Overblog Tous les blogs Top blogs Photographie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Un portrait inspiré d'un peintre et collectionneur d'une grande modernité

Publié le par Michel Monsay

Un portrait inspiré d'un peintre et collectionneur d'une grande modernité

Ardent défenseur de l’impressionnisme, Gustave Caillebotte a été éclipsé par ses renommés pairs, Manet, Monet et Renoir en tête. Il reprend vie dans un documentaire passionnant. Un siècle et demi après la révolution impressionniste, qui bouscula les tenants de l’académisme et s’attira les quolibets de la société bourgeoise, les œuvres de Manet, Monet ou Renoir sont aujourd’hui on ne peut plus consensuelles, jusqu’à orner mugs, foulards et autres objets. Comment rappeler l’audace de ces peintres dans un documentaire évoquant l’un des leurs ? En passant notamment par des choix de réalisation affirmés, en accord avec la personnalité de Gustave Caillebotte (1848-1894), dont Lise Baron signe un portrait vigoureux. Elle y retrace la trajectoire brève et intense d’un artiste doublé d’un collectionneur, qui défendit avec ardeur sa conception de la modernité. Mort à l’âge de 45 ans, il travailla d’arrache-pied à l’élaboration d’une œuvre. Artiste d’extraction bourgeoise, il contribua aussi au mouvement impressionniste en employant une part de sa fortune à acquérir des toiles de ses pairs, voire à les soutenir financièrement. Aux coulées de violons nappant les toiles impressionnistes dans maintes productions sucrées, la documentariste a préféré une musique aux accents électroniques composée par Clémence Ducreux, et dirigé la comédienne Caroline Ferrus, qui dit le commentaire, dans le sens d’une certaine rectitude. La même exigence se traduit à l’image. Donner à voir de la peinture à la télévision est compliqué, surtout quand la touche est épaisse et ne peut être appréciée à l’écran comme dans un musée. Pour y remédier, Lise Baron parsème son film de gros plans, qui rendent cette matérialité. L’œil de Caillebotte, isolé par la caméra sur son autoportrait au chapeau d’été, donne l’occasion d’évoquer par le commentaire l’idéalisme du jeune homme. Et pour montrer qu’à 24 ans, celui-ci peint frénétiquement dans la maison d’Yerres acquise par son père, une photo de la demeure peu à peu recouverte de touches de peinture empruntées à ses toiles suggère l’intensité de son activité. Les idées de prises de vues et de montage qui abondent dans ce documentaire, renvoient ainsi au bouillonnement créatif de l’impressionnisme, à contre-courant de tant de productions académiques, conçues pour être lisses, faciles à ingérer autant qu’à oublier.

Gustave Caillebotte, héros discret de l'impressionnisme est à voir ici ou sur le replay de France Tv.

Publié dans replay

Partager cet article
Repost0

…

Quel choc !

Publié le par Michel Monsay

Quel choc !
Quel choc !
Quel choc !

On l’avait découverte à 17 ans dans le film des frères Dardenne, Rosetta, pour lequel elle reçut le prix d’interprétation féminine à Cannes en 1999 et Palme d'or pour le film. Émilie Dequenne est morte dimanche soir 16 mars des suites d’un cancer rare. Elle avait seulement 43 ans. La foutue maladie contre laquelle elle luttait aura fini par l'emporter. Depuis octobre 2023, l’actrice médiatisait courageusement son combat contre le corticosurrénalome, un cancer de la glande surrénale, extrêmement rare, extrêmement agressif, touchant une personne sur un million. Sa dernière apparition en pleine lumière remontait au festival de Cannes 2024 : alors en rémission, cheveux courts et allure de combattante, elle montait les marches du Palais des festivals, à l’occasion des 25 ans de Rosetta, des frères Dardenne, le film qui a scellé sa carrière de comédienne et changé à jamais sa vie. Son entrée dans le cinéma fut fracassante : nez rougi par le froid, rage au ventre, elle a d’emblée crevé l’écran en 1999, avec cette composition de petite ouvrière rageuse, prête à tout pour retrouver du travail. Le coup d’essai se transforme en carrière éclectique. On la retrouve en marquise dans Le Pacte des loups (Christophe Gans, 2001), en femme de ménage chez Claude Berri (Une femme de ménage, 2002). Dans La Fille du RER, d’André Téchiné (2009), elle fascine en jeune femme à rollers, gracieuse et ambiguë, s’inventant une agression antisémite, pour attirer l’attention. Puis il y a eu A perdre la raison, de Joachim Lafosse (2012), où elle incarne une mère infanticide, piégée dans sa vie de femme au foyer, partition déchirante d’une descente aux enfers, qui lui vaut un second prix d’interprétation à Cannes, dans la catégorie Un Certain regard. C’est un autre de ses compatriotes, Lucas Belvaux, qui lui offre deux de ses plus beaux rôles : Dans Pas son genre (2014), où, solaire et émouvante, elle joue une coiffeuse amoureuse d’un jeune prof de philo (LoÏc Corbery), et se heurte au choc des cultures et des sentiments. Puis Chez nous, qui la voit endosser le rôle d’une jeune ouvrière, tentée par les idées extrémistes (2017). Elle avait une féminité solide et sans chichi que Pierre Jolivet saura magnifier en la transformant en femme pompier dans Les hommes du feu (2017). Loin des icônes éthérées, du glamour factice, Émilie Dequenne tendait un miroir à toutes les femmes. Elle représentait une figure accessible, une forme de spontanéité fraîche, jolie fille à la vie normale, équilibrée. Il y a eu enfin, Les Choses qu’on dit, les choses qu’on fait (2020), d’Emmanuel Mouret, qui lui valut un César, où elle bouleverse en femme trompée, digne et compréhensive, préférant sacrifier son bonheur à celui de son compagnon. Guerrière du quotidien, vaillante et sincère, elle a osé parler ouvertement de la maladie, brisant au passage quelques tabous. Elle a ainsi témoigné avoir appris, en surfant sur internet, qu’elle était remplacée pour le tournage d’un film à venir, sans avoir été avertie directement. Dans une industrie régentée par l’apparence, d’où rien ne dépasse, elle s’est assumée malade, fragile, la boule à zéro, ne cachant rien de ses angoisses de mourir, n’hésitant pas à s’afficher sur les réseaux sociaux dans son quotidien hospitalier. Courageuse et franche, jusqu’au bout, regardant le monde, et les autres, droit dans les yeux. La vie est parfois si injuste, cette actrice que l'on adorait, en apprenant sa disparition, une boule à l'estomac est venue se loger en nous et c'est peu dire que nous allons la pleurer.

Quel choc !
Quel choc !

Publié dans Chroniques

Partager cet article
Repost0

…

Il n'y a plus le choix

Publié le par Michel Monsay

Il n'y a plus le choix

Publié dans Chroniques

Partager cet article
Repost0

…

Une fable qui a du style et du chien dans une Chine pauvre et désolée

Publié le par Michel Monsay

Une fable qui a du style et du chien dans une Chine pauvre et désolée

Nous sommes dans les plaines du désert de Gobi, dans les années 2000. La télévision montre les JO de Pékin 2008, qui se préparent, loin, très loin de cette Chine oubliée, misérable, peu vue au cinéma. C’est filmé comme un western, en panoramique à travers des steppes fantomatiques, jalonnées de cirques, de zoos à l’abandon. Un monde à l’agonie, où les animaux semblent prendre le dessus. Conte ou prémonition ? Peu de dialogues, de personnages, le cinéaste Guan Hu, qui a reçu le Prix Un certain regard au Festival de Cannes, slalome entre l’immensité des paysages et l’intimité du lien entre un humain et un animal, qui est comme un salut. Il inscrit son film dans le réel le plus terre-à-terre, dans cette Chine pré-olympique de 2008 ayant bâti et bâti encore pour se faire vitrine d’une certaine forme de miracle économique aux yeux du monde, ceci au détriment d’une population littéralement appauvrie et spoliée de ses villes et villages, chassée de ses habitations, jetée sur les routes en laissant en chemin ses animaux de compagnie. C’est le contraste entre la dureté de la peinture de cette chine contemporaine, mise en scène avec un mélange étonnant de beauté graphique en cinémascope et de raideur formelle, symbolisée par le mutisme du personnage principal, et la profonde douceur qu’elle dissimule qui rend le film si troublant. Ce western crépusculaire dénonce les mutations économiques tragiques et la perte des idéologies collectivistes. A 56 ans, le cinéaste a derrière lui trente ans de carrière, mais Black dog est son premier long-métrage qui sort en France. C'est un film traversé par des imaginaires contradictoires, convoquant autant le western classique américain qu’une frange contemplative du cinéma chinois contemporain, Mad Max et la comédie noire. Mais dès lors qu’on plonge à l’intérieur des références, Black Dog se révèle bien plus fin et précis qu’un simple film-hommage, et consiste plutôt en une charge politique contre le pouvoir chinois non dénuée d'humour.

Publié dans Films

Partager cet article
Repost0

…

Quand la passion de la danse est plus forte que la douleur

Publié le par Michel Monsay

Quand la passion de la danse est plus forte que la douleur
Quand la passion de la danse est plus forte que la douleur

C’est l’histoire d’un danseur étoile très doué qui a cru ne plus jamais pouvoir remonter sur une scène. Miracle de la volonté, du travail et du courage, Steven McRae a remis les chaussons. Danseur étoile du Royal Ballet de Londres, Steven McRae est tombé un soir de 2019 en plein spectacle : rupture du tendon d’Achille. Le rideau est tombé. Un autre danseur a terminé la représentation de Manon. Après l’opération et le temps d’immobilisation, Steven a dû tout réapprendre : à se muscler, à marcher. À patienter. À croire en un retour possible. En racontant dans ce beau documentaire son parcours du combattant, le réalisateur Stéphane Carrel fait le portrait d’un homme et d’un artiste. Mais aussi celui d’un athlète à la vocation précoce et qui, comme il l’admet, a poussé trop loin son propre corps pour rester une étoile. La beauté de la danse classique, son exigence aussi, sont partout et le film fait la part belle aux ballets. Mais il y a tout ce qu’on s’inflige à soi-même pour atteindre le sommet. Puis pour y rester. Né en Australie, Steven McRea a développé dès son plus jeune âge un don pour la danse. Il a quitté ses parents, son pays, pour étudier sur un autre continent et intégrer l’un des plus prestigieux corps de ballet du monde. Tout au long de Resilient Man, on observe l’énergie et le travail, la complicité des coachs, chorégraphes, professeurs et partenaires. La famille aussi : car Stephen est marié à une danseuse qui a renoncé à sa carrière et ils sont parents de trois enfants. On constate ainsi tout le monde qu’il faut pour aider un homme à se remettre debout. En cela le film touche à l’universel, raconte le dépassement dont tout être humain est capable. A ses yeux, cette blessure, avec laquelle il doit apprendre à vivre 24 heures sur 24, ne doit pas dicter son existence. On est au plus près de l'artiste. Gros plan sur un pied ou regard dans le vague, rien n'échappe au réalisateur. Le format du film est le plus souvent celui d'une confession où Steven McRae se décrit comme un enfant à charge de plus pour sa femme, humour british bienvenu. Il lui faudra un an pour se sentir confortable en marchant. Et plus encore pour espérer danser. Une éternité tant la carrière de ce genre de solistes est courte. Parmi les instants les plus prenants du film, le danseur, face aux élèves de la Royal Ballet School, évoque ses défauts : ne penser qu'à danser mais sans passion jusqu'au point de rupture, bourré de médicaments et incapable de prévenir la blessure. Un documentaire aux somptueuses images, où la danse est reine, et la narration, qui frôle parfois la fiction pour mieux explorer les enjeux dramatiques, est au plus proche de ce fabuleux danseur.

Resilient man est à voir ici pour 2,99 € en location sur Canal VOD en créant un compte sans abonnement.

Publié dans replay

Partager cet article
Repost0

…

Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !

Publié le par Michel Monsay

Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !

Petit ou grand, sobre ou coloré, simple ou fantasque : le chapeau est un art à part entière, que Stephen Jones a su maîtriser à la perfection. Le Palais Galliera dédie une fabuleuse exposition rétrospective inédite au modiste britannique toujours en activité, intitulée Stephen Jones, chapeaux d'artistes, qui rassemble près de 400 œuvres, dont plus de 170 chapeaux, 40 silhouettes complètes et différents dessins, photos et vidéos, dans un parcours qui retrace la riche carrière de ce génie du chapeau. On peut admirer à travers ces pièces le processus créatif du modiste, ses inspirations, ses collaborations et ses rencontres marquantes, l'importance de Paris dans son œuvre, mais aussi la place du chapeau et de ses créateurs dans le monde de la mode contemporaine. Jean-Paul Gaultier Vivienne Westwood, Thierry Mugler, Givenchy, John Galliano, Marc Jacobs, Schiaparelli, Comme des Garçons,... : le modiste multiplie les collaborations. Il entretient une relation particulière avec la maison Dior, avec qui il travaille depuis 30 ans. Le succès de Stephen Jones n'est plus à démontrer, et le créateur a fortement influencé, par son univers audacieux, le monde de la mode d'aujourd'hui. Le parcours de l'exposition retrace la carrière du créateur, de ses débuts à ses derniers succès. Au milieu des années 1980, son humour et son savoir-faire séduisent Paris. Avec lui, le couvre-chef se fait oiseau, corail, chaussure, bobine, bol de soupe à l’oignon, tour Eiffel, cathédrale de Liverpool... De l’extravagance baroque à la simplicité zen, Stephen Jones s’amuse à juxtaposer les formes et les matières pour faire de ses chapeaux de véritables sculptures. Une célébration de la passion et du talent d’un modiste surdoué qui a su élever cet accessoire à des sommets inégalés, faisant d’un simple complément vestimentaire une œuvre d’art à part entière. Quel délice que cette rétrospective consacrée à Stephen Jones, un hommage poétique et ludique dont on ressort enchanté, d'autant que j'ai eu la chance de le féliciter en personne, il était exceptionnellement de passage à l'exposition.

Stephen Jones, chapeaux d'artiste est à voir au Palais Galliera jusqu'au 16 mars.

Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !
Stephen Jones, maître de l’élégance et de la créativité. Chapeau, l’artiste !

Publié dans Expos

Partager cet article
Repost0

…

Sans commentaire

Publié le par Michel Monsay

Sans commentaire
Sans commentaire

Publié dans Chroniques

Partager cet article
Repost0

…

À l'Opéra de Paris, la diversité avance à petits pas

Publié le par Michel Monsay

À l'Opéra de Paris, la diversité avance à petits pas

Les parcours de l'excellent danseur étoile Guillaume Diop et la contrebassiste Sulivan Loiseau montrent à quel point la diversité est un sujet sensible au sein de l'Opéra. 11 mars 2023, à l'issue de la représentation de Giselle, à Séoul, et pour la première fois de son histoire, l’Opéra de Paris nomme un jeune homme noir danseur étoile. Guillaume Diop a alors 23 ans. Son couronnement est salué par des réactions de folie dans le monde entier. Non seulement ce jeune interprète hyper doué crée la surprise en sautant un grade de la hiérarchie de la troupe, mais il devient le symbole de la diversité au cœur de l’institution parisienne. De ce titre, il en tire une grande fierté, mais aussi une immense responsabilité. Lui qui a manqué de modèle au cours de son apprentissage, mesure à quel point il devient un symbole pour les tout jeunes danseurs, et danseuses, qui rêvent d'entrer à l'Opéra. Dans ce très bon documentaire, Guillaume Diop se livre, raconte ce sentiment d’illégitimité qui le pousse à travailler toujours plus et la violence des mots assénés. Être noir à L'Opéra nous emmène ainsi dans les réunions du comité consultatif diversité de l’Opéra. Séquences sans commentaire qui ne manqueront pas d’en provoquer chez les téléspectateurs. Car l’Opéra semble figé dans une temporalité d’un autre siècle. Mais admettons, les choses bougent. Un tout petit peu. Au sein de l’orchestre, une jeune femme noire a fait son entrée : Sulivan Loiseau, contrebassiste, une pionnière, dixit une de ses amies. C’est aussi la nécessité de changer un regard, et de redéfinir le répertoire. La question est : comment remettre en cause les codes esthétiques de l’opéra ? En arrêtant, par exemple, d’utiliser du maquillage pour exagérer les traits des personnes racisées, en oubliant aussi les collants de couleur chair conçus uniquement pour les peaux blanches, ou en acceptant qu’un danseur noir porte des tresses plutôt que devoir se lisser les cheveux. L’évolution de la réflexion sur le sujet à l’Opéra national de Paris est passée par des étapes cruciales. En 2020, après l’affaire George Floyd et les manifestations Black Lives Matter aux États-Unis, Guillaume Diop et ses amis Letizia Galloni, Jack Gasztowtt, Awa Joannais et Isaac Lopes Gomes écrivent le manifeste De la question raciale à l’Opéra de Paris, qui sera signé par 400 collègues. Dans la foulée, en 2021, l’institution présente un rapport sur la diversité au sein de l'institution. Intime, le documentaire met en lumière le parcours du combattant des artistes de couleur pour faire leur place dans ce monde très homogène. Il pointe aussi les efforts menés par l'Opéra de Paris pour casser les stéréotypes en adaptant notamment certaines œuvres du répertoire. On mesure toutefois le chemin qu’il reste encore à parcourir.

Être noir à l'Opéra est à voir ci-dessous ou sur le replay d'Arte.

Publié dans replay

Partager cet article
Repost0

…

Passionnant portrait d'un acteur pas comme les autres

Publié le par Michel Monsay

Passionnant portrait d'un acteur pas comme les autres

Thierry Demaizière et Alban Teurlai réalisent un documentaire sur et par Vincent Lindon, aussi saisissant que déroutant de sincérité. Sur la base de nombreuses heures filmées par l'acteur lui-même, ce documentaire révèle un artiste sans filtre et plein de contrastes. Entre journal intime et autoportrait, ce film réalisé par le duo Demaizière et Teurlai est le second documentaire qu'il consacre à Vincent Lindon. Du premier film, centré davantage sur l'acteur, sa filmographie et son enfance, est né un lien d’amitié entre Vincent Lindon et les deux réalisateurs. Pour ce second film, ils ont proposé à celui-ci de se filmer et de s’enregistrer lui-même à l’aide de son téléphone, comme pour une sorte de journal intime. Entre fulgurances, coups de gueule et coups de spleen, on découvre un homme authentique, à la fois fragile et sûr de lui, à la fois fataliste et enthousiaste, un homme capable de drôlerie et de beaucoup d’autodérision alors qu'il peut nous apparaître sous les traits de quelqu'un de dépressif, ce qu'il n'est absolument pas le cas, selon les dires des deux cinéastes. Comme Vincent Lindon, dans des dîners, a des fulgurances, des moments où il est absolument génial, où il est en colère, où il est irrésistiblement drôle, ils ont commencé à le filmer à son insu. Pas pour le piéger, mais pour ne pas dénaturer le moment. Et au bout de quelques semaines, ils lui ont dit qu'ils le filmait et lui ont demandé s'ils pouvait continuer. Le comédien a donné son autorisation, mais les deux auteurs du documentaire ne pensaient pas que cela allait durer quatre ans. Cœur sanglant ne ressemble à aucun autre documentaire. Ici, pas de voix off ni d’interventions extérieures : seul Vincent Lindon s’exprime, dans un monologue intérieur ponctué d’émotions brutes. Le film se construit autour de messages vocaux qu’il enregistre, des confessions livrées sans retenue sur ses angoisses, ses colères et ses aspirations. À travers 150 heures de rushes, les réalisateurs ont façonné une œuvre qui oscille entre introspection et spontanéité, révélant un Vincent Lindon vulnérable, torturé, mais aussi drôle et excessif, entre colère et tendresse. Le documentaire met en lumière son besoin viscéral d’être écouté, compris, et surtout aimé. L’un des fils conducteurs du documentaire est le rapport de Vincent Lindon à son passé et à son enfance. Il confie avoir grandi avec des tics nerveux qui inquiétaient ses parents et généraient une déception pour eux, et explique que son besoin constant de reconnaissance vient en grande partie de là. Ce manque initial se reflète dans sa quête incessante de l’amour du public et de ses proches. Le drame de sa vie est que ses parents ne l’aient pas vu devenir célèbre. D'où le côté testamentaire de ce film à l'adresse de ses enfants. Quand tant de documentaires sur des personnalités ont tout du lissage auto-promotionnel complaisant, l'acteur prend visiblement un malin plaisir à faire tout l'inverse, à montrer ses aspérités, ses travers, ses faiblesses, à dire l'inavouable. La peur de mourir, et donc de vieillir est un thème récurrent qui alimente ses angoisses. Seule sa fierté semble lui offrir de rares répits. Comme lorsqu’il est choisi pour présider le Festival de Cannes, en 2022, ou reçoit le Prix d'interprétation à Cannes et la Palme d'or pour Titane. Comment ne pas être touché par les failles de cet acteur génial, écorché vif ? Une confession intime qui permet aussi de comprendre pourquoi et comment l’acteur s’investit autant dans ses rôles au cinéma, et pourquoi sa manière de jouer est aussi réaliste et fascinante.

Vincent Lindon cœur sanglant est à voir ci-dessous ou sur le replay d'Arte.

Publié dans replay

Partager cet article
Repost0

…

Drôle et touchant road trip qui défie le deuil

Publié le par Michel Monsay

Drôle et touchant road trip qui défie le deuil

Acteur et réalisateur, Mathias Mlekuz a perdu un fils de 28 ans, en 2022. Il embarque son meilleur ami Philippe Rebbot dans un road trip à bicyclette, pour refaire le voyage que son fils avait entrepris avant de disparaître. Entre documentaire et comédie burlesque, ce film inclassable d’une simplicité confondante touche par un mariage entre le réel et l’imaginaire, la douleur et la douceur, l’amitié et le deuil impossible. Tourné sans script ni scénario préétabli, ce film se construit au fil du trajet. C’est d’ailleurs de là que provient sa grande originalité. À bicyclette ! repose avant tout sur une narration en mouvement, continûment connectée à l’improvisation, à la cocasserie des dialogues sans filtre. Un coup de chapeau au montage qui a su ordonner avec subtilité les plus de 180 heures de rushs glanées durant le tournage. Loin de tout pathos, on s’attache à la démarche des deux amis. Et on comprend, par couches successives, où ils en sont dans leurs vies respectives, ce en quoi ils croient, ou ne croient plus. La peur de la mort. Le sens de la vie. Les priorités. Tout cela s’approche sans bruit à la faveur des feux de camps ou des veillées. Ce duo de compères cabossés évoquent tour à tour la transmission, la parentalité, la résilience et la fragilité de la vie dans un joyeux désordre et sans se prendre au sérieux. Bien sûr parfois, la tristesse et la douleur s’invitent au milieu de leurs discussions mais leur amitié, que l’on devine inébranlable, sert de baume réparateur. D’autant que l’humour et même le burlesque n’oublient jamais de surgir juste au moment où un trop-plein d’émotions risque de nous faire vaciller. Au final, un film tendre, drôle et malicieux.

Publié dans Films

Partager cet article
Repost0

…