Une voix irrésistible pour une soul moderne et exaltante
Quand il était enfant, Curtis Harding fredonnait les tubes de Sam Cooke et Al Green. Le dimanche, il chantait le gospel aux côtés de sa mère. Avec sa voix brûlante, le chanteur faisait, il y a dix ans, la synthèse de cette vision large de la soul, écrite au gré de ses émotions sur Soul Power, un premier album détonant à la production aussi épurée qu'efficace. Aujourd'hui, alors qu'il a sorti en septembre son quatrième album, Curtis Harding était à l'Olympia le 28 octobre pour un superbe concert très seventies fusionnant soul, rock, blues, gospel, psychédélisme et R&B. Il faut dire qu'avec sa très belle voix, son sens aigu de la mélodie et des harmonies efficaces, tout était réuni pour un moment parfait d'autant que le groupe qui l'accompagnait distillait un groove qui donnait envie de bouger. Si la soul est intemporelle, c’est qu’elle est souvent portée par des voix irrésistibles comme celle de ce natif d’Atlanta qui retrouve la chaleur du son et l’émotion des productions des années 60. Fidèle à l’héritage des géants tels que Curtis Mayfield, Al Green, Isaac Hayes ou Marvin Gaye, il insuffle à sa musique un souffle contemporain. Curtis Harding a le chic d’évoluer à contre-courant de la soul music actuelle, celle qui hurle à qui veut l’entendre qu’elle enregistre en analogique et qui privilégie la méthode codifiée à l’inventivité. Un peu plus axé vers des références pop et funk, il a développé une esthétique tout à fait singulière, lui, le guitariste émérite qui préfère laisser les synthétiseurs rétro assurer les rares solos. Sans trahir ses racines soul, Curtis Harding tire l’essence de ses prédécesseurs pour créer un mélange unique où le charme opère instantanément, les volutes musicales vous transportent dans un temps suspendu et les mots se transforment en fleur.
Ci-dessous quelques extraits du concert à l'Olympia, malheureusement le dernier en France pour le moment, si vous aimez, le mieux est d'écouter ou acheter ses albums.