce subtil mélange de trip hop, folk et jazz aux accents électroniques. Sa voix chaude, légèrement éraillée chante merveilleusement les désillusions de notre époque. Sans colère mais avec détermination et humilité, ses textes engagés auscultent entre autres la problématique des migrants, des armes, de la violence, des promesses politiques non tenues, et aborde intimement sa vie de femme. Sans faire de bruit, Neneh Cherry continue à son rythme de créer une oeuvre originale et précieuse, dont cet album est certainement l'un des plus beaux fleurons. Tantôt hypnotique, aérienne, tantôt plus soutenue, sa musique apporte de la beauté, de la douceur, de l'énergie, et sous la patte d'un musicien producteur londonien réputé pour sa texture électronique, elle prend une dimension qui nous fait totalement chavirer.

Publié dans Disques

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Conseil cinéma

Publié le par Michel Monsay

Conseil cinéma

Qu'un cinéaste russe soit parvenu à réaliser un tel film montre que la situation a changé en Russie en comparaison de l'URSS du début des années 1980 dans laquelle se situe l'intrigue, mais malheureusement pas tant que ça puisque Kirill Serebrennikov est assigné à résidence et encourt jusqu'à 10 ans de prison pour un imaginaire détournement de fonds, alors qu'il s'agit de son génie créatif qui depuis des années dérange le pouvoir en place. Il suffit de voir l'admirable Leto pour mieux comprendre. Le cinéaste russe de 49 ans a réussi certainement l'un des plus beaux films qui n'ait jamais été fait sur la musique rock. Remarquablement filmé dans un très beau noir et blanc, Leto est parsemé de moments virtuoses, qu'ils soient oniriques et habillés d'un traitement graphique très inventif ou lors de magnifiques plans-séquences nous entraînant au cœur de la passion, de l'insouciance et du détachement qui animent cette jeunesse bouillonnante. Inspiré de musiciens qui ont existé à cette époque à Leningrad, ce film, empli d'une enthousiasmante énergie mais aussi d'une très belle douceur relationnelle entre les différents protagonistes avec au milieu la sublime Natasha, laisse entrevoir les prémices de la Perestroïka malgré la chape de plomb qui pèse encore sur le pays. A la fois une ode à la musique et la liberté, une histoire d'amour mais aussi une chronique historique et politique, Leto à l'heure des bilans est tout en haut du palmarès de l'année cinématographique.

Publié dans Films

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Robinet du XVe siècle avec blason symbolisant royauté et pèlerinage

Publié le par Michel Monsay

Robinet du XVe siècle avec blason symbolisant royauté et pèlerinage

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Ferronnier de Lussan

Publié le par Michel Monsay

Ferronnier de Lussan

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Pour redonner un petit coup de jeune

Publié le par Michel Monsay

Pour redonner un petit coup de jeune

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