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Comédie loufoque qui vire au noir

Publié le par Michel Monsay

Comédie loufoque qui vire au noir

C’est dans une spirale de déconsidération que les réalisateurs Nicolas Charlet et Bruno Lavaine vont entraîner leur personnage principal. Porté par un Laurent Lafitte en pleine forme dans ce double rôle, le film bascule par moments dans une tonalité fantastique, miroir de la paranoïa du personnage et de son sens du déclassement. En ayant la bonne idée de ne pas utiliser d’effets spéciaux, exploitant de simples champs contre champs, ou l’angle d’une maison pour accentuer la folie grandissante du personnage dans une scène incroyable, les réalisateurs parviennent à créer une ambiance étrange, accentuée par le traitement de l’image légèrement cotonneuse, dans un contexte par ailleurs très quotidien avec des personnages évoluant dans des vies tout à fait ordinaires. Ce conte irrévérencieux et moderne, brocardant la performance et le culte de l'image de soi, fourmille également de mille idées saugrenues. Ainsi la moustache de la patronne haut perchée de la Cogip, interprétée par Zabou Breitman, ou la permanente capillaire de Marc Fraize, hilarant en collègue de bureau maladroit, ou alors le bureau placard,… auront de quoi réjouir les spectateurs amateurs d’un humour décalé. Entre Jacques Tati et Quentin Dupieux, le film a été présenté à la fois au festival du film de comédie de l’Alpe d’Huez et au festival du film fantastique de Gérardmer, chose assez rare. Tout en étant très drôle Alter ego dit plein de choses sur l’injonction à la réussite, le virilisme désuet, le poison de la jalousie, et le sentiment de déclassement de la France périphérique. Les cinéastes privilégient l'humour grinçant et absurde dans ce film mené tambour battant qui tire le meilleur parti de ses décors pavillonnaires, et tire à boulet rouge sur certaines conventions de notre époque. Au cœur de cette fiction qui dérègle avec une allégresse libertaire les codes de la normalité : Laurent Lafitte, fraîchement couronné du César du meilleur acteur pour son rôle dans La femme la plus riche du monde, aux prises ici avec un double rôle idéal pour son tempérament corrosif. En filigrane, le film aborde des thématiques universelles comme la quête d'identité et les dangers de la comparaison, préoccupation ancrée dans notre époque, où elle peut devenir destructrice, notamment via les réseaux sociaux. Alter ego interroge sur les choix de vie, les regrets et les pressions sociales, tout en nous faisant rire une bonne partie du film.

Publié dans Films

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Un pur moment de grâce

Publié le par Michel Monsay

Un pur moment de grâce
Un pur moment de grâce
Un pur moment de grâce
Un pur moment de grâce
Un pur moment de grâce

Sublimes dans ce programme libre d'une intensité rare, Laurence Fournier Beaudry et Guillaume Cizeron ont conclu, samedi à Prague, cette première saison dans la perfection du titre mondial, après l'or européen et olympique. C'est lui qui a utilisé ces mots : « Un moment suspendu. » Une plongée abyssale dans l'intimité de Guillaume Cizeron (31 ans), qui ne s'est décidément pas trompé en demandant à sa meilleure amie de danser avec lui. En un an, le couple qu'il forme sur la glace avec Laurence Fournier Beaudry (33 ans) a fait chavirer les cœurs et fondre les juges. Ensemble, ils ont soulevé la foule samedi, pour une ovation aussi intense que cette merveilleuse chorégraphie sur la musique du film The Whale. Un nouveau chef d'œuvre, pour entrer un peu plus dans l'histoire. Un mois et demi après leur sacre olympique à Milan, ils ont confirmé qu’ils étaient bel et bien les nouveaux patrons de la danse sur glace. Samedi 28 mars, à Prague, Laurence Fournier Beaudry et Guillaume Cizeron ont décroché le titre mondial avec une autorité impressionnante. Une performance majuscule pour un duo encore jeune, formé il y a moins d’un an et demi, mais déjà entré dans une autre dimension. Entre maîtrise technique, grâce et intensité émotionnelle, les Français ont survolé la concurrence. Une démonstration hors du commun, presque insolente. Le verdict est sans appel : 230,81 points au total, nouveau record personnel, après avoir déjà fait tomber leurs meilleures marques sur chaque segment (92,74 en rythmique, 138,07 en libre). Derrière, les Canadiens Piper Gilles et Paul Poirier sont relégués loin, très loin (211,52). Pour Guillaume Cizeron, patineur danseur exceptionnel, il s’agit déjà d’un sixième sacre mondial record, après ses cinq titres conquis avec Gabriella Papadakis, avec qui il avait aussi glané l'or olympique à Pékin en 2022. Mais au-delà des chiffres, c’est la manière qui impressionne. Une capacité à raconter une histoire, à capter l’attention, à sublimer chaque note, chaque geste.

Voir ci-dessous leur chef-d'œuvre :

Publié dans Chroniques

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La perfection

Publié le par Michel Monsay

La perfection
La perfection
La perfection
La perfection

En quête d'un sixième titre mondial pour lui, et d'un premier pour elle, Guillaume Cizeron et Laurence Fournier Beaudry ont parfaitement entamé leur quête de médaille d'or, ce vendredi à Prague. Les champions olympiques ont ébloui les juges, vendredi 27 mars, sur leur danse rythmique. Au son de Vogue de Madonna, les Français ont battu leur record personnel, avec 92,74 points, ils font mieux que leur score établi les menant à la médaille d'or aux JO de Milan Cortina (90,18 points). 

Voir ci-dessous leur remarquable performance :

Publié dans Chroniques

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L’humour de Molière pour dénoncer un insupportable patriarcat

Publié le par Michel Monsay

L’humour de Molière pour dénoncer un insupportable patriarcat

Du XVIIᵉ au XXIᵉ siècles en passant par mai 68, cette pièce livre à chaque époque sa vision patriarcale sur la domination des maris sur les épouses, et a longtemps fait oublier que cette comédie prêchait à sa façon l’émancipation féminine. Il faudra attendre la mise en scène de Jean-Paul Roussillon en 1973 à la Comédie-Française, avec la frémissante Isabelle Adjani, pour qu’Agnès vienne enfin au centre du jeu, même avec peu de scènes écrites pour elle par Molière. Mai 68 et le féminisme sont passés par là. Exceptée Coline Serreau (2006), rares sont les femmes, avant Frédérique Lazarini, à avoir empoigné la pièce. Chez cette dernière, Arnolphe a installé Agnès dans une cage de verre où il observe ses gestes quand il ne l’espionne pas via des caméras. Frédérique Lazarini en fait un bourreau d’autant plus dangereux qu’il est séduisant, grâce à la présence électrique de Cédric Colas en élégant costume trois pièces, remarquable d’intensité. La lumineuse comédienne québécoise Sara Montpetit en bonnet rose, écharpe à pompons et duffle-coat, incarne une Agnès enfantine, fragile, joyeuse et tendre. Finit par régner un inquiétant climat de pédophilie entre la cage de verre et les écrans vidéo. Mais Agnès ne se réduit plus ici à une victime, l’enfant naïve se rebelle avec la spontanéité qui la caractérise, ignorante des hypocrisies du monde. Elle devient la grâce même, la liberté même. Ce qui fait si peur aux hommes depuis des siècles, et qu’avait si bien pressenti Molière, même en peu de répliques. Quant au jeune Horace, personnage souvent un peu mièvre, il est au contraire dans cette production palpitant d’énergie et d’enthousiasme avec l’interprétation réjouissante de Hugo Givort qui en fait un jeu homme moderne. Dans sa mise en scène, Frédérique Lazarini, tout en conservant la magie de l’humour de cette pièce de théâtre écrite en 1662, en souligne les aspects les plus sombres. C'est aussi un conte d’hier et d’aujourd’hui à la fois drôle et glaçant, révélant les dysfonctionnements d’un homme qui confond l’amour et la possession. Ici se conjuguent farce clownesque, tragédie de l’asservissement, parcours initiatique d’une jeune fille destinée à devenir une épouse obéissante, mais qui apprend grâce à l’amour à se libérer. Les élans du cœur rejoignent ceux de l’esprit, dans un souffle de liberté. Il y a dans toute cette comédie en alexandrins, une tragédie amoureuse, celle de la jalousie et de la possession fatale qui détruit celui qui souffre. Au fil de cette représentation dont le réel objectif se morcèle en deux visions totalement antagonistes, la jeunesse effervescente de jeunes amoureux, et la maturité d’un homme accroché désespérément à ses fantasmes de possession féminine, le malaise des spectateurs que nous sommes fait place à l’émotion d’une difficile renaissance : celle d’une jeune fille qui apprend à être libre, et c’est très beau.

L'école des femmes est à voir au Théâtre Artistic Athévains jusqu'au 5 juin.

Publié dans Théâtre

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Lionel Jospin restera à jamais pour notre pays et pour la gauche une référence et une source d’inspiration

Publié le par Michel Monsay

Lionel Jospin restera à jamais pour notre pays et pour la gauche une référence et une source d’inspiration
Lionel Jospin restera à jamais pour notre pays et pour la gauche une référence et une source d’inspiration
Lionel Jospin restera à jamais pour notre pays et pour la gauche une référence et une source d’inspiration

La disparition de Lionel Jospin, à travers l’hommage unanime qui lui est rendu, nous rappelle ce que nous devons à son action politique exemplaire, à ses engagements au service de notre pays et à sa personnalité intègre, son exigence, sa rigueur. C’était un homme de principes et de convictions. Pragmatique, il n’aimait pas le cynisme en politique, encore moins le narcissisme des destins solitaires. Pour lui, de la méthode pour convaincre au chemin pour aller au but, tout partait du collectif et visait l’intérêt général. C’est ainsi qu’il dirigea le Parti socialiste pour conduire la gauche plurielle, dont il a été l'architecte, à la victoire des législatives de 1997. Son gouvernement travailla de même dans un remarquable esprit d’équipe pour mener à bien le programme de réformes qu’il avait initié. Il a été le premier ministre du passage à l’Euro, des 35 heures, du PACS, de la couverture maladie universelle, de la parité, des emplois-jeunes, de l'aide personnalisée d’autonomie, du redressement des finances publiques, d’un important paquet social et de nombreuses réformes sectorielles pour améliorer la vie du plus grand nombre, sans céder ni à la facilité ni au cynisme. Moins commentée, son action dans le domaine de la défense fut très importante. Elle conditionne encore largement notre modèle d’armée ou notre arsenal nucléaire. Par sa rigueur, son courage et son idéal de progrès, il incarnait une haute idée de la République. Il était aussi une présence intellectuelle rare en politique. Toutes ces qualités sont à l'opposé de ce que l'on voit aujourd'hui autant en France que dans le monde. Malheureusement, la division à gauche, si seulement cela pouvait servir de leçon à la gauche actuelle, lui barre la route du deuxième tour à la présidentielle de 2002, au profit de Jean-Marie Le Pen. L’acte 1 de la banalisation de l’extrême droite. « J’assume pleinement la responsabilité de cet échec et j’en tire les conclusions en me retirant de la vie politique. » Cette phrase résonne encore tant par sa portée politique, que par la nature du geste, tellement rare en politique. On ne peut que regretter ce 21 avril 2002, Lionel Jospin aurait fait, on en est sûr, un excellent président, guidé par une éthique remarquable.

Ci-dessus, des photos que j'ai prises lors de la réception de Sylviane Agacinski sous la Coupole de l'Académie française, ainsi que dans la cour de l'Institut où Lionel Jospin est entouré de sa famille.

Cliquez dessus pour agrandir les photos.

Cliquez ici pour voir la scène mémorable dans le film Le nom des gens :

Publié dans Chroniques

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Un merveilleux conte écologique fait de poésie animée

Publié le par Michel Monsay

Un merveilleux conte écologique fait de poésie animée

Après le très touchant Ma Vie de courgette, César 2017 du meilleur film d'animation, le réalisateur suisse Claude Barras reprend ses petites marionnettes de pâte à modeler aux grands yeux, qu’il plonge cette fois-ci dans la forêt primaire en danger de Bornéo, ses arbres géants et ses créatures colorées. Et la magie opère à nouveau, non seulement le film aborde avec intelligence la question de l’exploitation industrielle des forêts mais il offre une jubilation de tous les instants à juste découvrir la faune et la flore locales. Le paradis perdu est sur Terre et il faut se battre pour le préserver. C’est tout simplement déchirant, drôle et politique, et les paroles de Daniel Balavoine de nous exploser en plein visage : tous les cris les S.O.S. laissent une trace dont les écumes font la beauté. En plus, autre atout, Benoît Poelvoorde, Laetitia Dosch et Michel Vuillermoz entre autres prêtent leur voix aux personnages. Parmi les jeunes pousses qui découvriront le film, peut-être que se trouvera la future Jane Goodall ou Dian Fossey. Tout en développant une aventure amusante qui pourra séduire petits et grands, le film dénonce la déforestation pour produire l’huile de palme et ses conséquences : disparition des animaux sauvages, expropriation du peuple Penan,... donnant une fable écolo sensible, passionnante et d’utilité publique. Claude Barras raconte cette histoire à hauteur d'enfant. Son conte s'apparente parfois aux fables poétiques d'un autre artificier de l'imaginaire, le grand Michel Ocelot, créateur du célèbre Tom Pouce guinéen Kirikou. Si le cinéaste s'adresse aux enfants, c'est aussi pour mieux inviter leurs parents à prendre conscience des dangers encourus par les forêts ancestrales indonésiennes à l'heure où des multinationales sans scrupule saccagent la planète juste pour augmenter leurs profits. En sortant de la salle, les enfants auront compris que les sauvages ne sont pas ceux qu'ils croyaient au départ. Claude Barras n'a pas chômé. Après Ma vie de courgette, il lui a fallu huit ans pour achever Sauvages, tant le travail d'animateur exige patience. Réalisé en stop motion (image par image), ce petit bijou n'aurait pas la même dimension en image de synthèse. La matière même de ce film nous renvoie à la terre cuite et peinte, à la glaise. Claude Barras a fabriqué à la main un monde fragile et beau, comme la forêt, aux couleurs chatoyantes dignes d'un tableau du Douanier Rousseau, une forme de résistance au monde de la virtualité des ordinateurs.

Sauvages est à voir ici pour 2,99 € en location ou sur toute plateforme de VOD.

Publié dans replay

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La voix magnétique et la présence viscérale de Sílvia Pérez Cruz

Publié le par Michel Monsay

La voix magnétique et la présence viscérale de Sílvia Pérez Cruz
La voix magnétique et la présence viscérale de Sílvia Pérez Cruz
La voix magnétique et la présence viscérale de Sílvia Pérez Cruz

Elle a contribué à réinventer la chanson espagnole contemporaine, nourrie de flamenco, de jazz, de traditions ibériques ou catalanes, dialoguant avec toutes les langues et les registres, à 43 ans la chanteuse Sílvia Pérez Cruz a fêté ses 30 ans de carrière le 8 mars sur la scène de l’Olympia. Née dans une famille dont la mère est originaire de Murcie et le père de Galicie, élevée en Catalogne, elle apprend notamment le piano, la guitare, le jazz, la bossa nova et le boléro cubain. Elle, qui excelle déjà dans plusieurs styles, commence à chanter très jeune en professionnelle, se produisant aussi bien dans un groupe de flamenco féministe comme Las Migas qu’avec des formations de jazz. Capable d'exister tout en se fondant dans tous les répertoires, sans jamais perdre de son intégrité, elle voyage entre les langues, les tempos et les phrasés. Sílvia Pérez Cruz alterne les albums dans lesquels elle compose et les albums dans lesquels elle reprend les chansons des autres. Sur scène, elle irradie tel un astre souverain et affiche une émouvante complicité avec ses musiciens. Totalement habitée par son art, Sílvia Pérez Cruz a le don de magnétiser son auditoire. D’une grâce et présence rares, son art vocal parfaitement maîtrisé lui permet de laisser libre cours à une émotion sincère qui vient murmurer à nos âmes un chant nu aux thèmes aussi intimistes qu’universels : la vie, la mort, la renaissance. Sa voix folk, mate et puissante ne craint ni l’impudeur ni l’emphase, capable de donner corps avec la même aisance à la mélancolie portugaise ou à la fièvre andalouse. Avec Sílvia Pérez Cruz, c’est toute la culture latine qui se met en musique. Du flamenco, au fado en passant par le boléro et les chants brésiliens, la compositrice-interprète brouille les pistes et multiplie les traversées entre Europe et Amérique. Ses concerts entre suavité et énergie, où elle est entourée de très bons musiciens, expriment toute la richesse de l'univers de la diva espagnole.

Voici quelques chansons interprétées à l'Olympia :

Publié dans Spectacles

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Délicieux art du raffinement de Jonás Trueba

Publié le par Michel Monsay

Délicieux art du raffinement de Jonás Trueba

Quatrième long métrage du cinéaste espagnol Jonás Trueba réalisé en 2016 et inédit dans les salles françaises, La Reconquista est le récit plein de douceur d’une reconquête, ce miracle d’un temps retrouvé, celui du premier amour, avec une infinie délicatesse et une désarmante beauté. Agé aujourd’hui de 44 ans, cet héritier d’Eric Rohmer s’est fait connaître en France en 2020 avec son cinquième long-métrage, Eva en août, merveilleuse dérive estivale madrilène d’une jeune femme au hasard de son désir. Avec La reconquista, rien de plus subtil, de plus habité, de plus léger et profond à la fois ne s’était tourné sur la carte du tendre depuis la mort du cinéaste français, tant dans l’écriture du récit, qu'à l’orfèvrerie délicate, inventive, gracieuse, de sa mise en scène. Pour interpréter cette comédie sentimentale qui croise divinement passé, présent et futur, l’irrésistible Itsaso Arana, actrice, collaboratrice et compagne du réalisateur, et Francesco Carril, remarqué dans l'excellente série Los años nuevos. Comme dans chaque film de Jonás Trueba, la musique n’est jamais plaquée, elle structure, au contraire, certaines scènes, on entend notamment plusieurs très beaux morceaux d’un chanteur méconnu en France, Rafael Berrio, sorte de Leonard Cohen espagnol. Que reste-t-il de nos amours ? chantait Charles Trenet, le cinéaste aurait pu reprendre ce titre tant l’interrogation qu’il contient semble traverser tout le film, depuis ses premières scènes jusqu’à une partie en forme de flash-back étonnant, une sorte de promenade galante, alors que rien n’est précieux et tout coule de source avec un charme d’une absolue simplicité. Le voyage dans le Madrid hivernal auquel le film nous convie est sur tous les plans d’une grande beauté.

Publié dans Films

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Hommage à Bruno Salomone

Publié le par Michel Monsay

Hommage à Bruno Salomone

Ayant débuté sa carrière aux côtés de Jean Dujardin, cet acteur attachant est décédé dimanche 15 mars à l'âge de 55 ans des suites d’une longue maladie. L’humour, tendre, burlesque ou potache, n’était pas la seule corde à l’arc de ce garçon à la sensibilité manifeste, que le cinéma l’a trop rarement autorisé à mettre au service de contre-emplois dramatiques. On se souvient pourtant de son intensité dans le film d’Antoine Barraud Madeleine Collins en 2021, où face à Virginie Efira, il interprétait la partition d’un chef d’orchestre qui voit sa femme lui échapper. Bruno Salomone pouvait incarner la folie douce, le cynisme ou la veulerie sans perdre un capital sympathie qui rendait savoureuse chacune de ses apparitions. Et d’autant plus triste sa disparition précoce.

Ci-dessous un sketch de ces fameux faux débats :

Publié dans Chroniques

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La réjouissante liberté de regard de Denise Bellon

Publié le par Michel Monsay

La réjouissante liberté de regard de Denise Bellon
La réjouissante liberté de regard de Denise Bellon
La réjouissante liberté de regard de Denise Bellon
La réjouissante liberté de regard de Denise Bellon
La réjouissante liberté de regard de Denise Bellon
La réjouissante liberté de regard de Denise Bellon
La réjouissante liberté de regard de Denise Bellon
La réjouissante liberté de regard de Denise Bellon
La réjouissante liberté de regard de Denise Bellon
La réjouissante liberté de regard de Denise Bellon
La réjouissante liberté de regard de Denise Bellon

Le Musée d'art et d'histoire du judaïsme a consacré une rétrospective à Denise Bellon (1902-1999), photographe humaniste et pionnière du photojournalisme dont le regard a traversé une partie du XXᵉ siècle, des années 1930 à 1970. À travers près de 300 œuvres et documents, l’exposition a révélé la force d’une femme qui a capté l’histoire, l’exil, l’art et l’inattendu avec curiosité. Photoreporter audacieuse, témoin de l’entre-deux-guerres, compagne de route des surréalistes, dont elle partageait le goût pour l’insolite et l’étrange, et observatrice attentive des communautés juives en Europe et en Méditerranée, Denise Bellon a composé une œuvre d’une grande diversité. C’est après son divorce à 28 ans, que la jeune femme, née dans une famille juive bourgeoise, s’initie à la photographie dans le studio fondé par René Zuber. Pendant l’Occupation, pour cacher sa judéité, la photographe, née Denise Hulmann, continue d’utiliser le nom de son premier mari, Jacques Bellon. Ce dernier offre d’ailleurs ses papiers d’identité au nouveau compagnon de Denise Bellon, le journaliste Armand Labin, juif de nationalité roumaine, qui va les utiliser pour ses activités de résistance. Cette belle exposition reconstitue le parcours de cette femme autodidacte, qui met en lumière un regard libre, vagabond et profondément humaniste, longtemps resté dans l’ombre : De ses débuts au Studio Zuber à Paris, à son engagement pendant la guerre, ses reportages à l’étranger, comme ses portraits d’écrivains, d’artistes et de cinéastes. Au sein de l’agence Alliance photo, qu’elle crée avec des amis photographes en 1934, elle réalise des reportages au Maroc (1936), en Finlande (1938), ou encore en Afrique-Occidentale française, où elle témoigne sans détour des méfaits du colonialisme, notamment à travers une série saisissante consacrée au quartier assigné aux prostituées à Casablanca, ou cette photo de 1939 montrant le recrutement de conscrits dont un médecin inspecte leurs dents comme on le faisait du temps de l’esclavage. Jusqu’ici, Denise Bellon n’a été que très peu exposée, son œuvre, riche et variée, reste méconnue. Elle avait pourtant enchaîné les commandes publicitaires et les reportages pour des magazines tels que Regards ou Paris Match. Ses photographies, qu’elles soient documentaires, sociales ou issues de commandes, sont toujours empreintes de dignité et de joie de vivre, même lorsqu’elles abordent des sujets difficiles. Elle avait une capacité à capter la vie quotidienne, les fêtes, le sport ou les portraits de femmes et d’enfants avec une modernité qui reste étonnamment actuelle. Dans les années 1970, Denise Bellon se fait photographe de plateau sur les tournages de sa fille Yannick Bellon, devenue cinéaste, ce seront ses dernières photos. Solaire est l’adjectif qui convient le mieux aux photographies et au sourire de Denise Bellon. Tout dans l’œuvre et dans la personnalité de cette photographe méconnue rayonne d’une joie diffuse et d’un optimisme entêtant.

L'exposition Denise Bellon est terminée, ci-dessus et dessous une large sélection de l'exposition.

Pour voir les photos en plus grand, cliquez sur la première photo et faites défiler avec les flèches.

La réjouissante liberté de regard de Denise Bellon
La réjouissante liberté de regard de Denise Bellon
La réjouissante liberté de regard de Denise Bellon
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Publié dans Expos

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