La réjouissante liberté de regard de Denise Bellon
Le Musée d'art et d'histoire du judaïsme a consacré une rétrospective à Denise Bellon (1902-1999), photographe humaniste et pionnière du photojournalisme dont le regard a traversé une partie du XXᵉ siècle, des années 1930 à 1970. À travers près de 300 œuvres et documents, l’exposition a révélé la force d’une femme qui a capté l’histoire, l’exil, l’art et l’inattendu avec curiosité. Photoreporter audacieuse, témoin de l’entre-deux-guerres, compagne de route des surréalistes, dont elle partageait le goût pour l’insolite et l’étrange, et observatrice attentive des communautés juives en Europe et en Méditerranée, Denise Bellon a composé une œuvre d’une grande diversité. C’est après son divorce à 28 ans, que la jeune femme, née dans une famille juive bourgeoise, s’initie à la photographie dans le studio fondé par René Zuber. Pendant l’Occupation, pour cacher sa judéité, la photographe, née Denise Hulmann, continue d’utiliser le nom de son premier mari, Jacques Bellon. Ce dernier offre d’ailleurs ses papiers d’identité au nouveau compagnon de Denise Bellon, le journaliste Armand Labin, juif de nationalité roumaine, qui va les utiliser pour ses activités de résistance. Cette belle exposition reconstitue le parcours de cette femme autodidacte, qui met en lumière un regard libre, vagabond et profondément humaniste, longtemps resté dans l’ombre : De ses débuts au Studio Zuber à Paris, à son engagement pendant la guerre, ses reportages à l’étranger, comme ses portraits d’écrivains, d’artistes et de cinéastes. Au sein de l’agence Alliance photo, qu’elle crée avec des amis photographes en 1934, elle réalise des reportages au Maroc (1936), en Finlande (1938), ou encore en Afrique-Occidentale française, où elle témoigne sans détour des méfaits du colonialisme, notamment à travers une série saisissante consacrée au quartier assigné aux prostituées à Casablanca, ou cette photo de 1939 montrant le recrutement de conscrits dont un médecin inspecte leurs dents comme on le faisait du temps de l’esclavage. Jusqu’ici, Denise Bellon n’a été que très peu exposée, son œuvre, riche et variée, reste méconnue. Elle avait pourtant enchaîné les commandes publicitaires et les reportages pour des magazines tels que Regards ou Paris Match. Ses photographies, qu’elles soient documentaires, sociales ou issues de commandes, sont toujours empreintes de dignité et de joie de vivre, même lorsqu’elles abordent des sujets difficiles. Elle avait une capacité à capter la vie quotidienne, les fêtes, le sport ou les portraits de femmes et d’enfants avec une modernité qui reste étonnamment actuelle. Dans les années 1970, Denise Bellon se fait photographe de plateau sur les tournages de sa fille Yannick Bellon, devenue cinéaste, ce seront ses dernières photos. Solaire est l’adjectif qui convient le mieux aux photographies et au sourire de Denise Bellon. Tout dans l’œuvre et dans la personnalité de cette photographe méconnue rayonne d’une joie diffuse et d’un optimisme entêtant.
L'exposition Denise Bellon est terminée, ci-dessus et dessous une large sélection de l'exposition.
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