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Une minisérie humaniste dans un univers noir

Publié le par Michel Monsay

Une minisérie humaniste dans un univers noir

Dans un Philadelphie sombre, royaume des opioïdes, où se démène une policière pleine d’empathie, baigne une lueur d’espoir salutaire. Cette minisérie, adaptée de son propre roman par Liz Moore, trouve sa vibration grâce à ce décor de ville en déshérence. Vivant elle-même à Philadelphie, Liz Moore insuffle une authenticité aux lieux et aux références culturelles, du carnaval au chanteur du cru Jerry Blavat. L’autre raison d’accrocher à La rivière des disparues s’appelle Amanda Seyfried. L’actrice est bouleversante dans la peau d’une solitaire altruiste, qui combat un mal sans fin tout en tâtonnant dans ses propres ténèbres. À travers elle, la série fait un plaidoyer pour une police humaniste. Héritière des polars rugueux des années 70, La rivière des disparues diffuse une belle tristesse, percée par la lumière de l’entraide et de la guérison. Avec une distribution impeccable, une atmosphère nocturne à la fois angoissante et familière, la série passe de l’univers du film noir contemporain, avec ses constats désespérés quant à l’état du monde en général et des centres-villes américains en particulier, sa violence et sa paranoïa, à celui des feuilletons d’antan, plein de secrets familiaux inavouables, de paternités cachées. Derrière une enquête réaliste et émouvante entre misère sociale et polar dans les rues de Philadelphie, il y a aussi un beau portrait de femme et une puissante histoire de famille et de rédemption.

La rivière des disparues est à voir ici sur HBO Max pour 5,99 € un mois sans engagement avec pub, ou 9,99 € sans pub.

Publié dans replay

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Valérie Donzelli fait de l’écriture un geste de résistance contre la violence du réel

Publié le par Michel Monsay

Valérie Donzelli fait de l’écriture un geste de résistance contre la violence du réel

Avec son dernier film, prix du scénario à la Mostra de Venise, Valérie Donzelli, dont on avait aimé l'adaptation du roman d'Éric Reinhardt, L'Amour et les Forêts, livre une œuvre sociale à la première personne, la voix-off de Bastien Bouillon venant accompagner certains passages à la manière d’un journal intime. Abordant la lutte des écrivains et plus généralement des artistes afin de pouvoir vivre de leur passion, souvent synonyme de vocation, l’histoire explore parallèlement les rouages d’une précarité organisée, en dénonçant habilement les plateformes de petits boulots qui dédouanent les employeurs de toute responsabilité et précarisent les employés, obligés de baisser au maximum leur prix horaire. Les réflexions du personnage permettent de prendre du recul et de faire passer quelques messages, notamment sur l’illusion de liberté. Le scénario capte ainsi les dérives de l’époque, face auxquelles les plus volontaires finissent par s’épuiser, soucieux de respecter les règles pourtant viciées. L’intelligence de l’adaptation, que signent Valérie Donzelli et Gilles Marchand, est d’avoir su trouver le bon équilibre entre la violence qui frappe cet homme déclassé et son humour qui ne le quitte jamais, un regard critique sur le monde du travail aliéné et aliénant et une ironie poétique dans sa représentation. De chaque plan ou presque, Bastien Bouillon, qui tourne pour la cinquième fois sous la direction de Valérie Donzelli, trouve la juste mesure : voix placide, regards las, corps vaillant, il apporte sa sensibilité à cet écrivain-homme à tout faire. Il est d'ailleurs en lice ce soir aux Césars dans la catégorie Meilleur acteur pour son rôle dans la jolie comédie Partir un jour, après avoir reçu en 2023 celui du meilleur Espoir pour l'excellent La nuit du 12. À pied d’œuvre traite de la vocation artistique véritable qui ne tolère aucun compromis. Et de la précarité de certains artistes sans qui, pourtant, une société ne saurait être en bonne santé. Pamphlet sur la précarité, et plus particulièrement sur celle des artistes, À pied d'œuvre pose aussi un regard tranchant sur une société qui dévalorise le travail, et nous interroge plus largement sur le sens de la vie et sur la liberté. Il nous invite à entrevoir la possibilité pour chacun, dans un monde déshumanisé, guidé par l'argent, l'utile, l'efficace, la performance, de trouver en soi le courage et la force de chercher, et pourquoi pas de trouver, l'endroit de sa vérité. 

Publié dans Films

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Un premier film tout en délicatesse sur la rencontre de deux solitudes

Publié le par Michel Monsay

Un premier film tout en délicatesse sur la rencontre de deux solitudes

Le cinéaste franco-japonais Koya Kamura, pour son premier film, met en scène avec poésie l'introspection identitaire d'une jeune métisse franco-coréenne et nous invite à une virée dans une ville portuaire du nord-est de la Corée du Sud. Un célèbre artiste dessinateur venu de Paris pose ses valises dans une petite auberge près de la frontière entre les deux Corées. Sur place, une jeune femme née d’un père français lui sert de guide. Ce film sensoriel s’accroche aux gestes, il peint, elle cuisine, pour faire le lien entre les deux personnages : des doigts tachés d’encre, un homme qui doit mâchouiller le papier sur lequel il dessinera, un pinceau avec lequel la jeune femme réinvente les traits de son visage dans une salle de bain embuée, ou cette lame de couteau souillée par le poison noir du fugu, ce poisson mortel si on ne le prépare pas avec un soin particulier. Le bruit étouffé des pas sur la neige fait écho à la pudeur d’un homme aspiré par son art et sa mélancolie, une nouvelle fois excellent Roschdy Zem, opaque et charismatique, et d’une jeune femme appliquée à se réconcilier avec une figure paternelle défaillante, interprétée avec délicatesse par Bella Kim, une révélation. Pour son premier long métrage, Koya Kamura choisit le décor d’une Corée littorale et magnifiquement engourdie par le froid, pour composer un film d’une grâce contemplative et si sensuelle en même temps, entre bleu gris mélancolique et bruns profonds, qu'il dissémine dans cette chronique sur un lien fragile, fugace, mais constructif, entre deux solitudes. Ce film tout en nuances et en retenue, accompagné de brèves séquences d’animation, nous entraîne dans un lumineux pas de deux, nous racontant au passage la beauté du lien, si fragile soit-il, et la plus belle des rencontres : celle avec soi-même. 

Hiver à Sokcho est à voir ici pour 2,99 € en location en créant un compte sans abonnement, ou sur toute plateforme de VOD.

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L’Irak des années 1990 à travers les yeux d’une petite fille

Publié le par Michel Monsay

L’Irak des années 1990 à travers les yeux d’une petite fille

Caméra d’or au dernier Festival de Cannes, le premier film du réalisateur irakien Hasan Hadi conte l’odyssée cocasse et poignante d’une écolière chargée de confectionner un gâteau pour l’anniversaire de Saddam Hussein. Hasan Hadi brosse le portrait d’une société irakienne sous le joug d’un despote, sans pour autant renoncer à une certaine joie de vivre et à une touche discrète de poésie. Maîtrisé et emprunt d’une belle authenticité, le film a été entièrement tourné en Irak avec des acteurs non professionnels, Le Gâteau du président s’avère attachant, humain, résilient, énergique. Pour ce coup d'essai, le cinéaste, qui a grandi dans le sud de son pays dans les années 1990, puise dans ses souvenirs d'une époque effrayante, mais il opte résolument pour les plaisirs de la fiction, voire de la farce. En effet, malgré la noirceur inévitable de sa toile de fond, le film s'habille d'humour et de dérision, armes cinématographiques efficaces pour dépeindre l'horreur terriblement ordinaire de l'Irak en guerre, affligé par la misère, l'oppression et le culte délirant de la personnalité autour du chef suprême. Représenter l’Irak au cinéma, c’est bien souvent faire un film de guerre américain, les exemples sont légion. L’Irak est ainsi presque toujours une terre dangereuse et étrangère, souvent désertique, à la géographie floue. Si Le Gâteau du Président débute par un plan sur des avions de chasse transperçant un paysage urbain, la caméra effectue un léger mouvement et, au fil du panoramique, découvre des habitants négociant le prix de quelques tomates. Par ce plan d’ouverture, le cinéaste dévoile tout son projet : montrer le hors-champ de la guerre, s’intéresser aux habitants de ce pays, qui sont si souvent absents des films. Dans le sud du pays, près des fameux marais mésopotamiens, dans le delta du Tigre et de l’Euphrate, considérés comme le berceau de l’humanité, il y a des villages marécageux, où vivent les protagonistes du film. Les séquences sur l'eau sont d'ailleurs très belles visuellement. À la croisée de la fable initiatique et de la reconstitution historique, le film parvient à décrire la terrible réalité du régime, avec une imagination et une vivacité écartant tout misérabilisme. 

Publié dans Films

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Quel bouquet final pour l'équipe de France !

Publié le par Michel Monsay

Quel bouquet final pour l'équipe de France !

Emily Harrop et Thibault Anselmet sont devenus champions olympiques du relais mixte de ski-alpinisme. Cette nouvelle discipline olympique a démontré tout son intérêt et l’effort extrême qu'elle demande. Dans un relais mixte, les athlètes effectuent chacun deux passages sur le tracé (la femme commence), lui-même deux fois plus long qu’en sprint, 1 500 m de long et 135 m de dénivelé, avec deux phases de montée, autant de descente, et des manipulations techniques entre chaque. Soit quatre sprints à réaliser chacun. Après l'argent d'Emily Harrop et le bronze de Thibault Anselmet sur l'épreuve individuelle du sprint, les Français ont obtenu la médaille d'or. Favori pour la première place, le duo tricolore a assumé son statut. Emily Harrop a parfaitement lancé la course en prenant le meilleur sur la Suissesse Marianne Fatton (+9''5) après le premier relais, championne olympique deux jours plus tôt sur le sprint individuel. Dans la foulée, Thibault Anselmet a conservé cette avance en tenant à distance raisonnable Jon Kistler (+9''8). Mais dans le troisième relais, le second d'Emily, la concurrence s'est dangereusement rapprochée. Au moment de lancer Thibault pour le dernier tour du parcours, la France n'avait plus qu'une seconde d'avance sur le duo suisse. Mais, serein, Thibault Anselmet n'a pas paniqué face à la pression que lui imposait Jon Kistler, notamment dans les escaliers, avalés à une vitesse folle. Au sommet du parcours, le Français a dépeauté le premier et, au moment de s'élancer dans la descente, brandi un poing rageur pour savourer, déjà, le titre olympique. Il franchit la ligne avec 11''9 d'avance sur la Suisse, qui obtient l'argent devant le duo espagnol pour le bronze.

Exceptionnelle sur les skis, Océane Michelon a remporté la médaille d'or de la mass-start, ce samedi à Anterselva, Julia Simon est allée chercher l'argent sur le finish devant la Tchèque Tereza Vobornikova. Superbe doublé tricolore ! Médaillée d'argent sur le sprint pour sa première course mercredi dernier à des Jeux olympiques, puis en or sur le relais avec les Bleues, Océane Michelon est allée chercher le titre sous la neige au bout d'une course magnifique. La Savoyarde de 23 ans n'en revenait pas à l'arrivée, elle n'avait encore jamais remporté de course en Coupe du monde et elle a passé ce cap au plus beau des moments. Malgré une faute au premier tir couché et une faute au dernier tir debout, elle s'est appuyée sur le meilleur temps de ski et une gestion parfaite du dernier tour pour reprendre sa compatriote Julia Simon, la Suédoise Anna Magnusson puis Tereza Vobornikova. L'équipe de France de biathlon termine ces Jeux Olympiques avec 13 médailles, six en or, quatre en argent et trois en bronze. Un récital. Saluons enfin l'incroyable bilan de la délégation dans son ensemble, même s'il y a des disciplines qui se sont avérées décevantes, avec 8 titres olympiques et 23 médailles, elle établit un record absolu pour la France lors de Jeux Olympiques d'hiver, le dernier record était de 15 médailles.

Ci-dessous, après les photos deux vidéos qui résument les exploits des athlètes français. Pour la deuxième, cliquez sur Regarder sur Youtube.

Quel bouquet final pour l'équipe de France !
Quel bouquet final pour l'équipe de France !
Quel bouquet final pour l'équipe de France !
Quel bouquet final pour l'équipe de France !
Quel bouquet final pour l'équipe de France !
Quel bouquet final pour l'équipe de France !
Quel bouquet final pour l'équipe de France !
Quel bouquet final pour l'équipe de France !
Quel bouquet final pour l'équipe de France !
Quel bouquet final pour l'équipe de France !
Quel bouquet final pour l'équipe de France !

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Le charme fou de cette histoire d'amour en pointillé

Publié le par Michel Monsay

Le charme fou de cette histoire d'amour en pointillé

L'excellent réalisateur espagnol Rodrigo Sorogoyen, dont on avait beaucoup aimé As bestas ou El reino, tourne le dos aux thrillers qui ont fait sa renommée, un style d’une rare puissance, où se bousculent émotions et suspense, pour radiographier un couple tous les ans à la même date afin d'y déceler les failles encore invisibles, les désirs inconscients, dans la bouleversante série Los años nuevos. Le cinéaste choisit le 31 décembre, de 2015 à 2025, nuit de tous les bilans, de tous les possibles en matière de rencontres et de retrouvailles, pour ausculter sur dix ans la complicité amicale et amoureuse d’Ana et Oscar, deux trentenaires. Le spectateur, à qui la série tend un miroir sur ses propres cheminements et atermoiements sentimentaux, ne les retrouve jamais là où il les a laissés. À lui d’établir les événements qui ont pu rapprocher ou éloigner le duo entre le 2 janvier et le 30 décembre écoulés au fil des indices laissés dans les dialogues. Mue par une honnêteté et une sensualité brûlante, Los años nuevos est traversé par la même fulgurance que le génial Normal People, et porté par une mise en scène immersive et naturaliste. C’est la vie dans toute sa banalité, quotidienneté, magie et brutalité qui déferle, rien d’extraordinaire, et pourtant quelque chose de magique, d’inexplicable. On pense par moments aux Scènes de la vie conjugale du grand Bergman ou la trilogie Before, de Richard Linklater. D’ellipses en plans-séquences, Rodrigo Sorogoyen offre une série d’une belle simplicité et d'une émouvante justesse, où l’émotion gonfle irrésistiblement au fil des épisodes. Tout sonne incroyablement juste dans ce voyage en intimité incarné par deux comédiens en état de grâce, Irina Del Rio et Francesco Carril : les regards, les sourires, les non-dits, les maladresses des gestes et l’ivresse des débuts quand ils font l’amour, puis leur connivence sexuelle et enfin l’étiolement de la flamme. Cette bouleversante série en dix chapitres construit le portrait en mouvement d’un couple d’aujourd’hui, tiraillé entre romantisme intemporel et liberté revendiquée, et confirme une nouvelle fois le talent du cinéaste espagnol.

Los años nuevos est à voir ici ou sur le replay d'Arte.

Publié dans replay

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Impressionnantes biathlètes françaises

Publié le par Michel Monsay

Impressionnantes biathlètes françaises

Comme les hommes la veille, le relais féminin français avec Camille Bened, Lou Jeanmonnot, Océane Michelon et Julia Simon a su surmonter un premier relais difficile pour aller accrocher le titre olympique de manière époustouflante. La France a gagné les trois relais du biathlon (mixte, hommes, femmes), et établi un nouveau record de médailles d'or aux JO avec six titres. La Haut-Savoyarde Camille Bened avait pourtant mal démarré en allant sur l'anneau de pénalité à l'issue de son tir debout, ressortant avec 55 secondes de retard sur la tête de course. Une copie presque conforme de la course masculine la veille. Malgré deux pioches à son premier tir couché, Lou Jeanmonnot, placée en deuxième relayeuse, avait amorcé un début de remontée en reprenant huit secondes, avant d'enchaîner un tir debout parfait pour recoller à 2" de la tête. La suite du relais n'a été qu'une formalité pour Océane Michelon, impériale sur les skis et une seule pioche en deux tirs. La Savoyarde passait le relais à Julia Simon avec 46 secondes d'avance sur la Suède et la Norvège. Julia Simon a ainsi pu gérer sur la piste et se régaler sur le pas de tir en assurant ses deux tirs sans concéder la moindre balle de pioche. Après avoir réussi sa dixième balle, elle a même pu prendre le temps de saluer le public et s'offrir une petite révérence face à ses entraîneurs et les supporters français. Drapeau bleu-blanc-rouge dans la main, elle filait jusqu'à la ligne chercher le sacre olympique. Pour Julia Simon, la moisson est exceptionnelle puisqu'elle compte trois sacres olympiques (relais mixte, individuel, relais femmes). À signaler que l’équipe de France a remporté le titre olympique du relais féminin pour la première fois depuis les Jeux d’Albertville en 1992. Chapeau Mesdames !

Ci-dessous, après les photos une vidéo qui résume l'exploit de l'équipe de France de biathlon.

Impressionnantes biathlètes françaises
Impressionnantes biathlètes françaises
Impressionnantes biathlètes françaises
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Impressionnantes biathlètes françaises

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L'extraordinaire performance des biathlètes français

Publié le par Michel Monsay

L'extraordinaire performance des biathlètes français

Mal partis avec 50 secondes de retard au premier relais, après une défaillance au tir de Fabien Claude, les biathlètes français se sont relancés grâce à une remontée mémorable d'Émilien Jacquelin et un passage parfait de Quentin Fillon Maillet et Éric Perrot, pour décrocher le premier titre de champion olympique de relais messieurs dans l'histoire du biathlon français. Peut-être la plus belle médaille. Celle qui récompense un collectif, une nation dans une discipline. Pourtant, tout n'a pas été simple ce mardi. Les Français se sont fait peur. Enfin, c'est Fabien Claude qui nous a fait peur. Le Vosgien, pourtant habitué à cette position de premier lanceur, avait la mission de garder le relais en vie, proche des autres cadors. Après une pioche sans incidence sur son tir couché, il craquait sur le debout pour aller tourner sur l'anneau de pénalité. On était, alors, plus proche de la mort prématurée du rêve bleu, puisque le biathlète pointait tout simplement en dernière position après deux tirs. On se demandait alors comment la France allait se sortir de ce traquenard alors que les Norvégiens avaient pris le meilleur départ. Pour cela, il fallait sortir les costauds de la boîte. Lancé à 50'' de l'or, Émilien Jacquelin n'est pas le même depuis une semaine. 4e du sprint, puis 3e de la poursuite, le fantasque est devenu fantastique. Parti en trombe, il sortait à 7 petites secondes de la tête après un tir couché dont il a le secret. Toujours aussi déchaîné, il passait en tête dans la boucle suivante et ajoutait un tir debout monumental pour transmettre le témoin en première position avec la Finlande et la Suède à ses trousses. Puis Quentin Fillon Maillet, malgré trois pioches au tir, assura l'essentiel et à la faveur d'un retour de la Norvège, les trois nations attendues pour l'or étaient à l'heure à la fin de ce troisième relais. Éric Perrot, dernier relayeur, a été ensuite impérial en creusant rapidement un écart en ski et au tir couché, qu'il a maintenu jusqu'à la ligne d'arrivée, la Norvège finissant 2e à 9" et la Suède 3e à 57". Avec ce titre, un homme est aussi un peu plus entré au panthéon du sport tricolore. Quentin Fillon Maillet, déjà sacré sur le relais mixte et l'épreuve du sprint, a remporté une troisième médaille d'or sur ces JO avec le relais masculin mardi. Ce qui porte à 8 son total de médailles obtenues aux Jeux Olympiques (5 en or, 3 en argent). C'est bien simple, aux Jeux d'hiver, il devance n'importe quel athlète français, y compris Martin Fourcade, qui a 6 médailles d'or et une d'argent. Et sur les Jeux d'été, seuls deux escrimeurs des années 1920-30 ont fait aussi bien avec 8 médailles, ce sont Roger Ducret et Philippe Cattiau. Il reste l'épreuve de la mass-start vendredi, où Quentin Fillon Maillet pourrait devenir l'athlète français le plus médaillé de l'histoire, seul au sommet de la pyramide du sport français. Avec le sacre du relais tricolore en biathlon, la France a obtenu une 16e médaille et battu son record sur une seule édition des JO d'hiver, et a aussi égalé son record de titres sur une seule édition, avec 5 médailles d'or, comme en 2018 à Pyeongchang et en 2022 à Pékin. Bravo messieurs !

Ci-dessous, après les photos une vidéo qui résume l'exploit de l'équipe de France de biathlon, cliquez sur Regarder sur Youtube.

L'extraordinaire performance des biathlètes français
L'extraordinaire performance des biathlètes français
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L'extraordinaire performance des biathlètes français
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L'extraordinaire performance des biathlètes français

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Un drame intime bouleversant d'une immense poésie

Publié le par Michel Monsay

Un drame intime bouleversant d'une immense poésie

Du coup de foudre à la déchirure, de la rage à la résilience, la cinéaste Chloé Zhao, dont on avait déjà tant aimé Nomadland et Les chansons que mes frères m'ont apprises, livre une épopée humaine renversante. Elle réussit aussi à contourner le biopic sur Shakespeare, pour transcender le parcours d’une légende et d’une œuvre culte. Hamnet met en scène une figure féminine d’une puissance et d’une singularité sidérantes. Par ses vibrations, ses doutes et ses convictions, par son anticonformisme, par son lien à la nature, Agnes est une avant-gardiste. Jessie Buckley lui confère une force d’incarnation époustouflante, en harmonie avec les éléments, qui vient de lui valoir le Golden Globe de la meilleure actrice, en attendant peut-être l'Oscar. Avec subtilité, le cinquième long-métrage de Chloé Zhao dépoussière la reconstitution historique pour se concentrer sur ce qui anime les âmes. Il déjoue les attentes d’une illustration appliquée de la biographie de William Shakespeare. Will est ici important, et même essentiel, grâce également à la composition solide et fébrile de Paul Mescal, mais au second plan derrière Agnes. Et si le film décrit le contexte donnant en partie naissance au monument théâtral Hamlet, il se focalise sur l’aventure intime de ce foyer. Ce périple sur grand écran transpire le lien familial dans toute son essence viscérale, avec une science de l’attachement profond et de la circulation des regards, captés par une caméra organique. La cinéaste n’a pas son pareil pour ancrer ses personnages dans la terre qu’ils foulent, et en faire des figures existentielles épiques. Avec ses précédents films, elle a déjà suivi les chemins de la séparation, du deuil, et de la résilience dans des récits contemporains, ici c'est dans un film d’époque, mais elle le fait toujours avec une acuité sans maniérisme, et une ampleur des sentiments qui s’inscrit dans les décors naturels. Coscénariste avec Maggie O’Farrell, auteure du roman dont le film est adapté, réalisatrice, productrice, et monteuse, la femme-orchestre Chloé Zhao plonge dans la fabrication de ses œuvres autant que dans l’ADN des univers qu’elle dépeint. En résulte une sensorialité unique dans la mise en images et en sons de ce que traversent ses personnages, et dans la connexion que le public entretient avec l’espace-temps de ses créations. Hamnet contamine progressivement celle et celui qui le regardent, happe, chamboule, saisit l’esprit, le cœur et les tripes. Le voyage narratif, euphorisant et déchirant à la fois, avance vers une réunion finale où les mains tendues d’un public de théâtre convergent avec ferveur en direction du héros, Hamlet. L’apaisement d’Agnes et Will peut alors commencer. Si on continue d’aller au cinéma, si malgré toutes les sollicitations du monde, on veut encore s’enfermer dans le noir avec des inconnus, parfois pénibles, le temps d’une séance, c’est pour des films comme Hamnet. Parce qu’il y a là, dans les images si belles, si vivantes, si mystérieusement incandescentes de Chloé Zhao, quelque chose de sublime. Un sentiment fort, une émotion qui vous attrape et vous accompagne longtemps et ce, dès le premier plan.

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Impérial Quentin de bout en bout

Publié le par Michel Monsay

Impérial Quentin de bout en bout

Le biathlète français Quentin Fillon Maillet est devenu vendredi champion olympique du sprint (10 km) sur le site d’Anterselva, décrochant à 33 ans son quatrième titre olympique, après la poursuite et l’individuel en 2022 et le relais mixte en 2026. Auteur d'un 10/10 derrière la carabine, Quentin Fillon Maillet a devancé les Norvégiens Vetle Christiansen (+13 sec 7) et Sturla Laegreid (+15.9), l'autre Français Émilien Jacquelin échouant à 2/10e de seconde de la médaille de bronze. Quentin Fillon Maillet avait été l’homme des Jeux olympiques de Pékin en 2022. Sur le site en altitude de Zhangjiakou (1.700 m), il était monté sur cinq des six podiums en jeu, avec l’or sur l’individuel (20 km) et la poursuite (12,5 km), et l’argent sur le relais mixte (4x6 km), le relais masculin (4x7,5 km) et le sprint (10 km). Dorénavant avec sept médailles olympiques, et en attendant la suite, le nom de Quentin Fillon Maillet accompagnera celui de Martin Fourcade et Teddy Riner au panthéon du sport français au nombre de médailles mais pas encore au nombre de titres, 6 pour Fourcade et 5 pour Riner.

Saluons la performance de Mathis Desloges, 23 ans, qui fait une entrée fracassante aux Jeux olympiques pour sa première participation. Il a ramené la médaille d'argent sur l'individuel libre 10 km de ski de fond, vendredi 13 février, à moins de cinq secondes du vainqueur, l'immense et intouchable Johannes Klaebo, qui égale le record de titres (8) aux Jeux d'hiver. Après l'argent du skiathlon dimanche 8 février, Mathis Desloges devient le premier Français à remporter deux médailles olympiques en individuel en ski de fond. 

LE PALMARÈS DE QUENTIN FILLON MAILLET : UN MONUMENT ! 

Jeux Olympiques : 🥇🥇🥇🥇🥈🥈🥈

Championnats du monde : 🥇🥇🥇🥇🥇🥇🥈🥈🥈🥈🥈🥉🥉🥉🥉🥉🥉🥉🥉🥉

Gros globes de cristal : 🥇🥉🥉🥉

Petits globes de cristal : 🥇🥇🥈🥈🥈🥈🥈🥉🥉🥉🥉🥉🥉🥉

Coupe du monde : 18🥇23🥈20🥉

Ci-dessous, après les photos une vidéo qui résume l'exploit de Quentin Fillon Maillet, cliquez sur Regarder sur Youtube.

Impérial Quentin de bout en bout
Impérial Quentin de bout en bout
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Impérial Quentin de bout en bout

Publié dans Chroniques

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