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L'immense exploit de Loïs Boisson

Publié le par Michel Monsay

L'immense exploit de Loïs Boisson
L'immense exploit de Loïs Boisson

Loïs Boisson a créé l'exploit face à Jessica Pegula (3-6, 6-4, 6-4), hier en huitièmes de finale de Roland-Garros. Pour sa première participation à un tournoi du Grand Chelem, la dernière représentante du tennis français dans cette édition des Internationaux de France a été époustouflante face à la numéro 3 mondiale. Mais où s'arrêtera-t-elle ? Révélation de ce Roland-Garros 2025, Loïs Boisson a encore trouvé le moyen de bluffer son monde. On ne donnait pourtant pas cher de sa peau face à l'américaine Jessica Pegula, une des cadors du circuit à l'heure actuelle. Mais la Tricolore a régalé le Court Philippe-Chatrier, 3-6, 6-4, 6-4. Et la voilà en quart de finale, une première pour une Française depuis 2017, et une première pour une wild-card depuis 2002 (Mary Pierce). La Dijonnaise de 22 ans était 361e mondiale avant Roland-Garros, à cause d'une grave blessure au genou il y a un an, une rupture du ligament croisé intérieur gauche. Après un premier set que Jessica Pegula a dominé mais dans lequel on sentait les possibilités de Loïs Boisson, dans le deuxième set, les 358 places d'écart entre les deux joueuses ne se voyaient plus sur le court et la jeune Française regardait la finaliste du dernier US Open droit dans les yeux. Renversante et sans complexe, dictant l'échange, elle empochait le deuxième set pour basculer dans une troisième manche totalement irrespirable. Loïs Boisson se rapprochait de son rêve en breakant d’entrée une 3e joueuse mondiale dans les cordes (2-0). Mais pas encore K.O car celle-ci revenait à hauteur (2-2) et entamait un fantastique et crispant bras de fer avec la française. Tout se jouait alors dans un 9e jeu irrespirable de plus de dix minutes, lors duquel Loïs Boisson empilait les balles de break sans parvenir à porter l’estocade. Jusqu’à la délivrance d’un break mérité (5-4), et avant une ultime épreuve au moment de conclure sur sa mise en jeu. L’Américaine s’offrait une, deux, trois, quatre balles pour débreaker. Mais la Française tenait bon. Et comme par magie, dès sa première balle de match, elle en finissait (6-4). Tout sourire, mais avec une joie contenue, à son image, pas du genre à en faire des tonnes quand elle remporte un point ni à se liquéfier dans les moments compliqués, la formidable aventure, ainsi que la revanche sur cette année de repos forcé après son opération, de Loïs Boisson continue pour cette joueuse si attachante, naturelle et ambitieuse, et on lui souhaite d'aller le plus loin possible après cette fabuleuse performance.

Pour voir un petit résumé de son exploit, cliquer ci-dessous sur Regarder sur Youtube.

L'immense exploit de Loïs Boisson
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L'immense exploit de Loïs Boisson
L'immense exploit de Loïs Boisson
L'immense exploit de Loïs Boisson

Publié dans Chroniques

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Captivante minisérie qui interroge l’humain sur fond de guerre en Ukraine et de GPA

Publié le par Michel Monsay

Captivante minisérie qui interroge l’humain sur fond de guerre en Ukraine et de GPA

Après la saison 1 de Sentinelles créée par Frédéric Krivine, construite sur le conflit au Mali et l’opération Barkhane vus par le prisme du militaire, cette saison 2 se déroule durant les premières heures de la guerre en Ukraine, dépeintes cette fois-ci selon des points de vue plus divers. Les militaires, d’un côté. Des civils, de l’autre. Et au centre, la question, universelle, de la fragilité, de l’essentialité et de la valeur de l’existence. Ce 23 février 2022 devait être l’un des plus beaux jours de leur vie. Seulement voilà. Venir chercher un bébé né par GPA au fin fond du Donbass alors que l’armée russe franchit déjà les postes frontières, transforme ce moment de joie pure en improbable sauvetage, organisé à l’arrache sur fond de panique, de décisions prises à l’emporte-pièce, de tractations et de désarroi. Le récit est dense. L’écriture marie avec soin le réel et la fiction. L’ensemble est passionnant. Dans un univers hostile où vie privée et professionnelle vont s’entrechoquer des deux côtés de la frontière, Sentinelles - Ukraine navigue avec la peur au ventre, autant dans l’écran que devant. Impossible de ne pas ressentir l’effroi et la tension palpable de tous les côtés. Idée géniale qu’ont eue les scénaristes de cette minisérie de conter les premiers jours de l’invasion russe de l’Ukraine au prisme d’Occidentaux ébahis, qui n’avaient jamais éprouvé les questions de vie et de mort qu’assis devant leurs téléviseurs, et que le bruit des bottes percute au moment le plus intime et vulnérable de leur existence, la naissance d’un enfant. Outre la très grande qualité de l’écriture et des dialogues, notamment pour la réflexion sur la GPA, louons la réalisation talentueuse de Jean-Philippe Amar, qui faisait déjà merveille dans les sables brûlants du Sahel en saison 1, et se confirme ici, dans l’hiver tragique des plaines enneigées où tout est péril. Quelque part entre Un village français du même Frédéric Krivine et Le Bureau des Légendes, quand la télévision a du talent, on en redemande.

Sentinelles - Ukraine est à voir ici en profitant de l'essai gratuit sans obligation, résiliable à tout moment.

Publié dans replay

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Extraordinaire Paris sur le toit de l'Europe avec la manière

Publié le par Michel Monsay

Extraordinaire Paris sur le toit de l'Europe avec la manière

Sacré champion d’Europe pour la première fois de son histoire au terme d’une finale fantastique, remportée (5-0), du jamais vu, face à l’Inter Milan, le Paris Saint-Germain est unanimement salué dans la presse mondiale. Cette fois-ci, c’est la bonne. Défait en finale par le Bayern Munich en 2020, le Paris Saint-Germain tient sa revanche. Héroïque tout au long de la rencontre, le club de la capitale a finalement infligé une terrible humiliation à l’Inter Milan, ce samedi 31 mai, à l’Allianz Arena de Munich. Portés par un doublé de l’intenable Désiré Doué et des réalisations signées Achraf Hakimi, Khvicha Kvaratskhelia et Senny Mayulu, les hommes de Luis Enrique ont décroché la première Ligue des Champions de l’histoire du club. Une performance majuscule. Un club remporte la Ligue des Champions chaque année, mais très peu conquièrent le football européen comme le Paris Saint-Germain l’a fait à Munich hier soir, un genre de performance qui n’arrive que rarement. Le grand maître-d'œuvre, Luis Enrique, a construit une équipe capable de gagner beaucoup plus s’il maintient ce niveau. Un groupe d’excellents joueurs qui jouent avec cœur et se battent de la première à la dernière minute. Cet entraîneur a fait comprendre à l’émir du Qatar et au président du club Al Khelaïfi que la gloire s’obtient avec un collectif, et non auprès des stars. Son projet, plus footballistique que médiatique, a une fois de plus donné raison aux connaisseurs : dans ce sport, les stratèges gagnent et les mégalomanes perdent. Toujours. Ce que Mbappé, Neymar, Messi, Dani Alves, Ibrahimovic, Beckham, Di María ou Cavani n’ont pas pu réaliser, ces jeunes talents l’ont accompli en dessinant une finale incommensurable sur la pelouse de Munich. Le jeune Désiré Doué, élu homme du match, a éclaboussé la finale de son talent exceptionnel, et l'ensemble de l'équipe n'a pas été en reste en livrant une prestation de grande classe. Cette victoire restera dans l'Histoire du football français comme l'une des plus belles. 

Extraordinaire Paris sur le toit de l'Europe avec la manière
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Somptueux opéra de Puccini porté par une soprano d'exception

Publié le par Michel Monsay

Somptueux opéra de Puccini porté par une soprano d'exception
Somptueux opéra de Puccini porté par une soprano d'exception
Somptueux opéra de Puccini porté par une soprano d'exception

Cette nouvelle production d'Il Trittico (Le Triptyque) de Puccini, qui vient de se jouer à l'Opéra Bastille, voit le triple succès tant mérité de la prodigieuse soprano Asmik Grigorian, qui incarne les trois héroïnes principales de la trilogie, entourée d'une formidable distribution vocale, dans une mise en scène éloquente de Christof Loy, sous la direction musicale haute en couleur de Carlo Rizzi. Il Trittico, inspiré par Dante, n’est pas joué si souvent dans nos contrées, et encore moins dans le désordre : à rebours d’une tradition plaçant la farce après les drames, Christoph Loy a préféré commencer son spectacle par Gianni Schicchi, avant de poursuivre avec le mélodrame naturaliste Il Tabarro et de conclure par la tragique et mystique Suor Angelica, et il a eu mille fois raison. Gianni Schicchi respecte tous les ressorts de la farce et de la comédie, menée tambour battant par l'imposant et rusé Misha Kiria au merveilleux timbre sombre et percutant face à une famille Donati veule et cupide, dans laquelle la tante Zita de Enkeledja Shkoza en matriarche autoritaire mène la rébellion contre un injuste testament, entourés de tous les autres membres de la famille portés par une direction d'acteurs qui joue habilement de la dynamique collective. Asmik Grigorian (Lauretta) ne fait dans ce premier épisode qu'une apparition assez fugace, pleine de fraicheur, mais elle nous gratifie d'un émouvant et sublime « O mio babbino Caro » à faire pleurer les pierres, et qui met d'emblée l'Opéra Bastille à ses genoux. Changement radical de climat dans Il Tabbarro, drame vériste, avec un très beau décor noyé dans la pénombre miséreuse et sans espoir des quais de Seine rappelant l'atmosphère brumeuse des films noirs à la Marcel Carné, entretenue par un orchestre aux couleurs tendues par le drame, l'adultère et la jalousie. Patron de la péniche, miné par la jalousie, Roman Budenko incarne un Michele désabusé au beau baryton sombre et ample dont la violence contenue se libère dans des aigus bien projetés. Face à lui le ténor Joshua Guerrero oppose un chant brûlant de passion, tandis qu'Asmik Grigorian campe une Giorgetta à la fois sensuelle et résignée, usée et formidablement humaine, dont le timbre rond, le souffle infini font encore merveille, sans oublier l'inénarrable Frugula de Enkeledja Shkoza, la mezzo-soprano albanaise présente elle-aussi dans les trois parties. Enfin, Suor Angelica offre à Asmik Grigorian l'occasion d'une incarnation véritablement exceptionnelle : à la fois vocale par toutes les qualités du chant ici réunies, mais aussi scénique par l'intensité du jeu théâtral qui se déploie dans un émouvant crescendo allant de l'acceptation à la rage pour culminer dans la détresse. C’est rare de rire et de pleurer à l’Opéra dans une même soirée, et c’est le cas ici. Asmik Grigorian est pour beaucoup dans la magie de ce spectacle. Elle réussit à créer un fil entre les trois opéras, et on ne peut qu’être touché par sa voix exceptionnelle, qui s’adresse directement au cœur des gens. Quoi qu’elle fasse, on y croit totalement, et on se laisse envahir par l’émotion qu’elle nous donne. On a rarement vu un tel talent de comédienne à l’Opéra, et c’est aussi grâce à Christof Loy, qui a mené une direction d’acteurs digne du théâtre. Ce magnifique spectacle se finit par une longue ovation debout de toute la salle, d'où l'on ressort totalement conquis.

Comme les représentations à l'Opéra de Paris sont terminées, Il Tritico est à voir ici pour 14,90 € en location.

Publié dans Spectacles

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On va droit dans le mur !

Publié le par Michel Monsay

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On va droit dans le mur !

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Le passionnant et courageux combat de Thomas More

Publié le par Michel Monsay

Le passionnant et courageux combat de Thomas More

En 1967, Un homme pour l'éternité remporte les principaux Oscars : Meilleur film, meilleur réalisateur pour Fred Zinnemann, meilleur acteur pour Paul Scofield. Fred Zinnemann, à qui l'on doit notamment Le train sifflera trois fois ou Tant qu'il y aura des hommes, a toujours été obsédé par une thématique : celle de l’individu luttant pour préserver son intégrité. Ce cinéaste pudique, ­anti démonstratif, homme de conviction, n’aura réalisé, au fond, que des films politiques. Adapté par Robert Bolt de sa propre pièce, Un homme pour l'éternité raconte le combat de Thomas More, chancelier de Henry VIII qui, désavouant le divorce du roi et la rupture avec Rome, refusa les compromis. Fred Zinnemann déjoue les pièges du théâtre filmé pour livrer une leçon de mise en scène. La symbolique des décors, avec ce va-et-vient fluvial entre la grisaille des lieux de pouvoir et le jardin d’éden du juriste-martyr, sert tout autant le propos humaniste des auteurs que les costumes des protagonistes, simples mais évocateurs, et la musique, austère et majestueuse, de Georges Delerue. Surtout, Fred Zinnemann et Robert Bolt offrent de splendides partitions à leurs interprètes, qui sont tous très justes, citons Orson Welles, Robert Shaw hallucinant en Henry VIII, John Hurt et bien sûr Paul Scofield, grand acteur de théâtre, reprenant le rôle de Thomas More qu’il tenait sur scène. Face à la conjuration des médiocres, et par ses inflexions de jeu et de voix, il fait toucher du doigt les différentes facettes d’un personnage hors norme, père de famille aimant, intellectuel inflexible, sage pour l’éternité. Sa sensibilité crève les cœurs et l’écran.

Un homme pour l'éternité est à voir ici pour 2,99 € en location.

La bande-annonce est en VO non sous-titrée mais vous aurez les sous-titres en regardant le film sur le lien.

Publié dans replay

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Suzanne Valadon, peintre figurative majeure de la vérité des corps

Publié le par Michel Monsay

Suzanne Valadon, peintre figurative majeure de la vérité des corps
Suzanne Valadon, peintre figurative majeure de la vérité des corps

Modèle d’Auguste Renoir, amante de Toulouse-Lautrec, mère de Maurice Utrillo : ces étiquettes ont pendant longtemps occulté Suzanne Valadon (1865–1938), l’artiste ! Figure majeure de sa génération, témoin de la vie de Montmartre à son âge d’or, elle a imposé son style avec brio. À l’occasion de la grande rétrospective que lui a consacré le Centre Pompidou et qui vient de se terminer, on a pu découvrir toutes les facettes de cette artiste audacieuse, à la personnalité frondeuse, d'une grande liberté, ainsi que son rôle précurseur dans la naissance de la modernité artistique. À la marge des courants dominants de son époque, le cubisme et l’art abstrait qui sont en germe, elle défend avec ardeur la nécessité de peindre le réel, elle place le nu, féminin comme masculin, au centre de son œuvre, représentant les corps sans artifice ni voyeurisme. Née en 1865, de père inconnu, elle fut élevée par sa mère Madeleine Valadon et grandit dans le quartier populaire de la butte Montmartre, à Paris. Elle fut serveuse, marchande, livreuse de linge, acrobate avant de devenir modèle sous le prénom de Maria. C'est en observant de grands maîtres comme Renoir, Toulouse-Lautrec, pendant les séances de pose qu'elle apprend à dessiner et à peindre, ainsi que sur les conseils de son ami et mentor, Degas. Élevée dans un milieu bohème, Suzanne Valadon était une peintre à l’esprit libre et transgressif, peu soucieuse des carcans bourgeois et des injonctions morales. Libre dans sa vie comme dans ses choix artistiques, elle s’est intéressée à tous les sujets dans ses toiles, même le plus défendu aux femmes : le corps des hommes. Outre la nudité des corps, les autres thèmes de prédilection de la peintre et dessinatrice sont des portraits, froids et durs, où elle répond souvent à une commande, sans souci de plaire, des autoportraits magnifiquement féroces, et parfois, quelques paysages et natures mortes. S'y retrouvent la netteté très reconnaissable de son trait, dessiné ou gravé, et sa couleur, vive, lumineuse, prise dans le réseau des lignes, qui la découpent en zones séparées. Réunissant près de deux cents pièces d’elle et de son entourage, Toulouse-Lautrec, Marie Laurencin, Cézanne, Matisse,..., les toiles et dessins de Suzanne Valadon imposent leur densité, leur crudité et son obsession de la vérité. Elle veut saisir la vérité des corps que l’âge, le travail et la fatigue abîment et la vérité des caractères et des situations sociales qui transparaissent dans les attitudes et les regards. Dans La Chambre bleue, un de ses chefs-d'œuvre, peint en 1923 et aussitôt acheté par l’État, l’artiste inverse en une scène savoureusement féministe sa propre trajectoire d’ancien modèle : une femme plantureuse en débardeur et bas de pyjama d’homme traîne au lit, clope au bec, avec, non pas un chat noir à ses pieds, comme l’Olympia de Manet, mais des livres. Cette très belle exposition a permis de mieux comprendre et apprécier le processus créatif de cette artiste au trait puissant, à la croisée de divers mouvements, qui a fait allègrement valser les codes de son époque.

Pour ceux qui n'ont pas eu la chance de voir l'exposition, en voici une large sélection :

Suzanne Valadon, peintre figurative majeure de la vérité des corps
Suzanne Valadon, peintre figurative majeure de la vérité des corps
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Fabuleuses images de Sebastião Salgado sur le Tour de France 1986

Publié le par Michel Monsay

Fabuleuses images de Sebastião Salgado sur le Tour de France 1986
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Fabuleuses images de Sebastião Salgado sur le Tour de France 1986
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Fabuleuses images de Sebastião Salgado sur le Tour de France 1986
Fabuleuses images de Sebastião Salgado sur le Tour de France 1986

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Sebastião Salgado, un immense photographe s'en est allé

Publié le par Michel Monsay

Sebastião Salgado, un immense photographe s'en est allé

Sebastião Salgado, photographe et environnementaliste brésilien de renommée internationale dont les images en noir et blanc témoignent de la dignité des travailleurs, du sort des migrants et de la beauté intacte de la planète, est décédé le 23 mai 2025. Il avait 81 ans. Avec lui s’en est allé le dernier photographe humaniste, celui qui plaçait la dignité des êtres au centre de son travail. Le plus populaire, aussi, ses expositions attirant parfois jusqu’à 250 000 visiteurs. L’un des plus grands, surtout, dont les amples fresques, dédiées aux paysans d’Amérique Latine, aux ravages de la sécheresse au Sahel, aux réfugiés à travers le monde ou aux recoins de la planète encore préservés des blessures infligés par ses semblables, étaient reconnaissables entre mille avec leurs tirages aux noir et blanc somptueux, et cette composition toute en symbole transfigurée par la lumière. Un homme au charme fou, enfin. À la voix chaude et au regard clair, à l’élégance à la fois racée et fraternelle, dont l’énergie communicative était contrebalancée par un calme olympien. Il se savait malade quand il avait inauguré son exposition aux Franciscaines de Deauville fin février dernier, en larme quand il évoquait son parcours commencé au Brésil qu’il avait dû fuir en 1969 pour échapper à la dictature et à la mort. Dans les années 1970, c’est en France qu’il décide de s’installer au moment où il choisit la photographie alors qu’il a fait de brillantes études d’économie. N’oubliant ni ses origines ni sa formation, progressivement, il axe son travail sur des sujets à caractère social. Mais c’est la décennie suivante, quand il commence ses grandes fresques sur des thématiques comme la famine, le travail ou encore la migration, qu’il traite sur plusieurs années et dans plusieurs pays, en Afrique ou en Amérique du Sud, que son style s’impose. Son travail est salué par les plus prestigieux prix internationaux. En 2017, il est élu à l'Académie des Beaux-Arts. Loin de la civilisation, son projet au long cours Genesis est dédié aux territoires de la planète restés intacts. Pendant huit ans, il arpente l’Afrique sauvage, l’Antarctique, l’Arctique, le Groenland… C’est en travaillant sur ce projet qu’il contracte, en 2010, une forme particulière de malaria en Indonésie. Quinze ans plus tard, les complications de cette maladie se sont transformées en une leucémie sévère, qui a eu raison de lui. En 2014, le cinéaste allemand Wim Wenders et le fils du photographe, Juliano Ribeiro Salgado, ont retracé son parcours dans le Sel de la terre, qui a reçu le César du meilleur documentaire en 2015. Le regard unique de ce maître du noir et blanc, témoin infatigable de la condition humaine, engagé pour l’environnement et la défense des peuples autochtones, est une perte immense pour le monde de l'art.

Sebastião Salgado, un immense photographe s'en est allé
Sebastião Salgado, un immense photographe s'en est allé
Sebastião Salgado, un immense photographe s'en est allé
Sebastião Salgado, un immense photographe s'en est allé
Sebastião Salgado, un immense photographe s'en est allé
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Sebastião Salgado, un immense photographe s'en est allé

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Le récit bouleversant d’une tragédie tunisienne

Publié le par Michel Monsay

Le récit bouleversant d’une tragédie tunisienne

Nous sommes à Mghila, au centre-ouest de la Tunisie, près de la frontière algérienne. Le village à l’aplomb de ces montagnes dans une région désertique, composé de quelques maisons où vivent les protagonistes du film, est comme isolé du reste du monde. Adaptant une histoire vraie survenue en 2015, la chronique de l’assassinat d’un adolescent et de ses répercussions dans le cœur de son cousin, Lofti Achour, par ailleurs metteur en scène de théâtre, filme un pan de la Tunisie que le cinéma ne montre pas souvent. Dans les terres loin du littoral touristique et des villes où éclata le Printemps arabe, des hommes, des femmes et des enfants oubliés de tous partagent leur quotidien, travaillent et vont à l’école. Leur seule échappée : les pentes harassées de chaleur des montagnes avoisinantes, où parfois une retenue d’eau apporte fraîcheur et répit. S'il n'y avaient pas les portables et le réfrigérateur, on se croirait, dans ces pauvres maisons rudimentaires au sol en terre battue, à une époque reculée que la modernité n’a qu’à peine effleurée, pourtant, la vie est là. Enserrée dans des cadres magnifiques faisant la part belle aux visages et aux paysages, cette humanité délaissée nous saisit et ne nous lâche plus. Dans ces montagnes-là, dans ces vies-là, l’espoir est comme l’eau : on en trouve même où il n’y en a pas. Ce drame cristallise à lui seul l’abandon des populations rurales, la barbarie terroriste, la faillite politique et la dérive médiatique. C’est cette nécessité de témoigner qui a guidé la conception du film. La méticulosité de la mise en scène recrée fidèlement le contexte de l’affaire avec, des comédiens non-professionnels d'une grande justesse, recrutés dans cette province reculée du pays, un tournage dans le dialecte local, et une pluie de détails véridiques. En plongeant ses yeux dans ceux de son jeune acteur, terrassant de vérité, la caméra capte une peine insondable que les mots ne sauraient pleinement exprimer, au travers d’images marquantes, d’une beauté poétique fulgurante, tour à tour oniriques ou cauchemardesques. Un pur acte d’empathie qui, par son humanité, refuse la folie d’un monde qui accepte encore le sacrifice d’enfants sur l’autel des idéologies. Il rappelle aussi que les musulmans sont les premières victimes du djihadisme. Ce film de Lofti Achour, en dépit de la tragédie qui le traverse, est une épure d’une surprenante beauté.

Publié dans Films

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