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Un film intense sur l'emprise, porté par deux interprètes épatants

Publié le par Michel Monsay

Un film intense sur l'emprise, porté par deux interprètes épatants

La réalisatrice Géraldine Nakache nous a déjà prouvé l’acuité de son regard sur la complexité des rapports humains. De Tout ce qui brille (2010) à J’irai où tu iras (2019), il a toujours été question, derrière la comédie, de liens, d’appartenance, de loyauté, de la place que l’on occupe dans la vie des autres et du regard qu’ils posent sur nous. Pour son quatrième long-métrage derrière la caméra, elle change radicalement de registre sans tout à fait changer de sujet. Avec ce thriller psychologique et pamphlet contre une interprétation dévoyée de la religion à des fins d'instrumentalisation, Géraldine Nakache réussit son incursion dans un genre dramatique. Comme Maïwen avec Mon roi, ou encore Valérie Donzelli dans L'amour et les forêts, adapté du roman d'Éric Reinhardt, Géraldine Nakache raconte une histoire d'emprise, et l’état de confusion dans lequel elle plonge la femme au sein du couple. Le film ajoute une singularité à cette thématique, en y intégrant la dimension religieuse, qui offre quand elle est pratiquée de manière radicale un cadre propice à l'expression des rapports de domination masculine, et donne ici au mari des armes supplémentaires, sous forme d'arguments, pour soumettre sa femme. L'excellente interprétation de Mona Chokri, l'actrice réalisatrice de Simple comme Sylvain notamment, sobre, nuancée, transmet avec justesse les sentiments contradictoires qui traversent son personnage, nous faisant saisir son chemin intérieur, la complexité de ce type de relation, et les difficultés pour la victime pour s'en extraire malgré l'évidence de la violence qui conduit à l'impasse. En face, Niels Schneider incarne remarquablement un spécimen classique de ce type de dominateur toxique, un homme beau, charismatique, plein de charme, capable de passer de la douceur à la brutalité, des insultes aux larmes, du mâle dominant colérique à la victime pleurnicharde, en un claquement de doigts. Clémentine Célarié est très juste en mère aimante, constamment tiraillée entre sa joie naturelle, son optimisme, ses doutes et sa terreur grandissante. L'une des réussites du film tient à son approche presque clinique de la violence psychologique. Géraldine Nakache privilégie une violence invisible aux démonstrations spectaculaires. Ici, pas de coups ni de sang : la domination passe par les mots qui rabaissent, culpabilisent, menacent, isolent et enfin dépossèdent. Elle installe progressivement un malaise qui contamine chaque échange, jusqu’à transformer le quotidien conjugal en véritable piège mental. Par une caméra toujours proche de sa protagoniste, le film met le doigt avec une grande justesse sur la masculinité toxique de son mari, en apparence bien sous tous rapports mais qui allie rigueur religieuse détournée à ses propres fins et contrôle de sa compagne. 

Publié dans Films

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Marina Vlady ou la liberté d'une vie artistique et militante bien remplie

Publié le par Michel Monsay

Marina Vlady ou la liberté d'une vie artistique et militante bien remplie
Marina Vlady ou la liberté d'une vie artistique et militante bien remplie
Marina Vlady ou la liberté d'une vie artistique et militante bien remplie

L'actrice, écrivaine et chanteuse Marina Vlady est décédée jeudi à 88 ans. Longs cheveux blonds et visage à la Botticelli, Marina Vlady est née en 1938 à Clichy (Hauts-de-Seine) de parents émigrés russes. Sa mère, danseuse étoile et son père, chanteur d'opéra lui ont très tôt transmis le goût de la scène. D'abord petit rat de l'Opéra de Paris, elle décroche son premier rôle au cinéma à l'âge de 11 ans. Elle a ensuite tourné plus de 80 films avec entre autres Jean-Luc Godard, Orson Welles, Bertrand Tavernier, André Cayatte, Ettore Scola, et Robert Hossein avec lequel elle fut mariée dans les années 1950. Marina Vlady a tourné quatre films avec lui, dont Les salauds vont en enfer, elle a 17 ans, marche sur les plages de Camargue, recueille deux voyous meurtriers (Henri Vidal et Serge Reggiani) qu’elle manipule à sa guise. Elle est impassible devant le désir qu’elle suscite. À l'inverse, dans Toi le venin, du même Robert Hossein, elle est clouée dans un fauteuil roulant. C’est un visage qu’il filme, scrute, détaille. Pur, immaculé, étonnant, fascinant. C’est cette dualité que va constamment refléter l’actrice : visage de Joconde, corps de Messaline. Dans La Princesse de Clèves (1960), qui reste hélas son film le plus célèbre, en effet l’académique Jean Delannoy n’utilisant que sa beauté froide, elle n’est que la moitié d’elle-même. Corsetée, comme asphyxiée. Marco Ferreri, malin comme un singe, l’utilisera à merveille dans Le Lit conjugal. Il la métamorphose en bourgeoise catholique bien décidée à enfanter, puisque ses parents le veulent et que ces chers curés l’exigent. La splendeur de son visage va attirer celui qu’elle a choisi pour mari et futur père. Et son corps le tuera à force d’amour. La férocité du cinéaste culmine lors du dénouement : une veuve, de noir vêtue, fixe l’objectif, son beau bébé dans les bras. Le film fait évidemment scandale, mais Marina Vlady obtient, lors du Festival de Cannes 1963, un Prix d’interprétation amplement mérité : c’est l’aboutissement de son image ambiguë, osmose entre la chair et l’esprit. Toute sa vie, elle sera une comédienne engagée, à gauche toute. Marina Vlady a milité pour l’indépendance de l’Algérie, signé le « Manifeste des 343 » sur l’avortement, soutenu son troisième mari le chanteur soviétique Vladimir Vyssotski, censuré par le régime, et avec le cancérologue Léon Schwartzenberg, son dernier compagnon, défendu tous les « sans » : sans-toit, sans-papiers, sans-travail, en créant le DAL, l'association pour le droit au logement. Au milieu de films populaires, elle tourne également des œuvres d'auteur ou politiques, comme Sirocco d’hiver (1970), de Miklós Jancsó, ou Sept Morts sur ordonnance (1975), de Jacques Rouffio. S’il ne fallait retenir qu’un film dans sa carrière, ce serait celui de Michel Deville, Adorable menteuse (1962). Parce qu’il aura été l’un des très rares, avec Bertrand Tavernier dans Que la fête commence (1976) et Ettore Scola dans Splendor (1989), à avoir su allier sa beauté à sa gaieté. Dans Adorable Menteuse, Marina Vlady invente et s’invente, trompe et se trompe, mue par cette seule certitude : l’artifice révèle la vérité de la vie. À la fin de cette comédie euphorisante, on la quitte sereine, épanouie, accueillant la naissance du jour comme la promesse d’un bonheur possible.

Publié dans Chroniques

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Drame passionnant et glaçant comme la nature alentour

Publié le par Michel Monsay

Drame passionnant et glaçant comme la nature alentour

Le sixième long-métrage de Cristian Mungiu, dont on avait beaucoup aimé R.M.N notamment, comme les précédents, radiographie les rapports humains. À travers une histoire d’incommunicabilité dans une petite communauté norvégienne où s’installe une famille roumaine, il questionne l’acte de croire. Au terme du dernier Festival de Cannes, Cristian Mungiu a rejoint le cercle très fermé des cinéastes deux fois lauréats de la Palme d’or. Dix-neuf ans après 4 mois, 3 semaines, 2 jours, le réalisateur roumain est couronné avec Fjord, drame malaisant et passionnant qui pose des questions essentielles même si désagréables sur l’extrémisme religieux, le wokisme, les idées reçues et les bonnes volontés, qui parfois mènent à l’intolérance sous toutes ses formes. Pour la première fois, le cinéaste quitte son pays et nous embarque en Norvège et pour la première fois, il s’adjoint un casting international avec la lumineuse actrice norvégienne Renate Reinsve, que l'on avait adoré dans Valeur sentimentale et Julie (en 12 chapitres), et l'américain Sebastian Stan. Méconnaissable comme souvent, mais ici plus que jamais, Sebastian Stan, à mille lieues des Avengers et autres Captain America, mais aussi du Donald Trump qu’il campait dans The Apprentice, retrouve pour la première fois à l’écran ses racines roumaines et sa langue natale. Il compose un personnage jamais aimable, sans le charger pour autant, qui est un des grands mystères du film. Dans le rôle de son épouse, Renate Rensve dépouillée de sa lumière naturelle, femme grise menée par ses convictions intimes, est aussi une mère nourricière bouleversante. Tendu, glacé, glaçant, le film se regarde avec la boule au ventre, car tout ce qui tisse les liens compliqués dans cette communauté progressiste est un enchevêtrement puissant et troublant d’images et de sons, de regards et de mots. Tout le récit parle autant d’emprise que de cancel culture, d’intégrisme que de liberté, de préjugés que d’amour, et les nuances apportées dans la mise en scène par Cristian Mungiu, multipliant les plans d’ensemble et n’isolant que rarement ses protagonistes, sont délicates, déroutantes, enrichissant le propos et donnant le tournis. Car il n’y a ni bons ni méchants dans ce grand film, questionnant, comme dans toute l’œuvre du cinéaste, l’ordre du Bien et du Mal. Cristian Mungiu n’a jamais tranché dans ses films, mais plutôt exposé, avec finesse et respect, les méandres si complexes de l’âme humaine. C’est ce qu’il fait ici, sans caresser personne dans le sens du poil. Et ce qu’il dit, au fond, tout simplement, c’est qu’il est plus que temps de se parler, de s’écouter et de s’entendre. 

Publié dans Films

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Génial Franquin et son Gaston Lagaffe

Publié le par Michel Monsay

Génial Franquin et son Gaston Lagaffe

Publié dans Chroniques

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Des anti héroïnes qu'on adore détester

Publié le par Michel Monsay

Des anti héroïnes qu'on adore détester

Créée en 2012 cette série est l’œuvre d’une jeune femme précoce, alors âgée d’à peine 25 ans, Lena Dunham. Elle nous raconte la vie de quatre copines qui ont la vingtaine, vivent dans le quartier new-yorkais de Brooklyn et évoluent dans cet entre-deux qui sépare la fin des études et l’entrée dans l’âge des responsabilités. Elles sont ballottées entre recherches de boulot et déboires sexuels, bohème cool et peur viscérale de l'avenir, dans cette série drôle et crue qui montre l’angoisse d’une partie de la jeunesse d’aujourd’hui. Ces femmes mises en avant ressemblent à celles que l’on croise dans la rue. Une idée neuve dans un monde des séries alors dominé par les voix masculines. Les physiques y sont imparfaits, parfois très beaux, mais surtout vivants. Le quotidien y est filmé avec une frontalité inédite, et la série dissocie volontiers nudité et sexualité. Girls prouve aussi que le sexe peut être raconté autrement que sous l’angle du dilemme avec ou sans sentiments, récurrent dans les séries de filles. Cette génération-là ne se préoccupe plus de savoir si elle doit coucher le premier soir. D’ailleurs, le sexe y est rarement satisfaisant. En revanche, la question du consentement est centrale dès les premiers épisodes. Lena Dunham prouvera d’ailleurs sa capacité à saisir l’air du temps dans le troisième épisode de la dernière saison, qui met en scène un écrivain célèbre accusé d’avoir contraint sexuellement plusieurs jeunes femmes. Cela en 2017, quelques mois avant que n’éclate l’affaire Weinstein, ce producteur américain accusé d’avoir agressé sexuellement et violé plusieurs femmes, et que n’explose le mouvement #metoo. Qui peut se targuer, à 30 ans, d’avoir fait tenir une série pendant six saisons sur HBO, avec une telle liberté ? Girls a la paternité des séries, où le personnage central est une jeune femme attachante mais un peu paumée, qui ont envahi les écrans, notamment au Royaume-Uni avec Fleabag. Ces séries ont toutes en commun d’être un peu autobiographiques et assez autocentrées, mais authentiques et sans filtre. Il y a une volonté de mettre en scène le chaos, un verrou a lâché, et personne n’oubliera que c’est Girls qui a forcé la porte. Auparavant, le plus gros de la production se révélait particulièrement stéréotypé et quasiment archaïque. Alors qu’avec Girls la créatrice et comédienne Lena Dunham révolutionne l’idée du désir : elle dévoile très souvent son corps en surpoids en tant que corps qui désire et qui est désiré. Un autre personnage de la série, Marnie, incarne cette génération de jeunes femmes qui se débat avec des images très contradictoires de la sexualité, entre éducation conservatrice et accès illimité au porno sur Internet. C’est la jeune fille prude au corps parfait, qui aura des scènes de sexe sans que l’on montre son corps, ce qui est particulièrement novateur parce que, pré­cisément, on n’utilise pas sa plastique parfaite. En six saisons, Girls n’a eu de cesse de souligner le gouffre entre fantasme et réalité, ses personnages se contentant de jouer une maturité qui leur manque cruellement. Portée aux nues par certains, descendue par d'autres, Girls a été un raz-de-marée médiatique et culturel pendant les cinq années de sa diffusion (2012-2017). Avec son humour subversif, ses scènes de sexe graphiques et ses protagonistes délicieusement insupportables, la série audacieuse a bousculé un bon nombre de conventions télévisuelles et déclenché un flux infini de controverses, d'attaques misogynes et autres réactions outrées. Mais rétrospectivement, elle s'est bien avérée aussi emblématique que son héroïne l'aurait souhaité.

Girls est à voir ici sur HBO Max pour 6,99 € un mois sans engagement avec pub, ou 10,99 € sans pub.

Publié dans replay

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Un chef d’œuvre d’une sensibilité et d’une délicatesse absolues

Publié le par Michel Monsay

Un chef d’œuvre d’une sensibilité et d’une délicatesse absolues

Le sol français accueille l'admirable cinéaste japonais Ryusuke Hamaguchi, qui nous avait déjà éblouis avec Asako et Contes du hasard ou Drive my car pour ne citer qu'eux, et lui permet d’y inscrire le cadre de son nouveau chef-d’œuvre : Soudain, au cœur duquel la formidable Virginie Efira trouve l'un de ses plus beaux rôles. Il y a au cœur de ce film deux femmes qui se rencontrent, et quasi instantanément se met à circuler une énergie singulière, et rarement filmée pour le grand écran : soit une relation dénuée de tout érotisme, mais entièrement focalisée sur l’écoute entière, l’échange, le dialogue, la conversation, le partage, le soutien mutuel, et, chose miraculeuse : une réelle compréhension. Tout, dans ce film bouleversant, participe ainsi de ce mouvement perpétuel, dont on sent l’élan naissant à l’instant précis de la rencontre. Tout dans ce récit repose sur une cadence douce, maîtrisée, apaisante, qui croit manifestement en un monde où la concorde aura damé le pion à la frénésie, où les névroses collectives auront trouvé leur antidote, où la mélancolie reculera au profit de l’entraide. Rien, jamais, ne vient troubler la beauté fulgurante qui se déploie à l’écran car Ryusuke Hamaguchi, en réponse à notre réalité capitaliste qui, au-dehors de la salle, se dévitalise de toute bienveillance et de toute recherche d’altérité, érige, lui, une douceur et une humanité fulgurantes. Voir ces deux femmes discuter, se comprendre et s’aimer, plonger leurs regards dans celui d’une vieille dame dévaste, terrasse, car cette douceur est une gifle rappelant tout ce dont on nous prive. Tout ce dont on se prive. Tout, dans Soudain, est vecteur d’émotion sans que l’on puisse toujours, ou tout à fait, savoir comment, pourquoi. Peut-être parce que, raconteur de génie, le cinéaste capte les vibrations invisibles du monde et crée la sidération avec rien ou si peu. Quand tout, au-dehors, pousse à la résignation, avec un talent très rare, Ryusuke Hamaguchi tente, pendant 3h16, de rendre possible l’impossible, de soigner le monde. Comment ne pas le suivre ? Soudain aurait dû avoir la Palme d’or du Festival de Cannes 2026. Au final, il est reparti avec un double prix d’interprétation féminine amplement mérité pour Virginie Efira et Tao Okamoto, deux actrices en état de grâce dans cette rencontre bilingue, entre français et japonais. Ryusuke Hamaguchi confirme une nouvelle fois sa place essentielle sur la carte du cinéma mondial.

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Ingmar Bergman a de l’humour et il le prouve

Publié le par Michel Monsay

Ingmar Bergman a de l’humour et il le prouve

L'immense Ingmar Bergman l’a reconnu, ses rapports avec la comédie ont longtemps été compliqué. On a toujours dit de lui qu'il n'avait pas d’humour. Il prouve le contraire avec brio dans ce film dont le thème est éminemment bergmanien : La conscience effarante qu’on puisse s’aimer et qu’on ne puisse pas pour autant vivre ensemble. De ce constat qui nourrit, sur un mode tragique, la plupart de ses chefs-d’œuvre, le cinéaste a fait exceptionnellement un vaudeville champêtre et ironique où femmes, maris, futurs amis et ex-maîtresses s’affrontent, se séparent ou se retrouvent une nuit de la Saint-Jean. Le titre fait évidemment référence au Songe d’une nuit d’été, la pièce la plus fantaisiste de Shakespeare, mais ces Sourires d'une nuit d'été rappellent tout autant les jeux de l’amour et du hasard chers à Marivaux, avec des dialogues cinglants dignes de Beaumarchais. Le cinéaste, qui reçut le Prix de l’humour poétique au festival de Cannes 1956, connaissait à l’époque une grave dépression et songeait au suicide. Il a déclaré qu’il hésitait entre mettre fin à ses jours ou réaliser une comédie. Sourires d’une nuit d’été prend donc racine dans les tortures psychiques du cinéaste. Le film reste pour Bergman l’occasion de réaliser une comédie et de jouer avec les codes du genre, en déclinant les combinaisons de couples dans un cercle appartenant pleinement au marivaudage, tout en insérant ses angoisses et ses démons, avec comme grand et hideux démon surplombant les autres, cette peur impossible à contrôler le fossé qui sépare les hommes des femmes. Les protagonistes de cette histoire, quasiment tous en couple avec la mauvaise personne, vont entrer au fil de l'intrigue dans une sorte de ronde tragi-comique, qui n’épargnera personne. Les événements principalement orchestrés par les femmes vont souligner tout le ridicule des hommes, tout imbus d’eux-mêmes et empêtrés dans leurs certitudes. Ingmar Bergman connaîtra le succès international avec ce film qui déjà contenait un superbe noir et blanc et des cadrages qui feront sa réputation. Le cinéaste deviendra par la suite un habitué du festival de Cannes, et en 1997, il se verra remettre la Palme des Palmes pour l’ensemble de sa carrière. Woody Allen, grand admirateur, s’inspirera de cette œuvre pour son film Comédie érotique d’une nuit d’été.

Sourires d'une nuit d'été ici pour 2,99 € en location ou sur certaines plateformes de VOD.

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Humour noir

Publié le par Michel Monsay

Humour noir

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Souvenir de Covid !

Publié le par Michel Monsay

Souvenir de Covid !

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Une voix inoubliable s'est éteinte

Publié le par Michel Monsay

Une voix inoubliable s'est éteinte
Une voix inoubliable s'est éteinte
Une voix inoubliable s'est éteinte

Elle a fait danser la France entière avec les chansons puissantes et engagées de son groupe les Rita Mitsouko, la grande Catherine Ringer est morte à 68 ans d'un cancer foudroyant. C’est la mort qui l’a assassinée chantait-elle dans Marcia Baila, tube phénoménal des années 1980. L'artiste est partie à cause de cette même maladie qui avait contribué à la gloire des Rita Mitsouko, tout comme Fred Chichin, l'autre moitié du duo et son compagnon : un cancer. En effet, on se souvient qu'elle avait écrit cette chanson à propos du cancer qui emporta Marcia, amie et prof de danse de Catherine Ringer. Symbole fort des années 1980, Catherine Ringer avait posé la possibilité de s’émanciper, grandir, réussir, demeurer intransigeante tout en ayant du succès. C'est peu dire que les Rita Mitsouko sont devenus un groupe considérable pour ce qu'ils apporté, et que l'on n'est pas près d'oublier. Après sept albums qui donneront naissance à de nombreuses chansons entrées au Panthéon du rock français, telles que Marcia Baila, C’est comme ça ou Le petit train, pour ne citer qu'elles, les Rita Mitsouko disparaîtront brutalement en 2007, année du décès de Fred Chichin en pleine tournée du groupe. Cette année-là, Catherine Ringer terminera finalement la tournée sans lui, sous le nom Catherine Ringer chante Les Rita Mitsouko. À propos de la chanson Le petit train, il faut se souvenir d’avoir dansé, et peut-être même fait la chenille sur cette musique entraînante, sans écouter son texte : « Où t’en vas-tu ? Train de la mort ? » Elle y raconte l’histoire de son père, Polonais d’origine juive ashkénaze, rescapé après cinq ans de détention dans neuf camps de concentration. L'une de ses dernières apparitions eu lieu le 8 mars 2024 pour chanter avec le chœur de l’armée française Place Vendôme, lors de la cérémonie de constitutionnalisation de l’IVG présidée par Emmanuel Macron. Icône féminine et indépendante, elle avait alors repris La Marseillaise, féminisée pour l’occasion, avant d’éconduire le chef de l’État qui avait tenté de l’enlacer après sa prestation. Tout Catherine Ringer était encore là, dans cet instant de liberté et d’insoumission politique. Mais cette formidable chanteuse a réussi à renaître quatre ans après la fin des Rita Mitsouko, en sortant un magnifique album Ring n'Roll. La sublime voix de Catherine Ringer était hors norme, solide, avec plusieurs octaves qu’elle savait parfaitement utiliser, et son talent de scène était aussi assez unique. Chaque fois qu'elle reprenait une chanson d'un autre artiste, elle nous en offrait une version inoubliable. À une époque où l’on aurait tellement besoin de sa liberté et de sa créativité, elle s'en est allée. Notre tristesse est profonde.

Publié dans Chroniques

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