Overblog Tous les blogs Top blogs Photographie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Une pop mélancolique et envoûtante

Publié le par Michel Monsay

Une pop mélancolique et envoûtante

Huit ans après The Magic Whip, le quatuor londonien a mis en boîte un grand disque dont le cœur se nourrit de l’errance et de la réflexion sur le temps qui passe. Un retour aux fondamentaux, voilà le premier sentiment qui vient à l’écoute du neuvième album de Blur. The Ballad of Darren opère un recentrage sur l’écriture : une instrumentation élégamment sobre et sans artifices électroniques flagrants, le tout mis en valeur par une production chaleureuse, voire organique, et un savoir-faire dans la composition. Il n’échappe pas non plus que les dix morceaux de ce disque concis sont infusées d’une certaine mélancolie. Dès les premiers couplets de The Ballad, les paroles de Damon Albarn exhalent le vague à l’âme d’un quinquagénaire qui prend conscience du caractère éphémère de la vie et de ceux qui ne reviendront plus. Le génial et ultra-prolifique Damon Albarn enchaîne les projets avec une frénésie hallucinante qui ne le laisse jamais au repos : Gorillaz (dont on avait adoré le dernier album il y a quelques mois), Blur, Mali Music, The Good, The Bad and the Queen, albums solos, opéras etc.), et chaque fois il nous impressionne par la qualité de ses créations quel que soit le style de musique. La réussite de cet album réside dans le mélange d'une pop à la fois cérébrale, inventive, spontanée, et d’une grande délicatesse, des textes teintés d’une langueur envoûtante, et bien sûr Damon Albarn, qui a parfois des accents à la Bowie, dont il est indéniablement le plus talentueux héritier, et a rarement aussi bien chanté.

Ci-dessous, quatre formidables extraits de The ballad of Darren, dont trois en concert :

Publié dans Disques

Partager cet article
Repost0

Une série drôle, rythmée et osée

Publié le par Michel Monsay

Une série drôle, rythmée et osée

Si des œuvres comme l'excellente série The Deuce ont déjà exploré l'essor de l'industrie du porno au début des années 70, pour en montrer les dangers et la violence qui en découle, la scénariste Ellen Rapoport a décidé de traiter le sujet sous un angle bien différent avec Minx, une série féministe sur le porno. Cette époque féconde de la presse écrite est une toile de fond pour aborder le début d’une prise de conscience collective sur l’émancipation des femmes. Les premiers épisodes montrent comment le point de vue d’une femme sur la sexualité pouvait secouer une société qui n’avait pas vraiment absorbé la révolution des sixties. Ils montrent aussi comment le capitalisme américain règne en maître, peu regardant sur les contenus mais exigeant de tous une rentabilité immédiate. En plus de son propos, Minx séduit grâce à sa forme, autant pour la mise en scène que la construction. Avec ses épisodes courts, la série arrive à trouver le rythme parfait dans une ambiance électrique et esthétique typique de ces années-là. Minx trouve la parfaite balance entre son intrigue principale et ses sous-intrigues, notamment dédiées aux personnages secondaires en leur donnant une réelle épaisseur, ce qui n'est pas une chose très courante. En plus du duo principal formé par le roi du porno et la féministe affirmée, une association déjà savoureuse, tout le casting est fameux. C'est la charismatique Ophelia Lovibond qui interprète le rôle principal avec un sens de la comédie redoutable, notamment lors de ses échanges délicieusement houleux et cinglants avec Jake Johnson. Leur duo, que tout oppose, s'épanouit dans des dialogues sous forme de passe d'armes savoureux, écrits avec caractère et sans pudeur, générant beaucoup d'éclats de rire et parfois même de l'émotion. En osant tout et en ne se refusant rien, Minx est une bouffée d’air enthousiasmante dans l'univers souvent formaté des séries.

Minx saison 1 et 2 est à voir ici sur OCS pour 10,99 €, un mois d'abonnement sans engagement qui permet de voir aussi les séries et films de l'offre OCS.

Publié dans replay

Partager cet article
Repost0

Un huis clos puissant et fascinant

Publié le par Michel Monsay

Un huis clos puissant et fascinant

En réveillant ce moment important de l’histoire juridique française, Cédric Kahn, qui est depuis une trentaine d'années l'un des cinéastes français les plus intéressants, citons notamment La prière ou Roberto Succo,  signe ici un très grand film de procès et le passionnant portrait d’une époque. Dans son implacable mise en scène, il fait de Pierre Goldman une illustration parfaite du bouc émissaire. En effet, n’est-il pas le coupable idéal ? Braqueur, militant d’extrême gauche, Pierre Goldman a le sang chaud, s’énerve facilement et ne tarde pas à transformer son procès en spectacle, bien qu’il dise ne vouloir s’en tenir qu’aux faits et éviter toute théâtralisation. Avec ce film, construit sans flash-back ni musique, avec une exigence qui ne laisse aucune place à la fioriture, Cédric Kahn respecte les codes du genre à la lettre, l’action se déroulant quasi intégralement dans un tribunal. Grâce à une impressionnante maîtrise du montage et de l’écriture, la reconstitution est aussi sérieuse qu’haletante, en prenant quelques libertés mais en restant fidèle le plus possible au procès qui eut lieu en 1976. En cherchant la vérité plutôt que l’imitation, le film nous parle de la France des années 1970. Une France dont les blessures, de l’Occupation comme de la Guerre d’Algérie, ne sont pas tout à fait refermées et où le racisme et l'antisémitisme sont encore bien présents. Mais une France aussi où un militant de gauche peut écrire un livre en prison et en faire un best-seller. Une France dont les figures médiatiques n’ont pas peur de s’engager, on reconnaît les personnages de Simone Signoret et Régis Debray dans la salle. Cédric Kahn nous plonge dans le procès d’un homme qui abhorre la société bourgeoise et la police, prône la révolution, justifie la violence. De scène en scène, de parole en parole, le cinéaste rend sans faillir toutes les complexités du personnage : orateur éclatant, militant enragé, âme torturée. Son éloquence impressionne jusque dans les rangs de ses plus farouches adversaires. Son tempérament ingérable inquiète jusque dans les rangs de ses plus fidèles supporteurs. Son charisme, cette arme à double tranchant, est un atout majeur, mais il se retourne parfois contre lui qui, enivré par sa propre logorrhée, ne supporte pas la contradiction. Arieh Worthalter, dans le rôle de Pierre Goldman, est un interprète intense dont on ne peut se détourner, et l'ensemble de la distribution est à la hauteur pour éviter le cabotinage et les effets de manche, propres à ce genre de film. Le procès Goldman impressionne par sa richesse thématique et son invention formelle transformant chaque scène en modèle de tension et de dramaturgie, qui se lit sur les visages admirablement filmés de tous les protagonistes y compris des figurants. Cédric Kahn décoche un film uppercut réussi dans ses trois dimensions : judiciaire, théâtrale, cinématographique.

Publié dans Films

Partager cet article
Repost0

Émouvante amitié au cœur des Alpes italiennes

Publié le par Michel Monsay

Émouvante amitié au cœur des Alpes italiennes

Prix du jury au Festival de Cannes 2022, voyage existentiel et géographique, récit d’initiation et film d’amitié, cette belle adaptation du superbe livre de Paolo Cognetti chroniqué dans ces colonnes à sa sortie en 2017, est une réussite d’élégance et de sobriété. Situé dans les Alpes italiennes, le film raconte l’histoire d’une amitié indéfectible entre deux gamins que tout oppose mais qui va traverser le temps. Par souci d’authenticité, cette adaptation cinématographique a été tournée en Italie, dans la langue d’origine du roman. C’est un film comme un sentier de montagne, qui grimpe, serpente, et n’hésite pas à prendre son temps. Son chemin est parfois dangereux, sinueux, et à travers cette amitié, Les Huit Montagnes déroule avec poésie deux visions de l'existence : l'errance et l'enracinement. C'est aussi un grand film de paysages, une célébration magnifique de la nature que sublime le directeur de la photographie, Ruben Impens. Les montagnes du Val d’Aoste n’ont jamais été aussi bien regardées. En filmant les relations entre ces deux hommes que l’existence cherche plusieurs fois à séparer sans jamais y parvenir, le cinéaste belge Felix Van Groeningen et sa compagne Charlotte Vandermeersch évoquent le lien vital à la nature, le rapport problématique à la figure du père et mettent en scène une amitié pudique et bouleversante entre deux personnages qui, chacun à leur manière, tentent de trouver un sens à leur vie. Récit à la fois ample et intimiste mis en scène dans un environnement qui remet l’homme à son humble place, c’est l'histoire d'une amitié tendre, sans équivoque, fondée sur le respect mutuel, et où la compétition n’a pas sa place. Même si ce n’est pas toujours facile, chacun respecte la liberté de l’autre. Ce joli film est une ode à la liberté, à contre-courant du monde actuel, qui impose sans ostentation sa poésie entêtante et sa mélancolie tenace.

Les huit montagnes est à voir ici pour 4,99 € en location ou sur toute plate forme de VOD.

Publié dans replay

Partager cet article
Repost0

Touchant hommage à ces héroïnes du quotidien

Publié le par Michel Monsay

Touchant hommage à ces héroïnes du quotidien

 Ce joli film est à la fois un poignant portrait de femme et un tableau de famille aussi juste qu'émouvant signé par Nathan Ambrosioni, jeune réalisateur de 24 ans d'une maturité étonnante. Comment suivre ses aspirations personnelles quand on est mère solo en charge à temps plein d'une grande fratrie qui s'interroge, se découvre, et parfois souffre en secret ? Comment penser enfin à soi, écouter sa voix intérieure, alors que vos enfants vous reprochent sans cesse de ne pas entendre la leur ? Comment s'émanciper du carcan et de l'image de la mère au foyer entre deux âges, censée se dévouer corps et âme à sa famille ? Nathan Ambrosioni tenait à interroger le mitan d'une vie, ce moment très spécial où l'on remet tout en cause. Pari largement réussi, avec une finesse dans l'écriture comme dans les choix de réalisation. Une chronique familiale drôle, touchante, intelligente, féministe... qui raconte tant de choses des premières fois de l'adolescence, du mal-être à ces âges-là, de la charge mentale des mères célibataires, des dynamiques dans les fratries, et des liens aussi solides que fragiles parents-adolescents. Un film drôle et émouvant sur le quotidien d’une mère célibataire, sur l’ingratitude des mômes, montres d'égoïsme mais aussi sur les torrents d’amour qui circulent entre eux. Le deuxième film de ce jeune cinéaste est une enthousiasmante comédie de la seconde chance où s'enchaînent des situations cocasses et mélancoliques. Pour rendre compte des états d'âme de cette mère épuisée par son quotidien, mais qui refuse de s'apitoyer sur son sort, le réalisateur opte pour l'humour, la fantaisie, et, à l'instar de son héroïne, ne cède jamais à la tentation du pleurnichage. Avec ses dialogues percutants, surtout quand Toni se révolte contre sa progéniture : « Vous savez quoi ? Vous me faites chier. Ce soir, je sors. S'il y a un problème, le Samu, c'est le 15 », et sa délicatesse dans sa description d'une femme qui n'a droit à aucun répit, Nathan Ambrosioni révèle un vrai talent de portraitiste. La réussite du film tient aussi à la performance de Camille Cottin, qui rayonne en héroïne du quotidien avec un mélange d'autorité et de tendresse. Son jeu, tout en sensibilité contenue est magnifiquement crédible dans chaque attendrissement, colère ou abattement.

Publié dans Films

Partager cet article
Repost0

Une satire rétrofuturiste du capitalisme à l’américaine

Publié le par Michel Monsay

Une satire rétrofuturiste du capitalisme à l’américaine

Dans une Amérique des années 1950 fantasmée où circulent robots et voitures volantes, un VRP et ses collègues tentent péniblement de fourguer des maisons sur la lune. Cette série est le portrait mélancolique et tendre d’une équipe de losers courant désespérément après le succès. Au fur et à mesure que leur situation devient critique, ces antihéros se révèlent ambitieux, égoïstes, lâches, mais aussi plus déraisonnables, rêveurs… bref, résolument humains. De nombreuses scènes se déroulent dans les chambres à moquette épaisse d’un motel qu’on croirait surgit d’une toile de Hopper. La série emprunte aussi au naturalisme des illustrations de Norman Rockwell et aux photographies de William Eggleston, qui ont su capturer l’usure du rêve américain.  L'idée d'aller coloniser la lune n'a visiblement rien perdu de son actualité, surtout suite aux annonces encore récentes et un tantinet délirantes d'Elon Musk à ce sujet. Et c'est l'un des points forts de la série qui, même ancrée dans les années 1950, réussit à tisser des passerelles inattendues avec notre présent. Hello Tomorrow ! se savoure comme du petit lait, entre l'écriture ciselée, le décorum luxueux à l'esthétique rétrofuturiste et Billy Crudup dans le rôle principal, qui incarne avec une fragilité déchirante la croyance d’un homme en ses propres illusions, il justifie à lui seul le visionnage de la série. Hello Tomorrow ! distille un charme et une originalité en s’amusant du décalage entre les avancées technologiques fantasmées de l’époque et le conservatisme de ces années 1950-1960. A travers le romantisme de son personnage principal, cette série tisse également un élégant récit autour du progrès et de la croyance en la science et l’avenir. C'est une fable sur l’optimisme forcené encouragé par le capitalisme, capable de transformer la réalité, qui nous embarque dans une histoire folle, bien ficelée, et peuplée de personnages stylés, déjantés et névrosés.

Hello Tomorrow ! est à voir ici pour 6,99 € sur Apple tv, un mois sans engagement ou avec l'essai gratuit qui est proposé.

Publié dans replay

Partager cet article
Repost0

Lumière sur la baie des anges

Publié le par Michel Monsay

Lumière sur la baie des anges

Un beau documentaire, précis et incarné par le regard que les artistes ont porté sur cette cité, longtemps italienne. Nice, les artistes et l'azur, c'est un beau titre pour passer la ville des fleurs et des Anglais au fil de ce tropisme particulier qu'est le regard de l'art sur le monde. « Un lieu où la fiction se confond avec le réel. Un lieu où le réel devient image », présente joliment le documentariste Thierry Thomas qui revient sur la naissance de la Côte d'Azur, cette Piémontaise devenue française en 1860 et que le train a créée en 1863 (14 heures depuis Paris). Le Vieux Nice des cartes postales, le casino de la Jetée-Promenade, la rue de Verdun, le tramway qui apparaît place Massena en 1900, est beau comme une scène de Visconti. Lorsque Henri Matisse, l’homme du Cambrésis (Nord), débarque à 52 ans un jour de décembre 1917 à l’hôtel Beau Rivage de Nice avec, pour bagages, une petite valise et une bronchite à soigner, les cieux sont contre lui. Le déluge de vent et de pluie qui s’abat sur la baie des Anges le décourage. Le lendemain, pourtant, devant les persiennes ouvertes, c’est le choc ! Mer et ciel se confondent dans l’infiniment bleu. « Quand j’ai compris que, chaque jour, je reverrais cette lumière, je ne pouvais croire à mon bonheur », écrira-t-il plus tard. Matisse est conquis par cette lumière méridionale qui éclabousse sa palette comme celles de Renoir, Monet ou Bonnard, autres artistes convoqués par Thierry Thomas dans ce beau documentaire érudit et léger.  Il y célèbre les amours de la peinture, mais aussi de la littérature, notamment avec le témoignage de sa sœur l’académicienne Chantal Thomas, et du cinéma, avec la Côte d’Azur, piquant de formules palpitantes comme des papillons les images de cette évocation sensible d’une région qui lui est familière. Cet amateur de peinture, réalisateur de plusieurs documentaires et lauréat du prix Goncourt de la biographie en 2020 pour son livre Hugo Pratt, trait pour trait, nous offre ici une plongée lumineuse sur cette ville si belle et si fascinante.

Nice, les artistes et l'azur est à voir ici ou sur le replay d'Arte.

Publié dans replay

Partager cet article
Repost0

Amin Maalouf, élu Secrétaire perpétuel de l'Académie française

Publié le par Michel Monsay

Amin Maalouf, élu Secrétaire perpétuel de l'Académie française
Amin Maalouf, élu Secrétaire perpétuel de l'Académie française

Publié dans Photos

Partager cet article
Repost0

Mélancolique et irrésistible

Publié le par Michel Monsay

Mélancolique et irrésistible

Au dernier Festival de Cannes, où il était présenté en compétition et a obtenu le Prix du jury, la projection  des Feuilles mortes, en présence du cinéaste, fut un moment de liesse, tant et si bien qu’à son issue, le public a envahi l’espace de ses hourras à l’endroit du cinéaste finlandais, visiblement touché par autant d’affection choralement exprimée. Pourquoi tant d’amour, alors ? Peut-être parce que le génial réalisateur de L'homme sans passé ou Au loin s’en vont les nuages sait rester sentimental et pudique, humble, simple et juste à la fois. La litote chez Aki Kaurismäki est de mise, on le sait, et cela fait la force de son œuvre, traversée de désenchantement et d’humour délectable mêlés. Il y a dans ses cadres savamment composés, ses axes de caméra frontaux, ses à-plats de couleurs éclairés d’un léger halo de lumière reconnaissable entre mille, le jeu stoïque de ses interprètes (ici Janne Hyytiäinen et Jussi Vatanen, tous deux impeccables), une précision d’orfèvre. Les feuilles mortes est l’œuvre d’un homme las, qui, alors qu’il menaçait d’abdiquer et d’arrêter de tourner des films, a pourtant écrit une histoire d’amour aux faux airs de miracle. Aki Kaurismäki, 66 ans, ne transige pas avec ce qui a toujours fait son cinéma : attirance pour les losers, prédilection pour l’humour pince-sans-rire, passion pour les fables sociales et poétiques. Chez lui, les émotions percent dans la lueur d’un regard, l’esquisse d’un sourire. Dans ce film, hommage à son maître, Chaplin, le réalisateur dessine le portrait touchant et concis de deux habitants d’Helsinki martyrisés par le sort. L'une a cessé de croire en l'amour et pense que les porcs valent mieux que les hommes, l'autre n'y croit pas non plus et noie son chagrin dans l'alcool. Les feuilles mortes, ce sont eux : ces âmes errantes qui suivent le sens du vent sans pouvoir lutter, trébuchant sur le chemin d'une histoire qui pourrait bien se transformer en amour. Au cœur d'une ville qui semble leur vouloir du mal, les deux personnages n'ont plus la volonté de se battre. Aki Kaurismäki a transformé Helsinki en désert de mélancolie dans lequel les rêves ne sont plus permis. Il dresse le portrait caustique, tendre et truffé d’humour, des classes populaires en Finlande, dans un contexte d’inflation et de guerre en Ukraine. Que reste-t-il, face à un monde où, partout, la frêle bougie de l’humanité fléchit ? Les films de Kaurismäki ! Grand admirateur du muet, le cinéaste est capable en retravaillant les mêmes motifs d’aller chaque fois à l’essentiel, avec cette poésie extrême qui lui permet d’atteindre la lumineuse pureté d’une sonate.

Publié dans Films

Partager cet article
Repost0

Elliott Erwitt, génial observateur du genre humain et canin

Publié le par Michel Monsay

Elliott Erwitt, génial observateur du genre humain et canin

Le photographe franco-américain Elliott Erwitt, 95 ans, a fait l'objet d'une riche rétrospective de 220 photos au Musée Maillol, qui s'est terminée dimanche dernier, mais l'exposition sera visible très prochainement à Lyon. Elliott Erwitt est ce qu’on appelle un photographe total. Il a tout fait : de la photographie intime, du grand reportage, de la mode, de la publicité... Quel que soit l’angle abordé ou le sujet, on retrouve son regard singulier, à la fois moqueur et plein d’humanité, qui est sa marque de fabrique et illumine tout son travail. Pilier de la prestigieuse agence Magnum où il est entré en 1954 sous la houlette de Robert Capa, Elliott Erwitt est à cheval sur les deux rives de l'Atlantique : né en France de parents immigrés russes en 1928, il a ensuite grandi en Italie avant de faire carrière aux États-Unis et de parcourir le monde en tant que reporter. Riche de 220 photos, l'exposition est divisée en une dizaine de thématiques définies par l’artiste lui-même. Pour son travail personnel, Elliott Erwitt favorise depuis toujours le noir et blanc, pourtant, ses images en couleur, un aspect de son travail moins connu, sont aussi puissantes et malicieuses, admirablement cadrées et composées, que celles en noir et blanc. Il est à la photographie ce que Jacques Tati est au cinéma : un farceur de génie. Elliott Erwitt a été l’un des plus grands photojournalistes de la seconde moitié du XXe siècle. Révélant aux Américains la supériorité des missiles soviétiques lors d’un reportage à Moscou pour le 40ᵉ anniversaire de la révolution bolchevique, en 1957. Immortalisant deux ans plus tard, dans la même ville, l’altercation à bas bruit entre le rustre Nikita Khrouchtchev et l’arrogant Richard Nixon, alors à la tête des deux plus grandes puissances mondiales. Le photographe s’est baladé soixante ans durant avec deux appareils, profitant des commandes qui lui étaient passées par la presse ou la publicité pour porter sur ses contemporains un autre regard, à la fois amusé et lucide. Cette exposition enthousiasmante démontre s'il en était besoin le talent d'Elliott Erwitt, qu'il photographie des anonymes ou des célébrités, il parvient à capturer un formidable concentré du petit théâtre de la vie, toujours drôle ou émouvant.

Elliott Erwitt, une rétrospective est à voir à la Sucrière à Lyon du 21 octobre 2023 au 17 mars 2024.

Voici un aperçu de l'exposition ci-dessous, cliquez sur la première photo pour la voir en grand et faites défiler avec les flèches.

Elliott Erwitt, génial observateur du genre humain et canin
Elliott Erwitt, génial observateur du genre humain et canin
Elliott Erwitt, génial observateur du genre humain et canin
Elliott Erwitt, génial observateur du genre humain et canin
Elliott Erwitt, génial observateur du genre humain et canin
Elliott Erwitt, génial observateur du genre humain et canin
Elliott Erwitt, génial observateur du genre humain et canin
Elliott Erwitt, génial observateur du genre humain et canin
Elliott Erwitt, génial observateur du genre humain et canin
Elliott Erwitt, génial observateur du genre humain et canin
Elliott Erwitt, génial observateur du genre humain et canin
Elliott Erwitt, génial observateur du genre humain et canin
Elliott Erwitt, génial observateur du genre humain et canin
Elliott Erwitt, génial observateur du genre humain et canin
Elliott Erwitt, génial observateur du genre humain et canin
Elliott Erwitt, génial observateur du genre humain et canin
Elliott Erwitt, génial observateur du genre humain et canin
Elliott Erwitt, génial observateur du genre humain et canin
Elliott Erwitt, génial observateur du genre humain et canin
Elliott Erwitt, génial observateur du genre humain et canin
Elliott Erwitt, génial observateur du genre humain et canin
Elliott Erwitt, génial observateur du genre humain et canin
Elliott Erwitt, génial observateur du genre humain et canin
Elliott Erwitt, génial observateur du genre humain et canin
Elliott Erwitt, génial observateur du genre humain et canin

Publié dans Expos

Partager cet article
Repost0