Cassandra Wilson, une grande voix du jazz américain s'est éteinte
Astre tout à fait original dans la galaxie du jazz vocal, la chanteuse est morte mercredi 2 septembre à 70 ans. Depuis quatre décennies, elle avait su aborder les répertoires les plus divers et les transcender de son superbe contralto (registre le plus bas pour une femme). Avec ses dreadlocks blondes et son visage rayonnant de bonté et d’intelligence, elle était une figure familière, aimée de tous les fans de jazz. Incarnant une forme de chanteuse idéale, à la fois savante et spontanée, sophistiquée et proche des gens, Cassandra Wilson excellait dans les genres les plus divers, du blues au jazz en passant par le folk, la pop ou la country. Dès ses débuts en studio, la maturité de Cassandra Wilson ne fait aucun doute. Sa belle voix grave est parfaitement maîtrisée, ses acrobaties rythmiques ou mélodiques époustouflantes, son autorité dans la composition indiscutable. Avec de tels atouts, elle est choyée par les musiciens comme une des leurs, car incarnant ce fantasme d’une voix devenue pur instrument, indépendante des mots qu’elle investit. Avec Blue Light ‘Til Dawn, brisant les barrières stylistiques qui, aux États-Unis, correspondent souvent à des barrières raciales, elle allie dans un même écrin acoustique le blues, la pop et la soul. Cela sans une once de vulgarité, avec un tact qui transcende toute éventuelle imprudence. S’impose à cet instant une double évidence : le geste est d’une classe magistrale et seule Cassandra Wilson pouvait l’accomplir. Deux cent cinquante mille exemplaires écoulés en quelques mois lui donnent d’ailleurs raison et, aux États-Unis, de tels chiffres valent un Sésame ouvre-toi. Si l'album New Moon Daughter, pour lequel elle pose à demi nue en sirène effarouchée, accorde davantage de place à la composition, la recette est de nouveau exploitée pour des reprises de U2, Neil Young et Hank Williams. Feu d’artifice de critiques dithyrambiques et premier Grammy Award, Cassandra Wilson accède à une notoriété internationale, est de tous les festivals, de toutes les cérémonies, où, souvent, c’est elle qui repart avec le trophée. Elle sort en 1999, un très bel album, Traveling Miles, hommage poétique au génie de Miles Davis, où elle signe une œuvre d’une profonde cohérence stylistique. Depuis une dizaine d'années, Cassandra Wilson s’était réservée pour la scène, où le plaisir de chanter était intact et où elle demeurait maîtresse de son art. Pour sa voix inimitable et le soin avec lequel elle sut distiller la quintessence de la musique populaire américaine, elle restera comme une immense chanteuse, de jazz et pas seulement.
/image%2F0995038%2F20260905%2Fob_0f64f2_capture-d-ecran-2026-09-05-174147.jpg)
/image%2F0995038%2F20260904%2Fob_394c05_ff56b2a-upload-1-xadnq5xrut74-telerama.jpeg)
/image%2F0995038%2F20260904%2Fob_bd5e91_023.jpg)
/image%2F0995038%2F20260828%2Fob_d378f8_images-1.jpg)
/image%2F0995038%2F20260827%2Fob_a9541a_capture-d-ecran-2026-08-27-142656.png)
/image%2F0995038%2F20260824%2Fob_e7a87b_capture-d-ecran-2026-08-24-193316.png)
/image%2F0995038%2F20260824%2Fob_ddd57d_capture-d-ecran-2026-08-24-002127.png)
/image%2F0995038%2F20260823%2Fob_51fec0_hqwzgpjwcaexz3u.jpg)
/image%2F0995038%2F20260823%2Fob_1cedb9_hqyvmojwmaacy2l.jpg)
/image%2F0995038%2F20260824%2Fob_4eb414_hqcwdtwayaa8fgl.jpg)
/image%2F0995038%2F20260805%2Fob_b91b23_mv5boti3ztq2y2qtyteyys00ythklwexodgtnd.jpg)