A ce niveau le cinéma est un art majeur

Publié le par Michel Monsay

A ce niveau le cinéma est un art majeur

Il aura fallu attendre huit ans pour que l’un des maîtres du cinéma asiatique, le taïwanais Hou Hsiao-hsien sorte un nouveau film, mais le résultat dépasse toutes les attentes. A 69 ans, le cinéaste nous offre sans doute sa plus belle œuvre, qui s’est vue récompensée très justement par le Prix de la mise en scène au Festival de Cannes 2015. D’une perfection visuelle rarement atteinte, ce film regorge de plans-séquences chers au cinéaste. Il les a toujours préférés aux effets de découpage et de montage des scènes, qui théâtralisent l’action et dont la majeure partie de la production cinématographique se nourrit. Chaque plan-séquence est une œuvre d’art à part entière, dans sa lumière d'une beauté incroyable, ses cadrages au millimètre où chaque détail a son importance tant au premier plan qu’en arrière plan, ses admirables scènes filmées à travers un voile qui ondule, ses costumes, ses décors, ses paysages. C’est un enchantement permanent qui n’a rien d’artificiel, bien au contraire le réalisateur a voulu être le plus authentique possible dans la reconstitution de cette Chine de la dynastie Tang. Le rythme du film qui privilégie la lenteur, la contemplation, ajoute au pouvoir de fascination que les images nous procurent, et même lorsqu’il s’accélère dans les scènes de combat, l’épure que propose le cinéaste, au contraire des œuvres du genre, impressionne encore davantage. Avant de plonger au cœur des superbes couleurs dans lesquelles le film baigne, l’histoire démarre en noir et blanc au IXème siècle dans une province de Chine. Une princesse nonne taoïste qui veille aux intérêts de l’empire commande à une jeune femme d’assassiner un dignitaire scélérat. Cette redoutable tueuse, incarnée par la sublime Shu Qi, a été confiée quelques années auparavant par sa famille à la nonne pour parfaire son éducation, notamment en matière d’arts martiaux et de maniement du poignard. Si sa technique est irréprochable, ses sentiments l’empêchent parfois d’agir. Il est des films d’une telle richesse que les voir ou les revoir apporte un plaisir sans cesse renouvelé, permettant de découvrir chaque fois des merveilles cachées.

 

                                                                                                                      

The assassin – Un film de Hou Hsiao-hsien avec Shu Qi, Chang Chen, Zhou Yun, … - Ad Vitam – 1 DVD : 19,99 €.

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