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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 08:26
Artiste majeur à découvrir d’urgence

Cet auteur-compositeur-interprète américain de 58 ans est peu connu du grand public, et pourtant son talent fait le bonheur de ceux qui ont pu l’écouter depuis une trentaine d’années, soit en groupe soit en solo comme ici avec son dixième album. Il est comme cela des injustices dans le domaine de la musique, où des pseudos stars accaparent la lumière alors que de grands artistes mériteraient tellement une reconnaissance à leur mesure. Ce disque est l’occasion rêvée de découvrir Mark Eitzel, qui en travaillant avec Bernard Butler, l’ancien guitariste du groupe anglais Suede, a ouvert son univers folk à une pop somptueuse. L’association des deux artistes donne onze morceaux d’une beauté à couper le souffle alternant puissance, lyrisme, entrain et fragilité. En plus de signer la réalisation de l’album, Bernard Butler y joue plusieurs instruments et apporte tout son savoir-faire, acquis en ayant travaillé avec de nombreux groupes et chanteurs de renom. La voix de Mark Eitzel suave, veloutée, vibrante ou simplement délicate se fait merveilleusement l’interprète de textes qui nous racontent une Amérique cabossée, avec des personnages se raccrochant à ce qu’ils peuvent, loin de l’Amérique de Trump. La palette musicale enrichie, de ce chroniqueur précieux d’un pays qui ne fait plus rêver, s’étale d’un folk nu à la sensibilité qui n’est pas sans rappeler Nick Drake, à une pop-rock aux rythmes efficaces en passant par des envolées symphoniques ou psychédéliques. Lorsque l’on a goûté aux différentes émotions que procure cet album indispensable, il devient illusoire de s’en passer. Cela confirme qu’en musique il faut toujours essayer de trouver ces pépites cachées et oubliées, leur découverte a une saveur incomparable

 

Mark Eitzel - Hey Mr Ferryman - Decor records/ La Baleine - 1 CD : 17 €.

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17 mars 2017 5 17 /03 /mars /2017 08:44
Une femme en résistance

Depuis sa projection au dernier festival de Cannes, ce film a beaucoup fait parler de lui pour ses qualités cinématographiques, mais aussi pour l'écho qu'il trouve dans la destitution de la présidente brésilienne Dilma Roussef, victime d'un coup d'Etat pour ses partisans, dont l'équipe du film. Pour son deuxième long-métrage, le réalisateur brésilien de 48 ans, anciennement journaliste, enthousiasme avec cet admirable portrait de femme, doublé d'une chronique douce-amère montrant une autre facette du Brésil d'aujourd'hui. A travers la résistance d'une femme face à un promoteur immobilier sans scrupules, il nous laisse entrevoir un pays touché par la corruption, la spéculation et les dégâts du libéralisme. Cette femme d'une soixantaine d'années, libre et hédoniste, est remarquablement interprétée avec force et sensualité par la star brésilienne Sonia Braga qui est entouré de comédiens irréprochables. Avec une grande fluidité dans sa mise en scène, de merveilleux cadrages qui captent de plein fouet les rires et les émotions des personnages, de très beaux plans-séquences, le cinéaste fait preuve d'une sensibilité qui emporte notre adhésion de la première à la dernière image. En 1980, sur une plage de Recife dans le Nord du Brésil, une voiture s'amuse à faire des embardées. A son bord, Clara une journaliste musicale à la trentaine radieuse et au sourire dévastateur fait découvrir à son frère et sa belle-sœur un morceau enthousiasmant du groupe Queen. Ils rentrent ensuite à l'appartement de Clara et son mari, où une fête est organisée en l'honneur des 70 ans d'une tante. Après les hommages des enfants, le discours émouvant du mari nous apprend que Clara se remet à peine d'un cancer du sein. Trente ans plus tard, on la retrouve seule dans ce même appartement qui fait face à l'océan Atlantique. Avec une indolence fascinante, ce superbe film embrasse le mouvement de la vie et se sert subtilement d'ellipses, de souvenirs, de rêves pour donner au passé un rôle majeur dans le présent.

 

 

Aquarius - Un film de Kleber Mendonça Filho avec Sônia Braga, Maeve Jinkings, Humberto Carrão, ... - Blaq Out - 1 DVD : 15 €.

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15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 08:36
Fresque romanesque de haute volée

Seulement 6 films en 22 ans de carrière, James Gray aime prendre le temps nécessaire pour mener à bien ses projets. On peut d'un côté le regretter, mais vu le bonheur que le cinéaste nous procure chaque fois, il est impossible de lui en vouloir. Pour le moment, savourons son dernier chef-d'œuvre, nouveau drame historique après "The immigrant", dont le tournage épique dans la jungle colombienne n'est pas sans rappeler celui d'Apocalypse now ou certains films de Werner Herzog. Le réalisateur américain de près de 48 ans nous conduit dans les pas d'un grand explorateur au début du XXème siècle, dont la soif de découverte doublée d'une grande noblesse de l'exercice avec un respect des tribus rencontrées, contrairement à d'autres, ont un pouvoir fascinant et nous laisse admiratif devant un tel parcours et un tel courage. Tourné en 35 mm, autrement dit avec de la pellicule et non en numérique, le film regorge de magnifiques images dont les couleurs, les lumières et les cadrages confèrent à cette œuvre d'un somptueux classicisme une vérité et une puissance évocatrice. Ce projet ambitieux ne se contente pas de soigner sa forme, James Gray explore comme il en a le secret les liens familiaux à travers l'ascendance honteuse du héros, l'amour indestructible avec sa femme et la relation complexe avec son fils ainé. Le film s'ouvre en 1906 sur une grande partie de chasse au cerf en Irlande où l'on découvre un jeune officier de l'armée britannique, malin et adroit qui débusque et abat l'animal avant les autres. Malgré sa prouesse, il ne reçoit pas les honneurs de la haute société britannique lors de la réception qui suit, la faute à un père alcoolique et joueur qui a déshonoré son nom. La société royale de géographie lui propose alors une mission tout à fait inattendue, qui lui permettrait de laver ce nom. Superbe film d'aventures qui n'oublie pas l'intime, le nouveau James Gray, en plus de nous passionner et nous éblouir par sa maîtrise, est une œuvre humaniste dans laquelle le héros soutient que nous sommes tous fait du même bois malgré nos différences apparentes, et malgré les tristes sires qui se croient supérieurs. Plus d'un siècle après, cela n'a malheureusement pas changé.

 

 

The lost city of Z - Un film de James Gray avec Charlie Hunnam, Sienna Miller, Robert Pattinson, ...

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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 08:14
Joli coup de crayon
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10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 07:39
A chacun sa couleur
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8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 08:03
Carcasse de bateau sur ciel dégagé
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6 mars 2017 1 06 /03 /mars /2017 08:20
Motivés pour la biodiversité
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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 09:06
"Mon expérience me fait dire que les hommes politiques valent globalement mieux que ce que l'on en dit"

Presse écrite, télévision, radio, Alain Duhamel est depuis plus de 50 ans l'incontournable journaliste politique que tout le monde connaît, pour son enthousiasme, sa voix gourmande et surtout sa grande connaissance de cet univers. Membre de l'Académie des sciences morales et politiques, il a écrit de nombreux essais et ouvrages historiques, et vit à 76 ans sa dixième campagne présidentielle.

 

Comment voyez-vous l'évolution du monde en 2017 et comment doivent se positionner l'Europe et la France dans cette nouvelle donne ?

Alain Duhamel - De toute évidence il y a un réveil des nationalismes, dont Poutine fait son idéologie officielle et que Trump incarne aussi à sa manière. A peine arrivé à la Maison-Blanche, il met déjà en œuvre des mesures protectionnistes en annulant l'accord de libre-échange transpacifique, et veut faire de même avec l'accord transaméricain. Cela signifie que l'on entre dans une période dangereuse. Beaucoup de grandes crises, y compris celle débouchant sur la Première guerre mondiale, sont nées de batailles protectionnistes. Il y a un moment où les affrontements commerciaux peuvent devenir financiers puis militaires. En plus, Trump dans sa campagne a pris des distances avec l'alliance Atlantique, et Poutine a augmenté son budget militaire de façon extrêmement conséquente alors que l'économie russe va très mal.

L'Europe doit avoir une politique commerciale extérieure beaucoup plus agressive pour défendre ses intérêts. Comme Trump annonce des droits de douanes très élevés sur toute une série de produits, les européens devront prendre des mesures de rétorsion telles, que Trump fléchisse et accepte des compromis. Parallèlement, il faut que l'Europe se donne les moyens militaires de sa défense autonome, mais cela prendra de nombreuses années. La France, étant la première puissance de l'Union dans ce domaine et la troisième au monde derrière les Etats-Unis et la Russie, doit jeter les bases d'une défense européenne avec les britanniques s'ils le veulent, mais je pense qu'ils le voudront même s'ils s'y sont opposés jusqu'à présent.

 

Faut-il craindre les agissements de Donald Trump, notamment en Europe ?

A.D. - Durant les six premiers mois, il va prendre des décisions spectaculaires, provocatrices, qui feront un peu peur à tout le monde, feront remonter les taux d'intérêt par exemple et créeront un sentiment d'instabilité. Dans un deuxième temps, il y aura une réaction y compris américaine qui le poussera à faire des compromis et aller moins loin qu'il ne l'annonce au départ. Cela dit, il peut y avoir des dégâts pendant la première phase, je pense notamment au Mexique avec lequel les relations seront épouvantables. Trump va également essayer de diviser les européens, comme les britanniques le font avec leur Brexit, mais pour l'instant c'est l'inverse qui se produit. N'oublions pas que l'Europe est le premier marché commercial du monde, loin devant les Etats-Unis, la Chine et les autres, nous ne sommes donc pas démunis, à condition d'utiliser nos armes de façon cohérente. La pugnacité voire l'agressivité du Président américain et de la Première ministre britannique vont resserrer les rangs des européens, mais la solidarité mécanique n'est pas suffisante il doit y avoir une autorité politique. La seule solution est la reconstruction du duo franco-allemand avec des leaders décidés à incarner l'Europe et à prendre des risques.

 

Justement, comment se positionnent les candidats à l'élection présidentielle sur l'Europe ?

A.D. - Plusieurs d'entre eux veulent pour l'Europe une réforme des traités, c'est de la blague vu qu'elle ne peut se faire qu'à l'unanimité et des pays seront toujours là pour bloquer. Si on ne peut pas changer les traités en revanche il est possible de changer les pratiques. Rien n'empêche à l'intérieur de la zone euro de faire des rapprochements fiscaux notamment pour la fiscalité des entreprises. On tourne autour depuis des années, et aujourd'hui sous la pression américaine, britannique et russe, il serait bon d'avancer dans cette direction, ce qui renforcerait l'Europe et nos entreprises. Emmanuel Macron serait le meilleur candidat pour l'Europe, il est en effet le seul à se proclamer européen et à vouloir faire avancer l'Union, d'abord à l'intérieur de la zone euro mais aussi en règle générale. Il est très entreprenant sur le sujet. Ayant été Ministre de l'économie il négociait sans arrêt à Bruxelles, il connaît donc parfaitement les dossiers.

 

En quoi cette élection présidentielle ne ressemble-t-elle à aucune autre ?

A.D. - Elle arrive au terme de 40 ans de crise, il y a donc un rejet de la part des victimes de la crise au niveau occidental qui crée une instabilité sans précédent. Par ailleurs, on est à la fin d'une série d'alternances qui ont donné aux gens le sentiment que la droite et la gauche classique étaient insuffisantes voire impuissantes, il y a de ce fait la tentation d'essayer des solutions nouvelles. Quatre candidats les incarnent : Mélenchon, qui a mis de l'écologie dans son socialisme et se réclame contre le monde financier et contre l'Alliance Atlantique. Hamon, avec son programme utopique, auquel il est préférable de ne pas croire, mais on ne peut pas nier que ce soit un programme alternatif. Macron, dont on ne sait pas très bien tout ce qu'il veut, il n'a d'ailleurs pas intérêt à le dire trop vite et il l'a compris, mais c'est un phénomène que l'on n'a jamais connu. Jamais un candidat n'ayant ni parti, ni mandat électoral, ni idéologie constituée est parvenu à une telle percée, il s'agit bien là d'un désir de nouveauté. Le Pen, l'incarne aussi à sa manière, avec un programme de protection des uns et d'agression contre les autres, même si on peut juger cette nouveauté régressive. En face, Fillon est le seul classique avec une base électorale solide mais une vulnérabilité sur le plan social. Il va certainement en rajouter sur le côté régalien, identitaire, autorité, valeurs, ce qui empêche d'ailleurs le FN de progresser depuis qu'il est candidat, mais cela ne lui garantit pas du tout de gagner (interview réalisée avant l'affaire).

 

Comment expliquer le manque d'envergure aujourd'hui des politiques?

A.D. - Les élus et les dirigeants ont moins d'argent qu'avant, il y a aujourd'hui un plafond et une loi de non-cumul des mandats, moins de stabilité avec pratiquement à chaque élection les sortants qui perdent, et beaucoup plus d'insultes. De nos jours, un homme politique est un homme insulté, qu'il soit bon ou mauvais. Les trois quarts des français considèrent que tout homme politique est corrompu et qu'il ne les écoute pas, ce qui est totalement faux. Ces différents facteurs ont pour conséquence que les meilleurs étudiants, qui avant voulaient faire de la politique, choisissent maintenant d'aller dans le secteur privé. Résultat, nous avons des politiques de seconde classe. Pour inverser la donne, il faudrait un leader charismatique qui réussisse sa politique avec des mesures inattendues, pour que la population y reprenne goût et lui rende un peu d'estime. Mon expérience me fait dire que les hommes politiques valent globalement mieux que ce que l'on en dit, qu'ils font le plus souvent ce qu'ils peuvent et en tout cas plus qu'on ne le croit. Lionel Jospin, par exemple, a été un très bon Premier Ministre.

 

Va-ton sortir du clivage gauche-droite et que vous inspire la gauche et la droite aujourd'hui ?

A.D. - On ne sortira pas du clivage gauche-droite mais il y a d'autres clivages actuellement qui comptent tout autant, ceux de la mondialisation, de l'Europe, de l'immigration, d'un certain libéralisme ou conservatisme sur le plan des mœurs. La gauche termine ce quinquennat profondément divisée et je ne vois pas comment elle peut éviter d'être battue. Cela dit, le parti socialiste a connu tout au long de son histoire des oppositions avec deux lignes idéologiques complètement différentes, et il n'est aujourd'hui dans l'intérêt de personne de provoquer une scission. Ce n'est qu'à la rentrée de septembre vraisemblablement que l'on saura si le PS, qui sera très affaibli et avec beaucoup moins de représentants, choisira la ligne réaliste ou celle plus chimérique. Quant à la droite, ce n'est pas la première fois qu'un homme de gouvernement modéré, tel qu'Alain Juppé qui avait pourtant le meilleur programme, se fait battre. Giscard, Barre ou Balladur l'ont précédé, la faute à un tempérament qui ne les avantage pas pour faire campagne et défendre leurs propositions.

 

 

Quelques repères

Commencer à 23 ans par Le Monde vous pose la qualité d'un journaliste. Il travaillera plus tard également au Point et à Libération entre autres. Sa carrière à la télévision l'a vu animer ou participer à de nombreuses émissions comme L'Heure de vérité, 100 minutes pour convaincre, Cartes sur table ou Mots croisés. Il a aussi animé deux débats du second tour de l'élection présidentielle. Il est en parallèle une référence de la chronique ou l'édito politique à la radio, d'abord sur Europe 1 durant 25 ans et à RTL depuis 1999. Essayiste et historien de la politique, il a écrit plus d'une quinzaine d'ouvrages et a été élu en 2012 membre de l'Académie des sciences morales et politiques.

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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 08:44
Livres élections présidentielles

Voici une sélection de livres parus à l'occasion de l'élection présidentielle, d'abord ceux des candidats qui ont pris la plume à cette occasion, puis des essais de journalistes ou spécialistes du monde politique :

 

Emmanuel Macron - Révolution - Xo éditions.

Le fondateur du mouvement En Marche raconte pour la première fois son histoire personnelle, ses inspirations, sa vision de la France et de son avenir. Un livre fort, singulier, qui pose les fondements d’une nouvelle société.

 

François Fillon - Faire - Albin Michel.

A travers le récit de sa vie politique, d'une analyse de la situation et du monde qui nous entoure, le candidat Les Républicains trace les lignes d'un projet pour replacer la France en tête.

 

Jean-Luc Mélenchon - L'avenir en commun - Seuil.

Le candidat de la France insoumise propose de construire un programme dicté par des choix dans l'intérêt général humain, et non sous l'emprise de la peur et du chacun pour soi, pour changer l'histoire de notre pays.

 

François Bayrou - Résolution française - Editions de l'Observatoire.

Le président du Modem va droit à l’essentiel des choix à faire pour notre avenir en n’éludant aucun des problèmes qui inquiètent les français, avec des réponses de fond pour que le pays prenne un nouveau départ.

 

Nicolas Dupont-Aignan - France lève-toi et marche - Fayard.

Le candidat de Debout la France raconte sa rupture définitive avec la classe politique traditionnelle, son parcours, et nous livre son projet pour sortir la France de la crise et régler les problèmes des Français.

 

François Midon - Les raisons de la colère des français vues d'en bas - Melibee.

Simple citoyen retraité de 67 ans, fils d'agriculteurs, il a passé sa carrière dans le monde de l'entreprise. François Midon, passionné par la chose politique, a rédigé cet ouvrage dans le but d’apporter sa contribution, au renversement de l'ordre des choses où tout part du haut pour aller vers le bas, dans l'élaboration des programmes pour les prochaines élections présidentielles et législatives. Il veut rappeler ainsi que le politique a pour mission de servir le peuple et de contribuer à son bonheur.

 

Agnès Verdier-Molinié - Ce que doit faire le (prochain) Président - Albin Michel.

Directrice de la Fondation iFRAP, un think-tank qui évalue les politiques publiques, Agnès Verdier-Molinié trace une feuille de route. Plus qu’un programme, c’est une obligation morale de résultat. Elle démontre que la situation de la France est à haut risque, alors que nous avons pourtant toutes les clés pour éviter le mur en sortant de l’asphyxie fiscale et de la prolifération des normes et des lois.

 

Cécile Alduy - Ce qu'ils disent vraiment - Seuil.

Chercheuse à Sciences-Po et professeur de littérature à Stanford, Cécile Alduy analyse la logique du discours des politiques qui se disputent l'élection présidentielle de 2017. Selon elle, plus que jamais, la bataille des idées passera par celle des mots. Et celui qui imposera son propre sens de la "laïcité" ou de la "République" aura remporté une victoire idéologique, au-delà même des résultats électoraux.

 

Olivier Rouquan - En finir avec le Président ! Editions François Bourin

Politologue et enseignant-chercheur en sciences politiques, Olivier Rouquan questionne dans ce livre le suffrage universel direct institué par De Gaulle, qui aujourd'hui est une foire d’empoigne et répond de moins en moins aux attentes des électeurs. Selon lui, après trois quinquennats ratés, la revitalisation du parlement, l’extension du recours au référendum et une plus grande participation des citoyens à la décision semblent aujourd’hui plus nécessaires que jamais.

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Published by Michel Monsay - dans Livres
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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 08:15
Remarquable comédie amère sur la filiation

Le troisième long-métrage de cette réalisatrice allemande de 40 ans a suscité une rare unanimité de la presse lors du dernier festival de Cannes, et les américains s’apprêtent à en tourner un remake avec Jack Nicholson. Il faut dire que ce film est unique, il est un savant mélange de burlesque décalé, d’émotion contenue, de charge politique et sociale, avec en son cœur un amour filial difficile entre un père et sa fille, contrarié par une incompréhension autant générationnelle que due à une société néolibérale aliénante. La cinéaste installe le spectateur sur la même ligne de doute que les personnages, jouant ainsi sur la gêne que provoquent de nombreuses situations avec les facéties sans limites du père. Très exigeante, elle soigne les moindres détails pour être le plus réaliste possible et pouvoir se permettre des digressions fantaisistes. Sa caméra capte merveilleusement les non-dits sur les visages de ces excellents comédiens, notamment les deux principaux dont le jeu tout en nuances permet à leurs personnages de laisser transparaître des fêlures derrière la façade. Un homme d'une soixantaine d'années fait croire au facteur lui apportant un colis qu'il est destiné à son frère, et comme celui-ci sort de prison le paquet serait peut-être piégé ou contiendrait des objets érotiques. Toni, le soi-disant frère qui en réalité est le même homme affublé d'une perruque hirsute et d'un dentier ridicule, et que l'on va retrouver régulièrement tout au long du film, vient récupérer le colis et avoue à la fin au facteur la supercherie avec bonhommie en lui donnant un billet. On comprend vite que cet homme adore faire des blagues à longueur de temps, même si parfois elles peuvent avoir un but moins potache notamment avec sa fille, redoutable femme d'affaires travaillant pour un grand cabinet de conseil. Totalement imprévisible, ce film dérange, émeut, nous fait rire même si parfois le malaise n’est pas loin, questionne le sens de la vie, la définition du bonheur, et impressionne par son audace tant sur le fond que sur la forme. 

 

Toni Erdmann - Un film de Maren Ade avec Peter Simonischek, Sandra Hüller, ... - Blaq Out - 1 DVD : 19,99 €.

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