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Passionnante minisérie documentaire sur l'itinéraire d'un géant du cinéma

Publié le par Michel Monsay

Passionnante minisérie documentaire sur l'itinéraire d'un géant du cinéma

En cinq heures, Rebecca Miller explore avec brio et sensibilité l’entrelacement de la vie et de l’œuvre de l'un des plus grands cinéastes de l'Histoire. Jamais Martin Scorsese n’avait raconté avec un tel luxe de détails ses premières années. Plus encore, jamais interrogateur n’était parvenu à faire apparaître avec une telle évidence les liens entre la vie d’un enfant grandi dans l’un des quartiers les plus pauvres et les plus dangereux de New York, et l’œuvre d’un des plus grands créateurs de l’histoire du cinéma. Le mérite en revient à la fille d'Arthur Miller, par ailleurs réalisatrice de fictions et épouse de Daniel Day Lewis qui a joué dans deux longs-métrages de Scorsese. On ne s’étonne donc pas que l’auteure de Mr. Scorsese ait eu accès entre autres à Robert De Niro, Leonardo DiCaprio, Steven Spielberg ou Daniel Day Lewis, tous quatre si rares en témoignages et si passionnants dans cette minisérie documentaire. Rebecca Miller, qui a également eu accès aux importantes archives du maître, excelle également à mettre en lumière la place essentielle des femmes dans l’œuvre et la vie de Scorsese. Les grands rôles féminins sont rares dans sa filmographie mais présents dès ses débuts, Ellen Burstyn dans Alice n’est plus ici (1974) jusqu'à aujourd'hui Lily Gladstone dans Killers of the Flower Moon (2023), en passant par Michelle Pfeiffer et Winona Ryder dans Le Temps de l’innocence et Sharon Stone dans Casino (1995). Une enfance sous cloche, dans une communauté italienne à la fois bienveillante et intransigeante, qui laissera des traces sur le jeune Marty : le sentiment de rejet, la fascination pour les caïds du quartier, l’injustice, la frontière poreuse entre le bien et le mal… En créant des ponts entre des événements personnels et leur prolongation sur grand écran, Rebecca Miller brosse le portrait d’un hyperactif enragé qui purge ses frustrations dans la fiction et questionne la morale à travers des héros marginaux, en quête maladive de reconnaissance, qui lui ressemblent. En cinq épisodes d’une heure, Mr. Scorsese restera le film le plus complet, le plus émouvant qu’on ait pu réaliser sur un cinéaste. Cela tient à sa longueur, l’amplitude de son geste, la disponibilité des proches et des collaborateurs, et celle du cinéaste lui-même. Tout y passe : la famille, les amis d’enfance, les mariages, les enfants, la colère et la dépression, son addiction à la cocaïne, son rapport au catholicisme. Il en ressort une leçon magistrale de cinéma et d'humanité, de Mean Streets à Killers of the Flower Moon, qui nous régale tout du long et nous donne l'envie de revoir tous les films de ce petit monsieur si grand par le talent.

Mr. Scorsese est à voir ici sur Apple Tv+ pour 9,99 € un mois sans engagement ou en profitant de l'essai gratuit.

La bande-annonce ci-dessous est en vo, mais en regardant la série sur Apple Tv+ vous aurez les sous-titres en français.

Publié dans replay

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Admirable premier film incandescent et émouvant

Publié le par Michel Monsay

Admirable premier film incandescent et émouvant

Directrice de la photographie courue du jeune cinéma français, Marine Atlan pour son passage au long-métrage fait fort. Elle signe un portrait de la jeunesse obsédant, entre espoir, désir et frustration, en plein séjour scolaire au pied du Vésuve. Le doute et l’élan irriguent les veines de cette aventure collective, où la caméra suit quelques individualités pour mieux raconter la vie en mouvement. Une existence précieuse et fragile à la fois, car la mort rôde, dans les vestiges pompéiens, dans la généalogie d'un des protagonistes, et dans la mélancolie ambiante des paradis perdus. C’est cet équilibre trouvé entre la vitalité et la désillusion qui illumine l’écran. Marine Atlan regarde sans supériorité l’âge des dix-sept ans semé de contradictions, où le coup de sang côtoie la douceur, et l’émerveillement la peur. D’un côté, le naturel, la fougue de la jeunesse, le scintillement enchanteur des surfaces. De l’autre, la gravité, le plomb des origines, la quête d’une profondeur mythologique. Forte de son expérience comme chef opératrice, la caméra reste toujours à la bonne distance, frontale mais pudique. Ces jeunes gens sont là devant nous, turbulents, silencieux, bourreaux ou victimes, garçons, filles, désirés ou rejetés, et échappent constamment aux cases dans lesquelles un mauvais film aurait pu les emprisonner. Porté par l’énergie de l’adolescence, La Gravida file d’abord vite, chahute pour mieux réussir ensuite à capter les silences, tout ce qui ne se dit pas, les creux et les pleins d’une génération au sommet d’un monde, aux portes d’un autre. Petit à petit se détachent du groupe des visages, des trajectoires et ce qui n’aurait pu n’être qu’un film à l’aspect documentaire, devient une grande machine à fiction. En emmenant ses ados à Naples, non loin de Pompéi, Marine Atlan convoque autant l’imaginaire de la catastrophe annoncée, la pétrification des corps, la menace de l’éruption comme une métaphore, que le fantôme de la modernité cinématographique et le Voyage en Italie de Rossellini. C’est comme si ces adolescents fougueux et tristes étaient sans le savoir écrasés par le poids d’un passé qu’ils ignorent. Ce que réussit Marine Atlan avec sa bande de comédiens impressionne, car elle parvient à mélanger parfaitement la puissance du naturalisme avec la grandeur et l’émotion du romanesque, et ose le contre-pied d'une tendance à la vitesse, à l'efficacité d'un cinéma formaté par les séries, en imposant son rythme. Outre les jeunes non-professionnels d'une grande justesse, la comédienne Antonia Buresi incarne remarquablement la prof avec une vitalité, une passion et une colère réjouissantes. À l'heure où des centaines de milliers de lycéens se mobilisent pour crier leur mécontentement, La Gradiva perce l'âme d'une jeunesse en quête d'un monde moins sale, et nous bouleverse par sa pertinence, son intelligence, sa beauté visuelle et son humanité.

Publié dans Films

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Impressionnant condensé de l’histoire de la photographie

Publié le par Michel Monsay

Impressionnant condensé de l’histoire de la photographie
Impressionnant condensé de l’histoire de la photographie
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Impressionnant condensé de l’histoire de la photographie
Impressionnant condensé de l’histoire de la photographie
Impressionnant condensé de l’histoire de la photographie
Impressionnant condensé de l’histoire de la photographie
Impressionnant condensé de l’histoire de la photographie
Impressionnant condensé de l’histoire de la photographie
Impressionnant condensé de l’histoire de la photographie
Impressionnant condensé de l’histoire de la photographie
Impressionnant condensé de l’histoire de la photographie

À l’ancienne Bourse de commerce, à Paris, un accrochage éblouissant de quatre cent cinquante clichés d'Irving Penn, rien que ça, est le point d'orgue de la plus grande exposition photo du moment réunissant quelques uns des plus grands noms de cet art. Cet accrochage magistral permet de sentir comme jamais le génie de cet artiste américain dont le style dépouillé des compositions tranche avec le raffinement des tirages. À lui seul, cet ensemble vaut le déplacement. Mais il serait dommage de passer à côté du reste, tant la nouvelle exposition de la Collection Pinault, à Paris, offre une leçon éblouissante et subjective de photographie. Non pas un récit chronologique de l’évolution du média et de ses techniques depuis le XIXᵉ siècle, mais une réflexion passionnante sur la fabrique de l’image, portée par une succession de chefs-d’œuvre regroupés par thèmes, qui dialoguent à travers les époques et les continents. On y croise aussi bien Richard Avedon que Man Ray ou Edward Steichen, mais aussi August Sander, Cindy Sherman, Dorothea Lange, Henri Cartier-Bresson, Annie Leibovitz ou Raymond Depardon pour ne citer qu'eux. Dans les années 2000, Depardon avait sillonné la France des sous-préfectures à bord d’une fourgonnette avec une chambre. L’accrochage ici invite à une déambulation au cœur de ces paysages sans charme, que le talent du photographe parvient à valoriser. Le titre de l’exposition est emprunté à l’œuvre Remember me de l’artiste américaine Barbara Kruger, qui investit la Rotonde du bâtiment avec une installation où mots et images prennent possession de l'architecture du musée. Ces deux mots Remember Me font écho à l’une des fonctions fondamentales de la photographie : conserver une trace, fixer une présence et faire survivre une image à ce qui disparaît. La mémoire devient ainsi le fil rouge d’un parcours riche de 700 œuvres qui fait dialoguer photographie patrimoniale et création contemporaine de 70 artistes. Portrait, paysage, photographie documentaire, expérimentation ou mise en scène : l’exposition montre la diversité d’un médium qui, depuis deux siècles, enregistre le monde autant qu’il contribue à construire notre manière de le regarder. Alors que l’on fête le bicentenaire de la photographie, chaque jour un peu plus noyée dans la bouillie écœurante des intelligences artificielles et des écrans sur lesquels des doigts scrollent à n'en plus finir, cette riche exposition nous en met plein la vue avec des photos dignes de ce nom.

Remember Me est à voir à la Bourse de commerce jusqu'au 18 janvier.

Pour voir les photos en plus grand, cliquez sur la première et faites défiler avec les flèches.

Impressionnant condensé de l’histoire de la photographie
Impressionnant condensé de l’histoire de la photographie
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Publié dans Expos

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Plongée réaliste et tendue comme un arc dans une unité hospitalière pédiatrique liée à la justice

Publié le par Michel Monsay

Plongée réaliste et tendue comme un arc dans une unité hospitalière pédiatrique liée à la justice

Tout comme son premier long-métrage, Un monde, qui nous immergeait dans l'univers de l'école sur le harcèlement scolaire à hauteur d'enfant et imprimait sa marque en une heure douze, Laura Wandel impose son deuxième opus en moins d’une heure treize. De l’art d’être concise, pour raconter et faire ressentir énormément. La précision de la narration et de la mise en scène, souvent menée par le plan-séquence, embarque le public en apnée. Exigeante dans son reflet documenté de la réalité, Laura Wandel n’en oublie pas la puissance de la fiction. Son équipe créative (image, son, montage) s’harmonise dans la méticulosité et la vitalité de cette course contre la montre, dont le cheminement et l’issue ne délaissent jamais l’humanité, sans une once de complaisance. L'hôpital dans L'intérêt d'Adam est au carrefour de toutes sortes de tensions, économiques, sociales, judiciaires, qui pèsent sur la société, ici données à voir à travers le cas d'Adam, dans le huis clos de l'établissement. Isolement, difficultés économiques, solitude, maltraitance nutritionnelle, détresse psychologique, la jeune mère cumule. Laura Wandel nous raconte avec une force rare, une incarnation de la souffrance et de la détresse, sur un ton particulièrement juste, celui d’un regard empathique et sans jugement moral. La cinéaste belge parvient à nous faire vivre le quotidien complexe de son héroïne, infirmière en chef d'un service pédiatrique hospitalier, de ses conditions de travail à sa charge mentale grâce à une mise en scène, qui n'est pas sans rappeler celle des frères Dardenne : Entre le bruit permanent, l’humeur des patients, leur défiance envers le corps médical, les moyens réduits du système hospitalier et du système judiciaire aussi en résonnance avec l’intrigue. Autour des deux personnages principaux féminins, remarquablement interprétés par Léa Drucker et Anamaria Vartolomei, L’intérêt d’Adam raconte aussi un monde où le sexisme ordinaire, et plus particulièrement la misogynie, soyons honnêtes, est à tous les coins de chambres, provenant à la fois des patients et des collègues. Un monde où la sensibilité est de plus en plus rejetée par une société déshumanisée, le comble dans un hôpital, et où, heureusement, la sororité devient une clé salvatrice pour défier un système gangréné en perdition. Ce film poignant, où folie de l’amour maternel et excès de zèle se répondent dans un suspense psychologique constant, capte l’implacable reproduction de la violence sociale diffuse, sa transmission silencieuse, ses interconnexions insidieuses. Et c’est là que réside la véritable tragédie : dans l’impossibilité de briser le cycle, dans l’aveuglement des institutions, dans la négation de l’humain au nom du protocole.

L'intérêt d'Adam est à voir ici pour 2,99 € en location ou sur toute plateforme de VOD.

Publié dans replay

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Passionnant docu-fiction

Publié le par Michel Monsay

Passionnant docu-fiction

En janvier 1977, la cour d’assises de Troyes juge Patrick Henry, kidnappeur et meurtrier du petit Philippe Bertrand, défendu par Robert Badinter. Abolitionniste fervent, le futur garde des Sceaux a échoué, cinq ans plus tôt devant cette même cour, à sauver de la guillotine Roger Bontems, exécuté avec Claude Buffet, alors que Bontems n’avait pas tué. Le grand avocat, panthéonisé le 9 octobre 2025, tient alors une nouvelle occasion de faire le procès de la peine capitale, avant l’abolition légale, le 9 octobre 1981. Dans un geste audacieux et réussi, la réalisatrice Caroline du Saint et le journaliste au Monde Franck Johannès s’associent à des acteurs de la Comédie Française afin de faire revivre les trois jours du procès dans ce docufiction. Dans un décor délibérément minimal et irréel, ni public ni jurés, une ambiance obscure de théâtre, Loïc Corbery incarne magistralement ce Badinter fiévreux, à la limite de l’agressivité, qui apostrophe le jury d’une voix vibrante, et Stéphane Varupenne interprète puissamment l'avocat général. Ce dispositif s’enrichit de nombreuses archives, rappelant notamment que, dans la France des années 1970, la foule hurlait « à mort » devant la Cour. L'un des points forts de ce docufiction est la copie inédite de la plaidoirie de Robert Badinter, fournie par sa veuve, Elisabeth Badinter, qui sert de support à Loïc Corbery, de même que la voix off qu'il interprète également est tirée du livre L’Abolition (2000) de Robert Badinter. Les autres interventions sont fidèles aux retranscriptions du procès, et cisèlent les arguments philosophiques, politiques et moraux qui éviteront à un coupable la lame qui « coupe un homme en deux ». Une mise en forme diablement efficace pour ressusciter un procès historique. Cette mécanique audiovisuelle offre un rendu fluide, où le va-et-vient permanent entre le ressenti de l’époque et l’analyse a posteriori par celui qui est devenu Garde des sceaux est particulièrement instructif. Le film rappelle également le rôle essentiel du bâtonnier Robert Bocquillon, merveilleusement incarné par Pierre Aussedat, qui s’autoproclame avocat commis d’office et va convaincre Robert Badinter de le rejoindre dans la défense de Patrick Henry. Il est vrai que les docufictions ne sont pas toujours captivants et surtout souvent mal joués, mais ici c'est tout le contraire et on reste aussi impressionné que les personnes présentes en 1977 dans la salle d'audience.

Badinter contre la peine de mort, le procès Patrick Henry est à voir ici ou sur le replay de France Tv.

Publié dans replay

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Une chronique rurale d'une générosité et d'une beauté inouïes

Publié le par Michel Monsay

Une chronique rurale d'une générosité et d'une beauté inouïes

Après avoir travaillé comme animateur pour les studios Pixar sur Wall-E et Là-Haut et avoir coréalisé deux Astérix avec Alexandre Astier, Louis Clichy signe avec Le Corset un premier long-métrage d’une tout autre facture, plus intime et artisanal. Inspiré de son enfance en Beauce, ce récit suit Christophe, un garçon contraint de porter un corset, et dessine un portrait sensible de la vie à la ferme, entre filiation et émancipation. Dans le palmarès des régions de France que l'on voit peu représentées à l’écran, la Beauce occupe une belle place. Avec des milliers d’hectares de champs à perte de vue, c’est une terre agricole sans relief, hormis les innombrables pylônes électriques qui quadrillent ce paysage des plus horizontaux. Le Corset n’édulcore pas le contexte social de ce territoire, en cette fin des années 1980 la famille de Christophe vit une période de bouleversement. D’une ferme polyvalente, qui mêle cultures et élevage, elle passe à une exploitation orientée vers plus de productivité, aux conséquences désastreuses pour la paysannerie, tentant de rivaliser tant bien que mal avec des exploitations agricoles gigantesques autour d’elle. Louis Clichy est lui-même fils d'agriculteurs de la région de Chartres, ayant dû aussi s’embarrasser d’un dispositif orthopédique. Et si le film n’est pas une autobiographie, il respire constamment cette sincérité du souvenir, cette tendresse nostalgique de ceux qui savent de quoi ils parlent. En quittant la rondeur de la 3D numérique pour la douceur de l’aquarelle, Louis Clichy va à l’essentiel et bouleverse. Pas de chichis, pas de superflu, uniquement la justesse du trait et du ton. Peint à l'encre de Chine et à l'aquarelle, Le Corset, en plus d'être une chronique bouleversante sur la ruralité, est un film qui procure beaucoup de plaisir aux yeux. Chaque image est une merveille d'artisanat qui dépeint, tantôt avec réalisme tantôt avec lyrisme, les joies et les affres de cet adolescent et d'une vie de ferme dans ce contexte. Ce retour à une animation plus traditionnelle donne l'impression de se laver les yeux, à une époque où l'animation 3D est devenue la norme et génère une profusion d'images lisses, impeccables sur le plan technique mais plutôt glaciales dans l'émotion. À travers le regard de Christophe, on redécouvre les réalités du monde agricole de la France du siècle passé, les difficultés de communication au sein des familles, la découverte de sentiments amoureux… Autant d’aspects émouvants portés par ces aquarelles dont la délicatesse rappelle sans cesse les fragilités de l’adolescence et ses questionnements qui balancent ici entre une chanson de Stéphanie de Monaco et le sublime Requiem de Gabriel Fauré. Le Corset est une merveille de sensibilité et d’intelligence.

Publié dans Films

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Une merveille

Publié le par Michel Monsay

Une merveille

L'un des plus beaux morceaux, Kashmir, de l'un des plus grands groupes de l'Histoire du rock, Led Zeppelin, qu'ils revisitent en 1994 en version plus orientale.                       C'est à tomber ! 12 minutes de bonheur.

Publié dans Chroniques

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Un portrait jamais vu de Brigitte Bardot par Kees van Dongen

Publié le par Michel Monsay

Un portrait jamais vu de Brigitte Bardot par Kees van Dongen

Après 67 ans dans l’ombre d’un atelier, un exceptionnel portrait de Brigitte Bardot peint par le grand Kees van Dongen sort enfin de sa cachette lors d’une vente aux enchères à Paris samedi 24 octobre. Cette toile restée dans la famille de l’artiste n’avait jamais été montrée au public. 

Publié dans Chroniques

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De la difficulté de s'affranchir du regard des autres chez les jeunes

Publié le par Michel Monsay

De la difficulté de s'affranchir du regard des autres chez les jeunes

Ce premier film juste et émouvant évoque avec finesse la fin de l’adolescence, les rapports de classe et le regard des autres. Dans cette chronique estivale plus âpre qu’il n’y paraît, deux jeunes amoureux se confrontent à leurs différences au cours de leurs premières vacances ensemble. Tout passe comme de rien dans des scènes simples, une discussion sur la plage, une soirée entre amis, une remarque anodine, et pourtant, tout est là. Sous les apparences du banal, le réalisateur Aurélien Peyre observe ce que Pierre Bourdieu nommait les réflexes de classe : ces habitudes, ces préférences, cette façon de parler, de juger, d’exister qui trahit l’héritage social. Le film explore ainsi la pression sociale qui pousse le personnage principal à éprouver de la honte face à sa copine qui ne vient pas du même milieu que ses amis aisés. Félix Lefebvre, révélé dans Été 85 de François Ozon, impose ici sa sensibilité éclatante et rageuse. Subtil et douloureux, il incarne l’ambivalence, les tiraillements, les contradictions d’un jeune homme en devenir, pris entre ce qu’il désire et ce qu’on attend de lui. Pour interpréter la petite amie, on découvre une nouvelle venue impressionnante, Anja Verderosa, qui insuffle une humanité inouïe, une vérité sensible à ce personnage plein de strates et de strass très intelligemment écrit. D’une stupéfiante authenticité, elle déjoue les pièges qui guettent son rôle pour façonner une interprétation inoubliable. Le film d'Aurélien Peyre, en plus d'être un touchant et lumineux récit d'initiation à la beauté mélancolique, est une ode à rester soi-même, à aimer les gens qu'on aime malgré le regard lourd de la société, à garder ses positions, quitte à ne pas être intégré à des bandes, souvent toxiques.

L'épreuve du feu est à voir ici en location pour 2 € ou sur toute plateforme de VOD.

Publié dans replay

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Des personnages glaçants pris en flagrant délit de normalité réactionnaire

Publié le par Michel Monsay

Des personnages glaçants pris en flagrant délit de normalité réactionnaire

Emmanuel Marre raconte dans ce film la collaboration depuis l’intérieur des ministères de Vichy, à travers l'histoire de son arrière-grand-père, fonctionnaire opportuniste. Surtout, et c’est rare au cinéma, il ne raconte pas la collaboration par ses événements les plus tragiques et spectaculaires : nulle image de rafle, de torture ou d’exécution. Pas non plus d’idéologues fanatiques ou de Division Charlemagne : c’est la collaboration d’État ordinaire, celle des bureaux, du langage technique et des réunions feutrées. C’est cette collaboration, précisément, qui est responsable de toutes les atrocités que l’on ne connaît que trop bien, présentes ici dans le hors-champ et au détour d’un dialogue. Une horreur d’autant plus forte qu’elle paraît ordinaire et immédiate. Emmanuel Marre décrit avec finesse la variété des profils qui composaient les ministères de la collaboration, des hitlériens de la première heure aux pacifistes mesurés tendance Laval, en passant par les optimistes, qui pensent pouvoir résister de l’intérieur, et bien sûr les opportunistes. On est loin du collabo illuminé et mesquin vu dans certains films sur la Résistance. Ce sont là des fonctionnaires encore une fois ordinaires, des gens sérieux et cultivés pour la plupart, mais qui ont autant de sang sur les mains que les français de la milice. Loin de la fiction historique en décors empesés et lumière léchée, la mise en scène de Notre salut propose une image granuleuse, très travaillée dans son esthétique et ses couleurs froides, qui rappelle que cette histoire appartient au passé. Mais dans le même temps, la caméra est souvent en mouvement, à la main, une manière de filmer sur le vif, dans un regard quasi documentaire, des dialogues qui semblent spontanés, modernes, impliquant le spectateur au plus proche des personnages. Ceux-ci sont très justement interprétés par l'ensemble des comédiens avec à leur tête l'excellent Swann Arlaud, impérial de raideur piteuse dans ce personnage minable et Sandrine Blancke qui incarne remarquablement sa femme. Avec Notre Salut, cette France collaborationniste si peu imagée au cinéma prend la forme d’un faux-documentaire intime, anachronique, dans une nouvelle forme de dialectique qui plonge ce film d’époque dans une contemporanéité qui fait froid dans le dos. Cette mise en scène naturaliste restitue une réalité nue, saisissante parce que débarrassée des récits qui, en couches successives, recouvrent avec le temps une vérité qu'on a du mal à regarder en face. En montrant comment, subrepticement, pas après pas, jour après jour, une majorité finit par adhérer à des thèses racistes pour collaborer ensuite d'autant plus facilement au régime criminel qui les met en œuvre, ce film nous invite à méditer sur le passé, sur l'Histoire, mais aussi et surtout sur notre présent, si vous voyez ce que je veux dire…

Publié dans Films

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