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C'est pas gagné !

Publié le par Michel Monsay

C'est pas gagné !

Publié dans Chroniques

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Ouvrons les yeux !

Publié le par Michel Monsay

Ouvrons les yeux !

Ils les ont tués un par un, entre mars 2022 et juin 2023. Par centaines, sinon plus. À bout portant ou à l’arme explosive. Parfois même des enfants. Ces meurtres perpétrés par les gardes-frontières saoudiens à l’encontre de migrants éthiopiens venus chercher l’eldorado au royaume wahhabite, qui se gargarise d’être devenu le paradis sur terre à coups de soft power et de campagnes publicitaires internationales, Human Rights Watch les a documentés. L’ONG, qui défend les droits de l’homme, a recueilli des témoignages de rescapés appuyés par des images satellites. Et son rapport, glaçant, livré lundi 21 août, fait état d’un possible crime contre l’humanité. Alors, jusqu’à quand ? Jusqu’à quand l’Occident va-t-il prêter allégeance au prince héritier Mohammed ben Salman, comme l’a encore fait Macron cet été en soutenant ouvertement la candidature de Riyad pour accueillir l’Exposition universelle de 2030 ? Jusqu’à quand les artistes et les institutions culturelles, par leur simple présence, vont-ils continuer à donner un visage de respectabilité à ce régime qui considère les femmes comme inférieures aux hommes, les couples adultères, les homosexuels, les athées et les toxicomanes passibles de la peine de mort ? Comédiens, musiciens ou grands musées sont désormais chaque jour nombreux à s’y précipiter, d’autant qu’ils y sont grassement payés. À l’instar de l’architecte Jean Nouvel, sollicité pour le futur site touristique Al-ula. Ou le Centre Pompidou, qui y « apportera son expertise scientifique et technique » pour la construction d’un musée. Ou encore les stars qui se pavanent sur le tapis rouge du Red Sea International Film Festival de Djeddah comme Isabelle Adjani en décembre dernier. Sans parler de Maïwenn, qui a reçu une aide de ce même festival pour son dernier film, Jeanne du Barry. Oui, jusqu’à quand le monde de la culture va-t-il continuer à couvrir de telles atrocités ? Sans parler des footballeurs, qui ont tous été appâtés par les sommes colossales qui leur ont été proposées ! Ce pays dépense des milliards pour améliorer son image, déplorable à raison, mais l'argent ne peut pas faire oublier et accepter de tels agissements, en tout cas espérons le !

Publié dans Chroniques

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L'insubmersible

Publié le par Michel Monsay

L'insubmersible

En finale du Masters 1000 de Cincinnati, un des tournois les plus importants après ceux du Grand Chelem, Novak Djokovic a battu Carlos Alcaraz au terme d'un match d'exception. C'était la revanche de Wimbledon, qui avait vu triomphé l'espagnol, après là aussi un match incroyable. C'est à croire qu'ils ne savent faire que dans l'épique. Carlos Alcaraz et Novak Djokovic ont livré un combat d'une intensité quasi inhumaine sous une chaleur étouffante dimanche soir, le second finissant par l'emporter à sa 5e balle de match. Dans une partie aux multiples rebondissements et au niveau de jeu atteignant des sommets, Novak Djokovic a fini par avoir raison du prodige espagnol en trois sets (5-7, 7-6, 7-6) et quasiment quatre heures de jeu. Entre-temps, le Serbe avait lui-même écarté une balle de match en fin de deuxième acte. C'est son 4e titre cette saison, le 95e de sa carrière et le 39e en Masters 1000 (record amélioré). Un record de plus pour le plus grand joueur de l'histoire, que rien ne semble arrêter. Revenu d'entre les morts après un gros coup de fatigue dans le deuxième set, Djokovic a réussi à le gagner au jeu décisif après avoir sauvé une balle de match. Puis peu à peu, il a repris l'ascendant mental et physique dans le troisième set. Et à force de mettre la pression à la relance, il a fait le break à 3-3 pour prendre à son tour une option sur le titre. La qualité des débats était remarquable, mais on n'avait encore rien vu. A 5-3, visiblement émoussé, Alcaraz a toutefois sauvé deux balles de match sur son service dont la seconde d'un passing de coup droit en bout de course ahurissant. Puis à 5-4, après un immense jeu de plus de dix minutes, il est allé reprendre le service de Djokovic, sauvant deux nouvelles balles de match, dont la dernière sur un coup droit long de ligne supersonique. De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace pour ce joueur qui possède tous les coups du tennis à la perfection et peut-être le jeu le plus imprévisible jamais vu sur un court. En mode survie mais toujours lucide pour aller chercher son destin au filet, il sauvait encore quatre balles de break dans le jeu suivant pour reprendre le score. Encore de retour d'un mini-break initial dans le tie-break décisif grâce à un retour-volée bluffant, le génie aux multiples vies a pourtant fini par céder. Car en face il y avait Djokovic, un monstre de sang-froid d'une précision diabolique à la relance, un mur face aux assauts répétés d'Alcaraz, qui a fini par l'épuiser. Pour ceux qui aiment le tennis, ce match est un pur régal entre deux extraterrestres. Cincinnati ne pouvait pas mieux annoncer l'US Open, qui démarre dans quelques jours. On en salive d'avance.

Alacaraz - Djokovic est à voir ici pour 9,99 €, un mois d'abonnement sans engagement à Eurosport.

Sinon ci-dessous, un résumé de la rencontre :

Publié dans replay

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Mort de l'un des plus grands intellectuels français

Publié le par Michel Monsay

Mort de l'un des plus grands intellectuels français

Un esprit incandescent. Une curiosité sans limite, une soif de connaissance, une profonde culture. Une envie de transmettre, de former, de lancer des projets, d’embellir le débat démocratique. Une pédagogie hors du commun. Daniel Cohen, grand économiste et humaniste, est mort dimanche à l'âge de 70 ans d'une maladie du sang. Il était entre autres professeur à l'École normale supérieure et membre fondateur de l'École d'économie de Paris, institution qu’il présidait depuis 2021. Observateur des transformations du capitalisme contemporain, Daniel Cohen était une figure reconnue au niveau international et son œuvre était traduite dans une dizaine de langues. Connu du grand public pour ses interventions dans les médias, Le Monde, LibérationL'Obs, C Politique, C ce soir,... Daniel Cohen est né à Tunis en 1953, ancien élève de l'ENS de la rue d’Ulm, il s’est fait connaître par son ouvrage Richesse du monde, pauvreté des nations, publié en 1997, dans lequel il y décrit la montée des inégalités. Par la suite, tout au long des années 2000, il s’est intéressé aux mutations de la société postindustrielle, que ce soit dans le domaine du travail (Nos temps modernes, 2000) ou des échanges internationaux (La Mondialisation et ses ennemis, 2004). Ses ouvrages suivants - Trois leçons sur la société postindustrielle (2006) et La Prospérité du vice, Une introduction (inquiète) à l'économie (2009) - s’apparentent à des fresques historiques décrivant la transformation du capitalisme, de sa naissance à nos jours. Dans son dernier essai publié, Homo Economicus (2012), il proposait une réflexion sur le paradoxe d'Easterlin, selon lequel l’augmentation du produit intérieur brut par habitant ne se traduit pas nécessairement par une hausse du niveau de bonheur individuel. Il a obtenu deux fois le Prix du livre d'économie. Homme de gauche, Daniel Cohen n’était pas seulement un économiste remarquablement intelligent, connecté aux enjeux de notre temps. Son génie, lui qui était normalien en mathématiques, était de maîtriser les outils de l’économie avec une vision d’ensemble du monde et de la justice, de maîtriser tout le spectre économique, de l’analyse mathématique jusqu’à la philosophie politique. Il était profondément humaniste, engagé, disponible, drôle, et chacune de ses interventions était remarquablement pertinente. Quelle tristesse !

Publié dans Chroniques

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Une comédie policière élégante et ironique

Publié le par Michel Monsay

Une comédie policière élégante et ironique

A peine échappé de l’Allemagne nazie, Douglas Sirk signe un polar soigné, spirituel, porté par une direction artistique au cordeau. Ce film appartient à la période la moins connue de l’œuvre de Douglas Sirk, entre ses mélodrames allemands des années 1930 et ceux, flamboyants, tournés à la fin de sa carrière américaine (1954-1958). De 1942 , il venait d’arriver à Hollywood, à 1954, il toucha à tous les genres : le polar psy, le film de guerre, le péplum, la satire sociale… Il réalisa surtout ce Scandale à Paris, drôlissime fantaisie en costumes sous influence de Billy Wilder, dont il disait que c’était l'un de ses films préférés. Cette variation très libre sur la vie de Vidocq où il s’affranchit de tout réalisme lui permet, en effet, d’exercer sa divine ironie en abordant son thème de prédilection : le poids du passé et comment s’en libérer. George Sanders, interprète idéalement élégant, est moqueur et ambivalent à souhait. Avec ce film rocambolesque, caustique mais délicat, Douglas Sirk se ­replonge avec délice dans la vieille Europe, celle des jeux de masques, et y oppose le bien et le mal de manière pleinement symboliste. Ce Scandale à Paris, tout en arabesques et en ruptures de ton, évoque à la fois Max Ophuls et le Sacha Guitry des Mémoires d’un tricheurL’Empereur de Paris, remake de Jean-François Richet, en 2018, avec Vincent Cassel dans le rôle de Vidocq, n’a pas le charme de cette version légère et mordante de 1946.

Scandale à Paris est à voir ici pour 9,99 €, un mois sans engagement à Molotov tv.

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Hommage poignant à la Résistance

Publié le par Michel Monsay

Hommage poignant à la Résistance

La Bataille du rail, qui fut tourné en mars et avril 1945, alors que la guerre n’était pas encore terminée, mêle employés de la SNCF et acteurs professionnels. Il reconstitue quelques faits d’armes de la résistance ferroviaire : les sabotages quotidiens ou le déraillement spectaculaire, sans trucage numérique, d’un convoi de troupes allemandes. La très belle image d'Henri Alekan, le grand directeur de la photo des Enfants du paradis entre autres, apporte au film un atout majeur. Tourné sans vedettes ni grands moyens financiers, La Bataille du rail a cependant connu un véritable succès populaire indéniable, en France comme à l’étranger et a consacré René Clément comme l’un des meilleurs réalisateurs de l’après-guerre. En 1946, il obtient ainsi le Prix de la mise en scène et le Prix du jury au Festival de Cannes. Tourné essentiellement à Saint-Brieuc et dans les Côtes d’Armor, La bataille du rail frappe par son côté à la fois artisanal et élaboré, technique et lyrique, avec un souci de la reconstitution impressionnant dans plusieurs scènes mémorables, dont celles des déraillements de trains allemands. L’œuvre a des points communs avec le néoréalisme italien de Rossellini, qui avait livré un brûlot esthétique et politique avec Rome ville ouverte. René Clément a bénéficié du concours de ceux-là mêmes qui furent les acteurs du drame. Il a su saisir leur véritable caractère et ils ont su, de leur coté, vivre simplement devant la caméra, et refaire les gestes qui furent les leurs. Rien n'est plus poignant que cette lutte sourde, implacable, que ces risques accumulés, que ces vies offertes avec une calme résolution. À voir ou à revoir, ce film indispensable et captivant reste l'un des plus puissants jamais réalisé sur cette époque de notre histoire.

La bataille du rail est à voir ici pour 2,99 € en location ou sur toute plateforme de VOD.

Publié dans replay

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Thriller crépusculaire d'une impressionnante noirceur

Publié le par Michel Monsay

Thriller crépusculaire d'une impressionnante noirceur

Dans un noir et blanc stylisé et sculpté par la pluie, la nuit, la ville, où l’hyper réalisme se mue en visions quasi futuristes, la périphérie d’Hong Kong est présentée telle une décharge à ciel ouvert. Le théâtre de crimes sordides à l’intérieur duquel errent des âmes désespérées, déjà mises au ban de la société. Loin du centre actif de la ville, la bourgeoisie et les classes aisées ne sont pas concernées, le cinéaste s’intéresse à un monde caché, face auquel il serait facile de détourner le regard. De l’exercice de style virtuose et flamboyant, Limbo se transforme peu à peu en polar nihiliste et existentiel au cœur d’une cité violente et dangereuse. Le cinéaste hongkongais Soi Cheang qui, à cinquante et un ans et une vingtaine de films visibles pour certains en VOD, s’apprête à connaitre sa première sortie sur grand écran français et sonde ici la complexité d’êtres abimés, en quête de rédemption, au sein d’un univers vicié où tous les idéaux sont depuis longtemps abandonnés. Dans un Hongkong des bas-fonds entre terre et ciel sous un déluge constant, on entre dans ce film comme dans un enfer saturé de débris au côté de flics mutiques et de filles assassinées, d’un tueur fétichiste qui sectionne les mains gauches de ses victimes, dans un territoire dont semble d’abord s’absenter toute morale, un no man’s land juste agité de pulsions, d’endurance et de rage. Le choix du noir et blanc, la lumière, les cadrages, la manière dont les plans sont surchargés, la création de décors sordides et monumentaux témoignent d’une virtuosité assez rare dans le genre. Plus que les deux flics centraux, c'est la petite voleuse en quête de pardon qui s’impose progressivement, par sa formidable pulsion de survie, comme l’héroïne incassable de ce polar sans pitié. Dans des décors labyrinthiques époustouflants, un film d'une rare noirceur qui, avec sa réalisation constamment inventive, plonge les policiers comme les spectateurs dans un véritable enfer visuel, dont on ressort pour le moins secoué.

Publié dans Films

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À la découverte de la première star internationale de l'histoire

Publié le par Michel Monsay

À la découverte de la première star internationale de l'histoire
À la découverte de la première star internationale de l'histoire

Le Petit Palais à Paris, présente à l'occasion du centenaire de sa mort, un très bel hommage à la « Divine » Sarah Bernhardt, pas de ceux qui momifient leur malheureux sujet dans les vapeurs d’un encens pesant, plutôt l’expression d’un ravissement enjoué. Actrice virtuose aux mille vies devenue une icône des arts, elle nous est livrée dans cette foisonnante exposition telle qu’en elle-même : virevoltante, tourbillonnante, capable d’émouvoir n’importe quel public aux larmes, de le faire rire, de l’attendrir. Sarah Bernhardt toujours en mouvement, ensorcelant les auteurs, envoûtant les artistes et les princes, cajolant les costumières, houspillant les régisseurs fautifs, enchaînant ses proches dans un déluge de caprices et de tendresse. À chaque salle de l'exposition, nous découvrons dans une belle scénographie toutes les facette du personnage : actrice virtuose, bien sûr, au point de servir de modèle à Proust, puisqu’elle est la Berma de la Recherche, citoyenne engagée dans la défense du capitaine Dreyfus et au chevet des blessés de la Grande Guerre, intrépide directrice de théâtre, sculptrice et peintre au réel talent, créatrice de bijoux surréalistes avant l’heure. Pas moins de 400 œuvres sont réunies pour bien cerner celle qui fut la première artiste à sillonner les cinq continents, applaudie partout, adulée comme un monstre sacré, terme inventé pour elle par Jean Cocteau : peintures et sculptures la représentant ou exécutées par elle-même, objets de toutes sortes, meubles, costumes, bijoux, décors, affiches, photos. Venue de province, Sarah Bernhardt rejoint à la fin des années 1850 sa mère et sa tante toutes deux courtisanes et installées à Paris. Elles font entrer Sarah dans le cercle de ce qu'on appelle les "demi-mondaines" dans lequel elles connaissent un grand succès. Repérée par le duc de Morny, demi-frère de Napoléon III, celui-ci la fait entrer au Conservatoire. Sarah Bernhardt est révélée en 1869 au Théâtre de l’Odéon dans Le Passant de François Coppée, où elle incarne un travesti, avant de conquérir le public en 1872 dans le rôle de la Reine pour Ruy Blas de Victor Hugo et entamer une carrière haute en couleurs à la Comédie-Française. Dans ses interprétations de Lorenzaccio, Hamlet ou encore L’Aiglon d’Edmond Rostand, son jeu continue de surprendre. Lorsque Sarah Bernhardt se fait amputer la jambe en février 1915 suite à une tuberculose osseuse, elle refuse prothèse et jambe de bois et se déplace en chaise à porteur comme les impératrices byzantines. Rien ne l’arrête, elle continue de jouer, elle continue à vivre, et rend son dernier souffle à l’âge de 78 ans pendant le tournage du film de Sacha Guitry, La voyante. Un million de Parisiens assistent aux impressionnantes funérailles de celle qui avait toujours défié sa propre fin : il ne lui restait qu’un poumon, un rein, une jambe, elle l’avait apprivoisée en dormant dans un cercueil, où elle aimait aussi à apprendre ses rôles, et elle la simulait si magiquement en scène de ses yeux bleu pâle révulsés jusqu’au blanc. Cette passionnante exposition retrace l'itinéraire hors normes d'une artiste totale, libre, fantasque et engagée qui a fait de sa vie une œuvre.

Sarah Bernhardt - Et la femme créa la star est à voir jusqu’au 27 août au Petit Palais.

À la découverte de la première star internationale de l'histoire
À la découverte de la première star internationale de l'histoire
À la découverte de la première star internationale de l'histoire
À la découverte de la première star internationale de l'histoire
À la découverte de la première star internationale de l'histoire
À la découverte de la première star internationale de l'histoire
À la découverte de la première star internationale de l'histoire
À la découverte de la première star internationale de l'histoire
À la découverte de la première star internationale de l'histoire
À la découverte de la première star internationale de l'histoire
À la découverte de la première star internationale de l'histoire
À la découverte de la première star internationale de l'histoire
À la découverte de la première star internationale de l'histoire
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À la découverte de la première star internationale de l'histoire
À la découverte de la première star internationale de l'histoire
À la découverte de la première star internationale de l'histoire
À la découverte de la première star internationale de l'histoire
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À la découverte de la première star internationale de l'histoire

Publié dans Expos

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Enthousiasmante minisérie aigre douce où les coups durs tirent vers le haut

Publié le par Michel Monsay

 Enthousiasmante minisérie aigre douce où les coups durs tirent vers le haut

De 2010 à 2012, Cheryl Strayed a tenu une rubrique de conseils aux lecteurs d'un magazine littéraire américain sur Internet. De cette expérience, elle a d’abord tiré un livre qui a donné lieu à une pièce de théâtre avant de devenir cette série. Une comédie dramatique douce-amère centrée sur ses propres blessures, notamment la mort de sa mère, et la manière dont celles-ci l’ont conduite à prendre la plume pour venir en aide aux autres. Dès le premier épisode de la série, créée par Liz Tigelaar, on colle aux névroses du personnage central, une quadra à la dérive. À l’heure du développement personnel décliné à la nausée jusqu’aux posts sur Instagram, la série se révèle une ode à la vulnérabilité. C’est aussi un écrin sur mesure pour Kathryn Hahn, qui manie autant avec bravoure qu'avec une fragilité bouleversante l’énergie de son personnage, à des fins d’autodestruction, de vengeance, mais aussi de création et de réparation. À ses côtés, Sarah Pidgeon et Merritt Wever sont tout aussi remarquables. Il y a quelque chose d’attachant et de rafraîchissant dans le personnage de cette femme bourrée de contradictions et d’imperfections. Elle boit, elle crie, elle gaffe sans arrêt. Mais elle est vraie, et cela fait tellement de bien de voir des séries ou des films avec des héroïnes ou des héros qui ne soient pas complètement lisses et irréprochables dans leur vie quotidienne, comme on en a vu si longtemps et même encore la plupart du temps aujourd'hui.

Tiny beautiful things est à voir ici en vous abonnant à Disney+ pour un mois sans engagement à 8,99€.

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Passionnant portrait d'un génie du bien et du mal

Publié le par Michel Monsay

Passionnant portrait d'un génie du bien et du mal

Plongée sans concessions dans la vie tourmentée du physicien américain Robert Oppenheimer, directeur du projet Manhattan qui a abouti à la fabrication de la bombe atomique en 1945, le film de Christopher Nolan se penche sur les questionnements moraux et politiques nés de l’entrée dans l’ère terrifiante du nucléaire. La véritable ambition du cinéaste n'est pas de représenter l'explosion de cette bombe, mais plutôt de décrire l'implosion intérieure de son créateur. Si Oppenheimer démarre comme un biopic possiblement classique, il se transforme assez rapidement. Derrière la fresque historique incroyablement riche, on jongle en permanence entre le film de guerre, le film d'aventure, voire le western lors des sublimes passages à chevaux dans les plaines du Nouveau-Mexique. Mais plus encore, Christopher Nolan fissure le genre du biopic en réalisant une course contre la montre intense dans la guerre contre les nazis, et surtout un thriller psychologique muant en véritable labyrinthe introspectif, à la fois cauchemardesque et lyrique. Dans une distribution de haute volée, y compris dans les rôles secondaires, le charismatique Cillian Murphy donne vie au cœur émotionnel et psychologique du film dans un jeu sans épate et loin des standards du biopic, préférant s'imprégner de la sensibilité, et des convictions intimes d'Oppenheimer plutôt que de simplement le singer. Citons également Robert Downey Jr. dans un rôle ambigu, voire machiavélique, enfin à la hauteur de son talent, lui que l'on n'a pas vu depuis très longtemps à l'affiche d'autre chose qu'un Marvel. Durant trois heures nous assistons à un spectacle d'une harmonie visuelle, sonore et musicale où Christopher Nolan joue avec le temps et les perspectives comme jamais auparavant. Si le cinéaste nous a habitués à des narrations non linéaires (Memento, Dunkerque), il trouve ici une nouvelle forme d'abstraction narrative. L'histoire d'Oppenheimer est complexe et riche en oscillant constamment entre les perspectives, la couleur et le noir et blanc, les époques (des années 20 aux années 60)... et pourtant, elle ne nous prend  jamais par la main. L'ensemble est tellement pensé, cohérent, lié à chaque instant, que le récit n'en a pas besoin, et conserve une remarquable fluidité. Christopher Nolan dresse assurément une fresque historique majeure, pamphlet à charge contre les États-Unis de l'époque. Son épopée dénonce avec hargne la violente paranoïa des autorités américaines et l'hystérie collective envers les communistes avec le Maccarthysme. Il s'agit peut-être de l’œuvre la plus pessimiste d'un Christopher Nolan de plus en plus préoccupé par l'avenir du monde. Dans Interstellar, la crise écologique venait sceller le sort de notre planète quand Tenet évoquait déjà la crainte de voir une arme nucléaire tomber entre de mauvaises mains et provoquer la fin du monde. Une peur évidente qui fait encore du chemin dans Oppenheimer, dont le pouvoir de résonance avec notre présent est manifeste. À l'heure de la guerre en Ukraine et de la menace atomique régulièrement agitée par Poutine, le monde semble bel et bien au bord du gouffre (en 2023, il reste 90 secondes avant l'apocalypse selon l'horloge de la fin du monde imaginée par le Bulletin of the Atomic Scientists fondé par un certain Albert Einstein). Un précipice dont les fondations se retrouvent englobées avec maestria dans ce film, qui nous procure une expérience de cinéma et d'Histoire intense.

Publié dans Chroniques

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