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Fascinante réflexion sur le couple au cœur d’une crise internationale

Publié le par Michel Monsay

Fascinante réflexion sur le couple au cœur d’une crise internationale

Après une première saison remarquable qui nous faisait découvrir La diplomate, et une seconde moins inspirée, la série revient avec une troisième saison passionnante. La Diplomate n’est jamais aussi efficace que dans les moments d’action, son héroïne aussi. Cette troisième saison retrouve Kate Wyler (Keri Russell), ambassadrice américaine à Londres, au cœur d’une nouvelle crise après la mort du président des États-Unis. L’occasion pour la série de railler toute l’hypocrisie de la communication politique. Mais la diplomatie est surtout un prétexte pour s’intéresser à d’autres formes de négociation : celles qui s’opèrent au sein du couple d’ambitieux formé par Kate et Hal (Rufus Sewell), l’homme exaspérant mais charmant qui partage sa vie. Un prisme qui fonctionne grâce au talent des deux interprètes. La série a la bonne idée d’embarquer ses protagonistes pour un week-end de gestion de crise en huis clos dans une magnifique demeure du nord-est américain. On retrouve aussi dans cette saison ce qui nous avait plu dans la première, des répliques mordantes, des dialogues à cent à l’heure et des personnages extrêmement compétents. Les rôles secondaires mais importants sont également très bien campés, notamment Rory Kinnear, toujours aussi réjouissant en Premier ministre britannique capricieux et opportuniste, mais aussi Allison Janney et Bradley Whitford, qui incarnent la nouvelle présidente des États-Unis et son mari en pleine crise existentielle, dont les moments d’intimité sont très réussis. La grande réussite de cette saison tient à la mise en miroir de deux couples : le présidentiel est parfaitement asymétrique, qui oppose la toute-puissance de la présidente à la frustration et à l’ennui qu’éprouve son époux, pendant que Kate Wyler doit toujours se débrouiller avec l’ambition, le brio et le manque de scrupules de son mari à elle. Le sens du drame au long cours de la scénariste Debora Cahn et sa manière de jouer avec le genre de la série politique et d’espionnage, comme avec un jouet en perpétuel renouvellement, font tout le charme de cette série. Elle parvient à ne jamais totalement se reposer sur son brio, pour embrasser avec une lucidité impressionnante les impasses actuelles, les impossibilités de compromis entre puissances mondiales comme au sein du couple. Ce virage de La Diplomate vers la politique intérieure américaine dans cette très bonne saison 3, que l'on peut voir sans avoir vu les deux autres, permet de substituer au pitoyable show qu’offre chaque jour la vraie Maison Blanche une histoire alternative un peu moins vulgaire.

La diplomate saison 3 est à voir ici sur Netflix pour 7,99 € avec pub et 14,49 € sans pub, un mois d'abonnement sans engagement.

La bande-annonce ci-dessous est en version originale mais en regardant le film vous aurez les sous-titres en français.

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Le berger corse qui a dit non

Publié le par Michel Monsay

Le berger corse qui a dit non

Après un premier film à Paris, La Nuit venue (2019), Frédéric Farrucci retourne à sa terre natale corse pour tourner Le Mohican. Ce thriller très bien fait met en scène une chasse à l’homme, celle d’un berger qui lutte pour rester sur ses terres, déclenchant une prise de conscience collective. Le réalisateur dépeint parfaitement cet environnement insulaire où la tension règne, entre traditions agricoles et attrait pour un tourisme bien plus lucratif. Alex Manenti incarne Joseph, un berger qui élève ses chèvres sur le littoral, sur un terrain à la vue imprenable sur la mer. Avec un accent corse convaincant et un jeu qui passe avant tout par le corps, il se glisse parfaitement dans la peau de ce dernier des Mohicans. Cette expression n’est pas anodine et vient directement d’un véritable berger, qu’avait rencontré le cinéaste dans un de ses courts-métrages documentaires. Ce Mohican dérange la mafia, qui lui tourne autour afin de récupérer cette terre propice à des activités plus rémunératrices. Son refus d’obtempérer, suivi d’un accident mortel, va signer le début d’une longue traque à travers l’île. Frédéric Farrucci filme dans sa fuite ce berger courant à travers des paysages recouverts de maquis escarpés et de forêts épaisses, fournissant un décor naturel des plus fascinants à cette cavale. Joseph traverse aussi une plage bondée de touristes, une grande villa où des continentaux se prélassent au bord de la piscine. Ces images, véritable choc entre deux mondes qui ne se côtoient pas, sont parmi les plus marquantes du film. Frédéric Farrucci est décidé à éclairer la part sombre de son île natale. La corruption est là, au vu et au su de tous. Loin de tout folklore, le cinéaste filme une île vivante, complexe, une île sous tension, une jeunesse qui ne s’en laisse pas conter. La peur doit changer de camp. La nièce de Joseph, par le biais des réseaux sociaux, symbolise cette génération féministe, écologiste, qui a décidé de ne plus fermer les yeux et de briser la loi du silence. Le Mohican confirme un cinéaste talentueux, un cinéaste qui, comme son berger, a décidé de dire non.

Le Mohican est à voir ici pour 2,99 € en location ou sur toute plateforme de VOD.

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Émouvante immersion dans le monde sensoriel d’une femme sourde

Publié le par Michel Monsay

Émouvante immersion dans le monde sensoriel d’une femme sourde

Au cinéma, le handicap est rarement abordé, sinon pour illustrer l’exclusion et la différence, la violence de la nécessaire adaptation à un monde valide. Le premier film de la réalisatrice espagnole Eva Libertad présente l’histoire d’Angela, interprétée par sa propre sœur malentendante, future mère de famille sourde, cette dernière vit avec son compagnon entendant dans le cocon bienveillant et inclusif qu’est leur quotidien, bientôt bouleversé par l’arrivée de leur fille. Interrogeant la possibilité de composer avec le handicap quand on doit devenir parent et faire face à d’innombrables enjeux, Sorda est un long-métrage immersif et sensoriel qui nous invite à découvrir l’univers et les doutes du personnage dans cette nouvelle existence, sans fétichisme et avec un sincère souci du réel. En suivant le quotidien de cette jeune femme, nous sommes plongés dans sa surdité et dans les réalités qui sont les siennes, en harmonie avec ses proches mais perdue dans un environnement normatif qui l’exclut à l’extérieur. Les problématiques de la perception et de la compréhension sont au cœur du film, à l’image de ces longues scènes de repas, auprès de malentendants d’une part, et avec les amis du compagnon entendants de l’autre, où la langue des signes apparaît comme un lien, filmée avec soin et naturalisme dans sa beauté comme dans sa fragilité. Ces ballets de mains et de gestes silencieux viennent faire le lien entre des personnages malentendants et les personnes entendantes qui s’adaptent, s’accommodant de lier geste et parole. La caméra porte une attention soutenue à la protagoniste, le rapport au réel est le sien, sensible, viscéral, et l’on y découvre la vie de son point de vue, entre cette inclusion bienveillante au travail et dans l’intimité, et les longs moments d’incompréhension dès lors qu’elle n’est plus avec ses proches. Le récit ne surligne jamais la violence symbolique qu’Angela subit, il l’illustre à bonne distance, notamment dans des scènes où le corps médical se trouve ironiquement sourd à ses besoins, ce qui atteindra son apogée lors de son accouchement, douloureusement anxiogène. Eva Libertad filme avec empathie et douceur cette femme et nous invite dans son existence propre, n’hésitant pas à recourir à la caméra subjective pour nous immerger dans l’univers sonore d’Angela pendant de longues minutes grâce à un remarquable travail acoustique sur le son. Miriam Garlo, sacrée révélation féminine aux Goya campe un personnage tout en finesse et livre une prestation d’une bouleversante justesse, et à ses côtés Alvaro Cervantes joue parfaitement son compagnon. La surdité n’a peut-être jamais été approchée avec autant d’intelligence et de sensibilité au cinéma. Ce très beau film réussit l’exploit d’être à la fois pédagogique et émouvant, sans verser dans l'apitoiement, grâce à une maîtrise totale du point de vue.

Publié dans Films

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Un film poétique d'une infinie tendresse

Publié le par Michel Monsay

Un film poétique d'une infinie tendresse

Ce film autobiographique, sincère et honnête, écarte le sentimentalisme facile et s’interdit de sombrer dans la mélancolie. La cinéaste, en effet, se limite à une présentation chronologique strictement factuelle des moments essentiels et fondateurs qu’elle a vécus aux côtés de son père, Luigi Comencini, excluant de la sorte toute référence à sa mère et à ses trois sœurs. Un père dont elle appréciait le côté attentif, mais redoutait l’autre versant peu démonstratif, parfois même blessant. Une attitude antinomique dont elle fut souvent à la fois la victime et la bénéficiaire. De beaux et touchants souvenirs, dans une mise en scène dépouillée et délicate, interprétés dans le rôle du père avec une grande justesse de jeu intérieur par Fabrizio Gifuni, l’Aldo Moro dans la série Esterno notte de Marco Bellochio, coproducteur du film et grand admirateur de Comencini, mais aussi par les deux jeunes actrices qui jouent Francesca Comencini. Prima la vita est l’anatomie d’un rapport exclusif et opaque entre Francesca, réalisatrice d’une quinzaine de films, et Luigi, grand cinéaste mort en 2007 de la maladie de Parkinson, auteur d’œuvres mémorables de l’enfance, l’Incompris, Casanova, Un adolescent à Venise, et des Aventures de Pinocchio. Sa fille, à présent âgée de 64 ans, entreprend de filmer le portrait d’un homme droit, cultivé et de gauche, cinéphile qui sauva nombre de films en très fragile pellicule nitrate de la destruction et fonda, avec son frère et le réalisateur Alberto Lattuada, la Cineteca Italiana à Milan : on voit les extraits choisis de quelques films muets sauvés qui font écho au récit. Par la distance attentive, respectueuse, une mise en scène très dépouillée, la cinéaste revient sur ce rapport d’amour à pas de loup, l’évolution contrariée du lien entre père et fille, seuls dans l’appartement romain, séparés par un couloir d’ombre. Avec la même attention qu’elle suit l’évolution de la maladie, les tremblements des mains du grand artisan, ou la déchéance sur son visage à elle, devenue héroïnomane. Il faut souligner l’originalité du regard porté sur soi étonnamment lucide, inattendu, sans minauder. À la fois réaliste et onirique, ce double portrait est aussi une fable généreuse, émouvante, qui tisse un hommage espiègle et passionné au cinéma, italien notamment.

Prima la vita est à voir ici pour 2,99 € en location ou sur toute plateforme de VOD.

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Extraordinaire poème visuel et sonore sur la puissance créatrice du collectif

Publié le par Michel Monsay

Extraordinaire poème visuel et sonore sur la puissance créatrice du collectif

Le film commence dans la pénombre du Stadium de Vitrolles, où Klaus Mäkelä dirige l’Orchestre de Paris dans les ballets russes de Stravinsky en ciné-concert. En quelques plans, les gestes expressifs du jeune chef finlandais, son aura, son charisme, sont posés. Le directeur musical de l’orchestre symphonique est la première des forces vives de cet ensemble, que Philippe Béziat, grand mélomane qui filme depuis une trentaine d'années les musiciens au travail, propose de présenter dans son nouveau documentaire. Le nous du titre est d’abord l’ensemble des je. Le réalisateur donne la parole aux musiciens, ils racontent qui ils sont, d’où ils viennent, ce à quoi ils aspirent, ils expliquent leur vision d’un métier intrinsèquement lié à leur vécu et à leur quotidien. Cette somme de témoignages montre déjà la valeur nécessaire de l’individualité dans le collectif. Qu’ils aient grandi au Portugal ou en Arménie, à la ville ou à la campagne, leur personnalité a beau nourrir leur envie de beaux concerts, ils sont avant tout présentés comme des personnes normales qui vont répéter à la Philharmonie en vélo ou en métro, qui ont leur vie de famille, qui hésitent sur le choix des mots et qui peuvent aussi manquer de confiance en soi, loin des figures un peu inaccessibles, attendrissantes ou mystérieuses que la fiction produit régulièrement. On se trouve face à des personnes dont on s’identifie par le parcours, dans une discipline certes très exigeante, et surtout, par l’humanité. La première victoire de Philippe Béziat est de rappeler que la musique est un métier comme un autre, et pas seulement un fantasme bourgeois ou une dépense superflue telle que perçue par certains responsables politiques. Le nous est également l’ensemble des jeux. Chaque individu produit un son, qui contribue à la texture générale de l’orchestre, suivant les indications du chef. Cependant, le son de chaque instrument est à la fois issu d’une interprétation propre et d’une dynamique collective. Chacun doit être attentif à ce que fait son voisin, pour s’insérer dans le même son que ce qui lui arrive, tout en restant scrupuleux de la partition et de la baguette. Une des fantastiques idées du film réside dans la prise de son, mettant en situation ce qu’entendent vraiment les musiciens depuis leur place, en opposition à ce que les spectateurs et le chef entendent. Philippe Béziat a tourné avec près de 90 micros disséminés dans l’orchestre, dans des conditions d’enregistrement, de façon à pouvoir faire comprendre au montage le point de vue auditif des musiciens qui prennent la parole dans le film. C’est cette expérience d’immersion dans le vif qui rend Nous l’orchestre différent, si concret, la musique se révélant en une question de point de vue et d’ouïe. Dans une formation symphonique, les membres font et sont la musique. Le but étant, in fine, de jouer ensemble, de passer outre les inimitiés. La caméra réussit à surprendre des expressions corporelles dans les séances de travail, à transcrire ce qui ne s’explique pas, c’est-à-dire ce feeling du rapport à l’autre, au service d’une partition écrite et pourtant ouverte à de nombreuses interprétations. Nous l'orchestre est une plongée envoûtante, signée Philippe Béziat, au plus près des cent vingt musiciens de l’Orchestre de Paris et du jeune chef finlandais Klaus Mäkelä, dans une mise en scène et mise en son virtuoses.

Publié dans Films

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Leonora Carrington, artiste surréaliste majeure du XXᵉ siècle

Publié le par Michel Monsay

Leonora Carrington, artiste surréaliste majeure du XXᵉ siècle
Leonora Carrington, artiste surréaliste majeure du XXᵉ siècle
Leonora Carrington, artiste surréaliste majeure du XXᵉ siècle

Longtemps, Leonora Carrington (1917-2011) a été, dans l’histoire du surréalisme, la jeune artiste anglaise excentrique que Max Ernst (1891-1976) rencontre à Londres, en 1937, avec laquelle il revient en France et vit avant que la défaite de 1940 ne les sépare. Ce qui est vrai, mais très loin de suffire à définir cette grande artiste, ne serait-ce que parce qu’elle peint, dessine et écrit pendant plus d’un demi-siècle après ces événements. D'autant que lorsqu'elle rencontre Max Ernst, elle n’est pas simplement riche et belle, elle commence à jouir d’une certaine reconnaissance. L’exposition qui se tient au Musée du Luxembourg est la première à lui être consacrée en France d’une telle ampleur, rassemblant plus d’une centaine d’œuvres et de documents dans une scénographie simple et claire. Jusqu’à une date récente, il semblait établi que le surréalisme n’ait pas survécu à la seconde guerre mondiale et n’ait guère fait que se répéter, voire décliner. L’abondance et l’étrangeté de l’œuvre de Leonora Carrington sont les preuves du contraire. Durant la guerre, quand elle le peut elle se remet à peindre, notamment des visions oniriques dans des paysages ravagés, avec des femmes, des étalons et des juments pour protagonistes de scènes où érotisme et terreur vont de pair. Puis, à partir de 1945, manière, sujets et tonalité générale changent progressivement. Le dessin des figures se fait de plus en plus précis jusqu’à une certaine virtuosité. Les harmonies chromatiques sont plus sourdes, à fonds sombres ou rougeoyants. Dans des espaces aux perspectives raccourcies apparaissent des créatures qui vont de l’animal assez exact et souvent exotique, du léopard au yak, aux hybrides de lion, cerf, bouc, hyène, serpent ou perroquet. Leurs regards et leurs attitudes sont humains et, à l’autre bout de ce registre des métamorphoses, il y a des femmes et des hommes à peine transformés ou à l’état de spectre. Dans tous les cas, la peinture tient du rêve, de la fable et de l’invocation magique, mais c’est avec légèreté, en préférant le demi-jour et la suggestion à une netteté trop insistante, et non sans ironie ni dérision, de sorte qu’aucune œuvre n’est enfermée dans un symbolisme unique. Plusieurs photos sont disséminées dans l'exposition, certaines sont l'œuvre de Lee Miller, puis en 1962, avec son amie la photographe Kati Horna (1912-2000), Leonora Carrington réalise une série dont elle est l’héroïne et la modèle, qui se nomme Ode à la nécrophilie. De son Angleterre natale au Mexique où elle est morte en 2011 à 95 ans, en passant par le village de Saint-Martin d'Ardèche où elle vécut avec le peintre Max Ernst, cette belle exposition réunit 126 œuvres de cette perpétuelle voyageuse, écologiste avant l'heure et féministe. Au Mexique où elle vécut une grande partie de sa vie, Leonora Carrington est une figure reconnue, à l'égal de sa contemporaine, Frida Kahlo. En Europe, elle fut malheureusement un peu oubliée, surtout en France, comme de nombreuses femmes artistes de son temps. L'occasion idéale de la découvrir.

Leonora Carrington est à voir au Musée du Luxembourg jusqu'au 19 juillet.

Leonora Carrington, artiste surréaliste majeure du XXᵉ siècle
Leonora Carrington, artiste surréaliste majeure du XXᵉ siècle
Leonora Carrington, artiste surréaliste majeure du XXᵉ siècle
Leonora Carrington, artiste surréaliste majeure du XXᵉ siècle
Leonora Carrington, artiste surréaliste majeure du XXᵉ siècle
Leonora Carrington, artiste surréaliste majeure du XXᵉ siècle
Leonora Carrington, artiste surréaliste majeure du XXᵉ siècle
Leonora Carrington, artiste surréaliste majeure du XXᵉ siècle
Leonora Carrington, artiste surréaliste majeure du XXᵉ siècle
Leonora Carrington, artiste surréaliste majeure du XXᵉ siècle
Leonora Carrington, artiste surréaliste majeure du XXᵉ siècle
Leonora Carrington, artiste surréaliste majeure du XXᵉ siècle
Leonora Carrington, artiste surréaliste majeure du XXᵉ siècle
Leonora Carrington, artiste surréaliste majeure du XXᵉ siècle
Leonora Carrington, artiste surréaliste majeure du XXᵉ siècle
Leonora Carrington, artiste surréaliste majeure du XXᵉ siècle
Leonora Carrington, artiste surréaliste majeure du XXᵉ siècle
Leonora Carrington, artiste surréaliste majeure du XXᵉ siècle
Leonora Carrington, artiste surréaliste majeure du XXᵉ siècle
Leonora Carrington, artiste surréaliste majeure du XXᵉ siècle
Leonora Carrington, artiste surréaliste majeure du XXᵉ siècle
Leonora Carrington, artiste surréaliste majeure du XXᵉ siècle
Leonora Carrington, artiste surréaliste majeure du XXᵉ siècle
Leonora Carrington, artiste surréaliste majeure du XXᵉ siècle
Leonora Carrington, artiste surréaliste majeure du XXᵉ siècle
Leonora Carrington, artiste surréaliste majeure du XXᵉ siècle
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Leonora Carrington, artiste surréaliste majeure du XXᵉ siècle
Leonora Carrington, artiste surréaliste majeure du XXᵉ siècle

Publié dans Expos

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Impressionnante plongée en milieu hospitalier qui nous prend aux tripes

Publié le par Michel Monsay

Impressionnante plongée en milieu hospitalier qui nous prend aux tripes

Choisissant de raconter une heure d'hôpital par épisode, The Pitt captive par sa forme ultraréaliste, la personnalité de ses héros qui s'activent pour sauver des vies et le charisme, bien sûr de Noah Wyle. Le scénario retranscrit autant la tension permanente que les respirations nécessaires ou les moments solennels de profonde émotion, sans oublier des séquences plus légères qui provoquent le sourire. The Pitt entend, sur le fond, s'ancrer dans son époque post-Covid, et montrer sans fard les difficultés rencontrées au quotidien par les métiers de la santé. Notamment le système américain, profondément inégalitaire, qui gangrène au quotidien la simple pratique de la médecine, et hypothèque parfois la santé des patients. Le département des urgences de l'hôpital de Pittsburgh, en Pennsylvanie, est un microcosme réaliste frappant de la société américaine, et les auteurs de la série s'attachent à en entremêler les classes sociales, sans lourdeur, mais en mettant en avant une diversité bienvenue. En plus de l'écriture et de la réalisation d'une grande justesse, il faut évidemment souligner la qualité des interprètes : Noah Wyle semble avoir joué les docteurs toute sa vie, et plusieurs jeunes acteurs sont remarquables, comme Taylor Dearden dans un rôle pourtant délicat de jeune praticienne atteinte de troubles autistiques. Un style documentaire, renforcé par l’absence de musique et d’esthétisation. La série s’attarde sur les peaux qui saignent, les chairs qui s’ouvrent, ou la tête d’un nouveau-né qui sort du vagin de sa mère. Ce réalisme est politique : il dissocie le corps des normes d’Instagram, du culte de la force des matamores populistes, mais aussi du spectacle de la violence qui alimente l’information en continu. Car ici le sujet, ce n’est pas l’horreur, mais les soignants qui donnent toute leur énergie pour y remédier. Plutôt que notre voyeurisme, c’est notre empathie qui est sollicitée. Au rythme d’une narration nerveuse qui restitue en quasi temps réel quinze heures d’une seule et même garde, la série semble vouloir épuiser tous les maux de la société américaine : ravages du Fentanyl, climat antivax, tueries de masse, manque de moyens, défiance des usagers et fatigue des soignants… The Pitt assume d’être militante, et même pédagogique. Ses intrigues sont pensées pour nous instruire sur les bienfaits de l’assurance santé publique, décriminaliser l’addiction, soutenir le droit à l’avortement, promouvoir la mixité et la diversité. Le message s’incarne en des héros du quotidien à l’humanité palpable, ces soignants réforment la figure du médecin patriarcal et mégalo. Au-delà du miroir tendu au monde tel qu’il va mal, la modernité de The Pitt tient au remède qu’elle propose : une éthique fondée sur la réciprocité. Remarquable portrait sans concession du système de santé défaillant des États-Unis, les deux saisons de The Pitt sont l’une des seules œuvres hollywoodiennes ouvertement engagées du côté de l’humanité contre la décrépitude morale trumpiste.

The Pitt est à voir ici sur HBO Max pour 5,99 € un mois sans engagement avec pub, ou 9,99 € sans pub.

Publié dans replay

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Prince, 10 ans déjà

Publié le par Michel Monsay

Prince, 10 ans déjà

Il y a dix ans, Prince Rogers Nelson nous quittait, à 57 ans, et pourtant il suffit d'entendre un accord de guitare, ou sa voix pour nous enchanter et comprendre qu'il a marqué à jamais l'histoire de la musique. Il n’était plus en pleine gloire comme dans les années 1980-90, mais son œuvre fascinait encore. Sa dernière chanson mémorable date de 2004, il s'agit de Musicology, qui donne son titre à l’album éponyme, auréolé de deux Grammys awards. Ce superbe morceau à l'atmosphère impeccable, au riff élastique en boucle sur une guitare basse, et aux cuivres en ponctuation, qui résume parfaitement l'œuvre de Prince, est certainement en matière de funk l'un des meilleurs qui soit. James Brown, Earth, Wind and Fire, Public Enemy : en nommant explicitement ici les grandes figures noires qu’il considère comme références, le Kid de Minneapolis livre un morceau groove d’anthologie, et inscrit son nom dans leur lignée.

Ci-dessous l'excellent clip :

Publié dans Chroniques

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Une admirable fresque familiale

Publié le par Michel Monsay

Une admirable fresque familiale

De la fin du XIXᵉ siècle à nos jours, côté maternel mais aussi paternel, quatre générations vont se succéder, en partie cohabiter, au premier plan du récit, dont Hélène Carrère d’Encausse, célèbre historienne spécialiste de la Russie, secrétaire perpétuelle de l’Académie française pendant près d’un quart de siècle, incontestablement la captivante héroïne principale du livre. Mais au-delà de ce portrait, sans complaisance loin s'en faut, si lucide et toujours tendre, la beauté et la profondeur de Kolkhoze tiennent aussi à cette amplitude chronologique qu’a choisi d’embrasser Emmanuel Carrère. La particularité extrême des destins n’entrave jamais l’appréhension par le lecteur de la verticalité qui explore les relations entre générations, mais aussi de l'horizontalité amoureuse, amicale et relationnelle de l’expérience humaine, qui nous sont à tous communes. Ce qui fait de Kolkhoze, où le passé côtoie le présent, où il est question d’amour et de guerre, où s’enlacent la vie et la mort, un livre dont la grandeur s’habille de limpidité, de simplicité, d’humanité. Emmanuel Carrère entremêle les souvenirs de son enfance aux destins de ses ancêtres, et tisse, de la Géorgie à Paris, le fil romanesque de sa généalogie. Ce récit est tout ensemble terriblement romanesque et profondément intimiste, parfaitement singulier et pleinement universel. Au centre du livre, l’écrivain a placé la figure énergique, audacieuse, ambitieuse d’Hélène Carrère d’Encausse, sa mère, née Hélène Zourabichvili, à Paris, en 1929, fille et petite-fille d’exilés devenue historienne et académicienne à laquelle, quatre-vingt-quatorze ans plus tard, au lendemain de sa mort, la Nation française rendit hommage lors d’une cérémonie en grande pompe aux Invalides. Un destin hors du commun, autour duquel l’écrivain met en mouvement une foule de personnages secondaires pour tisser, de leurs vies à tous mêlées, un grand livre tolstoïen, épique et secrètement méditatif, sur la destinée et le métier de vivre. Cette mère-là, dure et autoritaire, qui en réalité ne fait qu’une avec l’autre, aimante et faisant kolkhoze avec ses trois enfants en dormant ensemble lorsque le père s'absentait, Emmanuel Carrère affirme qu’elle aura été le grand amour de sa vie. D’un seul et même élan, il dépeint sa froideur et sa générosité, nomme les manques et dit tout ce qu’il lui doit. Il y a quelque chose d'infiniment doux dans ce livre qui commence comme un récit de deuil. Outre l'histoire d’une famille sur quatre générations, qui couvre plus d’un siècle d’histoire, russe et française, le roman s'ancre également par moment en Russie et en Ukraine pendant la guerre. Avec un art remarquable de la narration, Emmanuel Carrère nous emporte dans ce récit tentaculaire d’une richesse incroyable, qui est une pièce magistrale dans l'œuvre de l'écrivain et a obtenu le Prix Médicis 2025.

Publié dans Livres

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Une odyssée implacable et poignante sur le drame rohingya à hauteur d’enfants

Publié le par Michel Monsay

Une odyssée implacable et poignante sur le drame rohingya à hauteur d’enfants

Deux orphelins rohingyas entament un voyage périlleux du Bangladesh à la Malaisie. Avec la force d’un documentaire, cette fiction raconte les violences de toutes les migrations et touche au cœur. Minorité musulmane originaire de l’ouest du Myanmar (ex-Birmanie), les Rohingyas ne sont plus reconnus comme citoyens par le pouvoir birman depuis 1982. Apatrides et privés de leurs droits fondamentaux, ils sont l'objet de violences, de discriminations et de persécutions. À partir de 2017, pour échapper aux massacres qualifiés de nettoyage ethnique par les organisations internationales, des centaines de milliers de Rohingas fuient le pays vers le Bangladesh, où ils vivent dans des camps de réfugiés. Depuis, nombre d'entre eux tentent de rejoindre la Malaisie ou l'Indonésie pour rejoindre leurs familles éparpillées, même lointaines, même s’il ne se sont jamais vus. Ils se lancent dans cette épopée jalonnée de dangers, avec l'aide de passeurs mal intentionnés, qui les dépouillent à chaque étape de leur périple. Partant de ce constat, le réalisateur japonais Akio Fujimoto, qui travaille depuis plusieurs années en Asie du Sud-Est notamment en Birmanie et y a réalisé ses deux premiers films (inédits chez nous), a décidé d’utiliser le cinéma de fiction pour transmettre cette réalité méconnue. La force de ce beau film implacable, illuminé par la pureté des deux enfants, vraiment frère et sœur dans la vie, le regard bienveillant du réalisateur et celui, minutieux et englobant, caméra à l’épaule et sans éclairage artificiel, du chef-opérateur Yoshio Kitagawa, est sa simplicité. Sa capacité à saisir sans fioritures, sans effets tire-larmes, le terrible sort de ce peuple sacrifié. Il repose la question qui nous hante depuis des décennies : combien de temps encore laisserons-nous des femmes, des hommes et des enfants risquer leur vie à bord de rafiots, aux mains des passeurs, dans les jungles obscures ? Avec Les Fleurs du manguier, on est aux côtés de Somira portant sur son dos ce petit frère auquel elle cache sa propre peur, immergés, plongés, malmenés au cœur de ce voyage dont il semble impossible de sortir vivant. Ce film bouleversant dit à travers l'histoire de ces deux enfants le destin de millions de migrants qui quittent tout et prennent des risques inouïs pour rejoindre des lieux sûrs où vivre en paix. S'il est peuplé de figures sombres, le chemin des deux enfants est aussi marqué par la solidarité des Rohingyas, mais aussi par des rencontres lumineuses, avec des hommes et des femmes capables d'humanité, et d'empathie. La simplicité du film n’a d’égal que sa force émotionnelle et sa beauté visuelle.

Publié dans Films

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