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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 08:34
François Morel, humoriste, comédien et chanteur

Un rire bienveillant, parfois mordant

 

Depuis les Deschiens qui ont révélé François Morel, son univers n’a cessé de s’étoffer de même que son public, et même la presse est de plus en plus unanime. Avec ses spectacles d’une rare humanité, qu’il enchaîne depuis qu’il a quitté la troupe de Jérôme Deschamps, des pièces de théâtre, des films, sa carrière de chanteur, ses livres et ses chroniques radios, cet artiste très attachant est devenu incontournable.

 

Si l’on a connu François Morel dans un registre purement comique par le passé, il est certain qu’aujourd’hui il ne refuse plus l’émotion et s’inscrit dans un mélange des genres qu’il affectionne lui-même en tant que spectateur, et surtout qui lui va merveilleusement bien. Comme la période que nous vivons est dure et violente, il estime que les gens venant au théâtre ont besoin d’apaisement et a conçu ses deux derniers spectacles sur un mode plus empathique, où la tendresse et la poésie se mêlent délicieusement à l’humour. Depuis qu’il a entamé une carrière de chanteur en 2006 en écrivant évidemment lui-même ses textes, il a l’impression de se mettre un peu plus à nu.

Son humilité l’empêche d’accepter la parenté avec Raymond Devos qu’il considère comme un maître, même s’il reconnaît : « Je ne veux pas que mon humour soit cynique ni en dessous de la ceinture, j’ai envie que l’on puisse en rire sans en avoir honte. » Son dernier spectacle, Hyacinthe et Rose, correspond apparemment à une attente du public qui vient nombreux le voir au théâtre de l’Atelier à Paris (il sera ensuite en tournée en 2016) et semble touché : « Les gens me disent que le spectacle réveille leur imaginaire et leur donne envie d’évoquer leur propre enfance. »

 

La vocation du rire

Enfant secret aimant faire rire ses camarades, il nous explique qu’au fond il n’a pas tellement changé : « Le rire a longtemps été mon rapport aux autres, l’âge venant pas seulement, mais je ne pourrai pas me passer du rire, c’est une forme de politesse d’essayer de mettre de l’humour dans les spectacles. » Sa vocation est donc née très tôt lorsqu’enfant il était fasciné par les humoristes et les chanteurs, puis en montant des petits spectacles avec ses copains. Ensuite, il intègre l’école nationale de théâtre de la rue Blanche à Paris, en se disant que ce serait long pour réussir n’ayant pas un physique de jeune premier, il s’identifie alors à Jean Rochefort ou Jean-Pierre Marielle. Cela ne l’empêche pas de commencer à écrire des sketches avec Marina Tomé, ils se produisent pour des comités d’entreprise ou dans des petites salles comme celle de Saint-Georges des groseilliers dans l’agglomération de Flers en Normandie, la commune de son enfance.

Il se présente à des castings et obtient un rôle dans une pièce avec Robert Hirsch et Darry Cowl, puis dans Napoléon avec Serge Lama, avant que Jean-Michel Ribes lui confie le personnage d’Alfred le groom dans la série télévisée Palace diffusée sur Canal + puis sur Antenne 2. Sachant que François Morel écrit des sketches, le metteur en scène lui demande d’en écrire pour son personnage : « Cela a contribué à me donner un peu d’assurance. La série n’a pas marché tout de suite, sans doute trop novatrice, elle était vraiment en rupture avec ce qui se faisait à l’époque. C’est après que l’on en a beaucoup parlé. »

 

La troupe des Deschiens

Autre rencontre très importante dans sa carrière, celle avec Jérôme Deschamps dont il va faire partie de la troupe durant dix ans : « Avec lui, j’ai appris à prendre l’humour au sérieux, les spectacles étaient à la fois drôles, burlesques et très exigeants. Pendant les périodes de répétition, le travail d’improvisation était très libre et ouvert, puis quand le spectacle démarrait il devenait une machine de guerre, c’était très écrit. Il y a chez Jérôme Deschamps une intelligence de la scène, avec une volonté de ne pas appuyer ou souligner les choses pour laisser de la place à l’imaginaire du spectateur. » Outre les spectacles sur scène, la troupe de Jérôme Deschamps se fait connaître du grand public avec les Deschiens, série de sketches diffusée sur Canal dès 1993. Pour François Morel, acteur central de cette série, les Deschiens n’ont jamais eu un caractère sociologique à ses yeux, il s’agissait juste de forcer un peu le trait : « Les sketches faisaient plutôt rire les gens de chez moi dans l’Orne, par contre certains parisiens étaient choqués, en particulier ceux qui avaient de la condescendance pour les gens de la campagne. » Parmi les plus fameux, le comédien évoque celui où il reproche à son fils de préférer lire Marguerite Yourcenar plutôt que les mémoires de Poulidor, celui sur les autoroutes de l’information ou un autre sur le chanteur d’opéra. Jamais écris à l’avance, juste des idées lancées avant de tourner, les comédiens improvisent face à la caméra et affinent le sketch en quelques prises.

 

Une carrière protéiforme

Le succès rencontré par les Deschiens propulse François Morel dans une autre dimension, qui lui permet d’enchaîner ses propres spectacles, des rôles au théâtre, au cinéma et dans des téléfilms. S’il a tendance à privilégier son univers et ses mots sur scène en essayant chaque fois de se renouveler, cela ne l’empêche pas de vivre de grands moments théâtraux comme Les diablogues de Roland Dubillard qu’il joue avec Jacques Gamblin, ou Le bourgeois gentilhomme dans le rôle-titre mis en scène par Catherine Hiégel. Il aime aussi le cinéma lorsque son emploi du temps le lui permet : « C’est une autre manière d’aborder l’art dramatique, qui n’est pas plus facile que le théâtre comme certains le disent. » Parmi les films qui lui tiennent à cœur, il y a la trilogie de Lucas Belvaux avec Un couple épatant dans lequel il tient le rôle principal aux côtés d’Ornella Muti, et ceux tournés avec Pascal Thomas, notamment L’Heure zéro d’après Agatha Christie où il est également en tête de distribution. Heureusement les réalisateurs ne le cantonnent pas qu’à la comédie et lui proposent parfois des personnages plus dramatiques, comme récemment Monsieur Paul qu’il vient de tourner pour France 2 où il joue Paul Touvier.

 

L’écriture, des spectacles aux chroniques radios

La période des Deschiens où il improvisait beaucoup de même que l’arrivée de l’ordinateur ont contribué à déstresser François Morel dans son rapport à l’écriture : « Je n’ai plus l’angoisse de la feuille blanche et en plus comme j’avais une obsession du propre en écrivant, chaque fois que je n’étais pas content d’une chose j’étais obligé de tout réécrire, alors que maintenant avec l’ordinateur c’est tellement simple. » En plus de l’écriture de ses spectacles, il régale les auditeurs de France Inter depuis 2009 tous les vendredis matin à 8h55 d’un billet drôle ou émouvant voire les deux, ou parfois cinglant sur certains sujets ou personnes qui le font sortir de ses gonds. Ses savoureuses chroniques écrites d’une très belle plume, véritable antidote à la morosité ambiante, sont également publiées sous forme de recueil, comme récemment « Je rigolerai qu’il pleuve », et peuvent l’inspirer pour créer un spectacle comme « La fin du monde est pour dimanche » qu’il rejouera en 2016 : « Il m’arrive d’être plus politique à la radio que sur scène, où je n’aime pas trop mettre des noms propres dans mes spectacles. » Au sein de la matinale de France Inter déjà très écoutée par ailleurs, les billets de François Morel sont attendus chaque vendredi par un nombre d’auditeurs sans cesse croissants, qui a rendu plus intime le rapport au public de l’humoriste. Bénéficiant d’une totale liberté, il aime surprendre chaque semaine passant d’une fantaisie pure à une indignation ou à un vibrant hommage comme ceux rendus en leur présence à Jacques Higelin, Catherine Deneuve ou Fabrice Luchini.

 

La détermination d’un passionné

Si à priori rien ne le disposait socialement et familialement à devenir artiste, il a dû faire preuve d’un certain entêtement pour y arriver, de même tout au long de son parcours il n’a jamais rien lâché pour mener à bien un projet. Amoureux de la chanson, il en écoutait beaucoup et a même songé étant jeune à se lancer dans une carrière, François Morel aura finalement attendu 2006 pour franchir le pas. Même s’il a pris goût à l’exercice et que cette nouvelle facette de son talent a été bien accueillie, il pense que le public ne vient pas pour entendre une grande voix mais plutôt une parole. Se retrouver sur scène est bien le moment que l’artiste a toujours préféré dans son métier, et à l’inverse ce qui l’ennuie : « Je pourrai dire la promotion mais ce ne serait pas poli. Parler aux gens est agréable dans l’absolu, mais la promotion est souvent condensée sur une courte période où on répète sans cesse la même chose, c’est un peu creux. »

Toujours attaché à son Orne natale où vit sa mère, François Morel est resté simple tant dans son comportement avec les autres que dans ses loisirs : « J’aime ramasser les feuilles dans mon jardin, même si ça me provoque des lumbagos, aller à la piscine, me promener, lire, voir des films, aller au resto avec des copains. » Après « Hyacinthe et Rose », il va enchaîner avec un nouveau spectacle en chansons mis en scène par la chanteuse Juliette, puis il partira en tournée avec « La fin du monde est pour dimanche ». Pour l’avenir, il aimerait développer l’écriture de chansons pour les autres, comme il l’a déjà fait pour Juliette Gréco ou Maurane : « Penser aux autres fait écrire différemment, c’est très agréable. » Sinon, un beau rôle au cinéma avec un grand cinéaste ne lui déplairait pas …

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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 08:29
Nicolas Hulot, Envoyé spécial du Président de la République pour la protection de la planète

 

« Sortez de votre indifférence, ne regardez pas le monde se défaire derrière vos ordinateurs »

 

Devenu écologiste au fil des expériences et des rencontres que son métier de journaliste globe-trotter lui a procurées avec son émission Ushuaia, Nicolas Hulot alerte depuis 25 ans avec sa Fondation sur l’urgence d’agir pour éviter une catastrophe écologique. A quelques jours de la COP 21, il en remet une couche pour que ce rendez-vous essentiel soit une réussite.

 

Pourquoi lancez-vous un appel citoyen à quelques jours de la COP 21 ?

Nicolas Hulot – Sans une très forte mobilisation citoyenne en France, pays hôte de la conférence, mais aussi dans le monde entier, je crains que les politiques ne soient pas à la hauteur. La responsabilité exclusive du succès de la COP 21 appartient aux chefs d’état. Voilà pourquoi nous lançons un appel avec la Fondation pour la nature et l’homme afin de demander aux citoyens d’adresser par le biais des réseaux sociaux et en signant l’appel, un message direct, radical, exigeant, aux chefs d’état pour leur dire : osez, écrivez l’Histoire à Paris et transformez vos verbes en actions pour ne pas laisser passer cette petite fenêtre qui nous permet encore d’agir. Cet appel a pour destinataire principalement les chefs d’états des 15 pays qui représentent 70% des émissions de gaz à effet de serre, ou ont les capacités économiques pour se doter des instruments permettant de mettre en œuvre les objectifs, qui seront je l’espère actés à Paris. Il s’agit d’un appel à la transparence, à la vérité, à la précision, à la cohérence. Dans le petit manifeste que j’ai écris avec la Fondation, nous avons listé une feuille de route qui fait consensus pour tous ceux, notamment les économistes, qui se sont penchés sur les nécessités et les impératifs de basculer vers une économie bas-carbone, et sécuriser les promesses d’aides que nous avons vis-à-vis des pays les plus vulnérables, leur permettant de s’adapter au changement climatique qu’ils subissent d’ores et déjà.

 

Quels sont les enjeux de la crise climatique que nous traversons ?

N.H. - La crise climatique peut être une formidable occasion de penser le monde comme un immense espace de solidarité et elle nous y contraint, ou bien de nous entêter dans un modèle qui n’est plus la solution mais le problème et s’enfoncer dans la résignation. Aucun citoyen, où qu’il soit et quelles que soient ses difficultés quotidiennes, ne peut rester à l’écart de ce rendez-vous que l’Humanité a avec elle-même. Pourtant un sondage récent montre que seulement 13% des moins de 30 ans ont conscience de l’importance des enjeux. Je dis à ces jeunes : sortez de votre indifférence, ne regardez pas le monde se défaire derrière vos ordinateurs.  Au-delà des barrières culturelles, économiques, sociales, politiques que nous entretenons avec une gourmandise indécente compte-tenu de la situation, car il s’agit bien des conditions d’existence de l’humanité comme je l’ai entendu dans la bouche des chefs d’état à l’assemblée générale des Nations Unies, le constat unanime ne suffit plus. Jamais la mobilisation n’a été aussi forte, mais il faut passer maintenant à l’étape suivante en établissant une stratégie pour agir précisément. Tous les outils existent déjà, il manque juste une volonté collective et coordonnée.

N’oublions pas que les pays insulaires et les pays du Sud en général subissent les effets d’un phénomène qu’ils n’ont pas provoqué. Ce changement climatique étant la conséquence d’un modèle dont ils n’ont pas profité et parfois même qui s’est mis en place à leur détriment. Cette ultime injustice, dans un monde où les inégalités ne cessent de s’accumuler, peut provoquer une humiliation supplémentaire. La semaine prochaine, nous réunissons avec M. Le Drian un certain nombre de ministres de la défense pour rappeler qu’à Paris se joue aussi la stabilité du monde. Attention que le fatalisme des uns ne provoque pas le radicalisme des autres.

 

Qu’opposez-vous à ceux qui traînent les pieds voire qui sèment encore le doute ?

N.H. - Aujourd’hui, aucun état ne conteste la responsabilité humaine des changements climatiques, les faits sont probants et ceux qui continuent à semer le doute injurient les victimes. C’est avant tout pour eux que je me bats avec autant d’énergie, pour ces hommes, femmes et enfants du Sahel que j’ai rencontrés, poussés à l’exode par la désertification. Aussi pour cette femme au Maroc qui m’a chargé de rappeler aux dirigeants qu’ils vont décider à Paris de qui va mourir ou pas, ou cet homme aux Philippines qui avait échappé au typhon Haiyan et m’a dit qu’en se réveillant et en regardant autour de lui il avait regretté d’avoir survécu. Ce qui va se décider lors de la COP 21 n’est pas un enjeu optionnel, il va affecter pour le meilleur ou pour le pire tout ce qui a de l’importance à nos yeux.

Les états vont devoir s’engager chacun en fonction de ses capacités, et d’ailleurs souvent ceux qui ont les engagements les plus ambitieux sont déjà victimes des changements climatiques. Regardez le différentiel d’engagement entre l’Ethiopie et le Canada, il y a de quoi vous mettre mal à l’aise. Les grands émetteurs de gaz à effet de serre doivent, dès le sommet du G20 qui se tient en Turquie 15 jours avant la COP 21, parvenir à un accord sur le prix du carbone, pour que les investisseurs intègrent le risque carbone et basculent des milliers de milliards de dollars vers l’économie bas-carbone, ce qui la rendrait de fait compétitive.

 

Pourquoi est-il urgent de changer de modèle économique ?

N.H. - Comment voulez-vous que nous réussissions à rétablir les équilibres climatiques tant que nous serons dans des situations totalement schizophrènes ? Regardez la difficulté d’honorer les promesses de Copenhague pour aider les pays du Sud à hauteur de 100 milliards de dollars par an d’ici 2020, alors que dans le même temps nous continuons à allouer 650 milliards chaque année en subventions et exonérations aux énergies fossiles. Les états doivent impérativement basculer progressivement vers les énergies renouvelables. De même si l’on soumettait à une petite taxation insignifiante de 0,01%, les transactions financières et en particulier les produits dérivés spéculatifs, on obtiendrait quatre fois les 100 milliards dont on a besoin. Chaque année dans le monde nous émettons 50 milliards de tonnes de CO2, si nous fixions le prix de la tonne à 4 dollars, cela donnerait deux fois ce que l’on a promis aux pays vulnérables. Evidemment, certains me traitent d’utopiste mais elle est où l’utopie ? Elle est bien plus de penser que nous allons pouvoir vivre en paix en laissant se combiner la pauvreté et les conséquences des changements climatiques. Entre 2000 et 2020 la désertification accentuée par ces changements va pousser aux portes de l’Europe 60 millions de personnes, pensez-vous que la stabilité européenne économique, démographique et politique pourra y résister ?

 

Quelle est la place des écosystèmes dans ce combat ?

N.H. - Si nous continuons à laisser, avec une totale indifférence, nos écosystèmes partir en fumée, comme les 18 millions d’hectares de forêt dévastés en 2012, nous n’avons aucune chance de rétablir les équilibres climatiques. Il ne suffit pas de réduire nos émissions de gaz à effet de serre, nous devons réhabiliter les écosystèmes. Si nous voulons, comme le propose Monique Barbut, préparer la nourriture pour le milliard et demi d’humains supplémentaires d’ici 2050 et en même temps lutter contre la désertification, il faut réhabiliter les sols. Nous avons suffisamment de terres agricoles dégradées pour le faire, et ce serait la manière la plus efficace et la plus économique d’y parvenir.

 

La France est-elle exemplaire sur le climat et quelle est votre position sur le nucléaire ?

N.H. - La France n’est pas en situation de donner des leçons mais pas non plus en situation de rougir. Si tous les pays avaient déjà inscrit leurs propres engagements pour la COP 21, comme on l’a fait dans la loi sur la transition énergétique, ou s’étaient dotés d’une taxe carbone, je serais un peu plus rassuré. La France a pris aussi des engagements pour cesser ses crédits export au charbon, et même s’il y a encore des incohérences comme ces permis d’exploitation de gisement pétrolier, beaucoup de mesures vont dans le bons sens. Il faudrait également une réforme de la fiscalité, qui a trop tendance à taxer le positif comme le travail ou les produits vertueux plutôt que le négatif comme les impacts environnementaux ou les prélèvements des ressources naturelles.

Pour le nucléaire, notre pays s’est engagé, et j’y ai beaucoup contribué, à réduire à 50% sa part de nucléaire dans la production d’électricité d’ici 2025, ce qui historiquement, compte-tenu des choix énergétiques de la France, est une petite révolution. Au niveau mondial, le nucléaire ne peut être en aucun cas une réponse aux enjeux climatiques, pour la simple et bonne raison qu’il faudrait construire une centrale tous les 15 jours pendant 50 ans, ce qui transformerait la probabilité d’un accident majeur en certitude.

 

                                                                                  

Quelques repères

Après avoir commencé sa carrière comme photoreporter, il bifurque vers le journalisme et l’animation, d’abord à France Inter puis à la télé. En 1987, il crée sa fameuse émission Ushuaia sur TF1 où il est acteur d’aventures qu’il fait vivre aux téléspectateurs. Durant 25 ans, il parcourt le monde pour montrer les merveilles de la nature mais aussi sa fragilité. Dès 1990, il décide de mettre sa notoriété qui ne cesse de croître au service de la protection de l’environnement en créant sa fondation. Son combat n’a jamais cessé et en 2012 François Hollande le nomme envoyé spécial pour la protection de la planète. A 60 ans, il est un acteur international incontournable sur l’urgence climatique.

 

A lire : Osons de Nicolas Hulot – 93 pages - 4,90 €.

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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 08:28
On aurait bien besoin d'une magicienne en ce moment
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15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 09:11
Larguer les amarres et partir très loin de la bêtise humaine
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13 novembre 2015 5 13 /11 /novembre /2015 08:52
Joli coup de crayon
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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 09:28
Une histoire de fou

Contre l’oubli

 

Il nous a souvent touchés avec ses histoires marseillaises dans le quartier de l’Estaque, comme celle de Marius et Jeannette, mais ici Robert Guédiguian prend une autre direction en rendant un vibrant hommage au peuple arménien dont il est originaire. Dans Le voyage en Arménie réalisé il y a 9 ans il nous laissait entrevoir l’état du pays aujourd’hui, alors que dans Une histoire de fou, le cinéaste explore les conséquences du génocide arménien à travers plusieurs générations. A travers des personnages forts, bien interprétés, un scénario intelligent, le film traversé par une tension quasi permanente questionne les notions de vengeance, de justice, de mémoire, de pardon, de violence terroriste, avec en toile de fond le génocide dont  l’état turc a toujours nié sa responsabilité depuis 100 ans. Le réalisateur filme avec justesse les doutes des uns, les comportements inattendus des autres ou l’aveuglement de certains. A Berlin en 1921, un jeune homme attend fébrilement sur un banc avec une arme dissimulée sous un journal plié en deux. Un dignitaire sort d’un immeuble cossu, le jeune s’avance et l’abat. Au procès, nous apprenons que le tueur est un jeune arménien, dont la famille a été entièrement exterminée lors du génocide perpétré par la Turquie quelques années plus tôt, et que la victime est l’un des principaux responsables de ce génocide. Le jury populaire, les magistrats allemands, la presse et du coup l’opinion internationale découvrent les horreurs des massacres par le récit du jeune homme et les témoignages qui se succèdent. Ce prologue édifiant donne le ton à ce film passionnant qui nous plonge au cœur du petit peuple arménien, dont les rescapés ont fui leur terre et se sont battus chacun à sa manière au sein de nombreuses diasporas pour continuer à exister. En suivant le parcours de personnages très différents qui incarnent tous les aspects de la cause arménienne, de ses combats et de leurs conséquences, le cinéaste avec une remarquable objectivité, loin de tout communautarisme, réussit à rendre son histoire universelle tout en donnant un écho impressionnant à la quête de justice de son peuple.

 

 

Une histoire de fou – Un film de Robert Guédiguian avec Ariane Ascaride, Simon Abkarian, Grégoire Leprince-Ringuet, Syrus Shahidi, Robinson Stévenin, …

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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 08:27
John Grant – Grey tickles, black pressure

Une pop grandiose mi-romantique mi-électro

 

Après dix ans au sein d’un groupe de rock alternatif, cet artiste américain de 47 ans, vivant aujourd’hui principalement en Islande, donne réellement la pleine mesure de son talent depuis cinq en s’étant lancé dans une carrière solo avec un très beau premier album. Son troisième qui vient de sortir est une petite merveille de créativité, où John Grant alterne des ballades d’une suavité qui nous envoûtent littéralement et des morceaux d’une folle originalité électronique qu’il intègre à une pop-rock aux tempos plus ou moins appuyés. Qu’elle soit romantique ou plus cadencée sa musique est toujours d’une belle richesse, avec cordes et cuivres qui se mêlent opportunément à des instruments électriques voire électroniques sur des mélodies souvent d’une grande beauté. N’hésitant pas sur un même morceau à changer de rythme ou d’univers sonore, les 14 chansons de cet album qui ne ressemble à aucun autre insufflent en permanence le chaud et le froid pour nous laisser au final le sentiment d’avoir vécu une expérience musicale irremplaçable. D’autant que la voix de cet artiste hors normes est indiscutablement l’une des plus belles de la pop d’aujourd’hui, elle nous prend aux tripes qu’elle soit d’un velouté de grave à frissonner ou d’une étonnante profondeur dans les octaves intermédiaires. Ancien toxicomane autodestructeur et homosexuel séropositif qui a grandit dans un Colorado conservateur, ce polyglotte nous raconte sa vie depuis son premier album avec humour, beaucoup de recul et des textes parfois assez cinglants. Aujourd’hui apparemment un peu plus apaisé dans sa vie, il nous offre une superbe collection de chansons écrites et composées par un artiste qui a atteint la quintessence de son art, porté par une voix sublime.

                                                                                                                      

John Grant – Grey tickles, black pressure – PIAS Bella Union – 1 CD : 14,99 €.

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6 novembre 2015 5 06 /11 /novembre /2015 07:59
La bataille de la montagne du tigre

Plein les yeux

 

Figure majeure du cinéma d’action hongkongais des années 80 et 90, Tsui Hark a réussi le difficile pari de garder sa liberté de création tout en s’associant depuis 5 ans avec une grosse société de production chinoise. Une sorte de renaissance pour ce surdoué, qui à 64 ans, avec des moyens dignes d’un blockbuster hollywoodien, signe une œuvre qui mêle classicisme et modernité avec maestria. En adaptant un roman et un opéra révolutionnaire chinois inspirés de faits historiques survenus en 1946, dans le Nord-est de la Chine en pleine guerre civile après la capitulation du Japon, le cinéaste délaisse un temps les films de kung-fu et de combats aériens au sabre pour un somptueux film d’aventures guerrières. Hommage aux 7 samouraïs de Kurosawa mais aussi aux films hollywoodiens de la grande époque, cette fresque spectaculaire admirablement filmée regorge d’inventivité dans sa mise en scène. Si le film met en avant des héros ordinaires et véhicule des bons sentiments, le talent, l’humour et la démesure de Tsui Hark nous emportent vers des horizons inexplorés en la matière. Avant de décoller pour Pékin, un jeune chinois fête son retour au pays avec ses amis dans un appartement cossu de Chinatown à New-York. Au milieu du karaoké, un de ses camarades glisse un bout de film sur un opéra de Pékin qui semble rappeler des souvenirs au jeune homme. Dans le taxi qui l’amène à l’aéroport, il visionne sur sa tablette cet opéra intitulé La mort du tigre, et par la magie du cinéma nous voilà transposés au cœur d’une forêt enneigée du Nord-est de la Chine en 1946, où une escouade d’une trentaine de soldats vient tenter de s’opposer aux bandits qui mettent la région à feu et à sang. Ce film aux décors et lumières magnifiques nous entraîne au plus près de ce combat des bons contre des méchants haut en couleurs, dans un spectacle total et virtuose dont on ne perd pas une miette.

 

                                                                                                                     

La bataille de la montagne du tigre – Un film de Tsui Hark avec Zhang Hanyu, Lin Gengxin, Tony Leung Ka Fei, … - Metropolitan – 1 DVD : 14,99 €.

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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 07:43
Hédi Kaddour - Les prépondérants

Magistrale fresque d’un Maghreb colonial qui se fissure

 

Prix Goncourt du premier roman en 2006, Hédi Kaddour est un jeune romancier de 70 ans qui nous offre aujourd’hui l’un des plus beaux textes de la rentrée, couronné par le Grand prix du roman de l’Académie française. Egalement poète, ce professeur agrégé de lettres a passé sa vie à enseigner la littérature française et l’écriture au sein de grandes écoles comme Sciences-Po ou l’Ecole normale supérieure. Avec ce magnifique nouveau roman, il nous plonge dans le Maghreb des années 1920 sous protectorat français, mais aussi dans l’Allemagne humiliée qui se remet difficilement de la défaite et de la présence française arrogante et quasi colonisatrice sur son sol, donnant ainsi du grain à moudre au nationalisme naissant d’un certain Hitler. Ou encore dans l’Amérique hollywoodienne qui hésite entre puritanisme et liberté des mœurs. Il s’agit bien d’un roman-monde d’une ampleur remarquable, où des femmes commencent à se faire entendre chacune à la mesure du pays où elle vit, où des colonisés commencent à rêver d’indépendance, où des colons s’agrippent sans états d’âme à leurs privilèges. Plusieurs protagonistes de même importance, français, arabes, américains, se côtoient plus ou moins intimement dans ce roman passionnant, témoin d’un choc de cultures, de mœurs, de convictions, mais aussi d’histoires d’amour consommées ou silencieuses. En 1920 dans la capitale du Maroc ou de la Tunisie, l’auteur ne le précise pas, nous faisons la connaissance d’une jeune et jolie veuve revenue vivre chez son père, grand bourgeois et ancien ministre du Souverain, après la mort de son mari sous un obus en Champagne quatre ans plus tôt. Cette femme érudite, en avance sur son temps et qui refuse de se soumettre à la loi des hommes, part diriger la propriété de 900 ha de son oncle dont la femme est gravement malade, près d’une petite ville du Sud. Après le décès de celle-ci et de son mari quelque mois plus tard, la jeune femme convainc son père de la laisser régir ce domaine agricole assez lucratif, pour continuer cette vie qui lui convient parfaitement. Elle se prend au jeu et cherche à s’agrandir mais un colon qui est le plus riche propriétaire de la région obtient la parcelle qu’elle voulait acquérir. En assistant au procès de paysans émeutiers qui voulaient défendre leurs terres, elle fait la connaissance d’une journaliste parisienne. Rapidement d’autres personnages s’ajoutent à la trame, notamment un brillant bachelier, fils du chef militaire local ainsi qu’une actrice américaine et son mari réalisateur venus tourner un film d’aventures exotiques avec toute leur équipe. Cette arrivée fait basculer ce roman époustouflant dans un monde où les certitudes des uns se lézardent, et où les autres apprennent à se connaître dans la confrontation ou la séduction.

 

                                                                                                                      

Les prépondérants – Un roman de Hédi Kaddour – Gallimard – 460 pages – 21 €.

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2 novembre 2015 1 02 /11 /novembre /2015 08:53
Le Rhône et Blue champagne à Versailles
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