Fascinante réflexion sur le couple au cœur d’une crise internationale
Après une première saison remarquable qui nous faisait découvrir La diplomate, et une seconde moins inspirée, la série revient avec une troisième saison passionnante. La Diplomate n’est jamais aussi efficace que dans les moments d’action, son héroïne aussi. Cette troisième saison retrouve Kate Wyler (Keri Russell), ambassadrice américaine à Londres, au cœur d’une nouvelle crise après la mort du président des États-Unis. L’occasion pour la série de railler toute l’hypocrisie de la communication politique. Mais la diplomatie est surtout un prétexte pour s’intéresser à d’autres formes de négociation : celles qui s’opèrent au sein du couple d’ambitieux formé par Kate et Hal (Rufus Sewell), l’homme exaspérant mais charmant qui partage sa vie. Un prisme qui fonctionne grâce au talent des deux interprètes. La série a la bonne idée d’embarquer ses protagonistes pour un week-end de gestion de crise en huis clos dans une magnifique demeure du nord-est américain. On retrouve aussi dans cette saison ce qui nous avait plu dans la première, des répliques mordantes, des dialogues à cent à l’heure et des personnages extrêmement compétents. Les rôles secondaires mais importants sont également très bien campés, notamment Rory Kinnear, toujours aussi réjouissant en Premier ministre britannique capricieux et opportuniste, mais aussi Allison Janney et Bradley Whitford, qui incarnent la nouvelle présidente des États-Unis et son mari en pleine crise existentielle, dont les moments d’intimité sont très réussis. La grande réussite de cette saison tient à la mise en miroir de deux couples : le présidentiel est parfaitement asymétrique, qui oppose la toute-puissance de la présidente à la frustration et à l’ennui qu’éprouve son époux, pendant que Kate Wyler doit toujours se débrouiller avec l’ambition, le brio et le manque de scrupules de son mari à elle. Le sens du drame au long cours de la scénariste Debora Cahn et sa manière de jouer avec le genre de la série politique et d’espionnage, comme avec un jouet en perpétuel renouvellement, font tout le charme de cette série. Elle parvient à ne jamais totalement se reposer sur son brio, pour embrasser avec une lucidité impressionnante les impasses actuelles, les impossibilités de compromis entre puissances mondiales comme au sein du couple. Ce virage de La Diplomate vers la politique intérieure américaine dans cette très bonne saison 3, que l'on peut voir sans avoir vu les deux autres, permet de substituer au pitoyable show qu’offre chaque jour la vraie Maison Blanche une histoire alternative un peu moins vulgaire.
La diplomate saison 3 est à voir ici sur Netflix pour 7,99 € avec pub et 14,49 € sans pub, un mois d'abonnement sans engagement.
La bande-annonce ci-dessous est en version originale mais en regardant le film vous aurez les sous-titres en français.
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