L'enchanteresse Solann et sa belle voix douce pour dénoncer la violence

Publié le par Michel Monsay

L'enchanteresse Solann et sa belle voix douce pour dénoncer la violence

La voix ensorcelante de la chanteuse Solann est l'une des révélations de cette année avec la sortie de son premier album en janvier dernier, aux textes parfois féroces, dans lequel elle a l’art de raconter des histoires intenses. Elle était apparue comme une fée en 2024 dans l'univers de la chanson française avec un premier EP (mini-album). Teint diaphane, silhouette fantomatique, avec une voix remarquable, capable de passer du filet le plus délicat à un chant puissant. Est-ce dans l’imaginaire arménien de sa lignée maternelle qu’elle a puisé son goût pour la noirceur ? Ou dans l’amour du théâtre, un temps pratiqué, et de ses émotions exacerbées ? Son premier album s’inscrit dans la droite ligne de son EP, où les ténèbres de ses angoisses ne cessent de batailler avec la lumière, où il y est question d’anorexie, de colère féministe, et d’autres motifs d’inquiétude. Solann possède une qualité d’écriture qui la distingue et un vrai talent de conteuse. Révélation féminine aux Victoires de la musique 2025, elle interprète de sa voix cristalline des textes cathartiques évoquant mal-être, santé mentale, condition de femme, violences sexuelles, injustices sociales. Solann tient son amour des histoires, de sa mère, styliste et artiste pluridisciplinaire, et de sa grand-mère maternelle, sa plus grande complice. Des conteuses qui lui transmettent le sens du mystère et du merveilleux, les traditions de la culture arménienne héritées du grand-père maternel et aussi l’idée d’une puissance toute féminine. Les vagues à l’âme de Solann pourraient la pousser à s’isoler dans un cocon de poésie et de musique, mais l’état du monde la secoue trop pour ne pas goûter au vent revigorant de la révolte. La jeune interprète compositrice de 25 ans confirme avec ses 13 très belles chansons sa singularité et la puissance de ses thèmes, en phase avec l'air du temps. À côté des explosions pop cathartiques de certaines de ses compositions, Solann n'hésite pas à expulser ses traumas personnels dans des textes plus bruts d'une intimité confondante. Son timbre, qui rappelle par moments celui de Barbara, n'est jamais plus saisissant que dans les splendides morceaux accompagnés à la guitare ou au ukulélé, égrenés dans le superbe album de cette ancienne mannequin pétrie de talents. 

Publié dans Disques

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G
Très bel article qui décrit bien la puissance vulnérable de Solann. J'ai eu la chance de la voir à Monthey en 2024 💕✨
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M
Merci, content que l'article vous ait plu. Je voulais la voir à l'Olympia mais malheureusement je m'y suis pris trop tard, ce n'est que partie remise !