Un mélodrame puissant et d’une émouvante beauté

Publié le par Michel Monsay

Un mélodrame puissant et d’une émouvante beauté

Depuis une quinzaine d’années, il est devenu l’un des cinéastes français à la fois les plus prolifiques et surtout dont on attend le nouveau film avec une réelle impatience. A 48 ans, François Ozon nous éblouit une nouvelle fois par sa maîtrise technique, artistique, par sa direction d’acteurs, son remarquable sens du récit, sa capacité à installer un mystère et nous tenir en haleine jusqu’au dénouement. Aussi à l’aise dans le drame que dans la comédie, chose assez rare pour le souligner, son univers n’a pas de limites et on ne sait jamais à l’avance dans quelle direction il va nous embarquer. Dans un noir et blanc somptueux qui magnifie les décors, les paysages mais aussi les visages, le cinéaste filme magistralement l’Allemagne meurtrie au lendemain de la Grande guerre et le traumatisme qu’elle a laissé des deux côtés. Sa caméra suit avec une infinie délicatesse les personnages de son histoire dans un très beau classicisme, qui peu à peu nous emmène vers une forme de transgression. Il aborde finement la question délicate du pardon, de la culpabilité et place au cœur de son film le mensonge, en démontrant qu’il peut parfois s’avérer réparateur. La jeune actrice allemande Paula Beer illumine l’écran de sa grâce, sa beauté, sa sensibilité, sa justesse, Pierre Niney confirme qu’il n’est jamais aussi bon que dans le drame et les comédiens allemands sont parfaits chacun dans son registre. Nous sommes en 1919 dans une petite ville allemande, où une jeune femme se rend quotidiennement sur la tombe de son fiancé mort pendant la guerre. Un jour elle y découvre des fleurs déposées par un jeune français qui vient également tous les jours se recueillir avec émotion sur la tombe. Au fil de la trame, nous découvrons qui est ce jeune homme et ce qu’il est venu faire en Allemagne. Dès les premières images, cette histoire nous intrigue, puis très vite nous passionne pour nous laisser un souvenir cinématographique impérissable.

                                                                                                                      

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Publié dans Films

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