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Savoureuse comédie humaine où il est indispensable d'accorder ses violons

Publié le par Michel Monsay

Savoureuse comédie humaine où il est indispensable d'accorder ses violons

La grâce et l’élégance de l’écriture, signée par le réalisateur Grégory Magne et l'humoriste Haroun, qui joue des stéréotypes pour mieux les retourner et aller chercher la nuance et la demi-mesure, évitent au film de tomber dans le piège de la comédie pleine de clichés sur la musique classique et ses artistes capricieux. À travers l’histoire d'un quatuor virtuose, mais dans lequel l’intérêt personnel domine, Grégory Magne aborde avec réussite le thème du vivre ensemble. Comme le dit le compositeur Charlie Beaumont, incarné par un Frédéric Pierrot au sommet de son art, qui réussit ce prodige d’être à la fois bougon et solaire, parfois dans la même phrase : "Un quatuor n’est pas un club de foot dans laquelle on prend les joueurs les plus chers dans l’espoir d’en faire une équipe." En organisatrice, la délicieuse Valérie Donzelli, est tout à la fois concentrée et légère, sérieuse et irrésistible. Pour que tout ce petit monde arrive à se mettre au diapason, chacun devra apprendre des autres et de soi-même. Mathieu Spinosi, Emma Ravier, Daniel Garlitsky et Marie Vialle, tout quatre, musiciens dans la vraie vie, déploient leurs différences avec un sens aigu du tempo, faisant sonner les cordes comme les pointes saillantes des dialogues. Presque invisible, la mise en scène de Grégory Magne scrute les visages pour mieux les réinsérer dans un ensemble. Et puis, il y a la musique de Grégoire Hetzel, compositeur attitré des films d'Arnaud Desplechin entre autres. Joyeuse et discrète, complexe et prétexte à des joutes d’archet, emballante et sujette à des envolées légères, la musique, sujet et objet, aiguise tous nos sens dans Les Musiciens. Elle accompagne, projette, met en lumière et exalte dans un final émouvant tout ce à quoi l’humain aspire. Ne serait-ce que le temps d’un concert ou juste pour un instant, parfois. La paix, la beauté, la volupté. Ce très joli film dépeint avec finesse l’univers de la musique et ses tensions humaines, mêlant émotion, comédie et précision, pour parvenir à l'interprétation idéale d'une œuvre, obtenue par la vibration entre les êtres. Dans cette époque où personne ne semble s’entendre, le film crie haut et fort que les accords parfaits sont avant tout une affaire d’écoute.

Les musiciens est voir ici pour 2,99 € en location ou sur toute plateforme de VOD.

Publié dans replay

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La peinture lumineuse de Károly Ferenczy

Publié le par Michel Monsay

La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy

Né en 1862 et mort en 1917, Károly Ferenczy est un des artistes majeurs de la peinture hongroise. Il reste pourtant mal connu en France. La rétrospective au Petit Palais propose 140 toiles qui permettent de découvrir un artiste passionné par les scènes de nature et la représentation des corps, baignés de lumière. On y découvre des paysages vert dru où s’épanouit la vie en plein air, de multiples portraits familiaux, des scènes de baignade, quelques nus masculins ou féminins et des sujets bibliques. Car Ferenczy fait son miel de tous les sujets, empruntant un peu au naturalisme, flirtant avec l’impressionnisme, aimant l’art nabi, tout en restant lui-même. Un artiste cosmopolite au pinceau sensible, figure majeure de la modernité en Europe centrale, à la croisée des XIXᵉ et XXᵉ siècles. Le parcours révèle un peintre profondément européen. Les toiles de jeunesse témoignent d’une fascination pour la nature, observée avec une précision presque tactile. L’une des réussites majeures de cette rétrospective est de montrer combien l’artiste dépasse le seul statut de peintre paysagiste auquel on l’a parfois réduit. Les portraits familiaux comptent parmi les œuvres les plus bouleversantes du parcours. L’épouse, les enfants, les proches apparaissent dans une intimité dépourvue de toute sentimentalité facile. Károly Ferenczy scrute les visages avec une attention presque psychologique, révélant les silences, les fragilités et les mystères qui habitent les êtres. Cette belle exposition rappelle que les innovations artistiques ne se sont pas uniquement élaborées à Paris, Londres ou Berlin, mais également dans ces foyers créatifs d’Europe centrale où se sont inventées d’autres réponses aux bouleversements de la fin de siècle. Peintre de la lumière mais aussi de l’intériorité, Károly Ferenczy apparaît comme l’un des plus subtils interprètes de cette modernité inquiète et lumineuse qui marque l’entrée de l’Europe dans le XXe siècle.

Károly Ferenczy, Modernité hongroise est à voir au Petit Palais jusqu'au 6 septembre.

Pour voir les photos en plus grand, cliquez sur la première photo et faites défiler avec les flèches.

La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
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La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
La peinture lumineuse de Károly Ferenczy
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Fabuleux Léon et Marie-Ambre

Publié le par Michel Monsay

Fabuleux Léon et Marie-Ambre
Fabuleux Léon et Marie-Ambre
Fabuleux Léon et Marie-Ambre
Fabuleux Léon et Marie-Ambre
Fabuleux Léon et Marie-Ambre
Fabuleux Léon et Marie-Ambre
Fabuleux Léon et Marie-Ambre
Fabuleux Léon et Marie-Ambre

Il ne lui manquait plus qu'une médaille européenne à ajouter à ses multiples sacres mondiaux et olympiques. C'est chose faite ! Déjà titré à quatre reprises aux Jeux Olympiques et septuple champion du monde, Léon Marchand a poursuivi sa moisson ce samedi soir en prenant place sur le toit de l'Europe au terme de la finale du 200 m papillon en 1'51'72 . Déjà le plus rapide en demi-finales (1'53''95), le nageur de 24 ans n'a pas semblé plus gêné que cela par les restes de sa blessure à l'adducteur droit, contractée le 30 juin et qui l'handicape moins en papillon que lorsqu'il pratique la brasse. Passé en tête dans le deuxième 50 mètres, il a devancé le Hongrois Richard Marton et le Grec Apostolos Siskos. 

Une nouvelle médaille pour Mary-Ambre Moluh ! La Française de 20 ans a remporté la finale du 100 m dos, ce samedi à Saint-Denis aux Championnats d'Europe, avec un temps exceptionnel de 57''94, améliorant ainsi son record d'Europe. Elle est la seule nageuse européenne à être descendue sous les 58 secondes et rapporte une 3e médaille d'or à la France, sa 2e personnelle après le relais mixte 4x100 m 4 nages, ainsi qu'une médaille d'argent sur 50m dos. Pauline Mahieu a également rapporté une médaille de bronze, sa 2e de ces Championnats.

Dimanche, sur 400 m nage libre, Léon Marchand, impressionnant, s'est offert une nouvelle médaille d'or continentale. Il s'est imposé en 3'43''14, devant le Hongrois Oliver Papai (3'44''46) et l'Allemand Lukas Martens (3'44''57), champion olympique et recordman du monde. C'est un nouveau record de France pour Léon Marchand, qui efface des tablettes la marque de Yannick Agnel (3'43''85 en 2011). Ligne d'eau n°6, il a archidominé la course : il a pris les devants dès le départ, a touché en tête aux 50 m et n'a plus jamais été rejoint ensuite. Une performance qu'il a accomplie comme à son habitude grâce aux parties non nagées, ses coulées signature. Dès qu'il plonge dans une piscine pour une compétition internationale, c’est un géant, un monstre. Sans limite, sans barrière. Ce dimanche, il nageait le premier 400 m nage libre de sa carrière en grand championnat. Il assurait qu’il ne connaissait rien à la tactique de cette course, qu’il y allait à l’aveugle. Il jurait que se qualifier pour la finale des championnats d'Europe serait déjà une réussite. Il n’a pas seulement participé à la finale mais il l’a écrasée du début à la fin pour décrocher l’un des titres les plus inattendus de son ébouriffante carrière.

Entre le phénomène de la natation mondiale, notre Léon Marchand, qui nous avait ébloui aux Jeux Olympiques, et la nouvelle pépite Mary-Ambre Moluh, qui a déjà un niveau incroyable à 20 ans, ils nous ont régalé ce week-end.

Pour voir les trois courses qui ont sacré ces deux magnifiques athlètes, cliquez sur Regardez sur Youtube :

Publié dans Chroniques

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Didier Decoin, un conteur né

Publié le par Michel Monsay

Didier Decoin, un conteur né

L'écrivain et scénariste Didier Decoin, Prix Goncourt en 1977 pour John l'enfer et ancien président de l’Académie Goncourt de 2020 à 2024, est décédé à l’âge de 81 ans. Sa carrière d'écrivain démarre alors qu'il a 20 ans avec un premier roman, Le Procès à l’amour, qui sera suivi par une trentaine d’autres, dont La Femme de chambre du TitanicL’Enfant de la mer de Chine, Meurtre à l’anglaise ou Madame Seyerling. Fils du cinéaste Henri Decoin, il a été par ailleurs un scénariste prolifique pour le cinéma, travaillant pour des réalisateurs tels que Marcel Carné, Robert Enrico ou Henri Verneuil, mais aussi beaucoup pour la télévision. Il a dirigé la fiction de France 2 et a reçu en 1999 le 7 d’Or du meilleur scénario pour une mini-série sur Le Comte de Monte-Cristo. Passionné de faits divers, il a publié en avril son dernier roman, Maypops, inspiré d’une histoire vraie dans le sud des États-Unis, et en 2009, le bouleversant Est-ce ainsi que les femmes meurent ?, dont voici la chronique que j'avais écrite à l'époque :

Une noirceur éprouvante

Lauréat du prix Goncourt en 1977 avec John l'enfer, auteur de nombreux romans, essais et scénarios de films, à 64 ans Didier Decoin nous offre un livre poignant, qui reste longtemps dans nos esprits après l'avoir refermé. Nous sommes dans les années 1960 à New York, un homme noir de 29 ans achète une voiture blanche pour passer inaperçu, et se fondre ainsi dans les paysages enneigés des rues désertes de l'hiver new-yorkais. Parallèlement, nous faisons la connaissance d'une jeune femme du même âge, d'origine italienne qui tient un bar dans le quartier du Queens. Enfin, un troisième personnage, voisin de celle-ci, rentre de voyage et apprend que la charmante italienne a été assassinée. Si l'on croit tout savoir dès le début de cet incroyable récit, on est loin d'en deviner tous les aspects et sa funeste dramaturgie. Grâce à une étonnante construction et une science de la description, l'auteur nous familiarise avec chacun des protagonistes, ce qui a pour effet d'accentuer la portée de cette terrible histoire vraie. Au-delà d'une très fine analyse des différents comportements humains, Didier Decoin dissèque avec un réalisme glaçant cette violence sourde qui frappe au hasard. On en sort bouleversé.                                                    

Didier Decoin, un conteur né

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Impressionnant Maxime Grousset

Publié le par Michel Monsay

Impressionnant Maxime Grousset
Impressionnant Maxime Grousset
Impressionnant Maxime Grousset
Impressionnant Maxime Grousset

Premier sacre pour le clan français : Mary-Ambre Moluh, Carl Aitkaci, Maxime Grousset et Marie Wattel ont décroché l'or sur le 4x100 m 4 nages mixte (3'39''64), ce mardi soir aux Championnats d'Europe, à Saint-Denis. Grâce à une remontée supersonique de Maxime Grousset, tout frais vice-champion d'Europe du 50 m papillon, les Tricolores ont devancé de plus d'une seconde les Pays-Bas (3'40''92) et l'équipe des athlètes russes sous bannière neutre (2'41''52). Troisième relayeur, le champion du monde du 50m papillon est passé de l'avant-dernière à la première place et a donc permis aux Bleus de se remettre dans le jeu. Marie Wattel bouclait le travail en nage libre, en résistant aux nations en chasse pour rapporter une première médaille d'or époustouflante. Les Français avaient opté pour une stratégie différente de la plupart des autres pays, en inaugurant leur effort avec une athlète féminine. Mary-Ambre Moluh était avant-dernière lorsque Carl Aitkaci lui a succédé, mais avait signé un temps remarquable de 57''99, autrement dit la 4e meilleure performance mondiale de l'année du 100m dos féminin et nouveau record d'Europe.

Une heure et demie plus tôt, après deux chronos impressionnants lors des séries et de sa demi-finale, Maxime Grousset a confirmé ce mardi soir en finale que sa fracture du pied gauche, en juin, n'était qu'un très lointain et vilain souvenir. Le Français de 27 ans n'est pas passé loin du titre mais s'est contenté de l'argent en 22''54, à cinq centièmes du temps de son sacre mondial l'été dernier à Singapour. Le Russe Egor Kornev s'est imposé en 22''52. Derrière le phénomène Léon Marchand, qui a éclaboussé de toute sa classe le bassin de Saint-Denis la veille lors du premier relais du 4x200m en plaçant la France largement en tête, il ne faut pas oublier Maxime Grousset, étincelant nageur de papillon.

Pour voir la victoire du relais français, cliquer sur Regarder sur Youtube

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Thriller psychologique sombre, brillant et hypnotique

Publié le par Michel Monsay

Thriller psychologique sombre, brillant et hypnotique

Nous sommes en 1977 aux États-Unis et la série Mindhunter nous invite à assister à la naissance du profil psychologique dans les enquêtes criminelles comme on le connait aujourd’hui, et la création du terme serial killer. A travers son histoire, cette passionnante série raconte la société américaine, et donc occidentale, d’aujourd’hui. Emaillée de tragédies, de scandales et de guerres, elle ne sait plus où elle en est et l’empreinte laissée par ces drames la change en profondeur. Logique donc que cette perte de repères donne naissance à un certain nombre de monstres. La grande intelligence de la série est de mettre au même niveau tueurs, agents fédéraux et simple citoyen. Nous avons tous en nous cette noirceur ancrée dans notre nature humaine qui peut nous pousser à commettre l’irréparable, à basculer dans l’horreur et ce n’est que grâce à un certain nombre de barrières sociales, morales et culturelles que nous maintenons le cap. Empreinte de l’expérience de deux authentiques agents du FBI, la série s’attache aux expérimentations de Holden et Bill (excellents Jonathan Groff et Holt McCallany, qui seront rejoints dès le troisième épisode par la non moins excellente Anna Torv) dans leurs volonté naissante d’aller au contact de meurtriers en série. Une révolution à cette époque où leur chef est capable dire : ''On est là pour électrocuter ces types, pas les écouter…" Mais comment prévenir ces crimes si on ne comprend pas le profil de leurs auteurs ? Les deux agents s'enfoncent dans les coins les plus sombres de la psyché humaine au cours des interrogatoires, et ce ne sera pas sans conséquence sur leurs propres esprits. Avec l’élégance et la sobriété musclées qui caractérisaient déjà l'impressionnant Zodiac, sur une palette gris-bleutée mi-documentaire mi-onirique, et sans se départir d’un humour acide, le grand David Fincher, qui réalise plusieurs épisodes, nousraconte ce qui va être un voyage initiatique au cœur des pulsions destructrices. Sur deux saisons, Mindhunter ne se contente pas d’observer les esprits tourmentés et brutaux des tueurs en série. Cette étude psychologique, intime, est aussi sociétale. Plus la série avance dans son récit, plus elle en dit sur l’Amérique. Et sous les dialogues et la mise en scène très travaillés naît, à chaque épisode, un drame bien plus en chair, bien plus vivant. Mindhunter ne représente pas un budget énorme, ne compte pas de stars au générique, mieux, cette série est un laboratoire formidable pour un raconteur d’histoires comme David Fincher.

Mindhunter est à voir ici sur Netflix pour 7,99 € avec pub et 14,49 € sans pub, un mois d'abonnement sans engagement, ou en profitant de l'offre d'essai gratuite de 30 jours.

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Chloé Cruchaudet croque avec élégance la relation entre Proust et sa servante et amie

Publié le par Michel Monsay

Chloé Cruchaudet croque avec élégance la relation entre Proust et sa servante et amie

Cette bande-dessinée au dessin délicat et au propos enlevé s'intéresse au lien qui unit la gouvernante Céleste Albaret à Marcel Proust. Quand l’admiration tient lieu de vie par procuration. Fâchée avec le ménage, incapable de préparer une soupe, nonchalante et sans grande instruction, cette fille de paysans lozériens n’avait pourtant pas l’étoffe d’une femme de chambre. L’épouse du chauffeur du grand écrivain ne sait rien faire, et ne s’intéresse à pas grand-chose. Proust lui propose de s’occuper de son courrier. C’est ainsi que Céleste Albaret est entrée en 1913 au service de l’auteur d’À la recherche du temps perdu. De porteuse de courrier, elle est petit à petit devenue sa domestique. Très discrète, ne maitrisant pas les codes du milieu de son patron, c’est sur la pointe des pieds, qu’elle a découvert les usages et les mœurs de l’homme qui vit reclus. Mais elle a vite appris : à répondre au téléphone, à faire barrage à ceux qui forcent le passage pour accéder à son maître, à fermer les yeux sur ses relations homosexuelles… Entre l’écrivain dandy qui vient de faire paraître Du côté de chez Swann et la jeune provinciale mal dégrossie, se noue un lien étrange dont la dessinatrice Chloé Cruchaudet a tiré la matière de ce très bel album, qui relate cette relation particulière faite, pour elle, d’une admiration qui transparaît à chaque scène, et, pour lui, de la nécessité d’avoir une personne à son service, qui plus est dont l'imagination et la fraîcheur plaisent à l’écrivain, que Céleste accompagnera jusqu’à sa mort en 1922. Chloé Cruchaudet a dessiné à la tablette, une Céleste d’abord évanescente comme à l’aquarelle, mais qui, petit à petit, s’affirme et se déploie. A travers le parcours de la domestique, le livre met aussi le projecteur sur l’envers du décor de la création littéraire. Ces huit ans passés au côté de l’écrivain n’ont pas été une sinécure, Céleste a vécu cloîtrée dans une ambiance poussiéreuse, et austère, et s’est pliée à toutes ses volontés. Mais elle a assuré vivre, à travers la vie de Marcel Proust, une aventure exceptionnelle, dont elle a été aussi l'amie, la nounou, la confidente. La dessinatrice explore toutes les nuances et les ambiguïtés de cette relation en la confrontant à la réalité sociale de l’époque, à ce vieux monde finissant et corseté dont Proust est à la fois le chantre et le détracteur. Céleste ne célèbre pas tant le génie de l’écrivain que la possibilité d’une rencontre hautement improbable et, au-delà des codes, un de ces heureux hasards qui rendent l’humanité sympathique. Le dessin est vif, enlevé, Chloé Cruchaudet croque saynètes et personnages avec une finesse et une pertinence dignes de Sempé.

Chloé Cruchaudet croque avec élégance la relation entre Proust et sa servante et amie
Chloé Cruchaudet croque avec élégance la relation entre Proust et sa servante et amie
Chloé Cruchaudet croque avec élégance la relation entre Proust et sa servante et amie
Chloé Cruchaudet croque avec élégance la relation entre Proust et sa servante et amie

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Saisissante plongée dans la communauté tamoule parisienne

Publié le par Michel Monsay

Saisissante plongée dans la communauté tamoule parisienne

Dans Little Jaffna, Lawrence Valin interprète et réalise un polar vibrant et personnel au cœur de la mafia tamoule à Paris en 2008. Il y incarne Michael, un flic infiltré confronté à une double identité entre loyauté à la France et redécouverte de ses racines sri-lankaises. Inspiré par les cinémas indien, américain et français, le film mêle action stylisée, quête identitaire et tension sociale dans un univers exubérant et singulier. Premier long-métrage audacieux, Little Jaffna bouscule les codes du genre et propose un regard neuf sur la communauté tamoule, porté par une mise en scène inventive et une interprétation intense. On est impressionné par le magnétisme et la placidité inquiétante dégagés par le parrain tamoul, Vela Ramamoorthy, de même que l'interprétation de Lawrence Valin, à la présence troublante, incarnation timide, effacée, silencieuse de l'opposition de deux sociétés qui vivent ensemble sans jamais essayer de se comprendre. Citons aussi Raadhika dans le rôle de la grand-mère, qui, en une caresse, un regard, en dit plus que vingt minutes de dialogue, et le charismatique Puviraj Raveendran au regard de granite. Tandis qu’au Sri Lanka, les Tigres de la libération, organisation séparatiste qui lutte pour la création d'un État indépendant dans l’Est et le Nord du pays, à Paris, un groupe mafieux pratique le trafic des clandestins et extorque des fonds aux membres de la communauté tamoule dans le but d’aider au financement de ces Tigres. Le film comporte un récit policier, à l’instar des scènes d’affrontement et de poursuites rondement menés dans une mise en scène nerveuse, mais les aspirations les plus solides de Lawrence Valin sont liées à l’intime : les questions liées à la double-identité, le trouble du respect des racines comme de la nécessaire intégration, comprendre les évènements qui ont  bouleversé l’histoire de son pays d’origine et nous ouvrir les yeux sur un drame humanitaire qui est loin d’être terminé. Le film opère une véritable plongée dans un quartier parisien avec ses problématiques religieuses, culturelles et sociales, mais également politiques en raison de l'instabilité au Sri Lanka. Avec également ses petits commerces, lieux de rencontres, d'échanges ou de chantages en tout genre. Le naturalisme brut presque documentaire de ce premier film prometteur, avec les acteurs non-professionnels de la communauté qui jouent au milieu d’une distribution tamoule aguerrie, renforce une dramaturgie tendue, où le réalisme côtoie la stylisation. On reproche parfois au cinéma français son uniformité et son manque d'audace, ce n'est clairement pas le cas de Lawrence Dalin, qui, outre le contenu de son film, n'a pas posé sa caméra, à l'inverse de beaucoup de cinéastes, dans les zones touristiques parisiennes ni dans les territoires arpentés par les bobos ou intellectuels.

Little Jaffna est à voir ici pour 2,99 € en location ou sur toute plateforme de VOD.

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Un grand film d’illusionniste pour retrouver la possibilité d’un regard innocent

Publié le par Michel Monsay

Un grand film d’illusionniste pour retrouver la possibilité d’un regard innocent

Après Rencontres du troisième type, E.T, La Guerre des mondes, ou Minority Report, Steven Spielberg est de retour avec un film de science-fiction. Le génial cinéaste braque de nouveau sa caméra sur les lumières dans le ciel pour mieux sonder notre besoin, voire notre devoir, d’altérité, de communication et d’empathie. Comme tous ses films, Disclosure Day ne parle finalement pas tant d’autres mondes que du nôtre. La question qu’il nous pose peut paraître extravagante, d’autant plus qu’il ne fait pas mystère de sa croyance en une telle éventualité : comment réagirait-on si la présence d’extraterrestres parmi nous était révélée ? La réponse de Spielberg est profondément empathique, parvenant à relier dans un même mouvement l’intime et le cosmique, le politique et l’artistique. Il est savoureux d’être encore agréablement surpris par l’œuvre d’un cinéaste aussi important que Steven Spielberg, dont on avait adoré ses deux derniers films, The Fabelmans et West side story, quand il s’empare d’une thématique aussi souvent déclinée sur grand écran. Disclosure Day (le jour de la révélation) évite les écueils dans lesquels un blockbuster sur les extraterrestres aurait pu tomber. À rebours d’une science-fiction invraisemblable, le film revendique un ancrage réaliste et met en lumière la diversité des réactions humaines (fascination, peur, combat) face à ce qui relevait jusqu’alors de l’impensé, voire de l’impensable. Ce nouveau film de Steven Spielberg, qui offre plusieurs niveaux de lecture et d'interprétations, concentre toutes les marottes et préoccupations du réalisateur américain depuis ses débuts : le cosmos, l'enfance, la famille, la tolérance et le cinéma dans sa capacité à nous émerveiller et à nous faire comprendre qui nous sommes. La question de la manipulation et de la vérité, ici inscrits de la sphère intime jusqu'au champ politique, irriguent le scénario de Disclosure Day. Les gens ont le droit de connaître la vérité : cette injonction renvoie également à l'Amérique de Trump, et plus largement au monde d'aujourd'hui, où la manipulation est devenue, plus que jamais, une arme politique. Mais derrière cette aventure, pleine de mystère, de rebondissements, de suspense et d'effets spéciaux, se cache également une réflexion humaniste. Chaque nouveau film de Steven Spielberg est un événement auquel on assiste perchés sur nos bagages cinéphiles, espérant tout à la fois un éblouissement inédit et d’affectueuses retrouvailles avec la magie du grand conteur hollywoodien. Disclosure Day récompense pleinement nos attentes. 

Publié dans Films

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Un regard frais et joyeux sur un monument de la culture française avec un sens du rythme imparable

Publié le par Michel Monsay

Un regard frais et joyeux sur un monument de la culture française avec un sens du rythme imparable

Une troupe de prestige, une représentation imminente, des imprévus en cascade : De la Comédie-Française, premier long-métrage de Martin Darondeau et Bertrand Usclat, emballe par son humour irrésistible, ses interprètes virtuoses et sa vitalité contagieuse. Menée tambour battant avec une fluidité grisante, cette comédie respire un amour du spectacle, de celles et de ceux qui en forment le cœur battant, et une foi dans le collectif capable de remuer des montagnes face aux contingences du réel. On se délecte de ses dialogues ciselés, de ses trouvailles, de l’écriture des personnages jusqu'aux détails saugrenus de cette plongée hilarante et documentée dans les coulisses de l'institution. À trois heures de la première de Macbeth, la tension monte et personne, à commencer par l’agent à l’accueil, n’est décidé à aider Nina, la comédienne et metteuse en scène, à ce qu’elle se détende. Entre l’ego des uns, les problèmes perso des autres, et les galères techniques, Nina va vivre l’enfer. Cette comédie de coulisses, filmée comme un thriller tambour battant, parle avec finesse et éclats de rire de charge mentale, de gestion des autres et de tout ce qui pourrait bien un jour nous faire craquer. Mais à voir la troupe du Français s’amuser ainsi sur l’écran, c’est aussi la démonstration de la joie de fabriquer avec les autres et du besoin salvateur d’autodérision. Autour de l’extraordinaire et irrésistible Pauline Clément, également coscénariste, à la force comique naturelle, Marina Hands, Christian Hecq, Laurent Stocker, Florence Viala, Guillaume Gallienne et tous les autres donnent à ces caricatures le supplément d’âme qui font les grandes comédies. Un hommage aussi espiègle qu’affectueux à la Maison de Molière qui peut apparaître secrète pour le grand public, alors que ceux qui la représentent n'en restent pas moins des hommes et des femmes d'aujourd'hui, avec leurs joies et leurs problèmes. Cette très bonne comédie, tellement meilleure que celles qui font des cartons au box-office, parvient à composer un portrait si ludique et joyeux de la Comédie-Française, à rebours de tout préjugé sur son image prétendue compassée, qu'il est difficile de résister, à la fin de la projection, au désir impérieux de revoir tous ces comédiens dès que possible sur scène.

Publié dans Films

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