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Portrait sans concession et d'une grand beauté d'un génie

Publié le par Michel Monsay

Portrait sans concession et d'une grand beauté d'un génie

L’ambition d’Andreï Konchalovsky pour concevoir Michel-Ange est immense : comment élucider les tourments d’un artiste hors du commun, dont l’art sublime a perduré jusqu’à nous ? Avec ce vingt-quatrième long-métrage, le cinéaste russe inclassable de 83 ans, qui travailla longtemps avec Andreï Tarkowski et fut proche de Pier Paolo Pasolini, offre une réponse personnelle, une vision spectaculaire, dont la beauté est omniprésente. S’entourant d’historiens spécialistes de la Renaissance, huit années auront été nécessaires à la réalisation de ce film, dont le spectateur découvre, dès les premières images, le très haut niveau d’exigence. La reconstitution historique est en premier lieu renversante. Chaque plan ressuscite la magie de la Toscane d’alors, telle une succession de tableaux vivants invitant à la contemplation. Le film puise dans le néoréalisme italien pour retranscrire au plus juste l’essence et l’authenticité du peuple italien de la Renaissance à travers le parcours fiévreux de Michel-Ange, le cinéaste faisant de cet artiste virtuose, un être pauvre et crasseux. Sa violence est à la mesure de sa sensibilité, de sa fougue créatrice et de son opportunisme. Alberto Testone, choisi par le cinéaste pour sa ressemblance stupéfiante avec le maître, lui confère une présence impressionnante, un visage émacié et un regard profond, souvent halluciné. Loin du biopic traditionnel, ce très beau film excelle dans une mise en scène dépouillée et minimaliste, mis à part quelques séquences d'anthologie, et la photographie semble elle-même issue des œuvres picturales de l’époque.

Publié dans Films

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Une belle exposition dans un lieu idyllique

Publié le par Michel Monsay

Une belle exposition dans un lieu idyllique

Le savoir-faire de Paul Durand-Ruel était de dénicher de jeunes talents et de promouvoir leurs œuvres dans les plus grandes galeries d'art du XIXe siècle. C'est en partie grâce à lui que le mouvement impressionniste a pu être reconnu et apprécié. En revanche, on ignore généralement qu’il a apporté le même soutien indéfectible à cinq peintres de la génération post-impressionniste : Henri Moret, Maxime Maufra, Gustave Loiseau, Georges d’Espagnat et Albert André. Le propos de l’exposition est de réparer cette injustice, en présentant des toiles très rarement exposées, mais révélatrices du grand art de ces peintres. La propriété Caillebotte a donc décidé de rendre hommage à ce marchand d'art au flair incomparable, en organisant  cette exposition, à découvrir du 19 mai au 24 octobre 2021. L'autre plaisir à se rendre à la propriété Caillebotte à Yerres est le très beau parc de 11 hectares dans lequel on peut se promener, et cerise sur le gâteau, un jardin potager de rêve avec toutes sortes de légumes, plantes, herbes aromatiques et fleurs.

Voici quelques photos de l'exposition, du parc et du potager :

Une belle exposition dans un lieu idyllique
Une belle exposition dans un lieu idyllique
Une belle exposition dans un lieu idyllique
Une belle exposition dans un lieu idyllique
Une belle exposition dans un lieu idyllique
Une belle exposition dans un lieu idyllique
Une belle exposition dans un lieu idyllique
Une belle exposition dans un lieu idyllique
Une belle exposition dans un lieu idyllique
Une belle exposition dans un lieu idyllique

Publié dans Expos, Photos

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Une fantaisie tendre et caustique quelque peu désenchantée

Publié le par Michel Monsay

Une fantaisie tendre et caustique quelque peu désenchantée

On avait beaucoup aimé "Au revoir là-haut" et "Neuf mois ferme", voilà pourquoi on attendait avec impatience le nouveau film d'Albert Dupontel, mais la crise sanitaire a interrompu sa carrière une semaine après sa sortie le 21 octobre dernier. Entre-temps, "Adieu les cons" a été plébiscité aux Césars où il en a récolté sept, dont celui du meilleur film et meilleur réalisateur, mais aussi celui du meilleur acteur dans un second rôle pour Nicolas Marié, le fidèle complice de Dupontel, qui est une fois de plus irrésistible. Avec la réouverture des cinémas, heureusement que les distributeurs et exploitants ont trouvé un accord pour donner une deuxième chance à tous les films stoppés à cause de la pandémie, et ce malgré tous ceux qui attendent pour sortir. Le cinéma de Dupontel s'est adouci en comparaison de ses premiers films, il est moins trash et beaucoup plus maîtrisé, et c'est tant mieux, tout en gardant des moments de folie dignes d'un dessin animé, et des savoureuses trouvailles visuelles. Dans un mélange de désenchantement et de romantisme, ce joli film nous offre autant de scènes hilarantes que d'autres toutes en émotion. Le cinéaste se sert de l'absurdité et de la déshumanisation de notre société pour élaborer le cadre de son film, dans lequel il plonge trois personnages victimes d'injustice sous différentes formes. Les comédiens sont tous excellents quel que soit le registre dans lequel ils interviennent, et nous entraînent dans cette cavale haletante sous forme de tragédie burlesque que l'on suit avec enthousiasme entre rire et larmes.

Publié dans Films

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Splendeur de la civilisation égyptienne

Publié le par Michel Monsay

Splendeur de la civilisation égyptienne

Parmi les sarcophages et les grands sphinx du département des Antiquités égyptiennes du Louvre se cachent de nombreuses pépites de plus petit format. Comme cet éblouissant pendentif au nom du roi Osorkon II de 9 centimètres de haut en or plein, lapis-lazuli et incrustations de verre rouge. Entouré de son épouse Isis et de son fils Horus à tête de faucon, le dieu Osiris siège au centre de cette amulette destinée à protéger le pharaon Osorkon II. Une merveille d’orfèvrerie, ciselée il y a près de trois mille ans !

Publié dans Chroniques

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La flamboyance intacte de Sylvain Tesson

Publié le par Michel Monsay

La flamboyance intacte de Sylvain Tesson

Menée par Daphné Roulier, cette interview de trente minutes est franche, directe et dense. Le dispositif lui-même dans la pénombre est d'une sobriété quasi monacale, et Sylvain Tesson se montre tout à la fois touchant, lucide, maniant l'humour et les aphorismes avec talent pour évoquer sa résilience.

Publié dans Chroniques

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L’imparable humour noir de Soulcié

Publié le par Michel Monsay

L’imparable humour noir de Soulcié

Publié dans Chroniques

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Tout est dit !

Publié le par Michel Monsay

Publié dans Chroniques

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Superbe paysage tourmenté du Greco

Publié le par Michel Monsay

Superbe paysage tourmenté du Greco

On ne connaît que deux paysages peints par le Greco : l’énigmatique Vue et plan de Tolède (vers 1610-1614) et cette Vue de Tolède (vers 1596-1600). Les autres vues de la ville où vivait le Greco, comme dans Le Saint Joseph et l’Enfant Jésus (1597-1599), sont des arrière-plans. Celle-ci est particulièrement curieuse, presque cézannienne. Le Greco y mélange les points de vue et, par conséquent, dans cette vue censée montrer l’est de la ville depuis un point situé au nord, on ne devrait pas voir la cathédrale, l’Alcazar devrait être ailleurs, le cours du Tage a été détourné et les reliefs accidentés exagérés. Il joue aussi avec les distances, révélant des détails que seul un œil proche devrait pouvoir distinguer. Comme Cézanne, il est partout à la fois : en haut de la colline, sur le pont, au pied des arbres, etc. Le sublime ciel d’orage restitue le sentiment de grandiose que cette perturbation météorologique suscite. Tout l'art du Greco dans ce magnifique paysage.

Publié dans Chroniques

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La magie de Cézanne

Publié le par Michel Monsay

La magie de Cézanne

On doit à Cézanne la réintroduction du crâne (en 1866 dans Crâne et chandelier), qui avait disparu au XVIIIe siècle, dans la peinture moderne. L’Aixois reprend à son compte la tradition de la vanité, apparue en Hollande vers 1620, mais lui retire toute signification métaphysique ou religieuse : le crâne est ainsi, à la fois rond comme une pomme (le sommet) et biscornu, baroque, tordu, irrégulier (la face). Dans ce tableau peint en 1898, conservé dans la fondation Barnes, près de Philadelphie aux États-Unis, le crâne est à la fois les fruits (ronds) et le torchon (biscornu). Cézanne le place au sommet d’une composition comprenant des pommes, des poires, un citron, une assiette et un torchon posés sur une table bancale au plateau impossible (l’alignement diffère de chaque côté du torchon). Le fond très sombre (verts, bleus, mauves, bruns) floral met en valeur – et en lumière – les ocres (table, crâne, et la curieuse ouverture triangulaire en haut à droite). Les fruits semblent en apesanteur, à la fois posés et aériens. Il y a toujours une puissante magie dans les natures mortes de Cézanne. En attendant, la réouverture tant espérée des musées, ces trois tableaux publiés depuis mercredi nous donnent encore un peu plus l'eau à la bouche, et nous rappelle que l'art est essentiel, n'en déplaise à certains.

Publié dans Chroniques

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L'art du portrait

Publié le par Michel Monsay

L'art du portrait

C’est un petit tableau, aujourd’hui au musée d’Orsay, qu’offrit en 1876 Manet à son ami Mallarmé afin de le remercier de l’article que le poète venait de publier dans une revue anglaise, The Art Monthly Review, le 30 septembre 1876. Ce texte intitulé Les Impressionnistes et Edouard Manet plaçait ce dernier comme le précurseur du mouvement. Les deux hommes s’étaient connus en 1873 et entretenaient depuis une relation étroite, parlant chaque jour de peinture et de littérature, bien sûr, mais aussi de mode féminine. La réalisation du tableau fut rapide, comme en témoigne la vivacité des coups de brosse. Un sentiment intense de vie s’en dégage, comme si Manet était parvenu à le peindre durant le temps que prit Mallarmé à fumer son cigare. Un « curieux tableautin » disait avec pudeur le poète. Où « rayonne l’autorité de deux grands esprits », ajouta Georges Bataille.

Publié dans Chroniques

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