Comédie loufoque qui vire au noir
C’est dans une spirale de déconsidération que les réalisateurs Nicolas Charlet et Bruno Lavaine vont entraîner leur personnage principal. Porté par un Laurent Lafitte en pleine forme dans ce double rôle, le film bascule par moments dans une tonalité fantastique, miroir de la paranoïa du personnage et de son sens du déclassement. En ayant la bonne idée de ne pas utiliser d’effets spéciaux, exploitant de simples champs contre champs, ou l’angle d’une maison pour accentuer la folie grandissante du personnage dans une scène incroyable, les réalisateurs parviennent à créer une ambiance étrange, accentuée par le traitement de l’image légèrement cotonneuse, dans un contexte par ailleurs très quotidien avec des personnages évoluant dans des vies tout à fait ordinaires. Ce conte irrévérencieux et moderne, brocardant la performance et le culte de l'image de soi, fourmille également de mille idées saugrenues. Ainsi la moustache de la patronne haut perchée de la Cogip, interprétée par Zabou Breitman, ou la permanente capillaire de Marc Fraize, hilarant en collègue de bureau maladroit, ou alors le bureau placard,… auront de quoi réjouir les spectateurs amateurs d’un humour décalé. Entre Jacques Tati et Quentin Dupieux, le film a été présenté à la fois au festival du film de comédie de l’Alpe d’Huez et au festival du film fantastique de Gérardmer, chose assez rare. Tout en étant très drôle Alter ego dit plein de choses sur l’injonction à la réussite, le virilisme désuet, le poison de la jalousie, et le sentiment de déclassement de la France périphérique. Les cinéastes privilégient l'humour grinçant et absurde dans ce film mené tambour battant qui tire le meilleur parti de ses décors pavillonnaires, et tire à boulet rouge sur certaines conventions de notre époque. Au cœur de cette fiction qui dérègle avec une allégresse libertaire les codes de la normalité : Laurent Lafitte, fraîchement couronné du César du meilleur acteur pour son rôle dans La femme la plus riche du monde, aux prises ici avec un double rôle idéal pour son tempérament corrosif. En filigrane, le film aborde des thématiques universelles comme la quête d'identité et les dangers de la comparaison, préoccupation ancrée dans notre époque, où elle peut devenir destructrice, notamment via les réseaux sociaux. Alter ego interroge sur les choix de vie, les regrets et les pressions sociales, tout en nous faisant rire une bonne partie du film.
/image%2F0995038%2F20260318%2Fob_078215_a3212f7a3bc901b69704c09de6e30093.jpg)
/image%2F0995038%2F20260329%2Fob_aefb48_hei-7yfxaaa8h1b.jpg)
/image%2F0995038%2F20260329%2Fob_55e226_3o4e234htzajljhxt6xklvfsjm.jpg)
/image%2F0995038%2F20260329%2Fob_5a9907_34f87.jpg)
/image%2F0995038%2F20260329%2Fob_aea3da_hehtc9twqaavdqz.jpg)
/image%2F0995038%2F20260329%2Fob_c1c542_capture-d-ecran-2026-03-28-225649.jpg)
/image%2F0995038%2F20260328%2Fob_e87c07_8b2a1429b7ca7687e57e990c82133347c58668.jpg)
/image%2F0995038%2F20260328%2Fob_5bf235_capture-d-ecran-2026-03-28-103016.jpg)
/image%2F0995038%2F20260328%2Fob_d7b15c_mjaynjazzgjjzji1zmmynmezy2exzgy1mgzlnj.jpeg)
/image%2F0995038%2F20260328%2Fob_db0567_69c683d044114925715928.jpg)
/image%2F0995038%2F20260316%2Fob_f083cf_vz-2d8af387-e0c4-401c-9fa3-cba6d07ab80.jpeg)
/image%2F0995038%2F20260323%2Fob_d1e52c_138a.jpg)
/image%2F0995038%2F20260323%2Fob_87b738_270a.jpg)
/image%2F0995038%2F20260314%2Fob_4ae2c2_capture-d-ecran-2026-03-14-103722.jpg)
/image%2F0995038%2F20260309%2Fob_47bf4a_c09de5d58cc2bddcaaf5aa3049c99328.jpg)
/image%2F0995038%2F20260318%2Fob_67e206_5cfd7ed-upload-1-brjbsoadzrhf-000-a3bx.jpeg)