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Une odyssée humaniste et spectaculaire

Publié le par Michel Monsay

Une odyssée humaniste et spectaculaire

Le Cercle des neiges réinvestit le drame inspiré par un fait réel, à savoir le crash d'un avion uruguayen dans la cordillère des Andes en 1972. Si l’événement a marqué son époque, Juan Antonio Bayona en tire un film à la mise en scène sensible et viscérale. Par ses courtes focales qui accentuent le moindre détail, la moindre texture et le manque flagrant de ressources à disposition du groupe de survivants, chaque plan se raccroche à l’interaction des corps et à leur transformation dans un désert glacial. Au fur et à mesure, on a l’impression de sentir le froid et les odeurs de cet espace mortifère, tandis que les rares signes de vie présents à l’écran semblent atteindre une forme poétique. Cette beauté s'exprime dans l’équilibre parfois précaire entre la dimension mélodramatique du récit, portée par la musique anxiogène et mélancolique de Michael Giacchino, et son souhait de coller au plus près de l’expérience éreintante des protagonistes. La prouesse du Cercle des neiges est de parvenir à traiter de front la dureté de son sujet et ses questionnements moraux, sans sombrer dans une vulgarité sensationnaliste. Le cinéaste creuse les systèmes qui naissent de nos instincts, de notre soif de survie et de notre peur de la mort, le tout avec une approche universelle aux allures quasi-mythologiques. Ce film bouleversant questionne notre humanité et notre rapport au sacré dans une approche sensible et subtile. Cette relecture immersive et profondément touchante de la catastrophe aérienne de 1972, sans sacrifier au sens du spectacle, est un tour de force à la fois visuel et métaphysique.

Le cercle des neiges est à voir ici sur Netflix pour 5,99 € avec pub ou 13,49 € sans pub, un mois sans engagement.

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Le sublime millefeuille du génie Picasso

Publié le par Michel Monsay

Le sublime millefeuille du génie Picasso

50 ans que Pablo Picasso est mort. Une célébration que le Centre Pompidou en collaboration avec le Musée national Picasso-Paris a organisé dans une magnifique exposition qui vient de se terminer, en réunissant près de mille œuvres : carnets, dessins à l'encre, au fusain, gravures, pastels,... Plus grande rétrospective de l’œuvre dessinée et gravée jamais organisée, Picasso. Dessiner à l’infini plonge dans le tourbillon de la création du génie. Le parcours proposé, non linéaire, bousculant la stricte chronologie, a permis de créer des échos entre différentes périodes et mis en regard des chefs-d’œuvre reconnus et des dessins présentés pour la première fois. Autour de thèmes multiples, l’exposition a démontré la foisonnante diversité de l’artiste à travers des œuvres de dimensions très variées, de tous styles, utilisant toutes les techniques possibles et une scénographie accompagnant cette idée de profusion. Les thématiques s’enchaînaient comme autant de questions posées autour de la représentation, de la ligne, de la place du dessin dans le travail de l’artiste. Même si Picasso est régulièrement l'objet d'expositions sur toutes sortes de sujet, celle-ci de par son ampleur et sa diversité fera date. Des estampes, de l'aquatinte au sucre, de l'eau-forte, des croquis minuscules et des grands formats aussi imposants que des tableaux, du papier à dessin de grande qualité et des livres de compte recyclés… Picasso dessinait sur tout, partout, et tout le temps. Il y a une prolifération du dessin dans sa création, c'est un travail quotidien, une sorte de journal intime de l'œuvre où le classicisme est toujours mis en tension avec un langage d'avant-garde, l'un ne va pas sans l'autre. Picasso. Dessiner à l'infini est une relecture magistrale d'une œuvre que l'on croit à tort connaître par cœur, une affirmation joyeuse et sensuelle de sa beauté étourdissante entre mélancolie et humour, douceur et cruauté. On en ressort complètement ébloui.

Voici quelques unes de ces merveilles !

Le sublime millefeuille du génie Picasso
Le sublime millefeuille du génie Picasso
Le sublime millefeuille du génie Picasso
Le sublime millefeuille du génie Picasso
Le sublime millefeuille du génie Picasso
Le sublime millefeuille du génie Picasso
Le sublime millefeuille du génie Picasso
Le sublime millefeuille du génie Picasso
Le sublime millefeuille du génie Picasso
Le sublime millefeuille du génie Picasso
Le sublime millefeuille du génie Picasso
Le sublime millefeuille du génie Picasso
Le sublime millefeuille du génie Picasso
Le sublime millefeuille du génie Picasso
Le sublime millefeuille du génie Picasso
Le sublime millefeuille du génie Picasso
Le sublime millefeuille du génie Picasso
Le sublime millefeuille du génie Picasso
Le sublime millefeuille du génie Picasso
Le sublime millefeuille du génie Picasso
Le sublime millefeuille du génie Picasso
Le sublime millefeuille du génie Picasso
Le sublime millefeuille du génie Picasso
Le sublime millefeuille du génie Picasso
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Le sublime millefeuille du génie Picasso
Le sublime millefeuille du génie Picasso
Le sublime millefeuille du génie Picasso
Le sublime millefeuille du génie Picasso
Le sublime millefeuille du génie Picasso
Le sublime millefeuille du génie Picasso
Le sublime millefeuille du génie Picasso
Le sublime millefeuille du génie Picasso
Le sublime millefeuille du génie Picasso
Le sublime millefeuille du génie Picasso
Le sublime millefeuille du génie Picasso
Le sublime millefeuille du génie Picasso
Le sublime millefeuille du génie Picasso
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Le sublime millefeuille du génie Picasso
Le sublime millefeuille du génie Picasso
Le sublime millefeuille du génie Picasso

Publié dans Expos

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Bonheurs musicaux

Publié le par Michel Monsay

Bonheurs musicaux

Tout d'abord, cette sublime chanson de George Harrison, l'une des plus belles de toute l'histoire de la musique pop, a été un de mes tous premiers émois musicaux et reste à jamais gravé en moi.

Magnifique Stevie Wonder reprenant "Fragile" devant un Sting admiratif.

Pour finir, le plus grand grand, le plus beau, la plus belle voix : Jim Morrison, mort beaucoup trop jeune, et l'un des tous meilleurs groupes de l'histoire du rock : The Doors.

Publié dans Chroniques

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Magistral Cyprien Sarrazin

Publié le par Michel Monsay

Magistral Cyprien Sarrazin
Magistral Cyprien Sarrazin

Le skieur français a remporté hier la prestigieuse descente de Kitzbühel, en Autriche. Au terme d’une course époustouflante, il a devancé le Suisse Marco Odermatt, le meilleur skieur depuis deux ans, de 91 centièmes et l’Italien Dominik Paris de 1 seconde 44, des écarts impressionnants à ce niveau. La veille, le natif de Gap s’était déjà illustré en s’imposant sur cette piste, longue de plus de 3 kilomètres, la plus vertigineuse et la plus prestigieuse de la Coupe du monde de ski. A 29 ans, Cyprien Sarrazin devient ainsi le deuxième Français à réaliser un doublé à Kitzbühel, après Luc Alphand en 1995. Il est également devenu le cinquième Français à s’imposer sur cette piste légendaire après Adrien Duvillard (1960), Guy Périllat (1961), Jean-Claude Killy (1967) et Luc Alphand (1997). Si un grand soleil surplombait la piste autrichienne, celle-ci était, ce 20 janvier, plus rapide que la veille, avec plus de parties en glace. Marco Odermatt, principal rival du tricolore, s’est élancé juste avant lui avec un rythme impressionnant, prenant plus d’une seconde à tous ses adversaires. Mais depuis la fin du mois de décembre et sa première victoire à Bormio (Italie), le Français marche sur l’eau. Samedi, il a impressionné dans tous les secteurs de la piste et devancé le Suisse, leader du classement général de la Coupe du monde, de 91 centièmes. Une performance exceptionnelle.

Voici la descente somptueuse de Cyprien Sarrazin :

Publié dans Chroniques

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Une comédie sentimentale branchée sur courant très alternatif

Publié le par Michel Monsay

Une comédie sentimentale branchée sur courant très alternatif

Cette comédie pétillante est une version drôle et grinçante de Scènes de la vie conjugale, servie par des dialogues étincelants et de très bons comédiens qui s’amusent autant que nous. Il faudrait presque tous les citer : Camille Chamoux, Damien Bonnard, Jeanne Balibar, Ariane Ascaride, Sofian Khammes. Le réalisateur Ilan Klipper filme le couple en crise comme un terrain à déminer avec une liberté de ton assez exaltante. La crudité et la vivacité des dialogues, l’incongruité des situations, la précision de la direction d’acteurs, l’ironie constante, le désespoir en bandoulière… : il y a du Woody Allen (époque Maris et femmes) dans cette comédie pour adultes consentants. Après avoir fait ses débuts dans le documentaire à la Frederik Wiseman, Ilan Klipper opère un audacieux virage vers un cinéma populaire de qualité reposant sur l’alchimie parfaite entre le nounours Damien Bonnard et la tigresse Camille Chamoux. Radiographie de la vie de couple, de ses grandes défaites et de ses petites victoires, Le Processus de paix pose aussi la question : c’est quoi être normal en 2023 ? Est-ce encore être un couple hétéro, monogame, avec deux enfants, alors que les alternatives n’ont jamais été si nombreuses : union libre, coparentalité, couples qui trouvent leur félicité conjugale dans le divorce… C’est poilant, joyeusement foutraque, angoissé et ça sent le vécu.

Le processus de paix est à voir ici pour 4,99 € en location ou sur toute plateforme de VOD.

Publié dans replay

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Troublant conte de fées empoisonné

Publié le par Michel Monsay

Troublant conte de fées empoisonné

Avec son huitième long-métrage, Sofia Coppola retrouve ses thèmes favoris et met le féminin au centre de Priscilla. Le film dépeint minutieusement tous les épisodes d’un processus d’emprise, de l’admiration au désenchantement. Cailee Spaeny, Prix d’interprétation à la Mostra de Venise, interprète avec finesse cette jeune femme confinée, envoûtée, ignorée, humiliée et éprouvée, avant d’être menacée et même un peu brutalisée. La cinéaste se montre aujourd’hui plus en retenue qu'auparavant dans la forme de son cinéma tout en explorant toujours profondément la psychologie de son héroïne. On retrouve l’obsession de Sofia Coppola pour les jeunes filles s’ennuyant dans le luxe, de Lost in Translation à Marie-Antoinette, mais pour la première fois, elle aborde frontalement la domination masculine et la violence psychologique puis physique infligées, mais sans verser dans le drame. Elle injecte même une légèreté dans certaines situations, donnant lieu à des scènes de comédies conjugales, et a choisi de laisser Elvis, la star, à la marge de cette histoire. Comme Priscilla, nous n’avons pas accès à l’icône, mais plutôt aux coulisses de sa personnalité, à son immaturité et son égoïsme. En surface, Priscilla tient du conte de fées. L'histoire d'une fille ordinaire qui, endormie dans la morne Europe, se réveille en princesse dans un château de Memphis. A travers le regard de Priscilla, Sofia Coppola scrute l'endroit : la moquette moelleuse comme une guimauve, la déco kitsch, l'alcôve sombre de la chambre… Doucement le regard de la cinéaste va transformer la grille d'un parc en barreaux de prison. Pendant des années, Priscilla sera le canari d'Elvis Presley. Lui vogue de tournées en tournages, part affronter le public comme un seigneur part guerroyer, laissant sa mie en compagnie de ses valets. Sofia Coppola signe un nouveau grand portrait d’émancipation, où l'on retrouve le grand sujet de son cinéma : vouloir avoir une vie à soi en tant que jeune fille tout en n’y parvenant pas. Depuis bientôt un quart de siècle, elle filme comme personne la prime féminité coincée dans des cages dorées où le confort matériel n’a d’égal que l’inconfort d’une existence cadenassée par des figures patriarcales. Ces vies-là se mesurent à l’aune des désobéissances conquises et des servitudes endurées. Priscilla est avant tout un mélo très doux, un film chuchoté, faisant des confessions de la chambre conjugale le juste niveau sonore de cette histoire touchante et quelque peu dérangeante.

Publié dans Films

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Documentaire passionnant aux images grandioses

Publié le par Michel Monsay

Documentaire passionnant aux images grandioses

Cette expédition scientifique islandaise est tout à la fois une métaphore de la genèse du vivant et une déclaration d’amour à des paysages uniques. Durant six jours, un géologue, une géo-microbiologiste, un guide de haute montagne et un photographe longent sur 250 kilomètres la dorsale océanique émergée reliant Hekla, l’un des volcans les plus actifs d’Islande, au glacier Vatnajökull, la plus grande calotte glaciaire du pays. Ces paysages magnifiques sont très semblables à l’idée qu’on se fait de la Terre il y a quatre milliards d’années. Objectif du voyage : mieux comprendre les origines de la vie. Pays de glace et de feu à la conjonction de deux plaques tectoniques, sorti de l'eau il y a environ 20 millions d'années, soit très récemment sur l'échelle géologique, l'Islande possède la plus grande concentration de volcans actifs au monde. Sa nature sauvage et ses paysages modelés au gré des éruptions, des séismes et de l'évolution des glaciers en font un territoire mouvant, semblable à ce que pouvait être la Terre il y a quatre milliards d'années. Les régions les plus hostiles d'Islande, faites de lave en fusion, de geysers bouillonnants et de roche brute, abritent pourtant de fascinantes formes de vie primitives, comparables à celles qui se sont développées dans les premiers océans. Le film invite en fait à envisager les paysages islandais comme des symboles de la saga de la création : chaos originel, apparition des végétaux (mousses et lichens)… Le mode de déplacement, de la randonnée à cheval ou à pied, permet de moins se focaliser sur la science brute que sur le regard des scientifiques sur la nature, et notamment sur le volcanisme. Résilience des fermiers locaux, industrie géothermique… Rien n’est oublié dans ce beau documentaire, à la fois pour comprendre ce pays et les origines de notre planète. Côté visuel, les arrêts sur image permettent de grappiller quelques secondes d’éblouissement devant les clichés d’Olivier Grunewald, et les prises de vues par drones au lent mouvement de montgolfière sont tout aussi remarquables.

Islande, la quête des origines est voir ci-dessous ou sur le replay d'Arte.

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Saturation jusqu'à l'indigestion !

Publié le par Michel Monsay

Saturation jusqu'à l'indigestion !

Après la gueule de bois Rachida Dati, la cuvée Macron 2024 a été servie gratuitement à toutes les tables des Français hier soir. À 20h15, pas moins de six chaînes ont bousculé leur programmation pour diffuser une conférence de presse exceptionnelle du président de la République, un petit air d’ORTF pour deux heures de com en prime time. L’objectif ? Faire un hold-up sur un des principaux carrefours d’audience des antennes, potentiellement vingt millions de téléspectateurs cumulés. Une manière de continuer à saturer l’espace médiatique après un mois de janvier cannibalisé par l’agitation macroniste : une séquence remaniement interminable pour accoucher d'un gouvernement sans intérêt, la nomination du plus jeune Premier ministre de la V République, sorte de doublure sans pouvoir, la nomination surprise d’une ministre de la Culture qui n’avait jamais manifesté par le passé la moindre accointance avec la matière… De quoi étouffer un peu plus la droite et reléguer les oppositions dans le rôle d’observateurs d’un spectacle où la communication, dans un geste performatif vain, tient lieu d’action politique. Le président, qui préfère les monologues, ne goûte guère les conférences de presse : alors que de Gaulle se prêta dix-sept fois à l’exercice en dix ans, c’est seulement la troisième fois en sept ans que Macron s’y essaie. Tout se passe comme s'il ne cherchait pas tant à dire quelque chose qu’à occuper le temps de cerveau disponible des Français. Avant le « grand rendez-vous avec la nation », il y avait eu l’« initiative politique d’ampleur », selon le clinquant jargon élyséen. En réalité, cela avait abouti aux piteuses « rencontres de Saint-Denis », une simple réunion du chef de l’État avec les principaux partis d’opposition, qui a fait pschitt. Il en va de même pour la plupart de ses prétendues innovations démocratiques. Il y a cinq ans, se tenait le « grand débat national », qui n’a débouché sur rien, si ce n’est des cartons de cahiers de doléances, écrits dans le sillage des gilets jaunes, qui prennent la poussière aux Archives nationales et départementales. Idem pour la « convention citoyenne pour le climat », dont la plupart des propositions n’ont pas survécu au veto présidentiel. Sans oublier le fumeux « conseil national de la refondation », sorte de Parlement sans légitimité démocratique où on ne décide de rien ou presque. C’est ça le style Macron : prétendre innover en créant de nouvelles instances, nous embobiner avec de belles phrases, de la mièvrerie et des promesses qu'il ne tiendra pas, pour au final gouverner seul dans sa tour en étant toujours aussi satisfait de lui-même ! Au final hier soir, un discours libéral conservateur voire suranné, où il a dit par exemple vouloir s'attaquer avec force  aux heures non remplacées des enseignants après avoir supprimé 2000 postes à la rentrée 2023 ... Des énormités comme celle-là, il y en a à la pelle !

Saturation jusqu'à l'indigestion !
Saturation jusqu'à l'indigestion !

Publié dans Chroniques

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Délicate et subtile rencontre d’un trio d’éclopés de la vie

Publié le par Michel Monsay

Délicate et subtile rencontre d’un trio d’éclopés de la vie

Auteur de plusieurs succès critiques et publics, Monsieur Schmidt, Sideways ou The Descendants, Alexander Payne a reçu pour ces deux derniers l’Oscar du meilleur Scénario. Ses prix pour l’écriture de ses films, effectivement très souvent brillante, ou les distinctions pour l’interprétation de ses comédiens (Jack Nicholson, Paul Giamatti, George Clooney, Bruce Dern), peuvent avoir tendance à camoufler une partie de ses talents qui ne se limitent pas à proposer des scripts parfaitement charpentés et à brillamment diriger des acteurs. Depuis son premier long-métrage en 1996, Alexander Payne n’aime rien tant qu’explorer, critiquer, dépeindre les États-Unis sur une tonalité oscillant entre la comédie pure et le drame sensible à travers les portraits de losers magnifiques. Aussi à l’aise dans la drôlerie que le sentimentalisme, le cinéaste parvient en creux à interroger non plus l’époque au sein de laquelle se déroule son film, 1970 pour Winter break, mais bien la notre au détour d’une réplique explicite adressée par le professeur à son élève : « L’Histoire ne se résume pas à une étude du passé, c’est aussi une explication du présent », une citation aux interprétations plurielles. Alexander Payne tacle au fond des modes de pensée à la radicalité binaire et stérile, qui en fin de compte reproduisent en pire, les schémas qu’ils prétendent combattre. Finesse et intelligence emportent en toutes circonstances la mise dans ce Winter Break irrésistible et euphorisant, qui nous nourrit d’une certitude, Alexander Payne est définitivement un des grands maîtres de la comédie américaine contemporaine et nous surprendra toujours. A 62 ans, il a le chic pour signer des films qui ont le bon goût de ne ressembler à rien de connu dans une production américaine si souvent accablante de conformisme. Le cinéaste plébiscite les personnages en marge, fâchés avec les rituels sociaux et les hypocrisies de leurs congénères. C'est le cas dans cette remarquable fiction où il dépeint avec un humour cinglant et une sensibilité aiguë trois personnages solitaires fracassés de la vie apprenant timidement à faire état de leurs sentiments, qui, le temps de vacances de Noël a priori déprimantes, s'aperçoivent qu'il ne faut pas toujours désespérer de son prochain et que les plus belles familles, parfois, sont celles que l'on s'invente. Non content de signer un film qui honore le cinéma américain vraiment indépendant, Alexander Payne offre de surcroît l'un des plus beaux rôles de sa carrière à Paul Giamatti, un excellent comédien trop souvent abonné aux seconds rôles (notamment Twelve Years a Slave de Steve McQueen, ou la série Downton Abbey) . Dans la peau d'un prof rongé par les frustrations et la mélancolie, l'acteur nous touche en plein cœur sans jamais céder aux facilités mélodramatiques. Un regard à la dérobée ou un geste esquissé lui suffisent pour incarner la complexité d'un protagoniste qui, contrairement aux apparences, n'a rien d'infréquentable. L'ensemble de la distribution n'est pas en reste et contribue pleinement à la réussite de ce très beau film, qui manie avec beaucoup d'aisance et de générosité l'étude nuancée de ces personnages blessés et y ajoute un beau voyage à travers l'Amérique démoralisée du début des seventies, lassée par des années de guerre et les sacrifices absurdes qui l'ont accompagnée.

Publié dans Films

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Superbe rétrospective de Nicolas de Staël entre abstraction et figuration

Publié le par Michel Monsay

Superbe rétrospective de Nicolas de Staël entre abstraction et figuration

En deux cents œuvres accrochées de manière chronologique, dont un quart n'a jamais été montré au public, cette très belle exposition retrace le parcours de l’artiste franco-russe, de ses premiers portraits à la fin des années 1930 jusqu’aux œuvres du milieu des années 1950, réalisées à Antibes juste avant son suicide. Écorché de l’art moderne, travailleur acharné au service d’une sensibilité abstraite, Nicolas de Staël (1913–1955) est sans doute l’un des peintres les plus mystérieux du XXe siècle. Né dans une famille de militaires russes proche du tsar, sa carrière aura la fulgurance d’un météore, dont la course se terminera à Antibes, où il se suicidera à l’âge de 41 ans. Cette fin tragique occulte quelque peu la figure d’un artiste en constant questionnement, inspiré par la couleur et la lumière. Une vie de romantique au XXe siècle. Cette exposition, qui rencontre un succès stratosphérique depuis son ouverture, mi-septembre, est bien sûr l’occasion de confronter sa rétine au travail d’un peintre. Mais la rétrospective, qu’on doit aux deux commissaires Charlotte Barat-Mabille et Pierre Wat qui ont voyagé durant trois ans pour dénicher des œuvres issues de soixante-cinq collections particulières et quinze musées, est aussi l’occasion d’élaguer quelques idées reçues au sujet de Nicolas de Staël. Tout d'abord, celle qui le fait passer pour un peintre abstrait, et même une icône de l’abstraction. Or l’artiste, lui, revendiquait au contraire, avec un mélange d’humour et de férocité, d’être “écarté du gang de l’abstraction”. Il se moquait des courants et devant les œuvres présentées par les commissaires dans cette rétrospective, on se retrouve de fait face à une abstraction très figurative, ou expressive pour certaines œuvres et pour d'autres infiniment abstraites. En deux cents tableaux et dessins, on peut donc suivre les changements du travail de l’artiste, de ses toiles du début, sombres, maçonnées, hautes en matière, jusqu’aux œuvres de la fin, plus lumineuses et fluides. Nicolas de Staël peignait beaucoup, il était un bourreau de travail qui ne comprenait pas qu'il puisse en être autrement, il expérimentait tout le temps en cherchant en dehors des modes. Cette impressionnante rétrospective que lui consacre le Musée d'art moderne de Paris nous en apprend beaucoup sur ce grand artiste coloriste, y compris à ceux qui pensent connaître son œuvre, on en ressort conquis.

Nicolas de Staël est à voir au Musée d'art moderne jusqu'au 21 janvier.

Superbe rétrospective de Nicolas de Staël entre abstraction et figuration
Superbe rétrospective de Nicolas de Staël entre abstraction et figuration
Superbe rétrospective de Nicolas de Staël entre abstraction et figuration
Superbe rétrospective de Nicolas de Staël entre abstraction et figuration
Superbe rétrospective de Nicolas de Staël entre abstraction et figuration
Superbe rétrospective de Nicolas de Staël entre abstraction et figuration
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Superbe rétrospective de Nicolas de Staël entre abstraction et figuration
Superbe rétrospective de Nicolas de Staël entre abstraction et figuration
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Superbe rétrospective de Nicolas de Staël entre abstraction et figuration
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Superbe rétrospective de Nicolas de Staël entre abstraction et figuration
Superbe rétrospective de Nicolas de Staël entre abstraction et figuration

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