Un cri profondément émouvant né de l’épreuve du déracinement
Quatre mille deux cent onze kilomètres, soit la distance entre Paris et Téhéran, c’est la longueur du chemin que Mina et Fereydoun ont parcouru au début des années 1980 pour échapper à la République islamique, qui, après la monarchie du shah, mettait leur existence en danger. Arrivés en France, ils tentent de se reconstruire, sous le regard de leur fille, Yalda, qui aujourd’hui les raconte, et se raconte, pour décrire ce lien indéfectible qui unit les exilés à leur pays d’origine et révéler sa transmission de génération en génération. À partir de son histoire familiale, Aïla Navidi, auteure, metteuse en scène et comédienne, tisse un grand récit qui emporte et bouleverse, grâce à sa fluidité remarquable et à l’engagement des comédiens. Jusque dans les effets de mise en scène, tout est juste, savamment dosé et mû par une émotion retenue. De cette pudeur émanent la beauté, mais aussi la force d’un combat pour la liberté, plus essentiel et d’actualité que jamais. Un cri comme une empreinte chatoyante, nécessaire, qui vise à rendre hommage aux aînés autant qu’à être transmise aux enfants. Et qui montre magnifiquement que l’identité ne se pense pas en parts distinctes, mais constitue un tout pluriel, mouvant et nourri de multiples affluents, qu’il n’est pas toujours aisé de conjuguer. La pièce a été très applaudie au Festival d'Avignon 2023 et a reçu deux Molières en 2024, dont celui du meilleur spectacle et de la meilleure révélation féminine pour Olivia Pavlou-Graham, qui a fort bien su donner les couleurs aux questionnements de son personnage, avec une justesse émotionnelle remarquable. Malgré la violence de l’Histoire avec sa grande hache, malgré les drames, le désir de vivre l’emporte et unit les générations. Il est beau que le théâtre se fasse ainsi au présent, acte de mémoire tout autant que célébration de la liberté. Aïla Navidi raconte son histoire qui a valeur de récit universel, pour ceux qui combattent encore pour changer la vie en Iran, pour ces hommes et ces femmes dont les révoltes portent haut cette utopie de justice et de liberté.
4211 km est à voir au Studio Marigny jusqu'au 29 juin.
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