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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 07:52
Ombres et lumières orientales
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10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 08:00
Le Cotentin comme on l'aime
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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 08:30
Messieurs Pouliquen, Edwards et Vitoux
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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 08:00
Gourmandises de Noël
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3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 08:25
Pensifs
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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 08:49
« Seuls 43% des Français se déclarent heureux ou très heureux »

L’ancien Ministre de l’Education nationale du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, Luc Ferry, a toujours été adepte d’un franc-parler assez rare en politique. A 65 ans, le philosophe, entre conférences et interventions récurrentes dans les médias, continue d’analyser l’actualité sans langue de bois et de provoquer le débat en dénonçant ce qui lui paraît scandaleux.

 

Quelles sont selon vous les solutions concrètes pour faire baisser le chômage de manière significative ?

Luc Ferry - On a tout essayé, sauf ce qui marche. Allez voir sur le net les statistiques du chômage sur Eurostat et vous serez édifiés. Presque tous les pays ont réussi à « inverser la courbe », et ce pour une raison simple : il suffirait d’aborder enfin rationnellement le problème du marché du travail pour régler la question, comme l’ont fait la Suisse, l’Allemagne, la Hollande ou l’Autriche. Les solutions sont aussi simples que bien connues : une indemnisation du chômage fortement dégressive qui incite au retour à l’activité ; une nouvelle législation pour le travail indépendant, qui va se substituer peu à peu, au moins partiellement, au salariat ; une refonte des contrats de travail ; une flexibilité qui facilite l’embauche ; une réduction drastique du nombre de branches, mais aussi de l’emploi public ; la fin des 35 h, certains secteurs ayant besoin de 32 h, d’autres de 43 h ; et enfin, voire surtout car c’est le plus important, une formation professionnelle performante orientée pour l’essentiel en direction des chômeurs. Le grand scandale, c’est que sur les 32 milliards de la formation professionnelle, à peine 5 vont vers les chômeurs. L’Etat doit avoir le courage de se réapproprier cette manne pour la gérer enfin rationnellement. Je reconnais que ces mesures sont difficiles à faire passer, pénibles à certains égards, mais si on préfère le chômage, il faut le dire...

 

Pourquoi la France est-elle championne de la dépression alors que nous vivons dans un pays qui a tant d’atouts ?

L.F. - Selon une récente enquête publiée sur le site du « Point », les chiffres sont accablants. Seuls 43% des Français se déclarent heureux ou très heureux, contre une moyenne de 70% sur l’ensemble des 65 pays étudiés. Au total, la France se classe au 55ème rang, juste devant des Etats dont les situations sont incomparablement plus défavorables que la nôtre. Question toute simple : pourquoi un tel taux de pessimisme ? De nombreuses études ont avancé des hypothèses, mais la mienne est la suivante : notre société est obsédée par son rapport au temps, à l’histoire, comme en témoigne entre autres sa manie obsessionnelle des commémorations et des musées. Elle est habitée tout à la fois par le sentiment aigu de sa grandeur passée, comme par la conviction que son avenir ne peut être que diminué, amoindri.

 

Quelle est votre position sur la réforme de la déchéance de nationalité et comprenez-vous le débat qu’elle suscite ?

L.F. - Franchement, ce débat est sidérant ! Imaginez-vous une seconde que des types qui se font exploser pour tuer un maximum de gens autour d’eux ou qui ne se cachent même pas le visage pour tirer dans une foule soient stoppés par la perspective de la déchéance de nationalité ? Défendre cette mesure mordicus et, pire encore, vouloir la faire entrer de force dans la constitution est aussi ridicule que la critiquer avec une sainte indignation. Désolé, mais c’est pour moi, un non sujet.

 

Comment analysez-vous la montée du Front National dans la société française ?

L.F. - Le vrai ressort du FN, c’est l’impuissance publique. Tout à leurs obsessions tacticiennes, les partis traditionnels n’ont toujours pas eu le courage de dresser le bilan, il est vrai calamiteux, de leur impuissance face à l’insécurité, au chômage comme au sentiment de déréliction qui s’empare d’une frange croissante de nos concitoyens. Bien plus, ils continuent avec une obstination confondante, à ne rien comprendre aux motivations réelles qui animent les électeurs du Front national. Faute de saisir les causes véritables de la lame de fond qui porte le FN aujourd’hui à l’orée du pouvoir, ils sont incapables de lui répondre sérieusement. Inlassablement, ils évoquent la « peur », « l’inquiétude », voire « l’angoisse » de ceux qui votent pour les Le Pen sans percevoir qu’il s’agit de tout autre chose : d’une colère noire, pour ne pas dire d’une haine bouillonnante envers une classe de gouvernement  qui s’est montrée incapable de résoudre la question de l’emploi, alors qu’une réforme du marché du travail était à la fois urgente et possible, comme d’enrayer la montée de l’islamisme dans les banlieues. Où est passé le désormais célèbre « Kärcher » qui devait nettoyer les quartiers ? Qu’en est-il de la promesse solennelle d’inverser la courbe du chômage ? On n’a rien vu, rien de rien. Voilà ce que pensent, disent et même hurlent haut et clair les électeurs du FN. Il est temps de les entendre sur ces chapitres, même si les réponses proposées par le FN sont absurdes.

 

L’apparition de kamikazes sur le sol français complique forcément la capacité d’empêcher des attentats, est-on condamné à vivre en état d’urgence permanent ?

L.F. - Nous allons devoir entrer dans une société à l’israélienne, un monde où il nous faudra accepter très démocratiquement de rogner un peu de nos libertés au profit  d’un peu plus de sécurité. Cela fera hurler la gauche bien pensante, mais c’est inévitable, et quand un nouvel attentat aura lieu, ce qui arrivera quasi inévitablement, chacun comprendra qu’il faut bien s’y résoudre. C’est  pénible à dire, mais c’est  la vérité.

 

Que doivent faire les musulmans de France pour combattre l’islamophobie qui s’est amplifié après les différents attentats de 2015 ?

L.F. - Le problème est d’abord dans les têtes, et cela pose une question cruciale : ceux qui se revendiquent de l’Islam doivent-ils tout spécialement se désolidariser de Daech ? Est-ce à eux plus qu’aux autres de manifester contre la barbarie qui se réclame de leur religion ? Il y a quelques semaines de cela, le Conseil français du culte musulman a heureusement répondu par l’affirmative en invitant les 2500 mosquées de France à consacrer leurs prêches aux attentats. Il faut aller plus loin. Si des centaines de milliers de musulmans défilaient dans tout le pays contre les déviations fanatiques, en criant « not in my name ! » (pas en mon nom) comme certains musulmans l’ont fait aux Etats-Unis, la France entière serait derrière eux. A la fois soulagée et fière de ses compatriotes, elle applaudirait des deux mains. Le plus  inquiétant, aujourd’hui, c’est que cette conviction de bon sens ne soit pas partagée.

 

Que faut-il changer à l’école puis au collège pour minimiser l’échec scolaire et quel est votre sentiment sur la réforme des collèges ?

L.F. - L’actuelle réforme des collèges est réellement une catastrophe. Elle consiste, avec une espèce de rage folle, à casser tout ce qui marche, les classes internationales, les options latin et grec ou encore les bourses au mérite, au nom d’un égalitarisme particulièrement borné. Je suis désolé de le dire, mais c’est la réalité. Si on veut améliorer les choses, il faut commencer par l’école primaire. 35% de nos jeunes arrivent au collège en difficulté de lecture, c’est le problème numéro Un. C’est là qu’il faut mettre le paquet comme je l’avais fait en dédoublant les classes de cours préparatoire partout où c’est nécessaire, car 80% des enfants qui n’apprennent pas à lire au CP n’apprennent jamais à lire. Hélas, cette mesure qui donnait des résultats formidables a été supprimée quinze jours après mon départ...

 

                                                                                  

Quelques repères

Agrégé de philosophie et de sciences politiques, docteur d’Etat en sciences politiques, ancien ministre de la Jeunesse, de l’Education nationale et de la Recherche de 2002 à 2004, Luc Ferry est l’auteur de nombreux ouvrages traduits dans plus de 30 pays. Il est aujourd’hui chroniqueur au Figaro et à Radio Classique, mais aussi Président d'honneur du comité scientifique sur le numérique et le big data de l'Ecole Polytechnique d'Assurance. Parmi les conférences qu’il donne régulièrement, il y a les jeudis philo de Luc Ferry au théâtre des Mathurins où il propose à partir des grands auteurs, des instruments nécessaires à la compréhension de notre époque.

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28 janvier 2016 4 28 /01 /janvier /2016 08:22
Le voyageur immortel

Ancien conseiller culturel et plume de François Mitterrand, Erik Orsenna, a toujours partagé sa vie entre l’écriture et l’économie avec la même réussite. Prix Goncourt en 1988 et membre de l’Académie française dix ans plus tard, ses livres sont quasiment tous des succès. On connait moins ses compétences économiques, qu’il a apportées d’abord à ses élèves, puis à deux ministres, à de nombreuses entreprises et lors de conférences.

 

Après avoir écrit une biographie de Louis Pasteur sortie en septembre 2015, Erik Orsenna, qui occupe à l’Académie française le fauteuil du prestigieux savant, va être ambassadeur de l’Institut Pasteur le temps de quelques missions. Cela fait une dizaine d’années que l’écrivain s’intéresse de près à l’univers de la science, depuis qu’il s’est penché, lui le passionné de navigation, sur le phénomène du Gulf Stream pour en écrire un livre. Il ne va pas s’arrêter en si bon chemin puisqu’il travaille actuellement sur les maladies à vecteur, essentiellement transmises par les moustiques, avec toujours ce besoin de comprendre comment ça marche et de le partager avec son talent de raconteur. On dit souvent de lui qu’il a un secret pour s’emparer de sujets ardus et les rendre passionnants et compréhensibles au plus grand nombre, d’ailleurs les ventes de ses livres en attestent. La science pour autant ne l’accapare pas complètement, il sort en mars un roman autobiographique, « L’origine de nos amours », sur son père décédé il y a trois ans avec lequel ils se disaient : « Pourquoi avons-nous réussi tout le reste alors que nos amours sont des catastrophes ? »

 

La curiosité comme moteur

Erik Orsenna se revendique à la fois promeneur et curieux : « Le curieux prend soin du monde, écoute les autres, à l’inverse de l’indifférent qui se moque de comprendre les mécanismes de la vie et les êtres humains. » Ce curieux-là aime alterner les romans, les contes grammaticaux, les livres de reportage comme ceux sur le papier ou sur l’eau, et les biographies. Aussi étonnant que cela puisse paraître ce sont ses cinq livres sur la grammaire, démarrés en 2001 avec « La grammaire est une chanson douce » jusqu’à « La fabrique des mots » en 2013, qui ont rencontré le plus large public avec un million et demi d’exemplaires vendus. La liberté, élément essentiel pour lui, dont il a très vite bénéficié au cours de sa carrière d’écrivain est arrivé avec le prix Goncourt obtenu en 1988 pour « L’exposition coloniale », roman ample, drôle et ambitieux. C’est aussi l’un des plus grands moments de sa vie où en obtenant le prix littéraire le plus prestigieux, il assoit sa renommée. Cela dit, le roman qui a la plus longue vie, et se vend encore treize ans après sa sortie, est « Madame Bâ » dont une suite est parue en 2014, « Mali, ô Mali ».

 

De l’écriture à l’économie

Emerveillé par les histoires que lui racontait sa mère, Erik Orsenna a su très tôt que l’écriture serait sa colonne vertébrale. Dès huit ans, il écrit un petit journal familial qu’il vend à son entourage, à dix ans un premier roman, puis douze autres jusqu’au treizième qui est publié alors qu’il a 25 ans : « Je rêvais d’avoir plusieurs vies et j’ai vite compris que ce serait possible en racontant plein d’histoires, mais je ne voulais pas faire que cela pour avoir une liberté financière, et une richesse du regard en prenant le temps de voyager et être renseigné sur le monde. Comme je ne désirais pas être prof de ma passion, les lettres, après une licence de philo j’ai choisi l’économie. » Au moment de l’indépendance de l’Algérie en 1962 qui intervient après celle de nombreux pays africains, le jeune étudiant a 15 ans et s’intéresse de près aux rapports Nord-Sud. Deux ans plus tard, il milite au PSU dans l’espoir de changer ces rapports, et se spécialise au niveau de ses études dans l’économie du développement. Il devient prof et enseigne durant onze années. En avril 1981 il donne un cours sur les matières premières à la Sorbonne, et deux mois plus tard le voilà responsable de ces questions auprès du Ministre de la coopération.

 

L’homme qui voulait être Tintin

Sa double vie l’amène à être nommé conseiller culturel et plume des discours subalternes du Président Mitterrand, et d’ailleurs aujourd’hui encore son temps est partagé entre l’écriture et l’économie : « Je suis écrivain trois heures par jour, de 6 à 9, puis ma journée se compose de conférences, de conseil aux entreprises et je suis également actionnaire de cinq sociétés. » Sa passion des voyages, il est allé dans 94 pays, lui permet de nourrir ses écrits tout en effectuant des missions pour des entreprises. Il part la deuxième quinzaine de janvier dans le Mississipi pour aider la Compagnie nationale du Rhône à s’internationaliser, puis ira ensuite en Australie, en Amazonie, au Canada, au Cambodge et en Birmanie, en Sibérie puis en Chine sur les bords du fleuve jaune, tout cela d’ici le mois de septembre avec chaque fois un mélange de missions et de découvertes pour ses prochains livres.

Si l’on évoque ses souvenirs les plus marquants de cette vie de voyageur, il y a évidemment le Mali, son deuxième pays, avec la descente du fleuve Niger de Bamako à Gao, mais malheureusement il ne peut plus la faire à cause de la menace terroriste sur sa personne, due à ses écrits. Il y aussi l’éblouissement ressenti dans l’Antarctique en 2006 avec Isabelle Autissier durant sept semaines sur un voilier de 15 mètres, qu’ils ont retranscrit dans le livre « Salut au Grand Sud ». L’une des règles de vie fondamentales d’Erik Orsenna est de ne pas avoir de regrets aussi bien pour les voyages que pour le reste.

 

François Mitterrand

Dix ans après le Goncourt, autre grand moment dans la vie de l’écrivain le 28 mai 1998, lorsqu’il est élu à l’Académie française, ce qui représente à la fois un rêve et une continuité dans l’amour de la langue que lui a transmis sa mère. Mais avant ces deux sommets, il a vécu dès 1983 trois années magnifiques auprès de François Mitterrand, notamment lorsque le Président se confiait lors des déplacements en voiture : « Il avait une culture inouïe, le sens du récit, la drôlerie. Parfois il m’appelait pour me proposer par exemple d’aller discuter avec Michel Tournier. La culture n’était pas un dossier pour lui mais une nécessité, pour comprendre le monde il fallait être cultivé. C’est pour cela qu’il avait une telle profondeur, les hommes politiques d’aujourd’hui ricochent. » Fasciné par le personnage, Erik Orsenna était un des nombreux courtisans qui gravitaient autour de François Mitterrand, et avec le recul il aurait bien voulu être plus âgé à cette époque, il n’avait que 36 ans, pour lui parler plus librement. Naviguant toujours entre culture et économie, fin 1989 il devient conseiller auprès du Ministre des affaires étrangères, Roland Dumas, pour une période de trois années qui voit le monde considérablement changer, et où il écrit le fameux discours de La Baule pour le Président Mitterrand, dans lequel la France change sa politique africaine en conditionnant son aide au développement, aux efforts des pays africains vers la démocratisation.

 

De la transmission à la confiance

Après une enfance assez malheureuse avec des parents qui ne s’entendaient pas, mais qui lui ont transmis leur passion, Erik Orsenna a commencé à se sentir bien dans sa vie à 30 ans lorsqu’il reçoit le prix Nimier pour son deuxième roman, des mains d’un jury composé de prestigieux écrivains : « Ils m’ont ouvert les bras en me disant : tu es des nôtres. J’étais en larmes, et à partir de ce moment la confiance était là et tout est devenu plus facile. » Cependant, l’un des souvenirs les plus émouvants de sa vie est la présence de ses parents au premier rang lors de sa réception à l’Académie française, où il remercie son père de lui avoir fait cadeau de la mer et sa mère de la langue et de l’histoire de France.

 

Tourné vers les autres

Aujourd’hui à 68 ans, il se sent traversé par des sujets, des passions sans arriver à  se définir : « Je suis dans le projet, dans les rencontres, je suis fait des amitiés, des amours, mais ma petite personne je m’en fous complètement. Un écrivain parle pour les autres, il donne la parole à ceux qui ne l’ont pas. » Pour dessiner les contours de sa personnalité, il faut évoquer l’écoute, la gaieté, l’obstination et un besoin viscéral de liberté. Ses activités annexes au métier d’écrivain lui ont permis d’avoir cette liberté, notamment en étant membre du Conseil d’Etat durant vingt ans où il s’est passionné sur des questions, de droit, d’éthique ou de laïcité. Cette nécessité d’avoir plusieurs vies se concrétise à la fois dans toutes les histoires très différentes qu’il a racontées en tant qu’écrivain, dans tous ses rôles de conseiller auprès des entreprises comme au sommet de l’Etat. Mais aussi dans ce mélange de solitude d’écriture qu’il adore alterner avec l’effervescence d’un travail collectif, réalisé dans l’urgence avec une obligation de résultat, ce qui lui rappelle l’équipage en bateau, passion qu’il continue à assouvir régulièrement, de même que la petite dernière, le piano, arrivée il y a deux ans dans sa vie et qu’il n’abandonnerait pour rien au monde. 

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Published by Michel Monsay - dans Portraits
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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 10:40
Plein les yeux sans négliger la qualité

Cela fait 20 ans que l’excellente série télé a été transposée au cinéma pour la première fois. Ce cinquième volet est incontestablement le plus fidèle à la série tout en usant des technologies les plus modernes, en filmant des cascades ahurissantes, le tout dans une mise en scène élégante et délestée des artifices récurrents aux films d’action. Le réalisateur également brillant scénariste, notamment de Usual suspects pour lequel il a obtenu un Oscar, signe le script de ce volet à l’inverse des quatre autres cinéastes qui l’ont précédé. Le résultat est remarquable d’efficacité, d’ambition artistique, d’humour, à tel point que le sixième volet sera de nouveau écrit et dirigé par Christopher McQuarrie. De même l’actrice Rebecca Ferguson, troublante et impressionnante en alter ego de Tom Cruise, sera elle aussi de l’aventure. On a beau dire tout ce que l’on veut sur Tom Cruise, il n’en est pas moins impeccable dans ce rôle, d’autant qu’il exécute lui-même les cascades, et les autres comédiens participent pleinement au plaisir intense que le film nous procure. Les personnages semblent plus vulnérables, moins lisses, certains faisant preuve d’une certaine ambigüité, et le réalisateur joue habilement avec les faux-semblants et s’inscrit à plusieurs reprise sous l’influence d’Hitchcock. L’action démarre en Biélorussie où l’équipe de Mission impossible, chacun à son poste, tente d’empêcher des terroristes de décoller à bord d’un Airbus transportant un armement au gaz capable d’anéantir une capitale. Cette séquence d’ouverture à la fois drôle et stressante, comportant une cascade ébouriffante, donne le ton à cette mission, qui s’avère au fil des rebondissements bien plus complexe qu’à l’accoutumée, d’autant que la CIA veut dissoudre l’agence Mission impossible qu’elle juge incontrôlable. Cette superproduction américaine prouve s’il en était besoin qu’en choisissant des ingrédients de qualité, Hollywood est toujours capable de nous enchanter.

 

Mission impossible – Rogue nation – Un film de Christopher McQuarrie avec Tom Cruise, Rebecca Ferguson, Jeremy Renner, … - Paramount – 1 DVD : 17,99 €.

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Published by Michel Monsay - dans DVD
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22 janvier 2016 5 22 /01 /janvier /2016 07:31
Une enquête totalement envoûtante

Après un premier roman qui avait fait sensation en 2007, la romancière américaine surdouée Marisha Pessl a pris le temps de peaufiner son second, qui était forcément très attendu, pour nous offrir une merveille de thriller où la noirceur, le mystère et l’effroi sont parsemés avec virtuosité. A 38 ans, la ravissante américaine a décidément tout pour elle, son intelligence, son imagination nous éblouissent tout au long des 700 pages de ce roman, où elle crée de toutes pièces un cinéaste culte, sa filmographie d’une précision incroyable jusque dans les moindres détails, et son univers personnel très secret. Cet artiste charismatique, qui peut faire penser à Polanski, Kubrick ou Coppola mais en plus sombre, plus terrifiant, semble ne pas mettre de limite entre réalité et fiction dans sa vie. La romancière, en plus de son style qui nous rend très vite dépendants, de la construction impeccable de l’intrigue et de tous ses ressorts, renforce l’aspect réel de son personnage en incorporant des pages Internet plus vraies que nature, des photos et articles de presse qui participent à l’étrangeté de cette histoire fascinante. Un journaliste d’investigation, en faisant son jogging à 2 heures du matin dans Central Park à New-York, aperçoit une jeune femme mystérieuse qui ne semble pas être au meilleur de sa forme, puis la perd de vue avant qu’elle ne réapparaisse sur le quai du métro, mais après que les portes se soient refermées. Le journaliste, frustré, a la nette impression que la jeune femme voulait lui parler. Après ce prologue, nous apprenons que la fille du célèbre cinéaste, sur lequel le journaliste avait enquêté 5 ans plus tôt, ce qui lui avait coûté 250 000 dollars pour calomnie et avait ruiné sa carrière, a été retrouvée morte à 24 ans dans un entrepôt désaffecté. Nous sommes happés dès les premières lignes et la tension ne retombe quasiment jamais dans ce roman époustouflant, qui baigne par moment dans une atmosphère suffocante et nous entraîne dans l’univers inquiétant d’un artiste hors normes.

                                                                                                                     

Intérieur nuit – Un roman de Marisha Pessl – Gallimard – 710 pages – 24,90 €. 

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Published by Michel Monsay - dans Livres
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18 janvier 2016 1 18 /01 /janvier /2016 09:02
Sublime histoire d’amour

Même s’il tourne peu, Todd Haynes, réalisateur américain de 55 ans, est une figure majeure du cinéma indépendant. Il nous avait enchantés en 2003 avec « Loin du paradis », dont l’interprète principale Julianne Moore était éblouissante. Dans son nouveau film, une fois encore ses deux actrices nous fascinent tant par leur interprétation que par leur beauté. Cate Blanchett est assurément l’une des plus grandes comédiennes actuelles, et Rooney Mara, qui a reçu pour ce film le Prix d’interprétation au Festival de Cannes, livre une partition toute en subtilité. Indépendamment de leur talent, si les deux actrices brillent autant dans ce chef-d’œuvre d’élégance, elles le doivent aussi à la maestria du cinéaste et de son directeur de la photographie. Ils livrent eux aussi une partition proche de la perfection, dans les mouvements de caméra, les gros plans, les détails, la lumière. Adapté d’un roman de Patricia Highsmith, le film nous plonge dans l’Amérique des années 1950, dont la reconstitution est remarquable, Amérique puritaine, même s’il s’agit d’un pléonasme, qui considérait l’homosexualité comme une maladie mentale. Un homme arrive dans le bar d’un hôtel de luxe new-yorkais et remarque une jeune femme de sa connaissance qui est attablée avec une femme très élégante et un peu plus âgée. Il la rejoint et lui propose de l’accompagner à une soirée organisée par des amis communs. Elle accepte et durant le trajet en voiture se remémore la première rencontre avec cette femme qui était avec elle au bar. Dès les premières images de ce film inoubliable jusqu’à la dernière séquence, on est chamboulé par sa beauté visuelle, sa puissance émotionnelle, la finesse de son propos, et par un cinéaste au sommet de son art. Il est de ces films que l’on n’a pas envie de quitter, où l’on se sent si bien, où les personnages merveilleusement incarnés nous touchent tellement que l’on aimerait les suivre au-delà du générique de fin, celui-là en est la parfaite incarnation.

 

                                                                                                                     

Carol – Un film de Todd Haynes avec Cate Blanchett, Rooney Mara , Sarah Paulson, Kyle Chandler, …

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