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Une minisérie très originale, entre burlesque et émotion

Publié le par Michel Monsay

Une minisérie très originale, entre burlesque et émotion
Une minisérie très originale, entre burlesque et émotion

Le jour où Guilhem, 11 ans, est diagnostiqué autiste Asperger, sa mère, apprend… qu’elle aussi. Dotée de dialogues ciselés, Aspergirl se distingue par sa capacité à s’inscrire dans le genre, encore si rare en France, de la dramédie (comédie dramatique). La drôlerie incontournable de l’ensemble n’escamote pas les difficultés, voire les pics de tristesse qui hérissent l’existence. Car c’est bien la question du lien qui est au cœur de la série, le défi d’entrer en contact avec l’autre quand on est neuro-atypique, mais aussi, tout simplement, quand on appartient à l’espèce humaine… Le personnage de la mère peu conscient des injonctions et contraintes, est interprété avec un art engagé du décalage par Nicole Ferroni, qui débusque l’absurdité des normes sociétales auxquelles nous nous soumettons tous et sait faire vibrer une émotion immunisée contre toute mièvrerie. Son fils est joué par Carel Brown, version enfantine de Buster Keaton. Cette série française est une comédie sensible doublée d'une réflexion chatoyante et pétillante qui questionne la norme avec un regard toujours bienveillant. Le parti-pris d’Aspergirl est celui de la chronique quotidienne : comment se faire des amis, trouver un travail, suivre sa scolarité, organiser une fête, sans se faire remarquer. Un récit qui prend aussi, par moments, les allures d’une fable colorée, cocasse et tendre. Avec des personnages joyeusement loufoques et les solutions très décalées qu’ils inventent pour paraître normaux dans la vie. Le scénario a recours au rire comme moyen de communiquer et de désamorcer des sujets sensibles et délicats, ce qui offre un regard totalement différent, libérateur et rafraîchissant. Cette touchante minisérie sur l'autisme léger est aussi éloignée de l’image de l’idiot savant de Rain Man que du réalisme souvent violent de Hors normes, en prenant un parti résolument optimiste et burlesque d'où transparait un appel à la bienveillance et à l’acceptation des différences.

Aspergirl est à voir ici sur OCS pour 10,99 €, un mois d'abonnement sans engagement qui permet de voir aussi les séries et films de l'offre OCS.

Publié dans replay

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Quelle drôle d'idée !

Publié le par Michel Monsay

Quelle drôle d'idée !

Cette idée revient officiellement à la patronne du service public, Delphine Ernotte Cunci. À la suite de la disparition de Jean-Pierre Elkabbach le 3 octobre, elle a proposé que le bâtiment principal du siège de France Télévisions porte le nom du journaliste. L’immeuble situé en bord de Seine, dans le 15ᵉ arrondissement de Paris, va être ainsi baptisé « Maison Jean-Pierre Elkabbach ». Une cérémonie s'est déroulée hier à 10 heures en présence d’Emmanuel Macron, qui a prononcé un discours et a dévoilé la plaque commémorative. Et si cette magnifique idée, une de plus, venait de lui ... Outre les émissions qu’il a présentées sur les chaînes publiques (Cartes sur table, Repères…), Jean-Pierre Elkabbach, rappelons-le, en a aussi été le PDG (1993-1996), poste dont il a dû démissionner à la suite du scandale des animateurs-producteurs et des contrats faramineux accordés à Nagui, Jean-Luc Delarue ou Arthur avec l'argent public. À ces centaines de millions de francs dépensés à l’époque pour quelques-uns, il faut ajouter les plus de 3 milliards de francs investis dans la construction de la maison France Télévisions, tout ça pour faire plaisir à Édouard Balladur, alors Premier ministre. Trop d’argent dilapidé, un rapport accablant de la Cour des comptes sur la gestion de France Télévisions entre 1993 et 1996, Jean-Pierre Elkabbach a fini par se faire virer. Et aujourd’hui on veut donner son nom au siège de France Télévisions ! Elkabbach, c’est avant tout une figure des médias privés, une voix d’Europe 1, qui a fini chez Bolloré, un homme accroché au micro qui s’est accommodé avec tous les pouvoirs en place pour continuer à garder la main sur les interviews politiques et servir la soupe aux puissants tout en faisant mine de les secouer de temps en temps. Cette décision qui ressemble à une mauvaise blague, un gag digne des Guignols de l’Info, a été prise sans aucune concertation en amont pour choisir le nom que portera la Maison de la télé, qui devrait être un bien public neutre. D'où la polémique justifiée à la suite de cette décision injustifiée.

Publié dans Chroniques

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Sidération

Publié le par Michel Monsay

Sidération
Sidération

Condamnation sans équivoque de ces actes terroristes du Hamas, mais tôt ou tard, Nétanyahou devra rendre des comptes : au lendemain de l’offensive sans précédent du Hamas en Israël, la presse israélienne est folle furieuse contre son gouvernement de droite et d’extrême droite. 700 morts et plus de 2 150 blessés côté israélien, et côté palestinien, au moins 436 personnes sont mortes et 2 300 ont été blessées. Il va y avoir une vengeance israélienne très lourde, avec des bombardements qui hélas n’atteindront pas probablement le Hamas mais les civils gazaouites.

Voir la petite interview ci-dessous de Joan Sfar (cliquez sur lien et n'oubliez pas de mettre le son) où tout est dit :

https://x.com/BFMTV/status/1711072431996105105?s=20

Publié dans Chroniques

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La FIFA poursuit son cycle de destruction du plus grand tournoi du monde

Publié le par Michel Monsay

La FIFA poursuit son cycle de destruction du plus grand tournoi du monde

Après les huit stades climatisés de la dernière Coupe du monde de foot au Qatar, était-il possible d’aller plus loin dans l’aberration écologique ? Oui, bien sûr, la Fifa a plein d’idées. Alors que l’édition 2026 s’étalera du Mexique au Canada, ce qui est déjà pas mal, celle d’après en 2030 aura lieu sur trois continents : l’essentiel des rencontres en Espagne, au Portugal et au Maroc, mais aussi trois autres matchs en Argentine, au Paraguay et en Uruguay.  Il y a plus de 10 000 kilomètres entre l’Europe et l’Amérique du Sud, et donc pas mal d’avions à réquisitionner pour les supporters, les équipes, les médias, tout l’écosystème d’une Coupe du monde. C’est un peu désespérant de se dire que la Fifa, avec son influence mondiale, pourrait montrer l’exemple, organiser des événements à échelle humaine, sensibiliser le monde aux périls du réchauffement, mais a choisi le climatoscepticisme. Elle est pourtant directement concernée : pourra-t-on réellement jouer au foot en Catalogne ou au Maroc à l’été 2030 ? Il y faisait 45 à 50°C cet été. Le plus décourageant, peut-être, est de constater l’insensibilité totale de la Fifa aux critiques. Tous les scandales du Mondial qatarien, finalement, ne lui ont fait ni chaud ni froid. Aberration écologique, négation des droits humains et controverses politiques devraient revenir au programme de l’édition 2034, promise à l’Arabie saoudite. La cupidité de Gianni Infantino est à vomir et donne envie de boycotter définitivement le football, tellement sali par l'argent aujourd'hui. Ce sport business est de plus en plus déconnecté de la réalité de notre monde et contribue même à le détruire. Stars du ballon rond, entraîneurs, dirigeants de clubs ou de fédérations, tout le monde reste muet devant toutes ces dérives et la toute puissance de la Fifa, n'ont-ils aucune conscience environnementale ou tout simplement humaine ? Ils préfèrent pavaner dans leur voiture de luxe, afficher des postures ou leur arrogance et leur suffisance les rend pathétiques, et en tout état de cause, ils ont trop peur de mettre en danger leur petit confort égoïste en faisant bloc pour s'opposer à toutes ces aberrations.

Publié dans Chroniques

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Une pop mélancolique et envoûtante

Publié le par Michel Monsay

Une pop mélancolique et envoûtante

Huit ans après The Magic Whip, le quatuor londonien a mis en boîte un grand disque dont le cœur se nourrit de l’errance et de la réflexion sur le temps qui passe. Un retour aux fondamentaux, voilà le premier sentiment qui vient à l’écoute du neuvième album de Blur. The Ballad of Darren opère un recentrage sur l’écriture : une instrumentation élégamment sobre et sans artifices électroniques flagrants, le tout mis en valeur par une production chaleureuse, voire organique, et un savoir-faire dans la composition. Il n’échappe pas non plus que les dix morceaux de ce disque concis sont infusées d’une certaine mélancolie. Dès les premiers couplets de The Ballad, les paroles de Damon Albarn exhalent le vague à l’âme d’un quinquagénaire qui prend conscience du caractère éphémère de la vie et de ceux qui ne reviendront plus. Le génial et ultra-prolifique Damon Albarn enchaîne les projets avec une frénésie hallucinante qui ne le laisse jamais au repos : Gorillaz (dont on avait adoré le dernier album il y a quelques mois), Blur, Mali Music, The Good, The Bad and the Queen, albums solos, opéras etc.), et chaque fois il nous impressionne par la qualité de ses créations quel que soit le style de musique. La réussite de cet album réside dans le mélange d'une pop à la fois cérébrale, inventive, spontanée, et d’une grande délicatesse, des textes teintés d’une langueur envoûtante, et bien sûr Damon Albarn, qui a parfois des accents à la Bowie, dont il est indéniablement le plus talentueux héritier, et a rarement aussi bien chanté.

Ci-dessous, quatre formidables extraits de The ballad of Darren, dont trois en concert :

Publié dans Disques

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Une série drôle, rythmée et osée

Publié le par Michel Monsay

Une série drôle, rythmée et osée

Si des œuvres comme l'excellente série The Deuce ont déjà exploré l'essor de l'industrie du porno au début des années 70, pour en montrer les dangers et la violence qui en découle, la scénariste Ellen Rapoport a décidé de traiter le sujet sous un angle bien différent avec Minx, une série féministe sur le porno. Cette époque féconde de la presse écrite est une toile de fond pour aborder le début d’une prise de conscience collective sur l’émancipation des femmes. Les premiers épisodes montrent comment le point de vue d’une femme sur la sexualité pouvait secouer une société qui n’avait pas vraiment absorbé la révolution des sixties. Ils montrent aussi comment le capitalisme américain règne en maître, peu regardant sur les contenus mais exigeant de tous une rentabilité immédiate. En plus de son propos, Minx séduit grâce à sa forme, autant pour la mise en scène que la construction. Avec ses épisodes courts, la série arrive à trouver le rythme parfait dans une ambiance électrique et esthétique typique de ces années-là. Minx trouve la parfaite balance entre son intrigue principale et ses sous-intrigues, notamment dédiées aux personnages secondaires en leur donnant une réelle épaisseur, ce qui n'est pas une chose très courante. En plus du duo principal formé par le roi du porno et la féministe affirmée, une association déjà savoureuse, tout le casting est fameux. C'est la charismatique Ophelia Lovibond qui interprète le rôle principal avec un sens de la comédie redoutable, notamment lors de ses échanges délicieusement houleux et cinglants avec Jake Johnson. Leur duo, que tout oppose, s'épanouit dans des dialogues sous forme de passe d'armes savoureux, écrits avec caractère et sans pudeur, générant beaucoup d'éclats de rire et parfois même de l'émotion. En osant tout et en ne se refusant rien, Minx est une bouffée d’air enthousiasmante dans l'univers souvent formaté des séries.

Minx saison 1 et 2 est à voir ici sur OCS pour 10,99 €, un mois d'abonnement sans engagement qui permet de voir aussi les séries et films de l'offre OCS.

Publié dans replay

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Un huis clos puissant et fascinant

Publié le par Michel Monsay

Un huis clos puissant et fascinant

En réveillant ce moment important de l’histoire juridique française, Cédric Kahn, qui est depuis une trentaine d'années l'un des cinéastes français les plus intéressants, citons notamment La prière ou Roberto Succo,  signe ici un très grand film de procès et le passionnant portrait d’une époque. Dans son implacable mise en scène, il fait de Pierre Goldman une illustration parfaite du bouc émissaire. En effet, n’est-il pas le coupable idéal ? Braqueur, militant d’extrême gauche, Pierre Goldman a le sang chaud, s’énerve facilement et ne tarde pas à transformer son procès en spectacle, bien qu’il dise ne vouloir s’en tenir qu’aux faits et éviter toute théâtralisation. Avec ce film, construit sans flash-back ni musique, avec une exigence qui ne laisse aucune place à la fioriture, Cédric Kahn respecte les codes du genre à la lettre, l’action se déroulant quasi intégralement dans un tribunal. Grâce à une impressionnante maîtrise du montage et de l’écriture, la reconstitution est aussi sérieuse qu’haletante, en prenant quelques libertés mais en restant fidèle le plus possible au procès qui eut lieu en 1976. En cherchant la vérité plutôt que l’imitation, le film nous parle de la France des années 1970. Une France dont les blessures, de l’Occupation comme de la Guerre d’Algérie, ne sont pas tout à fait refermées et où le racisme et l'antisémitisme sont encore bien présents. Mais une France aussi où un militant de gauche peut écrire un livre en prison et en faire un best-seller. Une France dont les figures médiatiques n’ont pas peur de s’engager, on reconnaît les personnages de Simone Signoret et Régis Debray dans la salle. Cédric Kahn nous plonge dans le procès d’un homme qui abhorre la société bourgeoise et la police, prône la révolution, justifie la violence. De scène en scène, de parole en parole, le cinéaste rend sans faillir toutes les complexités du personnage : orateur éclatant, militant enragé, âme torturée. Son éloquence impressionne jusque dans les rangs de ses plus farouches adversaires. Son tempérament ingérable inquiète jusque dans les rangs de ses plus fidèles supporteurs. Son charisme, cette arme à double tranchant, est un atout majeur, mais il se retourne parfois contre lui qui, enivré par sa propre logorrhée, ne supporte pas la contradiction. Arieh Worthalter, dans le rôle de Pierre Goldman, est un interprète intense dont on ne peut se détourner, et l'ensemble de la distribution est à la hauteur pour éviter le cabotinage et les effets de manche, propres à ce genre de film. Le procès Goldman impressionne par sa richesse thématique et son invention formelle transformant chaque scène en modèle de tension et de dramaturgie, qui se lit sur les visages admirablement filmés de tous les protagonistes y compris des figurants. Cédric Kahn décoche un film uppercut réussi dans ses trois dimensions : judiciaire, théâtrale, cinématographique.

Publié dans Films

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Émouvante amitié au cœur des Alpes italiennes

Publié le par Michel Monsay

Émouvante amitié au cœur des Alpes italiennes

Prix du jury au Festival de Cannes 2022, voyage existentiel et géographique, récit d’initiation et film d’amitié, cette belle adaptation du superbe livre de Paolo Cognetti chroniqué dans ces colonnes à sa sortie en 2017, est une réussite d’élégance et de sobriété. Situé dans les Alpes italiennes, le film raconte l’histoire d’une amitié indéfectible entre deux gamins que tout oppose mais qui va traverser le temps. Par souci d’authenticité, cette adaptation cinématographique a été tournée en Italie, dans la langue d’origine du roman. C’est un film comme un sentier de montagne, qui grimpe, serpente, et n’hésite pas à prendre son temps. Son chemin est parfois dangereux, sinueux, et à travers cette amitié, Les Huit Montagnes déroule avec poésie deux visions de l'existence : l'errance et l'enracinement. C'est aussi un grand film de paysages, une célébration magnifique de la nature que sublime le directeur de la photographie, Ruben Impens. Les montagnes du Val d’Aoste n’ont jamais été aussi bien regardées. En filmant les relations entre ces deux hommes que l’existence cherche plusieurs fois à séparer sans jamais y parvenir, le cinéaste belge Felix Van Groeningen et sa compagne Charlotte Vandermeersch évoquent le lien vital à la nature, le rapport problématique à la figure du père et mettent en scène une amitié pudique et bouleversante entre deux personnages qui, chacun à leur manière, tentent de trouver un sens à leur vie. Récit à la fois ample et intimiste mis en scène dans un environnement qui remet l’homme à son humble place, c’est l'histoire d'une amitié tendre, sans équivoque, fondée sur le respect mutuel, et où la compétition n’a pas sa place. Même si ce n’est pas toujours facile, chacun respecte la liberté de l’autre. Ce joli film est une ode à la liberté, à contre-courant du monde actuel, qui impose sans ostentation sa poésie entêtante et sa mélancolie tenace.

Les huit montagnes est à voir ici pour 4,99 € en location ou sur toute plate forme de VOD.

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Touchant hommage à ces héroïnes du quotidien

Publié le par Michel Monsay

Touchant hommage à ces héroïnes du quotidien

 Ce joli film est à la fois un poignant portrait de femme et un tableau de famille aussi juste qu'émouvant signé par Nathan Ambrosioni, jeune réalisateur de 24 ans d'une maturité étonnante. Comment suivre ses aspirations personnelles quand on est mère solo en charge à temps plein d'une grande fratrie qui s'interroge, se découvre, et parfois souffre en secret ? Comment penser enfin à soi, écouter sa voix intérieure, alors que vos enfants vous reprochent sans cesse de ne pas entendre la leur ? Comment s'émanciper du carcan et de l'image de la mère au foyer entre deux âges, censée se dévouer corps et âme à sa famille ? Nathan Ambrosioni tenait à interroger le mitan d'une vie, ce moment très spécial où l'on remet tout en cause. Pari largement réussi, avec une finesse dans l'écriture comme dans les choix de réalisation. Une chronique familiale drôle, touchante, intelligente, féministe... qui raconte tant de choses des premières fois de l'adolescence, du mal-être à ces âges-là, de la charge mentale des mères célibataires, des dynamiques dans les fratries, et des liens aussi solides que fragiles parents-adolescents. Un film drôle et émouvant sur le quotidien d’une mère célibataire, sur l’ingratitude des mômes, montres d'égoïsme mais aussi sur les torrents d’amour qui circulent entre eux. Le deuxième film de ce jeune cinéaste est une enthousiasmante comédie de la seconde chance où s'enchaînent des situations cocasses et mélancoliques. Pour rendre compte des états d'âme de cette mère épuisée par son quotidien, mais qui refuse de s'apitoyer sur son sort, le réalisateur opte pour l'humour, la fantaisie, et, à l'instar de son héroïne, ne cède jamais à la tentation du pleurnichage. Avec ses dialogues percutants, surtout quand Toni se révolte contre sa progéniture : « Vous savez quoi ? Vous me faites chier. Ce soir, je sors. S'il y a un problème, le Samu, c'est le 15 », et sa délicatesse dans sa description d'une femme qui n'a droit à aucun répit, Nathan Ambrosioni révèle un vrai talent de portraitiste. La réussite du film tient aussi à la performance de Camille Cottin, qui rayonne en héroïne du quotidien avec un mélange d'autorité et de tendresse. Son jeu, tout en sensibilité contenue est magnifiquement crédible dans chaque attendrissement, colère ou abattement.

Publié dans Films

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Une satire rétrofuturiste du capitalisme à l’américaine

Publié le par Michel Monsay

Une satire rétrofuturiste du capitalisme à l’américaine

Dans une Amérique des années 1950 fantasmée où circulent robots et voitures volantes, un VRP et ses collègues tentent péniblement de fourguer des maisons sur la lune. Cette série est le portrait mélancolique et tendre d’une équipe de losers courant désespérément après le succès. Au fur et à mesure que leur situation devient critique, ces antihéros se révèlent ambitieux, égoïstes, lâches, mais aussi plus déraisonnables, rêveurs… bref, résolument humains. De nombreuses scènes se déroulent dans les chambres à moquette épaisse d’un motel qu’on croirait surgit d’une toile de Hopper. La série emprunte aussi au naturalisme des illustrations de Norman Rockwell et aux photographies de William Eggleston, qui ont su capturer l’usure du rêve américain.  L'idée d'aller coloniser la lune n'a visiblement rien perdu de son actualité, surtout suite aux annonces encore récentes et un tantinet délirantes d'Elon Musk à ce sujet. Et c'est l'un des points forts de la série qui, même ancrée dans les années 1950, réussit à tisser des passerelles inattendues avec notre présent. Hello Tomorrow ! se savoure comme du petit lait, entre l'écriture ciselée, le décorum luxueux à l'esthétique rétrofuturiste et Billy Crudup dans le rôle principal, qui incarne avec une fragilité déchirante la croyance d’un homme en ses propres illusions, il justifie à lui seul le visionnage de la série. Hello Tomorrow ! distille un charme et une originalité en s’amusant du décalage entre les avancées technologiques fantasmées de l’époque et le conservatisme de ces années 1950-1960. A travers le romantisme de son personnage principal, cette série tisse également un élégant récit autour du progrès et de la croyance en la science et l’avenir. C'est une fable sur l’optimisme forcené encouragé par le capitalisme, capable de transformer la réalité, qui nous embarque dans une histoire folle, bien ficelée, et peuplée de personnages stylés, déjantés et névrosés.

Hello Tomorrow ! est à voir ici pour 6,99 € sur Apple tv, un mois sans engagement ou avec l'essai gratuit qui est proposé.

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