Saisissante plongée dans la communauté tamoule parisienne
Dans Little Jaffna, Lawrence Valin interprète et réalise un polar vibrant et personnel au cœur de la mafia tamoule à Paris en 2008. Il y incarne Michael, un flic infiltré confronté à une double identité entre loyauté à la France et redécouverte de ses racines sri-lankaises. Inspiré par les cinémas indien, américain et français, le film mêle action stylisée, quête identitaire et tension sociale dans un univers exubérant et singulier. Premier long-métrage audacieux, Little Jaffna bouscule les codes du genre et propose un regard neuf sur la communauté tamoule, porté par une mise en scène inventive et une interprétation intense. On est impressionné par le magnétisme et la placidité inquiétante dégagés par le parrain tamoul, Vela Ramamoorthy, de même que l'interprétation de Lawrence Valin, à la présence troublante, incarnation timide, effacée, silencieuse de l'opposition de deux sociétés qui vivent ensemble sans jamais essayer de se comprendre. Citons aussi Raadhika dans le rôle de la grand-mère, qui, en une caresse, un regard, en dit plus que vingt minutes de dialogue, et le charismatique Puviraj Raveendran au regard de granite. Tandis qu’au Sri Lanka, les Tigres de la libération, organisation séparatiste qui lutte pour la création d'un État indépendant dans l’Est et le Nord du pays, à Paris, un groupe mafieux pratique le trafic des clandestins et extorque des fonds aux membres de la communauté tamoule dans le but d’aider au financement de ces Tigres. Le film comporte un récit policier, à l’instar des scènes d’affrontement et de poursuites rondement menés dans une mise en scène nerveuse, mais les aspirations les plus solides de Lawrence Valin sont liées à l’intime : les questions liées à la double-identité, le trouble du respect des racines comme de la nécessaire intégration, comprendre les évènements qui ont bouleversé l’histoire de son pays d’origine et nous ouvrir les yeux sur un drame humanitaire qui est loin d’être terminé. Le film opère une véritable plongée dans un quartier parisien avec ses problématiques religieuses, culturelles et sociales, mais également politiques en raison de l'instabilité au Sri Lanka. Avec également ses petits commerces, lieux de rencontres, d'échanges ou de chantages en tout genre. Le naturalisme brut presque documentaire de ce premier film prometteur, avec les acteurs non-professionnels de la communauté qui jouent au milieu d’une distribution tamoule aguerrie, renforce une dramaturgie tendue, où le réalisme côtoie la stylisation. On reproche parfois au cinéma français son uniformité et son manque d'audace, ce n'est clairement pas le cas de Lawrence Dalin, qui, outre le contenu de son film, n'a pas posé sa caméra, à l'inverse de beaucoup de cinéastes, dans les zones touristiques parisiennes ni dans les territoires arpentés par les bobos ou intellectuels.
Little Jaffna est à voir ici pour 2,99 € en location ou sur toute plateforme de VOD.
/image%2F0995038%2F20260730%2Fob_ff5a0b_little-jaffna.jpg)
/image%2F0995038%2F20260729%2Fob_e4a98f_84cee8c8b2bf7843e715a33ebcc4287a.jpg)
/image%2F0995038%2F20260726%2Fob_f3dbc2_9c4daa6e94f7107c83f7d732700c44a0.jpg)
/image%2F0995038%2F20260729%2Fob_24c645_hoxewb2xmaaja9d.jpg)
/image%2F0995038%2F20260729%2Fob_025aa0_hosdafdwkaaq4m6.jpg)
/image%2F0995038%2F20260729%2Fob_5bc542_hovtpqlwuaaiuow.jpg)
/image%2F0995038%2F20260729%2Fob_88ed15_capture-d-ecran-2026-07-29-090937.jpg)
/image%2F0995038%2F20260727%2Fob_f5d882_holcmvmwcaii8df.jpg)
/image%2F0995038%2F20260727%2Fob_9c2476_mjaynja3nddiyzuxnjnjymeym2e5zwqzymy3nt.jpeg)
/image%2F0995038%2F20260727%2Fob_2b53e3_hola1oew4aatdx.jpg)
/image%2F0995038%2F20260722%2Fob_4a9acb_1900x1900-000000-80-0-0.jpg)
/image%2F0995038%2F20260719%2Fob_fcc7c8_livre-galerie-9782707356741.jpg)
/image%2F0995038%2F20260720%2Fob_bce88a_capture-d-ecran-2026-07-20-184645.jpg)
/image%2F0995038%2F20260717%2Fob_57756c_lodyssee-affiche.jpg)