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25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 08:59
Une pop d’une infinie délicatesse

Après deux premiers albums qui ont rencontré un important succès public et critique, cette artiste danoise vivant à Berlin et chantant en anglais est devenue une valeur sûre de la pop internationale. A 36 ans, elle sort un troisième disque de toute beauté en élargissant son univers intimiste, où son piano et sa voix sont toujours au centre de sa musique mais entourés cette fois de nombreux autres instruments. Violon, violoncelle, clarinette, harpe, toutes sortes de claviers organiques et synthétiques dont elle joue elle-même, percussions, enchantent les dix superbes morceaux de cet album. Cet artiste complète, auteur compositeur interprète, s’occupe aussi de l’enregistrement et des arrangements de sa musique. On pense par moments à Kate Bush et son formidable « Hounds of love », un sommet de créativité dont on retrouve ici l’influence dans un croisement fascinant de genres musicaux. La pure musique classique n’est jamais loin dans les compositions d’Agnes Obel, mais elle lui inocule son univers fait de pop, folk et jazz aériens. Sa délicieuse voix se fait multiple, elle chante en duo avec elle-même ou avec des chœurs qu’elle assure aussi, en enregistrant plusieurs fois sa voix, ou en la manipulant, la faisant varier des graves aux aigus, et c’est tout simplement somptueux. Sa musique est sophistiquée, cinématographique, comme en apesanteur, puis plus insistante, elle nous enveloppe et fait monter des frissons d’émoi. A contre-courant de toutes les modes, cette femme discrète a écrit un album sur l’exigence dans la société d’aujourd’hui de transparence de nos vies, de révélation de l’intime, de surveillance, et bien évidemment elle s’inscrit en faux. Touché par la grâce de bout en bout, ce disque, d’une artiste rare et précieuse, est composé par petites touches à la manière d’un peintre, dont on se dirait à la fin de l’écoute qu’il s’agit bien d’une toile de maître.                                                                                                                     

 

Agnes Obel – Citizen of glass – PIAS – 1 CD : 14,99 €.

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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 08:07
L’effondrement des certitudes

Passionné d’art sous toutes ses formes, après de brillantes études littéraires, Luc Lang en parallèle de sa carrière d’écrivain enseigne l’esthétique à l’Ecole nationale supérieure d’arts. A 60 ans, il sort un magnifique onzième roman à lire, à voir, à entendre tant son pouvoir sensoriel est éclatant. La langue de cet écrivain est un pur bonheur. Avec une utilisation de la ponctuation très originale, un incroyable sens du rythme, cette histoire puissante, admirablement mise en mots et construite, est dotée d’un pouvoir de fascination irrésistible qui nous enchaîne à son héros comme pour vivre au plus près le cataclysme qu’il doit affronter. On le suit de Paris en Normandie, puis dans les Pyrénées et jusqu’au Cameroun dans une tension quasi permanente, où l’on peut mesurer la fragilité du bonheur, la méconnaissance de l’autre, le poids des secrets de famille, la capacité humaine à rebondir, à se reconstruire, à se remettre en question. Les descriptions d’une précision virtuose aussi bien lorsqu’il s’agit de paysages, de l’univers dans lequel évoluent les protagonistes, que de la géographie intérieure du personnage central et de ses relations avec les autres, tout contribue à donner un relief impressionnant à cette histoire. Nous sommes un vendredi soir, un homme de 37 ans est au téléphone avec sa femme lorsque la communication se coupe, il essaie de la rappeler mais impossible de la joindre. Elle a un poste important au Havre et rentre le vendredi dans sa maison à Saint-Mandé, tout près de Paris, pour retrouver son mari et ses deux enfants. Sauf que cela fait plusieurs semaines qu’elle ne rentre que le samedi en fin de matinée. Déçu, il espérait que pour leurs dix ans de mariage, même s’ils ne doivent le fêter que le lendemain, elle rentrerait vendredi soir. Après avoir dîné avec ses enfants et avoir cogité sur la raison de ce dérèglement, il s’endort devant son ordinateur. A 4h du matin, il est réveillé en sursaut par le téléphone, c’est la gendarmerie qui lui annonce que sa femme a eu un grave accident de voiture. C’est beau un écrivain au sommet de son art, on se demande vraiment quels sont les critères d’attribution des prix littéraires et comment les différents jurys ont pu oublier une telle merveille.

 

Au commencement du septième jour – Un roman de Luc Lang – Editions Stock – 538 pages – 22,50 €.

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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 08:28
Drôle et déchirante comédie douce amère

Même si le cinéma italien n’est plus ce qu’il était, il y a de temps à autre encore quelques pépites qui nous rappellent le charme de la comédie italienne, capable de nous faire passer avec maestria du rire aux larmes. C’est exactement ce qu’arrive à faire Paolo Virzi dans ce film, où il enchaîne des scènes hilarantes avec d’autres très touchantes d’où ressort une belle humanité. Ce réalisateur italien de 52 ans se bonifie avec l’âge, ses derniers films étant bien plus maîtrisés et réussis que les premiers, notamment celui-ci qui malgré un sujet difficile parvient constamment à trouver la juste mesure et à nous enthousiasmer. Aborder la folie, la dépression, la bipolarité et la solitude que cela entraîne chez les personnes qui en souffrent, avec autant de grâce et de justesse, nécessite un scénario impeccable avec des personnages particulièrement bien écrits dans toute leur complexité. En plus de ces atouts, la caméra filme amoureusement dans la lumière ocre de la Toscane les deux comédiennes principales, remarquables chacune dans leur rôle, notamment Valéria Bruni Tedeschi qui signe là une de ses plus belles interprétations. Dans une magnifique villa transformée en institution thérapeutique pour des femmes mentalement instables, une grande bourgeoise extravagante et très bavarde tente de s’installer dans le minibus qui emmènent quelques pensionnaires se promener en ville. Le problème est qu’elle n’a pas le droit de sortir de la propriété, étant sous mesures judiciaires restrictives. Très sensible aux paroles ou marques d’affection qu’on lui témoigne, elle a néanmoins du mal à tisser des liens avec les autres résidentes. L’arrivée d’une jeune femme mal en point, fragile et plutôt introvertie, l’intrigue. Rapidement, elle lui propose de l’aider. Ce très beau film, qui fait penser par moments à « Thelma et Louise », nous embarque dans sa folie douce en nous procurant des émotions contrastées et en rendant ces deux femmes pas si dingues excessivement attachantes.

                                                                                                                      

Folles de joie – Un film de Paolo Virzi avec Valéria Bruni Tedeschi, Micaela Ramazotti, Valentina Carnelutti, … - Bac films vidéo – 1 DVD :19,99 €.

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17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 08:17
Fascinant lien entre spiritisme et cinéma

Après un second film que l’on avait beaucoup aimé, « Grand central », Rebecca Zlotowski confirme avec « Planetarium » tout le bien que l’on avait entrevu. Cette jeune cinéaste française de 36 ans brille par sa direction d’acteurs, sa mise en scène d’une belle fluidité, ses cadrages qui captent l’essence des visages, sa grande culture cinématographique sous-jacente, et la beauté esthétique des images tournées avec une nouvelle caméra numérique révolutionnaire très peu utilisée jusqu’à présent. Pour l’écriture du scénario, elle a travaillé en binôme avec le créateur de la série « Les revenants ». Le résultat est remarquable d’équilibre entre les différentes trames qui composent l’histoire et l’environnement de ce film : le mystère du spiritisme, la puissance d’illusion du cinéma, la société parisienne des années 1930 puis la montée nauséabonde des extrémismes. A la fois rationnel, poétique et politique, Planetarium envoûte par ses zones d’ombres et de lumières au sens propre comme au figuré. Cocteau disait : « Le cinéma filme la mort au travail », autrement dit en regardant un film, on voit quelque chose qui n’est déjà plus là. Rebecca Zlotowski revisite cette idée en y apportant toute sa modernité de cinéaste, à travers la quête d’un de ses personnages qui cherche à capter l’existence des fantômes. A l’image d’une lumineuse Natalie Portman et d’un émouvant Emmanuel Salinger, tous deux très investis dans leur rôle, les comédiens de ce film magnétique sont irréprochables. Cela démarre en 1943 à Paris, où deux femmes se croisent par hasard après s’être perdues de vue depuis plusieurs années. Très vite, l’action se déplace au cœur des années 1930 où l’on retrouve l’une d’elles, qui est américaine, en compagnie de sa jeune sœur médium au pouvoir assez impressionnant, se produisant sur la scène d’un cabaret parisien chic. Elles y font la connaissance d’un riche producteur de cinéma. Tous les ingrédients sont réunis pour plonger sans retenue dans ce film à la fois romanesque, historique, mystérieux et se laisser emporter par la magie du cinéma.

                                                                                                                      

Planetarium – Un film de Rebecca Zlotowski avec Natalie Portman, Lily-Rose Depp, Emmanuel Salinger, Amira Casar, …

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14 novembre 2016 1 14 /11 /novembre /2016 08:23
Des journées entières dans les arbres
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10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 08:18
Tunnelier esthétique
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7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 08:25
Têtes baissées face à sa majesté
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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 08:01
Vieilles pierres et prés salés
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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 07:28
Portrait de groupe
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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 08:21
« Il faut sortir de l’incantation et des propos d’estrade »

Elu du XVIIIe arrondissement de Paris, Pierre-Yves Bournazel est à la fois conseiller de Paris et de la région Ile-de-France Les Républicains. Il est en charge de la candidature de Paris pour les Jeux 2024 et de la politique du cinéma de la région. Parallèlement, il s’est engagé auprès d’Alain Juppé pour l’élection présidentielle, dont il est un de ses porte-paroles.

 

Vous qui êtes originaire de Corrèze, quelles sont les pistes à explorer pour que la ruralité et le monde agricole se portent mieux ?

Pierre-Yves Bournazel - La ruralité a subi de plein fouet un certain nombre de mutations, et pour faire revenir la population, en finir avec le désenclavement, il faut une vraie stratégie d’emploi. Les nouvelles technologies, comme le numérique avec l’économie et les métiers qui en découlent, sont une chance pour le monde rural. Elles mettent tous les territoires à égalité en permettant de travailler facilement à l’endroit de son choix. Il faut donc investir dans cette logique du numérique afin de pouvoir agir sur le tourisme et l’attractivité d’une région pour les entreprises.

Pour le monde agricole, il faut réorienter la PAC par un soutien concret aux agriculteurs, sécuriser les relations entre les différents acteurs des filières, alléger les charges sociales, fiscales et règlementaires, soutenir l’investissement et l’innovation pour renforcer la compétitivité du secteur, refondre le statut des exploitations agricoles qui doivent être considérées comme des entreprises. Il faut aussi réformer notre système de retraites pour mettre fin à des inégalités qui ne sont plus acceptables, avec des pensions indécentes notamment pour des agriculteurs.

 

La nouvelle génération que vous incarnez contribue-t-elle à faire bouger les lignes en matière politique ?

P-Y.B. - Cette nouvelle génération doit amener un renouvellement des pratiques politiques pour mettre fin au cumul des mandats parlementaires et exécutifs, avec des élus à temps plein dans leur mission sur le terrain. Elle ne doit pas être dans l’idéologie mais la réalité en expérimentant, en recherchant des solutions efficaces avec les acteurs de la société civile. C’est ce que je m’efforce de faire dans le 18ème à Paris, arrondissement de la diversité dans lequel je vis. Tous les jours, en étant à l’écoute des habitants, j’apprends et je comprends des situations complexes, ce qui permet de favoriser le dialogue et la construction de projets. Mais il faut pour cela donner plus de liberté et de responsabilité aux collectivités territoriales qui sont au plus près du terrain. En étant dans le concret, comme je le fais, on sort des logiques partisanes qui sclérosent, cloisonnent et empêchent de faire les réformes nécessaires. Il m’arrive de voter des projets de la ville de Paris alors que je suis dans l’opposition, ce qui me donne d’ailleurs plus de légitimité pour dire ce qui ne fonctionne pas. Notre génération doit être créative, audacieuse et courageuse mais elle doit aussi accepter la transmission de personnes plus expérimentées qui ont également cet état d’esprit. Je n’aime pas que l’on me reproche mon âge en me disant que je suis trop jeune pour assumer des responsabilités, mais je n’aime pas plus que l’on reproche à d’autres leur âge parce qu’ils seraient trop expérimentés.

 

Quels sont les enjeux de la primaire de la droite et du centre, et sur quoi va-t-elle se jouer ?

P-Y.B. - Pense-t-on que c’est dans la radicalité, la division, le clivage permanent, que l’on peut obtenir des résultats ? Pour ma part, j’ai la conviction que pour réformer le pays et pouvoir agir dans un contexte de tension internationale, de risque terroriste, de difficultés économiques et sociales, le prochain Président de la République devra avoir une capacité de rassemblement des français autour d’un projet. Aujourd’hui, ne pas dire ce qui est doucereux à l’oreille des français, mais plutôt ce qui est bon pour l’avenir de la France, est une force face à la montée des populismes et de la démagogie, qui d’ailleurs ne résoudraient en rien les problèmes mais les aggraveraient. Avec Alain Juppé nous sommes des patriotes et non des nationalistes, Romain Gary disait : « Le patriotisme est l’amour des siens quand le nationalisme est la haine des autres ».

Je note que certains candidats ont peut-être trop regardé les shows de M. Trump, et dans cette primaire il ne faut pas que l’on « Trump » les français. Cela va se jouer sur l’efficacité des projets, mais aussi sur les tempéraments et les caractères. Il faut sortir de l’incantation et des propos d’estrade. Ce n’est pas en ressemblant à Marine Le Pen qu’on la battra. Tous les français peuvent aller voter à cette primaire, il n’y a pas besoin de carte de parti, il faut simplement vouloir l’alternance, notamment pour tous ceux qui ont été déçu par M. Hollande. En ne faisant qu’un mandat, Alain Juppé ne sera pas obnubilé par sa réélection. Si l’on ne veut pas de Mme Le Pen ni subir son candidat, il faut le choisir les 20 et 27 novembre.

 

Pourquoi la droite a voté contre la piétonisation des voies sur berge à Paris, et de manière globale quelles sont les relations entre Paris et la région ?

P-Y.B. - Ce n’est pas un problème parisien mais régional, les personnes qui circulent en voiture à Paris viennent essentiellement de la banlieue. On ne décide pas seul contre les maires des communes environnantes et contre la région sans concerter ni dialoguer, d’ailleurs l’enquête publique le dit. Je ne suis pas opposé et même favorable à terme et dans d’autres conditions à l’aménagement des voies sur berge. Il faudrait pour cela que la décision soit partagée avec les partenaires et qu’il y ait des solutions alternatives. La région Ile de France a beaucoup  de retard sur les transports en commun, faute d’investissement suffisant de la gauche pendant 20 ans. Il y a le projet du Grand Paris express porté par Valérie Pécresse qui va nous aider à désengorger Paris de la voiture, mais il faudra quelques années. Quant aux propositions de la présidente de la région, elles ne sont pas suivies d’effet par Mme Hidalgo et je le regrette. Notamment construire des parkings aux portes de Paris, permettant ainsi aux personnes venant de banlieue de pouvoir garer leur voiture et prendre les transports en commun. Cela délesterait la capitale et aurait un réel impact sur la pollution. Anne Hidalgo et Valérie Pécresse sont capables de travailler ensemble en bonne intelligence dans l’intérêt général, notamment sur la candidature de Paris pour les Jeux de 2024 et sur le tourisme, mais sur certains sujets il y a des différences de méthode.

 

Approuvez-vous l’aménagement de camps de réfugiés à Paris et quelle est votre position sur le problème dans sa globalité ?

P-Y.B. - Les campements sauvages sont la honte de Paris. C’est à la fois indigne pour les réfugiés qui vivent dans des conditions déplorables d’hygiène et de sécurité, et pour les riverains qui subissent toutes les nuisances. Un centre d’accueil peut être un moindre mal à conditions qu’il y ait concertation sur le lieu d’implantation, que ce ne soit pas toujours dans les quartiers qui connaissent déjà des problèmes de précarité. Mais aussi que ce soit un lieu qui cherche l’efficacité des politiques publiques, qu’il y ait une accélération des procédures de droit d’asile et pour ceux qui n’en bénéficieront pas, il faut une politique extrêmement ferme de reconduite à la frontière. Si l’on veut accueillir dignement les personnes, on doit mener une politique équilibrée et cohérente.

En même temps, je demande qu’il y ait une action forte au niveau de l’Etat pour démanteler les réseaux de passeurs qui profitent de la misère humaine pour gagner de l’argent, il faut durcir les sanctions. Il doit y avoir aussi une politique européenne avec un cap, pour agir sur Frontex, réformer Schengen et harmoniser le droit d’asile européen. Quand aurons-nous une stratégie internationale pour éradiquer l’Etat islamique en Syrie et en Irak, d’où fuient de nombreux réfugiés ? La France et l’Europe doivent également mettre au point une stratégie de développement et de coopération dans les pays d’où viennent les migrants économiques, pour leur permettre de vivre dignement sur leur terre.

 

Quel est votre sentiment sur la montée de l’islamophobie et la difficulté à parler sereinement des musulmans en France ?

P-Y.B. - Je suis un républicain et ne distingue pas les citoyens en fonction de leur origine, leur confession, leur condition sociale ou leur génération. Je demande seulement de manière transversale que chacun ait l’amour de la France et la volonté de la servir. La haine du juif, du musulman ou de l’autre est inacceptable, elle doit être condamnée et combattue avec la même force. La laïcité n’est pas la négation des religions, elle signifie qu’au-dessus des convictions religieuses, tout à fait respectables, il y a la communauté nationale avec le respect des valeurs républicaines. Pour contrer l’islamophobie, il faut montrer que l’immense majorité des musulmans de France se sent partie prenante du destin du pays, et n’a pas à être distinguée des autres citoyens à cause de son appartenance religieuse. Par contre, lorsqu’il y a un problème de fondamentalisme, il faut le traiter et lutter fermement contre la radicalisation sans accepter les dérives. Personne, quel que soit sa confession, ne doit imposer des lois religieuses dans un pays républicain et laïc. Il ne faut pas chercher à opposer les citoyens les uns aux autres, surtout en matière de distinction religieuse.

 

En quoi la candidature de Paris aux Jeux 2024 est-elle si importante pour notre pays ?

P-Y.B. - Comme il s’agit du plus grand événement au monde, c’est un formidable coup de projecteur sur Paris et la France pour donner envie d’investir dans notre pays. Nous travaillons dans l’unité, avec l’Etat, la ville de Paris, la région Ile de France et le monde sportif, afin d’assurer l’attractivité économique et culturelle du pays, mais aussi pour améliorer la vie quotidienne. L’organisation des Jeux olympiques et paralympiques peut s’avérer très positive dès lors que sont prises les bonnes décisions. Nous voulons faire en sorte que ce soit un accélérateur des politiques publiques en faveur d’un développement des réseaux de transport, du décloisonnement des quartiers et de la création de nouveaux éco-quartiers, d’une amélioration de la formation professionnelle dans l’innovation, le numériques et les métiers du sport. En plus, 95% des équipements existent déjà ou seront temporaires, il y a donc une sobriété financière contrairement à d’autres villes candidates.

 

                                                                                

Quelques repères

Natif du Cantal, il a vécu toute son enfance en Corrèze où sa famille vit toujours, département auquel il est très attaché même si aujourd’hui il est pleinement investi dans le 18ème arrondissement de Paris. Après avoir fait Sciences-Po, il a travaillé au Parlement européen, au ministère de la justice, et à son compte dans le conseil. A 39 ans, ce passionné d’histoire est engagé à fond dans la vie publique et politique, dans laquelle il a des objectifs pour 2017 avec Alain Juppé et en 2020 où il aimerait incarner la relève pour Paris.

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