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Fin et mélancolique, ce film explore avec tendresse la difficulté d’être soi

Publié le par Michel Monsay

Fin et mélancolique, ce film explore avec tendresse la difficulté d’être soi

De l’horizon infini des plages naturistes de Maspalomas, station balnéaire des Canaries et repaire de la communauté homosexuelle, aux murs d’un hospice, ce drame doux et osé, sur les prisons qu’on se crée et celles qu’on nous impose, commence grivois comme du Alain Guiraudie dans L'inconnu du lac, pour basculer dans du Almodóvar hospitalier, plein d’amertume et de tendresse. Au centre, l’épatant José Ramón Soroiz, sorte de Victor Lanoux basque, dont l’interprétation a été récompensée par un Goya du meilleur acteur (César espagnol). Le personnage principal a vécu un mariage hétérosexuel malheureux. Il a une fille quadragénaire qui réapparaît pour prendre soin de lui, non sans questions sur leur passé, plein de blancs et de souvenirs amers. Fantômes du franquisme, homophobie parfois latente, parfois intériorisée, virilisme et difficultés de communication intrafamiliales, le film décrit avec habileté les différentes failles auxquelles se trouve confronté ce personnage de 76 ans, dans un ultime parcours en forme de bilan qui interroge la masculinité et le vieillissement. Un sujet rarement évoqué au cinéma : le vieillissement, parfois cruel, des homosexuels esseulés, coupés de toutes attaches et ressources à cause d’une forme de honte, surtout dans des environnements comme le Pays basque traditionnel, où l’homosexualité n’a guère la cote. Remarquablement servi par ses acteurs, le film interroge aussi notre regard sur la vieillesse en général et montre le destin qui lui est réservé dans ces résidences qui contraignent les êtres et les infantilisent. Avec ce protagoniste né dans l’Espagne des années 1940, ayant connu la dictature militaire, la dépénalisation de l’homosexualité (en 1978), mais aussi la honte persistante, intériorisée et le non-dit, puis une sorte de parenthèse tardive enchantée, comme coupée du monde, les auteurs-réalisateurs du troublant Marco, l’énigme d’une vie réussissent un portrait générationnel rare, sinon inédit. Sous couvert de légèreté, Maspalomas rappelle que la liberté n’est jamais définitive et qu’il convient de toujours continuer à se battre pour la préserver. Un beau film sur la résistance d’être soi.

Publié dans Films

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Un éclairage passionnant du mythe Marilyn Monroe

Publié le par Michel Monsay

Un éclairage passionnant du mythe Marilyn Monroe
Un éclairage passionnant du mythe Marilyn Monroe
Un éclairage passionnant du mythe Marilyn Monroe
Un éclairage passionnant du mythe Marilyn Monroe
Un éclairage passionnant du mythe Marilyn Monroe
Un éclairage passionnant du mythe Marilyn Monroe
Un éclairage passionnant du mythe Marilyn Monroe
Un éclairage passionnant du mythe Marilyn Monroe
Un éclairage passionnant du mythe Marilyn Monroe
Un éclairage passionnant du mythe Marilyn Monroe

Cent ans après sa naissance, Marilyn Monroe est célébrée dans une très belle exposition à la Cinémathèque française, en revenant sur sa carrière éclair et à la façon dont elle est devenue, plus qu'une actrice, le véritable sex-symbol du 20e siècle. Seulement 15 ans de carrière, mais 32 films, dont plusieurs sont aujourd’hui inoubliables, et un éclat qui ne pâlit pas. Mais plus qu’un hommage à la star mondiale des années cinquante, cette exposition entend s’intéresser à l’actrice qu’elle était, aux choix qu’elle a faits, aux obstacles qui se sont dressés sur sa route, à commencer par le rouleau compresseur des studios hollywoodiens, fabrique à sex-symbols, et aussi aux regards qui se sont posés sur elle. Loin de l'image d'une starlette passive, Marilyn Monroe a bâti son talent par un travail acharné, débutant sa formation à l'Actors Laboratory de Los Angeles avant de rejoindre l'Actors Studio sous la direction de Lee Strasberg. Son apprentissage, à la fois théorique et pratique, incluait l'étude de la méthode Stanislavski, des cours d'escrime, d'histoire du théâtre, de chant et de danse avec le chorégraphe Jack Cole. Elle a également collaboré avec Mikhaïl Tchekhov et la danseuse Lotte Goslar pour parfaire sa présence physique et sa démarche unique. Cette exigence technique lui a permis de déconstruire son image de « blonde idiote », notamment dans le film Bus Stop où elle prouve son génie en interprétant délibérément une médiocre chanteuse de cabaret. Pas de sophistication inutile dans la scénographie chronologique de l'expo, de ses débuts en tant que pin-up à ces photos de paparazzi en noir et blanc de sa chambre, si peu luxueuse, de ce lit aux draps froissés où son corps fut retrouvé une nuit d’août 1962 à côté d’une table de nuit croulant sous les barbituriques. Rien d’artificiel pour égrener chaque étape de sa courte vie, de sa courte et si dense carrière, mais, à chaque fois, dans chaque salle, une volonté acharnée de retourner ce regard masculin qui cloua Norma Jean Baker comme un papillon à la pellicule. Plusieurs écrans géants sont disséminés proposant un florilège de magnifiques extraits, d'où ressort la sensibilité de l'artiste et l'évolution de son jeu film après film. L’exposition passionne aussi par ce parti pris de mise en contexte, sa volonté de montrer Marilyn comme une femme de son époque, avec des curiosités intellectuelles de son temps, mais aussi par son refus de s’attarder sur sa vie sentimentale, préférant, encore et encore, s’attacher à ses performances d’actrice, comme reflet de son talent mais aussi de ses états psychologiques au cœur d’un système qui la popularise et la réprime en même temps. Se dessine donc la femme derrière l’icône, et s’impose l’intelligence de l’interprète, qui ne cesse d’être inspirante 64 ans après sa mort. On sort de cette exposition riche et clairvoyante encore plus admiratifs de celle dont le mythe ne pourra jamais être piétiné.

L'exposition Marilyn Monroe est à voir à la Cinémathèque française jusqu'au 26 juillet.

Un éclairage passionnant du mythe Marilyn Monroe
Un éclairage passionnant du mythe Marilyn Monroe
Un éclairage passionnant du mythe Marilyn Monroe
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Un éclairage passionnant du mythe Marilyn Monroe
Un éclairage passionnant du mythe Marilyn Monroe
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Un éclairage passionnant du mythe Marilyn Monroe
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Publié dans Expos

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Il y a du Almodóvar dans le portrait de cinq femmes aux bord de la crise de nerfs

Publié le par Michel Monsay

Il y a du Almodóvar dans le portrait de cinq femmes aux bord de la crise de nerfs

Cinq quinquas dégoûtées des hommes décident d’en découdre une bonne fois pour toutes. Héritier d’Almodóvar, cet ovni pop pulvérise le patriarcat. Toutes les héroïnes de cette série sont victimes de la toxicité masculine. Certaines ont subi des violences sexuelles, d’autres l’infidélité, la manipulation, l’extorsion, la soumission. Cette comédie noire ne se contente pas d’être graphique, à l’image de la maison cubique de l'une des femmes, son exubérance fascine, notamment dans les décors et l’esthétique. Ici, tout est volontairement trop, tout est pop : les saturations de couleurs, le pétage de plomb collectif comme le jeu des actrices, définitivement théâtral par-delà le geste cinématographique. D'ailleurs, l'ensemble de la distribution est au diapason pour incarner ce conte sur la réinvention de soi à l’ère du narcissisme de masse. Tout le comique ici repose sur la tension implicite à chaque épisode, et la musique ajoute au cynisme et à l’étrangeté qui règnent. Conçue comme un récit choral, Furia mêle l’humour et la tension, le réalisme et l’absurde. À la fois antilibérale et ultra féministe, cette réjouissante minisérie esquisse en filigrane une satire sociale des plus féroces. Tout y passe à la loupe grossissante : le snobisme intrinsèque à l’art contemporain, la nocivité mortifère des réseaux sociaux, la vacuité crasse du monde de la mode, le jeunisme roi au cinéma, la cupidité viscérale des gestionnaires immobiliers… Loin des séries américaines aux personnages stéréotypés et à la réalisation souvent formatée, on est plutôt ici dans le politiquement incorrect. Bien que très ancrée dans l’Espagne contemporaine, Furia éblouit par son universalité et s'avère être un bon remède pour nous prémunir des injonctions de notre monde.

Furia est à voir ici sur HBO Max pour 6,99 € un mois sans engagement avec pub, ou 10,99 € sans pub.

Publié dans replay

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Ce beau film n'a rien d'une complainte, il en ressort un message d'encouragement

Publié le par Michel Monsay

Ce beau film n'a rien d'une complainte, il en ressort un message d'encouragement

Personne n’est préparé à cela. À l’annonce de l’arrivée d’un bébé, les parents expriment leur préférence pour un prénom, préparent une chambre, mais découvrir aux alentours du premier anniversaire que leur enfant ne coche pas les cases du développement normal, aucun parent n’a les outils pour affronter un tel choc. Avec Ulysse, la réalisatrice Lætitia Masson, que l'on avait découvert il y a 30 ans pour En avoir (ou pas) avec Sandrine Kiberlain, parle d’un sujet qu’elle connaît bien. Mieux : d’un sujet qui l’a mise dans un tourbillon. Car Ulysse, le garçon handicapé dont elle raconte le parcours cabossé pour se faire une place dans la société, c’est son fils. Et Alphonse Roberts, qui incarne ce jeune homme attendrissant, c’est encore son fils. Si elle a mis de la fiction dans ce long-métrage et modifié quelque peu les vrais personnages, son film transpire la réalité, mais ce décalage lui permet de trouver la bonne distance en évitant la victimisation, le voyeurisme et l’exhibitionnisme. Récemment, le très beau film Sorda montrait comment une femme sourde devait s’adapter à son entourage et à une société où rien n’est prévu pour les non-entendants. Lætitia Masson s’inscrit dans la même veine quand elle décrit le combat des parents d’un enfant handicapé pour trouver une structure capable de l’accueillir. La cinéaste trouve ici sa vérité à travers l’épatante et lumineuse Élodie Bouchez, qui joue la mère protagoniste. Son personnage n’est pas cinéaste, mais chercheuse en sociologie. Elle doit démêler le possible de l’impossible, et contourner les embûches pour mieux offrir à son enfant l’espace pour s’épanouir. La collaboration entre la cinéaste et l’actrice, déjà nourrie de quatre films, permet une confiance commune. Un élan inlassable domine la toile, et contrebalance la dureté sociétale, les injonctions aliénantes et les empêchements successifs face au handicap et à la différence, soi-disant accueillis par le corps social. Avec justesse, Ulysse nous confronte au regard que la société pose sur ces enfants et ces adultes. Quelle place sommes-nous prêts à leur faire ? Heureux qui, comme nous, a fait ce beau voyage et appris à regarder, tendrement, la différence. 

Publié dans Films

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Une comédie subtile en forme de road trip touchant

Publié le par Michel Monsay

Une comédie subtile en forme de road trip touchant

Vous pensez qu’un caddie sert surtout au supermarché et qu’on ne trouve des bunkers que sur les plages du débarquement ? Stick va vous apprendre deux ou trois choses sur le golf, même si ce sport n’est que la toile de fond de cette comédie dramatique au charme indéniable, qui rappelle un peu Little Miss Sunshine, dans le genre road trip familial à travers l’Amérique, comme une thérapie de groupe en mouvement. Subtile jusque dans ses bons sentiments, Stick brille par la qualité de son écriture et la finesse de ses dialogues. Elle mêle habilement rire et émotion, dessine patiemment ses personnages fêlés, dont les intentions ne sont jamais manichéennes. Si cette série s’avère si séduisante, c’est aussi grâce à ses acteurs. Owen Wilson est parfait en clown mélancolique, à l'ironie bienveillante et à la séduction douce et décontractée. L’acteur a toujours su prendre à rebours les clichés de la masculinité américaine, il le fait avec d’autant plus de conviction que la série, avec sa bande originale pleine de classiques du rock et son humour un peu désuet, est de toute évidence destinée à apaiser tous les papas qui se demandent s’ils ont fait ce qu’il fallait. À ses côtés, Marc Maron est irrésistible en grincheux au grand cœur et Maria Treviño, surprenante en mère poule moins naïve qu’elle n’y paraît. Si la série attrape d’abord par son élégance, c’est le caractère conséquent de son écriture qui frappe ensuite : la rigueur avec laquelle elle s’applique à respecter les incommunications et les ruptures véritables de ses personnages, sans céder à la tentation de leviers artificiels pour résoudre les empêchements de l’intrigue, ou plutôt en les laissant se dénouer d’eux-mêmes à une vitesse naturelle. Au final, une série en 10 épisodes en forme de comédie attachante sur la transmission et les secondes chances.

Stick est à voir ici sur Apple Tv+ pour 9,99 € un mois sans engagement ou en profitant de l'essai gratuit.

La bande-annonce ci-dessous est en vo, mais en regardant la série sur Apple Tv+ vous aurez les sous-titres en français.

Publié dans replay

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Délirant film d'animation sur les communautés gay

Publié le par Michel Monsay

Délirant film d'animation sur les communautés gay

Dans le milieu très chaste de l’animation qui n’aime rien tant que les films tout public, les grandes aventures inspirantes ou les drames lacrymaux, le premier long métrage du studio français Bobbypills, présenté cette année hors compétition à Cannes, se présente en épopée survoltée, satirique, politique, documentée et s'amusant à tourner en dérision le moindre détail dans les milieux homo parisiens. En choisissant un langage fleuri et un rythme débridé, Jim Queen nous emporte dans un grand éclat de rire, autour d’une histoire aux multiples allusions : le virus de l’hétérose, la Gay-stapo, les thérapies de conversion, la ministre de la santé aux cheveux blanc qui s’appelle Christine, les slogans odieux de la manif pour tous, et bien d’autres. Derrière l'humour, les réalisateurs Marco Nguyen et Nicolas Athane réveillent la plaie encore béante de l’inaction gouvernementale française lors de la crise du sida, tout en connectant cette politique homophobe à ses relents modernes, notamment dans la résurgence des thérapies de conversion. Ils signent un premier long-métrage d'animation qui pose un regard décalé, joyeux, avec une touche d'autodérision, sur le monde gay. L'histoire, le contexte, les personnages, sont largement inspirés par la vie de Marco Nguyen, scénariste et réalisateur, qui connait bien le milieu LGBT parisien. Le duo ne se contente pas de brocarder un monde hétéronormé, où les réacs, complotistes, homophobes et faux prophètes de tout poil en prennent pour leur grade, il pointe aussi les dérives d'une communauté produisant ses propres normes et hiérarchies, où l’égocentrisme et le sectarisme ne sont pas en reste. Avec ses dialogues savoureux, son graphisme simple et expressif, et ses couleurs acidulées, Jim Queen, qui n'est pas du simili queer, est avant tout un pamphlet réjouissant contre l'intolérance.

Publié dans Films

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L'époustouflant charisme de Marilyn

Publié le par Michel Monsay

L'époustouflant charisme de Marilyn

Cette année Marilyn aurait eu 100 ans. L’occasion pour Patrick Jeudy, déjà auteur de deux documentaires sur la star américaine, de revenir sur un épisode qu’il juge fondateur : sa tournée auprès des soldats américains en Corée, en février 1954. Pour ce faire, il s’appuie sur des images d’archives ainsi que sur une interview de Marilyn accordée des années plus tard à NBC. Lorsque l’armée américaine lui propose d’aller divertir les GI embourbés dans la guerre de Corée, elle accepte. Même si elle n’a jamais chanté en public, qu’elle a la phobie de la foule et, dans ses bagages, qu’une seule petite robe moulante comme tenue de scène. Marilyn a alors 28 ans. Depuis Les hommes préfèrent les blondes, la comédie de Howard Hawks dans laquelle elle partage l’affiche avec Jane Russell, sa notoriété a fait un bond. Mais « la blonde bien roulée » cherche à s’affranchir du regard peu valorisant que Hollywood porte sur elle. Lassée des rôles d’idiote que lui propose Darryl Zanuck, elle claque la porte de la Fox et monte en 1953 une société de production avec le photographe Milton Greene. Cinquante ans avant #MeToo, elle ose même dénoncer, dans une tribune intitulée « les Loups que j’ai connus », ce qu’on ne qualifie pas encore de harcèlement sexuel. Pendant quatre jours, au rythme de plusieurs concerts quotidiens menés tambour battant sur les bases américaines, Marilyn donne tout. Elle se produit sur scène dans sa petite robe légère malgré le rude hiver coréen, sous les acclamations de plus de 100 000 soldats en tout, elle chante et rechante Diamonds Are a Girl’s Best Friends, l’accompagne d’une gestuelle suggestive irrésistible et se révèle être une vraie bête de scène. Celle qui estimait jusque-là ne pas exister prend de l’assurance. La tournée fait la une des médias. Marilyn entre dans les foyers américains et oblige le pays à regarder en face cette guerre lointaine. Film-collage dont le montage d’images d’archives est impressionnant de minutie, il a surtout la grande intelligence de multiplier les points de vue, à cheval entre réflexions introspectives et compte rendu factuel : dans le rôle de Jean O’Doul, proche amie et compagne de voyage de la vedette, la comédienne Elsa Lepoivre de la Comédie française mêle sa voix à celle de Marilyn et permet l’accès à l’envers du décor, à la psyché d’une femme qui doute. Ce beau documentaire montre une star qui oscille entre spectacle et proximité non feinte avec les soldats, qui troque sa robe pour des uniformes militaires, leur sert des repas et rend visite aux blessés. Un changement d’environnement radical pour la vedette hollywoodienne, qui confiera s’être sentie « libre » et « tellement fière d’apporter du bonheur dans la vie de ces soldats ». Et si elle était enfin parvenue là-bas, si loin de son univers, à devenir le sujet de sa propre vie ? Avec tact et doigté, Patrick Jeudy fluidifie bouts d’archives et limbes de voix, sa Marilyn ne cesse jamais de vibrer dans l’art du montage et nous touche profondément.

Quand Marilyn chantait pour les GI’s est à voir ici ou sur le replay de FranceTv.

Publié dans replay

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De l’Amérique des oubliés à un Londres futuriste sublimé mais inquiétant

Publié le par Michel Monsay

 De l’Amérique des oubliés à un Londres futuriste sublimé mais inquiétant

Alors que l’heure est plutôt à la fantasy sur les différentes plateformes, une vraie série de science-fiction ambitieuse manquait ces derniers temps, et Périphériques : les mondes de Flynne rassemble tous les bons ingrédients du genre. Dans un futur proche, la technologie a commencé à subtilement modifier la société. Avec son univers et son propos, cette nouvelle série n’est pas sans nous rappeler Ready Player One de Steven Spielberg sorti en 2018, en s’interrogeant sur ce que les mondes virtuels auront comme conséquences pour notre réalité. Le réalisateur de la série fait preuve d’inventivité pour mettre en scène cette aventure bouillonnante dans un futur dystopique. C’est particulièrement vrai dans le rendu de ces univers virtuels néanmoins plus vrais que nature, avec de l’action, du mystère et des questionnements sociétaux sur le destin de l'humanité et les dérives des nouvelles technologies. Visuellement, la série est très réussie, regorgeant de belles idées en termes de décors, et présentant une version très crédible d’un futur dévasté par une apocalypse qui s’est nourrie de toutes les menaces pesant sur nous (effondrement écologique, terrorisme, menace nucléaire, pandémies…), mais poursuivant néanmoins un développement technologique basé sur l’I.A et la virtualité. Plutôt que de choisir la gravité et l’emphase, les créateurs de la série ont préféré l’énergie et une certaine désinvolture, parfaitement incarnés par l'ensemble des comédiens avec à leur tête la radieuse Chloë Grace Moretz, aussi à l’aise en chic fille du Sud-Est des États-Unis en 2032 qu’en beauté glacée perdue dans un futur sans âme dans le Londres de 2099. Des allers-retours entre réalité et monde virtuel, futur proche et plus lointain, Périphériques : les mondes de Flynne réussit à créer deux univers bluffants en nous projetant dans des mondes futuristes et inquiétants. Passionnant. 

Périphériques : les mondes de Flynne est à voir ici sur Prime vidéo en profitant de l'essai gratuit de 30 jours.

La bande-annonce ci-dessous est en version originale mais en regardant la série vous aurez les sous-titres en français.

Publié dans replay

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Un album solaire à la saveur cuivrée, mixant bossa sensuelle, folk et soft rock

Publié le par Michel Monsay

Un album solaire à la saveur cuivrée, mixant bossa sensuelle, folk et soft rock

Sur les huit chansons de l'album AFIM, paru il y a un an, le guitariste et chanteur Zé Ibarra rayonne de toutes ses facultés à multiplier les arrangements élégants et les atmosphères, de la douceur intimiste de ballades guitare-voix aux orchestrations cinématographiques de cordes et aux soupirs vintages des cuivres. Aussi sophistiquée qu'enchanteresse, sa musique se nourrit avec dextérité et audace d'une abondance de strates sonores et d'influences comme la musique populaire brésilienne, le jazz, la bossa, la pop, le rock progressif ou encore la caresse de ballades folk. Impossible de ne pas succomber à ce second album de Zé Ibarra, qui à 29 ans est l'une plus belles découvertes du renouveau des artistes brésiliens. Beau garçon, la crinière ondulante, le Carioca, qui touche ici à toute une panoplie d’instruments (synthétiseur, guitare, boîte à rythmes…), s’entoure d’une quinzaine de musiciens et se révèle aussi être un chef d’orchestre formidable, aux côtés de celui qui assure une grande partie des arrangements orchestraux, Jacques Morelenbaum, immense violoncelliste, qui a notamment travaillé pour Sting, Cesária Évora, Henri Salvador, David Byrne,... Sur 30 minutes et huit chansons, Zé Ibarra mélange compositions originales et reprises de ses contemporains dans une bossa intemporelle, aussi funky que mélancolique au groove aiguisé et psychédélique. L'album idéal pour nous accompagner cet été.

Publié dans Disques

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Un premier film prometteur sur une relation amoureuse qui vire à l’emprise morbide

Publié le par Michel Monsay

Un premier film prometteur sur une relation amoureuse qui vire à l’emprise morbide

Cela commence comme une romance empreinte de timidité exacerbée et de non-dits immatures, pour bientôt se transformer en un film d’horreur imprévisible avec une précision redoutable. Dans Obsession, le jeune réalisateur américain Curry Barker, avec son sens du rythme et une parfaite montée en tension, signe un thriller horrifique tendu, malin et terrifiant. Cet ancien humoriste qui s’y connaît en timing fait monter l’angoisse jusqu’à une explosion finale aussi brutale qu’inoubliable. La rhétorique du film de terreur, toute en chocs et en sursauts, semble contaminer un récit toujours attaché pourtant à une stricte familiarité des situations, dans un monde provincial paisible et sans histoires, ponctué de sorties dans les bars et de soirées consacrées à des jeux de société. Cette manière de vouloir coller à la vérité des événements et des personnages rend, par contrecoup, encore plus effrayantes les péripéties d’un récit entraîné par une spirale catastrophique. Obsession vire à la comédie noire, à la farce macabre dénuée toutefois de toute tentation parodique. L’interprétation d’Inde Navarrette, qui incarne Nikki, tout entière tendue vers la volonté de susciter la terreur en exacerbant progressivement certains traits psychologiques crédibles, crée un des monstres les plus originaux vus depuis longtemps au cinéma. Le film change régulièrement d’humeur, conjuguant habilement terreur, humour noir et tragédie, et Inde Navarrette, dont c’est le premier rôle principal au cinéma, porte et incarne parfaitement ces mutations narratives et formelles. L’actrice passe avec une précision folle d’un jeu à l’outrance assumée, à des notes plus subtiles et nuancées. Elle multiplie les couches d’émotions et floute la technicité de son travail pour offrir une palette à la fois riche et insaisissable. Le cinéaste de 26 ans s'intéresse dans ce film aux tourments de sa génération. L’histoire de Bear et Nikki illustre parfaitement cette notion de toxicité dans le couple, largement théorisée au fil de ces dernières années, et entraînant ici le spectateur dans une série de questionnements. Pour cultiver le malaise, le jeune réalisateur s’oppose à tout artifice. La maîtrise de sa mise en scène tient à sa manière frontale d’exposer la violence. En somme, Obsession signe à la fois la réjouissante naissance d’une superbe actrice et celle d’un cinéaste très prometteur.

Publié dans Films

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