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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 06:56
A la courte paille
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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 06:56
A chacun sa réaction ... regardez celui du fond (en cliquant sur la photo)
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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 07:18
Chabadabada ...
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23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 08:03
Avec style

Nommé en juin dernier directeur artistique de la maison de couture pour hommes Francesco Smalto, Eric Bergère dessine depuis 36 ans autant une mode féminine que masculine pour des grands noms du luxe mais aussi des marques grand public. Après avoir créé les collections pour femme d’Hermès durant 9 ans, il a travaillé pour Lanvin, Inès de la Fressange, des créateurs japonais sans oublier Aigle, La Redoute, Burton ou Cyrillus

 

Prendre les commandes artistiques de la maison Francesco Smalto, qui a été le premier couturier pour hommes à Paris en 1962, est pour Eric Bergère à la fois un grand bonheur qui va lui permettre d’exprimer pleinement son talent et un défi pour redonner à cette marque prestigieuse son lustre passé. Avec ses ateliers intégrés de travail à la main, son sur-mesure haute-couture, sa collection de prêt-à-porter de luxe, Smalto reste la seule maison de couture parisienne entièrement dédié à l’homme. En acceptant d’en devenir le styliste attitré, Eric Bergère, à 56 ans, n’a pas renoncé pour autant à travailler en freelance, statut qu’il privilégie depuis son départ d’Hermès en 1989 et dont il apprécie la liberté, le regard critique extérieur qu’il procure tout en étant partie prenante du projet.

Il collabore ainsi au Japon à la fois avec un couturier pour lequel il dessine des modèles féminins, et avec deux distributeurs en créant des petites collections pour homme : « le Japon est pour moi une source d’inspiration depuis longtemps, c’est un marché très pointu, difficile, bien informé, grand consommateur de mode. Les gens ne portent pas deux saisons de suite le même vêtement, leur apparence étant très importante pour montrer leur respect aux autres et à la société. N’ayant pas beaucoup de vacances, ils consacrent un budget conséquent à leur garde-robe, à la fois pour eux et pour soutenir l’économie du pays, et de ce fait les boutiques sont pleines de gens qui achètent. Pour un directeur artistique comme moi, c’est très motivant de voir cette énergie en comparaison de la déprime européenne en matière de consommation. »

 

Une maison qui le faisait rêver

La mission d’Eric Bergère chez Smalto consiste à retrouver l’ADN de la marque avec ses spécificités, ce style qui a tant plu dans les années 1970 notamment dans les milieux culturels et politiques, tout en l’actualisant en termes de proportions, d’aspect, et de matières. Belmondo, Delon, Aznavour, Gainsbourg pour ne citer qu’eux s’habillaient chez Smalto, aujourd’hui il s’agit plus de rois, présidents ou dirigeants, notamment pour le sur-mesure. Le nouveau styliste, hormis deux costumes emblématiques qui sont reconduits chaque année mais dont il vient de proposer en plus une version modernisée, doit trouver pour chaque collection l’équilibre entre un classicisme chic et minimaliste pour une clientèle sérieuse, et des vêtements plus décontractés mais qui gardent l’esprit de la maison : « Smalto rend l’homme beau, élégant et puissant. Les dessins chez Smalto sont très graphiques, géométriques, je suis contre les fleurs et les cachemires. » En recevant le label entreprise du patrimoine vivant en 2012, c’est le savoir-faire unique et le travail d’excellence de la maison de couture masculine par référence qui ont été récompensés.

 

Au cœur de la création

Dessiner un modèle pour Eric Bergère est le fruit d’une longue réflexion et d’une curiosité visuelle de chaque instant : « Un dessin est la synthèse de plusieurs idées que l’on a tout au long de l’année, en se nourrissant d’art sous toutes ses formes, mais aussi dans les périodes plus calmes après les collections, en prenant le pouls de la société, en observant comment vivent les gens. Au moment de dessiner il faut avoir une vision globale de la collection, une allure. De cette allure, je dois produire des modèles qui vont se coordonner, se répondre. » Si l’on a l’impression que tout a déjà été fait, qu’il doit être difficile de se renouveler, le styliste nous explique les dessous de la création : « La mode est comme un code secret à 10 chiffres ou comme une recette de cuisine, il y a d’innombrables possibilités d’inventer. C’est une question de proportions dans la matière, la coupe, les détails, les couleurs, les dessins, les effets que l’on veut rendre. Les recherches actuelles sur les matières, qui doivent être de plus en plus comme une seconde peau, donnent un réel espoir sur la création. Les matières naturelles comme le lin par exemple ont encore beaucoup à nous apprendre. »

 

Des débuts fracassants

L’entrée d’Eric Bergère dans le métier s’est déroulée à l’image d’un véritable conte de fée, puisqu’il a été embauché chez Hermès à 19 ans comme responsable de la collection de vêtements pour femme, sans jamais avoir été assistant. En voyant son dossier de fin d’études de l’école Esmod, Jean-Louis Dumas le remarquable président de la célèbre enseigne de luxe lui a dit : « Tout ce que vous avez dessiné dans votre dossier est exactement ce que l’on aimerait trouver chez Hermès. » Dès ses premières créations en 1981, le travail d’Éric Bergère est apprécié tant par la presse que par la clientèle, le seul problème réside au Japon. Sa collection de l’époque comportait beaucoup de grands manteaux, qui n’étaient pas adaptés ni aux portants des boutiques japonaises où il fallait les plier pour les exposer, ni surtout aux femmes majoritairement de petite taille. Hermès l’envoie alors sur place pour qu’il comprenne les caractéristiques de la mode dans ce pays, avec lequel commence pour lui une longue histoire qui est toujours d’actualité 35 ans plus tard.

 

Une carrière éclectique

Après neuf ans chez Hermès, le jeune styliste a l’opportunité de prendre la suite de Giorgio Armani chez Erreuno, maison de couture italienne basée à Milan. Il y dessine durant sept ans des vestes et tailleurs dans un contexte très différent, et continue à apprendre son métier tout en créant. Dès cette période, il se met en système de freelance et travaille ensuite pour Lanvin où il crée des collections de prêt-à-porter pour femme, puis aide Inès de la Fressange, qui a été son mannequin chez Hermès,  à monter ses premières collections. Il enchaîne les collaborations tout au long de sa carrière en l’expliquant ainsi : « On a toujours fait appel à moi compte-tenu de mon expérience chez Hermès et du style masculin que j’ai développé dans les collections pour femme. Au début de ma carrière, mon style était austère, j’aimais la rigueur des costumes masculins et des vêtements ecclésiastiques, puis mon passage en Italie m’a appris à dessiner des modèles plus sexys, plus fluides et avec le Japon j’ai intégré d’autres proportions et une touche de féminité, de raffinement. »

Pour ne pas ressentir une grande frustration s’il ne l’avait pas fait, il crée en 1995 sa propre marque et rencontre une vraie demande des japonais. Mais le rôle de chef d’entreprise est de trop, il ne peut pas tout assumer et comme il n’a pas rencontré son Pierre Bergé, selon ses propos, il arrête en 2001 et reprend le freelance. En collaborant avec des marques de plus grande distribution comme Aigle, La Redoute Burton of London ou Cyrillus, il connait la satisfaction d’habiller un public plus large mais doit se contenter d’une qualité moindre. Cela dit, il n’a jamais fermé la porte à quiconque même si aujourd’hui la boucle est bouclée entre Hermès et Francesco Smalto, où il travaille avec des matières exceptionnelles sans limite de prix. Cette faculté d’adaptation pour réaliser un défi, même lorsque les budgets sont restreints, n’est pas donnée à tous les stylistes qui se comportent souvent comme des divas. Par ailleurs son perfectionnisme, qui est forcément un atout dans son métier, l’amène parfois à être un peu rigide.

 

Une inclination dès l’enfance

Toutes les femmes de sa famille travaillaient dans le domaine du textile, ses grands-mères, ses tantes, et il a très jeune été attiré par la mode tout en pensant que c’était impossible d’y arriver. Heureusement son père, voyant la qualité des dessins de mode qu’Eric Bergère a commencé à réaliser dès l’âge de 8 ans, l’oriente vers un Bac Industrie de l’habillement : « En regardant la télé durant mon enfance, je trouvais souvent une speakerine, une chanteuse ou une actrice mal habillées, je leur dessinais alors une nouvelle tenue. » Croyant fermement en son fils, il convainc ensuite l’école Esmod de lui faire sauter la première des trois années de formation, dont il sortira 1er ex-æquo avec les suites que l’on connait. Outre le président d’Hermès à ses débuts puis plus tard Inès de la Fressange qui ont décelé son talent et l’ont soutenu, Christian Lacroix, son opposé en termes de style, devenu un ami, a appuyé sa candidature en Italie et au Japon.

 

Smalto dans sa vie

Chaque semaine, son temps est désormais partagé de moitié entre Paris et la Camargue au milieu de nulle part, où il se sent chez lui loin du monde avec ses livres et ses DVD. Il aime par ailleurs aller nager à la piscine, qui a sur lui un pouvoir relaxant et où après quelques longueurs il voit plus clair dans des idées qui lui paraissaient confuses avant. La musique classique accompagne sa vie au quotidien même lorsqu’il travaille, et avec sa nouvelle équipe il a pour ambition de projeter Smalto dans le futur : « Cette maison de couture était une belle endormie avec une jolie garde-robe qui avait besoin d’être dépoussiérée et renouvelée. »

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21 septembre 2016 3 21 /09 /septembre /2016 06:59
Ce prodige anglais réinvente la soul

Après un premier album unanimement salué en 2012, ce londonien de 29 ans d’origine ougandaise, dont les parents avaient fui la dictature d’Idi Amin Dada, a fort justement pris le temps nécessaire pour confirmer tous les espoirs qu’il avait suscités. Souvent comparé au grand Otis Redding ou à Marvin Gaye, il s’empare de la musique de ses glorieux ainés en puisant tant dans la soul que dans la pop, le blues, le gospel ou la folk pour créer un genre à lui tout seul d’une déchirante beauté. Il y a d’abord sa voix qui nous donne des frissons à chaque note, un véritable bijou, un don unique, cette voix très légèrement éraillée tantôt caressante et suave, ou tantôt puissante, a le pouvoir de l’émotion brute sans artifices. La richesse musicale des dix magnifiques morceaux qui composent l’album impressionne aussit par le parfait équilibre que trouve l’artiste entre différents genres, pour composer un univers alternant judicieusement les tempos, mais aussi les atmosphères toutes aussi envoûtantes. Egalement guitariste, on reconnait par moments ses influences allant de Jimi Hendrix à Neil Young en passant par le David Gilmour de Pink Floyd, sa guitare n’est pas omniprésente pour autant bien au contraire, il sait la faire swinguer, la fondre dans un ensemble, mais aussi lui autoriser quelques envolées. Le piano, les cordes, les chœurs habillent souvent les compositions de ce disque en leur apportant lyrisme et profondeur. En dehors des modes et des morceaux calibrés à la seconde près pour les radios, Michael Kiwanuka vit pleinement sa musique sans contraintes et nous éblouit. Son album, enregistré à Los Angeles avec un producteur américain inventif qui a su élargir encore un peu plus le spectre de création du jeune anglais, est un pur chef-d’œuvre qui figure dès à présent au panthéon toutes catégories de l’année 2016.

                                                                                                                      

Michael Kiwanuka – Love and hate – Mercury – 1 CD : 15,99 €.

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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 07:22
Une fresque morale d’une grande puissance

Certains le considèrent comme l’un des tous meilleurs romanciers américains de sa génération, une chose est sûre depuis son précédent livre, Freedom, Jonathan Franzen a pris une impressionnante dimension. A 56 ans, il ne s’agit pourtant que de son 5ème roman, mais chaque fois ce sont des œuvres amples et foisonnantes qui lui demandent des années de travail. A l’image de son dernier, qui nous passionne par sa richesse de narration et ses nombreux personnages admirablement sentis, dont nous découvrons les connexions au fil des pages. Purity nous saisit aussi par sa construction virtuose, l’intelligence de ses dialogues et de sa langue pour décrire l’intime comme le contexte dans lequel se déroule l’action. Le romancier nous donne à réfléchir sur la transparence, à l’heure des lanceurs d’alerte, d’un Internet de plus en plus puissant, et sur les secrets tant personnels que de nos sociétés. Également sur les conséquences des mensonges et des lâchetés dont l’humain est capable. Le livre démarre sur une des conversations téléphoniques qu’une jeune femme, Pip, a tous les jours avec sa mère, lors de la pause-déjeuner du job alimentaire qui lui permet de commencer à rembourser son prêt étudiant de 130 000 dollars. Si de son côté, elle cherche à donner une direction à sa vie, sa mère quant à elle est une déprimée chronique, quelque peu bizarre, possessive, et leur relation est faite d’amour et de chamailleries. Habitant toutes les deux en Californie mais séparées par une centaine de kilomètres, Pip lui propose de venir la voir le week-end suivant pour aborder entre autres un sujet délicat : l’identité de son père que sa mère n’a jamais voulu lui révéler. Ce formidable roman, qui nous emmène dans différentes villes des Etats-Unis, en Bolivie et dans l’ex Allemagne de l’Est, mêle habilement rebondissements, flashbacks, sens du mystère et du suspense, pour nous offrir un immense bonheur littéraire qui ne faiblit jamais d’un chapitre à l’autre.                         

                                                                                                                      

Purity – Un roman de Jonathan Franzen – Editions de l’Olivier – 744 pages – 24,50 €.

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16 septembre 2016 5 16 /09 /septembre /2016 07:50
« Si les politiques doutaient un peu plus ils seraient plus proches des français »

Après avoir été chef du service politique de RTL, la première radio de France, Alba Ventura est depuis septembre 2013 l’éditorialiste politique de la matinale en lieu et place du grand Alain Duhamel. A 45 ans, cette journaliste brillante et impertinente, en plus de ses éditos quotidiens empreints d’humour et de franchise, vient d’écrire avec son mari le journaliste Laurent Bazin un livre mordant sur les coulisses de la politique.

 

A quoi sert un édito politique et comment acquiert-on l’expertise d’un bon éditorialiste ?

Alba Ventura - Un bon édito politique n’est pas là pour donner des leçons mais pour pousser à s’interroger. C’est par essence un exercice d’opinion, et donc forcément subjectif. Il doit être accessible à tous sans tomber dans le caniveau ni s’adresser à une élite. Son impact sur les personnalités politiques est limité, parfois j’ai l’impression de prêcher  dans le désert et d’autres fois lorsque j’appuie là où ça fait mal, ils se rendent compte qu’ils ont agi dans le sens contraire de ce que souhaite l’opinion. Ils peuvent alors changer de comportement mais ça ne dure pas. Ma marque de fabrique est de dire les choses, les gens en ont marre que l’on se cache derrière son petit doigt ou que l’on ait l’air de servir la soupe à la classe politique. Je n’ai pas de limites, si ce n’est retenir un peu ma colère lorsqu’elle est trop importante, ou bien arriver à trancher sur des sujets de société délicats comme la fin de vie ou la déchéance de nationalité, pas pour les terroristes qui n’en ont rien à faire, mais pour ceux qui dérapent et que l’on pourrait essayer de remettre dans le droit chemin. Etre éditorialiste politique demande une expertise que l’on acquiert avec des années de terrain auprès de tous les partis, des papiers que l’on écrits, des confrontations, des lectures, qui constituent un socle de connaissances à partir duquel on va commencer à avoir une réflexion et prendre du recul.

 

Pourquoi avoir écrit « Le bal des dézingueurs » et qu’est-ce qui vous intéresse tant dans la politique ?

A.V. - Pour dénoncer le fait qu’en politique la communication a pris le pas sur l’action et les idées. Malheureusement nous sommes dans un monde de communication et j’ai bien peur que nous ne puissions faire le chemin inverse. Par ailleurs, avec Laurent Bazin nous voulions répondre à une question que l’on nous posait souvent : Pourquoi les journalistes déjeunent avec les politiques ou alors pourquoi le Président de la République ou le Premier Ministre ont du temps à perdre avec les journalistes ? On sentait qu’il y avait une suspicion de complicité, une incompréhension, et nous souhaitions donc éclaircir les choses en expliquant que ces moments « off » font partie de notre travail, même si le « off » n’existe plus aujourd’hui et que les politiques s’en servent. Lors de ces déjeuners, la personnalité politique n’est ni sur un plateau ni à une tribune, les masques tombent et elle peut se livrer, tout en sachant que chacun est bien à sa place, et en aucun cas elle ne va me tenir le stylo pour écrire mon édito.

Ce sont davantage les gens qui m’intéressent dans la politique, ils ne sont pas câblés comme nous, ils ne doutent pas. Je pense que l’on avance en doutant, alors qu’en politique si vous doutez vous êtes mort. Le doute permet de prendre conscience de l’enjeu, des promesses, de sa responsabilité, et si les politiques doutaient davantage ils seraient plus proches des français. L’homme politique se fait élire mais il ne détient pas la vérité, il nous abreuve de promesses qui sont rarement tenues, c’est pour cela qu’il y a aujourd’hui une crise de confiance à l’égard des politiques.

 

Comment voyez-vous les primaires de la droite et quelles sont les différences entre les deux favoris ?

A.V. - Nicolas Sarkozy est une bête politique, une rock star, il a énormément d’énergie, de dynamisme, il est le plus politicien de tous les candidats et celui qui en veut le plus. Il vient de vivre une séquence sécuritaire avec les attentats et une autre économique avec le Brexit où il a pris le premier la parole, Alain Juppé restant en retrait. L’ancien Président en a récolté les fruits, de toutes manières l’écart dans les sondages était trop important et ne pouvait pas rester en l’état. On peut se demander si derrière ce retour il n’y a pas une revanche, il est à espérer que ce n’est pas le cas car on n’accède pas aux plus hautes fonctions pour une revanche. Cette primaire va se jouer sur la participation, plus elle sera importante et plus elle avantagera Alain Juppé, si c’est le cas inverse, ce sera uniquement l’électorat pur et dur favorable à Nicolas Sarkozy qui ira voter.

Les différences entre les deux favoris n’apparaissent pas sur le plan économique, où il s’agit d’un concours de libéralisme, par contre sur les questions de société Nicolas Sarkozy est plus radical et conservateur, Alain Juppé plus ouvert et modéré. Il peut aussi y avoir des nuances dans la méthode et la manière. Récemment, à propos des épreuves du Bac reportées en raison de l’aïd, une partie de la droite proche de Nicolas Sarkozy a crié au scandale, hors c’est la droite qui a mis en place cette circulaire. Plus exactement François Fillon à la demande de Jacques Chirac, pour la communauté juive, ce qui n’a pas posé de problème en 2004 mais en pose dès qu’il s’agit des musulmans. On voit bien que certains sont prêts à allumer le feu à chaque instant et que d’autres restent plus mesurés. Comme disait Jacques Chirac : Il faut raison garder.

 

La gauche est-elle d’ores et déjà battue pour 2017 et le FN peut-il être encore plus haut ?

A.V. - Des surprises en politique, il y en a toujours. La gauche est très mal en point, elle va se prendre le mur de plein fouet. Maintenant, il suffit que Nicolas Sarkozy gagne la primaire et soit devancé par Marine Le Pen au premier tour parce qu’il ne va pas aussi loin qu’elle, François Hollande se retrouverait alors face à Marine Le Pen et pourrait être réélu. Même s’il est à 12% aujourd’hui, il n’est pas totalement hors de course. Par contre, le PS ne peut pas sortir de la crise qu’il traverse, il y  a deux gauches irréconciliables, l’une conservatrice voire archaïque selon certains et l’autre plus réformatrice. Le divorce n’est pas encore acté mais il est probable que le PS soit mort tel qu’il existe aujourd’hui. Après l’élection présidentielle, une clarification devra s’opérer entre un centre gauche socialiste et une gauche plus radicale qui se rapprochera du Front de gauche. Cela dit, je ne suis pas Madame Irma, je ne suis que Madame Alba.

Si jamais nous subissons d’autres attentats et s’il y avait d’autres référendums en Europe, cela pourrait jouer en faveur des souverainistes et eurosceptiques. Même si Marine Le Pen peut arriver à 30%, elle buterait pour le moment sur le fameux plafond de verre. La majorité des français ne fait pas confiance à quelqu’un qui dit non systématiquement et veut tout chambouler. Le FN espère davantage dans les législatives pour obtenir un maximum de sièges à l’Assemblée. D’autant que le changement de comportement promis par les politiques après les régionales de 2015 n’a pas eu lieu. Patrick Balkany a failli avoir l’investiture des Républicains pour les législatives de 2017, et Georges Tron l’a obtenue alors qu’il doit repasser devant les assises.

 

Quelles vont être les conséquences du Brexit pour l’Europe et comment analysez-vous tous ces replis nationaux ?

A.V. - Certains experts sont alarmistes en évoquant une possible crise financière, mais la sortie de l’Angleterre de l’Union européenne ne veut pas dire qu’elle ne restera pas un partenaire commercial. Je crains plutôt que des référendums fleurissent un peu partout et que l’Europe se délite progressivement. Il faut arrêter avec l’intégration, cette Europe à 28 et maintenant à 27 ne fonctionne pas, il faudrait peut-être une Europe plus resserrée. La France et l’Allemagne doivent prendre des initiatives en termes de gouvernement économique de la zone euro, plus rien n’est lié, chaque pays se replie sur lui-même. Des initiatives aussi sur la sécurité et la défense européenne depuis le temps que l’on en parle. Le problème est que je ne sais pas si François Hollande et Angela Merkel sont de nature à faire corps. Il faut cependant saisir la chance de ce Brexit pour remettre l’Europe sur de bons rails.

Les replis nationaux que l’on constate un peu partout dans le monde sont les conséquences d’une mondialisation libérale et des inégalités qu’elle génère, de l’immigration qui n’est pas régulée, et des comportements des politiques. Regardez l’Islande qui a élu un universitaire de 48 ans venant de la société civile pour rompre définitivement avec un président corrompu qui était au pouvoir depuis six mandats. Quand je vous parlais des promesses non tenues : Qu’a fait Jacques Chirac de la fracture sociale,  Nicolas Sarkozy de la rupture, et François Hollande du changement c’est maintenant. Il faut arrêter cette politique des slogans et ne pas promettre plus que l’on ne puisse faire. Donald Trump annonce qu’il va mettre tous les immigrés dehors mais l’Amérique s’est construite avec ces immigrés. Lorsque nous pourrons avoir de nouveau confiance dans les politiques, les partis antisystème reculeront, mais je pense qu’il va falloir se prendre le mur avant de se relever.

 

                                                                                  

Quelques repères

Originaire d’Avignon d’une mère italienne et d’un père espagnol, Alba Ventura fait ses études à la fac de Montpellier puis de Marseille. Elle démarre dans une radio toulonnaise, poursuit à RMC à Monaco avant de rejoindre Europe 1. Attirée au début de sa carrière par le sport, elle s’oriente vers la présentation des journaux, devient reporter avant de se consacrer pleinement à la politique dès 2000. Après Europe 1, RMC et BFM TV, elle intègre en 2008 le service politique de RTL en tant que chef-adjointe avant d’être nommée chef quatre ans plus tard. Elle tient une chronique matinale « Les carnets d’Alba » sur les coulisses de la politique jusqu’en septembre 2013, date à laquelle elle se voit confier l’édito en lieu et place d’Alain Duhamel.

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14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 06:56
A ce niveau le cinéma est un art majeur

Il aura fallu attendre huit ans pour que l’un des maîtres du cinéma asiatique, le taïwanais Hou Hsiao-hsien sorte un nouveau film, mais le résultat dépasse toutes les attentes. A 69 ans, le cinéaste nous offre sans doute sa plus belle œuvre, qui s’est vue récompensée très justement par le Prix de la mise en scène au Festival de Cannes 2015. D’une perfection visuelle rarement atteinte, ce film regorge de plans-séquences chers au cinéaste. Il les a toujours préférés aux effets de découpage et de montage des scènes, qui théâtralisent l’action et dont la majeure partie de la production cinématographique se nourrit. Chaque plan-séquence est une œuvre d’art à part entière, dans sa lumière d'une beauté incroyable, ses cadrages au millimètre où chaque détail a son importance tant au premier plan qu’en arrière plan, ses admirables scènes filmées à travers un voile qui ondule, ses costumes, ses décors, ses paysages. C’est un enchantement permanent qui n’a rien d’artificiel, bien au contraire le réalisateur a voulu être le plus authentique possible dans la reconstitution de cette Chine de la dynastie Tang. Le rythme du film qui privilégie la lenteur, la contemplation, ajoute au pouvoir de fascination que les images nous procurent, et même lorsqu’il s’accélère dans les scènes de combat, l’épure que propose le cinéaste, au contraire des œuvres du genre, impressionne encore davantage. Avant de plonger au cœur des superbes couleurs dans lesquelles le film baigne, l’histoire démarre en noir et blanc au IXème siècle dans une province de Chine. Une princesse nonne taoïste qui veille aux intérêts de l’empire commande à une jeune femme d’assassiner un dignitaire scélérat. Cette redoutable tueuse, incarnée par la sublime Shu Qi, a été confiée quelques années auparavant par sa famille à la nonne pour parfaire son éducation, notamment en matière d’arts martiaux et de maniement du poignard. Si sa technique est irréprochable, ses sentiments l’empêchent parfois d’agir. Il est des films d’une telle richesse que les voir ou les revoir apporte un plaisir sans cesse renouvelé, permettant de découvrir chaque fois des merveilles cachées.

 

                                                                                                                      

The assassin – Un film de Hou Hsiao-hsien avec Shu Qi, Chang Chen, Zhou Yun, … - Ad Vitam – 1 DVD : 19,99 €.

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Published by Michel Monsay - dans DVD
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12 septembre 2016 1 12 /09 /septembre /2016 07:18
Un petit roman noir comme on les aime

Sans superflu ni fioritures, ce polar très original est mené tambour battant de la première à la dernière page dans un style direct assez jouissif. Ecrivaine américaine de 47 ans dont c’est le onzième roman mais seulement le premier à être traduit en France, Christa Faust a un parcours pour le moins atypique puisqu’elle a travaillé dans l’industrie du porno et des peep-shows durant une dizaine d’années. C’est d’ailleurs de cet univers dont il s’agit en arrière-plan et par moments au premier plan de l’intrigue remarquablement construite, qui nous réserve moult rebondissements et une progression sans concessions ni ménagements. Cette histoire plus vraie que nature qui laisse entrevoir le marché inhumain entre pornographie et prostitution, que développe des sales types au détriment de très jeunes femmes venues de l’Est, fait froid dans le dos et donne des envies de meurtres. L’auteure avec un vrai sens du rythme et de l’humour nous conte à la première personne les déboires d’une femme qui pourrait être son jeune double, aux prises avec une galerie de personnages haut en couleurs ou patibulaires. Cela commence dans le coffre d’une voiture où se trouve une ancienne star du X attachée, bâillonnée, laissée pour morte et qui peu à peu refait surface. Elle s’est pourtant tenue à l’écart de la drogue et a su raccrocher à tant pour monter sa propre agence de filles qui officient dans ce domaine, mais elle s’est laissée tenter par un retour alléchant qui a mal tourné. La romancière joue avec les clichés du polar en leur donnant un sacré coup de fraîcheur, elle nous fait aimer son héroïne dès les premières lignes et l’empathie envers cette femme qui ne s’en laisse pas compter malgré les apparences, ne fait que s’accentuer au fil des épreuves qu’elle doit affronter.

                                                                                                                      

Money shot – Un roman de Christa Faust – Editions Gallmeister – 238 pages – 17,50 €.

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Published by Michel Monsay - dans Livres
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9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 06:53
Une magnifique autodidacte

Féministe de la première heure, Sonia Rykiel a inventé avec une incroyable liberté une mode élégante et décontractée qui a tout à la fois célébré et libéré le corps de la femme dans son quotidien. L’audace dont elle a fait preuve en réinventant la maille, le velours, en imposant les rayures, a influencé beaucoup de grands couturiers et incarné une façon d’être, une allure.

 

Une grande dame de la mode française s’en est allée à 86 ans des suites de la maladie de Parkinson dont elle souffrait depuis près de 20 ans. Celle que l’on appelait la reine du tricot avait su créer au cœur des années 1960 un style reconnaissable entre tous, dont la réputation internationale ne s’est jamais démentie. C’est un certain style Rive-gauche, un petit morceau de Saint-Germain des près qui nous a quitté, tant Sonia Rykiel était associée à ce quartier parisien et à son esprit bohème. Elle y a fréquenté nombre d’écrivains et d’artistes en participant dans son domaine au bouillonnement créatif de ce haut lieu de la vie culturelle de la capitale. Avant même Mai 68, elle a contribué à la libération de la femme avec des vêtements sans entraves débarrassés des artifices et des diktats de la mode des années 1950. Pour cela, elle refuse les doublures, impose les coutures à l’envers, supprime les ourlets, crée les rayures colorées, réinvente le pull-over, voilà en quelques signes distinctifs l’allure Rykiel à la fois chic et désinvolte.

 

Loin de la mode

Pourtant, rien ne prédestinait Sonia Rykiel à devenir une figure incontournable de la mode. Née en 1930 à Paris dans une famille juive d’origine russe et roumaine, elle est l’aînée de cinq filles dont l’enfance a été gâchée par la guerre, et se comporte en véritable garçon manqué au sein de la maisonnée Flis, son nom de naissance. Elle grandit dans une ambiance à la Tchekhov avec des grands-mères qui mitonnent des bons petits plats russes, une mère qui est navrée que sa fille soit si rousse, et des conversations passionnées où il est question de politique, littérature et toutes formes d’art. Elle-même a toujours eu besoin des mots tout au long de sa vie, écrire et lire étaient aussi indispensable pour elle que faire l’amour ou créer. Les livres étaient omniprésents autant dans son appartement que dans sa boutique historique du boulevard Saint-Germain parmi les vêtements.

 

Un mariage qui change tout

C’est en se mariant en 1954 avec Sam Rykiel que la mode entre littéralement dans sa vie, même si à l’époque elle a pour ambition d’avoir dix enfants. Rien ne lui plaît dans le magasin de prêt-à-porter de son mari, et alors qu’elle attend son premier enfant elle fait fabriquer une robe de grossesse qui l’embellit et ne ressemble à aucune autre. Puis en 1962, elle demande à un représentant italien de lui faire un pull à sa convenance, le fait reprendre à sept reprises avant d’obtenir satisfaction : il est court, près du corps, en mailles fines et serrées, et ne ressemble en rien aux gros pulls qui se faisaient à l’époque.

C’est tout de suite un énorme succès, d’abord dans la boutique de son mari, puis en couverture du magazine Elle avec Françoise Hardy, avant que Audrey Hepburn, Brigitte Bardot, Sylvie Vartan et les magazines américains craquent pour ce petit pull moulant et lancent la carrière de Sonia Rykiel. Sans avoir appris les règles ni les codes de la mode, elle apporte une fraîcheur et une liberté qui révolutionnent la perception que les femmes ont de leur corps et du vêtement. Elle appelle cela la démode : Principe selon lequel il faut porter le vêtement pour son propre corps et non en fonction des diktats que la mode lui impose. Comme elle disait : « Le pantalon, c’est la possibilité de l’égalité entre les femmes qui ont de belles jambes et celles qui n’en ont pas. »

 

Une réussite exemplaire

Une vocation est née devant l’engouement autour de ce petit pull, la nouvelle styliste affranchie en imagine de toutes sortes y compris avec des rayures, ce qui devient une de ses marques de fabrique. Elle crée ensuite des tuniques, pantalons, robes qu’elle vend dans la boutique de son mari jusqu’en 1968, date à laquelle naît la maison Sonia Rykiel avec une première collection et un premier défilé de mannequins heureuses de vivre, magnifique particularité que la couturière perpétuera jusqu’au bout dans cet univers plutôt froid de la mode. Elle ose tout et chaque fois fait mouche, le jogging en velours, la maille, le strass, les inscriptions sur les pulls. En 1977, elle est la première à dessiner des modèles pour les Trois Suisses. Elle crée ensuite une collection homme, une autre pour enfants, des parfums, des costumes de spectacles, la décoration de grands hôtels.

La consécration devient internationale, sa fille Nathalie vient la seconder dès la fin des années 1970 avant de reprendre le flambeau en 1995 même si la créatrice à la chevelure orange et aux yeux verts sera toujours présente jusqu’en 2012 malgré la maladie. La mère et la fille ont longtemps résisté avant de s’associer avec un fonds d’investissement chinois, après plus de quarante ans d’indépendance et de totale liberté. Cette femme, à la fois gourmande de tous les plaisirs de la vie, notamment le chocolat, les cigares, le bon vin, et grande séductrice, ne s’est jamais départie de son humour qui a même été présent jusqu’à ses obsèques.

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Published by Michel Monsay - dans Portraits
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