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29 avril 2015 3 29 /04 /avril /2015 07:49
La pop envoûtante d’un groupe à la belle singularité

A la première écoute de cet album, on se dit que les anglais ont encore frappé avec un nouveau groupe à la pop imparable. Pourtant on se trompe doublement, d’abord puisqu’il s’agit d’une formation belge, qui chante dans un anglais irréprochable, ensuite Balthazar a déjà 5 ans d’existence et sort aujourd’hui son 3ème album. La Belgique nous offre régulièrement de très belles surprises musicales, et celle-ci est certainement la meilleure de ces dernières années. Enregistré en Angleterre avec des producteurs qui ont travaillé avec des groupes prestigieux, ce disque est indéniablement le meilleur de Balthazar, celui où leurs compositions plus instinctives que par le passé donnent la pleine mesure du talent de cette formation. Leur musique oscille entre une pop nonchalante qui se fait un peu plus rock par-ci, plus hypnotique par-là avec des touches électroniques, et toujours une qualité mélodique et un éclectisme enthousiasmant. Le groupe composé de 4 garçons et une violoniste doit aussi son originalité au duo d’auteur-compositeur, à l’image des Beatles ou des Stones, qui se partage aussi à part égale le rôle de chanteur leader, chose assez rare qui donne à Balthazar comme une double identité. On peut par moment penser à Arctic Monkeys, notamment quand Jinte Deprez l’un des deux chanteurs à la voix de crooner tient le micro, et lorsqu’il s’agit de Maarten Devoldere à la voix plus brute, plus rock, qui laisse trainer son phrasé nonchalamment, on pense davantage à Pete Doherty. Ce superbe album écrit entre un monastère et la vie en tournée, d’une concision bien appréciable avec ses 10 morceaux qui nous procure une belle palette d’émotions, est empreint d’une mélancolie, d’une élégance et d’une spontanéité qui nous font chavirer.

                                                                                                                     

Balthazar – Thin Walls – PIAS – 1 CD : 14,99 €.

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Published by Michel Monsay - dans Disques
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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 07:20
« La formation à la démocratie commence avec les enfants »

Boris Cyrulnik, neuropsychiatre, directeur d’enseignement et écrivain

 

Les nombreux ouvrages écrits par Boris Cyrulnik, où il explore admirablement l’âme humaine en mêlant la science à un vrai talent de plume, ont toujours rencontré un très large public. Ses travaux de neurologie et d’éthologie ont débouché sur les théories de l’attachement et lui ont permis de développer le fameux concept de résilience.

 

Quatre mois après, quel regard portez-vous sur les attentats, la marche républicaine et ce terrorisme qui se propage ?

Boris Cyrulnik - Les rassemblements du 11 janvier ont été un partage émotionnel digne sans agression ni slogan antimusulman. Ils ont empêché une réaction brutale aux attentats. Cela dit, ces attentats ont été interprétés de manière différente par les uns et les autres, notamment Marine Le Pen qui a sauté sur l’occasion pour renforcer son discours anti-immigration. Le terrorisme a toujours existé, même dans l’Antiquité, car c’est un moyen très avantageux de faire la guerre et d’imposer ses idées en sacrifiant très peu d’hommes, à condition qu’ils meurent de manière spectaculaire pour induire un climat de terreur. Aujourd’hui, le terrorisme est l’arme d’une minorité qui utilise l’islam à des fins totalitaires, alors que l’immense majorité des musulmans n’a rien à voir avec ces gens-là.

Au Moyen-âge, il y avait les Berserk en Europe du Nord qui avaient pour mission de tuer le plus de gens possible pour gagner le paradis, de même au XIXe siècle en Extrême-Orient avec la course de l’amok. Dans les deux cas l’épidémie s’est éteinte lorsque les autorités religieuses ont expliqué que ce n’était pas un moyen de gagner le paradis. Puisqu’aujourd’hui c’est au nom de l’Islam que ces actes sont commis, peut-être s’arrêteront-ils lorsque les responsables religieux musulmans énonceront la loi musulmane, en disant que ce n’est pas comme cela que l’on sert Allah. Je pense qu’ils ont du mal à le faire parce qu’il y a plusieurs islams et pas de hiérarchie comme dans la religion catholique. Il faudrait créer une université coranique en Occident, où des autorités musulmanes diraient clairement que le terrorisme n’appartient pas à l’Islam.

 

Quelles sont les racines de ce terrorisme et pourquoi des jeunes français sont-ils candidats à cette barbarie ?

B.C. - Dès qu’un pays est en détresse, les sectes accourent pour vendre aux gens une idéologie facile : Engagez-vous pour nous et vous irez au paradis. Comme ces gens sont malheureux, ils acceptent et meurent en souriant ou sont exploités. Boko Haram, c’est la victoire d’une secte, mais il y a aussi des pays du Proche-Orient qui sont gouvernés par des politiciens sectaires qui utilisent l’Islam pour imposer leur loi. Quand on est en détresse, on a besoin d’un bouc émissaire, et les boucs émissaires parfaits ont toujours été le juif, le fou et l’étranger. Actuellement, on voit réapparaître un antisémitisme qui trouve un terrain favorable notamment en France, où des jeunes déculturés qui se disent musulmans se laissent convaincre d’assassiner des enfants juifs dans des écoles, ou tuer des gens au hasard dans un supermarché casher.

Ces jeunes qui sont candidats au terrorisme, parmi lesquels on trouve des chrétiens dont les familles sont stupéfaites de voir leurs enfants se convertir à l’islam avec le désir de mourir, ont avant tout un désir d’engagement. Ils arrivent à l’âge où un adolescent a besoin de s’engager sexuellement et socialement. Hors dans notre société, les jeunes sont de mieux en mieux élevés, même ceux-là, mais il y a une défaillance pour provoquer leur engagement. Intellectuellement, ils sont plutôt bons mais ils n’ont pas d’indépendance sociale avant l’âge de 25-30 ans, donc ils flottent. Alors qu’ils auraient besoin d’intensité, qu’elle soit émotionnelle, sexuelle, religieuse ou sociale. Ces jeunes sont perdus, ils n’ont pas de travail, ne font pas d’études et deviennent des proies pour les sectes et autres organisations terroristes, qui leur proposent de s’engager dans l’islam. L’escroquerie consiste à les convaincre de mourir pour qu’Allah soit encore plus grand. Cette escroquerie révèle les manquements de notre société, qui laisse ces adolescents flotter et ne leur permet pas de s’engager.

 

Quel est votre sentiment sur le projet de loi sur le renseignement que certains jugent dangereuse pour nos libertés ?

B.C. - Je rentre de New-York, qui était il n’y a pas si longtemps une ville dangereuse, où l’on se promène aujourd’hui dans pratiquement tous les quartiers en toute sécurité. La raison : augmentation des caméras et des renseignements généraux. Cependant, le fond du problème est ailleurs, il faut éduquer les jeunes, les adultes, empêcher le communautarisme, renforcer les rencontres entre religions. Cela dit, comme il y aura d’autres attentats, si les responsables politiques ne font rien aujourd’hui, on le leur reprochera. Internet est une atteinte beaucoup plus grave à nos libertés que les renseignements généraux et les caméras. On peut bien me filmer, je m’en moque éperdument, je n’ai rien à me reprocher, alors qu’Internet, qui est un merveilleux outil de communication, peut se transformer en boite à ordures. Quelqu’un lance une rumeur infondée, absurde, et il y a toujours des gens qui viennent la confirmer, il y a là un réel danger. Internet est aussi le principal outil des organisations terroristes pour recruter des jeunes sans repères.

 

Que retenez-vous des rapports rendus au Président de la République sur l’engagement républicain ?

B.C. - La formation à la démocratie commence avec les enfants. Il faut renforcer l’autorité tout en donnant aux enfants un lieu pour la contester. L’interdit n’est pas l’empêchement. Il faut par ailleurs lutter contre l’élitisme. Lorsque j’ai fait médecine, 13% des étudiants étaient des enfants de pauvres, aujourd’hui ils ne sont que 2%. La sélection se fait par le quartier et par l’argent, il faut donc mettre des profs et des grandes écoles dans tous les quartiers. Quant à l’abstention, elle est provoquée par le comportement des politiques. A l’Assemblée Nationale par exemple, lorsque quelqu’un prend la parole, les députés poussent des cris d’animaux comme dans une classe avec des sales gosses. Dans ses conditions, comment voulez-vous que les gens s’intéressent au débat politique ?

 

Y-a-t-il une solution pour mettre fin au drame des migrants ?

B.C. - Ces gens-là sont désespérés et agressés en permanence, ils sont exploités par leur famille, par les passeurs, puis par le pays d’accueil. Les familles des migrants africains se cotisent pour envoyer un des leurs en Europe, tout comme les algériens autrefois qui étaient envoyés en France où ils étaient exploités par l’industrie française. Ils vivaient comme des pauvres et envoyaient tout leur argent en Algérie, aujourd’hui ils sont malades, à la retraite, ne savent toujours pas parler français et sont méprisés par leurs enfants, qui eux vont dans les écoles françaises et disent : mon père est un minable, il s’est fait exploiter par tout le monde. La seule solution pour aider les migrants est de contribuer au développement de leur pays d’origine et à la reconstruction d’une culture, afin qu’ils puissent y vivre dignement.

 

Pourquoi avoir créé l’institut de la petite enfance ?

B.C. - Nous avons commencé il y a 2 ans avec 4 instituts mais nous sommes tellement sollicités partout en France, que nous allons certainement devoir élargir le pool d’enseignants en formant des psychologues, médecins, éducateurs aux théories de l’attachement pour qu’eux-mêmes puissent développer de nouveaux instituts. Le rôle de ces instituts est de mieux former les professionnels de la petite enfance à ces théories. Il y a en France une culture tellement intellectuelle, que par exemple certains psychologues avec 10 ans d’études n’ont jamais tenu un bébé dans les bras.

On sait maintenant que c’est durant l’enfance préverbale, autrement dit avant la troisième année, que les enfants acquièrent la stabilité affective et la confiance en eux. Tous les pays qui ont engagé des réformes pour améliorer la petite enfance ont diminué l’illettrisme, 1% d’illettrés dans les pays d’Europe du Nord, 15% en France. Ces réformes ont également fait chuter les tentatives de suicide des adolescents, la délinquance, et ont appris aux enfants à établir des relations ni soumises ni révoltées. Les brésiliens ont décidés de faire les mêmes réformes, les résultats ne se sont pas fait attendre. Nous savons comment faire pour que les enfants prennent le plaisir d’apprendre. Pourtant depuis des années, nous avons été reçus par les gouvernements de droite et de gauche, qui nous disent que c’est important, convaincant et qui ne font rien. Comme nous ne savons pas faire de scandale, les choses ne bougent pas.

 

                                                                                

Quelques repères

Après le drame qui a marqué son enfance et laissera des traces tout au long de sa vie, où ses parents juifs sont morts à Auschwitz et où lui a réchappé par miracle à une rafle à Bordeaux, Boris Cyrulnik est devenu neuropsychiatre pour comprendre. Il a été basé à l’hôpital de Toulon une grande partie de sa carrière, où il a également dirigé des recherches. Aujourd’hui à 77 ans, il est encore directeur d’enseignement à l’université de Toulon. Ses livres, en plus de rencontrer un formidable succès, sont au programme d’un grand nombre d’universités étrangères dans lesquelles il est souvent invité. Médiatique et populaire malgré lui, notamment pour le concept de résilience, cet homme tranquille à la voix douce a su toujours rester simple et clair dans son discours et dans ses écrits.

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25 avril 2015 6 25 /04 /avril /2015 08:33
Le conteur populaire

Légende de la télévision et de la radio, Pierre Bellemare en 60 ans de carrière a présenté le premier jeu télévisé, le premier téléachat, et raconté de sa voix si particulière un nombre impressionnant d’histoires et continue de le faire aujourd’hui. Parallèlement, les livres de faits divers sordides ou mystérieux qu’il écrit depuis 40 ans avec son équipe se sont toujours très bien vendus.

 

De la même manière qu’il avait été fait chevalier du mérite maritime il y a quelques années pour son investissement dans la plaisance, lui qui a navigué durant 40 ans en Méditerranée, Pierre Bellemare vient d’être fait chevalier du mérite agricole. Avec sa femme, ils ont quitté les rives de la Côte d’Azur et ont vendu leur voilier, pour s’installer dans le Périgord où ils possèdent depuis 15 ans un manoir entouré de 50 ha de forêt et de prairies avec des vaches, des ânes, des chèvres, des oies et des paons. Il y a retrouvé la beauté et la quiétude des paysages vallonnés et boisés de son enfance normande à Condé sur Noireau. Amoureux de sa nouvelle région d’adoption, il est toujours disponible de manière totalement bénévole pour participer à une manifestation dans son département de la Dordogne ou pour aider une association, facteurs qui ont dû contribuer à sa promotion, de même que la demande auprès du Ministère de l’agriculture de Cyril Hanouna, avec lequel il travaille sur Europe 1. La plaisance et la campagne sont deux pans essentiels de la vie de Pierre Bellemare, qui ne sont pas forcément très connus du grand public, et il a été très honoré d’être décoré pour ces deux passions.

 

Le bonheur de raconter

Après avoir longtemps été un pilier des Grosses têtes aux côtés de son ami Philippe Bouvard sur RTL, en septembre 2013 Pierre Bellemare change de station pour donner la réplique aux fantaisies de Cyril Hanouna dans l’émission Les pieds dans le plat sur Europe 1. Chaque début de semaine, il quitte son petit paradis, prend l’avion à Agen pour venir participer mardi et mercredi à l’émission, et bien évidemment raconter des histoires. C’est vraiment là son cœur de métier. Il ne ressent aucune lassitude malgré les années, et d’ailleurs NT1 et RTL9, toutes deux chaines de la TNT gratuite, diffusent et rediffusent Les enquêtes impossibles, dont Pierre Bellemare a enregistré 60 nouvelles l’année dernière. Il travaille pour cela en osmose complète avec la même personne qui s’occupe du prompteur depuis de très nombreuses années. Ce technicien connait parfaitement sa manière de raconter et sait exactement à quel moment ralentir ou accélérer le défilement du texte. Il est à signaler que c’est Pierre Bellemare qui a importé le prompteur en 1957 après un séjour aux Etats-Unis.

A 85 ans, il n’a pas l’intention d’arrêter de sitôt, et prépare un nouveau programme pour la rentrée où il racontera de nouvelles enquêtes avec ce talent inimitable. Sur les conseils de son neurologue qui, suite à un avc, lui a fortement recommandé de continuer à faire travailler son cerveau le plus longtemps possible, l’animateur conteur ne s’est pas fait prier. En plus de ses contributions radiophoniques et télévisuelles, il aime aller à la rencontre du public lors de signatures dans des librairies, lors de soirées où il lit Choses vues de Victor Hugo, ou encore partager son amour pour Charles Péguy, dont il lit La Passion chaque Vendredi Saint dans une église de sa région.

 

Par hasard il trouve sa voix

Pierre Bellemare, c’est d’abord une voix et un débit très caractéristiques, que l’on reconnaît tout de suite et qui a souvent été imitée dans une parodie du téléachat entre autre par Jacques Martin ou Laurent Gerra. L’animateur s’en est d’ailleurs toujours amusé. Pourtant cette voix, il ne l’a jamais travaillée et lorsqu’il démarre dans le métier à 18 ans, il ne songe même pas à s’en servir. Il vient de perdre sa mère, a raté son bac et a rencontré au lycée sa future femme. Grâce à son beau-frère Pierre Hiegel, il commence à travailler dans une société de radiodiffusion en 1948 : « Au début je collais des étiquettes sur les disques, puis peu à peu on m’a confié des responsabilités techniques et un beau jour il manquait un comédien pour enregistrer une voix, je l’ai fait et on m’a dit que je n’étais pas mauvais … C’est aussi à cette époque que j’ai rencontré Jacques Antoine avec lequel nous avons créé des jeux à la radio puis à la télévision, et qui le premier m’a proposé de raconter des histoires. »

 

Gros succès en librairie

Parallèlement à toutes ces histoires qui captivent les auditeurs et les téléspectateurs depuis une cinquantaine d’années, Pierre Bellemare a écrit avec son équipe de très nombreux livres en majeure partie basée également sur des faits divers : « Les faits divers représentent la partie la plus sombre de notre civilisation mais hélas ils existent, et en les racontant j’ai l’impression de participer à une certaine éducation des gens. Le livre le plus douloureux à écrire a été L’Enfant criminel. » Il s’est entouré depuis le début de 5 à 15 documentalistes et auteurs, selon les périodes, chargés pour les premiers de rechercher dans la presse française et internationale les faits divers, et pour les seconds de les scénariser et d’écrire des dialogues. Pierre Bellemare, étant un des auteurs et le rédacteur en chef de tous ses livres, qui ont toujours rencontré un très large public, notamment « Sans laisser d’adresse », sur les gens qui disparaissent du jour au lendemain, son plus gros succès, que l’auteur analyse ainsi : « C’est un phénomène mystérieux qui véhicule beaucoup de suspense et ne comporte aucun aspect criminel. »

 

Pionnier de la télévision populaire

La carrière d’animateur de Pierre Bellemare commence simultanément à la radio et à la télévision, dont il a été un des pionniers en présentant le premier jeu, intitulé « Télé match ». Dès 1954 il sillonne la France où il enregistre les émissions qui sont diffusées en direct grâce à un car émetteur, et fait ainsi connaître la télévision. Tout est nouveau à cette époque, et il faut constamment inventer. Pour cet instinctif qui rêvait étant enfant de construire des ponts et des voies ferrées, tout s’est fait sans élaborer de plan de carrière, et il est devenu naturellement un animateur populaire. Deux grands thèmes dominent son parcours, les jeux dont le plus fameux est sans doute La tête et les jambes, et bien évidemment les histoires qui ont largement contribué à sa réputation. Puis en 1987 sur TF1, il est le premier en France à présenter une émission de télé-achat avec sa complice Maryse Corson, et le fera dans la joie et la bonne humeur durant 7 ans. Ce concept a depuis été repris par bon nombre de chaînes et continue d’être à l’antenne tous les matins. Dans sa longue carrière, il est une parenthèse heureuse et formidable, selon ses propres mots, qu’il a eu le bonheur de présenter avec Jacques Rouland et Jean Poiret de 1964 à 1971, il s’agit de La caméra invisible où l’irrésistible Jacques Legras s’employait à piéger des inconnus dans des sketches scénarisés.

 

Quelle longévité !

Aujourd’hui, après 60 ans de radio et de télévision avec quelques trous par-ci par-là, il est le seul de cette époque à travailler encore sur les deux médias, et rêve un jour de faire une émission sur sa passion des objets d’art populaire. Pourtant à ses débuts, il a essuyé de nombreuses critiques, notamment de Jacques Chancel qui était journaliste de presse écrite à l’époque, et même s’il a très vite appris à les ignorer, il les a découvertes à la mort de son père : « Mon père a suivi ma carrière avec passion dès la première émission, en conservant dans 7 albums reliés qu’il gardait cachés au fond d’une armoire, tous les articles bons ou mauvais qui avaient été écrits sur moi. Il lui arrivait même de répondre aux critiques et d’engueuler les journalistes. Les lendemains d’émission pour avoir absolument toute la presse, il allait dans les gares parisiennes afin d’acheter les journaux de province. »

D’une nature gentille et bienveillante autant avec les gens qui l’abordent qu’avec ses collaborateurs depuis le début de sa carrière, peut-être en opposition avec les années de guerre qu’il a connues durant sa jeunesse, Pierre Bellemare souhaite uniquement que sa santé ne se dégrade pas pour continuer ce métier qu’il aime tant et profiter avec sa femme de sa campagne périgourdine : « J’aime ma vie, je n’ai jamais eu de conflit avec elle. J’ai été, pour un certain nombre de choses, un chanceux, en ayant la vie que je voulais avoir. »

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23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 08:05
Délicieuse comédie romantique

Depuis 15 ans à raison d’un film tous les deux ans, Emmanuel Mouret construit un univers unique et très attachant qui l’a fait devenir l’un des cinéastes les plus précieux dans le domaine si difficile de la comédie. En voyant ses films, on pense à Eric Rohmer, à Blake Edwards, à Woody Allen, mais le cinéaste de 44 ans a su trouver un ton subtilement décalé qui lui est bien propre et nous enchante à chaque nouvelle histoire. Il est quasiment impossible de ne pas avoir le sourire à la bouche tout au long de cette pépite de marivaudage, qui touche le burlesque dans certaines scènes et la pure émotion dans d’autres. Emmanuel Mouret aime les actrices, son cinéma est peuplé de personnages féminins très bien dessinés dans lesquels leurs interprètes livrent le meilleur d’elles-mêmes, à l’image ici de Virginie Efira et Anaïs Demoustier parfaites dans leur partition. Car il s’agit bien de partition tant l’écriture d’Emmanuel Mouret est précise, rythmée, empreinte d’une très belle langue, chose assez rare dans le cinéma d’aujourd’hui. Comme ses glorieux ainés Woody Allen et Buster Keaton, il joue également dans la plupart de ses films et son interprétation lunaire contribue pleinement à l’efficacité du comique des situations. Un homme, instituteur de son état, se rend au théâtre pour revoir la pièce dans laquelle joue une actrice qu’il admire énormément. Une jeune femme assise à côté de lui le drague avec un mélange de candeur et de malice, mais il ne donne pas suite. Le lendemain, l’actrice de la pièce se présente à l’école où il enseigne, sans le connaître, afin de solliciter les services de l’instituteur de son neveu dont elle s’occupe, pour un soutien scolaire à domicile. Il ne faut manquer à aucun prix ce film charmant, drôle, émouvant, hors du temps, qui nous renvoie aussi à nos paradoxes, nos choix, nos rêves et leur confrontation avec la réalité, mais qui surtout nous procure un bonheur infini.

 

                                                                                                                     

Caprice – Un film de et avec Emmanuel Mouret, avec Virginie Efira, Anaïs Demoustier, Laurent Stocker, …

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21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 07:10
La magie de la musique
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19 avril 2015 7 19 /04 /avril /2015 09:02
Gare au gorille
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17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 08:16
Grands volumes signés Portzamparc
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15 avril 2015 3 15 /04 /avril /2015 06:55
Touristes fatigués
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13 avril 2015 1 13 /04 /avril /2015 07:07
Sentier littoral au cap Levi
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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 08:43
Nature morte
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