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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 08:08

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Après un premier film assez remarqué intitulé « Belle épine », Rebecca Zlotowski réalisatrice de 33 ans met la barre encore plus haut avec un second long métrage qui a électrisé le Festival de Cannes dans la sélection « Un certain regard ». Dès les premiers plans une tension insidieuse s’installe, et l’on sent rapidement par les cadrages, la manière de filmer qui parfois fait penser à celle de Jacques Audiard, la musique en osmose totale avec l’image, que ce film va nous chambouler, nous passionner et que l’on pénètre dans un univers cinématographique fort et original. A la fois d’un réalisme social qui rappelle de grandes œuvres du cinéma français, mais aussi d’une remarquable qualité photographique, cette histoire explosive nous plonge au cœur d’une centrale nucléaire et d’un amour interdit. Outre le talent de la cinéaste qui s’exprime jusque dans les moindres détails, les comédiens apportent un formidable relief à leurs personnages. Parmi eux, Tahar Rahim n’en finit toujours pas de nous étonner depuis « Le prophète », Léa Seydoux d’une beauté sensuelle renversante enchaîne des rôles très différents avec chaque fois la même aisance et le même naturel, tout comme l’excellent Olivier Gourmet. Le film démarre dans un train, un jeune homme se fait voler son portefeuille, rattrape celui qui a commis le forfait, et les deux compères plutôt marginaux deviennent potes. Ils vont avec un troisième acolyte se faire embaucher par une société de maintenance pour travailler dans une centrale nucléaire, avec un salaire inespéré vu leurs niveaux d’études mais avec le risque de radioactivité. Ils intègrent un groupe composé d’hommes et de femmes plus expérimentés, qui vont les former et les adopter au sein de leur petite communauté. Cet admirable film à la vérité brute avance frontalement vers les deux dangers qui le sous-tendent, en distillant une atmosphère envoûtante et en nous marquant durablement par l’impact émotionnel qu’il irradie.

 

Grand central – Un film de Rebecca Zlotowski avec Tahar Rahim, Léa Seydoux, Olivier Gourmet, Denis Ménochet, Johan Libereau, …

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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 07:06

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25 août 2013 7 25 /08 /août /2013 07:28

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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 07:12

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Comme chaque fin d’été la rentrée littéraire nous propose un nombre impressionnant de romans français et étrangers, 555 cette année, chiffre qui est pourtant en retrait par rapport aux précédents millésimes. D’ores et déjà, le 5ème roman de Thomas B. Reverdy, écrivain français de 39 ans, est l’une des petites merveilles qui va illuminer cet événement culturel, et ce serait étonnant qu’il ne soit pas récompensé par l’un des fameux prix tant convoités. D’une admirable écriture à la fois poétique, subtile, sensible et souvent très réaliste, le romancier explore le phénomène des évaporés, assez fréquent au Japon, où des personnes disparaissent du jour au lendemain, comme un suicide social, même si parfois il s’agit simplement de sauver sa peau. Construit de nombreux chapitres assez courts, tout en maîtrise et en fluidité, ce roman passionnant est aussi un portrait sans concession du Japon un an après le tsunami et la catastrophe de Fukushima, mais aussi le Japon des yakuzas, des travailleurs pauvres, où l’on en apprend beaucoup sur ce pays finalement assez secret et méconnu. Un homme proche de la soixantaine, après avoir écrit une lettre d’adieu à sa femme et avoir laissé sur la table d’entrée de son domicile de Kyoto, ses clés, son portable et son portefeuille, embarque dans une camionnette avec deux déménageurs qu’il a embauchés pour la nuit en emportant trois cartons et une valise, et s’évapore. Après avoir fait connaissance avec les 3 autres personnages importants de cet envoûtant polar existentiel, qui chacun à sa manière cherche à redonner un sens à sa vie, l’auteur en mêlant habilement les genres nous offre un superbe moment de littérature. Rarement un occidental n’a aussi bien raconté le Japon.

 

 

Les évaporés – Un roman de Thomas B. Reverdy – Flammarion – 300 pages – 19 €.

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21 août 2013 3 21 /08 /août /2013 07:24

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Des histoires de rencontre, le cinéma nous en a offert de toutes sortes et sous toutes les latitudes, mais celle-ci par son originalité, sa finesse, son suspense, son humour, son imprévisibilité nous touche et nous captive particulièrement. Dans ses quatre premiers films, Jérôme Bonnell avait déjà montré une belle sensibilité en nous offrant une peinture très juste de nos contemporains. A 35 ans, il poursuit dans la même direction en montant d’un cran avec une qualité d’écriture, de mise en scène, de cadrage au plus près de son héroïne, et un sens du détail, tout à fait remarquables. Les atmosphères toujours bien senties quel que soit le lieu où nous emmène l’histoire de cette femme en mouvement, contribue à ce que l’on plonge avec délice dans ce film où le présent met le passé et l’avenir sous son emprise. Une fois de plus, Emmanuelle Devos éblouit par sa faculté à jouer toutes sortes de situation, avec un mélange d’émotion et d’espièglerie qui en fait une des actrices les plus attachantes. Alors qu’elle joue un rôle secondaire dans une pièce de théâtre en tournée à Calais, où elle est payée au lance-pierres, une comédienne d’une quarantaine d’années doit aller à Paris passer un casting. Avant de s’y rendre en partant très tôt le lendemain matin pour faire l’aller-retour dans la journée, elle a une conversation téléphonique avec son compagnon où l’on sent qu’elle veut lui annoncer quelque chose mais n’y arrive pas. Dans le train, elle croise le regard triste d’un homme qui l’intrigue et semble l’attirer. Ce très joli film est tout à la fois léger, dramatique, troublant, euphorisant, et confirme une nouvelle fois que le duo formé par un cinéaste et son actrice , lorsqu’il y a une telle confiance et une telle complicité entre les deux, produit des moments inoubliables.

 

 Le temps de l’aventure – Un film de Jérôme Bonnell avec Emmanuelle Devos, Gabriel Byrne, … - France Télévisions distribution – 1 DVD : 19,99 €.

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19 août 2013 1 19 /08 /août /2013 07:00

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17 août 2013 6 17 /08 /août /2013 07:55

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15 août 2013 4 15 /08 /août /2013 07:48

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6 août 2013 2 06 /08 /août /2013 08:34

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A l’image d’Olivia Ruiz, qui elle aussi a fréquenté les plateaux de Star academy, Elodie Frégé, dix ans après sa victoire, est à des années lumière de cette téléréalité et de sa musique formatée. Sa rencontre avec Benjamin Biolay pour l’écriture de son deuxième album en 2006 a révélé sa vraie personnalité, lui a donné une confiance en ses talents d’auteur, et a modifié sa manière de chanter, plus sur le souffle, la sensualité, en tout cas loin des voix poussées et sans âme de la Star Ac’. A 31 ans, pour son quatrième album, elle s’affirme définitivement comme une artiste à part entière en écrivant la quasi-totalité des textes et quatre musiques avec un talent que l’on ne lui connaissait pas. Le disque a été enregistré en partie à Miami avec des musiciens cubains et brésiliens mais aussi à Paris notamment avec Marc Collin, le leader du groupe Nouvelle Vague, qui signe également les arrangements. Toutes ses collaborations donnent une couleur latine aux 11 morceaux de l’album où se développe une délicieuse pop teintée de bossa nova, de tango et d’ambiances rétros. Outre ses chansons charnelles, espiègles, gourmandes, la ravissante et malicieuse chanteuse reprend remarquablement une petite merveille signée Gainsbourg « La fille qui fait tchic ti tchic » et « Tu veux ou tu veux pas ? » chantée préalablement par Marcel Zanini ou Brigitte Bardot. Peut-on parler d’une certaine maturité chez Elodie Frégé, qui lui aurait permis de laisser tomber cette mélancolie dont elle se fardait pour une exquise légèreté ? En tout cas, on sent un personnage plus complexe qu’il n’y paraît, que l’on aura un grand plaisir à suivre à présent, et qui pour aujourd’hui nous offre un album à déguster sans retenue.

 

Elodie Frégé – Amuse bouches – Mercury – 1 CD : 16,99 €.

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27 juillet 2013 6 27 /07 /juillet /2013 06:14

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Spécialiste des séniors, des enjeux intergénérationnels et de l’accompagnement, Serge Guérin auteur d’une vingtaine d’ouvrages, intervient régulièrement dans la presse écrite et à la radio pour valoriser le rôle de nos anciens et des aidants. A 51 ans, l’éclectisme de ce docteur en sciences de la communication l’amène aussi à enseigner dans une école de commerce, à Sciences-Po, à s’investir pour l’écrit sous toutes ses formes, en attendant de confronter ses idées à la réalité du terrain aux côtés d’Anne Hidalgo.

 

Quel est votre sentiment sur la réforme des retraites annoncée pour la rentrée ?

Serge Guérin - Je crains que l’on revienne une nouvelle fois sur les mêmes solutions avec toujours un manque d’ambition et d’imagination pour régler le problème du financement, soit en rajoutant des cotisations, soit en rallongeant la période de travail, soit en baissant le montant des retraites. On peut trouver une vraie logique à ce que l’on travaille plus longtemps étant donné que l’on vit plus vieux, mais il faut tenir compte de ceux qui ont démarré leur carrière plus tôt et des sept ans d’écart d’espérance de vie entre un cadre supérieur et un ouvrier spécialisé. D’un autre côté, pousser à ce que les séniors travaillent plus longtemps se fait au détriment des plus jeunes, et peut aussi augmenter le nombre des séniors au chômage. A l’inverse, je ne pense pas que l’on ait réglé le problème de l’emploi avec les préretraites, généralement le poste est supprimé par choix d’automatisation ou de productivité. Il ne faut pas oublier aussi qu’une personne en activité crée de l’emploi et lorsqu’on la sort de l’activité, elle en crée moins.

Pour en revenir aux retraités qui sont 15 millions aujourd’hui, il est impossible d’en parler globalement. Certains ont des revenus importants notamment patrimoniaux ou d’héritages et pourraient être plus taxés, mais la majorité d’entre eux ont des pensions assez faibles, 1300 € en moyenne par mois pour les hommes et moins de 1000 € pour les femmes. Un million de retraités vivent sous le seuil de pauvreté, 400 000 sont au minimum vieillesse, donc baisser les retraites ne serait pas très prudent. De même, augmenter les cotisations dans une période déjà rude risquerait de casser ce beau système de solidarité intergénérationnelle de retraites par répartition, pour aller vers un système ultralibéral de capitalisation.

 

Y a-t-il alors une solution pour avancer sur le problème des retraites ?

S.G. - La retraite par points est certainement une réponse intéressante. Elle permet plus d’équité en lissant les différentes situations, et permet aussi à chacun de comprendre et contrôler ce qui va lui arriver, alors qu’aujourd’hui personne n’est capable de dire quelle sera sa retraite. Le problème est que cela prendrait du temps à mettre en place et à équilibrer le financement, d’autant qu’il y a de moins en moins de cotisants, notamment avec le chômage, et de plus en plus de retraités. Cela dit, il faut arrêter de penser que ces retraités représentent uniquement un coût pour la société. Ils sont très présents dans le monde associatif en produisant du lien social, 32% des maires de nos communes sont des retraités qui contribuent à faire vivre la ruralité, sans parler de toutes les petites tâches invisibles accomplies par les séniors pour leur entourage et au-delà, qui ne sont pas valorisées mais qui font tellement de bien au pays. Tout comme les aidants, ils sont entre 9 et 10 millions de bénévoles de tout âge dont un tiers de retraités, auprès de personnes handicapées, malades ou âgées, qui font économiser 164 milliards d’euros à la collectivité. Rapport aux 7 milliards d’euros manquant pour équilibrer les retraites, peut-être que la collectivité pourrait faire un effort financier et valoriser un peu plus les séniors en arrêtant de les considérer comme inutiles parce qu’ils n’ont pas une activité salariée. Ceux que l’on appelle les inactifs sont parfois plus actifs que certains actifs et ont une utilité bien plus intéressante pour la société.

 

Dans notre société individualiste, est-il utopique d’espérer changer notre rapport aux séniors ?

S.G. - Cette culture de l’individualisme qui règne aujourd’hui n’a pas réussi à supprimer le don, la solidarité, le monde associatif, les aidants. Il ne faut pas attendre de solution générale mais plutôt se tourner vers les multiples initiatives locales, et c’est le rôle des collectivités territoriales, des syndicats, des bailleurs sociaux de les soutenir voire de les générer. La crise est une chance formidable pour nous faire bouger et sortir de notre petit confort, arrêtons le fatalisme. Je suis peut-être un optimiste, mais les pessimistes à quel moment font-ils avancer la société ? La prise de conscience du vieillissement de la population nous conduit déjà à inventer des villes, des territoires ruraux plus adaptés, plus agréables à vivre pour les séniors, d’autant que c’est un problème qui nous touche tous. Il faudrait aussi plus de prévention et d’accompagnement auprès des plus fragiles, cela apporterait moins de consommation de médicaments et de frais d’hospitalisation. La canicule de 2003 avec ses 15 000 victimes a contribué à changer les mentalités. Aujourd’hui, toutes les collectivités se sont équipées, ont des systèmes de veille, et l’on remarque plus d’attention à l’autre.

 

Que pensez-vous des contrats de génération et plus globalement du délicat problème de l’emploi ?

S.G. - L’invention sémantique est excellente, elle fait passer une solidarité entre générations alors que jusqu’à présent nous étions dans un système d’opposition notamment avec les préretraites où l’on mettait les vieux dehors pour faire la place aux jeunes. J’ai fait plusieurs études sur le sujet, la réalité montre que les jeunes demandent plus de soutien des anciens sur l’apprentissage du métier, et les anciens plus de soutien des jeunes sur les nouvelles technologies. Ce contrat de génération valorise cette réciprocité que l’on minimisait, mais il ne faut pas se faire trop d’illusions sur le nombre d’emplois que cela va créer. De manière plus globale, le marché n’est pas capable aujourd’hui de trouver 5 millions d’emplois, il faut arrêter avec le mythe du retour de la croissance. Quoique l’on fasse, il y a plein de gens qui n’iront pas dans l’emploi, si on leur trouve des tâches utiles qui leur permettent de contribuer en se sentant utile, ce sera déjà très bien. A côté de cela, il y a des emplois qui ne répondent pas à une logique de marché mais à une logique de besoin social, avec des métiers d’aide à la personne dans tout ce que cela comprend, ou de l’aménagement rural notamment numérique. Ce serait là un bel investissement public qui pourrait permettre à plus de personnes de s’installer dans la ruralité, il suffirait de faire des économies sur des niches fiscales dont je ne vois pas bien l’utilité.

 

Que doit faire le Président pour parvenir à sa France de demain, écologique, solidaire et qui combat les thèses populistes ?

S.G. - Le populisme ne se combattra pas avec un discours moralisateur, surtout venant de personnes protégées qui ne sont pas sur le terrain. Michel Rocard avait une très belle formule : « La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde mais doit en prendre sa part », c’est très beau mais il faut admettre que notre pays ne peut pas tout faire. L’écologie n’a d’avenir que dans l’écologie sociale, au Président de faire comprendre au pays qu’au-delà du développement durable et de la sauvegarde de la planète qui sont évidemment importants, il y a une logique économique. Si l’on renforce la filière des éoliennes et du photovoltaïque, on réindustrialise aussi. Quant à la France solidaire, c’est déjà bien de le dire, je n’en peux plus d’entendre parler d’une France de compétition où l’on s’oppose les uns aux autres. Il ne faut pas oublier que nous sommes en interdépendance, nous avons besoin les uns des autres du premier au dernier jour de notre vie. François Hollande pourrait peut-être inventer un ministère des solidarités pour mettre en valeur toutes les actions.

 

Le niveau de la presse s’est-il dégradé avec les nouvelles technologies et sont-elles un danger pour l’écrit et les livres ?

 

S.G. - On a la presse que l’on mérite, qui est aussi liée à notre niveau d’exigence. Cela dit, quand Moïse Millaud fonde Le Petit Journal en 1863, il est beaucoup question de faits divers. L’âge d’or de la presse écrite était avant 1914 avec 4 quotidiens qui tiraient à plus d’un million d’exemplaires. Puis la radio est arrivée et à chaque nouveau média, on croit que cela va tuer l’écrit mais il est toujours là et reste une valeur majeure, on ne peut pas penser sans écrire. On ne lit pas le papier de la même façon que l’on lit sur l’écran, on s’ouvre au monde différemment. Reconnaissons tout de même qu’avec les nouvelles technologies, on écrit beaucoup plus qu’avant même si le niveau n’est pas toujours exceptionnel. Pour ce qui est des livres, je ne comprends pas que l’on donne des subventions énormes à Amazon et qu’on leur permette de ne pas payer leurs impôts, au lieu d’aider les petits libraires notamment dans la ruralité, qui sont parfois le seul acteur culturel local, et pour certains qui vont avec leur camionnette faire le tour des villages. 

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