Un pur roman noir sans complaisance

Publié le par Michel Monsay

Un pur roman noir sans complaisance

Jeune écrivain écossais d’une trentaine d’années, Malcom Mackay clôt ici une trilogie qui a valu à son auteur bien des éloges. Ce dernier roman, qu’on se le dise, pouvant être apprécié à sa juste valeur sans avoir lu les deux premiers. Point de héros dans cette histoire, ni du côté de la mafia ni de celui de la police, le romancier dessinant ses personnages avec une certaine froideur, tout en auscultant chaque geste, chaque comportement, leurs interrogations, leurs calculs, leurs doutes, leurs peurs. Derrière une écriture sèche, précise, composée de phrases courtes, il dépeint le crime organisé sans glorifier qui que ce soit, simplement des hommes avides d’argent et de pouvoir. Cela change de bon nombre de polars fascinés par la mafia ou pour le moins indulgents avec elle, et le résultat est d’autant plus glaçant, impressionnant. Après une séquence d’ouverture qui nous plonge directement dans la noirceur de ce roman, l’intrigue va s’épaissir, avec plusieurs personnages dont nous allons suivre les faits, gestes et manigances, dans un crescendo admirablement bien construit. L’action se déroule à Glasgow, un comptable de 61 ans qui a une clientèle de petits chefs d’entreprise honnêtes en apparence, pour lesquels il arrange parfois les comptes, finit un peu tardivement sa journée. En allant récupérer sa voiture sur le parking, deux policiers lui demandent de le suivre au commissariat pour lui poser des questions. Chemin faisant, il se rend compte que la voiture ne prend pas la direction du commissariat, et n’est plus tout à fait sûr qu’il s’agisse de policiers. Ce roman, qui devient rapidement addictif, nous entraîne dans l’univers glauque de la pègre que l’auteur retranscrit et analyse minutieusement, comme cela a rarement été fait jusqu’à présent. C’est à la fois très juste, épuré, et pourtant l’émotion est bien présente dans ce polar haletant.

 

                                                                                                                   

Ne reste que la violence – Un roman de Malcom Mackay – Editions Liana Levi – 337 pages – 19 €. 

Publié dans Livres

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