Une délicieuse fantaise décalée pour incarner la grâce du désespoir
Après un premier film et une série remarqués, Perdrix et Sous contrôle, Erwan Le Duc mêle ici très habilement le drame et la fantaisie autour de la relation entre un jeune père solo et sa fille, et du moment délicat où cette dernière envisage de quitter leur foyer. Il peaufine son style tragi-comique dans une évocation subtile et intense de cet amour filial inconditionnel, comme rarement vu au cinéma. Nahuel Pérez Biscayart, qui nous avait déjà conquis dans 120 battements par minute et Au revoir là-haut, interprète le père avec grâce. Puissant dans sa manière de bouger comme s’il dansait, insufflant de la poésie à son jeu, il invente un monde autour de lui et demeure sous certains aspects enfantin. Face à lui, Céleste Brunnquell, que l'on avait adorée dans En thérapie et Les éblouis, marie magnifiquement la rugosité et la douceur. Derrière son attitude désinvolte, son personnage fait preuve d’une étonnante maturité. Le tandem fonctionne sur le contraste. Leurs envies divergentes et leurs avis complémentaires sur les études, l’amour, le travail et le quotidien créent un mélange de discorde et d’harmonie, et donnent lieu à des scènes drolatiques ou émouvantes. Par leurs contraires, chacun peut bousculer l’autre et le faire avancer. Comme une inversion des rôles, les jeunes dans ce film sont des êtres de parole et de sagesse à travers des dialogues très écrits. L’amour sous toutes ses formes est en filigrane le sujet du film, comme celui que le père éprouve toujours pour la mère de sa fille 17 ans après, mais souhaite-t-il la revoir par amour, ou pour sa fille à qui il veut redonner une mère ? Erwan Le Duc aime changer de registre, mélanger la romance et le burlesque, aborder avec légèreté des sujets graves. Le film demeure imprévisible, chute et rebondit constamment avec un sens de l’absurde et du gag visuel, comme cette équipe de foot au complet qui sort d’une voiture. Mais La fille de son père est aussi bouleversant dans sa manière de connecter chaque situation à l’émotion d’un père aux faux airs de clown triste. Le charme irrésistible de cette odyssée familiale et sentimentale repose sur la finesse de l’écriture et de la mise en scène d'Erwan Le Duc, tout autant que sur le talent de ses interprètes.
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